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20 janvier 2005 4 20 /01 /janvier /2005 23:56

L'humain remis à sa place : un animal comme les autres, qui a évolué comme les autres

Télécharger le fichier : 03 - Les crépuscules des dogmes


Après s’être attaqué aux dogmes de la physique, les scientifiques s’attèlent à comprendre les origines de l’Humanité et des (autres) animaux : ils cherchent à expliquer la Nature et ainsi, définir la place de l’humain.

Longtemps la question fut réglée par la bible. Dieu avait créé l’Univers en 6 jours, et consacré le dernier (il devait être fatigué le pauvre vieux barbu, c’est pour cela qu’il ne nous aurait pas complètement réussi) à façonner un être humain. Mais avec les voyages lointains, les découvertes de plantes et d’animaux se multiplient. Les catalogues naturalistes s’allongent. On y trouve, pêle-mêle, des données observées et des éléments de légendes. Au XVIIIè siècle, le suédois Charles Von Linné décide de mettre de l’ordre dans ce fatras, en inventant la systématique, cette classification des êtres vivants en classe, ordres, genres et espèces (nulle part n’apparaît le terme de race, terme plus politique que scientifique). En premier, il place les humains – qu’il baptise Homo Sapiens (qui sait) – dans l’ordre des primates, à côté des grands singes supérieurs – qu’il nomme Homo Sylvestris (de la forêt) – à cause de leurs ressemblances corporelles. C’est le premier pas vers la reconnaissance d’une parenté entre l’humain et les autres singes, voire les animaux en règle générale.

Jusqu’au XIXè siècle, en accord avec l’épisode du Déluge dans la bible, la théorie courante sur l’extinction des espèces avait pour nom Catastrophisme, selon laquelle les espèces s’éteignaient à cause de catastrophes (brusques changements environnementaux), suivies par la formation de nouvelles espèces ex nihilo (sorties de rien). Les espèces éteintes étaient retrouvées sous la forme de fossiles. Les espèces nouvelles étaient considérées comme immuables.
Le premier à jeter un pavé dans la mare du Catastrophisme, fut Charles Lyell (Angleterre, 1797-1875) qui démontra que la Terre avait subi des évolutions lentes et non des changements radicaux (évolution environnementale).
Par la suite, le second coup assené contre les phénomènes spontanés, fut donné par Jean-Baptiste Lamarck (1744-1829) qui observa que toute nouvelle génération héritait des caractéristiques de ses ancêtres (il n’y avait donc pas de génération spontanée, comme on le cru également pour les bactéries). Il suggéra que les caractéristiques et les organes étaient améliorés par un usage répété et au contraire étaient amoindries ou supprimés par la non-utilisation chez chaque individu, qui transmettait ces améliorations et suppressions directement à ses descendants (hérédité génétique : évolution biologique).
C’est ensuite que Charles Darwin (Angleterre, 1809-1882), en voyage sur les îles Galapagos et surpris par certaines ressemblances entre des fossiles très anciens d’animaux pétrifiés et les bêtes bien vivantes qu’il aperçoit dans la forêt, formule ses pensées sur les modifications et le développement des espèces dans son Carnet sur la Transmutation des Espèces, en accord avec les Principes de Géologie de Charles Lyell. Il lit l’Essai sur le Principe de Peuplement de Thomas Malthus, lequel prédisait que la taille d’une population était limitée par la quantité de nourriture disponible, ce qui le fait réfléchir au problème de lutte pour la survie.
En 1859, Darwin établit dans son De l’origine des espèces que tous les individus d’une population sont différents l’un de l’autre. Certains d’entre eux sont mieux adaptés à leur environnement que les autres et ont de ce fait de meilleures chances de survivre et de se reproduire. Ces caractéristiques avantageuses sont héritées par les générations suivantes, et avec le temps deviennent dominantes dans la population. Ce processus progressif et continu résulte en l’évolution des espèces. Il osa démontrer, à la fin de sa vie dans le livre Filiation de l’humain, une parenté entre le singe et l’humain. Cela provoque un énorme scandale et toute la « bonne » société voulut l’abattre.

La religion ne pouvait décemment laisser passer une théorie affirmant que l’humain descendait du singe et non de l’argile, alors que dieu était censé avoir créé l’humain à son image. Darwin fut accusé de dénier l’existence de dieu en redéfinissant l’humain comme le résultat d’un processus naturel plutôt que comme la création de la volonté divine. Darwin, pourtant fils de pasteur, avait alors déjà cessé de croire à l’existence d’un dieu bienveillant lorsqu’il avait découvert le mécanisme de reproduction de la guêpe, dont les larves se développent en dévorant leur proie de l’intérieur en respectant scrupuleusement les organes vitaux !
Cependant, une découverte allait lui donner raison et ouvrir les yeux des plus sceptiques. Au mois d'août 1856, dans le cadre de l'exploitation d'une carrière, des ouvriers vidèrent une petite cavité de la vallée Neandertal (qui signifie « vallée de l'homme nouveau »), la grotte de Feldhofer. Ils y découvrirent des ossements et un fragment de crâne. Certains amateurs se rendirent compte qu'il s'agissait d'ossements anciens mais surtout incroyablement primitifs, correspondant à un homme nouveau, d'une « conformation naturelle jusqu'ici inconnue ». L'Homme de Neandertal est effectivement le premier humain fossile distinct d'Homo sapiens qui ait été découvert (même si non : un crâne d'enfant avait déjà été mis au jour à Engis en Belgique en 1830 – crâne de jeune individu sur lequel les traits caractéristiques des Néandertaliens étaient moins évidents –, puis un crâne d'adulte avait été trouvé à Gibraltar en 1848, mais sans doute était-il trop tôt, comme le prouvent d'ailleurs les difficultés pour faire admettre que les os recueillis à Neandertal correspondaient bien à un homme fossile). L'idée même qu'une espèce d'humain distincte de la nôtre ait existé par le passé (et ait disparu) fut d'ailleurs particulièrement difficile à admettre.
Malgré des différences importantes avec les os d’humains modernes, on estimait que les ossements dataient d'une période antérieure aux Celtes et aux Germains, et étaient ceux d'un individu appartenant à l'une des races sauvages du nord-ouest de l'Europe dont parlent les auteurs latins. Tous les chercheurs n'acceptent pas cette interprétation : pour certains, les os ont appartenu à un genre différent du nôtre, sans doute plus proche du singe, pour d'autres ils renvoient à un individu pathologique ou frappé d'idiotisme. Certains évoquent même un cosaque ayant déserté les armées russes en 1814.
Mais peu à peu les découvertes vont se multiplier, d'abord celles d'Homo sapiens fossiles associés à des vestiges lithiques et à des animaux disparus (dont l'Homme de Cro-Magnon en 1868, accompagné de mammouths), puis d'autres Homo neanderthalensis, encore en place dans les sédiments, complets et présentant les mêmes spécificités anatomiques : parmi les plus spectaculaires, il faut citer les deux squelettes de la Grotte de Spy en 1886 puis la sépulture de l'Homme de la Chapelle-aux-Saints en 1908. Elles contribuèrent à faire définitivement accepter l'existence d'une nouvelle espèce d'humain par la communauté scientifique.

Alors que son œuvre précisait bien que les fossiles et les animaux étaient de la même origine et appartenaient aux mêmes familles mais que le temps les avait fait différents selon les pressions de l’environnement, certaines interprétations hors contexte de la théorie de Darwin, ni voulues ni prévues par celui-ci, ont eu des effets dérivés graves. Deux se sont révélées socialement catastrophiques : le darwinisme social a interprété des phrases de Darwin exprimant une probabilité (« les organismes plus adaptés doivent éliminer à long terme les moins adaptés ») comme des impératifs catégoriques, c’est l’eugénisme.
Mais plus grave, la doctrine du nazisme provenait aussi d’un darwinisme mal compris, et peut-être également du traumatisme psychologique provoqué par cette théorie dans beaucoup d’esprits (si de nombreuses lignées étaient condamnées à ne pas survivre, certains préféraient que leur lignée ne soit pas de celles-là). Ainsi, dans le contexte d’un catholicisme (du déisme en général) à bout de souffle et d’une crise politico-économique, les nazis s’appuieront sur la haine viscérale des chrétiens envers les juifs (jugés être déicides pour avoir participé, du moins passivement, à la mort de Jésus, juif lui même). Pour renforcer la chrétienté agonisante (en assurant les bons chrétiens de leur origine « pure »), fortement ébranlée par l’origine primate de l’humain, elle utilisa les théories de Darwin qu’elle ne pouvait combattre, en les retournant contre les ennemis de Rome. La théorie de l’évolution servit malheureusement à « justifier » le concept de races (alors qu’il n’y a qu’une race, c’est la race humaine – Homo Sapiens–, avec différentes ethnies / sous-espèces), qui fut la base de l’extermination des juifs. Les « forts » (« les chrétiens ») pour survivre, pouvaient éliminer les « faibles » (toutes minorités ethniques, culturelles, sexuelles, …) car de toute façon, l’évolution, la Nature, le ferait. Et le pape Pie XII donna en plus son aval (qui ne dit mot consent), laissant faire un massacre à l’échelle industrielle (Hitler aurait dit pour justifier son crime contre l’Humanité que personne n’avait réagi ni ne se souvenait du génocide arménien, alors que dès 301 l’Arménie devint le premier pays où le christianisme fut religion d’état, donc pour sûr que le pape n’allait pas lever le petit doigt pour les juifs « tueurs de prophète »).
Les nazis exterminèrent également les Gitans (censés être les descendants de Caïn, le frère meurtrier d’Abel), car ils furent maudits à vagabonder sur la Terre et à être un peuple d’artistes (« ils vivent sous des tentes, sont pasteurs et jouent de la harpe et de l’orgue » selon la bible).
Darwin, finalement, tombe bien a propos : sa théorie permet d’expliquer le concept de « race maudite », celle des enfants de Cham. La Genèse nous explique que Noé commença à cultiver la terre, et planta de la vigne. Un jour il but du vin, s’enivra, et se découvrit. Il était nu, au milieu de sa tente. Cham, père de Canaan, vit la nudité de son père, et il le raconta à ses deux frères. Alors Sem et Japhet prirent le manteau, le mirent sur leurs épaules, marchèrent à reculons, et couvrirent la nudité de leur père; comme leur visage était détourné, ils ne virent point la nudité de leur père. Lorsque Noé se réveilla de son vin, il apprit ce que lui avait fait son fils cadet Cham. Il bénit Sem et Japhet tout en maudissant Canaan (allez savoir pourquoi c’est le fils qui prend pour son père, ce dieu est cruel par nature) : « Que tu sois l’esclave des esclaves de tes frères! ». Cham est à l’origine des Chamites qui sont considérés par la tradition juive comme les ancêtres des Noirs (au sens Africains). Il eut pour fils Koush (Nubie au sud de l’Égypte), Misraïm (Égypte : même origine en arabe, autre langue sémitique, où Égypte se dit « Misr »), Pout (Pount situé sur la rive occidentale de la mer Rouge à la hauteur de l’Érythrée actuelle : Ethiopiens, anciennes tribus d’Arabie du Sud, Yéménites) et Canaan (Canaanites de Palestine et du Liban).
Alors que l’esclavage tendait à être aboli (tout d’abord en 1794, puis remis par Napoléon en 1802, définitivement aboli en 1848 en France, grâce à Victor Schœlcher, Alsace), la religion catholique (majoritaire dans les pays colonisateurs) utilisa Darwin pour justifier l’envoi de missionnaires évangélisateurs en Afrique et surtout continuer l’esclavage (les Chamites étant une « race maudite » destinée à être des serfs).

Dans le contexte de Darwin et de contestation scientifique de fin de XIXè siècle, d’autres découvertes (archéologiques cette fois-ci) vinrent durablement ébranler une foi déjà vacillante. En 1872, suite aux fouilles de la bibliothèque de Ninive (Irak actuel), on découvrit des tablettes d’argile relatant l’épopée de Gilgamesh, faisant reculer les plus anciennes civilisations orientales de 2000 ans par rapport à ce qu’enseignaient les auteurs antiques. La beauté et la richesse symbolique du récit firent d'autant plus sensation lors de leur révélation devant la Société d'Archéologie Biblique de Londres, que d’autres textes relatant le déluge ressemblait beaucoup, mais en plus étoffé, à l’épisode de Noé dans la Bible.
De plus, on découvrit par la suite de nouvelles preuves que la bible n’était qu’une compilation remaniée et édulcorée vers le -VIè siècle (à des fins politiques et nationalistes) de nombreux textes antiques provenant des grandes civilisations de l’Orient.

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Published by Collectif des 12 Singes - dans Lendemain du Grand Soir
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