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20 janvier 2005 4 20 /01 /janvier /2005 23:58

Dieu est mort, vive la Laïcité

Télécharger le fichier : 03 - Les crépuscules des dogmes


Le coup de grâce final (ou de disgrâce plutôt dans ce cas) fut donné à dieu par Nietzsche (Allemagne, 1844-1900). Le principe de sa philosophie est l’enthousiasme de la vie et sa morale une critique des idées chrétiennes de pitié et de résignation. Pour Nietzsche, la « morale d’esclaves » chrétienne place l’humain dans un état d’infériorité, et en fait une vertu ; cette morale doit céder sa place à la « morale des maîtres » (Par delà le bien et le mal, 1886). En déclarant « dieu est mort » dans « Ainsi parlait Zarathoustra » (1883), il considère la religion comme un alibi devant la faiblesse humaine et le malheur. Il fustige la morale ascétique des églises et rejette dieu que l’humain a inventé pour se contraindre à la résignation. Mais dieu étant mort, l’humain aliéné se libère du fardeau de la transcendance divine et de ses exigences morales et métaphysiques. Nietzsche constate cependant que l’humain, qui a tué dieu, n’en a pas tiré toutes les conséquences en se contentant de transformer le christianisme en humanisme ou en se tournant vers un athéisme religieux.
Son œuvre est une lutte pour la sauvegarde de l’humain devant le danger de la faiblesse et du nihilisme de la culture occidentale, produit par le christianisme qui détruit la vie en voulant la sauver. L’effort permanent pour surmonter le pessimisme doit transformer l’humain en « surhumain », être exceptionnel, Libre de toute servitude, qui saura assumer sa finitude. Après sa mort, ses propos, notamment dans « La Volonté de puissance », seront déformés par sa sœur, qui voudra y faire apparaître, à tort (Nietzsche se déclarait anti-antisémite), des prémices aux idées du national-socialisme, nazisme qui prendra le pouvoir à peine 30 ans après la mort de Nietzsche, suite à la honte infligée aux vaincus de la 1ère guerre mondiale par les vainqueurs.

En fait, Nietzsche puis Freud et consort, permirent aux humains d’envisager dieu autrement que comme avait pu l’enseigner à certain le catéchisme. Grâce à de nombreux intellectuels de cette acabit, les humains comprirent enfin que ce n’est pas dieu qui avait créé l’humain à son image (parce que sinon, voilà la dramatique personnalité de dieu), mais bien l’inverse. Ce que nous appelions dieu depuis la préhistoire (quelles que soient ses formes), n’était en fait que la résultante de la Conscience Collective, plus ou moins matinée de préceptes et obligations propres aux religieux. Les humains avaient créés de toute pièce dieu pour donner des explications « logiques » (en fonction des connaissances des époques) sur nos origines, nos buts et notre devenir. Ce concept permis aussi, et surtout, de définir les grandes orientations et règles de vie propres à toute société humaine. Ainsi, dieu n’était ni bon ni mauvais, mais humain. C’est pourquoi, même des dieux « civilisés » tels que Yahweh-dieu-Allah (le même avec différents noms), étaient particulièrement cruels ou s’en fichaient de nous, pauvres humains abandonnés à notre triste sort. Du coup, il était même plus facile pour les croyants de vivre en ce bas monde, car ils n’avaient plus à considérer que le grand Satan avait gagné la bataille (voire la guerre après la mort de Jésus ou Mahomet) contre les prophètes de dieu et qu’il nous avait définitivement laissé tomber comme des merdes. De fait, pour que l’apocalypse se réalise (jugement dernier des humains, avec avènement de la Jérusalem céleste sur Terre et son corollaire de nouveau Paradis : autrement dit le Grand Soir), il fallait que nous ne comptions que sur nous-mêmes. Processus lancé par la séparation de l’église et de l’état (pour avoir les mains libres de tout dogme) puis par la prise en charge directe des affaires sociales (d’où l’application de la Responsabilité Individuelle et Collective) par la chute de la gouvernance.

En cette fin de XIXè siècle, époque du progrès comme source de bonheur, la France, fille aînée de l’église (car l’ayant protégée depuis Clovis et Charlemagne), brise définitivement un tabou absolu et combattu de longue date : celui de la séparation de l’église et de l’état, de la différenciation du pouvoir temporel (politique : autorité sur les corps des serfs, détenue par le roi ou le gouvernement) sur le pouvoir spirituel (religieux : autorité sur les âmes, détenue par le pape). Depuis la Révolution Française de 1789, l’église était déjà bien mise à mal par les nouveaux concepts philosophique et « sociaux » : soit les prêtres se soumettaient au nouveau pouvoir du Peuple et adaptaient leurs prêches, soit ils seraient pourchassés. Le 12 juillet 1790, l’Assemblée Constituante vota la Constitution civile du clergé : cela institua une église nationale (privée de ses biens) avec des évêques et des prêtres élus par les fidèles, rémunérés par l’état et tenus de prêter un serment de fidélité « à la nation, à la loi, au roi». Ce régime avait été condamné par le Saint-Siège de sorte que s’opposaient depuis lors en France le clergé assermenté ou constitutionnel et le clergé insermenté ou réfractaire, fidèle à Rome.

Dès 1800, Napoléon Bonaparte, Premier Consul, manifesta le désir d’un rapprochement. Il en avait besoin pour consolider son régime. A la différence des Révolutionnaires qui avaient tenté d’exclure les religions de la sphère publique, lui voulut mettre l’église catholique, encore très influente, à son service. C’était le but de son Concordat de 1802 : il apporta au Premier Consul le soutien des catholiques et de certains monarchistes, tout en mettant fin aux guerres civiles et religieuses qui avaient divisé les Français tout au long de la Révolution.
Il fallut cependant attendre jusqu’en 1905 pour voir enfin entérinée la séparation de l’église et de l’état (loi Aristide Briant), après plusieurs lois Révolutionnaires en ce sens (1790 puis par la Commune de Paris en 1871). Cette loi sera avant tout l’achèvement d’un affrontement violent qui aura duré 115 ans et qui aura opposé deux visions de la France : la France catholique royaliste et la France républicaine et laïque. Pour information, en l’an 2000, il n’y avait que deux pays véritablement laïcs dans leur Constitution : la France et la Turquie (laïcité votée en 1928 sous l’impulsion de Mustafa Kemal, dit Atatürk ; il copia/adapta nombres d’institutions et pensées européennes, en rupture avec l’empire ottoman, « l’homme malade de l’Europe »).
L’alliance du sabre et du goupillon avait vécue !

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Published by Collectif des 12 Singes - dans Lendemain du Grand Soir
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