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21 janvier 2005 5 21 /01 /janvier /2005 00:00

On aurait pu éviter Hitler (voire Staline) grâce à la Révolution Allemande

Télécharger le fichier : 03 - Les crépuscules des dogmes


En 1918, lors du VIIème congrès du PCUS (Parti communiste de l'Union soviétique), Lénine expliquait que « la vérité est que, sans Révolution en Allemagne, nous périrons ». En effet, la Révolution en Allemagne semblait imminente mais surtout indispensable pour les dirigeants russes : imminente de part la force tant numérique qu'organisationnelle de son prolétariat, indispensable, car selon le schéma marxiste, la Révolution socialiste succède à la révolution industrielle et l'Allemagne était un modèle de développement en la matière (contrairement à la Russie). La Révolution russe ne devait donc être qu'une étape dans le processus de la Révolution mondiale, le centre de la Révolution devant rapidement se déplacer de Moscou à Berlin. Le mouvement ouvrier allemand revêt donc une importance particulière au niveau international.

Depuis 1916, l'empire allemand de 1871 est gouverné par les militaires de Oberste Heeresleitung (OHL, commandement suprême de l'armée), avec comme chef d'état-major Paul von Hindenburg.
En Allemagne, le parti social-démocrate, le SPD, est extrêmement puissant. Ce parti de masse regroupant plus d'un million d'adhérents organise la classe ouvrière par des syndicats, des associations de femmes, de jeunes, par des universités populaires, des bibliothèques, des organisations de loisirs, des journaux, etc... Pourtant, c'est ce même parti qui, le 4 août 1914, vote au Reichstag les crédits de guerre, reniant ainsi le principe d'Internationalisme prolétarien. A ce propos, Lénine écrit le 1er novembre 1914 : « La Deuxième Internationale est morte : Vive la Troisième Internationale ! »
Ce vote, qui consacre le ralliement du SPD à la mobilisation générale et à l'Union sacrée, va précipiter la montée de l'opposition interne. Celle-ci est double : d'une part, les « centristes » qui s'abstiennent lors des votes des crédits de guerre ; d'autre part, les « Internationalistes » regroupés autour de Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht, qui votent contre et qui publient, à partir de 1916, la lettre de Spartakus. Ce courant issu du mouvement ouvrier allemand, marxiste et Révolutionnaire, s'est caractérisé par son refus total de la guerre en 1914, sa défense de la politique communiste, son attachement à la Démocratie ouvrière (notamment contre la vision « militarisée » du parti selon Lénine). Il défend notamment la conception de Karl Marx disant que « l'Emancipation des travailleurs doit être l'œuvre des travailleurs eux-mêmes » (et non de petits bourgeois théoriciens, comme c’est souvent le cas en Révolution). Luxemburg écrit alors : « La Révolution prolétarienne n'a nul besoin de la terreur pour réaliser ses objectifs. Elle hait et abhorre l'assassinat. Elle n'a pas besoin de recourir à ces moyens de Lutte parce qu'elle ne combat pas des individus, mais des institutions, parce qu'elle n'entre pas dans l'arène avec des illusions naïves qui, déçues, entraîneraient une vengeance sanglante ». Ce courant est essentiellement basé sur une certaine spontanéité Révolutionnaire du prolétariat, l'attachement à la Démocratie ouvrière et à la Démocratie interne, la critique de la question nationale, la Lutte Collective pour l'abolition du capitalisme et du salariat.

Le 16 janvier 1917, le SPD déclare que « l'opposition s'est elle-même mise en dehors du parti ». Dès lors, et malgré le fait qu'elles n'y soient préparées, la scission est imposée aux oppositions. Rapidement, les spartakistes et les centristes fondent, en avril 1917, un nouveau parti, le parti social-démocrate Indépendant (USPD). Dès sa fondation, ce parti revendique 120 000 adhérents, regroupant les dirigeants les plus connus de toutes les tendances d'avant-guerre. Malgré l'opposition de Lénine, les spartakistes entrent donc dans un parti « centriste » par peur de se couper des masses ouvrières et avec l'espoir d'en redresser la ligne politique. Pourtant, le groupe Spartakus, s'il demeure réel au sein de l'USPD, est peu structuré et sans réels moyens.

La Révolution en Allemagne débute dès avril 1917 par la multiplication des mouvements de Grèves ouvrières. En effet, d'une part, la guerre et le terrible hiver de 1916 accroissent les difficultés des ouvriers et des paysans, et d'autre part, la Révolution en Russie (celle de février) a un énorme retentissement en Allemagne comme dans toute l'Europe. Alors que la Révolution allemande s'amorce, le mouvement ouvrier est divisé, et surtout, il n'existe pas de parti Révolutionnaire d'avant-garde, mais tout juste une tendance encore faible, dans un parti centriste.
Les Grévistes réclament la hausse des rations alimentaires et de charbon, mais aussi la Paix sans annexion, la fin de la censure et de l'état de siège, l'abolition de la loi sur la mobilisation de la main-d’œuvre, la Libération des détenus politique et le suffrage universel à tous les niveaux. En juin 1917, les marins se Soulèvent et forment la ligue des soldats et des marins. En janvier 1918, les Grèves ouvrières reprennent.
Durant le printemps 1918, l'agitation enfle et, dans toute l'Allemagne, se forment des conseils d'ouvriers, de marins et de soldats, refusant d'être sacrifiés pour que l'Allemagne sorte « honorablement » de la guerre.
Lorsqu'il devint évident que la guerre était perdue, l'OHL demanda qu'un gouvernement civil soit formé : afin de désamorcer l'agitation ouvrière, les chefs de l'armée soutiennent la constitution d'un nouveau gouvernement le 4 octobre, comprenant deux ministres socialistes, le gouvernement de Max de Bade, qui ouvre les discussions sur l'armistice, tentant de convaincre l'opinion de la tendance à la Démocratisation du pouvoir.
Le 28 octobre 1918, la constitution de 1871 fut amendée pour faire du Reich une république parlementaire, ce qui avait été refusé depuis un demi-siècle. Le Chancelier serait désormais responsable devant le parlement et non plus devant l'empereur. Le plan originel de transformer l'Allemagne en une monarchie constitutionnelle devint rapidement obsolète alors que le pays grondait de Révolte. La violence était omniprésente, des combats se produisaient entre groupes rivaux de Gauche et de droite.
La Rébellion survint le 29 octobre, lorsque le commandement militaire, sans consultation du gouvernement, ordonna une ultime sortie à la flotte allemande. Une manœuvre presque sans espoir d'un point de vue militaire, et qui risquait de mettre fin aux négociations de Paix. Les équipages de deux navires de Wilhelmshaven se Mutinèrent. Lorsque les militaires arrêtèrent environ 1000 marins, et les transportèrent à Kiel, cette Révolte locale se transforma rapidement en une Rébellion généralisée qui s'étendit rapidement à toute l'Allemagne. Des marins, des soldats ainsi que des ouvriers se solidarisèrent avec les Mutins. Ceux-ci commencèrent à élire des conseils ouvriers qui regroupaient ouvriers et soldats sur le modèle des soviets de la Révolution russe. Ceux-ci prennent alors le pouvoir civil et militaire dans de nombreuses villes.
À l'origine, la demande des conseils d'ouvriers était modeste, ils voulaient obtenir la Libération des marins détenus. À l'opposé de la Russie une année auparavant, ces conseils n'étaient pas contrôlés par le parti communiste (qui n'était pas fondé). Toutefois, avec l'émergence de l'Union soviétique, cette Rébellion provoqua une grande inquiétude dans les classes supérieures et moyennes. Le pays semblait à la veille de devenir une république socialiste. Le 5 novembre, le gouvernement de Max de Bade rompt ses relations diplomatiques avec l'URSS et expulse son ambassadeur marquant ainsi symboliquement sa volonté d'isoler l'Allemagne de la Russie Révolutionnaire. Le mouvement ne s'arrête pas pour autant. Le 7 novembre, la Révolution atteint Munich, provoquant la fuite du dernier souverain allemand, Louis III de Bavière.

Les représentants de la classe ouvrière étaient eux-mêmes divisés. Les Sociaux Démocrates Indépendants (USPD) tendaient à l'instauration d'un système socialiste et se séparèrent des Sociaux-Démocrates. Le reste des Sociaux-Démocrates (MSPD, qui soutenaient un système parlementaire) décidèrent de prendre la tête du mouvement. Le parti social-démocrate majoritaire pose un ultimatum à l'empereur : il doit abdiquer le 8, pour éviter le pire, le SPD « ne [répondant] plus de rien ». Durant cette période, nous pouvons en effet mesurer combien la social-démocratie constitue le principal allié de la bourgeoisie lorsque celle-ci doit affronter une Révolution.
Car la Révolution dans l'Allemagne de 1918 est à l'ordre du jour, et la question de la prise du pouvoir par une Insurrection populaire est posée. Celle-ci est prévue pour le 9 novembre. Cette journée est un énorme succès : manifestations, Grèves, occupations de bâtiments publics, se multiplient. Il se pose alors la question du débouché politique à apporter au mouvement populaire. Le soir même, Max de Bade remet la chancellerie à Friedrich Ebert (SPD). Le parti social-démocrate majoritaire propose à l'USPD la formation d'un gouvernement commun qui devient effectif dès le lendemain, malgré l'opposition des spartakistes : la république est proclamée par Philipp Scheidemann au Reichstag à Berlin, deux heures avant la république Socialiste de Karl Liebknecht.
Toujours le 9 novembre, dans un acte litigieux, le Reichkanzler, le Prince Max von Baden, transféra tous ses pouvoirs à Friedrich Ebert, le dirigeant du MSPD. Il était clair que cet acte ne suffirait pas en lui-même à satisfaire les masses.

Le lendemain, l'assemblée des conseils de la capitale se réunit afin d'élire son comité exécutif : un gouvernement Révolutionnaire appelé Conseil des députés du Peuple fut créé. Il comprenait trois membres du MDSP et trois membres l'USPD, dirigé respectivement par Ebert pour le MSPD et Hugo Haase pour l’USPD. Bien que ce gouvernement fût confirmé par le conseil ouvrier des travailleurs de Berlin, les Spartakistes, qui composaient l'aile gauche de l'USPD (dirigés par Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht), s'y opposèrent.
Cette élection menace les positions du gouvernement bourgeois et du SPD. Sous prétexte d'unité, invoquée par le SPD (minoritaire dans cette Assemblée), le vote est annulé et les deux partis sociaux-démocrates se partagent paritairement le pouvoir. Désormais Ebert est donc le chancelier du Reich et commissaire du Peuple, c'est à dire chef du gouvernement légal et chef du gouvernement Révolutionnaire. C'est ainsi que le SPD dirige la pyramide des conseils dans toute l'Allemagne, son influence augmentant de la base vers le sommet.
Le même jour, le 10 novembre, Max de Bade et Ebert s'étaient mis d'accord sur la question de l'élection d'une assemblée constituante. Selon le gouvernement d'Ebert, le pouvoir doit émaner du Peuple entier, et pas seulement des ouvriers et des soldats. Par ailleurs, Ebert avait accepté l'installation d'une ligne directe avec le maréchal Hindenburg afin de pouvoir rétablir l'ordre et l'autorité de l'état. L'élection d'une assemblée constituante constitue une entreprise visant à délégitimer les conseils des ouvriers et des soldats et ainsi à rétablir le pouvoir de la république bourgeoise. Pourtant, le comité exécutif des conseils, malgré les efforts des spartakistes, choisit de ne pas dénoncer ces élections, mais d'y participer afin d'obtenir une Constitution la plus Démocratique possible.
Les jeux semblent faits. Les élections de l'Assemblée Constituante sont fixées au 19 janvier 1919, cette date marquant la fin de la dualité des pouvoirs.
Afin de s'assurer un nouveau gouvernement capable de conserver le contrôle du pays, Ebert s'allia avec l'OHL, dirigé par le successeur de Ludendorff, le général Wilhelm Groener. Ce pacte Ebert-Groener stipulait que le gouvernement ne réformerait pas l'armée tant que celle-ci jurait de protéger le gouvernement. D'un côté, cet arrangement symbolisait l'acceptation de ce gouvernement par l'armée et rassurait les classes moyennes, mais d'un autre côté, l'aile gauche considérait cet accord comme une trahison des intérêts des travailleurs, et faisait de l'armée un groupe conservateur qui aura une grande influence sur le destin de la république de Weimar. Ceci marqua aussi une des étapes du partage de la classe ouvrière entre le SPD et le Parti communiste (KPD).

La rupture devient définitive le 23 novembre 1918 lorsqu'Ebert fait appel à l'OHL pour mater une Mutinerie à Berlin lors de laquelle des soldats Mutins avaient pris le contrôle de la ville et bloqué la Reichskanzlei. L'intervention brutale fit de nombreux morts et blessés, provoquant l'appel de l'aile gauche à la sécession avec le MSPD, qui de leur point de vue avait pactisé avec les militaires contre-révolutionnaires afin de supprimer la Révolution. L'USPD quitte alors le Conseil des députés du Peuple après seulement quelques semaines. La scission devient encore plus profonde lorsqu'en décembre, le Parti communiste allemand (KPD) est fondé par le mouvement spartakiste et d'autres groupes se réclamant du marxisme Révolutionnaire.

Dans une situation Révolutionnaire, les contradictions d'intérêts de classes, mais aussi les clivages partisans se font de plus en plus criants et de façon extrêmement rapide. Ainsi, les spartakistes se rendent-ils compte qu'il ne leur est plus possible, à moyen terme, de militer dans le parti centriste qu'est l'USPD (certains militants de ce parti tel Kautsky affirmant être « pour la Démocratie, contre le bolchevisme »). Malgré l'opposition de Rosa Luxemburg, qui juge cette décision prématurée, et grâce à l'influence et aux interventions répétées d'émissaires du PCUS, les Révolutionnaires décident de fonder un parti communiste en Allemagne (le congrès fondateur du KPD(S) se déroule du 30 décembre 1918 au 1er janvier 1919 à Berlin).
Ebert appela alors à un congrès des « conseils ouvriers », qui eut lieu du 16 au 20 décembre 1918, et dans lequel le MSPD obtint la majorité. Ebert réussit à faire tenir rapidement des élections pour former l'assemblée nationale afin de mettre en place au plus vite une constitution parlementaire, marginalisant ainsi le mouvement pour l'instauration d'une république socialiste.

Le 16 décembre 1918 le congrès des conseils adopte un certain nombre de mesures concernant l'armée, dont l'abolition des insignes de grades, du port de l'uniforme, de la discipline en dehors du service, des marques extérieurs de respect, et la mise en place d'élections des officiers par les conseils de soldats. Rapidement, le maréchal Hindenburg fait savoir que cette décision, signifiant la mise à mort de l'armée traditionnelle, ne sera pas appliquée. L'agitation grandit dans Berlin, où courent des rumeurs de coup d'état militaire en préparation. En effet, depuis le 6 décembre, le général Maercker organise un corps franc de chasseurs volontaires antibolchéviques. En janvier, ils sont 80 000 autour de Berlin, prêts à frapper toute tentative de déstabilisation du régime. Par ailleurs, les ministres indépendants démissionnent du gouvernement le 29 décembre 1918. Le SPD, appuyé par l'armée, est donc le seul maître aux commandes.
D'autre part, le mouvement s'essouffle. Les Berlinois semblent prêts à la Grève, aux manifestations, mais pas à la lutte armée alors que les corps francs préparent la contre-offensive. La situation est explosive. Faut-il se préparer à l'attaque des corps francs et ainsi protéger les conseils Révolutionnaires ou faut-il tenter de négocier avec le SPD pour éviter le massacre ?

Une nouvelle tentative d'établir un régime socialiste par les travailleurs dans les rues de Berlin est lancée. Le 6 janvier débutent les tentatives de négociations. Au même moment, Noske, un social-démocrate proche du corps des officiers, prépare l'intervention des corps francs (Freikorps, groupe paramilitaire composé de volontaires) et confie les pouvoirs de police au général von Lüttwitz. Dès son entrée au gouvernement, il déclarait que « l'un de [nous] doit faire office de bourreau » afin de rétablir l'ordre. Le 8 janvier les négociations sont interrompues, alors que Noske, devenu commandant en chef, lance ses troupes qui reprennent les gares, les imprimeries du Reich, et tous les bâtiments occupés par les ouvriers. La répression est féroce. Les corps francs sont non seulement décidés à déstructurer et démoraliser le mouvement ouvrier, mais aussi à frapper à sa tête. Le point de non retour est atteint le 15 janvier avec l'assassinat de Rosa Luxemburg et de Karl Liebknecht. À la demande d'Ebert, les meurtriers ne sont pas jugés par une cour civile, mais par un tribunal militaire qui rend des sentences très légères.

Les élections pour l'Assemblée nationale eurent lieu le 19 janvier 1919. À ce moment là les partis de Gauche, y compris l'USPD, n'étaient pas vraiment organisés, et le KPD avait refusé de se présenter aux élections, ce qui mena à une solide majorité en sièges pour les mouvements modérés. Pour éviter les Emeutes en cours à Berlin, l'assemblée nationale se réunit dans la ville de Weimar, lui donnant ainsi son nom non officiel.
Durant les débats à Weimar, les combats continuaient. Une république soviétique fut même déclarée à Munich. En avril, la république des conseils de Bavière, proclamée par des représentants d’organisations Révolutionnaires et par des Libertaires, est écrasée par le Freikorps et des unités de l'armée régulière, provoquant la poursuite des combats dans le pays. De nombreux dirigeants Révolutionnaires sont assassinés. En quelques mois la Révolution allemande est écrasée, ses organisations désorganisées, ses meilleurs militants supprimés.
Des combats eurent aussi lieu dans les provinces orientales qui restaient fidèles à l'empereur et ne voulaient pas d'une république.
Après l'échec de la Révolution de janvier, le KPD est totalement désorganisé, ses principaux dirigeants sont morts. La prise en main du KPD par les bolcheviks entraînera plusieurs séries d'exclusions et de scissions : celle du KAPD en 1919-1920 avec Herman Gorter, les exclus critiquant l'autoritarisme de Lénine et le parlementarisme, puis celle de Paul Levi en 1921, exclu sur décision de la direction de l'Internationale (Levi défendait une Révolution menée par le prolétariat, la nouvelle direction du KPD et celle de l'Internationale voulant une Révolution menée par un parti).
Le parti est déclaré hors la loi. La moindre manifestation ou Grève est systématiquement brisée par les corps francs de Noske. Il n'y a presque plus de parti communiste en Allemagne. Il ne reste que quelques militants éparpillés, découragés, sans direction. La social-démocratie, qui porte pourtant sur les mains le sang de Karl et Rosa, conserve son emprise hégémonique sur la classe ouvrière.

Pendant ce temps, la délégation aux pourparlers de paix signa le désastreux Traité de Versailles, acceptant d'importantes réductions dans l'armée allemande, le payement d'importants dommages de guerre, et une clause de responsabilité de la guerre. Ainsi se créa le mythe du coup de poignard dans le dos qui connut un grand succès. Adolf Hitler reprochera plus tard à la république la signature de ce traité.
Dès le début, la république fut sous la pression des extrémistes de tous bords. La Gauche accusait les démocrates sociaux de trahir l'idéal du mouvement ouvrier en s'alliant aux forces de l'ancien régime, au lieu de poursuivre une Révolution communiste. La droite était opposée au système démocratique et préférait conserver l'état autoritaire qu'était l'empire de 1871.
Le 13 mars 1920 a lieu le coup d’état de Kapp. Des troupes du Freikorps occupèrent Berlin et installèrent Wolfgang Kapp, un journaliste de droite, au poste de chancelier du nouveau gouvernement. Ebert se retira avec le parlement de Berlin et s'installa à Dresde. La riposte fut immédiate, un appel à la Grève Générale fut lancé. Celle-ci fut totale et dura 4 jours, bloquant toute l'économie, ce qui obligea Kapp et le Freikorps à se retirer dès le 17 mars.
Inspiré par le succès de la Grève Générale, une Révolte communiste se produisit dans la Ruhr en 1920 lorsque 50 000 personnes formèrent une armée rouge et prirent le contrôle de la province. L'armée régulière et le Freikorps mirent fin à celle-ci sans avoir reçu d'ordre du gouvernement. D'autres Rébellions communistes furent aussi arrêtées en mars 1921 dans la Saxe et à Hambourg.

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Published by Collectif des 12 Singes - dans Lendemain du Grand Soir
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