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21 janvier 2005 5 21 /01 /janvier /2005 00:02

La république Radicale d'Espagne : à Gauche toute quand d'autres virent mal, à droite extrême

Télécharger le fichier : 03 - Les crépuscules des dogmes


Le général Primo de Rivera, pris le pouvoir le 15 septembre 1923 par un décret royal suite au pronunciamiento (coup d’état militaire) du 13 au matin en Catalogne; ce n'est qu'en janvier 1930 suite à la crise économique survenant après cinq ans de relative prospérité économique et sociale, que le roi Alphonse XIII lui demande sa démission.
L'Assemblée nationale consultative nommée par Primo de Rivera, avait mit sur pied un nouveau projet de Constitution, alliant les composantes élue et corporative. La première dérangeait la droite, et la seconde fut rejetée par les libéraux et par la Gauche. Le roi lui non plus n'appréciait guère un système qui prévoyait de lui faire partager ses pouvoirs de destitution avec une copie espagnole du Grand Conseil Fasciste de Mussolini. Ce projet n'ouvrit donc pas la voie du retour à la « normalité » comme le dictateur l'escomptait.

Les sentiments républicains se propagent dans tout le pays. Dès le mois d'août 1930, un Comité associant des républicains de diverses tendances, militants syndicaux de l'UGT (Union Général des Travailleur), des socialistes tel Indalecio Prieto, des nationalistes catalans et même d'anciens monarchistes avaient conclu le « Pacte de San Sebastian », qui envisageait l'installation prochaine d'une république et allait jusqu'à dresser une liste d'éventuels ministres. Les premiers accorderont leur autonomie aux Catalans qui, en échange, s'engagèrent à soutenir une éventuelle Révolution républicaine. À Madrid, trois intellectuels, le docteur Gregorio Marañón , Ortega y Gasset et le romancier Ramón Pérez de Ayala, forment un « Mouvement au service de la république ». Ortega (dont les critiques bien tournées à l'encontre du parlement avaient servi Primo de Rivera, affirmant que le problème essentiel était de donner au Peuple la culture que la monarchie avait complètement négligée et d'européaniser la nation), lance cette célèbre phrase : « Espagnols! Votre état n'est plus! Reconstruisez-le! Delenda est monarchia! » (la monarchie doit être détruite).
Mais, plus important, de nombreux officiers mécontents soutiennent les Rebelles, et même les Anarchistes, débordés, apportent une sympathie agacée aux opposants bourgeois du roi.
Un jeune capitaine de l'armée de l'Air, Ramón Franco (jeune frère du futur Caudillo, il était devenu un héros national, en traversant l'Atlantique Sud à bord de l'hydravion Plus Ultra) décolla de l'aérodrome des Cuatro Caminos à Madrid, avec l'intention de bombarder le Palais Royal, hésita et finalement largua des tracts, avant de s'enfuir au Portugal. L'armée n'était plus un bloc monarchiste. Il n'est donc pas surprenant que la Guardia Civil et une bonne partie de l'armée se soient mises sans difficulté aux ordres du nouveau régime.
Après des pourparlers infructueux avec les politiciens, Alphonse XIII, nomma premier ministre un autre officier, l'amiral Aznar. Le roi et lui, décidèrent de sonder l'opinion en organisant des élections municipales, et non pas générales, prévues pour le mois d'avril 1931.
Le 14 avril, la république est proclamée en Espagne, deux jours après les élections municipales du dimanche 12 avril 1931 qui ont été interprétées comme une défaite du régime monarchiste, même si, avec 40%, la coalition antimonarchiste n'obtient pas la majorité. Celle-ci est seulement obtenue dans les grandes villes, les zones rurales votant davantage pour la monarchie.

L'Espagne de la première moitié de la décade des années 30 est un pays très en retard et pauvre, avec un grand taux d'analphabétisme et d'importantes divisions sociales et idéologiques. Les conflits se succèdent pendant cette période et les positions politiques souffrent d'une radicalisation très accusée.
Les socialistes et les républicains pensaient que le moment était venu. Le 13 avril ils décrètent l'expulsion de la monarchie. Ils sont maintenant les responsables du gouvernement du pays et forment aussitôt un Gouvernement provisoire, présidé par Niceto Alcalá Zamora.

Les élections municipales n'avaient pas pour vocation de changer la forme politique de l'état. La Constitution de 1876, alors en vigueur, ne prévoyait évidemment pas qu'une telle consultation pût entraîner la chute de la monarchie. C'est la raison pour laquelle un certain nombre d'analystes politiques, généralement hostiles à la république, ont considéré que sa proclamation dès le 14 avril 1931, qui plus est sous la pression de la rue madrilène, fut une forme de « coup d'état » et une « Subversion de l'ordre constitutionnel ».
Une heure avant la proclamation de la république à Madrid, Francesc Macià proclamait à Barcelone la république catalane, dont les dirigeants n'avaient pas obtenu satisfaction auprès du premier gouvernement, qui avait du arriver à une transaction avec les ministres de Macià, transformant la république catalane, réintégrée au sein de l'état espagnol, en une Generalitat [députation permanente créée pour assurer l'administration entre les réunions des Corts - « Cours » - dans les différents territoires sous son autorité : les Corts, pendant le règne de Jacques Ier le Conquérant (1208-1276), étaient convoquées par le roi, comme représentatives des états sociaux de l'époque, sous Pierre II le Grand (1276-1285) elles prirent forme institutionnelle ; le roi s'engagea à les réunir chaque année, ce que d'ailleurs il ne fit pas].

Le roi Alphonse XIII, dépourvu de clairvoyance politique, mais qui n'avait rien d'un tyran, craignait des troubles : il ne souhaitait pas (selon ses propres paroles) conserver son trône au prix d'un bain de sang. Poussé par cette vague antimonarchiste et sous les recommandations de ses plus proches collaborateurs, il part volontairement en exil, mais « oublie » d'abdiquer.

La république s'attaque dès le début à plusieurs réformes importantes, portant sur : la répartition des terres (avec son corollaire la reconnaissance de la propriété privée, bien que l'état se soit réservé le droit de l'annuler si le bien commun l'exigerait, ce qui selon la formule de Proudhon était le cas puisque la propriété privée c’est le vol), les nationalismes (notamment par l'octroi du droit de solliciter un statut d'Autonomie, quoique la république n'ait pas été conçue initialement comme Fédéraliste), les relations entre l'église et l'état (dans un pays extrêmement catholique), la réorganisation de l'armée, le monocaméralisme (une seule chambre législative, sans « Sénat » qui bloque tout), l'extension du suffrage universel aux femmes (en retard par rapport aux atres pays, mais 15 ans avant la France) et aux soldats, la renonciation à la guerre et l'adhésion à la Société des Nations. Le 28 juin 1931 ont eu lieu des élections aux Cortès Constituantes, qui donnent le triomphe à une majorité des républicains et à des socialistes. Les Cortès font rédiger une Constitution Démocratique et Autonomiste, inspirée de la Constitution de Weimar ; la nouvelle constitution fait de l'Espagne une république des travailleurs de toutes les classes, un état intégral, compatible avec l'Autonomie des Municipalités et des Régions.

L'avènement d'une république avait réveillé tellement d'espoir chez les ouvriers et les paysans, qu'il ne fallait pas les décevoir sous peine de dissocier à nouveau une communauté aussi difficilement formée. En s'attaquant au plus urgent, le gouvernement se donne pour mission de répartir équitablement les terres et entreprend la reforme agraire. Elle se heurte à un mur; les républicains – communistes, socialistes, et libéraux – ne sont pas d'accord sur les principes. « A qui appartiennent les terres? A ceux qui les travaillent? A l'état? A la famille? » Des Commissions spéciales procèdent à l'étude du problème, ou des problèmes, classifient les terres, proposent des solutions. On créa l'Institut de Reforme Agraire. Mais les réformes vont trop lentement et les paysans grondent. La Constitution républicaine précise que la richesse du pays, quel que soit le propriétaire, est subordonnée aux intérêts de l'économie nationale et pourra être nationalisée, si le besoin social l'exige. En vertu de ce texte, la loi fondamentale de la réforme agraire ordonne l'expropriation des terres (quelques-uns de ces propriétaires se sont expatriés avec la chute de la monarchie), pour y installer cinquante mille paysans chaque année. Alors, l'état va concéder des crédits aux laboureurs, qui vont pouvoir s'organiser en Collectivités ou en syndicats de producteurs. Cette réforme ne s'applique qu'aux latifundiums [à l’origine, grande ferme, avec une importante équipe d'esclaves (familia) qui fournissait une abondante main d'œuvre à bon marché, puis quand le travail servile cessa d'être bon marché (ou d’être autorisé), la familia fut remplacée par des fermiers gérants, les coloni].
En deux ans on avait installé en peu de mois cinq mille familles sur 90 000 hectares de terres expropriées. Le résultat ne répond pas aux objectifs des Constituants. D'autre part, les salaires agricoles sont en augmentation et parallèlement le chômage aussi. L'état devient propriétaire et le colon ne fait que changer de patron. Le caciquisme (réseau de pouvoir et de clientèles locales dont dispose un « homme fort », le cacique) est substitué par le dirigisme. La réforme ouvrière continue avec les mêmes méthodes. L'état intervient dans la production, l'augmentation du coût de la vie (résultat de la crise économique mondiale), annule l'effet des augmentations des salaires. Les syndicats et l'ordre public sont en collision constante. Des Grèves répétées s'aggravent. Ouvriers et laboureurs, mécontents et déçus, dérivent chaque fois vers l'Anarcho-syndicalisme et écoutent avec complaisance les exhortations bolcheviques.
La droite, qui avait été prise de court par la chute de la monarchie, se ressaisit et s'organise en 1933, quand José Maria Gil Robles parvint à rassembler dans la CEDA (Confederación Española de Derechas Autónomas), autour de l'Acción Española, plusieurs autres formations (droite régionale valencienne, agrariens, parti républicain conservateur, etc.). Il mit ainsi sur pied une coalition électorale qui manquait d'homogénéité et la participation des agrariens, parti de classe, hypothéquait tout engagement authentique de la CEDA en faveur de la réforme agraire.
Toutefois, le retrait des socialistes du gouvernement Azaña et la non-participation aux cabinets de transition formés à l'appel du président de la république porteront un coup fatal à la Gauche républicaine. La première dissolution des Cortes, en octobre 1933, fut en effet suivie d'une large victoire de la droite aux élections du 19 novembre, amplifiée par l'effet pervers de la loi électorale. Les consignes d'abstentions des Anarchistes, tenant de la politique du pire au motif qu'un gouvernement « réactionnaire » rendrait plus facile l'appel à la Révolution, avaient aussi exercé une influence notable.
Á partir de ce scrutin, le système politique de la république espagnole se dérégla complètement et va donner le nom de bienio negro (la biennale noire) à la période dès 1933 à1935.

Sur le terrain social, les conflits du travail furent nombreux et importants en 1934, année où un grand nombre de journées de travail furent perdues. Pourtant la production était partie à la hausse, avec en prime, l'excellente récolte céréalière de 1934, égale à celle de 1932, et un léger recul du chômage. Pour sa part l'extrême gauche multipliait proclamations, fracassantes et incidents.
D'autres signes inquiétants étaient perceptibles. Plusieurs formations d'extrême droite de création récente affirmaient leur volonté de renverser la république par la violence; le plus important fut la fusion entre le groupe de Ledesma Ramos et celui d'Onesimo Redondo qui donna naissance aux JONS (Juntes Offensives National-Syndicalistes), dont l'influence demeura cependant limitée à la Vieille-Castille et à Madrid. Enfin surtout, le 29 octobre 1933, au théâtre de la Comédie, à Madrid José Antonio Primo de Rivera définit les aspirations de la Phalange espagnole, mouvement qu'il venait fonder en compagnie de José Ruiz de Alda, et qui fusionne avec les JONS en février 1934 pour former le FE-JONS. Le fils du dictateur prônait la suppression des partis politiques et, sous l'influence du fascisme italien, l'établissement d'un régime corporatiste. La Phalange, qui chercha d'emblée à pénétrer le monde du travail et l'Université, était à l'évidence un mouvement anti-républicain. Primo de Rivera et José Calvo Sotelo (chef du Bloc National) marquent bien, par leurs options et leurs comportements, la distance qui les sépare de la république.
En septembre et octobre 1934, des Insurrections socialistes et Anarchistes planifiées comme coup d'état par leurs chefs, ont lieu en plus de 20 provinces, entre autre en Catalogne, à Madrid et dans les mines des Asturies. Cette dernière est matée dans le sang par les troupes d'Afrique commandées par Franco. L'entente entre Gauche et droite semble de plus en plus impossible : ces événements polarisent les positions et on assiste à une montée fulgurante des extrêmes.
En janvier 1936, quand José María Gil-Robles, le chef du parti majoritaire, CEDA, demande au Président de la République de l'appeler pour former un nouveau gouvernement, le président Niceto Alcalá Zamora préfère dissoudre les Cortès. La situation débouchera sur les dernières élections d'un parlement au bord du précipice vers la guerre civile.

De ces élections le président de la république espère donc, en jouant sur le système majoritaire, dégager une majorité de centre droit. Les conditions dans lesquelles vont se dérouler le scrutin vont au contraire favoriser la Gauche. Celle-ci a été battue en 1933 parce qu'elle était divisée, et que les voix Libertaires lui ont manqué. La montée des fascismes, la renonciation de l'Internationale communiste à une stricte application du principe de la Lutte des classes favorisent partout en Europe un regroupement des Gauches. En Espagne comme en France, l'année 1935 est marquée par un rapprochement des forces « antifascistes ». Le 20 octobre 1935 est formé un Front populaire, qui regroupe les socialistes et les communistes, les groupes républicains de Gauche (Gauche républicaine et Union républicaine), l'Esquerra catalane, et l'ORGA, parti Autonomiste galicien : c'est une coalition quelque peu hétéroclite, mais dont les dirigeants acceptent également de jouer le jeu « Démocratique ». Le programme ainsi annoncé le 15 janvier 1936, reste extrêmement vague dans ses principes : redressement économique, baisse des impôts, Autonomie régionale. Mais il introduit en toute priorité des mesures de réparation à l'égard des victimes de la répression, amnistie des délits politiques, réintégration dans leurs postes de fonctionnaires « épurés » à la suite de l'Insurrection, indemnisations accordées aux familles des victimes. Ces mesures de circonstance sont importantes. Le programme réformiste du Front Populaire était peu fait pour attirer les foules; les promesses d'amnistie ne peuvent laisser indifférente une population sensibilisée à l'extrême par les affrontements de 1934. Les Anarchistes ne peuvent faire abstraction de ces engagements, et, quelles que soient leurs réserves à l'égard de la coalition de Gauche, ils vont lever leur consigne d'abstention. Même des Libertaires aussi intransigeants que Durruti préconisent ouvertement la participation aux élections (trop souvent pièges à cons).
La droite ne semble pas avoir conscience du danger qui la menace. La CEDA s'est sans doute crue trop forte, et son expérience récente montre les difficultés qu'elle a encore à imposer sa politique dans un contexte qui lui est pourtant favorable. Il y a certes des alliances à droite comme à Gauche, mais ces coalitions du premier moment ne sont pas toujours convaincantes, et cachent mal l'opposition qui existe entre les partisans d'une solution parlementaire et d'un régime autoritaire, monarchie ou dictature. Les Basques, malgré leurs positions conservatrices, se refusent à rejoindre une majorité qui vient de leur refuser toute forme d'Autonomie. Cet excès de confiance de la droite espagnole lui fut fatal. On peut tout de même admettre que les abstentions (33 %) diminuent considérablement par rapport aux chiffres de 1933.
Le résultat des élections du 6 février assure au Front populaire une victoire étriquée et, une fois de plus, difficile à mesurer avec précision. Les divers calculs lui attribuent une avance de 15 000 voix au minimum et de 840 000 au maximum, avec des estimations intermédiaires. La fraude, qui avait bénéficié à la droite dans la plupart des consultations antérieures, profita cette fois à la Gauche.
La Gauche et l'extrême Gauche disposaient, avec l'appoint de la formation catalane, de 278 sièges sur 473 aux Cortès, majorité confortable qui donnait à ses détenteurs l'impression trompeuse d'être maîtres du pays. Il n'existe pas de « danger marxiste » imminent, en dépit des prises de position théoriques du PSOE en faveur de cette idéologie. Et, dans le pays, les Anarchistes constituaient une force au moins égale à celle des socialistes. A Droite (137 sièges), la CEDA restait la force principale avec 88 députés, et la Phalange de José Antonio, n'ayant recueilli que 40 000 voix, n'obtenait pas un seul siège.
Dès le 19 février, Manuel Azaña , tenu à nouveau pour l'homme indispensable, forma le nouveau gouvernement. Cette fois encore, le PSOE, parti de la majorité arrivé en tête, ne participe pas au cabinet. En mai, Azaña, élu président de la république, en remplacement de Niceto Alcalá Zamora (destitué par les Cortès constitutionnelles), propose à Indalecio Prieto la direction du gouvernement, il accepte immédiatement, car il était convaincu qu'une alliance avec les républicains de Gauche permettrait aux socialistes d'imposer une législation profitable aux travailleurs par le biais d'une économie planifiée, alors qu'une Révolution sociale trop rapide ne produirait qu'une « socialisation de la misère », tout en précipitant l'étroite classe moyenne espagnole vers le fascisme.
La dernière chance, à supposer qu'elle existait, d'éviter la guerre civile disparaissait du fait de la non-participation du PSOE au gouvernement. Manuel Azaña avait tiré, au moins pour une part, les leçons de son échec précédent. Á peine en place, il prit un décret d'amnistie au bénéfice des condamnés de 1934, puis rétablit le statut de la Catalogne et donna un coup d'accélérateur à la réforme agraire.

Ni le régime installé par Primo de Rivera, ni la IIe république ne sont allés jusqu'au bout de leur logique. Le premier entend maintenir la domination de la classe oligarchique, mais sans briser totalement les Résistances à sa domination; la seconde entame seulement des réformes de structures, qu'elle n'a ni les moyens, ni sans doute le désir d'achever.
La classe dominante garde donc son pouvoir, et la Contestation sociale, qui ne peut s'exprimer dans les institutions traditionnelles liées à un caciquisme toujours vivace, se traduit par la violence. Les dirigeants des syndicats et des partis politiques sont souvent débordés par leurs troupes. L'état républicain, rejeté à la fois par les forces conservatrices (église, armée, oligarchie), qui la jugent impuissant à maintenir l'unité de la Nation, et par les forces populaires, qui ne voient en lui que le dernier avatar d'un état oppressif, doit faire face au terrorisme : aux affrontements armés, aux Emeutes Révolutionnaires. La Révolte asturienne de 1934 et la répression qui y met fin sont des témoignages du recours à la contrainte comme seul moyen de faire triompher les revendications sociales, ou d'assurer l'ordre.

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Published by Collectif des 12 Singes - dans Lendemain du Grand Soir
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