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21 janvier 2005 5 21 /01 /janvier /2005 00:17

Les crises pétrolières, avertissements à l'économie mondiale

Télécharger le fichier : 03 - Les crépuscules des dogmes


Le premier choc pétrolier s'est produit en 1973. L’Arabie saoudite réalise alors 21 % des exportations mondiales de brut. Le roi Fayçal, pourtant ami des Américains, déplore leur soutien inconditionnel à Israël qui met en danger les régimes arabes modérés, entre autre celui de Sadate en Egypte. Lors de la guerre du Kippour, Richard Nixon approvisionne en armement l’état hébreu réduit à la défensive, face à l’attaque égypto-syrienne ravitaillée par les Soviétiques. En réponse, les pays du Golfe augmentent unilatéralement, sans l’accord des compagnies, de 70 % le prix affiché du baril de brut.

Le 17 octobre 1973, les représentants des pays arabes pétroliers (OPAEP), réunit à Koweït, mais pas l’Iran, décident une réduction mensuelle de 5% de la production pétrolière jusqu’à évacuation des territoires occupés et reconnaissance des droits des Palestiniens. Le 20 octobre, Fayçal décide un embargo total sur les livraisons destinées aux États-Unis, puis aux Pays-Bas. Le prix du baril sur le marché libre passe de 3$ à 18$ en quelques semaines. Fin décembre, les pays de l’OPEP réunifient le prix du baril à 11,65$. Entre le mois d'octobre 1973 et le mois de janvier 1974, le prix du baril du brut de référence qu'est l'Arabe léger, est quadruplé, passant de 2,32 USD à 9,00 USD. Dans ce prix,
l'« état producteur » prélève, en 1973, 2,09 USD/baril et 8,7 USD/baril en janvier 1974 soit plus de 4 fois plus.
Leurs revendications portent sur l'augmentation spectaculaire du prix du brut et plus précisément la quote-part de ce prix revenant aux « états producteurs », le contrôle absolu des niveaux de la production afin de maintenir un prix « artificiellement » élevé du brut, la participation croissante, de la part de ces pays, aux opérations de production entraînant la disparition progressive du brut revenant aux sociétés concessionnaires (dit « brut de concession ») au profit du brut qui revient à l'« état hôte » (dit « brut de participation »)

La pénurie suscite une sorte de panique ; les prix poursuivent leur ascension vertigineuse : ils quadruplent à la suite des augmentations d’octobre et de décembre. Les pays consommateurs réagissent d’une manière désordonnée, cherchant à tirer leur épingle du jeu. L’Agence internationale de l'énergie (AIE), créée à cette occasion, n’est pas en mesure d’établir un certain ordre et ce sont les grandes compagnies elles-mêmes qui sont chargées de répartir le rationnement d’une manière égale en jouant sur les sources d’approvisionnement arabes et non arabes.

Certains pays arabes souhaitent une nouvelle réduction de la production pour maintenir les prix à la hausse. Mais les États-Unis refusent cette perspective. Ils tentent de constituer un cartel international de consommateurs face à l’OPEP mais échouent en raison de l’opposition de la France. Pour s’opposer à toute diminution de la production, les États-Unis sont prêts à intervenir militairement dans la péninsule arabique pour prendre le contrôle des principaux champs pétrolifères. A défaut d’une intervention, ils sont disposés à faire de l’Iran le gendarme du Golfe persique.
Après le VIe sommet arabe d’Alger (26-28 novembre 1973), les États-Unis doivent infléchir leur politique jugée trop favorable à Israël, tout comme l’Europe occidentale et le Japon. Le 18 mars 1974, Sadate obtient la levée de l’embargo mais les effets de la crise se feront sentir jusqu'en 1978.

A peine cette crise passée, qu’une nouvelle voit le jour. Le 8 septembre 1978 ont lieu à Téhéran des Emeutes qui sont violemment réprimées. C'est le début de la période active de la révolution iranienne, qui s'achèvera par la fuite du Shah le 16 janvier 1979, et c'est donc aussi le début du deuxième choc pétrolier.
Parallèlement, le 22 septembre 1980 commence la guerre Iran-Irak. Le prix du baril de pétrole atteint 39 dollars soit, en tenant compte de l'inflation, l'équivalent de 92,50 dollars de septembre 2005.

À cette époque, l'arrêt des exportations iraniennes provoque presque instantanément l'annonce de nouvelles hausses de prix officiels, tout d'abord modérées. Avec tous ces bouleversements, les circuits de commercialisation du pétrole sont complètement désorganisés à l'échelle mondiale.
Une psychose s'empare des pays consommateurs du monde entier et chacun tente à « tout prix » de reconstituer ses stocks. Certains gouvernements contingentent les consommations et d'autres, comme les États-Unis, allouent des subventions aux importations tandis que les « traders » profitent de la situation pour jouer la hausse sur les marchés « spot » (données de marché avec pour date de valeur l'instant présent), ceci malgré l'augmentation de la production saoudienne et la reprise partielle des exportations de bruts iraniens.

Devant cet affolement des prix « spot » sur tous les marchés du monde entier, les prix «officiels» s'emballent à leur tour. C'est devenu une spirale ascendante de hausses de prix sans fin. Les hausses des « prix spot » qui, en principe sont « réversibles » entraînent des hausses qui sont « irréversibles » celles-là, des «prix officiels», à partir desquels se développent de nouvelles hausses de « prix spot » et ainsi de suite.
Dans ce contexte, l'échelle de prix n'a plus aucun sens économique et n'a donc aucun rapport avec celle des valorisations véritables basée sur la qualité. Il en résulte que les résultats des sociétés de raffinage dépendent largement de leurs sources d'approvisionnement.
Devant cette cherté, les pays consommateurs cherchent tout d'abord des économies d'énergie et ensuite d'autres sources d'énergie, ce qui entraîne un ralentissement très marqué de la consommation de l'or noir. Ce ralentissement de la consommation de la part des pays industrialisés à partir de 1980 devait fatalement entraîner un retournement de la conjoncture pétrolière, qui est devenue très nette à partir du printemps 1981. Ces nouveaux différentiels de prix mettaient définitivement un terme à la distorsion considérable et erratique imposée par les pays intransigeants et gourmands. C'est ainsi que se terminent les avantages de certaines sources d'approvisionnements aux détriments d'autres sources.

Avec du recul, on voit que cette crise pétrolière a des conséquences considérables, non seulement pour les pays industrialisés, mais aussi pour les pays en voie de développement qui n'ont pas de ressources énergétiques propres. On constate pour les pays industrialisés un renchérissement du coût de l'énergie qui les oblige à investir prématurément dans certaines énergies de substitution, une mise en veilleuse des investissements hautement rentables dans d'autres branches de l'industrie, une politique plus ou moins déflationniste et protectionniste, chacun pour son compte, afin de limiter et contrebalancer le déséquilibre de leurs balances de paiements. Après la crise de 1973 mettant fin aux Trente Glorieuses, celle-ci lance les pays industrialisés dans une crise économique durable. Pour les pays en voie de développement, aux handicaps naturels qui sont déjà très difficiles à franchir, s'ajoute l'absence de ressource énergétique bon marché.
Tous ces faits entraînent une « désoptimisation globale » de l'économie au niveau mondial pour de longues années et la freinent bien au-delà de ce qu'aurait, en toute hypothèse, exigé une gestion prévoyante des ressources énergétiques de la planète.

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Published by Collectif des 12 Singes - dans Lendemain du Grand Soir
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