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21 janvier 2005 5 21 /01 /janvier /2005 20:01

08 - Les matins du Grand Soir
Télécharger le fichier : 08-Les matins du Grand Soir.pdf


Esperanta ouvre doucement, péniblement, un œil. Moa la regarde, attendri, contemplant la beauté de son visage encore endormi.

• Moa : Bonjour, bien dormie ?

• Esperanta : Salut (mélangé à un grand bâillement). Ouais, je me suis bien reposée et fais pleins de rêves bien sympas. Ce grand lit est bien plus confortable que ma boîte capitonnée. Et toi ? J'étais pas trop agitée cette nuit ?

• M : Non, t'as dormie comme un bébé, tout mignon tout plein !

• E : Merci, c'est en parti grâce à toi.

• M : Ah bon ? En quoi ?

• E : Beh, déjà que tu m'ais accueillie chez toi.

• M : Rien de plus normal.

Esperanta fait un grand sourire, caresse le torse de Moa en poussant un mini soupir de satisfaction d'elle, puis remonte sa main pour cajoler le doux visage de cet Apollon, avant de goûter comme petit-déjeuner à ses lèvres sucrées.
Moa étreint la belle, laisse courir sa paume sur le tronc voluptueux de cette perle de l'Orient.
Leurs sens s'emballent, la phase de décomatage au démarrage est très vite supplantée par la dynamique du câlin du matin, le meilleur car tout le corps (et l'esprit) passe d'un état de latence à celui de surexcitation en une fraction de secondes.
Laissons les se faire du bien, et allons prendre un café, ils nous rejoindront plus tard (pas trop quand même, la journée risque d'être longue).

• Esperanta : C'est quoi le programme de la journée ?

• Moa : A toi de voir, mais il faudrait que j'aille Participer un peu, je suis déjà redevable de quatre heures.

• E : Sympa, on sarce et le lendemain tu t'échappes. Je suis déçue, déçue Moa, profondément déçue !!!

• M : Mais non ma pitchounette, c'est juste que si on veut pouvoir passer du temps ensemble le reste de la semaine, il faudrait que je fasse à fond d'heures aujourd'hui. Tu pourrais te balader en ville par exemple, re-découvrir ce que tu croyais connaître. Déjà, le reste on verra après, tu serais partante pour aller prendre le petit déj' dans un restaurant ?

• E : Ouais carrément. Par contre, avant d'y aller, faut absolument que je te raconte mon rêve. Il me semble que j'ai réussi à me remémorer le matin du Grand Soir, et si c'est bien ça, ça m'aidera beaucoup pour finaliser la remontée de mes souvenirs enfouis.

• M : Bien sûr. Par contre, hier je t’avais déjà dit comment nous en étions arrivé à concevoir le Grand Soir comme indispensable.

• E : Ah bon ? Beh faut dire qu’avec toutes les infos que j’ai prises dans la gueule à peine arrivée ici (plus tes substances paranormales), j’avoue avoir un peu zappé. J’essayerai de m’en souvenir plus tard, mais là il faut que je t’expose une autre possibilité d’explication du Grand Soir, qui aurait bien pu se produire ainsi.

• M : Vas-y je t'écoute, ça m'intéresse de connaître ton film cérébral de la nuit.

• E : En fait, je crois que tout est parti d'une méprise sur le projet européen que tout le monde appelait de ses vœux. Sauf que, comme d'hab, ce que le Peuple voulait n'avait rien à voir avec ce que ses dirigeants lui proposaient.

• M : Effectivement, comme d'habitude dans l'autre monde !

• E : Ouais : alors que la France était au plus mal depuis la fin des Trente Glorieuses avec le choc pétrolier de 1973, que l'Europe pinaillait sur des points de détail (arrêt des fromages au lait cru, donc du goût, plaques d'immatriculation standardisées, interdiction de baisser la TVA à 5,5% pour les restaurateurs et la culture alors que les fast-food y étaient, …), la Communauté Européenne nous soumettait une Constitution qui était loin de répondre aux attentes populaires (dans le sens « noble » du terme).

• M : Tu m'étonnes, c'était Valery Giscard d'Estaing (un des plus impopulaires des présidents, qui est parti avec son célèbre « au revoir » dégoûté des Français) qui l'avait concocté avec des représentants de tous bords et de tous les pays, mais tous déjà pas mal passés à l'ennemi (tous ces sociaux-traîtres !!!). Mais ce qu'il faut quand même dire, c'est que le premier projet allait nettement plus loin en matière de Droits et de Protection sociale ! Ce sont les gouvernements nationaux qui ont amendé de tous les côtés le texte, le rendant plus ou moins volontairement illisible. D'ailleurs, c'est eux qui voulaient que la mention de la culture chrétienne apparaisse en ces temps de lutte religionnaire (autant que légionnaire) !

• E : Ah ! Donc j'ai pas tant rêvé que ça ! Il y avait bien une histoire de Constitution derrière !

• M : Tout à fait ! Faut dire que face aux grands pays tels que les Etats-Unis, la Chine, les Indes et le Brésil, il fallait un contrepoids de taille pour ne pas se faire manger tout crû !

• E : Oui, exact. Même si c'est un peu flou, je me rappelle que la concurrence, les délocalisations et tout le toutime faisaient rage. Il nous fallait une Constitution, ça c'était évident, pour donner un cadre commun de développement à tous les Frères européens. Depuis 1989 et la chute de l'autre (le communisme autoritaire), nos chers (très et trop chers) « représentants » (ou plutôt lobbyistes du capital) n'avaient eu de cesse de saboter les nations et les systèmes étatiques pour nous montrer que la seule solution en cette ère de mondialisation et de compétition internationale acharnée, était de renforcer l'Europe (jusqu'ici nous étions d'accord). Mais cette « intelligentsia » nous exhortait surtout à sacrifier nos Droits Sociaux et Citoyens (pour se battre à armes égales, mais si inégalitaires pour nous les humains) aux profits de la guerre économique engagée contre l'impérialisme américain, sans oublier les grandes puissances en devenir (Chine, Indes, Brésil, Russie).

• M : Et oui, on voulait essayer de gagner la guerre des prix et de la compétitivité, mais comme toujours, pour cela il faut d'abord être le plus fort, sinon c'est une lutte sans fin et surtout que l'on était assuré de perdre face à des Peuples encore plus exploités que nous (USA : 42 heures par semaine, 2 semaines de vacances ; Chine : 60 heures par semaine payées une misère ; les Indes et la Russie je n'en parle même pas). Même si pour information la France était le pays à travailler le moins (35 heures par semaine, 5 semaines de vacances), nous avions une des meilleures productivité en Europe et restions un des principaux pays d'investissement étrangers sur notre bon vieux continent (tout comme les pays Scandinaves). Comme quoi….

• E : Bien sûr, on était pas dupes : on voulait nous faire prendre des vessies pour des lanternes mais fallait pas pousser mémé dans les orties quand même. L'Europe que nous appelions de nos vœux les plus sincères, n'était qu'un monstre technocratique au service du capital. Alors que l'Europe libérale avait été construite depuis plus de cinquante ans sans le concours Citoyen, enfin on demandait aux Peuples leur opinion (du moins c'était une pure formalité de validation d'un texte). Le véritable problème, au-delà du contenu du texte, c'est que tout c'était fait dans le dos des Peuples, nous étions juste épisodiquement informés des nouvelles réglementations (voilà c'est fait, maintenant à vous de suivre ce qu'on a décidé pour votre « bien ») ; parce que l'Europe avait une dette morale envers l'ancien bloc des pays de l'Est (qu’elle n’a pas accompagné après la chute du mur) elle se devait de les intégrer mais sans nous expliquer qui, quand, quoi, où et comment !

• M : Je suis bien d'accord avec toi qu'un minimum de communication aurait permis de décrisper les gens et ils auraient sûrement mieux acceptés les changements et évolutions !

• E : Nous ne savions pas où et comment allait l'union européenne mais on nous obligeait à signer un texte fondamental qui gravait dans le marbre des politiques économiques (seul l'URSS l'avait fait dans sa constitution) et de nombreux autres aspects qui n'ont rien à faire dans ce genre de texte. Alors qu'une constitution réglemente les rapports sociaux et politiques (et donc doit être simple et suffisamment ouverte), cette constitution néolibérale (faite dans le dos des Peuples, sans leur participation, alors que ce texte est le fondement des relations Citoyennes en Europe) nous mettait devant le fait accompli en nous « proposant un choix » : soit nous voulions une Communauté Européenne basée sur un capitalisme dérégulé donc d'autant plus nocif, le tout saupoudré d'un minimum syndical en matière de survie (plutôt que de protection et de droits sociaux), soit nous ne voulions pas d'Europe du tout. Mais là, la coupe était pleine ! Bien sûr que nous voulions être Européens (la question ne se posait même pas – disons plus, plutôt), mais pas de cette Europe américanisée où que le meilleur gagne et que les autres marchent, ou crèvent.

• M : C'était la dure loi, en ce monde-là, en ce temps-là :-(

• E : Ben oui, … mais non !!! Nous fûmes appelés à nous exprimer sur la Constitution Européenne par oui ou non, alors qu'elle n'était ni toute blanche ni toute noire, mais plus ou moins grise (tout n'y était pas si mauvais, mais une grosse partie quand même). Du coup, les gens ne savaient pas comment voter, étant donné l'importance du scrutin.

• M : Et alors, qu'est-ce qu'ils ont fait dans ton rêve ?

• E : Et bien, le dimanche du vote, les électeurs ne sachant que faire devant un choix si crucial pour leur avenir, firent la Grève de la validation Citoyenne. Nos élus, de tous bords (même si il n'existait déjà plus de différence majeure entre les tendances), étaient si sûrs que les Français valideraient la Constitution (même à contre cœur), ne serait-ce que par leur volonté d'une Europe forte face aux ricains. Même les socialos disaient qu'il fallait voter oui, et qu'ensuite on verrait pour modifier ou faire évoluer le texte (alors que l'unanimité serait impossible à obtenir, ne serait-ce qu'à cause des Anglais ou des Polonais qui n'avaient pas la même vision de l'Europe que nous).

• M : Ils prenaient vraiment les gens pour des buses, comme le marketing avec ces astérisques toutes petites ou les contrats révisables dont les clauses sont si restrictives que le consommateur est captif, enchaîné à long terme !

• E : Sauf que le rapport de confiance entre représentés et représentants, déjà moribond depuis longtemps, n'étaient plus que l'ombre de lui-même. Les Citoyens ne voulaient plus être des bœufs beaufs (mot de De Gaulle : les Français sont des veaux) et signer bêtement un acte de suicide social aussi majeure. Déjà qu'on s'était méchamment fait enfler avec le Traité de Maastricht en 1992 : soit nous étions pour, soit nous étions contre et donc anti-européens.

• M : Mais rien n'est binaire dans ce monde, même si tout à son opposé !

• E : Tout à fait Thierry ! C'était trop réducteur. Je revois encore Chichi dans un pseudo débat Citoyen avec des jeunes (qui pour beaucoup ne connaissaient rien de la vie, encore moins de la Constitution), leur dire qu'il ne les comprenait pas et qu'il ne voulait pas que la France devienne le mouton noir de l'Europe. Pourtant, après de très nombreux débats sur le fond du texte (autant au bar PMU du coin que dans les familles, au boulot ou dans la salle des fêtes du village), les Français décidèrent, en toute connaissance de cause, de ne pas être des moutons de Panurge (t'en jette un à l'eau, les autres suivent, et tous se noient à la fin).

• M : Et alors, et alors … ?

• E : Du coup les Citoyens (sans notion stupide de droite ou gauche) ne sachant que faire en écoutant les grands pontes (ceux qui sont censés savoir pour nous), ont décidé de ne rien faire en attendant que les choses soient claires, et de débattre entre eux pour que le schmilblick avance.

• M : Sacrés Français ! je les reconnais bien là, ils ne font rien comme les autres, mais au moins ça prête à réfléchir (pas toujours non plus, n'exagérerons rien). Donc le dimanche du référendum, ils ont refusé de s'exprimer en faisant la Grève de la validation, estimant que le texte n'était pas clair et n'avait pas été élaboré avec les Citoyens (plutôt contre eux, vu que c'était Valery Giscard d'Estaing qui avait dirigé les travaux, sans en avoir été mandaté par les Peuples, comme le veut normalement tout projet d'Assemblée Constituante), et après ?

• E : On n'allait pas se laisser enfiler à sec avec du sable !!! A partir du lundi, pendant une semaine nous avons fait manifs sur manifs pour demander des négociations sur le texte. Les choses ne bougeaient pas, l'état faisait appel « au bon sens Citoyen » pour que le pays se remette au travail (dans un système ultra compétitif il ne faut pas sortir trop longtemps du cadre, la productivité baissant). Chichi fit un discours pour nous sermonner, en disant que ce texte était le même pour tous les Européens, et qu'il était dangereux pour la France de se mettre ainsi au ban des autres nations. Sauf que, sur le même sujet que la Constitution, les Allemands étaient en opposition frontale avec Schröeder (le texte fut adopté par le parlement – il n'y a pas de référendum possible en Allemagne, vieille peur du passé par rapport à la manipulation du Peuple par un leader charismatique), les Italiens et les Hollandais se tâtaient, quant aux Espagnols (les peu nombreux à voter par référendum) ils votèrent d'abord oui parce qu'on leur avait bourré le mou avec ça, mais lorsque la France dit non, ils débattirent aussi et ne furent plus aussi sûr de leur choix. Plus notre grand benêt nous disait de rentrer dans le droit chemin, plus nos Concitoyens Européens nous supportaient dans notre démarche pour une autre Europe, véritablement sociale, plus nous étions déterminés et nombreux : un vrai raz de marée humain et Fraternel.

• M : C'est mignon tout plein comme rêve, mais ça ne s’est pas tout à fait passé comme ça, même si ça aurait aussi pu péter à ce moment-là et qu’il y a pas mal de similitudes.

• E : Et comment ça c'est passé alors, sieur je sais tout !

• M : Ah ça ma chère, pour ton bien, c'est à toi de le découvrir. Puisque tu y étais, il faut que ce soit tes souvenirs qui te le disent. Mais si tu le veux bien, on en discutera au resto, je commence à avoir la dalle sévère.

• E : Tout pareil ! Je me fais belle et on est parti.

• M : Mais tu es très bien comme ça ! Tu sais, ici, on ne juge vraiment plus sur l'apparence : donc ton maquillage et tes belles fringues ne te seront pas très utiles.

• E : Ouais t'as raison, nique le costume du visage et du corps, je vais y aller nature. Marre du paraître, vive l'être !!!

• M : Tu vois que tu t'y fais vite à la mentalité Utopienne !

• E : Tu m'étonnes, c'est plutôt Libérateur !!!

• M : Bon, tu veux manger quoi alors ?

• E : Indien ça me brancherait bien ! Uttanka m'a donné envie.

• M : En voila une idée qu'elle est bonne.

• E : Mais si je me souviens bien, ils font pas de petit déjeuner sucré si ?

• M : Pour eux non, mais si les lentilles au réveil ça ne te va pas, ils ont aussi plein de gâteries sucrés comme une galette de riz à la noix de coco ou encore des pâtisseries arabisantes bien mielleuses.

• E : Ça me va nickel alors.

• M : J'en connais un très bien : le Svastika. En plus, il n'est qu'à une minute en aspi.

• E : Alors allons se faire entuber joyeusement, pour la bonne cause.

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Published by Collectif des 12 Singes - dans Lendemain du Grand Soir
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