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21 janvier 2005 5 21 /01 /janvier /2005 20:03

La quatrième guerre mondiale, états pyramidaux Vs groupuscules en réseau
Télécharger le fichier : 08-Les matins du Grand Soir.pdf


• M : Je me suis pris le spectre de la quatrième guerre mondiale (la troisième ayant été la guerre froide, opposant mondialement deux blocs de pensée) en pleine gueule en revenant de ma pose déjeuner à 13h, … un certain mardi 11 septembre 2001.

• E : Tu m'étonnes, ça a fait un choc énorme sur toute la planète. On savait de suite qu'il y aurait un avant et un après 11 septembre.

• M : Clair et net : tous les téléspectateurs internationaux, littéralement tétanisés, regardaient les tours jumelles du World Trade Center de New York s'écrouler, les images repassant en boucle sous des angles toujours plus impressionnants. Le monde entier était saisi de stupeur et d'effroi !

• E : Putain d'intégristes, nardem na mouk !!!

• M : Ouais, enfin tu sais, pour ces gens là, la religion n'est qu'une excuse pour justifier l'injustifiable : c'est plutôt des ennemis de la foi puisque aucune théologie n'appelle au meurtre d'autrui (à part peut-être la chrétienne par rapport aux juifs, elle les accusait toujours de déicide – d'avoir tué le fils de dieu – jusqu'à ce que Jean XXIII fasse – comme tous ses prédécesseurs – encore une fois le ménage dans la chrétienté et ses textes tellement traficotés au gré des stratégies et enjeux de pouvoirs).

• E : Peut-être, mais il n'empêche que ces rlas (merdes) nous ont bien cassé dans nos efforts d'intégration, déjà difficile. Le métissage commençait enfin à être relativement bien accepté, que ces connards (trouillards qui se cachent derrière un dieu pour assouvir sans culpabilité leur haine viscérale contre la Liberté et le partage / mélange des Différences) ont jeté la suspicion sur tous les croyants musulmans (alors que tous les cathos n'ont pas participés à la St-Barthélemy de 1572 contre les protestants – leurs frères chrétiens).

• M : C'est clair. Mais de toute façon, dis toi bien aussi qu'on ne devient pas terroriste comme ça, « pour le fun », même si 70 vierges qui attendent au paradis ça peut susciter des vocations. Le terrorisme, le fondamentalisme, tout comme la Révolution, les mouvements des extrêmes (gauche ou droite), ne peuvent avoir une réelle emprise qu'en temps de décadence (ou d'essoufflement) du système. C'est bien parce que des gens se sentent exclu ou parce qu'ils ne pourront jamais être en phase avec tel type de société étatisée (malgré leurs efforts), qu'ils décident de combattre parfois violemment ce système injuste qui ne leur convient pas (où qu'ils jugent nuisible pour leurs semblables). Ben Laden ne s'est pas fait tout seul et n'est pas sorti de nulle part.

• E : Oui, je me rappelle d'un truc où il aurait été formé par des militaires américains pour combattre en Afghanistan contre les soviétiques. Mais comment cet élève brillant (et très fortuné), a pu si rapidement et violemment se retourner contre son professeur ?

• M : Il est tout simplement un pur produit d'Arabie Saoudite, pays utilisé et manipulé pour son pétrole depuis les années 1920, et profondément déçu, écoeuré, par les Américains en particulier et les Occidentaux en général.

• E : Si tu en sais plus, ça m'intéresse de savoir.

• M : Avant la première guerre mondiale, la péninsule arabique était composée de multiples royaumes. Les Anglais, voulant se débarrasser de l' « état malade de l'Europe », l'empire Ottoman (Turquie actuelle plus Syrie, Jordanie, Palestine), envoyèrent Sir Lawrence (d'Arabie) pour fédérer les tribus de la péninsule arabique. En échange, l'Angleterre (et les alliés en général), promirent au chérif Hussein (qui gouvernait La Mecque) tous les territoires arabes sous occupation turque,... y compris Syrie et Palestine (même si son cas restait en suspend par rapport au retour au pays des anciens habitants, d'il y a 2 000 ans, les juifs).

• E : C'est bien normal qu'ils aient eu envie de revenir sur leur terre natale (qui plus est, « promise » – même si la Terre n'appartient à personne, qu'elle appartient à tout le monde). Après les siècles de mise à l'écart (la rue Ghetto de Venise leur était obligatoire, on les parquait là-bas, loin des autres) et de brimades qu'ils avaient subi sans trop broncher (ils n'avaient pas le choix d'ailleurs, sinon c'était la porte – celle des remparts de la ville donc plus de protection ; même si ils étaient déjà interdit d'y dormir, devant sortir de l'enceinte de la Cité la nuit tombée et le tocsin sonné). J'ajouterai à leur décharge que depuis le XIXè siècle et Darwin, ils s'en prenaient spécialement plein la gueule : race inférieure, impure, à éradiquer lors de pogroms en Russie, à humilier comme avec l'affaire Dreyfus (militaire juif alsacien – donc ex-Français et Allemand à cette époque – accusé à tort d'avoir trahi son pays – lequel, faudrait savoir – et condamné au bagne alors que le coupable était un haut gradé, « Français de souche »). Partout en cette Europe en crise étatique et économique, les juifs faisaient de bons boucs émissaires : complot judéo-maçonnique (délire inventé en 1789 pour expliquer la croisade anti-Révolutionnaire des pouvoirs monarchiques et économiques européens), spéculation et investissement boursier pour financer le lobby, la pieuvre, la juiverie internationale. En fait ils n'ont jamais été aimé, tout simplement car c'étaient les seuls qui avaient le droit de pratiquer les prêts d'usure (comme les banques) alors que c'était interdit pour les chrétiens et musulmans (la Torah l'interdit aussi, mais en Occident il fallait bien que quelqu'un le fasse).

• M : Tu m'épates là : on dirait que t'es juive plutôt que musulmane.

• E : Tu sais, mes parents étaient d'origine algérienne, donc je connais un peu. En plus le judaïsme est à l'origine de l'Islam. Comme du christianisme d'ailleurs. Et comment tout ce bordel a commencé ?

• M : Dans les vingt ans qui précédèrent la première guerre mondiale, quelques colonies agricoles (Kibboutz) furent fondées en Palestine avec le concours financier des Rothschild. Ce banquier présidait aux destinées du « sionisme », un mouvement politique et religieux créé au XIXe siècle à l'initiative de différents rabbins (son appellation vient de Sion, une colline de Jérusalem), prônant le retour des juifs en Palestine, alors possession du sultan d'Istanbul. Le sionisme reçut une impulsion décisive avec l'engagement du journaliste autrichien Théodore Herzl, choqué par la vague d'antisémitisme qui balaya la France, « pays des Droits de l'humain », au moment de l'affaire Dreyfus (1895-98). Ces colonies étaient basées sur la communauté des biens et sur tous les aspects de la vie gérés en commun. La population juive passa de 50 000 à 85 000 personnes, soit 12% de la population totale de la province.

• E : C'était du pur communisme ton truc, comme toutes les Ecritures l'ont toujours souhaité. En plus, tous les sémites vivaient alors en Harmonie, loin des différences religieuses puisqu'au fond ils priaient tous le même dieu, appelé soit Yahweh soit Allah.

• M : Exactement, c'était l'âge d'or de la Palestine, où ces deux communautés vivaient ensemble en bonne intelligence, sans trop de souci de territoire. Sauf qu'en 1916, les Français et les Anglais conclurent les accords secrets Sykes-Picot, du nom de leurs signataires, en vue de se partager les futures dépouilles de l'empire turc, allié des puissances centrales (Allemagne, Autriche-Hongrie), notamment l'Irak, la Syrie et la Palestine (déjà promises sans scrupule à la péninsule arabe).

• E : Comme d'hab, on ne peut faire confiance aux promesses des puissances impérialistes occidentales.

• M : A mesure que l'Europe s'enfonçait dans la guerre, chaque camp tenta de rallier un maximum de soutiens (les juifs ne cachaient pas leur sympathie pour les puissances centrales, l'Allemagne et l'Autriche, plus tolérantes que la Russie et même la France). Le summum de l'hypocrisie fut ainsi atteint avec la déclaration Balfour destinée à rallier les communautés juives : en pleine guerre mondiale (le 2 novembre 1917), le ministre britannique des affaires étrangères, le comte de Balfour, publia une lettre ouverte (en étroite concertation avec le baron de Rothschild). Il indiqua que son gouvernement était disposé à créer en Palestine un « foyer national juif ». C'était une promesse vague, n'incluant nullement un état. Six semaines plus tard, le 9 décembre 1917, le général britannique Robert Allenby entra à Jérusalem sans coup férir. Son armée, venue d'Égypte, comptait trois bataillons juifs. C'en était donc fini de cinq siècles de domination musulmane sur la Ville Sainte, arabe puis turque. Avec la fin de la guerre, les Alliés eurent comme prévu le plus grand mal à réaliser leurs promesses.

• E : Justement, après la chute de l'empire Ottoman, qu'est ce qui s'est passé ?

• M : Fayçal, fils du défunt chérif de La Mecque et compagnon d'armes de T.E. Lawrence, ne vit pas d'inconvénient à une cohabitation avec les colons juifs. Il signa dans ce sens un accord avec le représentant des sionistes, Chaïm Weizmann, le 3 janvier 1919 à Paris. Mais il exigeait en parallèle que soit reconnue sa souveraineté sur le monde arabe, comme promis par les britanniques. Ce ne sera pas le cas. La France le chassa de Syrie et il du se contenter du trône d'Irak, sous la tutelle britannique.

• E : Mais un truc que j'ai jamais compris, c'est pourquoi c'est parti en live comme ça entre les deux frères sémites ?

• M : Tout « simplement » (même si rien n'est simple dans la poudrière du Proche-Orient) parce que les Arabes commencèrent de s'en prendre aux implantations juives, jugées responsables (ou du moins alliées) des traîtrises des puissances occidentales. Du coup, l'escalade de la violence était quasi inévitable.

• E : Encore une fois, les puissants ont bien foutus la merde à l'autre bout du monde entre deux frères qui ne s'entendaient pas si mal que ça, puis ils s'en battent les couilles du bordel qu'ils laissent derrière eux.

• M : Et oui. Ensuite, pour mieux régner dans cette région cruciale pour l'approvisionnement en pétrole, les occidentaux décidèrent de n'avoir qu'un interlocuteur, puissant sur son territoire. Alors que le roi était d'abord nommé par les autres chefs de tribus (principe de la féodalité), en 1927, avec la découverte de pétrole dans « son » sous-sol, il imposa son pouvoir aux autres et instaura la monarchie (hérédité de la charge de roi). Les bédouins wahhabites (courant de l'Islam, nomades du désert qui se battirent aux côtés des chefs) se révoltèrent car ils s'estimaient lésés par ce pouvoir, jugé trop pro-occidentaux. Le pouvoir religieux vint à la rescousse de la monarchie (comme d'hab), en prononçant une fatwa (loi religieuse d'exclusion, comme une excommunication) contre les bédouins. En 1932, l'Arabie Saoudite (du nom de Saoud, le roi de cette époque) était officiellement née et devenait un partenaire privilégié pour les puissances occidentales.

• E : De toute façon, dès qu'il y a du pétrole, il n'y a plus de Justice, seul l'or noir compte, même si il a une sale odeur.

• M : Tu ne crois pas si bien dire. Mais ça marche aussi pour les emplacements géostratégiques. Construit par des Anglais et Français et inauguré en 1879, le canal de Suez ne profitait pas beaucoup à l'Egypte (trafic maritime intense entre Mer Rouge / Golfe Arabique et Méditerranée), seule ressource de taille après son indépendance d'avec l'empire Ottoman depuis la première guerre mondiale. Du coup quand Nasser, arrivé au pouvoir par un coup d'état mené avec une centaine d'officiers égyptiens (large éventail qui va des communistes aux Frères musulmans - unis par la haine du colonialisme, de la corruption, de la féodalité), et bien à Gauche (soutenu par l'URSS), voulut réparer cette injustice économique (et il avait bien besoin de sous pour son culte à venir) en organisant une pression financière par blocus en 1956, les occidentaux intervinrent en masse, US Forces en tête. Pour eux l'intérêt était double : ils jugeaient le pétrole comme stratégique à leur développement et donc ne pouvaient laisser faire un pays bloquer son approvisionnement, et les Saoudiens demandaient à être protégés de l'extérieur (Egypte, autres pays arabes pouvant nuire à ses exportations) autant que de l'intérieur (bases américaines en cas d'attaque ou rébellion – officiellement « mâtable » pour protéger les puits de pétrole et les intérêts US) en retour de pétrole à pas cher.

• E : C'était royal comme emplacement pour les States : du pétrole à foison et bon marché (et encore mieux, garantie) en échange d'une protection relativement facile, et en plus avec un super perchoir pour observer tout ce qui se fait dans la région, pétrolifère par excellence.

• M : Oui, on vit rapidement les ricains s'installer dans le désert, à part, pour travailler tranquille, à leur sauce. Sauf que, au-delà de cet échange de pétrole contre sécurité, il y avait des engagements précis des Etats-Unis pour régler le problème israélo-palestinien.

• E : Qu'ils n'ont pas respecté bien sûr.

• M : Bien évidemment que non, les USA, comme les autres occidentaux, n'ont que très rarement respecté les traités et leurs obligations. La situation s'était d'autant plus envenimée depuis que l'idée d'un état-refuge en terre sainte s'imposa dans l'opinion occidentale pour les rescapés de l'holocauste, comme si elle se déchargeait ainsi de sa propre culpabilité sur la Palestine. Du coup le retour massif au pays était bien compréhensif, mais la terre était également habitée depuis fort longtemps par d'autres ethnies telles les Philistins (venu de Crête avec les Peuples de la Mer pour combattre l'Egypte) et les Arabes venu très tôt commercer avec leur voisin Juif (bien avant Jésus). Alors qu'auparavant la cohabitation avec leurs frères sémites se passait plutôt bien, après l'effroyable extermination de la Shoah, les Juifs voulurent de suite récupérer « leur terre » et y vivre comme au temps de la Torah (après avoir subi l'apocalypse, ils pensaient avoir droit à leur paradis), donc uniquement entre Juifs. Pour dire les choses autrement, ils en avaient tellement vu des vertes et des pas mûres, que là ils n'en étaient plus à discuter : ils voulaient leur terre promise, là-bas et maintenant, appuyés en cela par les Occidentaux ! Alors que les Juifs ne représentaient que 32 % de la population et possédaient 6,58% des terres, ils obtinrent 54% des terres, qui incluaient, outre la côte méditerranéenne, le désert du Néguev (donc 40 % de désert dans les 54 % de terre octroyés – donc 14 % cultivable – aux 32 % de juifs). Suite à la création d'Israël, une coalition arabe (libanaise, syrienne, irakienne, égyptienne et jordanienne) attaqua le nouvel état. En gagnant cette guerre, Israël conquit 26 % supplémentaires (par rapport au Plan de Partage, soit 81 % au total – donc 40 % cultivable) des territoires du mandat britannique.

• E : C'est dingue quand même, les Américains (eux au moins avaient de la distance par rapport à ce genre de cas) auraient pu se douter que tout ça allait encore plus foutre la merde qu'avant (et c'était déjà pas très glorieux). Ils avaient bien vu comment l'Europe s'était déchirée au début du siècle pour des questions territoriales et encore plus comment certaines humiliations (celles des vaincus, réduits à moins que rien par les vainqueurs, histoire de leur enlever l'envie de recommencer, on connaît le résultat) ont débouché sur un deuxième conflit mondial encore plus violent et extrême de par la radicalisation et la technologie.

• M : C'est sûr et certain, mais sauf que là, ils ont en plus ouvertement pris partie (plus provocateur il n'y a pas) en appuyant en 1948 la création de l'état d'Israël qui commençait à évacuer les populations locales non juives qui étaient désormais à l'intérieur des frontières d'Israël et devaient donc être déplacés vers des réserves extérieures « aménagées » (bande de Gaza, à la frontière avec l'Egypte, Cisjordanie au Nord-Est vers la Syrie). Alors que les US étaient jusqu'ici perçus comme des forces de Liberté par rapport à Suez (dans le camp des pétroleurs), à présent l'ensemble des pays arabes les voyaient comme des menteurs ne suivant que leurs intérêts propres.

• E : Tu m'étonnes que ce soit compris comme une haute trahison des Américains. Pour les Arabes (orientaux) en général et les musulmans en particulier, une promesse est une promesse, c'est se déshonorer et humilier l'autre que de ne pas s'y plier.

• M : C'est clair que du coup le Peuple saoudien était bien remonté contre le roi, car il était l'ami des ricains qui ne faisaient rien pour les Arabes (sauf piller leur pétrole contre quelques dollars, mais rien à voir avec le prix du marché) mais tout pour les Juifs. Bref, comme d'habitude, ils ménageaient la chèvre et le choux (en lâchant du leste de temps en temps, selon l'orientation des vents dominants) mais toujours en préservant avant tout leurs intérêts : les Juifs pour leur vote américain et leur argent, les Arabes pour leur pétrole et leur emplacement géostratégique aux carrefours de toutes les voies de communication navales ou terrestres.

• E : Et après les Américains comprennent pas pourquoi ils sont pas aimés dans le monde.

• M : Surtout qu'en 1953, Ariel Sharon, général de Tsahal (force de défense d'Israël) provoqua une véritable boucherie, à laquelle encore une fois les Américains n'eurent rien à redire. Pour autant, la France et l'Angleterre étaient aussi parties prenantes et actives de tout ce sac de nœud et des tensions extrêmes qui en découlaient. Suite au renoncement des États-Unis (sous les pressions française et britannique) à supporter financièrement la construction du Barrage d'Assouan, le président égyptien, Gamal Abdel Nasser avait nationalisé le Canal de Suez en 1956. Les anciennes puissances coloniales de France et du Royaume-Uni avaient alors soutenu ensemble une attaque israélienne dans le Sinaï jusqu'au Canal de Suez. Mais la condamnation fut unanime dans le monde. Les États-Unis, l'URSS et l'ONU s'accordèrent sur le retrait israélien et l'URSS menaça même Paris et Londres d'une frappe nucléaire. Le succès de Nasser avait donc été d'obtenir cette pression diplomatique des États-Unis et de l'URSS pour pousser Israël à se retirer de la totalité du Sinaï. En échange, Israël obtint le maintien de Casques Bleus de l'ONU dans le Sinaï pour veiller à garder cette frontière démilitarisée. L'Egypte avait également accepté de mettre un terme à la guérilla menée sur le sol israélien. Ainsi, la frontière israélo-égyptienne put connaître une période de calme sans précédent depuis 1948.

• E : Ouais enfin, faut quand même dire que Yasser Arafat (né en Egypte d'une famille palestinienne) fonda en 1960 le Fatah (Reconquête en arabe) pour effectuer des opérations de guérilla et libérer la Palestine. En 1964, Nasser et d'autres leaders arabes créèrent l'OLP (Organisation de Libération de la Palestine), largement financée par l'Arabie Saoudite, afin de mener des actions terroristes et exécuter les personnes gênantes.

• M : Certes, mais je n'ai pas dit que toutes les velléités s'étaient apaisées pour autant.

• E : Mais avec tout ces pays qui s'occupaient de la région à ce moment-là, il a pas été possible de trouver des solutions long terme ?

• M : Malheureusement non ! Plusieurs années après le conflit, Israël construisit un réseau de transport de l'eau au niveau national. En réponse, la Syrie initia un plan de détournement des eaux de certaines rivières (Dan/Baniyas) afin qu'elles contournent le territoire israélien et passent plutôt par la Jordanie avant de rejoindre le fleuve du Jourdain.

• E : Et si je me souviens bien de mes cours d'Histoire, faut dire que l'Egypte de Nasser (toujours en quête d'une position centrale dans le monde arabe) n'arrêtait pas de mettre de l'huile sur le feu. L'Egypte surenchérit donc par des déclarations de Nasser selon lesquelles il prévoyait de remilitariser le Sinaï. Du coup, le 17 mai 1967, Nasser exigea le retrait des forces d'interposition de l'ONU du Sinaï et le Secrétaire-Général de l'ONU, U Thant, suivit cette requête. L'ONU demanda à déplacer ses troupes sur le territoire israélien mais Israël refusa ce redéploiement qui aurait constitué une brèche dans l'accord de cessez-le-feu précédent. Nasser concentra des troupes et des chars d'assaut sur la frontière avec Israël. Le 23 mai, l'Egypte bloqua l'accès au détroit de Tiran aux navires israéliens (route du sud essentielle à l'approvisionnement des israéliens en pétrole et blocus du port d'Eilat), ce qui était sans précédent depuis les accords internationaux sur les droits de passage dans le détroit, signés en 1957 par 17 puissances maritimes. Israël considéra cela comme un casus belli (acte de guerre). La tension dans la région glissait d'un relatif statu quo vers une guerre régionale. Nasser continua à augmenter le niveau de mobilisation en Egypte, en Syrie et en Jordanie pour mettre Israël sous pression.

• M : Et pour une fois, Israël tenta d'empêcher le blocage du détroit d'abord par des voies diplomatiques. Notamment, elle se tourna vers les États-Unis et le Royaume-Uni qui avaient garanti en 1957 qu'ils seraient capables d'ouvrir le détroit de Tiran si besoin. Toutes les demandes israéliennes pour éviter le conflit furent sans réponse, menaçant l'avenir du pays. Les israéliens dénoncèrent le blocus comme étant une action correspondant aux critères internationaux d'acte de guerre. Ce fut la première fois que le « téléphone rouge » reliant la Maison Blanche au Kremlin fut utilisé pendant la guerre froide.

• E : Les leaders israéliens décidèrent qu'en l'absence de réaction américaine et de l'ONU, Israël se devait d'agir car le pays était encerclé par des états arabes décidés à le détruire. La guerre des 6 jours était inéluctable et les Israéliens attaquèrent par surprise (attaque préventive, comme quoi les US n'ont rien inventé avec leur guerre préventive contre l'Irak) en détruisant l'aviation égyptienne au sol. Pas de pitié pour les croissants fertiles ! À l'issue des combats, Israël remporta le contrôle de la bande de Gaza, de la péninsule du Sinaï, de la Cisjordanie (appelée « Judée-Samarie » par Israël) et du plateau du Golan.

• M : Ce qui mit encore plus la pression dans la région, c'est que les ricains n'avaient rien fait pour empêcher la guerre (alors que les Russes avaient fournis des avions derniers cris aux Egyptiens) mais en plus ne se privèrent pas de faire du business en approvisionnant Tsahal en armes de tout calibres. Donc forcément les Saoudiens se sentaient humiliés par leurs potes US (et protecteurs normalement) qui avaient ravitaillé l'ennemi en pleine guerre.

• E : Pfff, c'est vraiment des crevards ces States, d'autant plus qu'à côté ils ne faisaient rien depuis 30 ans pour solutionner le conflit.

• M : Oui, donc pour réveiller les esprits, l'OPEP (Organisation des Pays Producteurs de Pétrole, surtout arabisants) organisa en 1973 un blocus du pétrole pour se faire entendre. Là, matière stratégique oblige, les Etats-Unis furent à deux doigts d'intervenir militairement pour rétablir leur approvisionnement. Ça eut aussi comme effet que les Saoudiens ne voulant plus être dépendants des Occidentaux, formèrent leurs propres cadres (car 30% de sa population était étrangère et travaillait, alors que les locaux les regardaient et encaissaient).

• E : Tout ça eut au moins l'avantage de faire prendre conscience aux Occidentaux qu'ils étaient hyperdépendants au pétrole (alors que ce n'est jamais bon d'être esclave d'un produit, quel qu'il soit). Même si ça ne changea pas la donne puisque les ricains firent pression (comme ils savent si bien le faire) et que le pétrole recoula à flot (faisant oublier, seulement pour quelques décennies, que tôt ou tard l'or noir se négocierait encore plus qu'à prix d'or).

• M : Evidemment, toutes ces tractations au plus haut niveau aboutirent en 1979 à la révolte des Saoudiens qui en avaient marre de l'alliance avec le grand Satan américain et la décadence anti-islam du royaume. Les Révoltés s'enfermèrent dans le sanctuaire de la Kaaba (cube noir contenant la Pierre Noire, météorite offerte par l'Ange Gabriel à Ibrahim – Abraham). Contre un lieu saint, le pouvoir royal demanda aux religieux une fatwa qui vint autoriser une intervention armée contre la Mecque. C'était le point de non retour (le point break !).

• E : Il n'y avait vraiment plus aucun respect pour rien, même plus pour le lieu de pèlerinage le plus sacré d'Arabie et de Tous les musulmans. En plus, si je ne m'abuse, c'est des Français du GIGN qui formèrent les policiers locaux pour agir (voire y participèrent eux-mêmes).

• M : Tout juste ma belle ! On doit avoir des petits secrets professionnels, car nos flicaillons (après 8 ans de pratique durant la guerre d'Algérie – 1954-1962) initièrent les Américains pour finir le boulot que les Français avaient commencé au Vietnam (humiliés dans la cuvette de Diên Biên Phu en 1954) mais aussi les Chiliens en 1973 après le coup d'état de Pinochet (appuyé par les USA via la CIA) contre le président (socialiste, c'est ça qui passait pas : même pas communiste) démocratiquement élu Salvador Allende.

• E : Et puis j'imagine que la Révolution islamique en Iran mit son grain de sable dans ce processus de montée de la violence.

• M : Carrément : depuis qu'en 1979 (à la suite d'importants soulèvements populaires face à la dictature du shah, soutenu dans ses dérives par les Occidentaux) la Révolution iranienne éclata et se finalisa par l'établissement d'une république islamique (sous l'autorité de l'ayatollah – guide religieux – Khomeyni), les Américains voyaient une place centrale dans son échiquier se retourner contre elle, le grand Satan. Donc ils aidèrent Saddam Hussein (président dictateur de l'Irak, pays voisin) à renverser ce nouveau régime à partir de 1980 (jusqu'en 1988, le tout pour rien si ce n'est des milliers de morts, surtout civils comme d'habitude). Oussama Ben Laden fit alors ses premières armes dans ce conflit contre Saddam le laïc, alors que son pays (Arabie Saoudite) aidait l'Irak à rétablir une monarchie en Iran.

• E : Oui, mais ça n'allait pas durer longtemps car, plutôt que de se battre contre un autre Arabe (même si Saddam était anti-religieux), Oussama s'engagea dans la guerre contre les Russes qui avaient envahit l'Afghanistan en 1979. L'ancien allié d'avant contre les Américains et les Israéliens, devenait un ogre à arrêter pour les pays musulmans (comme Napoléon en son temps). Des coalitions anti-coco s'organisèrent et des cadres saoudiens partirent aider les Afghans dans leur djihad (guerre sainte) contre l'infidèle, pendant 10 ans. Evidemment, face aux Russes, les Américains participèrent beaucoup à la formation et à l'armement des combattants de la foi, Oussama Ben Laden compris (et même en premier lieu vu sa motivation à se battre). Il créa son organisation avec l'aide financière de l'Arabie Saoudite, des États-Unis via la CIA, et du Pakistan : son nom de code pour la CIA, était « Tim Osman ».

• M : Ensuite, c'est véritablement avec la guerre du Golfe en 1991 qu'Oussama tourne mal ! Il s'installe à nouveau dans son pays, en Arabie Saoudite, pour aider un frère musulman (même si Saddam s'est toujours présenté comme étant laïc) agressé par les Occidentaux. Après la défaite de Saddam et les atrocités commises sur les civils (qu'on ne vienne pas nous parler de frappes chirurgicales en matière de bombardement, c'est des conneries de soldat), Oussama planifie et met à exécution un attentat contre le Grand Satan, l'Amérique, chez elle : c'est déjà l'attaque, en 1993, du World Trade Center avec voiture bourrée d'explosifs (mais garée au mauvais endroit stratégique pour que la tour s'écroule et entraîne l'autre dans sa chute, comme des dominos).

• E : C'est sûr que les Ricains ont eu de la chance sur ce coup là que la charge soit placée au mauvais endroit.

• M : Du coup ils étaient sur leur garde, mais Oussama, malin qu'il est, les frappa à nouveau, à l'extérieur (en terrain « neutre »), en attaquant en 1996 les Américains en Arabie saoudite (déclarant ainsi ouvertement la guerre à son pays d'origine, le berceau de l'Islam, corrompu par son alliance contre-nature avec le Grand Satan, alors qu'il prêche la rigueur de la foi pour les fidèles). Puis, il y a les attentats de 1998 contre les ambassades US en Afrique, l'attaque contre le destroyer US Cole au Yémen en octobre 2000.

• E : Malgré tout ça, trop fiers et sûrs d'eux-mêmes, les Américains n'écoutèrent pas les avis des renseignements étrangers et se prirent un détournement d'avion en pleine tour d'ivoire du temple capitalistique. De son côté, ayant définitivement coupé les ponts avec son pays d'origine, Oussama, en avril 2004, lança une déclaration de guerre au royaume d'Arabie Saoudite contre les intégristes, tous ceux qui se disent et imposent d'être de meilleurs musulmans mais qui ne sont pas assez purs à ses yeux (surtout qu'ils entretiennent le plus grand copinage avec les USA pour les calmer et continuer le business de l'or noir).

• M : Surtout que parallèlement à tout ça, les US, pour « réparer » les milliers de morts de ces attentats, attaquèrent l'Afghanistan et ses camps d'entraînement pour terroristes mondialisés qui voulaient en découdre avec la théocratie américaine (où dieu est partout et Bush est son fervent disciple et serviteur), puis se sont orientés préventivement (je t'attaque avant que tu ne sois en force de le faire, avant même que tu en ais eu l'idée, alors même que le pays en était incapable) sur l'Irak, ouvrant une nouvelle brèche guerrière propre à l'entraînement et au défoulement des terroristes.

• E : Exactement le monde qu'on ne voulait plus ! Surtout que cela touchait à présent les Européens, mis dans le même sac des occidentaux décadents et croisés (antimusulmans primaires) que les américains (même si la France était déjà cataloguée par rapport à la guerre civile en Algérie et son soutien à la junte armée). La haine des humains entre eux était alimentée par les offensives et les contre-attaques de toute part, dont les civils innocents payaient toujours le prix le plus lourd, en termes de dégâts matériels autant que de vies humaines et de peur de l'Autre !!!

• M : Bien d'accord avec toi, d'autant plus que les états pyramidaux avaient assez peu de visibilité face à tous ces groupuscules en réseau. Contrairement à des guerres classiques qui opposent deux blocs délimités, le nouveau visage de la violence changeait de masque comme un lézard recréé sa queue quand elle est arrachée. La solution ne pouvait donc être dans l'escalade militaire, plutôt dans le dialogue et la compréhension pour éviter le recrutement, à la base, de terroristes.

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Published by Collectif des 12 Singes - dans Lendemain du Grand Soir
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