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21 janvier 2005 5 21 /01 /janvier /2005 20:58

 

12 - Les Lendemains du Grand Soir
Télécharger le fichier : 12-Les Lendemains du Grand Soir.pdf


• Moa : Comme tu le sais, dès le matin du Grand Soir il fut décrété la Démobilisation générale, où tout le monde arrête tout, sauf les services et les productions dont le manque se révélerait intolérable (énergies, alimentation, soins, éducation, transports, information / télécommunication). Le lendemain du Grand Soir, tous les Citoyens furent appelés à s’exprimer sur le projet de civilisation qu’ils souhaitaient mettre en place après la décadence de l’ancien système dogmatique.

• Esperanta : C’est la pure prolongation des évènements de Mai 68 ton truc !

• M : Et ouaip dame ! Déjà en 68, la technologie s’était développée, l’économie se portait à merveille (il n’y avait quasi pas de chômage), mais la société elle-même (surtout les individus) n’avait pas progressée. Avec le carcan de lois issues du parachutage de De Gaulle et sa république dirigiste/colonialiste de 1958 (la Vè avec un régime de président/roi), depuis les années 60 et les Beatles il existait une véritable quête de Liberté et de Progrès Social, à tous les niveaux. Les années hippies (ou faussement appelées beatniks, « ceux qui lâchent tout », mouvement des années 50 contre une société US qui décadait idéologiquement avec son impérialisme guerrier anti-communiste et la déception du rêve américain ; jeunes fuyant cette dure réalité via la picole et l’errance, opposés des babas cool car blasés de la vie, ils les dénigraient en les appelant hippies, signifiant « dans le vent, tendance ») exigeaient de plus une Egalité et Fraternité réelles et plus de façade, mêlées à une efficace et impartiale Justice Sociale. La Liberté des mœurs et du reste fut acceptée (heureusement quand même, on fait ce qu’on veut de notre corps) et entérinée (sexualité, possibilité pour les femmes d’avoir un compte bancaire à leur nom et de travailler sans l’aval du mari – comme quoi la France était encore bien rétrograde à l’époque), ainsi que des progrès économiques concédés (augmentation des salaires de 30% – signe qu’il y avait du pognon mal redistribué, réduction du travail horaire et plus de vacances), mais pour l’Egalité et la Justice Sociale, ça il n’en était absolument pas question ! Dès lors, la France déclina et implosa littéralement, prisonnière enchaînée de ses propres institutions et du poids accumulé de l’Histoire (code pénal des dictateurs Napoléon, lois d’une IIIè république bancale, aspirations nationalistes de Vichy et d’après guerre ainsi que de « décolonisation » officielle – et encore, pas dans les DOM TOM ni départements qui le souhaitaient, ni même concrètement en Afrique avec le copinage de chasse gardée France-Afrique) ainsi qu’avec son cortège d’influences, de pressions et de dirigismes omniprésents. Toutes ses couches superposées et remaniées tant bien que mal, tout en faisant en sorte que tout l’édifice ne s’écroule (ce qui n’est pas évident d’où une machinerie coincée), devaient être Révolutionnées de fond en comble.

• E : Vous deviez du passé faire table rase !

• M : Exactement, mais en gardant le meilleur et en l’améliorant encore. Quant au reste, les anachronismes inadaptés au IIIè millénaire, nous les prîmes comme exemples … à éviter absolument.

• E : Et comment vous avez organisé ça ? C’est un travail énorme, j’imagine que ça se fait pas comme ça.

• M : La France était malade, l’intox en était la tumeur, mais aucun médecin ne lui avait clairement demandé quels étaient ses maux, mais au contraire ils croyaient savoir, bilans à l’appui, quels seraient les traitements magiques. Depuis 68, notre beau pays dépérissait, tant au niveau politique, qu’économique et surtout social. La nation d’après 68 avait mal à la tête et le cul en feu : toute retournée de l’Anarchie Individualiste qui posait de vraies questions en apportant des réponses tantôt extrêmes dans l’idéalisme, elle ne savait trop que faire de ses jeunes et Citoyens ne se reconnaissant plus dans cette société décadente. Les chers politiques qui, grands opportunistes technocratiques et communicants qu’ils sont, surfaient sur le mécontentement sans comprendre les fondements de cette déferlante Emancipatrice, cherchèrent moyennement des solutions durant 40 ans afin de ménager les privilèges des dominants qu’ils représentaient, proposant des sparadraps devant une plaie béante.
Le Peuple se décida finalement (le temps qu’une nouvelle génération reprenne le flambeau avec le recul des leçons du passé) à faire entendre clairement sa voix au jour du Grand Soir. Nous avons alors tout simplement décider de reprendre le bon vieux principe du Cahier de Doléances en vigueur lors de la convocation des Etats Généraux avant la Révolution de 1789. Quand le Peuple n’est pas satisfait, il ne sert à rien (et c’est dominant) de proposer des solutions toutes faites : les Citoyens savaient ce qu’ils ne voulaient plus, mais il était plus difficile de définir ce qu’ils souhaitaient pour l’avenir.

• E : C’est une bonne idée ça d’avoir remis au goût du jour les Etats Généraux. Ça devait être un peu comme les ateliers de réflexion des Forums Sociaux, où tous les sujets sont abordés, par thème, avec des spécialistes qui livrent leurs analyses et synthèses, puis les auditeurs qui peuvent poser des questions pour préciser certaines informations et ouvrir de nouvelles portes d’interrogation.

• M : Oui voilà, un peu dans ce genre là. Puis les Cahiers permirent aux Citoyens d’exprimer Librement leurs constats, analyses et proposaient des solutions à discuter. Avec internet et les traitements logiciels, toutes les remarques furent rapidement synthétisées par domaine (organisation de la vie de la Cité – politique dans le sens noble du terme –, travail, santé, justice, développement durable, éducation, culture, …) et débattues en ateliers de 30 personnes.

• E : Cool, oui, c’est vraiment comme aux Forums Sociaux ! Sauf que là c’est vraiment Démocratique car ce sont les Participants eux-mêmes qui définissent les thématiques et sujets abordés.

• M : Et oui, ensuite l’atelier devint à la fin des débats une Assemblée Locale où l’on détermina les points d’accord et les questions en suspend avec les différentes propositions qui en découlaient. Chaque audience nomma 3 émissaires qui allèrent exposer et débattre avec les autres mandatés des ateliers de la Commune (ou de l’arrondissement pour les grandes villes). Dès lors, chaque ville connaissait ses tendances générales profondes et leurs variantes.

• E : Et ?

• M : Et tous les émissaires s’assemblèrent en députation (selon les limites géosociales, équivalentes aux Communautés de Communes) pour définir un consensus avec toutes les Communes du secteur et noter les points litigieux. Ensuite, les émissaires déterminèrent 5 personnes jugées les plus à même de défendre les points de vues de la députation au niveau national.

• E : Mais c’est le retour du copinage ton machin !

• M : Non, c’est juste que les émissaires donnèrent leur avis sur les plus capables ; les uns ne connaissant pas forcément les autres. De plus, afin d’éviter une contre-révolution et tourner la page, aucune personne ayant effectuée un mandat politique dans l’ancien système ne pouvait se présenter à une quelconque députation. Après, bien sûr ce furent les Citoyens qui nommèrent 3 députés (parmi les 5 proposés) pour exprimer leur volonté synthétisée (et non pas un programme marketing pré-rédigé/prédigéré) auprès de l’Assemblée Constituante à Paris. Dans les bureaux de vote, les électeurs (toute personne résidente permanente sur le sol français, quelle que soit la date d’arrivée) retrouvèrent les grandes thématiques sociales abordées lors des ateliers, sous forme de questionnaire à choix multiples (de propositions synthétisées des débats à la députation) avec possibilité de commentaires (pas comme auparavant avec le bulletin de vote qui devenait alors nul).

• E : C’est clair, moi ça me saoulait toujours de pas pouvoir m’exprimer sur mes idées mais que sur celles des candidats politiques.

• M : Alors qu’il vaut mieux donner le pouvoir à celui qui ne le veut pas !

• E : Tu as bien raison ; tous ces rapaces, ces vautours à l’affût de la moindre faiblesse de leur ennemi politique, plus à l’écoute de leurs bas instincts électoraux que des maux (et mots aussi) des Citoyens, ça me dégoûte !

• M : Mais là, je te rassure, tu penses bien que si le Peuple avait fait le Grand Soir, (cette fois) ce n’était pas pour donner le pouvoir à de nouveaux morfales et autres retourneurs de veste. Les députés partaient à la Constituante avec un mandat impératif (alors que dans les précédentes Constitutions ce n’était jamais le cas), s’agissant de défendre les choix sociétaux de leurs mandataires (et non plus administrés à qui l’on « impose » ses idées, formatées pour être populaires – voire populistes-électoralistes) et d’exprimer les points conflictuels et leurs solutions proposés par les Citoyens.

• E : J’imagine que ça a dû être un sacré bordel, connaissant les Français et leurs propensions à s’enflammer sur la politique (surtout après un ch’ti canon au bar PMU du coin).

• M : C’était animé, pour sûr. Mais pour autant ça c’est bien passé, c’était relativement bon enfant car tous les gens pouvaient s’exprimer, voire se défouler, durant les ateliers débats de 30 personnes, puis les synthèses aidant, les discours devenaient plus fins, plus conceptuels même. De plus, comme très souvent, il y avait plus de points d’accord que de divergence.

• E : Et donc il y a eu une nouvelle Constitution ?

• M : Oui, en fait les députés ont débattus avec un œil rivé sur un écran où il y avait un tchat par internet avec les Citoyens de leur circonscription sur les évolutions du débat. Ensuite, un vote a été fait sur chaque domaine social et chaque proposition Citoyenne à ces sujets. Enfin, le projet de Constitution fut soumit au Peuple qui le valida conforme à ses attentes (il fallait au moins 75% de satisfaits). Les Constitués déterminèrent en même temps les points qui demandaient à être revu pour amélioration assez rapidement.

• E : En fait c’était une étape intermédiaire ?

• M : Exactement, c’était la première expression des aspirations des Utopiens, pour qu’un nouveau système se mette en place et assure la relève, avant de définir plus sereinement et avec le recul des expériences un système flexible dans les évolutions mais solide dans son organisation.

• E : Vas y, fait péter. C’est quoi le système tampon que j’ai loupé ?
       

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Published by Collectif des 12 Singes - dans Lendemain du Grand Soir
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