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Collectif des 12 Singes (Al LU-SINON)


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21 janvier 2005 5 21 /01 /janvier /2005 21:00

Des pouvoirs
Télécharger le fichier : 12-Les Lendemains du Grand Soir.pdf


• M : C'est sûr que ce n'était pas tous les jours évident. Surtout que les Utopiens se méfiaient terriblement des anciens cadres politiques et leur avaient donc interdit toute députation ou rôle dans les nouvelles structures du pouvoir populaire (et qui entendait bien le rester !). La période transitoire fut la mise en application de la Démocratie Participative théorisée et testée depuis moult années dans des organismes de tailles variables (notamment les associations et les coopératives), avec pour base le Peuple et comme agents des personnalités reconnues de la société civile (enseignants, cadres, membres d'associations). Pour construire les nouveaux modes de gestion de façon à en assurer le partage social, il fallait mettre en œuvre de nouvelles formes d'exercice de la Démocratie. Nous devions définir un projet politique alternatif qui valorise les ressources et les différences locales, qui cherche à promouvoir l'Autonomie consciente et responsable. En fait, les structures de consultation, de décision, de gestion, qui assistent la Commune (ou l'Union des Communes) constituent une forme intermédiaire entre la Démocratie déléguée et la Démocratie Directe (assemblée, référendum, etc.), même si le Peuple n'est pas loin d'avoir les pleins pouvoirs.

• E : D'accord, donc en fait la nouvelle Commune a redéfinit la composition des nouvelles instances en veillant à l'équilibre entre les acteurs politiques, économiques et sociaux.

• M : Exactement : les nouveaux processus de décision, inspirés, dans la composition des acteurs qui les endossent, des complexités des statuts municipaux médiévaux, sont réinterprétés de façon à donner la parole aux diverses composantes de la société contemporaine dans la définition des lignes d'orientation et le contrôle des mandats autant que celui des résultats impératifs. Les instances de décision de la nouvelle Citoyenneté comprennent ainsi des représentants des principales associations économiques et sectorielles (artisans, agriculteurs, commerçants, industriels, etc.) ; des représentants des principales associations sociales, culturelles, écologistes ; des représentants de comités et de forums, thématiques, territoriaux, multi-professionnels ; des représentants des circonscriptions ou assemblées de quartier, de zone plus ou moins étendue et diversifiée. La nouvelle Commune visait à obtenir que, dans le financement des projets locaux, les collectivités d'ordre supérieur puissent promouvoir des modalités Participatives contribuant à leur définition. Ainsi, l'implication d'une plus grande pluralité de sujets dans les processus décisionnels permet une véritable connaissance du contexte local, par l'appréhension des problèmes qui échappaient à la bureaucratie, autant qu'un Partage accru des initiatives et du retour d'expériences, tout ceci gage de Coopération Solidaire.

• E : Et comment ça marche alors ?

• M : Chaque ville ayant son Assemblée Communale, composée des émissaires des quartiers, les débats se faisaient sur proposition des circonscriptions. Pour chaque domaine de la vie sociale (Alimentation, Activité, Sûreté Générale, Services Publics, Enseignement, Finances, Relations Extérieures), une Commission fut dotée de 7 membres pour définir différentes propositions et les observations s'y rattachant. Ces pistes de réflexion étaient alors discuter par l'Assemblée Communale qui négociait des décisions consensuelles. Parallèlement, une Commission Exécutive pouvait être nommée et composée de 9 membres afin de mener des études précises ou de veiller à faire appliquer les mesures votées. Le Peuple Participait à cette forme de Démocratie en définissant des orientations politiques, en mandatant des représentants pour exprimer ses Volontés Populaires auprès de l'Assemblée Communale (certains points étant impératifs) et en surveillant la conformité des décisions d'avec la teneur des débats dans les ateliers de discussions. Pour faire court, les spécialistes et experts proposaient des solutions aux problèmes exposés par des Citoyens, le Peuple disposait !

• E : Mais il n'y a pas eu de tentatives contre-révolutionnaires par rapport à ce nouveau système institutionnel où il n'y avait plus de place pour les élites ?

• M : Si, mais pas tant que ça, et surtout très peu puissantes et efficaces. D'une, les Utopiens avaient prévus le coup en bloquant les accès des casernes et autres sanctuaires de la force obscure, et de deux les anciens du système étaient très surveillés. De plus, et pardessus tout, il s'agissait d'une Révolution Citoyenne et Pacifique, basée sur l'application concrète de la Liberté, de l'Egalité et de la Fraternité, donc peu nombreux (même et surtout nos sœurs et frères européens) étaient ceux à exprimer un profond désaccord avec le Peuple dans toute sa splendeur. On peut même dire que vu que cette Constitution était valide pour un certain laps de temps, ses détracteurs considéraient que lors des nouvelles élections et de la redéfinition sereine des éléments fondamentaux, le Peuple aurait fini sa « récréation » (mot reprit de De Gaulle après les évènements de Mai 68) et reviendrait aux « choses sérieuses ».

• E : Racontes moi comment les gens ont vécus cette faille politico-temporelle.

• M : Comme je te le disais avant, il n'y a pas grand-chose qui changea, si ce n'est que les gens avaient du temps pour se cultiver, se faire leur propre opinion des choses, aider les autres, exprimer des talents cachés. Bref, toutes les activités qu'une vie perdue à la gagner nous empêchait de faire, par succion de l'énergie de volonté au profit de la force d'asservissement, étaient désormais faisables et même promptement encouragées. De plus, les populations étant très désireuses de s'auto-organisées et s'autogérées, de nombreuses structures virent le jour, sous la forme d'associations impulsées par le besoin et l'envie de se regrouper, l'Union faisant la Force pour faire avancer le schmilblick et créer de nouvelles aspirations.

• E : Du genre les expériences ?

• M : Plusieurs Citoyens se sont associés avec chacun un capital ridicule (mais multiple il était conséquent) afin de développer le concept cher à Proudhon de Banque du Peuple. Les entrepreneurs, producteurs de biens et services utiles, se voyaient prêter de l'argent à taux zéro et étaient directement mis en relation avec des consommateurs : la vente des produits diminuait d'autant le solde du crédit ainsi qu'elle encourageait d'autres personnes à lancer de nouveaux projets (car à taux d'intérêt zéro le crédit est peu risqué pour celui qui le contracte et la mise en relation avec les clients favorise un retour sur investissement rapide, ces deux conditions suscitant des vocations professionnelles). De plus, depuis plusieurs années sous forme limitée, le concept des Systèmes d'Echanges Locaux (SEL ou autrement dit le troc) connu une véritable envolée. Le principe en est simple : une personne ayant besoin d'une prestation (matérielle ou non) se propose d'offrir un autre service en échange. Si deux personnes n'arrivent pas à trouver un terrain d'entente sur des Participations donnant-donnant (l'une n'a pas besoin de ce que l'autre peut lui proposer) alors l'un des services reste à charge. Les dettes et créances de prestations sont centralisées : un débiteur peut intervenir chez une personne tierce, un créancier demander un service à toute personne débitrice d'un échange ; les comptes sont soldés par un système de « chèque-heures » d'activité.

• E : J'avais déjà entendu parler de ça avant : en fait c'était les prémices de votre système actuel de Participation avec le concept de la notion d'argent remplacée par celle d'heures d'activité.

• M : Tout pareil : tu vois bien qu'on n'a rien inventé, mais qu'on a beaucoup analysé la décadence des systèmes étatisés et sociétaux de l'autre monde, synthétisé les expériences Alternatives mises en place par contre-modèle, élaboré de nouveaux concepts et/ou amélioré les anciens en fonction des antécédents et de nos projets d'avenir.

• E : Et concernant les entreprises ? Parce que j'imagine qu'elles étaient pas forcément très contentes des modifications institutionnelles ?

• M : C'est le moins qu'on puisse dire. Déjà, les patrons (des secteurs non-prioritaires) ont moyennement appréciés la proclamation de la Grève Générale pendant un mois (le temps de vraiment se poser pour réfléchir), mais l'état (dissout et remplacé par la Volonté Populaire via les Assemblées Communales et Nationale) les exempta d'un mois d'impôts sur les salaires et gela tous les paiements de factures sur ce mois-là (à l'exception des factures d'import-export, pour avoir bonne presse à l'étranger et faire rentrer des devises).

• E : Normal si on voulait éviter la fronde des patrons, petits en premier comme grands.

• M : Exactement, nous étions contre le capitalisme, pas contre les patrons en tant que tel (sauf ceux émanant de conseils d'administration car plus souvent en charge de structures importantes et donc plus tentés par le despotisme économique et managérial). Du moins pas les vrais entrepreneurs qui se cassent le cul tous les jours pour faire tourner la boîte ! Dans les secteurs prioritaires tels que l'alimentation ou les télécommunications, les employés furent très investis dans leur gestion Participative aux affaires courantes. Depuis le temps où les ouvriers et les cadres se plaignaient de se saigner aux quatre veines pour la performance de leur entreprise sans trop voir de retour sur efforts, à présent ils avaient la possibilité, voire la mission, de cogérer les orientations et les décisions internes. Là où les syndicats étaient devenus incapables, par protection de leurs propres intérêts plutôt que de ceux qu'ils étaient censés représenter, les réunions entre ouvriers-producteurs, cadres-opérationnels et stratèges-(ex)décideurs montrèrent toute leur efficacité. Nous n'étions plus dans un schéma d'opposition entre les possédants du capital qui décident et les employés, n'ayant que leur force ou leur capacité de réflexion, qui subissent et produisent sans pouvoir rien dire. Ces rapports d'exploitation de l'humain par l'humain, identiques aux contraintes martiales chères aux gradés de l'ex-armée permanente, furent remplacés par une gestion concertée, multi-partie et englobant tous les secteurs concernés en amont comme en aval.

• E : Les entreprises étaient alors du coup presque gérées comme des associations ?

• M : Oui, à peu de choses près. Justement, le tissu associatif était très dense en France (en parti pour combler les lacunes de l'état et les exigences contraignantes/sur-rationnelles du secteur privé) et donc la population voulait être associée au politique et à l'économique, puisque c'était elle, la Plèbe, qui étant la plus précaire et dépendante, payait souvent les pots cassés et les conséquences des actes manqués ou insensés des « puissants » impuissants (ou traîtres au Peuple et à l'Intérêt Général). En fait, dans de nombreux domaines, les Citoyens se sont réveillés et ont repris à leur compte les tutelles et autres organes pluricéphales de Participation.

• E : Donc, en somme, au lendemain du Grand Soir, les Citoyens ont pris position et voix au sein des structures étatiques et économiques. Plutôt que de subir des décisions qui influent directement sur leur vie, à présent ils Participaient avec un réel contrepoids à l'organisation et la gestion de leurs Communes, Nation et entreprises.

• M : Exactement, c'était la fin de la délégation absolue, au profit d'une Participation intensive aux débats et décisions finales.

• E : Et par la suite, à la fin de cette année d'essai, des évolutions par rapport au lendemain du Grand Soir furent adoptées ?

• M : Oui, tout plein ! Puisque l'idée de base d'Utopia était dès le départ le principe de la Révolution Permanente !

• E : Ah bon, tant que ça ? Pourtant la première mouture constitutionnelle semblait être plutôt pas mal. Mais pour le reste, genre l'abolition de l'argent ou de la propriété, comment en est on arrivé là ? Parce que perso j'osais à peine en rêver et Utopia l'a fait !

• M : C'est vrai que c'est des décisions fortes, mais ça faisait des siècles que les plus grands penseurs internationaux (preuve que ce n'est pas une question de culture, mais de système) argumentaient sur ces thèmes, clés de voûte de la servitude volontaire et des privilèges des puissants.

• E : Expliques moi ça s'il te plait, ça m'intéresse !

• M : Avec grand plaisir, d'autant que c'est des notions fondamentales !

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Published by Collectif des 12 Singes - dans Lendemain du Grand Soir
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