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21 janvier 2005 5 21 /01 /janvier /2005 21:04

Société de l'information et la communication
Télécharger le fichier : 12-Les Lendemains du Grand Soir.pdf


• M : Un énorme travail fut ensuite entrepris pour donner un grand coup dans la termitière des chiens de garde, les médias à la solde des pouvoirs tant politique que économique (TF1 cumulant les deux, car ils sont en plus des bétonneurs, donc très proche des politiques en matière de dessous par très propres de table).

• E : Tu fais bien d’en parler ! En tant que fille de pub, je trouvais justement que la télé était complaisante envers les dominants et avait la dent (autant que la désinformation) dure envers les petits qui défendent leurs Droits comme ils le peuvent, avec leurs peu de moyens pour se faire entendre si ce n’est par le tube cathodique (mais qui déforme beaucoup la réalité pour la faire entrer de force dans des moules plus attractifs voire racoleurs ou menteurs si besoin est).

• M : Tu m’étonnes. Le cas le plus flagrant est bien évidemment TF1, la chaîne que Chirac a offert en 1986 pour quelques milliards de francs symboliques à son grand pote bétonneur Francis Bouygues (Hachette était aussi en course, normal pour un spécialiste des publications, mais le groupe Bouygues ne négligea aucun détail pour faire valoir le bien fondé et la solidité de sa candidature, préparée comme s'il s'agissait d'un appel d'offres pour obtenir un chantier de construction et en faisant alterner relations personnelles de sympathie avec les membres de la CNCL et menaces de recours auprès du Conseil d'État). Le choix de la chaîne à privatiser, demeura longtemps incertain, et ce fut Édouard Balladur qui trancha en faveur de TF1, alors que le ministre de la Culture s'était prononcé pour FR3 (mais une télé nationale pour faire sa propagande c’est quand mieux). Après un long et tumultueux marathon parlementaire contre le texte, la création de la CNCL (Commission Nationale de la Communication et des Libertés, ancêtre de la CNIL) fut votée, mais sa naissance était assombrie par les nombreuses remises en cause du texte. Mais l'indépendance de l'autorité de tutelle était bridée par la loi, son pouvoir était en réalité ambigu et limité dans les faits. La loi de 1986 apparue vite comme une tentative de libéralisation maladroite et trop rapide.

• E : C’est sûr que du coup, la « moindre » des choses de la part de TF1 était de faire élire son candidat en 1995 et 2002, en jouant à fond sur l’insécurité, comme savent si bien le faire les journaux poujadistes du 13h de Pernaut qui fleurent mauvais le purin des paysans et les arrière-boutiques défraîchies des petits commerçants, ou les reportages terrifiants de Droit de savoir.

• M : Clair et net, d’ailleurs pleins de gens, qui habitaient la campagne où il ne se passait jamais rien chez eux, avaient d’un coup peur que les loubards viennent leur voler leur pauvre C15 ou leur vieille télé pourrie (c’est le mieux qu’il y avait à prendre chez ces tordus qui croyaient encore tout ce que l’on disait à la télévision). L’époque où la police parlait au journal de 20h n’était pas très loin (allusion à un poster de Mai 68).

• E : Vous avez fait quoi alors pour démuseler les chiens de garde ?

• M : On a fait comme dans les autres domaines : on a viré les dirigeants et on les a remplacé par des jeunes stagiaires durant un mois pour inculquer une nouvelle dimension à la télévision qui restait bloquée sur des concepts d’avant Internet ou pire sur des programmes divertissants/abrutissants exclusivement définis pour détendre le téléspectateur, lui faire oublier la dure réalité de travailleur acharné et le faire saliver d’envie sur des biens de con-sommations qu’il ne pourra pas acheter ou dont il n’a pas besoin. Les petits jeunes, enfin multiethniques pour une vraie télé en couleur (et pas juste en blanc et blanc), avaient pleins de bonnes idées à proposer, et cette fois c’était bien à l’utilisateur final (le téléspectateur) de juger, et non plus à des « spécialistes » qui ont tellement le nez dans leur merde qu’ils considèrent que tout ce qui ne vient pas d’eux ne marchera jamais (alors qu’il y a foison de contre-exemples).

• E : Les enfants de la télévision c’est clairement nous. La petite lucarne nous a bercée, nous a éduqué, émerveillé, fait peur, cultivé, et c’est grâce à ses abus de langage marketing/communication qu’elle a formé notre sens très critique.

• M : L’avantage en plus en prenant des petits jeunes, c’est qu’ils n’étaient pas encore complètement formatés par le système télévisuel psychorigide. Du coup, la créativité foisonnait et des résultats surprenants (en « bon » et « moins bon ») virent le jour.

• E : Du genre ?

• M : Par exemple, il y eut nettement plus d’émissions avec une vraie interactivité avec les téléspectateurs/internautes. Les animateurs de débats ou ceux qui interrogeaient des spécialistes n’étaient plus alors que des supports pour poser des questions plus que judicieuses aux invités, interventions qui auraient été jugé politiquement incorrect avant le Grand Soir par
les « professionnels qui étaient censés savoir ce qui nous intéresserait ».

• E : Enfin il n’y avait plus de place pour la langue de bois. Petite, j’aimais bien les débats politique, mais en grandissant j’ai vite compris que les invités ne répondaient jamais aux questions qu’on leur posait (alors qu’elles étaient loin d’être « dérangeantes », les journalistes tenant à garder de bonnes relations avec les puissants pour faciliter leur avancement). Souvent, une question précise était posée, les politiciens voulaient préciser le contexte de la question (chose pas si mal en soi), mais ils en profitaient vite pour s’éloigner du sujet ou de la « polémique » pour glorifier leur action, pas évidente à mener car ils avaient hérité d’une gestion catastrophique de la part de leurs prédécesseurs. Ils venaient de noyer le poisson, mais le journaliste ne relançait pas sur la véritable interrogation, il se contentait de rebondir sur les nouvelles affirmations de l’invité, en profitant pour présenter l’action de ce dernier sous un jour favorable.

• M : Que veux-tu, Georges Marchais a fait des petits. Les journalistes venaient avec leurs questions, lui venait avec ses réponses, mais au moins il précisait d’entrée de jeu ses conditions (comme pour tout communiste qui se respecte, il ne peut y avoir de Liberté de poser de vraies questions : silence, on tourne la page !). Pour ces gens-là, l’information est la partie ingrate de leur fonction, ils préfèrent le met de choix qu’est la propagande. Mais nous avons utilisé ces armes de communication massive pour mettre le feu chez les pyromanes, en faisant exploser le paf (paysage audiovisuel français) à la TNT.

• E : Vas-y, racontes moi concrètement ce que vous avez fait ! Avec toutes les chaînes de merde qu’on avait (encore plus avec la Télévision Numérique Terrestre), il y avait moyen de faire des trucs bien, et pour tous les goûts.

• M : Exactement, en fait on a utilisé les chaînes existantes en adaptant les angles de vues et la typologie des émissions à la segmentation de toutes ces chaînes. Evidemment, France3 nous permettait de relayer les informations des régions, avec la mise en place d’émissions interrégionales plutôt que nationales. Toutes les bonnes expériences (et les moins réussies, tout autant, voire plus, formatrices) testées dans différentes régions avaient leur boîte de résonance/raisonnance au niveau national. La chaîne devenait à nouveau une vraie chaîne de proximité, autant qu’elle remontait les informations intéressantes pour en faire bénéficier d’autres régions. Arte eut pour rôle de développer des théories Emancipatrices en Coopération avec nos sœurs et frères Allemands, alors que France5 nous montrait des documentaires sur leurs applications pratiques. France Ô nous racontait la vie dans les îles et les solutions alternatives mises en place par rapport à leurs spécificités territoriales. Quant à France2 (comme dans tout l’édifice France Télévision), on y a fait le grand ménage du printemps rouge (enfin Noir, de l’Anarchie, pour être plus exact) ! Les gens en avaient marre et ne comprenaient pas pourquoi ils payaient une redevance télévisuelle pour avoir autant de publicité et de sponsoring d’émission que les chaînes privées. Surtout que la qualité des programmes n’allait pas forcément de soi. Donc on a bien évidemment viré tous ces animateurs-producteurs qui se goinfraient financièrement aux frais du « redevanciable », et qui en plus faisaient (eux aussi, comme tant d’autres, trop d’autres) des émissions racoleuses et insultantes pour la masse populaire (dans son expression la plus noble). On a programmé à la place de vraies émissions d’investigation (à la Complément d’enquête ou Envoyé Spécial, mais ancienne mouture, celle avec des enquêtes de fond, pas de remise en forme physico-psychologique). Puis on a développé des programmes plus décalés, propres à la réflexion autant qu’à la satire juste pour rire (même si dans toute caricature, il y a un fond de vérité et donc d’interrogation possible pour moins prêter le flan à la critique).

• E : Et TF1 et M6 ? Vous leur avez laissé la prérogative de lobotomiser les gens ?

• M : Bien sûr que non. Même si c’était des chaînes privées (uniquement par la volonté des politiques), on ne pouvait courir aucun risque, car on savait que la contre-révolution passerait forcément par elles. N’oublions jamais la phrase de Le Lay (il porte bien son nom le boss de TF1) qui disait qu’il ne faisait pas de télévision pour informer et encore moins éduquer les gens, mais plutôt pour vendre à Coca-Cola du temps de cerveau humain disponible. Pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit perméable. Les émissions pourries de TF1 avaient pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Selon lui, rien n’est plus difficile que d’obtenir cette disponibilité (quand on nous matraque de grosses dobes, c’est certain, la zappette s’active vite). C’est là que se trouve le changement permanent. Il faut chercher en permanence les programmes qui marchent, suivre les modes, surfer sur les tendances, dans un contexte où l’information s’accélère, se multiplie et se banalise. Encore un expert qui n’a rien compris à l’humain, puisque tout le monde vous dira que plus il y a de pubs à la con pour des produits qu’on ne peut ou ne veut pas acheter, plus les pauses pipi sont longues.

• E : Et comment vous avez raccourci ces pauses toilette ? Parce que ça devait pas être évident de faire changer complètement TF1 de culture d’entreprise !

• M : C’est clair qu’il y a eu des réticences, pour ne pas dire plus. Mais la télévision c’est nous, les téléspectateurs, même chez TF1 où ce sont les annonceurs qui font la pluie et le beau temps (pas Evelyne Dheliat). Donc, nous leur avons assigné la mission de divertir les Citoyens, mais cette fois de manière éducative et progressiste, mais surtout Respectueuse des intelligences Citoyennes. On disait toujours que TF1 faisait de la merde et que les gens regardaient, mais les gens prenaient ce qu’on leur donnait et quand on était fatigué d’une grosse journée, le bigdil détendait bien. Maintenant que les journées sont moins harassantes, les cerveaux sont plus disponibles et filtrent d’autant mieux la merde télévisuelle. Et surtout, on a fait très fort, en utilisant le projet de Chaîne Internationale d’Information à la Française, comprenant TF1 et France Télévision, pour diffuser dans le monde entier le concept de Révolution Permanente post Grand Soir. Les autres pays nous ont jugé toujours aussi décalé, mais leur Peuple ne nous regardait pas de la même manière. Enfin la France était redevenue ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : le pays des Droits de l’Humain !!!

• E : Effectivement, bien joué, chapeau bas ! Mais côté déconne, j’espère que Canal+ est restée la chaîne décalée qu’elle a toujours été ! Parce que nous étions tous les enfants de Les Nuls, des Guignols, de Groland, de +Clair (Daphné tu y étais si belle), de Carl Zéro (quoi qu’on puisse penser de l’émission et surtout de l’animateur, ses journalistes faisaient un vrai boulot), des Simpsons et de SouthPark. C’est en parti eux qui ont crée notre génération de blasés alterconsommateurs critiques et méfiants face aux courants dominants.

• M : Bien sûr, pourquoi voudrais tu que ça ait changé ? Au contraire, on a encouragé ce terreau propre à la croissance des idées différentes et pas forcément mauvaises (comme non automatiquement bonnes d’ailleurs). Dans le même registre, concernant la TNT, on a redonné un coup de Révolte à Nouvelle Radio Jeune, qui était né de la reconnaissance des radios Libres par Mitterrand (au moins une chose de bien que ce socialiste de droite aura fait dans sa vie), puis s’était embourgeoisée (comme beaucoup) dans le conformisme publicitaire.

• E : En parlant des radios, quels sorts vous leur avez réservé ? Parce qu’elles se cherchaient et tellement, qu’elles repassaient toujours les mêmes chansons, des mêmes artistes (ou de branleurs sortis de nulle part, qu’ils y retournent vite d’ailleurs), et les thèmes des émissions étaient toujours axés sur le sexe ou des sujets tellement bouillant que les interlocuteurs ne pouvaient en parler sérieusement, coupés par des animateurs à la Franz-Olivier Giesbert qui massacrent les interventions intelligentes des invités par des relances à la con.

• M : D’entrée de jeu on s’est concentré sur elles, car elles sont diffusées un peu partout, dans les voitures des gens, à leur boulot comme dans les lieux publics, pour détendre autant qu’informer les Citoyens. Ainsi, on a enfin ouvert la voie des ondes à de vrais artistes, à qui les programmeurs (encore des gens qui savent ce qui est bon pour nos oreilles) reprochaient avant de ne pas être assez dans la tendance (ou sinon complètement noyés dans le moule), et c’est bien ce que l’on recherchait après le Grand Soir. Nous étions à la recherche de nouveaux talents (plutôt que de stars) qui nous feraient découvrir des sons jamais entendus (et pour cause), en vue de nous ouvrir à de nouvelles perceptions sensitives et perspectives créatrices. Ensuite, on a multiplié les émissions de débats avec des spécialistes, et les auditeurs qui peuvent intervenir en direct. Dans le prolongement des ateliers de discussion et autres tables rondes.

• E : C’est bizarre, tu m’as pas encore parlé de la place d’Internet dans tout ça ?

• M : Normal, il y a tellement de choses à dire. Pour faire simple par rapport à Internet, on a complètement ouvert les tuyaux ! Ceux qui voulaient télécharger des œuvres créatrices pour se cultiver ou se détendre payèrent une très modique redevance, comme pour la télévision et la radio publique. Cette somme allait ensuite, enfin, directement aux créateurs et plus à ces charlatans modernes que sont les distributeurs des majors musicales qui nous abreuvaient de dobes sonores et s’engraissaient aux dépens de leurs artistes.

• E : C’est déjà une très bonne chose, mais Internet ne sert pas que à pomper du son !

• M : Bien sûr, mais c’est pour dire que nous avons donné toute son envergure à ce média qui permet véritablement l’information et le divertissement on demand. Ça aussi ce fut un grand projet d’après Grand Soir : développer les sources et canaux d’expression Citoyenne par le biais du réseau pour que tout un chacun puisse être un média à part entière ou au moins un vecteur de ces nouveaux supports d’information. Quiconque possédait une caméra et un micro pouvait alors diffuser ses émissions on line, ajoutant de nouvelles sources créatives et réflexives.

• E : Moi qui bossait dans le milieu de la communication multimédia, je peux te le confirmer : il ne sert à rien d’avoir de bonnes idées si personne ne peut s’en informer et qu’elles restent dans un cercle restreint où l’on prêche souvent des convaincus.

• M : C’est bien pour ça qu’on a fait fonctionner le réseau à fond pour brasser les idées et les confronter auprès d’un public le plus large possible. Au-delà de ça, chose qui était déjà entamée mais qui devait se développer encore davantage, nous avons vraiment virtualisé l’administration en mettant en place des guichets ouverts 24h sur 24, 7 jours sur 7, ainsi qu’en mettant en ligne une profusion de sites informatifs, de portails vers des plateformes d’échanges d’information ou de besoins/offres.

• E : Bref, vous avez connecté les Peuples !

• M : Je ne l’aurai pas mieux résumé ! Internet était un support aussi important que le train et le téléphone à leur époque, qui eux aussi ont modifié en profondeur les rapports humains autant que sociaux, puisque les gens et les informations circulaient dès lors soit par la voie ferrée soit par les fils de cuivre, en court-circuitant les organes d’information traditionnels. Les connaissances étaient physiquement ou oralement proches des gens, ils n’étaient donc plus obligés de prendre pour argent comptant la presse à la solde des puissants !

• E : Avec Internet on combine un peu les deux aspects (sans bien sûr avoir la présence physique) puisqu’on peut se parler en direct (tchat), tout en échangeant instantanément des informations et des fichiers, sans attendre que le facteur sonne trois fois. Vous pouviez dès lors communiquer et partager/travailler avec la planète entière, sans bouger de son fauteuil devant l’ordinateur. Ce qui permet aussi au final d’économiser autant en frais de déplacement (et donc en temps) qu’en particules polluantes !

• M : Là aussi nous avons fait les efforts tant attendus que l’état traînassait à faire, pour nous l’aménagement du territoire, ce n’était pas de bons mots jetés en l’air. De toute façon, vu comme le pays se concentrait autour des grandes villes et délaissait les campagnes, au risque de voir s’asphyxier jusqu’à la mort les deux, nous nous devions de concrètement donner les mêmes infrastructures (en fonction des besoins évidemment) à l’ensemble des populations.

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Published by Collectif des 12 Singes - dans Lendemain du Grand Soir
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