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T'es qui là ???

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Collectif des 12 Singes (Al LU-SINON)


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21 janvier 2005 5 21 /01 /janvier /2005 21:23

Vie d'une structure de Participation
Télécharger le fichier : 13-Utopia, je crois que ça va être possible


• E : Comment se créent les structures qui donnent de la Participation aux gens ?

• M : Ah ça, le mieux c'est que je t'emmène boire un verre !

• E : T'es vraiment une poche toi !!!

• M : Mais non, arrêtes de voir le mal partout ! C'est juste que j'ai soif, et pour tout dire, j'avais envie d'un slurm. Non je déconne !

• E : Hein, quesako ?

• M : C'était juste une connerie ! C'est du jus de limace extraterrestre. C'est une boisson verte fluo obtenue de manière peu ragoûtante mais c'est tellement bon que les personnages de Futurama y étaient accrocs (surtout Fry qui en a pété un câble en visitant l'usine de production).

• E : Maintenant que tu en parles, je prendrais bien aussi un verre.

• M : Je vais t'amener dans un endroit, tu m'en diras des nouvelles. La décoration et l'ambiance générale sont originales, inspirées des cultures et des gastronomies du monde que l'on peut retrouver dans ses yeux et ses oreilles, ainsi que dans sa bouche. C'est des potes qui tiennent ça !

• E : C'est dingue ça, tu connais tout le monde toi !

• M : Non, beaucoup de monde me connaît, je les ai eu en cours ou ailleurs.

Arrivée :

Le lieu se compose de plusieurs ailes de bâtiment articulées autour de la culture, la sensibilisation à diverses problématiques, la gastronomie, la découverte de prestations locales de tous types, dans le cadre d'une Coopérative.

• M : Voila, c'est, entres autres, une des façons de faire Participer les gens. Cette structure est destinée à faire partager au plus grand nombre, un projet social où les « employés » sont des associés à part entière, afin d'impulser une nouvelle organisation du travail, dans le cadre de valeurs d'insertion, de Démocratie et de Solidarité.

• E : Cool comme établissement, c'est clair que ça n'a rien à voir avec les bars branchés où le boss traficote dans le milieu ténébreux de la nuit.

• M : En plus, les clients ne sont pas considérés comme tels, mais plutôt comme des partenaires du développement de cette structure. Ainsi, l'offre culturelle est impulsée tant par les membres, des associations artistiques, mais surtout par les partenaires-clients qui font connaître leurs envies de découvertes, effectuent des suggestions sur le lieu et son organisation. L'objectif est que les partenaires-clients comprennent que cette structure est destinée à leur culture dans le sens large afin qu'ils deviennent partie prenante du projet et de ses développements.

• E : C'est vraiment de la balle ! Mais comment vous est venue cette idée ?

• M : Déjà de notre temps, à l'heure de la marchandisation, en-dehors des structures culturelles institutionnelles, il existait peu de lieux où la culture était à des prix abordables pour le plus grand nombre. Qui plus est, les organisations promouvant des actions culturelles accessibles financièrement, étaient trop souvent destinées à un public très ciblé, relativement restreint, avec une connotation « underground ». Cet aspect séduit nombre de jeunes mais en désintéresse aussi une grande partie, autant qu'il limite la pénétration de ce type d'actions auprès d'un public plus varié (âge, niveau social, ouverture culturelle, …).

• E : Ça c'est bien vrai, ça coûtait la race de bouger sur Panam.

• M : Au moins à Paris il y avait l'embarras du choix, parce que sur Montpellier, il n'y avait pas grand-chose, en-dehors de l'été où ça bougeait grave dans les festivals. En plus, hormis les discothèques (boîtes à clubbers), il fallait toujours que le spectateur fasse la démarche de se renseigner pour savoir où il y avait une bonne programmation, parmi la pléthore d'endroits susceptibles d'organiser des événements culturels. Le problème majeur résidait dans ce cercle vertueux-vicieux, c'est selon : plus la communication sur une action est restreinte, plus elle est ciblée, plus les invités auront l'impression d'une communauté d'intérêts artistiques. Cependant, il faut connaître les endroits où l'on peut trouver ces informations, faire fonctionner ses réseaux pour être avisé des événements, etc… Ainsi, si l'on ne connaît pas les « bons endroits », on peut louper des soirées très intéressantes et s'en apercevoir que bien plus tard.

• E : Je reprends carrément tes conclusions : culture trop chère, actions culturelles accessibles financièrement trop ciblées, lieux et organisateurs/publics avec une image pas toujours très « enchanteresse », communication sur les événements artistiques trop éparpillée ou « cachée ».

• M : D'autant plus que sur Montpellier, malgré le grand nombre d'étudiants, il ne subsistait que peu, trop peu, de lieux culturels : Zénith avec une capacité énorme, Rockstore et Victoire2 (Agglomération de Montpellier) avec une grande capacité. Hormis cela, il existait des bars animés ou à thème, mais en nombre restreints comparativement à d'autres villes de même ampleur. Mais par contre, preuve du dynamisme de ce secteur, il existait nombre de soirées à promotion limitée et qui attiraient beaucoup de gens, dans les milieux avisés.

• E : Mais, là, qu'est ce qu'on y propose ?

• M : Afin d'englober un maximum d'activités culturelles et permettre à cette Coopérative d'attirer un grand nombre de personnes, c'est un centre avec plusieurs bâtiments : 3 pistes de danse pour promouvoir différents styles musicaux (ethnique, électro, divers), une salle d'exposition et de projection, une salle de conférence, un restaurant. Si tu le souhaites, on peut faire un tour des lieux !

• E : Ouais, ça me permettra de voir l'ensemble du site et tu m'expliqueras le fonctionnement de chaque sous-ensemble.

• M : Allé ! Donc là, tu as les pistes de danse. L'idée majeure est de proposer aux usagers une certaine variété de styles musicaux. Dans le cadre de soirées habituelles, les convives peuvent apprécier des musiques ethniques (ambiances orientales, africaines, latino, etc…), passer à des compositions électroniques (DJs avec mix en live, mélange de styles avec de l'électro, …) ou danser sur des musiques divers (rock, expérimentales, spectacles, …). A l'occasion d'événements spéciaux, toutes les salles peuvent être articulées autour d'un thème central, décliné sur différentes variantes dans des ambiances et décors spécifiques.

• E : Bonne initiative. Ça pulse bien dans le coin !

• M : Oui, c'est Junkie XL, du pur son !!! Là-bas, tu as la salle d'exposition / projection. Cette salle est destinée à accueillir des représentations des autres arts que la musique. Etant conscient que nombre d'artistes n'avaient pas forcément accès à des lieux d'exposition, l'objectif est de leur ouvrir les portes d'une salle à forte visite pour y représenter leurs arts. Hormis les grands classiques culturels que sont la peinture, la sculpture, les membres souhaitaient également que s'exprime des courts-métrages, des expositions multimédias, ainsi que des arts expérimentaux. Dans le cadre de manifestations spécifiques (festival à thème, présentation d'artistes divers autour d'un thème central, …), cette salle peut aussi être mobilisée avec les pistes de danses pour offrir un panel complet de prestations artistiques autour d'une thématique commune.

• E : Mazette, j'adore ce lieu, je kiffe grave !

• M : Au fond, tu as la salle de conférence. La Coopérative ayant pour objectif la sensibilisation aux arts ainsi qu'à des problématiques diverses (développement durable, commerce équitable, …), cette salle est destinée à accueillir des actions d'éducation auprès d'écoles et autres publics. Quand cette salle est inoccupée, elle sert à promouvoir l'artisanat local ainsi que les produits agricoles du crû. D'ailleurs, des marchés sont organisés, afin de faire connaître le lieu, l'artisanat régional ainsi que les prestations culturelles de la Coopérative. T'as une petite faim ?

• E : Non pas trop, mais si c'est bon, l'appétit vient en reniflant les bonnes odeurs !

• M : Héhé. Donc voici le restaurant. Celui-ci participe pleinement à l'objectif de découverte de l' « in/mal connu ». En effet, afin de promouvoir l'agriculture biologique et les produits locaux, la carte est constituée à partir de ces ingrédients là. Les usagers peuvent « acheter » certains des aliments qu'ils ont dégustés dans le restaurant. De plus, toujours dans cet esprit de découverte des autres et de leurs cultures, régulièrement le restaurant organise des menus du monde, où l'on peut déguster des spécialités d'ailleurs. L'ambiance sonore et visuelle du restaurant sont mises alors au goût de la culture que les membres cherchent à faire découvrir. De par sa vocation d'originalité, la structure peut également essayer de nouveaux concepts tels que le plat à la carte.

• E : Mais il y a rien de nouveau sous ce soleil là !

• M : Si, parce que l'usager peut choisir à partir des ingrédients disponibles, ceux qu'il souhaite voir intégrés dans une recette originale.

• E : En voilà une idée qu'elle est bonne !

• M : Et ce n'est que le début !!! Etant donné que la Coopérative a pour objectif de développer les valeurs de diversité culturelle, d'écologie et de Fraternité, il va sans dire que celle-ci se doit de montrer l'exemple. La culture est la pierre angulaire de la Coopérative. Celle-ci est donc ouverte à toutes les formes d'expression artistique. Outre l'action de promouvoir l'accès aux œuvres, la structure doit éduquer et éveiller la créativité personnelle de chacun. Ainsi, différents publics peuvent Participer à des ateliers de création artistique, telle que peinture, sculpture, cours de musiques, multimédias… Toujours dans cet esprit de Diversité qui caractérise Utopia, vu qu'il y a peu de racisme en tant que tel, mais que l'hostilité envers la différence est plus due à la xénophobie (« peur de l'étranger » en grec, surtout peur de l'inconnu), la Coopérative sensibilise le public à la compréhension des différences de l'Autre. Ainsi, à travers des soirées à thème axées autour d'une culture ou d'une ethnie, la structure fait connaître les modes de vie de ces peuples, leur environnement, leur histoire. Des projets ont également pour but de fusionner des points de vue culturels et artistiques différents pour montrer tout l'enrichissement que l'on peut apporter à ces métissages. Pendant que les artistes confirmés créent, les « en devenir » regardent les pros faire et développent leur art propre.

• E : En parlant de ça, comment vous faîtes pour faire fonctionner tout ça, en terme d'énergie et de déchets !

• M : Une grande partie de l'alimentation électrique est fournie par des panneaux solaires et autres procédés d'énergie renouvelable, l'eau est gérée de manière drastique en chassant les gaspillages, l'isolation est faîte à l'aide de panneaux de chanvre (très bonne résistance phonique et thermique). Bref, la Coopérative est la mise en application concrète de projets et concepts de développement durable, mais surtout elle le fait savoir par des actions de communication et sensibilisation, notamment par le biais de visites guidées et d'expositions sur ce thème. Ainsi, la Coopérative propose la visite des équipements d'économie de ressources et de production d'énergie renouvelable, des ateliers de compréhension artistique (techniques et analyse des messages d'une œuvre, …), des cours de cuisine, des explications sur le fonctionnement de la structure. Pour les déchets, notamment de cuisine (parce qu'au bar, tu penses bien que les déchets sont au comptoir, et qu'il ne reste plus rien au fond des verres), tout va au compost pour fertiliser les plantes.

• E : Justement, tu parlais du fonctionnement du lieu, tu peux m'expliquer comment ça se gère, parce que c'est ça que je souhaite vraiment savoir, pour voir les différences par rapport à avant !

• M : Mais j'y viens. En fait, la structure s'est mise en place juste après le Grand Soir, alors qu'il y avait encore l'argent. Mais ça ne change pas grand-chose. En effet, afin d'éviter aux initiateurs de la Coopérative d'avoir à apporter un important capital de départ pour pouvoir acheter le lieu de la structure, l'idée était de fonder un groupe où chaque membre apporte une part égale de capital. Ils avaient imaginé un scénario où la mise de départ était de 2000 euros puis 10% de retenue sur salaire pour alimenter en permanence un « fond de roulement et d'investissement ». Ainsi, chaque nouveau coopérateur, en plus des compétences propres qu'il mettait à la disposition de la structure, consolidait le capital et permettait des investissements complémentaires. De plus, la Coopérative tirait déjà le meilleur de chacun, puisqu'il n'y avait pas d'employé mais que des associés. Personne ne travaillait pour un petit groupe en échange des miettes restantes du chiffre d'affaires (salaire). Tout le monde Participait au développement de la structure afin d'augmenter les bénéfices, et ainsi récupérer un dividende plus élevé.

• E : Ouais, pas bête. Du coup, tous les coopérateurs avaient intérêt que chacun travaille le mieux possible et la motivation viendrait non de la peur de la direction, mais plutôt de la réussite du projet et donc de primes sur les bénéfices. En plus, comme ça, c'est nettement plus facile pour commencer un projet !

• M : Beh oui. En outre, lors de périodes comptables positives, le bénéfice était partagé à hauteur de 30% pour l'augmentation du capital et donc investissement, le reste étant redistribué à part égale entre les associés-coopérateurs.

• E : Fatch ! Enfin, une juste redistribution des richesses. Parce qu'un ouvrier comme un patron travaillent tout autant, « seules » les responsabilités changent. Ça m'a toujours énervé de voir des écarts énormes de salaire alors que tout le monde fait son boulot et ses heures, même si le patron en fait plus, mais le stress est mieux payé que la fatigue physique et la répétition des tâches, ce qui était profondément injuste de notre temps !

• M : Pour ça, l'idée a fait du chemin et des émules. L'idée de cette Coopérative étant liée au refus de travailler dans des structures (privée ou publique) sous la forme traditionnelle du travail, c'est-à-dire l'exploitation de l'humain par l'humain (possédant le capital), les membres se devaient de faire des actions sociales auprès de personnes « inadaptées à CE mode de travail aliénant ». Ainsi, ils proposaient d'aider à l'insertion de ces personnes en les intégrant dans la structure. Elles retrouvaient alors une valorisation dans leur activité, un sentiment d'appartenance au monde actif. Tant que possible, les fondateurs essayaient de faire appel à des chômeurs de longue durée, des rmistes, et autres exclus de nos anciennes sociétés dites modernes et basées sur l' « égalité ».

• E : Justement, si il n'y a plus de patrons, comment les membres gèrent concrètement le lieu ?

• M : Tous les Coopérateurs détenant une part égale de capital, dès le départ il n'y avait pas de hiérarchie autre que celle librement consentie par l'ensemble des associés. La répartition des tâches est effectuée par vote, en donnant mandat (actions à réaliser dans un temps donné) à la personne que le groupe juge la plus compétente en la matière, avec révocabilité du mandataire (sans autre sanction) si la mission n'est pas effectuée à la convenance des Coopérateurs. Toutes les décisions importantes sont débattues en assemblée générale afin d'en assurer la légitimité auprès des associés. En bref, toute la structure et son fonctionnement sont gérés selon les principes d'une association où tous les membres sont Egaux. Cela peut quelques fois rendre les décisions plus compliquées à prendre mais au moins une fois décidés, les engagements sont plus facilement mis en place car n'émanant pas d'une contrainte décisionnelle de la direction, en opposition avec les employés. Bien entendu, comme dans toute association, il y a un système de représentation des membres. Ainsi, il y a un « directoire » composé des représentants de chaque fonction (logistique, communication, ressources humaines, financière, partenariats, maintenance, …etc). Des responsables sont également désignés (et révocables) afin de représenter légalement et financièrement la Coopérative.

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Published by Collectif des 12 Singes - dans Lendemain du Grand Soir
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