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T'es qui là ???

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Collectif des 12 Singes (Al LU-SINON)


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21 janvier 2005 5 21 /01 /janvier /2005 21:25

La Démocratie Directe, concrètement, comment ça marche ?
Télécharger le fichier : 13-Utopia, je crois que ça va être possible


• E : Tout ça c’est bien sympathique, mais moi ce qui m’intéresse (et j’imagine aussi nos amis lecteurs), c’est de voir comment fonctionne concrètement la nouvelle gestion de la Commune par la Démocratie Directe !

• M : Mais j’allais y venir, puisqu’une visite d’Utopia sans voir une séance de l’Assemblée Communale c’est comme un pâté de campagne sans campagne ! Mais je pense qu’il vaut mieux commencer par le commencement, c’est-à-dire par une Assemblée de Quartier. Comme ça tu verras comment on pense local pour ensuite agir global au niveau de la Commune, de la Collectivité de Communes, de la Région, de la Fédération, de l’Europe puis du Monde.

• E : Ah ouais grave, comme ça je connaîtrais toutes les étapes du processus de décision et d’application.

• M : Suis moi, on va aller dans une de ces Maisons de Quartier ! C’est toujours mieux de voir en direct live comment se déroulent les choses !

• E : Je te suis grand gourou !

• M : Grrrrr ! Arrête avec ça, ça me saoule ! Je n’ai rien d’un gourou, je me contente d’être ton guide pratique !!!

• E : Holala, si on peut plus plaisanter !

• M : Bien sûr qu’on peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui ! Et en la matière, en tant que proto-Emancipé qui cherche à avancer, je n’apprécie pas trop que tu me compares à ces dictateurs d’opinion qui nous manipulaient pour qu’on avance dans leur sens sans trop se poser de questions.

• E : Vu sous cet angle, autant pour moi, je ne voulais pas te blesser ou faire remonter à la surface de sales souvenirs de notre époque heureusement Révolue !

• M : Ça ira pour cette fois {avec un grand sourire apaiseur de tension}, mais évite de recommencer.

• E : Promis, je le referai plus !

• M : Bon alors ça va. Tiens nous y voilà !

• E : Quoi ? C’est ça la Maison de Quartier ??? Mais c’est une caserne de gendarmerie ton truc !

• M : Oui et alors ? Vu qu’on a ouvert pleins d’écoles, on a fermé pleins de prisons {selon l’expression de Victor Hugo} et donc on a désinfecté {normalement on dit désaffecté quand on quitte des lieux, mais là …} en même temps nombres de locaux qu’occupaient les forces oppressives puisqu’il y a moins de « méchants ». Ces lieux étaient fermés, donc autant les utiliser à meilleur escient.

• E : En plus c’est un beau symbole d’occuper pour la Réflexion un lieu destiné auparavant à la répression ! Occuper un lieu pour y débattre alors qu’avant on s’y faisait battre !

• M : Tout juste mia bella ragazza ! Viens, entrons, tu vas voir comme c’est animé, mais bon enfant tout de même.

• E : Je suis curieuse de voir ça !

• M : Voilà, bon là il n’y a pas tout le monde car on traite aujourd’hui les affaires courantes, de tous les jours. Mais en général il y a plus de monde, notamment quand on aborde des thèmes sensibles ou stratégiques (environnement, éducation, culture, orientations sociales, …).

• E : Mais comment vous pouvez décider si tout le monde n’est pas là ?

• M : Beh écoutes, nous on est ouvert à tous. Après si il y en a qui ne veulent pas venir, c’est leur Droit le plus strict. On ne va pas obliger les gens à venir débattre de ce qui les concernent quotidiennement : chacun fait ce qu’il veut comme il veut ! On n’est pas comme dans les pays Scandinaves où le vote est obligatoire. Mais après, il ne faut pas qu’ils viennent se plaindre : les absents ont toujours torts ! Les Citoyens proposent de débattre, les votants disposent de venir !!!

• E : Bien d’accord. Et comment ça fonctionne alors ? Pour ceux qui sont là ?

• M : Tiens, prends déjà un jeton de présence, je t’expliquerai à quoi ça sert après. À chaque Assemblée, on nomme un secrétaire en charge de noter les débats (pour faire circuler par la suite des synthèses aux absents [in]volontaires) et un arbitre qui gère les points à aborder (définis ultérieurement ou urgents à traiter) et qui distribue la parole à ceux qui ont levé la main (pour éviter que ça tourne à la foire d’empoigne).

• E : Ouhaou, c’est vachement bien organisé ton truc !

• M : Il faut si on veut que les choses avancent et éviter qu’on ne tourne en rond avec des débats stériles.

• E : Mais ça me fait penser à une chose : c’est que tout le monde n’est pas qualifié pour s’exprimer sur certains sujets qui demandent des connaissances expertes. Ça peut être dangereux de se prendre pour un spécialiste quand on n’y connaît rien !

• M : T’inquiète, ici on ne parle pas de ce qu’on ne connaît pas. Mais ça ne nous empêche pas d’avoir notre point de vue ! Des spécialistes sont régulièrement nommés pour analyser des questions pointues aux implications complexes. Trois spécialistes d’horizons et d’opinions divers rédigent leurs notes (pas forcément un rapport commun, pour éviter le consensus où tout le monde suce) et les commentent devant l’Assemblée. Ensuite, il y a des débats avec ces spécialistes pour approfondir les choses ou préciser des points. Puis on vote.

• E : Ouais, mais vous votez au vif alors que la première impression n’est pas toujours la meilleure !

• M : Tout juste ! Bonne remarque. Mais en fait, les débats et les prises de décision sont décalés d’une nuit (qui porte conseil) et d’un jour (qui permet de consulter les autres et de se faire sa propre opinion en fonction des interrogations d’autrui).

• E : Très bien, mais pour des sujets délicats c’est peut-être un peu cours jeune homme, non ?

• M : Oui et non. Mais de toute façon ces thèmes sensibles sont abordés dans la durée et étape par étape pour bien comprendre l’ensemble des tenants et des aboutissants, pour permettre à différents types de spécialistes de donner leurs avis avisés, et surtout pour éviter les tentatives de manipulation des masses. Moins on a de temps pour se décider plus on peut être tenté de faire comme les autres, mais plus on a de temps et moins on sait ce qu’on veut vraiment car rien n’est noir ou blanc, tout est dans la nuance de gris ! Et c’est là où la manipulation peut entrer en jeu en faisant du yoyo avec nos opinions, en passant d’un extrême à l’autre, alors que souvent la « vérité » est ailleurs, au milieu ! Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises idées, il y en a qui marchent et d’autres non. Et vu que nous sommes dans une société en Révolution Permanente, on peut se permettre de tester (dans le Respect de l’autre et des Droits/Devoirs humains) pour ensuite séparer le bon grain de l’ivraie.

• E : J’adore cette mentalité ! Il faut essayer avant de pouvoir se prononcer et ensuite il faut en tirer les enseignements.

• M : Oui, que ce soit une réussite ou un échec d’ailleurs. C’est important de savoir pourquoi quelques chose marche, et il est tout aussi essentiel (si ce n’est plus) de comprendre pourquoi une autre mesure ne fonctionne pas.

• E : Beh oui, c’est comme ça qu’on avance. C’est en forgeant qu’on devient forgeron !

• M : T’es trop forte décidemment !

• E : Tu en doutais ?

• M : Pas le moindre du monde, ma chère et tendre !

• E : Oh, eh, hein, bon ! Stop le sieur beau parleur ! Là tu m’as parlé de comment vous débattiez, mais comment vous décidez au final ?

• M : Déjà, on définit par le vote les motions sur lesquelles l’Assemblée Générale doit s’exprimer. Ensuite, tu te rappelles le jeton de présence que je t’ai donné avant ? Bon, là on ne peut pas l’utiliser car c’est demain qu’on décidera concernant le débat d’aujourd’hui. Ceux qui n’ont pas assisté aux débats ou lu la synthèse sur le net ne peuvent pas s’exprimer à 100%.

• E : Quoi ? Mais c’est abusé ça ! Je croyais que vous n’obligiez rien à Utopia !

• M : Tout à fait ! Mais on estime que quelqu’un ne peut voter qu’à demi-voix s’il n’a pas été informé de l’ensemble de la teneur des débats. On reste toujours dans la logique d’on ne parle pas de ce qu’on ne connaît pas, ou qu’on n’a pas appris à comprendre via des foisonnements d’idées. Soit on vient aux séances de l’Assemblée, soit on obtient une confirmation de lecture des notes de synthèses sur le oueb. C’est une certaine façon d’inciter les gens à prendre la mesure de leur pouvoir de décision, mais sans oublier que tendance idéologique sans conscience théorique et pratique n’est que ruine de l’âme individuelle et sociétale !

• E : Mouais, c’est sûr que ça se tient ton truc. Trop souvent les gens croyaient savoir, mais en fin de compte ils n’y connaissaient rien si ce n’est des préjugés sans fondements concrets.

• M : Pour en revenir aux décisions, normalement, à la fin de la séance, on introduit son jeton (ou son code de confirmation de lecture des notes de synthèses sur l’intranet du quartier) dans un appareil avec des boutons à choix multiples et on s’exprime !

• E : Vous gérez via des QCM ?

• M : Oui, on aime bien le jeu du ni oui ni non !

• E : ???

• M : Normal, vu que tout est relatif et que la vérité à l’emporte-pièce n’existe pas, on a choisit de s’exprimer par degré d’adhésion : je suis d’accord un peu {+}, passionnément {+ +}, pas vraiment {-}, pas du tout {- -}.

• E : C’est un vote au ras des pâquerettes en somme ?

• M : Hihi, meuh non !!! On s’exprime ainsi pour éviter, ou du moins limiter, la dictature éventuelle de la majorité. En effet, ce n’est pas parce que le plus grand nombre souhaite une chose, qu’ils ont forcément raison. Aussi, il vaut mieux avoir « raison » tout seul, que « tort » avec tout le monde : la foule est rassurante autant qu’oppressante (le choix Individuel peut vite se noyer dans le flux du Peuple et les deux ne sont pas forcément compatibles).

• E : C’est clair que Collectivement on peut souhaiter des choses mais qu’Individuellement on les rejette !

• M : Du coup, on a trouvé une certaine parade : on s’exprime en définissant son degré d’adhésion à une motion. Ensuite, selon les résultats du vote on avise. Si les « j’adhère pas du tout » sont plus de 15% (soit 1/6), on teste la motion durant 6 mois (à partir de la mise en place et du fonctionnement opérationnel des mesures), si ils sont plus de 25% (1/4), on ne teste que durant 3 mois et si ils sont 45% (1/2 mais avec 10% de marge de manœuvre) on teste pendant à peine 1 mois.

• E : Et si c’est moit-moit’ ???

• M : On ne fait rien, pour éviter de créer des frustrations. Si une motion est si partagée, on continue les débats, on analyse les mises en place et les résultats des structures qui ont adopté la motion tout en cherchant à comprendre pourquoi chez elles les écarts de vote étaient plus marqués. En ce qui concerne les « j’adhère pas vraiment » et les « j’adhère mais juste un peu », si ils sont plus de 15% on teste la motion durant 9 mois, plus de 25% on teste sur 6 mois et à 45% on teste 2 mois.

• E : Mais je comprends pas comment vous pouvez mettre en place une motion qui n’est pas soutenue par tout le monde !

• M : Tout simplement parce qu’il n’est pas humainement possible (voire souhaitable) que tout le monde soit d’accord sur tout. Et en plus on veut à tout prix éviter les consensus mous qui à force de vouloir satisfaire le plus grand nombre ne conviennent plus à personne !

• E : C’est clair : c’est le consensus, tout le monde suce !

• M : Si tu veux. Pour autant, tu vois bien qu’on n’est pas autistes face aux minorités. C’est pour ça qu’on teste la motion et ses mesures durant une certaine période fonction du nombre d’« opposants » puis on en rediscute calmement avec les analyses et le recul de l’expérience.

• E : D’accord, c’est vrai que comme ça, avec des résultats pragmatiques, il n’y a plus que les imbéciles qui ne changent pas d’avis !

• M : Ou ceux qui restent sur leurs positions pour des raisons x ou y que nous n’avons pas à juger. Pour nous, il n’y a pas d’imbécile comme tu dis, mais des opinions divergentes. Ce système permet en outre de faire le tri entre les oppositions simplettes et les vrais enjeux de fonds. Puisque très souvent, au final, ce qui nous rapproche est plus solide et constructif que ce qui nous éloigne ou nous différencie.

• E : Dans le même registre, celui du jugement, qui vous mandatez et pourquoi / comment vous révoquez ?

• M : On donne mandat impératif d’effectuer une mission comme on distribue les tâches dans une entreprise !

• E : Oh ?

• M : Beh oui, c’est tout pareil : on nomme quelqu’un, volontaire de préférence ou du moins qui n’a rien contre (ici bien sûr, pas dans le cadre d’une boîte), pour effectuer une mission précise, avec un délai et des objectifs (au moins des obligations de moyens, pas forcément de résultats – car la persévérance ne paye pas toujours). Ensuite, on peut, en cours de mandat, virer la personne de sa fonction si sa méthode ne convient pas, si elle ne se montre pas compétente ou autre. Pour autant, en fin de mandat, on peut également la reconduire, soit sur le prolongement de la mission ou du projet soit sur son suivi qualitatif (même si souvent on préfère quelqu’un d’autre pour chaque phase).

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Published by Collectif des 12 Singes - dans Lendemain du Grand Soir
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