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21 janvier 2005 5 21 /01 /janvier /2005 21:28

 

15 - Boule de neige Révolutionnaire
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• Esperanta : Et chéri, dis moi tout !

• Moa : Oui fée de mes rêves, demandes et je répondrai !!!

• E : Est-ce que aujourd'hui tout le monde est Utopien et Utopia englobe tout le vaste monde ?

• M : Oui et non.

• E : Euh … mais encore ?

• M : Le truc c'est que presque tout le monde est Utopien de cœur, mais tout le monde est Terrien avant tout, Utopia étant une infime partie de la grandiose Confédération des Peuples Unis représentant une grande partie des Fédérations des Socio-Cultures (plutôt que nation, terme relatif à des limites frontalières abscondes basées sur les anciens états, là ce sont des zones rapportées aux influences culturelles et pratiques sociales) éparpillées sur la Terre.

• E : Mais justement, moi ce qui m'intéresse de savoir, Moa, c'est comment le projet Utopia de civilisation a fait tâche d'huile dans l'autre monde, perverti par l'argent et l'état et ne se risquant plus trop à imaginer (vu les nombreux cauchemars que la planète avait connue au XXè siècle), donc d'autant moins réaliser, un autre monde : surtout pas celui-ci, ce rêve éveillé !!!

• M : C'est sûr ! Mais c'est le pourquoi de notre présence ici, sur l'ancienne place de la Concorde, rebaptisée place de la Fraternité Humaine au lendemain d'une journée fameuse d'ouverture vers le monde. Après l'année de transition, vu que le nouveau mode de fonctionnement du pays s'organisait selon une Fédération Démocratique et Sociale des Communes Autonomes de France, les Utopiens célébrèrent spontanément le Printemps des Peuples, notamment à l'intention de leurs voisins Européens. Il fut décidé d'un Commun Accord que la Fédé se devait d'envoyer des Emissaires à ses « frontières » (celles-ci n'existant même déjà plus au niveau européen) comme dans chaque Révolution de la France, mais cette fois dans un objectif purement Pacifique, donc juste avec des drapeaux Utopiens (une colombe portant dans son bec un rameau d'olivier - symbole de Paix - et dans ses pattes une chaîne brisée – signe de Liberté sans état - avec un boulet estampillé € - ni contrainte de l'argent, sur fond vert – couleur de l'Espoir et de la Nature à Respecter) et les Déclarations (et explications, car il se disait tout et surtout n'importe quoi) de Fraternité des Utopiens à la nation Humaine.
• E : Donc vous avez envoyés des gens vers … euh … la Belgique, le Luxembourg, l'Allemagne, la Suisse, l'Italie et l'Espagne, je crois que c'est tout … oui c'est ça, mais pour dire quoi exactement ?

• M : On ne s'est pas contenté des frontières, on a envoyé des émissaires partout où la France d'avant avait des ambassades ! La Déclaration adoptée fut celle-ci : Nos Sœurs, nos Frères ! Depuis notre Grand Soir, vous avez pu voir la France beaucoup changer. Nous sommes ici pour vous dire que pour autant que nos rapports seront différents à présent, nous souhaitons amplifier nos relations de Respect Mutuel mais aussi de Coopération Solidaire avec vous, Citoyens de ce beau pays, dans l'objectif d'un Développement Collectif en Harmonie avec notre Environnement Commun. A notre ancienne république de soumission à la junte étatique, de pays riche mais avec un gouffre entre les pauvres qui survivent tant bien que mal face à l'opulence des dominants, nation individualiste et se détournant des problèmes fondamentaux par le sauve qui peut général ; nous y avons substitué une Fédération Démocratique et Sociale de Communes Autonomes basée sur la Démocratie Directe exercé par les Citoyens, avec pour principe la Liberté, l'Egalité et la Fraternité. Nous ne doutons pas que ces valeurs d'Emancipation soient également les vôtres.

Nous réaffirmons notre engagement au grand projet d'une Europe vraiment Démocratique et œuvrant clairement pour le Développement Social, à défaut de se focaliser sur l'économique. Le néolibéralisme apporte certes la richesse, mais tant que celle-ci restera mal (voire peu) redistribuée, on ne pourra parler de Justice Sociale et d'Egalité des chances en Europe. Nous avons donc opté pour mettre notre argent en réserve à la Banque de France afin de rembourser nos dettes, le remplaçant par la Participation des Adhérents à des activités utiles à raison de 20 heures par semaine en Echange du Libre accès aux produits et services des autres Participants. Nous avons ainsi mit fin à l'exploitation de l'humain par l'humain en rationalisant la Participation de l'humain Libre pour les autres humains. Un nouveau système de production a été mit en place, fondé sur des Coopératives, sur la reprise des outils de production par les producteurs, sur l'abolition de la propriété de quelques uns sur les intérêts de tous, remplacée par la décision Collective des projets à mettre en œuvre pour le Développement Commun, et non plus particuliers. Nous continuerons bien évidemment à échanger et commercer avec vous, tout autant que vous êtes les bienvenus chez nous ; rassurez-vous, nous ferons notre possible pour que votre économie ne soit pas trop affectée par nos nouvelles orientations.

Bien que nous aillons brisé nos chaînes nous attachant à l'état, rassurez-vous sur nos intentions de Cohésion Européenne. Tous les Citoyens de nos Communes Autonomes, associés au sein de notre Fédération Démocratique et Sociale, expriment leur plus grand attachement à l'Esprit Européen. Comme chaque Peuple Libre et Indépendant, nous entendons être Respecté dans notre Souveraineté et nos choix de société, ou plus exactement dans le cas présent, nos exigences d'une autre civilisation, plus que possible mais surtout nécessaire. Nous ne ferons pas de prosélytisme ni ne tenterons d'effectuer de subversion auprès de votre Peuple, nous le Respectons trop pour nous ingérer dans sa Volonté, seul notre bonne conduite et la réussite de notre projet plaideront pour notre système, fruit de Débats Citoyens et Expression Populaire, non de quelques pontes des stratégies et technocraties à l'emporte-pièce. Par contre, nous nous empresserons de vous aider et de vous faire part de notre expérience si vous le désirez. Bien évidemment, nous sommes tout autant preneur de vos bonnes idées et bonnes volontés pour nous accompagner dans ce vaste projet de rénovation sociétale.

Nous réaffirmons haut et fort notre souhait de poursuivre et de développer notre Collaboration avec vous nos Sœurs et Frères, dans un esprit de Co-Développement bénéfique à tous, en Respectant les Différences de chacun, pour construire une Europe Solidaire œuvrant pour l'Emancipation de tous les Humains, dans le cadre de la Justice Sociale et la Protection de notre Environnement.

!!! Les Rêves ne sont pas fait que pour être Rêvés, mais avant tout pour être Réalisés ! Soyez Réalistes, exigez l'impossible ! Prenez vos Désirs pour la Réalité !!!

• E : C'est beau ! Ca devait être utile, pour que les gens arrêtent de croire que la France repartait pour la énième fois en Révolution, qui plus est cette fois si radicale (enfin). Surtout que les Français sont connus pour être très chauvins et avoir tendance à vouloir imposer leurs idées ou à bouder ceux qui sont pas d'accord.

• M : C'est clair et net héhé. Mais cette fois ils ont été humbles, modestes d'une Révolution auréolée d'un changement radical sans sang et relativement dans le calme. Du coup, le premier pays à nous suivre fut l'Allemagne. D'une parce que de nombreux Emissaires ont été envoyés à Strasbourg (en Alsace, encore en France même si c'est la limite Est, pour ceux qui hésitent) pour expliquer à toute l'Europe, par le biais du parlement Européen peu représentatif des aspirations des Citoyens qu'ils sont censés Emanciper, les changements Subversifs qui ont eu lieu en l'espace d'à peine un an. Même si, comme on pouvait s'y attendre, les Mandatés y ont été plutôt mal reçus (du moins observés très bizarrement), nous avions le mérite d'expliquer diplomatiquement mais fermement ce que nous n'acceptions plus et ce que nous allions mettre en place à présent. Egalement, de nombreux Délégués traversèrent le Rhin sur le pont de l'Amitié Franco-Allemande, pour dialoguer avec nos Cousins Germains et expliquer notre démarche et notre vision des choses. De deux, parce l'Allemagne, réunion des deux Frères des ex Ouest et Est, séparation heureusement disparue à la suite de la chute du mur de Berlin en décembre 1989 (construit sans réaction de l'Occident en quelques jours de 1961 par les Soviétiques communistes pour protéger leur morceau du gâteau Berlinois découpé à la fin de la deuxième guerre mondiale) était déjà une république Fédérale composée de différents Landers (équivalent à nos Régions).

• E : Et Gerhard Schröeder, le chancelier de l'époque, je me rappelle qu'il était plutôt dans la merde et que la colère grondait aussi chez eux.

• M : C'est le moins qu'on puisse dire. Sa coalition de centre-gauche / Verts étaient fortement décriée : l'Allemagne était économiquement en panne, le chômage augmentait, la réunification à coûtée très chère et quinze ans après le pays n'a toujours pas retrouvé sa certaine homogénéité d'avant. A un point tel que l'ex Allemagne de l'Est reprenait ses Grèves du lundi comme au (« bon vieux temps », au dire de certains, puisque avant le travail était assuré, tout autant que la gratuité de nombreux services, même si le prix en était les Libertés) temps de la république « démocratique » d'Allemagne, avant poste européen aux mains des autoritaires soviétiques. Après les Teutons, ce fut le tour d'un pays également aux mains, sales, de puissants politico-économiques marchant pourtant avec la tête haute, menés par Silvio Berlusconi, ancien président du conseil Italien. Ce pays aussi avait une longue tradition de républiques indépendantes telles celles de Florence ou Venise pour ne citer qu'elle (désolé pour les autres). Il n'y eu « que » l'empire romain et l'état moderne (depuis que l'Italie est Indépendante de l'Autriche grâce entre autre à la France, fille aînée de l'église de Rome et sœur traditionnelle des Transalpins) pour imposer un pouvoir central. Le Sud du pays trouva dans sa Révolution le développement qu'il ne pouvait (ou qu'on ne voulait) pas lui permettre car maintenu sous perfusion, assisté plutôt qu'aidé dans sa construction. Le Nord y trouva une satisfaction énorme en se débarrassant du mania des médias (plus de la moitié des télévisions et presses du pays) qui concentrait trop de pouvoirs, qui plus est pour une politique de copinage désastreuse tant à l'intérieur (dettes en hausse et stagnation économique) qu'à l'extérieur. Berlusconi passait pour un clown jet-seteur avec ses mots très souvent mal placés voire honteux pour son grade. Normal alors qu'il soit devenu grand pote avec le président américain George Walker Bush à un point tel qu'il envoya de ses troupes en Irak en 2002. Ce que le Peuple ne lui avait pas pardonné, au-delà de sa mégalomanie, de ses frasques de mafioso, de son mépris et interventionnisme auprès de la Justice (lois crées sur-mesure ou contournées par dérogations spéciales).

• E : Ah, c'était tellement beau de voir le couple Germano-Français (histoire que chacun soit cité en premier à égalité de fois, 1 partout hihi, j'apprends vite à être Utopienne) contre la guerre en Irak, défendant les valeurs de la vieille Europe (qui allait bien vite montrer au jeune con américain que c'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleures soupes, bastard) ; et en face le Peuple d'Italie en masse dans les rues pour huer le relent guerrier du magouilleur en chef, responsable de la guerre urbaine de Gênes lors du sommet du G8 en 2000, puis pourfendeur des manifestations Pacifiques de Florence de 2002.

• M : Pace, Pace qu'ils disaient ! avec des drapeaux arc-en-ciel tâchés d'un obus barré, signes de fin de boucherie dans un monde multicolore. Tout comme en Espagne, elle aussi très rapidement « contaminée » par le Grand Soir.

• E : Et oui dis moi, come esta a Espana ? parce qu'ils étaient déjà bien Autonomes, même avant.

• M : Radicalement Indépendants même ! Ne parlant même pas tous la même langue : le Catalan au Nord et le Castillan au Sud pour ne citer qu'eux. Le Basque était quasi interdit d'enseignement, même si la Résistance à cette oppression était très bien organisée et assurait tant bien que mal la transmission de leur langue (non indo-européenne, un héritage de nos ancêtres d'avant les invasions) et Culture. Il faut dire que le gouvernement socialiste de José Luis Sapatero, issu de l'attentat d'Al Qaida de mars 2003 contre un train à Madrid, avait déjà bien préparé le terrain avec des mesures très Emancipatrices.

• E : Putain, sale race de fondamentalistes, c'est des Shetan (diables en arabe).

• M : Ah, les fous de dieu ; mais qu'est ce qu'il branlait lui au fait à ce moment-la ??? (sachant que notre dieu judéo-chrétien Yahvé est le même, alias Allah). Toujours est-il que le problème était que, si il n'y avait pas eu cet attentat pour faire basculer les élections (objectif des terroristes intégristes), ce serait José Marie Aznar du parti populaire, droite dure, qui aurait remporté le vote (selon les sondages d'avant crime). Du coup, les Espagnols ont attendu la fin du mandat du socialiste, poussés en cela par les Basques (voulant vivre enfin en Paix grâce à leur Autonomie reconnue des deux côtés de sa frontière pyrénéenne) pour basculer comme nous vers l'Anarchie. Il faut dire que c'est surtout eux qui nous ont aidés, de par leur expérience pratique lors de la guerre d'Espagne de 1936, lorsque l'Europe (et Blum – socialiste – et la France en premiers, qui avaient promis des avions déjà payés pour les Brigades Internationales, puis finalement non) se refusa toute intervention et aide à cette république Libertaire, Démocratiquement élue et luttant contre le péril brun raciste d'un général ultra-catho. Après le Grand Soir, les immigrés Espagnols pleurèrent de joie de revivre cette jouissance de la Liberté, comme à leur jeunesse, tant dans leur pays d'adoption (nombreux réfugiés politiques du dictateur nationaliste Franco) que dans leur pays natal qui se cherchait toujours depuis la mort du Caudillo.

• E: Viva Espana ! La Revolucion or la Muerte !

• M : Si señorita ! Quant aux autres pays, les changements intervinrent petit à petit car les gens voyaient bien que ça marchait et que les Citoyens étaient nettement plus heureux. Le Benelux (Belgique, Hollande, Luxembourg), trouvèrent dans notre système, « seulement » celui de la Démocratie Participative, un bon moyen pour atténuer les crises nationalistes et communautaires qui les secouaient depuis quelques années (sauf au Lux car il n'y avait pas d'étrangers chez eux, ils travaillaient pour eux, mais pas plus, QG de banques oblige).

• E : Et les Anglais dans tout ça héhé ???

• M : Comme d'hab, ils nous ont regardés de haut, en disant : sacrey Francey ! Mais sinon ils s'en foutaient un peu, ça n'allait sûrement pas changer leur vie. Le seul truc, comme en Allemagne et pour les mêmes raisons qu'en Italie, mais de taille, fut que Tony Blair fut renversé car il montrait trop de témérité (bravoure suicidaire) à aider son pote Bush en Irak. Il eut alors également une Participation plus présente des Citoyens dans le gouvernement, mais toujours sous le symbole royal. Par contre, quelques années plus tard, les anciens Services Publics, déjà bien amochées par Margaret Thatcher, la dame de fer de droite des années 80, puis privatisés par le « socialiste » Tony Blair alors que le Labour Parti (celui officiellement des Travailleurs) était attendu depuis de nombreuses années pour faire du social, étaient tellement pourris que les Citoyens y remirent de l'ordre. Les Anglais sont de grands Libertaires, par nature Indépendants (sauf de leur reine) : ils n'ont pas de carte d'identité par Respect pour leur Liberté, chacun fait ce qu'il veut, comme il veut, dans le cadre de règles de base.

• E : C'est clair qu'ils sont un drôle de paradoxe : ils ont une morale stricte avec un balais dans le cul, mais ils te sortent des critiques tranchantes à se pisser dessus. Et ils se lâchent grave en plus, litres de pintes de Guinness aidant.

• M : Sacrés Anglais ! L'Anarchie leur correspond bien : avec leur singularisme érigé en dogme, insularité aidant, ils étaient déjà complètement Indépendants (voire plutôt égoïstes), prenant ce qu'ils voulaient de l'Europe, rejetant du continent ce qui ne les arrangeait pas. Pour eux c'était les Droits sans les Devoirs, le beurre, l'argent du beurre avec en prime le sourire de la crémière : profiteurs des bienfaits de l'Union, de la Communauté, sans grand retour de Solidarité.

• E : Le genre de mentalité que vous n'appréciez guère ici. Quelles étaient vos relations alors ?

• M : Les mêmes qu'avant, sauf que là on ne faisait plus semblant d'être Alliés, nous ne nous laissions plus autant influencer (voire manipuler) par les intérêts des traîtres anglais au socialisme (ce fut Tony Blair qui lança l'idée d'une troisième voie pour la Gauche : quelques grammes de Social – saupoudrage - pour ne pas nuire au développement de ce monde de bruts économiques). Les Anglais étaient fiers de leur Indépendance (normal), mais qu'ils se la gardent alors si ils ne voulaient que jouer perso dans ce trouble jeu capitalistique. Les accord unilatéraux, donnant-perdants, très peu pour Utopia : nous avions des Partenaires plus sérieux et plus impliqués dans notre Projet pour ne pas nous laisser pervertir ou nous voir entraver dans notre démarche.

• E : Bien dit ! Faut pas se laisser emmerder dans la vie par ceux qui ne participent et qui ne conseillent que pour leurs propres avantages !!!

• M :C'était exactement le même problème avec les ex pays de l'Est qui étaient rentrés dans l'union Européenne en mai 2003. Nous les avions acceptés car nous avions une dette morale envers eux car nous n'avions pas trop insistés pour les protéger et les aider lorsque l'ogre communiste y imposa sa férule. Historiquement, la Pologne (Sœur politique de la France, recrée dans ses anciennes frontières par Napoléon Bonaparte ; recadrée malencontreusement par l'Allemagne et l'Autriche pendant les guerres mondiales, puis gérée par l'oppresseur soviétique), la Tchéquie et la Slovaquie ainsi que la Hongrie avaient de vieux comptes à régler, relatifs à leur abandon aux griffes du « frère » tueur russe suite à la chute de l'empire austro-hongrois. Pour les pays Baltes, le problème était autre : ils étaient globalement bien avancés en terme de développement (notamment technologique), mais de par leur emplacement privilégié sur la Mer Baltique (au carrefour avec l'Europe continentale, la Scandinavie et la Russie), ils étaient très russifiés (dans leur population, plus dans leurs politiques). Beaucoup de ces pays considéraient avant tout l'Europe comme un marché libre et une zone politique « émancipée », mais préféraient assurer leurs arrières en s'alliant stratégiquement avec le « rêve américain » (virage extrême après le cauchemar des soviets). Eux aussi jouaient perso en profitant de nos aides et de nos délocalisations, mais se rangeant souvent à l'avis de leur nouvel oncle, Sam, en matière de choix politiques et économiques (consultant pour la forme l'Europe, sachant être appuyés par les States). Il faut dire à leur décharge qu'on les considéraient toujours comme des ex de l'Est et non comme des Européens à part entière : nous voulions bien exploiter leur marché naissant (le notre étant saturé) et leur main d'œuvre de qualité à très bas prix (délocalisation car droits moindres et devoirs plus élevés tout en étant payé moins : continuation économique des tyrannies communistes autoritaires), mais pas les voir débarquer chez nous (immigration) ou nous vendre leurs produits, articles de qualité mais à pas cher (cassage du marché intérieur et des oligopoles économiques en place).

• E : Et ça a donné quoi en fin de compte ?

• M : Ben déjà, encore avec la guerre en Irak, l'Europe vit clairement une ligne de partage idéologique en son sein. Nombres d'ex pays de l'Est soutinrent ouvertement l'intervention en Irak, se rangeant du côté des Anglais et de la Pologne y envoyant des troupes (plus un boulet qu'autre chose pour les GI surentraînés ; que voulez vous faire de quelques soldats qui n'ont jamais fait la guerre ?). Il y avait ceux qui voulaient une Union forte et Indépendante (de contre-modèle en somme), et d'autres qui luttaient pour un partenariat accru avec les Etats-Unis (considérant que le monde de demain c'était le néolibéralisme à l'anglo-saxo-américaine, apologie du capitalisme sauvage outre-Atlantique rehaussé d'une pointe de Social, mais point trop n'en faut selon les critères du Fond Monétaire International noyauté par la pensée des néocon [servateurs] américains).

• E : Ouais, mais si je ne m'abuse, c'était loin d'être le top la situation économique en Pologne ? Je me souviens d'avoir vue une Polonaise au Forum Social Européen d'octobre 2004 à Londres, elle me disait que son pays faisait les mêmes erreurs que nous malgré le décalage des années. Ils voulaient tant être « riches comme nous », mais ils ne voyaient pas les conséquences désastreuses de leur nouvel politique économique.

• M : C'est bien malheureux, d'autant qu'ils avaient le « modèle » à ne pas suivre de l'ex Allemagne de l'Est qui réunifiée depuis quinze ans à coup de milliards, avait vu ses avantages baissés et remplacés par des prestations moins bonnes et plus chères. C'est ce qu'on appelle le « progrès économique » : payer cher ce qui était gratuit, qui plus est pour une offre moins efficace. Sans parler du chômage galopant qu'ils connaissaient.

• E : Donc eux aussi ont tout niqué ?

• M : Euh, oui. La Pologne en première, d'une parce que son Peuple était aussi contre l'envoi de troupes en Irak. Mais surtout, comme le vécurent aussi les nouveaux entrants, parce que la jeunesse peu qualifiée commençait à voir que le rêve n'était pas pour tous, et les ouvriers se rendaient bien compte que la production à l'occidentale ça tue à la tâche (pressés comme des citrons, afin de ressortir le maximum de jus d'un fruit peu coûteux). Le plus dur fut que ces pays se laissent convaincre, après leur histoire catastrophique avec le communisme autoritaire soviétique, que notre système pouvait ressembler dans ses objectifs avec ceux (uniquement affichés mais peu concrétisés) du frère ennemi, mais les pouvoirs étant aux mains du Peuple tout entier, les dérives étaient plus contrôlables.

• E : C'est bien normal, ils devaient avoir peur (et ça se comprend) de perdre à nouveau leurs Libertés !

• M : Bien sûr. Mais ils virent rapidement que notre système était véritablement Démocratique (gouvernement du Peuple, par et pour le Peuple) et ne remplaçait pas simplement une domination (étatiquo-capitaliste) par une nouvelle oligarchie (groupe dirigeant sans partage, officiellement pour le « bien commun », mais surtout pour ses propres intérêts – qui n'avaient rien de prolétariens). On leur expliqua que nous c'était l'Anarchie Collectiviste, basée sur l'absence de supériorité et avec des structures orientées par tous les Citoyens et gérées par des Mandatés pour effectuer une mission avec des objectifs précis. Le point crucial fut également celui de la propriété, qui était chez nous Collective, c'est-à-dire que les terrains appartenaient à tous, mais c'est la Collectivité Citoyenne qui déterminait les projets retenus pour l'exploitation, activités ensuite menées en Collaboration avec les habitants (et non plus selon les ordres du parti). Notre système était ouvert et Libre, nuance de taille par rapport à l'autarcie cloisonnante de l'autre, le communisme autoritaire.

• E : Et l'Ukraine, parce que je sais que c'était tendu comme un string à un moment.

• M : Comparaison remarquable ! Oui, lorsque en novembre 2004, le parti au pouvoir eut truqué les élections (on le soupçonne également d'avoir empoisonné le candidat adverse), le Peuple en masse descendit dans la rue faire la Révolution Orange en faveur du candidat de l'opposition, pro-Européen. Même les flics sympathisèrent, preuve que le pouvoir venait (du moins déjà dans la rue) de changer de mains, malgré le vote trafiqué et l'appui soutenu du président russe Vladimir Poutine (ex du KGB, barbouze ayant tourné sa veste pour servir sa politique, issue de l'URSS).

• E : Ils ont fait quoi les Européens ? Parce que De Gaulle voulait déjà faire l'Europe de l'Atlantique à l'Oural, c'était l'occasion !

• M : C'est bien plus compliqué que ça ! L'Ukraine (Kiev, ancienne capitale de l'empire soviétique), située au Nord de la Mer Noire, a toujours été un enjeu géostratégique car elle est au carrefour de l'Europe, de l'Asie via la Turquie, du Caucase via la Crimée (d'où déjà la guerre de Crimée de Napoléon III). Les Américains jouaient là-dessus : ils cherchaient à diminuer les influences tant des Russes que des Européens. A l'Est, il s'agissait de couper le cordon ombilical d'avec l' « empire du mal » (version US) en faisant rentrer le pays dans l'OTAN (association militaire menée par les States). A l'Ouest, l'idée américaine était de déstabiliser l'Europe (déjà effectué en noyautant les institutions par les nouveaux entrants, plus proaméricains qu'européens – du moins comme les « anciens » l'entendent) en la questionnant : vous voulez faire rentrer la Turquie, laïque à majorité musulmane (négociations depuis 40 ans), alors que vous souhaitez « simplement » avoir un partenariat avec l'Ukraine et autres pays orientaux de l'Europe (appuyés par les nouveaux entrants, leurs Frères) ?

• E : Surtout qu'après la Chute du Mur, nous n'avions pas trop aidé ces pays, qui avaient pourtant bien besoin de nous.

• M : C'est clair : ces pays voulaient être Indépendants en 1991, qu'à cela ne tienne ! Mais ils étaient si dépendants du grand frère, les structures de production / distribution / consommation n'étaient efficaces qu'avec une Collaboration Fraternelle qui n'existait plus (donc elles furent détruites mais remplacées par rien de fonctionnel), que ces pays vivaient encore à ses crochets (notamment énergétique car la Russie est un réservoir énorme de combustibles de toutes sortes). Mais lorsque les dettes extérieures (gaz, pétrole) devenaient trop importantes, le faux frère fermait les robinets d'alimentation : cette pression rappelait qui était le vrai maître à bord, l'Europe n'ayant apportée aucune aide ni même regardée ce qu'il s'y passait (alors que cette période de transition était cruciale pour la Démocratie et le maintien d'une vie à peu près normale pour les Populations).

• E : Comme d'hab, sous prétexte de non interventionnisme, nous avons regardés sans trop rien faire (comme en ex Yougoslavie, même si le contexte n'était pas le même, mais résultait bien du même état d'esprit – règlement de comptes post-traumatique).

• M : Sauf que là, concernant l'irrégularité du scrutin ukrainien, nous avons bien dit que les résultats ne pouvaient être acceptables, alors que la Russie trouvait très bien que le « Peuple » ait « choisi » la voie de la « stabilité » en votant pour le candidat officiel. Puis un nouveau suffrage fut organisé sous haute surveillance, encore une fois remporté (comme dans les cœurs la première fois) par le candidat pro-Européen de l'opposition. Après cette épisode, et l'exemple des nouveaux entrants qui se sont ralliés à notre système de l'Anarchie Collective (preuve que l'occident avait bien tiré les leçons du passé, en reprenant les concepts Humanistes du communisme autoritaire, mais en y enlevant la dictature de l'oligarchie – qui n'avait rien de prolétarienne, bien au contraire – en donnant tous les pouvoirs au Peuple – ce que les cocos refusaient, étant trop accros à la puissance), les anciens alliés de l'ex grande Russie se rangèrent à notre modèle de Fédération.

• E : Et pour ceux qui réclamaient leur réelle Indépendance ? Genre Tchétchénie et autres ?

• M : Tu fais bien de parler de la Tchétchénie, car en Europe on préférait regarder ailleurs (ne voulant pas se fâcher avec un client / partenaire de taille, la Russie tentant désespérément de contenir le morcellement normal de son ex empire auparavant maintenu par la force), alors qu'un génocide envers les musulmans se déroulait à grande échelle. « Heureusement », les jeunes cons américains étant dans leur délire d'éradication des intégristes (mais en tirant dans le tas des musulmans civils, pour la plupart n'aspirant qu'à la Paix et l'Harmonie), l'Europe se devait de se positionner autrement, avec l'expérience et la sagesse de la vieillesse. D'une elle reconnaissait enfin son « nouveau » visage multiethnique autant que multiculturel, mais surtout elle tendait la main vers ces « minorités » (en terme de sous représentation, pas de représentants), agissantes par dépit (et contre leur propre foi, dieu seul pouvant ôter la vie qu'il donne, existence quelle que soit la couleur), le terrorisme étant la dernière forme de Lutte quand les voies « légales » (ou plutôt de médiation) ont échouées (souvent par manque de volonté d'entente des deux parties, personne ne voulant lâcher de lest, c'est les civils encore une fois qui morflent). Le premier acte fut d'enfin accepter la Turquie à rejoindre le grand parti des Démocrates.

• E : ENFIN, comme tu dis : depuis 40 ans qu'on la faisait attendre !

• M : Oui, c'était vraiment honteux de la part d'une Union qui se voulait Fraternelle. Surtout que, même si les Turcs ne sont pas Indo-Européens (et encore moins Arabes, ils sont Turcs Altaïques, parlant la même famille de langue que les Peuples Caucasiens – d'Asie Centrale – ou les Sibériens), les Cultures dont ils héritèrent (celles anciennement des Hittites, des Etrusques, des Byzantins, des Troyens, …) influencèrent énormément notre propre développement (faut-il rappeler que la Renaissance en Europe est le résultat de l'émigration des derniers penseurs réfugiés au sein de Constantinople, saccagée deux siècles plus tôt, en 1204, par les croisés – frères chrétiens, même si l'orthodoxie reste le message le moins trafiqué ; les Byzantins préféreront finalement les ennemis Turcs aux sauvages croisés).

• E : Surtout que la Sublime Porte, la Turquie avec son détroit des Dardanelles, a toujours été un pont entre l'Orient et l'Occident !

• M : Bien sûr : parce que l'empire romain s'étendait surtout en Orient, l'empereur Constantin équilibra son administration territoriale en déplaçant à Constantinople (ex Byzance au temps des Grecs) sa capitale de Rome en 324. L'église chrétienne préférant convertir la nouvelle puissance des païens Carolingiens (utilisation du baptême de Clovis à des fins politico-religieuses), que d'aider sont (désormais demi) Frère d'Orient. La querelle n'était plus religieuse (par rapport au schisme de 1054), mais c'était deux civilisations qui s'opposaient : Byzance, tournée vers un passé glorieux qu'elle ne pouvait plus assumer, contre Rome qui reniait un passé tout aussi glorieux pour trouver dans les croisades puis dans la conquête des Amériques (la voie commerciale vers l'Asie étant occupée par les Turcs) une expansion assurant son avenir. Les Byzantins se trouvaient donc coincés entre deux impérialismes : celui des Latins et celui des Turcs, tous deux appuyant leur idéologie sur l'extension de leur commerce via l'expansion territoriale. Après avoir récupérée une partie de son âme orientale (pillage et transvasement de reliques durant le Moyen-Age), l'Occident oublia la Méditerranée pour se focaliser sur les nouvelles terres de l'Atlantique. Les Ottomans essayèrent quant à eux de pousser leurs conquêtes vers l'Europe (jusqu'à Vienne en Autriche en 1578 ; d'où les croissants viennois et le café, laissés sur place par les troupes de Sulaiman II le Magnifique), mais leurs territoires recouvrèrent finalement presque les limites de l'empire romain d'Orient (ni plus, ni moins). La partition entre Orient et Occident se cristallisa, la frontière passant par Istanbul, qui se demandera pendant de longs siècles si elle appartient à l'Orient, ou bien à l'Occident.

• E : La preuve, les Européens disaient que la première guerre mondiale serait le seul moyen de se débarrasser de l' « homme malade de l'Europe », l'empire Ottoman. Et la première mesure de Mustapha Kemal Pasha (Atatürk, le père de tous les Turcs) fut la laïcité du nouvel état, tout pareil que les Français, les seuls en Europe.

• M : Ça c'était donc en 1921, après la victoire des militaires contre un empire délabré qui ne voulait pas tomber. Par la suite, les Turcs gardèrent toujours à l'esprit le Grand Rêve de l'Europe, dont ils se sentaient faire partie. Ils modernisèrent alors leurs institutions, au rythme (parfois jugé lent mais disons plutôt en douceur) de leur Culture propre et de leurs problèmes spécifiques (notamment le séparatisme Kurde, Peuple descendant des Mésopotamiens et réparti sur plusieurs pays). Mais alors que les Droits de l'Humain se voyaient renforcés (du moins sur le papier, les mentalités mettant toujours beaucoup plus de temps à pratiquer ce qui a été voté, comme partout ailleurs), les Européens repoussaient toujours les avances qu'ils avaient encouragées. Jusqu'au point où, les Turcs étant excédés de cette attente inter-minable, imaginant (à tort ou à raison, allez savoir) que l'Europe n'était finalement qu'un leurre pour faire évoluer le pays vers un système de Partenaires, mais pas pour devenir Frères (aspiration profonde des Turcs), la population se réveilla avec la « gueule de bois » des espoirs déchus, s'empressant alors de voter à l'opposé extrême de leurs attentes. La Turquie fut alors en partie noyauté par le courant des intégrismes, ayant déjà ravagés d'autres pays musulmans émancipés tels l'Egypte, l'Algérie voire le Maroc.

• E : Comme avant avec les Russes ! L'Europe a applaudie (et même encouragée en sous main ; ne pas oublier l'élection du pape Polonais Jean-Paul II en 1978, 11 ans avant la fin des haricots) la Chute du Mur et d'autres anachronismes historiques, sans pour autant aider (ne serait-ce qu'un peu) les pays nouvellement Emancipés à s'en sortir avec de nouvelles relations politiques et économiques.

• M : Eh oui, triste monde tragique !!! Du coup, quand on veut se Libérer en suivant l'exemple de frères ennemis réconciliés après des siècles de combat (Triple Alliance contre Triple Entente : Angleterre, France, Russie ; Allemagne, Italie, Espagne, Autriche & Hongrie) mais que ceux-ci se contentent de dire « tu es Emancipé, tant mieux pour toi ! », on est forcément blasé et donc tenté par un retour en arrière (parce que l'on sait ce que l'on quitte, mais jamais vers quoi l'on va ; alors quand on a un exemple qui ne nous aide pas, plutôt que de galérer tout seul, on se retourne vers son ancien ennemi pour créer de nouveaux rapports, imaginés être « plus sains »). Mais nous avons compris nos erreurs, et si nous voulions vraiment changer la donne au niveau des pays musulmans (ce qu'il fallait faire de toute façon, vu l'anti-occidentalisme rampant, mais compréhensif) il nous fallait envoyer un message fort, porteur d'Espoir : les Utopiens venaient de construire une nouvelle Europe, et nous voulions que nos Sœurs et Frères Turcs soient des nôtres, puisqu'ils partageaient le même Projet de Civilisation que nous !

• E : D'autant que si l'Europe avait peur de la montée des intégrismes (et non des musulmans en général), elle se devait primo de prendre véritablement conscience que l'Europe des culs blancs c'était fini (a-t-elle jamais d'ailleurs existée, puisque tous les Peuples lui sont passés dessus au gré de l'Histoire, les « blancs » étant d'ailleurs Indo-Européens), et par ailleurs bien comprendre que même si l'on a pas le même sang, nous sommes nés ou avons grandis dans cette Culture Occidentale (qu'on le veuille ou non, mais c'est un autre débat).

• M : Très juste ce que tu dis là : l'Europe se croyait encore « blanche et chrétienne » (certains députés voulaient d'ailleurs en faire mention dans la Constitution Européenne) et ne reconnaissait qu'à moitié le Droit du Sol sur celui du sang (même celui né et éduqué en Europe était étiqueté selon son « origine sanguine », alors que tous les Noirs ne mangent pas de manioc). Nous avions peur de la Turquie musulmane (avant tout pays laïc), alors que les musulmans étaient déjà partout en nos murs. Eux s'étaient intégrés, en se donnant du mal car on ne leur fit pas de cadeaux, alors que nous ne les avions pas encore intégrés. C'était à nous de faire le dernier effort en les considérant d'abord comme des Citoyens du Sol, puis en comprenant et en s'intéressant à leurs Différences, qui nous apprennent autant sur eux que sur nous-mêmes (car toutes les Cultures, comme tous les Peuples, se métissent et s'influencent depuis la nuit des Temps).

• E : Et mes Tchétchènes alors ?

• M : J'y viens ! Evidemment, la Turquie ne pouvait rentrer dans l'Union Européenne qu'après avoir réglé le problème Kurde. Mais ceux-ci étant à cheval sur plusieurs pays, c'était relativement compliqué. Sauf que, le pétrole commençant à se raréfier, les monarchies pétrolières commencèrent sérieusement à vaciller. Le pouvoir est dépendant de la richesse, surtout pour ces pays comme la Syrie, la Jordanie et autres, qui ne pouvaient contenir leurs populations qu'à coup de pétrodollars, la seule richesse du pays.

• E : Je vois pas le rapport avec la choucroute Kurde !

• M : Attends, j'arrive !!! Donc, vu la raréfaction du pétrole et l'exaspération des Peuples menés à la cravache par ces monarchies, il y eu de nombreuses et radicales Révolutions. Et les Kurdes en profitèrent (normal), pour créer leur propre Fédération ! C'était en fait la seule solution pour qu'une tentative d'Harmonie s'installe durablement dans ces contrées si riches, du moins Culturellement et en terme de ressources (berceau de la civilisation). Pour éviter les querelles intestines, il fut mis en place une Alliance Orientale, regroupant les Fédérations Kurdes, Turques, Jordaniennes, Syriennes ; bref tous les pays embarqués dans la même « galère » mais pensant et étant Différents.

• E : Je crois comprendre pourquoi tu détailles ça avant d'attaquer le reste. Pour les Tchétchènes c'est pareil : ils faisaient parti d'un grand tout (et un peu n'importe quoi, par rapport à des Peuples si Différents – Altaïques, Ouraliens, Indo-Européens – mais obligés de vivre ensemble, par la force des choses) regroupé au sein de la Fédération de Russie.
• M : Sauf que Moscou n'entendait pas lâcher les morceaux ! Le pouvoir voulait garder une impression de puissance (de façade) par rapport à sa gloire passée.

• E : On en a bien vu les résultats.

• M : De toute façon, il est impossible de contenir un Peuple qui veut sa Liberté. Comme pour un fleuve, on peut le bloquer un peu, mais tôt ou tard il passera soit de face, soit de côté, car il y a toujours une issue quelque part.

• E : D'autant plus que là, la Russie ne respectait nullement les Différences de chacun !

• M : Le pouvoir n'aime pas les Différences, car elles créent des envies de Progrès que certains n'avaient pas. Alors que l'URSS tentait de fondre tout le monde dans un seul moule (celui du communisme autoritaire où tous sont pareils, sans saveurs ni intérêts, des androïdes à la solde du pouvoir et d'un cauchemar « commun »), après la Chute du mur, la Communauté des Etats « Indépendants » (CEI) ne respectait toujours pas les spécificité de chacun des Peuples l'a composant. Quasi simultanément, après les années du règne dictatorial du barbouze Poutine, tous les Peuples de l'ex Grande Russie se réapproprièrent véritablement leur Autonomie. Ils se regroupèrent au sein de l'Alliance des Peuples d'Asie Centrale, afin de ne pas rencontrer les mêmes problèmes de rupture des interdépendances comme en 1991 (création de la CEI) : ils étaient Autonomes, mais voulaient (et devaient) continuer à entretenir des relations étroites, mais basées cette fois-ci sur le Respect absolu des Différences de l'Autre. Un peu comme avec le problème Israélo-Palestinien.

• E : Oh ? Enfin ils ont fait la Paix ? Pour de bon ? Ils ont arrêtés leurs conneries ???

• M : Heureusement quand même, depuis le temps que ça durait cette histoire là. Aujourd'hui ça parait si aberrant que deux Peuples, Frères car Sémites tout deux, se soient ainsi foutu sur la gueule, alors que la solution était relativement simple : la Terre n'appartient à personne, elle appartient à tout le monde ! Encore une fois, c'est bien la notion d'état qui a crée des problèmes là où il n'y en avait presque pas.

• E : Heureuse de te l'entendre dire ! C'est vrai que les choses se passaient plutôt bien tant qu'il n'y avait que des Kibboutz (Communauté Juive de production, comme celles des Hippies sur le Larzac avec leurs chèvres), les uns échangeant et vivant en Harmonie avec les locaux, les Palestiniens.

• M : Bien sûr ! Ce n'est que en 1948, quand l'état d'Israël fut proclamé et qu'il vira les populations à l'intérieur de ses frontières (limites complètement arbitraires d'ailleurs, ou pire, basées sur la bible et donc les territoires occupés il y avait plus de 2000 ans) pour les parquer comme des bêtes (un peu comme les Juifs durant la Shoah, même si je ne crois pas dans ce cas à la vengeance ou à la reproduction des douleurs) dans des territoires réduits à peau de chagrin et surveillés par des miradors (par contre là il ne manquait que les bergers allemands et voilà).

• E : Et comment ils ont réglé ça alors ?

• M : En voyant comme les choses évoluaient de tous les côtés dans la région du Proche-Orient, tout d'abord les deux populations ont destitué leurs chefs d'états, incapables de parvenir à une Paix durable. Ensuite, ils mirent en application le Pacte de Genève de 2003, rédigé par d'anciens diplomates, ministres ou membres d'associations, des deux pays : c'était un très bon compromis, concocté à l'écart des pressions, mais rejeté ou regardé avec condescendance (car ne provenant pas d'eux) par les institutionnels de part et d'autre du mur de la honte fratricide.

• E : Et puis ?

• M : Et puis ensuite, une fois que les choses étaient bien lancées, que les esprits s'apaisaient, la Fédération des Peuples Sémites fut mise en place. Enfin, après plus d'un siècle de tracasseries mutuelles, tous les Sémites (et bien sûr les autres aussi) purent profiter de cette Terre sacrée. Alors qu'auparavant il fallait se justifier de sa religion pour s'installer dans le pays (discrimination religieuse matinée d'ethnisme, une honte pour des Juifs ayant connu la ségrégation raciale), à présent seul le Respect de l'Autre comptait : la Terre sacrée de Jérusalem appartenait à nouveau aux trois confessions, issues du même dieu (Yahvé alias Allah). Chacun pouvait s'installer où il le voulait en cette Terre Promise, elle était suffisamment grande et généreuse (par contre fallait bosser dur pour en tirer quelque chose) pour accueillir tous les Frères réconciliés !

• E : Et dis moi tant que tu y es, les guerres civiles éternelles entre ethnies Africaines c'est bel et bien fini ?

• M : Eh si bonne Dame ! Il s'est passé presque la même chose, puisque nombre de pays connaissaient de très fortes tensions ethniques, sur une grande partie du continent. Mais, encore une fois, c'était très souvent des rancœurs exacerbées par les élites, comme toujours dans le but de diviser pour mieux régner. La crise, disons plutôt la guerre anticoloniale contre l'occupant Français, en Côte d'Ivoire a enflammé les foules. La majeure partie de l'économie était tenue par des entreprises françaises, qui continuaient à pratiquer une forme moderne d'esclavage, le salariat à la coloniale (peu de Droits, beaucoup de devoirs, le tout la bouche fermée et le fameux sourire Noir). Ces sociétés délocalisaient leurs services dans leur ancien empire, qu'elles n'avaient jamais complètement abandonné (toujours garder un œil, un « peu » d'influence, c'est la FrancAfrique), puisqu'il y avait là-bas de la main d'œuvre parfaitement formée (par les Blancs puis les locaux) à pas chère et docile (même si les temps avaient bien changé, heureusement d'ailleurs, mais quand même).

• E : C'est vrai que l'Indépendance n'était que de façade pour … surtout les pays Noirs ! Beurk, voilà comment on les a remercié de s'être battu comme de la chaire à canon durant les guerres (presque toutes) et de ne pas s'être violemment Révolté comme les Arabes. Nous on a fait notre guerre d'Indépendance, du coup les Français nous ont lâché la grappe (on a du galérer mais ils surveillaient de loin comme intervenaient de près). Eux pour avoir été plus coopératifs, l'état a autorisé dans sa « grande bonté » les Peuples a disposer d'eux-mêmes, mais ensuite a laissé faire (si ce n'est encouragé) des coups d'état dès que la France était insatisfaite et voulait que les choses changent (dans son sens, bien évidemment).

• M : L'état c'est vraiment qu'une merde ! Les élites que nous avions installées étaient toujours assujetties à leur ancien colon, entretenues par la corruption. Mais celle-ci devenait trop flagrante dans des pays aux riches matières premières (le Zaïre est un des pays les plus pourvu en ressources naturelles, mais un des plus démuni aussi, enfin sauf ses dirigeants), où le développement avançait mais trop doucement, une partie des aides étant elles aussi détournées, cette fois par les mafieux locaux qui usaient de la force pour s'approprier les stocks des dons et les revendre au marché parallèle (je n'ose pas dire noir), à leur prix. S'ajouta à cela le Sida et les multinationales ne voulant rien lâcher, le peu d'argent partait dans les médicaments.

• E : Excuses moi cinq secondes, je vais vomir !

• M : Je t'en prie, c'est tout naturel. Si je n'étais pas blindé par rapport à l'autre monde, je t'accompagnerai aussi. Mais le « bon côté » de l'Histoire, c'est que du coup dans la lignée de la déferlante, eux aussi accomplirent leur Révolution. Autant anti-capitaliste contre les brevets qui « empêchaient » (quand on veut on peut, les pharma n'avaient qu'à faire un geste) de fabriquer des génériques bon marché (ou alors qu'ils distribuent, à des prix abordables pour tous, leurs médicaments) ; qu'anti-étatique envers les élites qui les paupérisaient et les montaient les uns contre les autres pour éviter qu'ils ne se posent des questions et jugent d'en finir.

• E : Et ensuite, on va où ?

• M : Ensuite, la Révolution Humaniste s'étendit à l'Asie par le Pakistan et les Indes qui sont redevenus des frères avec le Cachemire qui appartient à tout le monde, et les Indes étaient déjà une Fédération, mais très corrompue aussi.

• E : Racontes, les Indes ça me passionne !

• M : En fait, l'Anarchie a permit de mettre fin aux malentendus soulevés avec la séparation de 1947 et les migrations et massacres d'hindous et de musulmans qui s'en suivirent. A présent, alors que ces populations avaient vécues ensemble depuis des siècles, souvent pour le meilleur, elles décidaient de repartir ensemble, en Coopérant, pour ainsi devenir un élément important du monde nouveau. Tous les Peuples, pourtant très Différents, qui Partageaient ces terres, avaient pour autant des cultures communes. En discutant, calmement, au-delà des agitations nationalistes qui n'existent plus, ils ont réussi à renouer le dialogue interrompu dans son prolongement séculaire, par la guerre et les conséquences de l'abandon britannique après avoir bien mis le bordel dans le sous-continent.

• E : Mais dans les parages, pas très loin, il y a la Chine aussi. Comment s'est comporté l'empire du milieu, l'atelier du monde, avec son système ultra-totalitariste de politique communiste (commune à une haute classe de gradés) et d'économie capitaliste (ceux qui peuvent investir ont tous les pouvoirs si ils savent bien graisser les pattes des bonnes personnes) ???

• M : La Chine a basculé du communisme à l'Anarchisme car le Peuple en avait marre de la dictature, de la corruption et de l'administration tatillonne. Il faut bien comprendre que le développement de la Chine se faisait, comme dans tous les pays à toutes les époques, au détriment du petit Peuple, le même que le communisme était censé aider (et qu'il a en premier lieu oublié). Les Chinois avaient tous les inconvénients du développement (stress, exploitation, pollution, inflation des propriétés privées donc relativement moins de richesses, …), sans en avoir véritablement les avantages (ouverture d'esprit, connaissance du monde, Partage, …). Eux qui avaient su, à force de travail et de rigueur, en quelques décennies rattraper leur retard, ne voulaient pas rester à la traîne de l'Emancipation humaine mondiale.

• E : Et de l'autre côté de l'échiquier, qu'elle était la position des States ?

• M : Avant d'en venir à la tour d'ivoire du capitalisme, il faut quand même que je te racontes auparavant comment les Amériques, Latines et du Sud, franchirent le pas vers le nouveau monde !

• E : Si senior, c'est toujours intéressant de savoir comment l'arrière pays ricains a évolué. Surtout qu'il était déjà un peu engagé vers cette voie !

• M : Moui, enfin, les dirigeants étaient plutôt des néococos qui répondaient en cela aux néocons du Nord. Parce que leurs Peuples étaient manipulés depuis longtemps par la CIA et autres puissances de l'axe US, ils poussèrent sur le devant de la scène les ringards des coulisses de l'Histoire, avec leurs discours plein de fiels anti-impérialiste (ça se comprend dix fois au regard des abus de domination politico-économiques des States), mais avec des solutions qui ont montré leurs désastres à Cuba.

• E : Justement, comment c'est passée la transition après la mort du vieux leader maximo ?

• M : Le pays était en ruine (merci l'embargo ricain, encore une fois c'est le Peuple qui trinque pour avoir fait la Révolution, 50 ans plus tôt), et les espoirs de changement étaient on ne peut plus présents. Les Utopiens ayant toujours eu un « faible » pour la perle des Caraïbes et sa figure emblématique du Che, ils aidèrent rapidement les Cubains à se prendre en main (pas sans arrière-pensée de faire chavirer tout le continent vers l'axe du Bien-être civilisationnel). Le mouvement s'appuya notamment sur le Brésil, déçu après l'immense espoir d'avoir élu Lulla, et sur l'Argentine qui avait eu l'occasion de se reprendre populairement en main après la crise et la fuite des capitaux. Ces fleurons firent rapidement tâchent d'oil auprès des pays riches en pétroles mais cadenassés par la junte militaire ou les beaux parleurs à la Chavez.

• E : C'est sûr qu'on assistait depuis peu à un nouvel élan de la part de ces pays, mais s'appuyant sur l' « exemple » cubain, qui était loin d'avoir montré ses qualités !

• M : Il faut dire que ces parties du continent apprenaient depuis peu la culture et les vertus de la Démocratie. Mais ils étaient très curieux et capables d'expérimenter de nouvelles formes de pouvoir pour enfin sortir de la dépossession de leurs ressources, morales, physiques autant que naturelles.

• E : Du coup, les Ricains étaient pris en tenaille, tous les pays du monde et même de leur continent étant passés aux mains du Peuple (et non de l'ennemi communiste comme auparavant dans l'Histoire). Ils devaient enfin se poser les vraies questions sur le monde qui les entourait et surtout sur eux-mêmes et leurs prétentions dirigistes !

• M : En fait, la transition avait déjà commencé à prendre forme après quelques mois pour encaisser le choc du 11 septembre 2001 ! Les Américains eurent d'abord la haine contre ceux qui avaient pu les attaquer comme ça (haine patriotique face à leur « supériorité »), puis ils essayèrent de comprendre comment on en était arrivé là. Quand Bush avoua qu'on lui avait menti, à l'insu de son plein gré, concernant les preuves qui motivèrent la guerre en Irak, ils commencèrent à ouvrir les yeux.

• E : Et qu'est-ce qu'ils y ont vu ces gros bœufs ?

• M : Le sang, la sueur et les larmes de leurs compatriotes, envoyés aux quatre coins du monde se faire tuer, tout ça pour du pétrole à pas cher et une très relative sécurité mondiale ! Du coup, pragmatiques que sont les anglo-saxons en général, ils décidèrent à prime abord de se replier sur eux-mêmes. Mais la Révolution faisant le tour de la planète, le pays regarda son passé fait d'Emancipations et de réactions. Alors que tout le monde « enviait » la puissance de leur pays, les Ricains eux savaient bien que leur système ultra-capitaliste ne fonctionnait pas aussi bien qu'ils voulaient le prétendre auprès des nations « à convertir, civiliser ».

• E : C'est clair que le pays vivait à crédit, notamment auprès des Chinois, et que les riches étaient très riches, mais les pauvres horriblement pauvres et personne ne s'occupait réellement d'eux, ce que la catastrophe du cyclone Katrina révéla.

• M : Surtout, le monde entier, avec la pagaille de la guerre en Irak, se moquait d'eux et narguait leur toute puissance impérialiste. Depuis que le monde avait décroché du système ambiant, pays après pays, que les States faisaient tout pour bloquer l'inexorable, beaucoup de ses habitants voulaient regagner leur fierté nationale, en faisant tomber leur système tout autant corrompu qu'ailleurs (voire même plus vu les enjeux économiques en milliards de dollars). Ils le firent dans un grand élan de joie et de méfiance mêlée, mais ils n'avaient pas le choix si ils voulaient régler leurs problèmes internes une bonne fois pour toute (en France c'était la Révolte à chaque génération contre le pouvoir, aux Etats-Unis c'était le cas contre la suprématie blanche/WASP/conservatrice/capitaliste). Les Américains, derniers de la liste planétaire à tendre vers Utopia, se devaient à présent de rattraper leur retard, en se souvenant de leur glorieux passé de moteur des Emancipations humaines après la seconde guerre mondiale et surtout les années 60, d'où le mouvement hippie est parti de San Francisco, tout comme le mouvement gai et bien d'autres. Avec le pays de Wall Street, la boucle était bouclée !!!

• E : Enfin la Révolution avait fait le tour du monde, et imposée par personne ! Donc elle était d'autant plus légitime !

• M : Tout à fait. Pour autant, une chose importante à noter, c'est que de nombreux pays, tout continent confondu et tous confrontés à la dure concurrence, créèrent entre eux des alliances voire même des Communautés économiques, un peu à la façon des premiers pas de l'Europe. On vit ainsi des blocs commerciaux se mettre en place aux Amériques, en Asie et un peu en Afrique.

• E : Mouais d'accord, mais comme tu dis, ce n'était jamais que des alliances éco-stratégiques !

• M : Bien sûr, mais ça reste un bon début, sachant que ce qui commence à rapprocher économiquement les pays finit par connecter les Peuples et à créer des ententes cordiales ! De là au dumping social positif il n'y a qu'un pas (de grande enjambée d'accord, mais quand même).

• E : Ahhh ! Donc finalement ce nouveau monde n'est « que » l'ultime étape après s'être rapproché pour des raisons bassement économiques ?

• M : Oui, en quelques sortes. Quand on échange ensemble, on voit comment l'autre fonctionne dans divers champs et tôt ou tard on veut les mêmes avantages que lui et remédier aux inconvénients du fonctionnement de son système ! C'est de la jalousie bien placée en somme !!!

       

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Published by Collectif des 12 Singes - dans Lendemain du Grand Soir
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