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21 janvier 2005 5 21 /01 /janvier /2005 21:29

16 - Amnésie Internationale & Amnistie Individuelle
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• Esperanta : Bon d’accord, c’est super cool que tout le monde soit dans ce nouveau système. Mais on ne peut pas se réconcilier comme ça, pas après tous les écarts de conduite meurtriers et liberticides qui ont jalonné notre Histoire mondiale et encore plus continentale !

• Moa : Pour sûr, il y a eu du taf pour que toutes les vieilles rancoeurs du passé fassent place à de nouveaux regards et pratiques entre Peuples désormais véritablement Frères ! Mais tout le monde avait tellement pâti des conséquences des malheurs historiques que l’on ne voulait plus se miner avec le passé ! Tout ce que tout un chacun voulait, de tous les côtés des ex frontières, c’était de vivre tranquille peinard et de se consacrer pleinement à la construction de cet avenir radieux qui se devait de chanter : les déceptions et désillusions n’étaient plus de mise, place à la franche humainerie !!!

• E : Pour ça, encore faut-il avoir envie et faire ce qu’il faut pour se connaître et ne pas juger bêtement, sans savoir de quoi il retourne, vraiment, pas selon des préjugés !

• M : C’est pour ça que l’on a regardé plus loin que le bout de la lorgnette et que les Utopiens, pour vivre en Harmonie avec l’ensemble du monde qui les entoure, ont envoyé des délégations à travers le monde pour comprendre en profondeur qui étaient les Peuples alentour, leur culture et leurs spécificités humaines. Ensuite, au niveau de la Confédération des Peuples, ils ont défini les grandes règles universelles de vie Collective en bonne intelligence, en classifiant ce qui est profondément humain et ce qui est purement culturel. Les Utopiens ont privilégié un mouvement identitaire des idées, plutôt qu’un élan communautaire des individus. Cela a permis une reconnaissance ethnoculturelle, sans pour autant enfermer des populations entières dans des cases prédéfinies et sclérosées.

• E : Surtout que de notre temps on avait déjà suffisamment d’idées préconçues héritées du passé colonial des grandes puissances occidentales.

• M : Alors qu’on peut être Noir et ne pas aimer le manioc ! En fait, c’est surtout ça qu’on a voulu faire sauter en éclats : tous ces stéréotypes à deux balles faits pour justifier une œuvre « civilisatrice » menée aux pas cadencés, dont les dégâts ont été à la hauteur de nos prétentions arrivistes et hégémoniques.

• E : Pour sûr, les Occidentaux ont souvent crée des problèmes là où il n’y en avait pas, mais à leur décharge, ils ont permis de souder entres eux des Peuples divisés dans une Lutte commune contre l’envahisseur blanc. Même si les rancoeurs et querelles intestines reprenaient de plus belle dès que les blancs étaient partis ou dès qu’ils la mettaient en veilleuse en se faisant un peu oublier (tout en n’étant jamais très loin, histoire d’avoir toujours un œil sur « leurs chasses gardées »).

• M : Justement ! C’est tout ça qu’Utopia a voulu et a balayé : du passé, faisons définitivement table rase !!! L’Amnésie Internationale a été décrété pour repartir sur des bases saines. Ce qui a été fait, quelles qu’aient été les atrocités commises, faisait désormais partie d’un temps clairement révolu, et personne ne voulait plus entendre parler de ce passé aux eaux troubles et nauséabondes.

• E : Ah, enfin les humains ont su Raison retrouver ! Même si les cicatrices du passé ne se referment pas comme ça du jour au lendemain, il faut clairement les cautériser et arrêter de remuer le couteau dans la plaie (plus ou moins béante d’ailleurs).

• M : C’est ce que nous avons fait en considérant les autres Peuples non plus comme des entités émergentes, mais comme des réalités à Respecter, avec leur forces et faiblesses, atouts et failles, autant voire moindres que les nôtres. Au lieu d’être occidentalo-centrés, nous avons enlevé nos œillères et sommes aller voir de l’autre côté de la Méditerranée, en face du canal de Panama, au-delà du Tigre et de l’Euphrate, par-dessus l’Himalaya. Et nous y avons découvert des merveilles de savoir-vivre, des cultures plurimillénaires très enrichissantes, des techniques d’adaptation hors pair, des connaissances ancestrales à des années-lumière de nos conceptions tout-scientifique simplistes. Bref, nous avons redécouvert l’humain dans toute sa splendeur et sa complexité, chargées des leçons de l’Histoire.

• E : C’est sûr que c’est pas à moi que tu apprendras qu’il y a d’autres styles de vie que le tout Occidental. La modernité technologie, c’est bien ; en abuser, ça craint ! Même si ça m’a valu des formes de schizophrénies heureusement peu aigues, j’ai toujours (comme beaucoup de déracinés à cheval entre deux cultures, celle des parents et celle de ses futurs enfants) navigué entre deux eaux, de part et d’autre de la Méditerranée. Mais avec l’habitude, on prend le meilleur de chaque côté et on délaisse les concepts trop ethno-centrés !

• M : C’est exactement ce qu’il s’est produit au niveau mondial. Chacun a regardé comment l’Autre faisait, en a tiré des enseignements, a débattu avec ses frères de la même sphère d’influence ethnoculturelle. Ensuite, les différents ensembles humains répartis sur la planète ont pris des résolutions pour atteindre des buts communs, tout en préservant certains particularismes identitaires mais pas sectaires ni communautaires.

• E : C’est sûr que la communauté ça peut être sympa à une certaine échelle, mais après il faut pas non plus que ça devienne des réserves à ciel ouvert, où celui qui n’est pas de la communauté se sente trop comme un étranger.

• M : Tout juste ! C’est pour ça qu’on a renversé la vapeur en disant que nous sommes d’abord tous des êtres humains et « accessoirement » des Individus se rattachant volontairement (et non plus par le droit du sol ou du sang) à une culture ou un mode de vie.

• E : Cool ! De fait tout le monde est chez soi partout !?!

• M : Et oui ma belle ! Fini les nationalismes à tout cr(a)in(t), vive l’Humanisme planétaire où la Terre est une grande maison toujours ouverte où il y a toujours de la place pour tous, invités / « hôtes de marque » !!! D’autant plus que les Occidentaux avaient une énorme dette morale envers nombres de pays, notamment les anciennes colonies. Pour assurer le Bonheur Universel, on a alors accompagné ces pays dans leur développement, sans rien imposer mais juste en aidant là où l’on nous demandait spécifiquement de l’aide ou des conseils. Il ne fallait pas qu’on force non plus ces pays à évoluer dans une direction qui n’était pas la leur. Etre civilisé ce n’est pas forcément regarder la télévision affalé comme une merde sur son canapé en mangeant des chips ! Mais si on nous demandait l’accès à Internet pour s’ouvrir sur le monde, on allait épauler et fournir des fibres optiques aux pays demandeurs. A titre d’info, avant de travailler à la réconciliation avec les autres, tous les autres, Utopia a déjà pansé les blessures identitaires de la France, vieille terre d’asile quand il s’agissait de blancs (et encore, pas avec tous), mais qui avait toujours du mal à composer avec ses « nouvelles » couleurs (présentes en petites masses depuis quelques décennies quand même).

• E : Ah, ça ça me touche directement ! Parce que c’est l’évidence même que la France faisait mine de découvrir la dimension profondément raciste et néocoloniale de la relégation urbaine. Surtout qu’il y avait un rapport étroit avec le caractère abstrait du modèle français d'intégration qui, d'une part, était aveugle aux discriminations réelles et, d'autre part, laissait se développer des rhétoriques de refus de la Différence.

• M : Pour ça c’est sûr que la France tenait un double langage !

• E : Et surtout elle continuait à parler d'immigrés pour des gens dont les parents mêmes étaient nés en France. On voyait bien que l'imaginaire républicain recouvrait en réalité un imaginaire blanc et chrétien. Et tout le reste était différent. Il existait un racisme institutionnel, un racisme non intentionnel mais qui avait des effets profonds de discrimination. Il était légitime politiquement de considérer les discriminations sur une base ethnique, ce qui était impossible en France puisque la loi républicaine interdisait de prendre en compte – ne serait-ce que d'un point de vue statistique – les discriminations ethniques (encore une fois il n’y a qu’une race, humaine – comme il n’y qu’une race canine mais avec de nombreuses sous-espèces). En France, on avait donc un racisme institutionnel qu'il était interdit de traiter institutionnellement.
• M : C’est clair et net ! La république ne reconnaissait que des individus Egaux en droit quelles que soient leurs différences par ailleurs. L'effet positif, c'est que chacun est reconnu comme un Individu, l'effet négatif, c'est que lorsque cette Egalité en droits était bafouée par des inégalités de fait, le modèle français était incapable de voir et de traiter ces inégalités de fait, au nom de l'Egalité en droits. En plus, le modèle français d'intégration se pensait universel. En réalité, comme tu l’as très bien dit, il recouvrait une « normalité » qui, dans l'imaginaire national, était celle des Français blancs de culture chrétienne.

• E : Et quand en plus tu étais une femme qui venait de banlieue comme moi, c’était le pompon ! La dimension raciste (là on peut le dire, car c’était limite hérité de Pétain) et quasi néo-coloniale de la gestion des banlieues était évidente. Le système politique français s'était trouvé totalement incapable de prendre en compte cette dimension de la société française. Tout comme il s'était montré totalement incapable de prendre en compte la question de la participation des femmes à la politique, puisque la loi sur la parité était systématiquement contournée pour une raison qui a des effets directs sur la question du racisme : le personnel politique français refusait de se renouveler, refusait malgré la loi de laisser place aux femmes, comme il refusait de laisser place à des Français qui n’étaient pas blancs.

• M : Entièrement d’accord avec toi. D’ailleurs il faut dire que la télévision était loin d’être en couleur, sauf un peu sur les chaînes privées où l’on avait mis quelques visages non-pâles pour mieux représenter la France réelle, qui comptait pas moins de 20% de personne non-blanches. Mais rien sur le service public, à part une ou deux personnes qui servaient d’alibi (tant mieux pour elles, c’était déjà ça, mais bon, on allait pas très loin avec ce type de raisonnement). Du coup, Utopia a mis en ligne moult questionnaires professionnels, et ceux qui étaient les meilleurs étaient embauchés, et on regardait après coup, de manière anecdotique, la provenance des personnes, juste pour vérifier que c’était bien les plus capables qui étaient passés et non pas les plus blancs comme des culs !

• E : Beh oui, dans la vie il n’y a que le mérite qui doit payer, rien d’autre !

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Published by Collectif des 12 Singes - dans Lendemain du Grand Soir
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