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21 janvier 2005 5 21 /01 /janvier /2005 21:30

Amnistie Individuelle
Télécharger le fichier : 16-Amnésie Internationale & Amnistie Individuelle


• Esperanta : Et c'est quoi le prolongement après que tous les Peuples se soient convertis au système Utopien ?

• Moa : Et bien justement, ils se sont déconvertis de leurs concepts religieux dogmatiques pour être plus en phase avec les autres, et par voie de conséquence, avec eux-mêmes en tant qu'animal humain faisant autant partie de l'humanité que d'une biosphère fragile englobant des millions d'autres êtres animés (dont nous étions les membres les moins nombreux).

• E : Ah cool, je suis curieuse de savoir comment ça s'est passé. Parce que c'est clair que ça ne sert à rien de vouloir changer la société et plus encore la civilisation sans changer l'humain en profondeur.

• M : Claro que si ! En fait c'est relativement simple : on a tout bonnement pris le mal à la racine. On a commencé par rééduquer les gamins, en les faisant débattre avec des plus grands, des adultes et des vieux, des Noirs, des Jaunes et des Rouges, des anciens riches et pauvres, des intellos, des artistes, des musclés : bref avec l'ensemble de la société qui a elle seule était déjà un microcosme Universaliste. Ainsi, par effets de contagion, ils ont rééduqué ou du moins motivé la réflexion en profondeur chez les adultes.

• E : C'est bien connu, la vérité sort de la bouche des enfants !

• M : Oui, enfin pas tant que ça non plus. Ils sont humains et animaux comme les grands, donc tout autant capables que les adultes de mentir, de jouer avec leurs relations avec les autres, d'imposer leur point de vue et de piquer de grosses colères (souvent pour « pas grand-chose », comme chez les « poilus » - pas les guerriers, mais les « matures »).

• E : C'est sûr qu'il y en a, c'est des vraies pestes à foutre des claques à longueur de journée !

• M : Ça ne sert à rien !!! Tout comme la peine de mort et la prison n'ont jamais empêché les crimes, la punition physique n'a jamais corrigé ou redressé des gamins.

• E : Ben ouais, mais faut quand même faire quelque chose !

• M : Bien sûr. Mais pour que quoi que tu fasses soit un tant soit peu efficace, il faut d'abord faire prendre conscience à l'autre que son attitude ou son point de vue n'est pas tenable en société, et que s'il veut s'intégrer et bénéficier des bienfaits du contact avec les autres (la Liberté ce n'est pas d'être seul, isolé), il doit Respecter certaines règles de bases, non pas contraignantes mais structurantes pour que tout le monde puisse s'entendre un minimum social.

• E : Oui bon d'accord ! Et alors, comment vous avez rééduqué ces gamins, source et fondement de cette nouvelle civilisation du Bonheur ?

• M : Déjà en leur demandant leur avis ! Même si depuis Mai 68, les parents se préoccupaient un peu plus des aspirations de leurs enfants, il n'en restait pas moins qu'ils les prenaient encore trop souvent pour des buses, des petits scarabées qui ne connaissaient rien à la vie.

• E : Ce en quoi ils n'avaient pas forcément toujours tort non plus !

• M : Oui, mais pour autant, les gamins sont capables et foisonnent de réflexions (surprenantes pour nous, pas pour eux) dignes des plus grands philosophes !

• E : C'est vrai que plusieurs fois mes sœurs ou mes petits cousins m'ont surprise par la pertinence de leurs questions et de leur curiosité très bien et précisément placée ! Et surtout ils ne lâchent pas le morceau avant d'avoir tout bien compris et demandé dans les moindres détails !!!

• M : Et oui ! Ils ne cesseront jamais de nous émerveiller ! Et donc on leur a donné des cours de philosophie adaptés (toute la philo ne parle pas que de trucs perchés, incompréhensibles – ne serait-ce que par les mots qui sont utilisés – et inaccessibles pour le commun des mortels), on les a fait se débattre entre eux (plutôt que de se battre pendant la récré), et finalement adopter des résolutions à présenter et à motiver devant les grands.

• E : Du genre les résolutions ?

• M : J'allais y venir ! Ils demandaient notamment qu'ils ne voulaient plus voir les grands se chamailler, se fâcher et se séparer.

• E : Euh ouais, c'est sûr c'est bien mignon, mais pas très réaliste.

• M : Justement ! Rien qu'avec cet exemple, ils ont appris puis compris que la vie avec les autres, c'était de devoir faire des compromis. Ce n'est pas parce que eux voulaient que papa et maman restent ensemble pour toute la vie, que ça aille « bien » (en tentant difficilement de préserver les apparences) ou dans le cas où papa picolait et frappait maman et qu'elle lui gueulait tout le temps dessus (« d'où tu sors dans cet état là ? t'es encore bourré ? bobonne au fourneau et môssieur au bistro ?! »), que pour autant les adultes devaient continuer de souffrir en silence pour soi-disant le bien et bon développement de leurs enfants !

• E : Alors qu'il n'y a rien de pire qu'une famille qui implose (donc de l'intérieur) en restant sous un même toit (l'effet de souffle est alors amplifié).

• M : Tout à fait ! Ce qui peut amener à la dépression voire au meurtre du conjoint (voire en infanticide plus un homicide dans le cas d'un zigouillage complet de la famille : si je n'ai pu vivre heureux avec eux, ils ne vivront pas heureux sans moi). Pour en revenir aux gamins, on a tiré d'eux le meilleur de l'être humain, sans pour autant occulter toutes les bassesses dont les enfants peuvent faire preuve quand ils ne sont pas assez civilisés.

• E : C'est sûr qu'ils sont un bon repère vu qu'ils sont en période de formation, entre l'animal que nous sommes naturellement tous et l'être civilisé pur produit de son époque et de la société dans laquelle on évolue.

• M : Bien sûr. D'autant plus que les gamins, étant plus ou moins protégés de la jungle « civilisatrice », ne demandaient qu'à pouvoir vivre dans un monde où les grands se comportent comme des enfants, notamment avec l'insouciance de la générosité sans calcul d'intérêts, la joie et l'épanouissement sans la peur de l'Autre, la coopération complémentaire plutôt que la compétition où tous les coup sont permis.

• E : C'est sûr que sinon, il n'y a aucun attrait à grandir, pour quoi faire ?

• M : Tout juste ! D'ailleurs quand on est petit on veut devenir grand pour gérer sa vie comme on l'entend, et quand on commence à bosser on veut redevenir gamin pour retrouver les veillées pré-pubères qui chantaient et où tout (et surtout les rapports humains) paraissait nettement plus simple ! Mais une fois que les enfants nous ont éveillé à l'insouciance et la candeur/grandeur de leurs sentiments, encore faut-il que les adultes considèrent avec importance ces préceptes !

• E : C'est vrai qu'on se dit souvent que les enfants ont raison, mais qu'ils ne vivent pas tout à fait dans le même monde que les grands et que nos histoires les dépassent !

• M : Ce qui est vrai, car conceptuellement ils avaient du mal à comprendre que toutes les bonnes valeurs que leurs parents et autres avaient pu leur transmettre, ces mêmes personnes ne les mettaient pas en application dans leur vie à eux. Tout cela parce que les adultes étaient victimes du culte du progrès et de la culture du « que le plus fort gagne plus, que les autres marchent ou crèvent » ! Il fallait donc Emanciper chaque Individu, puis le replacer dans la chaîne animale et la biosphère dont nous faisons tous parti.

• E : Emanciper les personnes ? C'est sûr que là, ça nécessitait un travail de longue haleine !

• M : C'était effectivement un des plus gros chantiers. Rends toi compte qu'il fallait reconstruire les humains de toute la planète sur des bases plus saines que ce que les civilisations proposaient depuis plus de 10 000 ans !

• E : Fatch ! J'imagine que tu veux parler de retrouver les bonnes vieilles valeurs de Solidarité, d'entraide, de Liberté non-surveillée, et tutti quanti ?

• M : Oui. Alors que depuis la chute du Mur et du communisme on nous matraquait le cerveau en nous disant que c'était la fin de l'Histoire, que le capitalisme avait gagné et point final, Utopia a ouvert la brèche d'un autre monde qui était possible,autant que nécessaire et surtout faisable. Pour sauver l'humanité de l'anéantissement et du désordre mondial, il fallait tout bonnement revenir aux valeurs pour lesquelles nos ancêtres bêtes sauvages avaient dû Lutter contre leur nature profonde en instaurant des sociétés Libertaires, Egalitaires et Fraternelles. En somme, il fallait refermer la parenthèse génocidaire des civilisations basées sur la force et la supériorité par rapport à l'Autre, pour recommencer l'Histoire là où l'agriculture avait enterré dans son sillon les sociétés primordiales profondément justes et donc pérennes.

• E : Mais fallait faire alors un reset de toute la culture humaine ?

• M : Quasiment oui !

• E : Et vous vouliez remplacer des millénaires de dogmatisme « l'Autre c'est de la merde » par quoi ? Comment vous avez défini ce qui était historiquement bon pour la civilisation nouvelle que vous construisiez petit à petit ?

• M : Même si ça m'arrache un peu la gueule de le dire en tant qu'athée croyant et pratiquant (je croie qu'il n'y a pas de dieu et je pratique en conséquence), on a tout simplement ouvert les bouquins religieux, qu'on a expurgé de toute idée de haine, de vengeance, de mépris des infidèles, pour n'en garder que la substantifique moelle, à savoir les bonnes paroles de générosité et de bien vivre avec les Autres, quels qu'ils soient.

• E : Vous avez enfin réussi à rallier tous les croyants en la même « entité » Yahvé-dieu-Allah qui se foutaient sur la gueule depuis des millénaires pour imposer chacun sa vision d'un dieu qui leur était commun ?

• M : Oui, enfin tu sais, il n'y a pas que le monothéisme dans la vie. On n'a vraiment pas été sectaire : on a pris tous les enseignements pacifiques et généreux du bouddhisme, du confucianisme, de l'hindouisme, du zoroastrisme, des animismes africains/asiatiques/amazoniens, j'en passe et des meilleurs. Pour que ces religions ou philosophies de vie aient pu perdurer si longtemps, il fallait bien qu'elles apportent un minimum d'espoir dans le but d'une humanité Libérée ayant assez souffert pour enfin mériter le Bonheur et la Paix éternels ! Même si certaines théologies ont été manipulées pour servir des intérêts particuliers de classe, il n'en reste pas moins qu'à la base elles représentaient une vision de Bien-Etre et d'Harmonie avec tout le monde qui nous entoure.

• E : Ça c'est clair ! C'est bien pour ça que dans toutes les religions tu retrouves toujours cette idée de Générosité à Autrui, d'Assistance envers le faible, et d'Amour de la Paix !

• M : Exactement, sauf qu'Utopia a fait que tout ceci ne reste pas lettre morte et bonne parole en l'air !!! Pourquoi autant d'occidentaux étaient attirés par le bouddhisme ou autres philosophies de vie orientales ? C'est bien parce que notre culture de la compétition nous surmenait et nous stressait sans nous apporter le moindre réconfort quant à l'avenir et des espoirs de bonheur (si ce n'est la retraite, qui comme son nom l'indique signifie se retirer du monde superactif pour se reposer et vraiment profiter de la vie en minimisant ses tracas quotidiens). Il fallait donc revoir nos rapports à nous-mêmes, envers notre corps et surtout notre esprit.

• E : Et vous avez fait ça comment justement ?

• M : Pour le corps, ce n'était pas si difficile que ça, même si le judéo-christiano-islamisme nous avait enfermé dans un déni de notre enveloppe matérielle pour favoriser le développement spirituel, alors que l'un ne va bien évidemment pas sans l'autre.

• E : En tous cas en Orient c'est sûr que tout va de pair, et que c'est cet antagonisme qui crée l'équilibre !

• M : Justement ! On a beaucoup détourné nos regards vers la manière de s'appréhender en tant qu'entité physico-psychologique qu'avaient les Orientaux, notamment les bouddhistes ou autres philosophies de vie millénaires qui ont réussi à concilier les deux aspects de tout individu. On a donc mis en place des séances de méditation, d'une pour retrouver de la sérénité après tous ces bouleversements sociologiques et surtout pour se retrouver seul face à soi-même avec des méthodes pour mieux saisir la portée de son existence et de sa présence dans ce monde.

• E : Effectivement, c'est déjà un bon début.

• M : Certes, mais au-delà de ça, on a fait un énorme travail pour que les gens comprennent bien que les humains sont des animaux comme les autres, qui ont évolué d'une certaine manière pour être le mieux adapté à leur environnement (comme n'importe quel organisme vivant), et qu'ils n'ont pas été posé là par magie pour dominer les autres animaux ! L'évolution n'a pas de but en tant que tel, elle s'adapte juste aux changements qui peuvent être de toutes sortes (environnemental, isolation génétique, arrivée d'une nouvelle espèce, catastrophe, …etc.). Ensuite, nous avons dépollué l'inconscient Collectif pour y introduire la notion que nous sommes tous des êtres faits d'électricité et de chimie, même si notre personnalité ne résulte pas que de cela (en plus de notre programmation génétique) : notre fonctionnement physico-chimique et notre personnalité sont deux choses distinctes mais qui interagissent entres elles !

• E : Ce qui du coup peut permettre aux gens de mieux accepter ce qu'ils sont, car ils ne peuvent pas tout maîtriser au niveau de leur comportement et de leurs réactions dans certaines situations.

• M : Oui, sans pour autant que cela ne serve d'excuse : c'est pas moi, c'est mon programme génétique ou ma production naturelle de telle molécule qui a fait que je réagisse ainsi. Non, ça ne marche pas comme ça, mais les Utopiens ne se défaussent pas sur leur composante animale, ils prennent conscience de ce qu'ils sont, tout en essayant de travailler dessus non pas pour maîtriser (chose délicate et difficile), mais au moins pour canaliser voire contrôler au maximum. C'est là où les expériences de gens comme Timothy Leary ont été utiles, pour que chacun se connaisse mieux en titillant ses états modifiés de consciences.

• E : Ah oui, tu n'avais pas voulu m'en parler plus avant, maintenant j'attends que tu m'explique dans le détail !

• M : Avec plaisir ! Ce gars là n'était pas n'importe quel drogué : il a atteint un doctorat en psychologie à l'université de Californie, Berkeley, en 1950, puis il a continué pour devenir un professeur auxiliaire, un directeur de recherche de la fondation Kaiser (1955-1958), et un conférencier en psychologie à l'université de Harvard (1959-1963). Leary plus tard a décrit ces années avec dédain, écrivant ce qu'il avait été : « un employé institutionnel anonyme qui a conduit pour travailler chaque matin dans une longue ligne de voitures de banlieusard, s'est reconduit à la maison chaque nuit et a bu des martinis.... comme plusieurs millions de personnes, classe moyenne, libéral, robots intellectuels ». Durant des vacances au Mexique, il essayait les champignons hallucinogènes composés de psilocybine, une expérience qui changera énormément le cours de sa vie. Dès son retour à Harvard en 1960, Leary s'associe, notamment avec le Dr. Richard Alpert (plus tard connu sous le nom de RAM Dass), et commença à conduire des recherches sur les effets de la psilocybine et puis sur le LSD avec des étudiants. Le docteur Leary disait que le LSD, utilisé au bon dosage (de préférence avec les conseils d'un professionnel), pourrait changer le comportement des manières sans précédent. Ses expériences n'ont produit aucun meurtre, suicide, psychose, et en principe aucun de ces « bad trips ». Les buts de la recherche de Leary, étaient de trouver de meilleurs moyens pour traiter l'alcoolisme et réhabiliter les criminels. Plusieurs des participants sur les recherches de Leary disaient avoir vécu des expériences mystiques et spirituelles profondes, qui, affirmaient-ils, ont changé leurs vies d'une façon très positive.

• E : Tu m'étonnes ! Pour d'autres, c'était le fait d'avoir frôlé la mort qui leur faisait voir les choses différemment et se concentrer sur les aspects clairement importants de leur nouvelle vie. Et ensuite ?

• M : Leary et Alpert ont été écartés de Harvard en 1963 : leurs collègues étaient incommodés par la nature de leur recherche, et des parents puissants ont commencé à porter plainte à l'administration de l'université au sujet de la distribution des hallucinogènes à leurs enfants. Ils ont été déplacés dans un grand manoir à New York appelé Millbrook, d'où ils ont continué leurs expériences. Leary plus tard a écrit : « Nous nous sommes vus comme des anthropologues du XXIè siècle habitant un module de temps placé quelque part dans les âges sombres des années 60. Dans cette colonie de l'espace nous essayions de créer un nouveau paganisme et un nouvel attachement à la vie comme art ». Les incursions répétées du FBI ont amené la fin de l'ère Millbrook. Leary a été condamné pour détention de drogue, s'est enfui, et par la suite a été emprisonné pendant plusieurs années. Quand il est arrivé en prison, il a passé les tests psychologiques standards que la prison assignait aux détenus pour l'attribution des tâches de travail. Comme c'est lui qui avait écrit ce test, il pouvait donner les réponses qui lui permirent de travailler dans la bibliothèque de la prison.

• E : C'est vraiment un malin celui-là ! Mais qu'est ce qu'il a trouvé de si fort pour avoir été un grand gourou des Hippies ?

• M : Il a « tout simplement » supposé que l'esprit humain est composé de huit circuits de conscience. Il pensait que la plupart des personnes n'accédaient qu'à quatre de ces circuits durant leurs vies. Les quatre autres, disait Leary, étaient des ramifications Révolutionnaires des quatre premiers, et étaient présentés pour permettre la vie dans l'espace, et aussi pour l'expansion de la conscience qui serait nécessaire pour accomplir davantage de progrès scientifique et social. Leary a suggéré que certains pouvaient accéder aux quatre autres circuits par la méditation et autres efforts spirituels. Pour exemple, Leary citait comme évidence aux quatre circuits « plus élevés », le sentiment de flotter et d'inhibition des mouvements éprouvé par l'utilisateur de marijuana. Dans le modèle de huit circuits de la conscience, une fonction théorique primaire du cinquième circuit (le premier des huit développés pendant la vie dans l'espace extra-atmosphérique) est de permettre à des humains de s'habituer à la vie dans un environnement zéro ou de pesanteur faible. Durant sa vie, Leary fut le sujet d'une chanson de Moody Blues « Legend of a Mind », qui a rendu célèbre l'expression « Timothy Leary is dead. No, no, he's outside looking in » (« Timothy Leary est mort. Non, non, il est à l'extérieur et regarde à l'intérieur »).

• E : Effectivement, c'est plutôt puissant comme pensée ! Mais ça reste à consommer avec modération !!!

• M : Cette forme de pensée non, mais les drogues oui bien sûr. Un mois avant sa mort d'un cancer inopérable de la prostate, Leary a écrit un livre appelé le « Design for Dying » (« Conception de la mort »). Ce livre était une tentative de montrer aux gens une nouvelle manière de regarder la mort et de mourir. En 1964, il a co-écrit un livre avec Ralph Metzner appelé « A psychedelic manual », en apparence basé sur le livre tibétain des morts. Dans celui-ci il écrit : « Une expérience psychédélique est un voyage vers de nouveaux royaumes de conscience. La portée et la teneur de l'expérience sont sans limites, mais ses caractéristiques sont la transcendance des concepts verbaux, des dimensions d'espace-temps, et du moi ou de l'identité. De telles expériences de conscience agrandie peuvent se produire par une multitude de moyens : la privation sensorielle, exercices de yoga, par les extasies disciplinées de méditation, religieux ou esthétiques, ou spontanément ». Plus récemment, ces expériences sont devenues disponibles à n'importe qui par l'ingestion des drogues psychédéliques telles que le LSD, la psilocybine, la mescaline, le DMT, etc. Bien sûr, la drogue ne produit pas l'expérience transcendante. Elle agit simplement en tant que clef chimique : elle ouvre l'esprit, libère le système nerveux de ses modèles et structures ordinaires.

• E : Ça je m'en suis bien rendue compte avec les champis, c'est sûr que c'est efficace. Normal, puisque tu me disais que psychédélique veut dire : qui dévoile l'esprit !

• M : C'est vrai aussi qu'il n'y a pas que le LSD dans la vie (heureusement car c'est costaud quand même). Celui-ci permet, par altération des frontières de l'ego, un apaisement du corps et de l'esprit, développant un sentiment d'appartenance à son environnement, au cosmos : c'est l'Union Mystique ! Pour autant tu sais, Leary n'était pas le seul dans cette mouvance. Il faut parler aussi d'Aldous Huxley, à qui l'on doit les Portes de la Perception (Paradis et Enfer). Au début des années 1950, un nouveau tournant important intervient dans son existence : la découverte des substances psychédéliques (mescaline, LSD, psilocybine) et de l'immense intérêt qu'elles présentent (utilisées dans un contexte bien spécifique) pour la connaissance de l'esprit. Pour lui, la mescaline permet de voir les choses telles qu'elles sont, au-delà et contre les idées préconçues et arrêtées (« Si les portes de la perception étaient nettoyées, toute chose apparaîtrait à l'humain telle qu'elle est : Infinie »). Son livre Le Meilleur des Mondes était prévu pour être réaliste 600 cents ans plus tard, mais avec la génération chimique, ce monde fut en place seulement 27 ans après la sortie du livre, dans les années sombres des nationalismes européens. Les hallucinogènes permettent en effet d'ouvrir les portes de la perception une à une (pour éviter une surcharge d'informations trop nouvelles, limite choquantes si on n'y est pas préparé) pour connaître l'inconscient, c'est-à-dire l'animal qui vit et sommeille en chacun et amène des conduites inattendues. Il faut se connaître pour vivre en Harmonie avec soi-même (connais toi toi-même et deviens ce que tu es, ainsi parlait Zarathoustra) !

• E : Donc vous organisez des séances de droguage Collectif ???

• M : Non, quand même pas, et on ne force personne (même si il est vrai qu'on estime que tout le monde « devrait » avoir fait un voyage intersidéral dans ses consciences au moins une fois dans sa vie). En fait, ceux qui veulent, vont voir un spécialiste en la matière, agréé (comme Uttanka), et passent un interrogatoire pour vérifier qu'il n'y a pas de contre-indication à un tel voyage dans ses sois. Puis, dans un milieu sécurisé et relaxant, la personne s'envole vers la connaissance globale de son être autant animal, qu'humain et personnel (tous les animaux fonctionnent sur les mêmes principes, les humains se ressemblent physiquement et il y a de grands traits psychologiques communs, mais chaque personne est une et indivisible) ! Ensuite, on développe cela avec des ateliers d'expression corporelle comme la danse ou le théâtre. On voulait vraiment favoriser la prise de conscience que notre corps n'est pas qu'un support embêtant qu'il faut nourrir et purger, mais qu'il peut nous apporter un réel épanouissement personnel par son accomplissement artistique voire physique. On a également appris aux gens à bien se nourrir pour être équilibré dans son corps et donc plus disponible dans sa tête. Surtout, on a aidé les personnes à réaliser que leur corps était spécifique à elles, et qu'il n'y avait pas de norme à respecter en matière de physique.

• E : Surtout que les femmes, et mêmes les hommes sur la fin de notre époque, étaient vraiment trop considérés comme des objets publicitaires ou sexuels !

• M : Ah ça c'est sûr. Donc on a d'abord expliqué aux gens comment vivre avec leur corps. Beaucoup croyaient trop en la médecine. Bien sûr, tant qu'elle peut être bénéfique, on l'utilise. Mais après, il faut aussi que chaque être humain réalise qu'il est né avec un patrimoine génétique de sa mère et de son père et qu'il doit donc faire avec ce qu'il lui a été donné, même si c'est évident que ce n'est pas toujours facile à gérer. La médecine ne peut pas réparer toutes les imperfections, donc autant faire avec plutôt que de vivre dans la frustration continuelle. Pour les gros qui voulaient vraiment maigrir, on leur expliquait comment se faire plaisir tout en surveillant sa ligne (tout simplement en mangeant de tout en petite quantité), et nous avons appris aux autres à accepter leur métabolisme car il est tel qu'il est et aucun dogme ne doit imposer la taille de guêpe. L'important c'est qu'on se sente bien dans son corps, et surtout que les autres Respectent les Différences qui ne sont que le fruit du hasard de la génétique et de la naissance.

• E : Bonne initiative ! Surtout que les hommes préfèrent souvent les rondes (même si point trop n'en faut quand même).

• M : Sauf que le « trop » est à définir selon des critères médicaux de surpoids qui entraîne des troubles organiques, mais en aucune manière par de quelconques normes esthétiques. Sinon, déjà de notre temps, il y aurait déjà eu plein de célibataires à vie ! Nous, Utopiens, tout ce qu'on voulait, c'est des esprits sains (dans leur façon non-simpliste et critique de concevoir les choses) dans des corps sains (dans l'acceptation de soi, de ses qualités et défauts de conception).

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Published by Collectif des 12 Singes - dans Lendemain du Grand Soir
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