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1 avril 2009 3 01 /04 /avril /2009 17:26

La compréhension mythologique du monde, qui imprègne jusqu’aux religions les plus modernes, n’est rien d’autre que psychologie projetée dans le monde extérieur.

L’ambivalence qui caractérise les relations affectives (en particulier les liens fils-père) et l’aspect primaire et universel du complexe d’Œdipe, source des névroses et noyau de la vie psychique. Dans les clans, dits totémiques, des sociétés primitives, le totem est un objet ou un être vivant, généralement un animal, considéré souvent comme un ancêtre commun, et qui sert de symbole pour l’unité du clan, dont tous les membres participent de la nature de leur totem.

Le tabou désigne un interdit impliquant un danger surnaturel pour soi-même ou pour les autres, dans les civilisations primitives (Vocabulaire de la psychologie id.). Le tabou constitue un élément important dans les régulations culturellement déterminées des conduites. Il est aussi instrument de pouvoir, dans la mesure où, souvent, il ne concerne pas également tous les membres d’une société.

tabou, celui-ci repose : d’une part ce qui est sacré, et d’autre part ce qui est inquiétant, dangereux. Le contraire de Tabou (noa) se dit de ce qui est ordinaire et accessible à tout le monde.

Le tabou a essentiellement une vocation de protection, à plusieurs titres :

· protéger des personnes éminentes (chef, prêtre) contre tout danger,

· protéger les hommes faibles contre le « mana » trop puissant du chef ou du prêtre,

· Préserver du danger qui découle du contact avec les cadavres ou certains aliments impurs,

· Prévenir les troubles liés à certains actes importants de la vie : naissance, initiation des hommes, mariage…

· Protéger les hommes de la puissance des démons ou des dieux,

· Protéger les enfants à naître ou les bébés si leurs parents font certaines choses ou mangent certains aliments qui pourraient leur donner un caractère particulier et défavorable.

Dans ces tribus, le tabou violé se venge tout seul. Toutefois, dans certains cas, la communauté toute entière se venge de l’individu qui l’a mise en danger. En ce sens, le tabou serait le premier système pénal de l’Humanité.

Tout comme le totem, le tabou est transmissible, en effet le porteur du tabou peut le transmettre à d’autres personnes, ou s’en défaire grâce à une cérémonie de purification.

Le tabou se limite à certaines conditions exceptionnelles de la vie de l’homme (ex : femmes pendant leur menstruation ou après les couches, célébration de la maturité…) dont les préhistoriques ignorent la raison ; ils s’y soumettent comme à des choses naturelles et craignent le châtiment automatique qui découlerait d’une entorse faite à ces règles.

Les peuples préhistoriques pensent qu’il y a une force démoniaque incluse dans chaque chose : les règles du tabou auraient pour but d’éviter que cette force maléfique ne se réveille et n’exerce une action préjudiciable aux hommes.

Par la suite, la force serait peu à peu devenue distincte du démon ; le tabou devient alors une contrainte imposée par la coutume, avant de l’être par la loi.

On peut retrouver à travers l’attitude du préhistorique, qui obéit à ces coutumes, le comportement de l’obsessionnel, qui lui se crée ses propres tabous.

En effet, certains points communs entre le tabou et la névrose sont manifestes :

· absence de motivation des prohibitions imposées ;

· origine interne de la nécessité de s’y plier ;

· facilité de déplacement et contagiosité des objets prohibés ;

· existence d’actes et de règles cérémoniaux découlant des prohibitions.

Ces similitudes permettent de conclure que l’obsession, comme le tabou, provient des instincts les plus primitifs de l’Homme.

Le tabou a une motivation inconsciente : celle-ci est héritée des générations antérieures.

Que ces idées soient « innées » ou transmises par l’éducation, le maintien du tabou a engendré un désir implicite de le transgresser. Toutefois tant que la crainte des hommes reste plus forte que leur désir de transgression, le système se perpétue.

Les prohibitions les plus anciennes et les plus importantes sont représentées par les deux lois fondamentales du totémisme : ne pas tuer l’animal totem, et éviter les rapports sexuels avec des individus du sexe opposé appartenant au même totem.

Celui qui enfreint un tabou devient lui-même tabou : il devient contagieux, car son exemple est susceptible de pousser à l’imitation.

Parfois, sans même avoir enfreint le tabou, un homme peut être tabou (chef ou roi) car il se trouve dans une situation suscitant une ambivalence de sentiments de la part des autres hommes. Ces situations engendrent généralement un mélange de respect et d’envie, et comme il convient de ne pas favoriser, ni d’encourager la tentation, ces hommes spéciaux sont tabous.

Lorsque le statut social des individus présente une large différence l’écart entre les manas est trop important pour que l’individu de bas statut puisse supporter le voisinage (le mana) du plus haut placé.

Par ailleurs, la transgression de certains tabous présente un danger social : l’imitation de ces comportements fautifs entraînerait la dissolution de la société.

Selon Freud, le tabou présente une opposition et non une identité entre le sacré et l’impur ; c’est là l’expression de cette ambivalence affective.

Pour le préhistorique, le tabou est un commandement de sa conscience morale, et il est suivi d’un épouvantable sentiment de culpabilité inconnu quant à ses origines.

 

Ces considérations permettent de supposer que la conscience morale possède également une ambivalence affective.

Après avoir développé le thème de totem (la peur de l’inceste), le tabou et l’ambivalence des sentiments,

 

Point essentiel le sacrifice totémique et le pêché originel

L’ambivalence des sentiments et de la nature duelle du tabou (objet de culte et de profanation)

 

Pour les tribus australiennes, le totémisme représente l’équivalence d’un système social (voir religieux).

En fait, les tribus se scindent en groupe plus petits : des clans, et chacun porte le nom de son totem qui est en générale un animal ou un être vivant. Les membres du clan doivent respecter l’obligation sacrée de ne pas tuer leur animal totem, et doivent s’abstenir de manger sa chair.

La transmission du totem est héréditaire soit par voie paternelle, soit par voie maternelle. Celle-ci semble avoir été partout la plus primitive.

Dans ce système, on trouve aussi la loi de l’exogamie qui impose aux membres d’un même totem l’abstention de rapports sexuels entre eux, ils ne peuvent donc pas se marier quand ils appartiennent au même totem.

L’exogamie occupe une place à part dans le totémisme :

· la violation de l’interdiction n’est pas suivie d’une punition automatique, mais vengée par les autres membres de la tribu,

· il semble que la prohibition n’ait pas pour seul but d’éviter les enfants consanguins, car elle frappe aussi les rapports sexuels non suivis de procréation.

Le totem est héréditaire et ne subit aucune modification lors du mariage ; donc si la transmission est maternelle, l’interdiction vise surtout les rapports entre le fils et sa mère ou sa sœur,

· Toutefois, l’interdiction s’étend à un nombre de personnes beaucoup plus important : elle lui interdit également l’accès à toutes les autres femmes de son groupe totémique, restriction très sévère, qui témoigne du fait que tous les membres du totem se croient consanguins.

 

L’exogamie totémique apparaît comme le moyen d’empêcher l’inceste de groupe. Les liens totémiques fondent une véritable organisation sociale.

 

Les tribus australiennes ne sont pas seulement divisées en totems. A l’intérieur de chaque tribu, on a souvent deux (ou plusieurs) classes (A, B par exemple), divisées elles-mêmes en sous-classes (A1, A2, B1, B2) auxquelles appartiennent les groupes totémiques, puis on a de nouveau une subdivision des sous-classes.

Chacune de ces sous classe est exogamique, cela implique que l’individu d’une classe matrimoniale (A) doit choisir son épouse parmi celles de l’autre classe matrimoniale (B), car il ne peut avoir de rapports sexuels avec une femme de son propre groupe. Autrement dit un individu doit choisir sa partenaire en respectant également les sous classes ce qui limite encore les choix matrimoniaux possibles.

Par conséquent ce système impose une prohibition des mariages entre parents mêmes éloignés.

L’organisation sociale s’appuie en partie sur un ensemble de coutumes destinées à empêcher les rapports entre proches parents. Ces restrictions portent essentiellement sur les rapports frère/sœur puis s’étendent aux autres personnes apparentées.

 

Les prohibitions concernant les relations entre gendre et belle mère sont particulièrement fréquentes et très mal perçues.

Selon Freud, il existe dans les relations du gendre avec la belle-mère quelque chose qui favorise l’hostilité malgré leur proche parenté, et ils entretiennent des relations ambivalentes faites d’élans tantôt affectueux, tantôt hostiles.

Ces sentiments hostiles sont de la part de la belle-mère méfiance et regret de la séparation ; de la part du gendre, une certaine jalousie à l’égard des proches de son épouse, et la volonté de la garder pour lui seul.

Inversement, la belle-mère peut parfois s’identifier à sa fille, jusqu’à tomber amoureuse de son gendre. Cette tendresse condamnable est refoulée et s’exprime parfois par une forme de sadisme vis à vis de lui. Quant au gendre, il retrouve les inconvénients de ses premiers choix amoureux et incestueux : sa sœur est alors remplacée par sa femme, et sa belle-mère tient alors le rôle de sa propre mère. Donc il doit à nouveau refouler son complexe d’Œdipe, cette fois-ci vis à vis de sa belle-mère.

 

L’objet des premiers désirs du jeune garçon est de nature incestueuse : il s’agit de sa mère ou de sa sœur. Puis, au fur à mesure qu’il grandit il se sépare de cette libido.

En outre, il reste souvent chez les névrosés des traces d’infantilisme psychique. C’est pourquoi la libido incestueuse joue à nouveau un rôle central dans leur vie psychique inconsciente ; l’attitude incestueuse à l’égard des parents constitue même le complexe central de la névrose.

 

Il est nécessaire de prendre en compte les conditions sociales. Le complexe familial (complexe d’Œdipe pour Freud) peut être sujet à des variations car la structure familiale n’est pas la même dans toutes les sociétés humaines. Il n’observe pas le complexe d’Œdipe dans la société des Trobriandais où l’interdit de l’inceste concerne au premier chef la sœur et où l’ambivalence des sentiments s’exerce envers le frère de la mère. Ainsi le complexe familial n’est pas une donnée universelle jouant un rôle primordial, c’est une formation fonctionnelle dépendant de la structure et de la culture d’une société. C’est une résultante. Comme c’est dans notre société que se manifeste le complexe d’Œdipe cela montre qu’il s’agit d’une manifestation d’inadaptation de l’être humain à la structure patriarcale.

Concernant l’inceste, Malinowski s’oppose au caractère sexuel de l’attachement originaire entre la mère et l’enfant. Pour lui la tentation de l’inceste naît du mélange entre souvenirs anciens (sensualité des rapports avec la mère) et expériences nouvelles (sexualité). Sa prohibition est une nécessité culturelle afin de permettre à la famille de jouer son rôle éducatif pour l’enfant.

 

Pour Reich les découvertes psychanalytiques telles que la jalousie, l’ambivalence, l’envie du pénis, etc. sont les fruits d’une évolution historique. Elles ne peuvent être transposées aux préhistoriques qui vivent et grandissent dans des conditions tout à fait différentes des nôtres.

Le complexe d’Œdipe apparaît comme bien plus récent que la répression sexuelle. L’inceste réel est attesté aux temps anciens. Les légendes de l’origine des Trobriandais mettent en scène un inceste entre frères et sœur et non entre mère et fils. Enfin l’interdit de l’inceste porte sur le clan tout entier et non sur la famille qui elle est apparue plus tard.

Concernant le Totem, l’erreur commise par Freud est de mettre sur le même plan interprétation et genèse. Le sens latent actuel d’une représentation mythologique ou religieuse doit être inséré dans le contexte historique du processus social. Il doit être appréhendé par sa genèse et sa fonction économique et sociale.

 

Complexe familial qui pour Malinowski résulte de l’action qu’un type de groupement social exerce sur l’esprit humain.

Compare les relations familiales aux différents âges (de la naissance à la maturité sexuelle) entre la société matrilinéaire convergences et divergences entre l’intérêt biologique et les coutumes.

Il en conclu chez les Trobriandais il existe un complexe familial d’une nature différente de celle observée chez les « civilisés ». Ainsi, pour lui, les théories de Freud ne s’appliquent pas seulement à la psychologie humaine, mais aux modifications de la nature humaine, en rapport avec les diverses organisations sociales.

L’origine de la civilisation en tant que passage de l’animal à l’humain.

Pour Malinowski le complexe d’Œdipe apparaît comme une preuve de l’inadaptation à la structure familiale patriarcale.

De plus on ne peut séparer les affects inconscients de ceux qui sont conscients. Ainsi le complexe nucléaire familial lui apparaît comme une configuration de sentiments au sein de la famille, propre à une société donnée.

Dans la quatrième partie (« Instinct et culture ») Malinowski introduit la notion de plasticité des instincts humains. C’est la détermination effective des comportements par des facteurs culturels, par opposition au déterminisme qui régit les instincts animaux. Elle est pour lui la condition de l’émergence de la culture. Les dispositions sociales suppléent à la disparition des instincts. Elles reflètent les aspirations instinctives et les anticipent. La spécificité de l’être humain c’est la durée de l’attachement familial lié à la nécessité d’une éducation culturelle.

Malinowski s’oppose à la conception freudienne de l’origine du désir incestueux. Pour lui l’inceste est prohibé car il est incompatible avec des rapports familiaux de subordination nécessaires à la transmission d’un apprentissage. Ces rapports familiaux servent de modèle pour les autres structures sociales.

En définitive le complexe familial n’est pas une cause originaire, comme le soutiennent les freudiens, mais un sous-produit de la culture, un symptôme d’inadaptation.

 

La névrose met en lumière le refoulement des pulsions sexuelles. Ni la maîtrise, ni la sublimation de ces pulsions ne peuvent guérir la névrose. Seul le rétablissement de la génitalité et de la satisfaction sexuelle génitale peuvent y parvenir. Or les conditions sociales (la morale sexuelle) s’y opposent généralement. « Les conditions sociales provoquent les névroses pendant l’enfance et s’opposent à leur guérison à l’âge adulte ».

Misère sexuelle de la société autoritaire-patriarcale, composée en quasi-totalité de névrosés et de pervers avec le mode de vie des Trobriandais où la masse des individus jouit de la puissance orgastique. La sexualité y est valorisée, elle est libre (à l’exception de l’inceste), tout individu à accès à la satisfaction, on n’y observe ni névroses ni perversions.

Du point de vue de la propriété des moyens de productions, le régime est celui du communisme primitif, les échanges se font par le troc. Du point de vue politique le régime est ploutocratique. On observe la coexistence d’éléments patriarcaux (la propriété est attribuée aux hommes) au sein d’une structure matriarcale.

Reich analyse les échanges économiques : il montre que le mécanisme central du processus de transformation du matriarcat en patriarcat est la dot (qui est en fait un tribut) versée par le frère de l’épouse à l’époux. Le mariage en lignage croisé s’avère être une façon de conserver la richesse, provenant des tribus dotaux versés, dans la famille, notamment pour les chefs qui sont polygames.

Le mécanisme patriarcal se révèle par les possibilités indirectes dont dispose le père, surtout s’il est chef, de transmettre son bien à son fils, à l’encontre de la coutume matriarcale (transmission au neveu). Ainsi parvient-on à un début « d’exploitation » du clan de l’épouse par celui de l’époux. Au décès de l’époux, le clan de l’épouse surjoue la douleur et impose un deuil très sévère à l’épouse, dénotant, d’une façon réactionnelle, la haine vouée au clan de l’époux exploiteur.

Par ailleurs l’étiquette qui refoule la sexualité entre époux ainsi que l’institution d’un mariage avec exclusivité sexuelle sont des éléments servant au maintien de ce lien social. Finalement la coutume apparaît comme donnant un ancrage idéologique à la situation économique dont elle est issue.

Seuls les jeunes destinés au mariage entre lignage croisés sont tenus à la chasteté préconjugale. Ceci à pour but de les préparer au mariage imposé, monogame, pour la vie entière.

Dans d’autres sociétés, lorsque cette forme de mariage se développe apparaît l’excision. Elle est ensuite remplacée à des stades plus élevés du patriarcat par la suppression de la sexualité infantile.

Reich réfute l’hypothèse de l’antériorité du patriarcat défendue par les auteurs réactionnaires.

Il se rallie à la position de Morgan et Engels concernant l’antériorité du matriarcat.

Le passage au patriarcat à lieu à partir du moment où le chef a accumulé des biens qu’il souhaite alors transmettre à son fils.

Reich explore un ensemble des données ethnographiques concernant diverses populations indigènes ou de l’antiquité pour montrer la généralité du système clanique. Il démonte en particulier le système apparemment très complexe des classes de mariages chez les aborigènes d’Australie en montrant qu’il se ramène au mariage entre lignages croisés.

Reich présente une hypothèse de l’origine de l’organisation clanique et de l’exogamie : à l’origine des groupes nomades incestueux se côtoient et pratiquent au cours de leurs expéditions de chasse des rapts de femmes dans les groupes voisins. Puis, la densité de population augmentant, ces différents groupes sont amenés à conclure des alliances respectant le principe de l’échange des femmes entre groupes, issu des rapts. Ainsi des clans exogames s’assemblent en une tribu, le frère y continue d’entretenir sa sœur (comme dans le groupe incestueux d’origine). La hiérarchie que l’on observe entre les clans découle des conditions de l’alliance entre vainqueurs et vaincus.

Cette hypothèse s’oppose à celle de Morgan qui pensait que les clans se formaient à partir d’une division de la tribu.

On trouve des traces des rapts originaires dans le rituel de la demande en mariage à Samoa ou dans la pratiques des viols vengeurs imposés aux hommes étrangers par les femmes du Sud des îles Trobriand.

Reich réfute l’idée de Morgan et Engels faisant dériver l’interdit de l’inceste du mécanisme de la sélection naturelle (idée provenant de Darwin).

 

Deux processus ont lieu simultanément au moment du passage du système matriarcal au système patriarcal :

- le passage de la « démocratie du travail » vers l’État capitaliste, au fur et à mesure que ce développent l’accroissement de la production et des besoins ;

- le passage du régime de la liberté sexuelle vers le mariage monogame à vie, par le biais du refoulement de la sexualité.

Ces processus marquent l’origine de la propriété privée et de la stratification sociale.

Cupidité et compulsion d’accumulation de biens se développèrent au détriment des intérêts génitaux.

La répression sexuelle n’est pas inéluctablement liée à l’évolution de la société humaine, elle s’insère dans une phase économique et sociale déterminée par cette évolution.

A partir des écrits de Karl Marx, Reich met en parallèle le besoin alimentaire et le besoin de satisfaction sexuelle. (Il n’existe pas de « besoin » de procréation, de maintien de l’espèce.) Dans tous les cas une tension pousse (« pulsion ») à rechercher une détente. De même que l’on parle d’économie de l’alimentation il y a lieu de parler « d’économie sexuelle ».

L’économie sexuelle de l’individu dépend de l’économie sexuelle de la société. Elle peut être « ordonnée » c'est-à-dire permettre la satisfaction génitale ou « désordonnée » (névrotique).

Le besoin sexuel ne peut être écarté de la sociologie, c’est un élément de base (au sens de Marx). De plus la « capacité de travail » est essentiellement de l’énergie sexuelle transformée.

Sachant que le travail à deux est plus difficile que l’amour à deux.

La société autoritaire règle le problème de la satisfaction des besoins sexuels en fonction de certains intérêts économiques. Seule une société fondée sur la domination d’hommes cuirassés trouve son intérêt à réprimer la sexualité en vue de maintenir ses institutions essentielles : le mariage monogame permanant imposé et la famille patriarcale. Les troubles psychiques ainsi déclenchés sont la manifestation d’une économie sexuelle perturbée.

La morale antisexuelle dote les individus, nivelés dans la masse depuis leur plus tendre enfance, de structures psychiques les prédisposant à travailler pour les intérêts des classes dominantes. La famille patriarcale devient la fabrique d’idéologie la plus importante, le premier soutien de la société réactionnaire et de l’autorité.

 

La sphère de production de la morale appartient au groupe des puissants. La nouvelle morale doit être acceptée par tous les membres de la société : cela s’opère par la modification de la structure caractérielle grâce à la peur de la punition sexuelle. L’impulsion sexuelle est refoulée. Le conflit devient intrapsychique : la morale sociale s’est ainsi reproduite dans l’individu. A son tour celui-ci agit sur ses descendants en fonction de son attitude morale, tandis que la situation socioéconomique se maintient avec les mêmes exigences. Cette morale sociale ancrée (la cuirasse caractérielle) dans tous les individus réagit sur la base socio-économique dans un sens conservateur.

Ainsi la colonisation apporte-t-elle aux préhistoriques la mentalité d’esclave nécessaire à leur exploitation.

Mais la répression sexuelle porte en elle le germe de la rébellion sexuelle de la jeunesse…

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