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2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 15:42

Mythologie, préhistoire, religion
Calendriers lunaires et rites saisonniers
Le rôle des étoiles repères dans la formation des grandes images mythiques

par René-André Lombard, 2007


Heraklès, Hercule, Herclé : un calendrier "héracléen"

Là encore la mémoire mythique est précise : un épisode de la légende d'Heraklès nous rappelle que le musculeux héros a tenu le rôle d'Atlas en son Jardin, qu'il a porté le ciel et pris en main les Pommes d'Or. L'image herculéenne a été, elle aussi, en des temps lointains, celle du Support du Calendrier religieux.

On comprend, dès lors, que sur nos cartes célestes, Orion soit figuré en Hercule.

 

Le mythe de la "Naissance d'Hercule", narré en détail par Ovide, est remarquablement clair quant à l'intercalation de la Treizième Lune : il nous montre une circonstance où "le temps s'arrête" (une autre tradition précise : lors de la naissance d'Hercule "le soleil s'arrêta". Au cours de ce "temps suspendu" apparaissent successivement deux "jumeaux" : Hera-Klès et Iphi-Klès, deux mois identiques marqués de sacrifices propitiatoires (la jeune fille Galantis).

Les noms d'Héra-Klès et d'Iphi-Klès expriment clairement le caractère solennel de la circonstance : outre le vocable Hèra, "céleste" (Swar, Svar, Har, Hèr) et le vocable Iphi, "force d'âme" devant le sacrifice, ils font sonner, en accord avec l'image de la massue du héros (latin :clava), le vocable:

KLw
Kal, Klaw,
le coup porté de haut en bas

le "coup d'envoi", "l'annonce", (kaleô :j'appelle) la proclamation solennelle (kleos ; le bruit qui se répand) du rassemblement qui doit fêter l'entrée dans une nouvelle division du Temps

 

Si les images Atl-Ant, Atal-Ante peuvent paraître correspondre à une culture de chasseurs-collecteurs nomades et semi-nomades, l'image d'Héraklès, à travers sa légende, paraît refléter les préoccupations de pasteurs soucieux avant tout de bovins, d'équidés et de défense du territoire contre les "sauvages" pillards.

 

Apollôn, Aploun, Apillini, Aphellan : un calendrier "apollinien"

Nous avons vu Apollon régenter en "Hyperborée", au nord de l'Hémisphère, dans la danse et le chant, le Cycle de 19 ans, l'une des meilleures solutions au problème posé par la divagation des mois lunaires à travers les saisons.

Au lieu saint de Delphes, "ombilic", miroir terrestre du "delphus" céleste émetteur de vie cosmique, on célèbre tous les 9 ans la maîtrise du dieu sur les énergies redoutables de Vie et de Mort figurées par le Serpent Python (voir plus haut les interprétations de la Voie Lactée). On aperçoit là une adaptation d'un cycle voisin de la "Grande Année", un cycle de 18 ans révolus, scindée en deux périodes.

Les Delphia résonnaient de déclamations, de chants, de la vibration des cordes de la cithare, elles étaient "musique", elles étaient la glorification de l'accord entre la puissance qui orchestre les variations annuelles des ondes vitales saisonnières et la puissance qui en "règle" les variations mensuelles.

Dès qu'on s'intéresse tant soit peu, en effet, aux images évoquées par le mythe d'Apollon, on s'aperçoit que le dieu au griffon (tête de rapace, corps de lionne ailée), ami des loups, des cygnes et des dauphins, dont l'arc est "d'argent", ne se réduit pas à l'image - même sacralisée - de l'astre soleil : Hélios-Soleil dont les variations d'éclairement modifient au cours de l'An les conditions de vie sur la Terre, n'est que son instrument, comme Sélènè-Lune n'est que l'instrument de sa "soeur", Artémis.

 

Le "Brillant Apollon" nous apparaît dès lors en ses origines comme l'alliance d'une image et d'un nom symboliques : l'évocation d'une circonstance festive restée prestigieuse dans la mémoire collective, la Fête d'Harmonisation des Cycles qui marque la naissance d'un Temps nouveau, objet de tous les espoirs et toutes les interrogations

 

La "Grande année" apollinienne, paraît ainsi avoir gouverné la vie religieuse pendant bien des millénaires. Née quand le détroit de Behring était encore guéable, elle aurait offert aux religiosités des tribus nomades une structure fédératrice. Elle semble s'être illustrée dans tout le nord de l'Hémisphère, suscitant des pèlerinages aux lieux saints marqués de cérémonies sacrificielles impressionnantes, et de hiérogamies.

 

Les transformations qu'offre l'image de la lune, les "phases" indicatrices incontournables de la date dans le mois, ont été une source de comparaisons et d'appellations d'une importance remarquable dans la fabulation mythique.

Trois pommes ??? La succession de trois formes caractéristiques, Croissant, Pleine Lune Croissant, a inspiré, entre autres, le thême récurrent des "Trois Frères" et, le plus souvent, des "Trois Soeurs" qui règne dans un grand nombre de contes. La plus belle de ces "princesses" ne peut être évidemment que la Pleine Lune, à "l'attraction" irrésistible, souvent en butte à l'animosité de ses maigres comparses

 

La rondeur de la pleine lune
 
Comme on pense bien, elle n'a pas manqué de frapper les esprits et d'inspirer l'imagination. On a vu dans la lune pleine :

Une Tête sans corps. L'image de la Pleine Lune ressemble à un visage

Cette tête met progressivement son bonnet d'invisibilité. La coiffure d'invisibilité caractérise les figures mythiques d'origine lunaire

La Tête sans corps a été victime d'une décapitation : image-clef inspiratrice d'un grand nombre de mythes ( Celte : Bran, Slave : Menuo et Perkuns, Egypte : Isis, Grèce : la Gorgone Méduse et Persée, Orphée, Dionysos etc, qui viendront souvent jusqu'à nous christianisés : Saint Denys, etc.). Source de rites sacrificiels imitatifs (latin : supplicium, la "supplication aux dieux" = décapitation, la peine "capitale").

 

Le nom de la "Tête", qui est aussi celui de la "boule" et du "caillou" (Egypte : kHor, Grèce; kar, karè) apparaît ainsi dans le nom de très anciennes puissances lunaires : On le verra structurer à la fois le nom de la puissance régulatrice du Temps, (Kronos/Khronos, Kernunnos, Horus) et désigner son mouvement "circulaire" (Krk) semblable à celui des oiseaux de proie (Horus :  faucon, Kirkè, Circè : puissance de métamorphose et épervier). Il évoquera de même les moments religieux décisifs du cycle calendaire (horos : le moment sacré) et les lieux de rassemblement "en rond" (circus, church) ou s'opère le rite immémorial de la danse en rond

 

On a encore vu dans la lune pleine :
Un visage qui regarde. L'astre manifeste le regard porté sur les créatures terrestres par la puissance céleste régulatrice.

 

Ce concept implique aussi que la disparition mensuelle de la lune (que nous figurons par un rond noir sur nos calendriers) soit considérée comme...

Un aveuglement. Les trois nuits d'obscurité sans lune annonçant le départ d'un nouveau cycle lunaire (nous les qualifions de "nouvelle lune"), cet "aveuglement" est le signal des cérémonies de Passage de Cycle. Comme ces festivités sont marquées de rites impressionnants de caractère sacrificiel et parfois anciennement anthropophagique, leur souvenir inspire des séquences mythiques dramatiques aussi nombreuses que fameuses au cours desquelles le héros nocturne est aveuglé.

 

les cérémonies d'harmonisation des cycles à la nuit sans lune, annonçant le treizième mois lunaire embolistique, marquées de rites de fécondité propitiatoires

 

C'est, semble-t-il, ce concept de "Regard lunaire", périodiquement aveuglé et restauré, qui transparaît dans le nom des Cérémonies d' "Ouverture de Cycle"

 

 

Quand l'image de la rondeur de la pleine lune s'allie à l'idée que la puissance lunaire est maîtresse des marées, régulatrice des ondes liquides, l'eau, la sève et le sang, et distributrice des pluies fécondantes, on voit en elle la calebasse, la gourde, la citrouille céleste lumineuse, unité de mesure de capacité (comme le litre).

 

Dispensatrice du liquide de survie, nectar d'immortalité, la lune est

Une coupe brillante
. Inde : Sôma, à la fois prince-lune amoureux de la belle Rohini (l'Etoile rouge Aldebaran) et liquide sacré d'immortalité.

Cette alliance de l'image de la lune ronde et blanche avec l'idée de fécondité, d'abondance et de nourriture

 

Un miroir rond (mythe de Persée, Tezcatlipoca aztèque, rôle du miroir magique dans les contes). Il y a bien plus longtemps qu'on ne croit que les cultures évoluées ont compris que la lune reçoit sa lumière du soleil.

 

La courbe du croissant

Un croc, canine, défense, couleur d'ivoire

Une corne. Image d'une importance idéographique et rituelle considérable. :lune) sera à la fois princesse humaine élue par la puissance céleste foudroyante, génisse errante et mère du Boeuf Api, l'animal sacré objet des plus grandes festivités.

La corne lunaire, quand elle "s'emplit", présente le même jeu de sens symbolique que la pleine lune ; elle sera rhyton, vase rituel en forme de corne verseuse, dispensateur d'onde vitale, de liquide sacré et corne "d'abondance"

Une lame courbe tranchante. D'abord en silex ou obsidienne, puis en métal, toujours "brillante" et "inaltérable" puisque toujours renouvelée. Ce sera l'instrument de la décapitation lunaire.

Un Arc. Souvenir du temps des Chasseurs, l'image s'est imposée quasi définitivement comme l'accessoire obligé de la représentation des puissances lunaires, arc "d'argent", dont les flèches traversent, sans en manquer un, les douze anneaux de l'an

 

 

Tournant dans le même sens que la Terre, mais à une vitesse différente, la lune apparaît, chaque nuit, dans un point différent du Zodiaque qu'elle parcourt entièrement dans son cycle mensuel. Si vous la voyez une nuit sur la tête du Taureau, elle sera le lendemain au-dessus des épaules d'Orion. Elle parcourt le secteur étincelant Taureau-Gémeaux en quatre nuits, voyageant à la rencontre des figures zodiacales. Démarche contraire aux apparences immédiates, puisque, chaque nuit, elle paraît emportée, comme les étoiles et les planètes, dans la même rotation du ciel d'Est en Ouest, d'Orient en Occident.
Sujet de réflexion et de fabulation mythique : thême de la recherche errante de la Puissance lunaire

Démarche qui pourra être ressentie comme "sinistre" (sénestre, vers la gauche, l’Ouest, le coucher du soleil) puisqu'elle évoque le voyage des âmes à travers la mort.

 

 

couple blanche lune - fauve de l'énergie vitale : peau de bête dans laquelle elle s'enveloppe donnant ainsi l'image du passage de l'énergie fulgurante à travers l'apparence de la mort

 

 

L'observation de la lune et de ses apparences afin de prévoir l'évolution du temps et les perturbations possibles a joué dans la vie d'autrefois un rôle capital dont nous n'avons plus aucune idée. La puissance lunaire est partout considérée comme la "Régulatrice" (MT: Medée, Méduse) des énergies fulgurantes et rugissantes qui se déchaînent dans l'Orage. Et l'Orage, opéra céleste terrifiant qui allie l'eau et le feu, les ondes fécondantes et les flammes destructrices, est partout présent dans la pensée humaine ancienne et dans la conception qu'elle se fait de la puissance divine qui "gronde" les créatures terrestres...

Cette irruption d'une électricité céleste ressenties comme une force de Vie et de Mort trouve partout son symbole dans la même image animale : celle du félin.

Le chat sauvage, panthère, léopard, jaguar, lion, tigre, chasseur nocturne, prédateur dévorant rarement dévoré, à la souplesse inégalée, aux bondissements imprévisibles, au pelage électrique et aux yeux phosphorescents dont la pupille peut s'amincir comme un croissant de lune, qui peut se faire doux et cruel et dont la sexualité obéit de façon spectaculaire à la pleine lune, apparaît partout comme l'image même de l'énergie créatrice-destructrice céleste descendue s'incarner dans les créatures terrestres.

La maîtrise exercée par la puissance lunaire sur les courants d'énergie de Vie et de Mort se traduit par des images (combat ou amitié) innombrables: Artémis au lion

 

Le plus remarquable des idéogrammes conçu sur ces concepts connaît encore, grâce à l'Egypte, un grand retentissement : le nom qui nous en a été transmis par les Grecs, le Sphinx, paraît évoquer l'enchaînement à l'infini, la "ligature" toujours renouvelée (Nk, Ankh, nexus, le noeud, neck, le point d'attache ), des cycles lunaires porteurs de force vitale. Cette ligature intangible des cycles offrait à l'espèce humaine dont chaque individu se sait mortel, une image de "Vie éternelle" réconfortante.

 

 

L'éclair, la manifestation la plus frappante de l'électricité céleste, serpente (voir l'éclair représenté par un serpent sur le remarquable schéma du phénomène orage inscrit dans la chapelle funéraire de Tout-Ankh-Amon). Ces serpents obéissent à la Puissance lunaire

 

ce serpent hérissé issu de l'Orage qui apporte à la fois la mort par le feu mais aussi et surtout la vie par l'eau fécondante, le symbole de l'irruption de l'énergie céleste en ses deux aspects, positif et négatif, yang et yin, ce combat/alliance continuel qui est au coeur même du Vivant.

 

dans la pensée ancienne telle qu'elle se révèle à travers rites, croyances, mythes et légendes, la lune a été considérée en tous lieux comme une figure magique (en métamorphose continue) envoyée par une Puissance de l'Au-Delà pour contrôler les rythmes de Vie. Dans cette vision animiste du monde, l'immense ronde des créatures vivantes, obéit, depuis son origine même en milieu aquatique jusqu'à ses formes évoluées minérales, végétales et animales, à la baguette du chef de choeur lunaire.

Dans ce "savoir" lunaire, l'apparition de la nubilité qui transforme la vierge en mère potentielle, tient une place de choix : de cette apparition dépend, par la sexualité et la fécondation, la survie même du groupe humain. Le domaine des "règles", domaine des flux et des nombres, est le domaine lunaire par excellence.

 

En ce domaine, aux temps anciens où tout avait valeur de signe, la Nature offrait, issue du monde marin, une image facile à déchiffrer : la "merelle", la coquille Saint-Jacques. Ce beau coquillage épanoui comme la vie en expansion porte en effet ostensiblement 14 stries et 14 cannelures, soit 28 marques, véritable calendrier féminin, résumé du mois lunaire. On verra cette "concha Veneris" accompagner l'image de la féminité sacralisée, de Dourga-Chandra (Dourga-Lune) l'indienne, à Aphrodite-Vénus la méditerranéenne, symbole d'une intervention divine "calculée" qui sauve l'espèce de la .mort par l'apparition du Nouveau-Né.

 

dans le ciel nocturne la puissance lunaire souveraine du calendrier et maîtresse de toute pensée créatrice, dessine. Toute notre étude tend à montrer que c'est précisément par les images composites qu'elle crée en s'adjoignant aux silhouettes des constellations, qu'elle signale aux yeux du groupe humain les grands moments sacrés où il convient d'agir religieusement.

 

elle illustre un moment religieux précis ; la Puissance lunaire n'est plus minotaure , "Lune au Taureau". Dans sa visite automnale du secteur étincelant qui dure quatre nuits, toujours gravitant de droite à gauche, elle a dépassé la maison d'entrée, la maison de la Tête du Bovin. Elle en est au moment de plénitude où elle surmonte le buste du Géant.

Pour parvenir au Bain dans la Galaxie que l'on va célébrer rituellement, il lui faudra encore parcourir la partie restante du grand alignement Sirius-Trois-Rois. La transcription de cet alignement, c'est le corps du quadrupède, bovin ou équidé, le grand coursier dont le "coup de Pied" (nous l'avons vu à propos de Pégase) marque le jaillissement de la Nébuleuse.

Dans cette culture, l'image du Centaure semble être un des derniers avatars de l'image préhistorique du coursier céleste qui emporte les âmes aussi bien dans la transe chamanique que dans la mort.

 

naître l'Enfant Ayoush (Force de Vie). Il est issu des amours du Chasseur humain et de la "Belle Ourvasi". Cette mère divine danse dans les cieux, elle est à la fois onde (apsara, Ps : flot , psar : poisson) et vibration musicale.

Témoignage de la présence divine dans la créature terrestre, le Nouveau-Né

le Centaure devenu Sagittaire avait été lié, dans les anciennes croyances, à la remontée des âmes dans la Voie Lactée.

 

 

Aux temps de l'immersion totale dans la nature sauvage, où la survie ne peut être que collective, cette transmission paraît maintenir en vigueur l'énergie du groupe, elle est son oxygène mental.

On peut voir transparaître dans ces apparitions l'évocation d'un temps où des êtres d'allure simiesque vénèrent une puissance créatrice féminine, une "mère céleste" souveraine des âmes, un temps où, dans les conditions de la prédation pure imprégnée de violence animale, s'élabore peu à peu, à travers des rites sacrificiels encore marqués d'anthropophagie, une forme de rapports différents, plus "humains".

 

 

Puissance céleste comme Hèra/Junon, la Grande, vénérée comme protectrice de la lactation et des soins qui concernent la petite enfance, veille sur l'apparition de chaque nouveau-né. Puissance sidérale, nous la voyons régner sur les parois des sarcophages, sur les Livres des Morts, sur les plafonds astronomiques, souveraine du Passage de l'An qui est aussi Naissance d'un Temps Neuf. Sur la carte céleste dite "zodiaque" de Dendarah, elle est à sa juste place, au milieu du ciel, au voisinage de Cassiopée (la Chaise), à équidistance du groupe Orion-Taureau et du groupe Scorpion-Sagittaire, les deux points où elle coupe le Zodiaque : c'est la Voie Lactée.

 

 

L'existence de calendriers rituels stello-luni-solaires élaborés, incluant la notion de cycles pluri-annuels qui s'affirme à travers les images liées aux plus grandes figures mythiques, nous fait entrevoir au paléolithique ce qu'il faut bien appeler des "religions", des ensembles de rites et de croyances assez structurés pour lancer en pèlerinage et réunir sur des lieux saints des tribus nomades ou semi nomades plus ou moins apparentées.

 

Dans ce cosmos impressionnant, la Voie Lactée, nous l'avons constaté par les appellations et les mythes qui nous en ont été transmis, apparaît comme le Flot d'énergie vitale qui impose, par l'intermédiaire de la lune et du soleil, ses rythmes d'incarnation et de désincarnation, sous l'apparence de Vie et de Mort, à toutes les créatures terrestres.
S'ensuit un animisme généralisé où tout, du minéral à l'animal en passant par le végétal, est en métamorphose perpétuelle, car la Vie - le Chasseur-Prédateur le constate à chaque instant - est absorption continuelle d'une forme par une autre, intuition parfaitement juste de la condition même du Vivant.

Dans cette religiosité à dominante nocturne, nous l'avons aussi constaté, la lune joue un rôle fondamental en tant que messagère la plus proche de nous. Elle nous montre le caractère cyclique des flux énergétiques invisibles.

Quand parfois les éclipses viennent tout à coup perturber cet enchaînement rassurant (le Ankh), on s'aperçoit que la continuité du Vivant n'est pas une donnée sûre, la Grande Mère Céleste est malade.

L'énergie cosmique a besoin d'être soutenue, encouragée. Comment ? Par des échanges avec l'énergie humaine, des "passages de vie" entre terre et ciel. Ce seront les grands rites sacrificiels dont le souvenir, sous toutes les formes, marque dramatiquement et de manière obsessionnelle la mémoire mythique.

 

De façon absolument évidente, notre satellite y prend la dimension d'une puissance maîtresse de l'activité "mentale", qui incite à l'élévation vers une réalité énergétique supérieure immatérielle. A travers les mythes se dessine un désir constant d'échapper à l'attraction terrestre

 

Comme le cycle d'incarnation/désincarnation des "âmes" qui comporte un trajet céleste entre Terre et Voie Lactée, se boucle et se renouvelle sous la conduite de la lune, on voit se confondre, dans la pensée très ancienne, attraction lunaire, activité mentale et désir d'apesanteur...

 

 

les fresques de Lascaux représentent une carte du ciel. Parmi ces 130 cavités, Lascaux ets la plus spectaculaire, considérée comme « la chapelle Sixtine de l’art pariétal ». Les peintures auraient été élaborées à l’âge Magdalénien, vers 15000 av JC. Néanmoins de nouvelles datations ont permis de découvrir que la grotte était fréquentée environ dés 18000 ans av JC, à l’âge du Solutréen.

25 000 ans avant les débuts avérés de l’astronomie, nos ancêtres Cro-Magnon observaient déjà les mouvements complexes du soleil, de la lune et des principales constellations. Et consignaient ce savoir astronomique sous la forme d’animaux peints dans l’obscurité des cavernes.

les peuples anciens, même à un stade technologiquement ou intellectuellement primitif, se sont intéressés aux phénomènes célestes et ont tenté d'apporter des explications ou des significations particulières à ces phénomènes. Au cours de leur histoire, ces peuples se sont servis de leurs observations dans des rituels ou les ont incorporés dans des mythes afin de mettre sur pied des calendriers, ou d'anticiper les dates importantes d'activités saisonnières

 

La décoration est organisée en fonction des divisions topographiques: la Salle des Taureaux abrite une immense composition centrée sur les figures de 5 aurochs plus grands que nature ; le diverticule axial voit une répartition de bovidés et de chevaux de part et d'autre de sa voûte en "trou de serrure", terminée par un cheval "tombant", enroulé autour d'une concrétion qui ferme le cheminement. Le Passage et la Nef comportent des peintures (bisons acculés, la "vache noire", la frise des "cerfs nageant") et des gravures ; le diverticule des Félins contient des gravures de félin et quelques autres animaux, dont un cheval vu de face. lors de son coucher au solstice d'été, le soleil illuminait la salle des taureaux et le diverticule axialMais aussi lumière de la pleine lune le matin lors du solstice d'hiver)

 

Atteignant le lieu le plus haut du firmament de l’hémisphère boréal, il est comme de tous temps en cette place que les Sumériens nommaient "le point ardent des cieux".

A 21 h 00 il arrive contre la porte de la grotte. En cet ultime instant précédant sa chute, comme depuis des millénaires, le luminaire glorifie l'ouverture vers les profondeurs de la terre, puis Au moment de son coucher, le luminaire flamboyant, colore de feu le seuil de la grotte.

Les préhistoriques attendaient devant l'entrée de la Terre-Mère l’arrivée de l’ordonnateur du monde pour prendre la mesure de son pas

 

le seuil de la grotte pouvait indiquer à l’observateur Magdalénien attentif la fin de l’escalade solaire dans le ciel de l’été (au nord) et son changement de direction vers le ciel de l’hiver (au sud).

Ce réceptacle terrestre, élu par le Paléolithique qui lui a confié sa créativité, sa sensibilité et sa virtuosité, s’ouvrait à la lumière de l’astre-roi. Rouge flamboyant, il faisait disparaître l’ombre au sein de la terre-mère. Son éclat sublimé redonnait vie dans la salle des taureaux à la farandole animale née d’un esprit aussi lumineux que lui, pendant que ceux du diverticule axial bondissaient.

Offert aux Magdaléniens initiés, c’était le jeu perpétuel de la lumière du soleil avec l’ombre de la terre ; c’était aussi le rite annuel renouvelable et prévisible par ceux qui avaient cette connaissance, l’autorité et la puissance. Toutes réalités astronomiques spectaculaires, qui déjà au Néolithique, étaient à l’origine des mythes fondateurs et de renaissance.

Les animaux de ce sanctuaire étaient-ils les dieux paléolithiques accompagnant la course solaire au sein de la terre-mère ? 
Étaient-ils ici présents pour assurer la renaissance future du roi du ciel ?

 

Une plaquette en bois de renne, découverte dans un abri-sous-roche en Dordogne et étudiée par Alexander Marshack, a mis en évidence que déjà à l’époque aurignacienne, les phases lunaires étalonnaient le temps.

 

confronter l'orientation et la structure des figures pariétales de Lascaux, à la structure et à l'orientation des coordonnées et des corps célestes de l'époque. 
Ce sont tous ces repères mesurables, la position des signes et leurs couleurs, qui nous ont permis de dégager une structure identique à celle du ciel magdalénien lors des solstices et des équinoxes. 

 

Les animaux et les signes peints en rouge dessinent sur la paroi de gauche la trace de la course solaire à travers les constellations zodiacales

Les animaux de la Salle des Taureaux sont alignés avec les constellations. 

 

tradition d’un temps et d’un espace sacrés lors de la remontée du soleil au moment du solstice d’hiver.

Le fait que les plus anciens sanctuaires soient des abris orientés vers le lever du soleil de l’hiver, nous renseigne sur l’ambiance et le déroulement du premier rite solaire, celui qui au fond de la « ténèbre» des jours les plus courts, fête au cœur de l’intimité familiale grâce à la flamme du foyer, le changement de direction de l’astre du jour arrivé au seuil de sa course sur l'horizon sud-est. C’est en retournant vers l'est, qu’au fur et à mesure de son pas quotidien il va reprendre de l’énergie. Le plus ancien abri valorisant cet instant est celui de la Souquette (-35000) à Sergeac ; la plus ancienne œuvre en place est celle de l’abri du Poisson (-28000) à Gorge d’enfer.

 

Le coucher solaire de l’été (304°) est encore sacralisé de nos jours. Marqué lui aussi dans le temps par des rites en relation avec le feu, lié à des mythes du cycle annuel aux résonances cosmogoniques, il correspond aux rites païens des feux, repris par les catholiques pour la Saint Jean.. Cette orientation nouvelle, qui apparaît vers 20000 BP puis nettement et régulièrement à partir de Lascaux, (environ 18600 BP), confirme de façon tangible la « révolution culturelle» pressentie par les archéologues suite à l’évolution des œuvres de ce site. Un autre temps, un autre espace sont sacralisés. On se trouve en face non seulement d’une « révolution culturelle» mais aussi sans doute d’une «révolution cultuelle. Ce n'est qu'à partir du Solutréen, qu'ont été ornées les grottes ouvertes vers le coucher de l'été.

- La direction coucher de l’été (304°) avec celle du lever de l’hiver.(124°) définit un axe qui comprend 49% du total des grottes et abris ornés. Cet axe valorise donc ces deux moments de l’année. Les grottes orientées vers le couchant de l'hiver sont moins nombreuses pour l'instant. Mais quelles somptuosité ! Cosquer, Cussac, Chauvet. On note leur ancienneté puisque la plupart sont aurignaciennes ou gravettiennes. 

 

 

Rappel tout d'abord des croyances

animistes des hommes de cette époque:

L'animisme est la première religion de

l'humanité. Il se caractérise par le fait de croire qu'un esprit anime toute chose et tout être. En

effet, l'esprit est un principe différent du corps qu'il occupe et qu'il peut quitter provisoirement

durant le sommeil ou la transe. Ainsi, les premières croyances considèrent le rêve comme un

phénomène durant lequel on voit ce qui a disparu de notre vie. Pour les hommes de cette

époque, le pays du rêve existait bel et bien, c'est un « monde autre » qui faisait partie

intégrante de la vie. Enfin, l'esprit quitte le corps lors de la mort, mais il est supérieur au corps

puisqu'il lui survit – au moins en images et en souvenir. Le culte des ancêtres participe de

cette même croyance.

 

les peintures de Chauvet remontaient à une période comprise entre - 30000 ans et - 28 000 ans.
Chauvet s'affirme ainsi comme la plus ancienne grotte ornée au monde et constitue une oeuvre d'autant plus inestimable qu'elle témoigne d'emblée d'un art en pleine possession de ses moyens. Plus surprenant encore: elle est de peu postérieure à l'arrivée de l'homme de Cro-Magnon en Europe, et elle aurait été décorée à une époque où il coexistait encore avec les Néandertaliens.

Ainsi, la grotte de Chauvet a été peu fréquentée. Il ne s'agissait donc pas d'un sanctuaire destiné à un culte de masse.

 

La grotte, avec sa profonde obscurité, a peut-être été le premier centre d'observation du ciel.

Les repères naturels offerts par les limites de son ouverture, constituent en quelque sorte une lunette géante braquant son objectif vers les reliefs lointains et la lumière du jour , ou vers un morceau de ciel étoilé la nuit.

Le changement de grotte était occasionné par un changement de saison, la recherche du gibier, ou les besoins d'une cueillette nouvelle. Se jouait alors au-dessus des admirateurs du ciel, un spectacle nouveau. Le retour sur un même site si la saison était la même, permettant d'observer encore et encore le spectacle déjà vu, amenait sans doute l'homme à se poser des questions quant à la mouvance des cieux.

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Published by Collectif des 12 Singes - dans Infos brutes de décoffrage
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