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25 octobre 2007 4 25 /10 /octobre /2007 08:01

Catégorie : II] Pour vivre heureux, ne vivons pas cachés

                        les uns des autres !

Thème : 2) De l’affirmation des Différences au sectarisme communautaire

 

 

Fiche de visionnage n°7 :

Épisode 77 (saison 5, épisode 12) – Les riches débarquent

 

 

 

Commentaire d’épisode : Critique de la ségrégation basée sur l’intolérance des Différences

 

 

Il était une fois à South Park la prof Mme Crockelpaf qui a demandé à ses élèves de faire un projet personnel et de le présenter à la classe. Butters reçoit un C pour son volcan crachant de la lave gluante, et vu que Cartman n’a pas fait ses devoirs (comme d’hab) il est sanctionné d’un D- pour son crayon ruban-adhésifié à un stylo, montrant la dualité naturelle des objets pour écrire, mais scotchés trente secondes avant de passer. Token quant à lui est allé sur un site météo avec son portable, et grâce au vidéo projecteur de son papa, présente ses prévisions pour les trois prochains mois, qu’il a également tirées sur son imprimante laser. Cet excellent travail se voit gratifié d’un A.

 

 

Introduction :

 

 

Dans un certain nombre de société tribale, certaines catégories de statuts et de personnes (notamment les sorciers, mais aussi ceux qui travaillent le métal ou qui s’occupent des cadavres) se voient imposer des contraintes et interdictions dans leur vie de tous les jours, mais également au niveau de leur mariage et de leur mort. Depuis l’Antiquité, des lois ont été mises en place pour institutionnaliser des états de discrimination déjà présents de fait dans la société.

 

La ségrégation patrimoniale développée dans cet épisode n’est ainsi que le dernier avatar en date d’une longue tradition de séparation par la distinction, sur des critères définis par la majorité à l’encontre de la minorité afin d’appuyer son pouvoir sur elle et essayer de contenir l’affirmation de ses particularismes. Alors que certaines personnes d’une communauté vivent quelque peu différemment, on distingue l’ensemble de leur "catégorie" pour bien marquer « vous vivez dans la Différence, et bien nous vous enfermons dans celle-ci et ainsi il n’y aura jamais d’Égalité » !

 

Après avoir déterminé les origines de la distinction communautaire, nous tenterons de comprendre comment celle-ci se met concrètement en œuvre dans sa forme la plus aboutie qu’est la ségrégation, sachant que pour vivre réellement en Harmonie les uns avec l’Autre nous nous devons de voir au-delà des Différences ce qui nous rassemble et cultiver le goût immodéré de l’Égalité dans la lignée de la Fraternité entre humains sapiens sapiens (deux fois sages) et de la Liberté de chacun.

 

 

Le communautarisme provient de la jalousie (ou de sa considération comme supérieur et l’Autre d’inférieur)

 

Instinctivement, dès qu’une nouvelle tête débarque, on se compare à elle et on l’évalue par rapport à soi. Ce n’est que la culture qui permet par la suite de relativiser tout ceci en ne définissant pas des rapports dominant-dominé mais plutôt en hiérarchisant selon le "meilleur en cela" et le "moins bon en ceci".

Cependant, quand la Différence saute à l’œil, tous les schémas rationalisés de pensée peuvent se mettre en berne et laisser ressurgir la "haine animale" de la Différence, de la non-appartenance à un clan ou un territoire, à une communauté d’idées ou de pratiques. Très souvent, ces sentiments sont dictés soit par la jalousie de la réussite du nouveau-venu sur un terrain qui "n’est pas le sien" (mais qui appartient à tout le monde et à personne à la fois), soit par la peur de celui qu’on ne connaît pas [xéno (étranger, en terme de territoire mais aussi aux us et coutumes du cru), -phobie (peur plutôt que haine, l’une engendrant l’autre)].

Ainsi, Cartman est jaloux de Token car s’il a pu faire ce qu’il a fait, c’est parce qu’il est riche (alors que lui a fait de la merde, non pas parce qu’il est pauvre comme Kenny, mais parce qu’il n’a rien branlé comme d’hab). Cartman lui fait un procès d’intention parce que la maison de Token (de ses parents plutôt) est quatre fois plus grande que les autres, qu’il a des sandwiches au homard pour la récré, qu’il achète ses fringues chez Armani Enfant. Cartman faisant remarquer qu’eux vont acheter leurs fringues chez J-Mart (où il doute fort que Token ait déjà mis les pieds), Stan emboîtant le pas sur le fait que chez lui il y ait un billard, et Butters pointant du doigt que son arrosage automatique du jardin doit coûter cher, on voit bien ici que les gamins sont simplement jaloux de lui et de la situation sociale de ses parents (marre d’avoir des vêtements à deux balles, envie de jouer au billard plutôt que des jeux à pas cher, ras-le-bol de la corvée d’arrosage de la pelouse). Pour autant, tout ceci s’explique, les parents de Token n’ont pas volé cet argent ou commis des actes criminels : ils gagnent tout simplement plus d’argent parce qu’ils ont fait des études supérieures d’où ils ont un travail mieux payé. Le père de Token est avocat et sa mère est chimiste dans un grand laboratoire, alors que la mère de Cartman est une pute : l’un paie mieux que l’autre ! Sans vouloir trouver des excuses à cette jalousie mal placée, on peut tout de même essayer de la comprendre. Évidemment, les riches n’ont pas les mêmes habitudes de vie que les pas riches (pour les pauvres comme Kenny c’est encore autre chose). Quand, pour faire plaisir à Token pensant que s’habiller comme tout le monde changera quelque chose à l’affaire, la famille débarque chez J-Mart, leur première question est de savoir où est le voiturier ? Lorsque quelqu’un arrive, estimant que ça doit être lui, il lui refile vingt dollars de pourboire (ce qui est plus que généreux, surtout dans ce trou du cul du monde qu’est South Park). On voit bien par la suite que les parents ne sont pas du même monde, puisque qu’ils pensent que le magasin a activé un rayon aveuglant extraterrestre (alors que c’est juste un éclairage au néon), qu’ils sont stupéfaits d’apprendre que le rayon prêt-à-porter garçonnet se situe allée 6 à côté des bretzels. Quand Token trouve son bonheur avec des pantalons à cinq dollars, ses parents demande de quelle marque ils sont, leur fils déclare qu’il s’en fiche : l’important est que ce soit des pantalons de pauvre, même s’il est conscient que ces fringues doivent vraiment être nulles à ce prix-là. On ressent clairement que le malaise est là quand les parents de Stan s’étonnent que les Williams soient dans ce supermarché alors qu’ils ont les moyens de faire leurs courses dans les quartiers chics, idem pour la mère de Cartman qui en tamponne le caddie de la mère de Kyle, elle aussi surprise de les voir là alors que le père gagne autant. Les parents de Token se rendent vite compte qu’ils font tâche et qu’il vaut mieux se dépêcher, tous les regards interloqués ou accusateurs se tournant vers eux. Il est en effet loin d’être évident de faire comme les autres quand on n’est pas comme les autres. Token s’en aperçoit vite, lui qui croit pouvoir se faire accepter avec son nouveau tailleur (dixit Cartman) de chez J-Mart. Alors que les enfants (qui jouaient au Monopoly mais Cartman triche comme à son habitude) veulent se mater « Le roi lion », Stan est tout surpris quand Token lui donne un disque. C’est qu’il s’agit d’un DVD, et que personne n’a de lecteur car c’est trop cher (sauf pour les parents de Token pleins aux as comme le pense Cartman). Cartman propose alors d’envoyer le DVD à l’Enterprise pour voir si le capitaine Kirk peut le décrypter, alors que Token se demande bien ce que peut être une cassette VHS (ponctué par un « sans déconner » des autres gamins). Il y a là clairement une incompréhension des styles de vie de chacun ! Quand les riches commencent à pulluler, M. Garrison s’emportent dans ses relents fortunistes en haranguant les nouveaux venus avec les sobriquets de Crésus (dernier roi de Lydie – territoire comprenant les vallées de l’Hermos et du Méandre, situé sur le parcours des grandes routes commerciales – les sables aurifères de la rivière Pactole lui permirent d’inventer la première monnaie au -VIè siècle) et de Richie Rich (bande dessinée publiée dans les années 50, elle raconte la vie d’un gamin unique héritier d’une fortune estimée à 70 milliards de dollars, mais qui s’ennuie car il n’a pas d’ami. Il s’en procure en rachetant des usines en difficulté pour les rénover et les offrir aux ouvriers). M. Garrison se moque bêtement d’eux en demandant s’ils transportent dans leurs gros cartons leur réserve de chéquiers, indiquant qu’ils ont de grands garages pour leurs Porsche, leurs yachts et leur porte-avion nucléaire, et Jimbo en remet une couche en répondant à sa blague idiote sur « Combien faut de riches pour changer une ampoule ? Aucun. Ils engagent quelqu’un pour le faire. » Cela fait bien marrer les autres (les pères de Stan, Kyle, Kenny et Butters, ainsi que Ned et Skeeter – le pilier de bar qui n’aime pas trop les gars dans tous les genres par chez lui), jusqu’à ce que Garrison lance aux richards (qui s’amusent à jeter l’argent par les fenêtres) d’aller jouer dans leur maison à 2 millions de dollars ! Il est bien stupide de classer les gens, la catégorie ne faisant pas le patrimoine de la personnalité ! Ainsi, quand la famille de Will Smith s’installe à South Park et que ses enfants rencontrent l’autochtone Token, ils s’empressent de dire que leur papa est star de cinéma et de demander ce que fait le père de Token (avocat, enfin il croit). Token est tout fier de montrer le Van Gogh de ses parents, sachant que les Smith en ont sept, et est dès lors si heureux de ne plus être le seul gosse de riche, les parents des autres étant plutôt pauvres. Pour les enfants Smith ceci est incompréhensible, qu’ont-ils bien pu faire de leur argent ? Que Token leur réponde qu’ils n’en ont jamais eu n’est pas une excuse, ils n’ont qu’à dire à leur papa de faire des films : il faut être ferme avec son papa si on veut un lama ! S’il refuse à cause d’un mauvais scénario, il faut le supplier, lui dire de penser aux 20 millions de dollars (enfin 12 millions après impôts, les gamins étant déjà de futurs comptables). Pour Token c’est ... super (mouais bof), pour les enfants Smith c’est 20 millions de fois super. De même, Token souhaite simplement faire de la luge, alors que les autres gosses de bourges veulent faire du shopping (enfin, aller au centre commercial pour acheter quelques boutiques). Dans le même registre, Token n’est pas à l’aise pour jouer au polo, qui plus est en uniforme, alors que pour les richard-sons jouer sans uniforme est aussi incongru que de manger du caviar sans blinis ! On voit ainsi que trouver sa communauté de cœur est plus difficile que celle de condition sociale ! Quand Token se fait rappeler à l’ordre parce qu’il n’est pas assez concentré et que l’un des fils de Will Smith aurait alors pu jalier le dishmire de Token par son fralène, il trouve ce jeu trop compliqué et propose plutôt de jouer aux boules de neige. Pour les enfants pétés de thunes, ce jeu est trop simple et donc barbare. Ils lui rétorquent que s’il aime les jeux de sauvages, il n’a qu’à aller vivre chez les lions, et Token se sent une fois de plus rejeté. Quand il se retrouve dans la gueule de la fosse aux lions, il leur raconte son histoire : il se sentait rejeté à l’école, du coup il a fait venir plein de riches, mais ça ne colle pas avec eux non plus. Alors il veut vivre parmi les fauves, promettant que s’ils acceptent de l’élever, il sera le meilleur lion qu’il pourra. Mais le seul moyen de devenir un félin, pour Token qui ne s’intègre nulle part, est de rencontrer Aslan. Lorsque celui-ci lui demande ce qui lui fait croire qu’il s’intégrera parmi eux, il ne sait pas trop, mais tous les deux adorent les blagues. Le test d’acceptation dans le club est de pouvoir, à la manière du roi Arthur, retirer une épine de la patte du patriarche Aslan. Token réussit (gratifié en cela par un pet de lion) et demande s’il peut rester à présent, mais le vieux roi des animaux le met en garde qu’être un lion est peut-être plus dur qu’il ne le croit !

 

Si on ne peut/veut être avec les autres, autant rester dans sa bulle stérile avec les siens

 

S’intégrer, c’est faire des efforts pour être accepté en tant que tel, car de toute façon on porte sa Différence sur soi et on ne peut renier ce que l’on est. Même si on fait tout pour, les autres feront toujours remarquer ou ressentir qu’on n’est pas pareil, qu’on a beau être du même monde, on ne vit pas sur la même planète.

Souvent, la ségrégation se met en place parce que les communautés en présence ne peuvent se parler si aucune ne fait d’effort pour faire un pas vers l’autre en vu d’accepter (ou au moins tolérer) ces spécificités qui font la Différence. L’autre aspect concerne plutôt le sectarisme primaire, quand une communauté (locale ou de nouvel arrivage) ne cherche même pas à essayer de comprendre l’autre : pour des raisons culturelles, cultuelles ou toutes autres balivernes, elle ne veut pas entrer en relation avec ces gens-là et point final le débat est clos comme le territoire de chacun ! La solution consiste alors à cultiver la Différence pour justifier l’indifférence à l’Autre, ce qui promet une bonne ambiance aux lieux où l’on est obligé de vivre ensemble. À moins de cloisonner nos villes pour permettre à chacun de se croire comme chez soi, uniquement avec les "siens", sans jamais voir (sauf à la télé) que l’on n’est pas seul sur Terre.

Token en avait marre qu’on se moque de lui parce qu’il est riche. Il ne voulait plus être riche, mais être simplement comme les autres à manger des macaronis et s’habiller chez J-Mart. Il résume très bien sa situation dans sa chanson initialement emplie de spleen avant de se tourner vers un "idéal" factice : « Pourquoi j’suis pas comme les autres enfants qui habitent dans des taudis, ont des voitures pourries, déjeunent de p’tits bouts d’saucisse. C’est pas ma faute si mes parents sont riches. J’ai du mal à me faire des copains. J’ai une batte de baseball pro, les autres ont des bâtons et une pomme de pin. J’me sens à l’écart, mis au rancart. Au fond j’ai pas besoin d’eux, faire semblant ça m’déplaît. Si j’peux pas être pauvre, je ferai avec c’que j’ai. Si j’peux pas être comme eux, je ferai venir d’autres gosses de riche. Comme ça je ne serai plus seul et je serai moins malheureux. Dieu faites que viennent vite d’autres gosses de riches ». Évidemment, à South Park rien ne se passe jamais comme on pourrait s’y attendre ! M. Garrison est le premier à se plaindre que d’autres de ces gens arrivent sans cesse ; là c’est la cinquième famille qui débarque et pour lui la ville commence à être envahi par des gens de cette espèce. Le père de Kyle (avocat comme le père de Token, mais moyennement riche) s’offusque de ces propos et demande de quelle espèce parle M. Garrison ! Le prof à la marionnette parle bien sûr des riches. Pour Jimbo, le quartier a "bien" changé, lui qui n’a jamais trop aimé les riches (et Ned non plus) et qui se rappelle avec nostalgie le "bon vieux temps" où ils étaient interdits à South Park, alors qu’à présent en voilà toute une colonie. Skeeter (pour rappel, le pilier de bar qui n’aime pas trop les gars dans tous les genres par chez lui) s’inquiète que les gosses de riches iront dans "leurs" écoles, où ils seront mélangés à leurs purs gosses de pas riches. M. Garrison confirme qu’ils auront vite fait de chasser les pauvres et les classes moyennes de la ville en faisant monter l’immobilier (ce qui est un phénomène bien réel). Mais la résistance ne tarde pas à se mettre en place. Quand un grand-père richissime veut emmener ses petits-enfants au zoo en prenant le bus, il se fait refouler du fond du bus pour s’asseoir à l’avant sur les fauteuils de 1ère classe. Même s’il s’agit clairement d’un comportement fortuniste, le grand-père est plutôt content de ces sièges confortables, ce que le gars qui les a refoulés veut bien croire. La ségrégation est pourtant plus visible et féroce lorsque trois riches veulent boire une bière au bar du coin. Skeeter le jamais content leur lance à la face qu’ils n’ont qu’à aller en face, à la nouvelle épicerie de luxe où ils pourront trouver toutes les bières hors de prix qu’ils veulent. L’un des riches rétorque qu’ils veulent simplement une bonne petite bière bon marché, mais se fait vite rembarrer par le barman qui lui rappelle qu’il y a une pancarte accrochée à la porte : « Réservé aux gens qui vivent au-dessous de leurs moyens ». Tout naturellement, le riche n’en démord pas et rappelle qu’il est dans un pays libre, et qu’il peut boire une bière où il veut, lâchant, vengeur, que ça n’en restera pas là ! M. Garrison trouve que les richards commencent à se la jouer et entend bien leur montrer qu’ils ne sont pas les bienvenus. Il propose ainsi de mettre le feu à un grand "t" minuscule, pour « Tirez-vous », devant une de leur maison. Le riche du bar a bien compris le message. Il a eu tellement peur que Jimbo lance que la prochaine fois, ils feront un T majuscule, pour bien leur montrer qu’ils ne rigolent pas ! Pourtant, les riches effectuent une marche en faveur de leur droit et les south-parkois fortunistes ont peur que si les politiques les lâchent les riches aient gain de cause et que la ville soit foutue. Pour Jimbo, la chose est entendue : on ne peut rien contre les riches, ils ont trop de pouvoir. Mais M. Garrison n’est pas du genre à céder comme ça. Pour lui, les fortunistes n’ont pas utilisé la bonne méthode : comme Jimbo le confirme, ce qui effraie le plus les riches ce sont les fantômes. Et le résultat est là : les riches, sur le point d’avoir les mêmes droits que les non-riches, sont épouvantés en voyant que la ville est hantée et partent tous comme des dératés.

 

La communauté humaine se construit par l’acceptation et
le Respect des Différences

 

On ne le répètera jamais assez, mais même si nous sommes tous différents, nous nous devons de passer outre les distinctions de fortune ou autre pour pouvoir construire une communauté humaine sereine et pérenne.

Pour cela, nous devons nous appuyer non pas sur l’égalitarisme à tout crin (puisque cela sous-entend la mise en avant de ceux qui seraient "moins Égaux" que les autres), mais plutôt affirmer sans cesse haut et fort l’Égalité de tous dans tous les domaines de la vie sociale.
Le XXè siècle est un très bon (contre)exemple, puisqu’il nous a montré exactement tout ce qu’il ne fallait pas faire ! Il suffit donc, non pas de partir dans les extrêmes inverses (puisque tout extrême est par définition au bord ou hors limite), mais plutôt de tirer les enseignements de ce que nous a appris l’Histoire et de comprendre les fondamentaux qui ont engendré ces situations criminelles pour qu’elles ne se reproduisent plus à l’avenir. Malheureusement, face au conservatisme de certains nostalgiques, cette reconnaissance des droits ne se fera pas sans lutte, pacifique il va sans dire, ni éducation au Respect de ce qui fait la vraie richesse humaine : la Diversité !

L’exemple est donné par la marche du million de milliardaires manifestant contre les pauvres de la ville qui les persécutent parce qu’ils sont riches. Comme ils le scandent eux-mêmes, « Nous nous imposerons ! » et nous ne pouvons que l’espérer ! Leur combat est juste puisqu’ils demandent simplement la fin des places réservées aux riches dans les lieux publics et l’abolition de ces lois séparatistes absurdes. Après cette soirée très enrichissante, la mairesse est ravie d’accepter d’abolir toutes les lois séparatistes et de réaffirmer à la nation (qui la regarde) que South Park n’est pas une ville aux préjugés d’une autre époque. Token aussi a appris un truc aujourd’hui : il veut rentrer chez lui, malgré le fait que ses amis se moquent de lui et qu’ils soient différents, car ce sont ses copains et il les aime bien (les préférant à des petits snobs ou à des lions, ces vrais beaufs avec leur blague à deux balles). Retourné parmi les vrais siens, il reste toutefois étonné que les gamins lui proposent d’aller jouer au foot. Il lui reste à comprendre que même s’ils le vannent parce qu’il est riche, il reste leur pote tout de même : c’est pas parce qu’ils le vannent qu’ils ne l’aiment pas. Ce sont des mecs et ils vannent donc tous leurs potes : lui parce qu’il est riche, Butters parce qu’il est bébé, Kyle parce qu’il est juif, Stan parce qu’il est amoureux de Wendy, Cartman parce qu’il est gros, qu’il est bête et que sa mère est une pute, et parce que c’est un enfoiré (stop, là ça le gave). Token comprend enfin qu’il n’y a rien de méchant et qu’à présent ça lui est égal qu’on se moque de lui parce qu’il est riche. Il peut se rassurer, les enfants ont trouvé autre chose : comme quelques vannes ont brisé son petit cœur, il est maintenant une lopette. Tous les gamins le traitant de lopette et Kyle lui disant de venir au foot puisqu’ils ont besoin d’une pom-pom girl, Token aimait mieux finalement les vannes sur les riches, mais c’est trop tard. Comme d’habitude, les enfants montrent la voie de la sagesse, alors que les adultes restent sur leurs stéréotypes. Tous fiers que le dernier se soit enfui à toute vitesse dans son van, M. Garrison se frotte les mains de revendre ce qu’ils ont construit, afin de devenir milliardaires eux aussi. Jimbo, toujours aussi bouseux, a bien compris que s’ils deviennent riches en revendant leurs maisons, il y aura toujours des riches à South Park, et qu’ils deviendraient alors ce qu’ils haïssent. Certes, mais pour M. Garrison, l’important est au moins de s’être débarrassé de tous ces connards de nég...

 

 

Conclusion :

 

 

Voyez, on se couchera moins bête car on a appris un truc aujourd’hui : l’apartheid est d’une stupidité absolue. Pour ceux qui ne le savaient pas, les riches étaient tous noirs, Token compris. Celui-ci est d’ailleurs le seul afro-américain de la classe (et ses parents, anciennement avec pour nom de famille Williams puis Black, sont les seuls noirs avec Chef). Son nom vient de Tokenism (ce qui veut dire quota ethnique en français) utilisé habituellement pour décrire les personnes non blanches qui jouent des seconds rôles dans les séries télé ou dans les films afin de varier les personnages. Tout l’épisode repose sur la vraie compréhension de l’apartheid comme différenciation sur des critères qui n’en sont pas, à savoir ici sur la richesse et historiquement sur la couleur de peau.

 

L’apartheid signifie en afrikaans « Vivre à part ». C’est en fait un système ségrégationniste basé sur la politique raciste du Parti national. En 1948, les Afrikaaners [descendants de colons hollandais établis dès le XVIIè siècle ; ces colons étaient des paysans (Boers) qui à la fin du XIXè siècle, à la suite de la guerre des Boers, ont du se soumettre à la puissance coloniale britannique], qui ont remporté les élections en Afrique du Sud contre les partis anglophones, décident de mettre sur pied ce système qui leur permettra de concentrer le pouvoir, les ressources minières et les richesses du pays. Alors que l’Europe sortait tout juste de l’horreur nazie, ses enfants exportés les siècles précédents n’en tirèrent aucune leçon : tous ceux qui n’étaient pas considérés comme "blancs" devenaient des citoyens de seconde catégorie. Ce système est basé sur la prétendue supériorité des Blancs par rapport aux autres populations. Il existe une similitude avec la ségrégation des Noirs aux États-Unis qui a commencé beaucoup plus tôt.

Affranchis avant même la fin de la Guerre de Sécession (1861-1865), les Noirs américains passent en fait de l’esclavage à la ségrégation et sont empêchés d’exercer leurs droits civiques. Temporairement évincés du pouvoir par leur défaite militaire et la ruine de leur économie, les planteurs et "petits Blancs" du Sud le reconquièrent peu à peu, et dès 1880, s’emploient, avec la complicité des juges locaux, à mettre en sommeil les amendements de la Constitution américaine qui garantissent à tous le droit de vote et d’éligibilité.

Plongés dans la misère, insultés et brimés, victimes de lynchages et terrorisés par des bandes racistes – tel le tristement célèbre Ku Klux Klan – les Noirs sont de plus marginalisés au nom du principe hypocrite « séparés mais égaux », et en application de toutes une série de lois discriminatoires : mariages interraciaux proscrits, cohabitation interdite dans les transports publics, les hôtels, les restaurants, les théâtres, les écoles et les lieux de culte. La Cour suprême sanctionne ces pratiques en l896, à la condition que chaque communauté se voie offrir « des commodités égales » (sic). C’est là légaliser un racisme sans cesse plus virulent, qui contraint, dès 1900, les Noirs à émigrer des États du Sud vers ceux du Nord, en apparence plus libéraux et pourvoyeurs d’emplois.

Des groupes multiraciaux se créent alors, résolus à abolir ces législations indignes, à promouvoir une instruction égale pour tous et à rendre effective l’application des amendements favorables aux droits civiques des Noirs : ainsi, en 1909, la NAACP (Association nationale pour le progrès des gens de couleur), ou la Ligue Urbaine, fondée en 1911, active dans les grandes villes du Sud et du Nord. Cette première mobilisation, essentiellement juridique, est amplifiée par l’essor d’un syndicalisme noir après 1920, les initiatives provocatrices mais pacifiques du CORE (Congrès pour l’égalité raciale) dès 1942, et le mouvement des droits civiques dès 1955 (une effervescence qui met en évidence le poids toujours plus grand de la communauté noire aux États-Unis). Et la culture noire s’affirme, dans les domaines de la musique avec le jazz et de la littérature avec la Negro Renaissance, qui, dans l’entre-deux-guerres, inspirera les pionniers africains et antillais de la négritude. Cette progressive montée en puissance contribue à sensibiliser les autorités fédérales aux conditions de vie matérielle de la communauté noire, particulièrement sous les administrations démocrate de Roosevelt et de Truman (1933-1952), et républicaine d’Eisenhower (1952-1960). Pour sa part, la Cour suprême se prononce à la veille de la Seconde Guerre mondiale en faveur de l’admission des Noirs dans les universités du Sud ; en 1954, par un arrêt historique, elle déclare anticonstitutionnelle la ségrégation scolaire, en vigueur dans vingt-deux États de l’Union, et trois ans plus tard, demande aux cours locales de se conformer à ses décisions, sans résultats notables dans l’immédiat.

C’est dans la capitale de l’Alabama, à Montgomery, lieu de naissance de la Confédération sudiste en 1861, que les Noirs vont prendre en mains leur destin. Rosa Parks est à l’origine du mouvement qui a mené les Noirs de Montgomery à boycotter les transports publics. C’est parce qu’elle refuse d’accéder à la demande du chauffeur du bus de céder sa place à un Blanc que Rosa Parks est arrêtée par la police locale le 1er décembre 1955. Cette arrestation fait scandale car les Noirs en avaient assez de cette ségrégation dans les transports publics. Assez rapidement Martin Luther King a l’idée de boycotter les transports publics de la ville afin de les forcer à supprimer la ségrégation. Les Noirs représentent environ 75% de la clientèle régulière, la compagnie risque de perdre beaucoup d’argent. Ce boycott est un succès immédiat, mais il va durer longtemps. Les Noirs tiennent bon, refusent de prendre les transports publics, mettent sur pied un système de voiturage, se débrouillent entre eux pour aller au travail quotidiennement. Finalement, le 13 novembre 1956, soit un an plus tard, la Cour Suprême des États-Unis déclare illégale la ségrégation dans les transports publics d’Alabama.

La mobilisation des Noirs met les instances suprêmes de l’Union en demeure d’agir contre les pouvoirs locaux obtus et brutaux, et prend le Peuple américain à témoin. Au mois de mai 1963, la répression féroce par les autorités de Birmingham, toujours en Alabama, d’une manifestation résolument pacifique, au cours de laquelle des hommes, femmes et enfants noirs sont blessés par des jets de lances à incendie et attaqués par des chiens policiers, va susciter une réprobation générale. À Washington, le 28 août 1963, près de 200 000 Noirs, 60 000 Blancs arrivent à pied, en patin à roulettes, en voiture, en autocar, en avion, pour rappeler à l’opinion et aux politiques que cent ans, jour pour jour, après l’abolition de l’esclavage par le président Lincoln, les hommes et les femmes "de couleur" ne sont pas encore libres aux États-Unis, et que le racisme est une réalité quotidienne. Martin Luther King, d’Atlanta, va donner à la Marche d’un million d’Hommes une portée universelle, en racontant un rêve à la foule bouleversée : un jour prochain, les Noirs seront Libres et Égaux comme les Blancs dans une nation enfin fidèle aux idéaux de sa Déclaration d’indépendance.

Durant tout l’épisode, les ambiguïtés sont palpables, puisqu’on ne sait jamais véritablement si on ségrége les personnes parce qu’elles sont riches ou par rapport à leur couleur de peau ! Au-delà de la scène du bus et du bar, qui reprennent des lois en vigueur dans les états du Sud appliquées selon la fortune, Chef est appelé à manifester alors qu’il mentionne qu’il n’est que le simple cuisiner de l’école et ne gagne donc pas beaucoup (on peut même se demander à ce niveau-là si ce ne sont pas les riches Noirs qui sont racistes, puisqu’ils ont l’air étonné qu’un Noir ne soit pas fortuné comme eux). Dans la même veine, plusieurs milliardaires ont payé des milliers de Mexicains pour manifester à leur place, ce qui encore une fois déplace le combat de la fortune vers l’origine ethnique (en plus des conditions sociales des Mexicains, sûrement l’une des catégories les plus pauvres aux États-Unis).

Tout comme dans « La cupidité de l’homme rouge » plus tard, la discrimination est confusée. Si dans la saison 7, ce seront les Indiens qui tenteront de chasser les Américains Blancs de leurs terres sous forme de revanche de l’Histoire (South Park devant être rasée comme les Blancs mirent le feu aux tipis), ici, les Noirs ne sont pas discriminés pour leur couleur mais pour leur richesse. Pour autant, à chaque fois à l’initiative de M. Garrison (officiellement, ce n’est pas lui mais M. Toc qui a ces idées et appartenances malsaines), les habitants de la ville décident de construire un t minuscule en bois qui signifierait « Tire-toi d’ici » et de l’enflammer, en référence aux croix de bois brûlées par le
Ku Klux Klan. M. Garrison suggère ensuite, pour faire peur aux riches, de se déguiser en fantômes, dont le déguisement rappelle évidemment le Ku Klux Klan. Fondamentalement, la fin de l’épisode nous enseigne qu’au contraire des autres M. Garrison n’a rien contre les riches puisque lui-même souhaite en devenir un en revendant les maisons abandonnées, mais que dès le départ il a utilisé le prétexte fortuniste (puisque le père de Kyle – avocat et juif pour rappel – était sur la défensive quant à savoir le type d’espèce que M. Garrison était outré de voir pulluler à South Park) pour camoufler sa haine raciste qui n’aurait pas été suivie par les autres. On peut voir ainsi que les mentalités ont évolué sur la différence abjecte par la couleur de peau, mais que quand on veut il est facile de pouvoir se distinguer des autres par n’importe quel critère qui traîne par terre.

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Published by Collectif des 12 Singes - dans South-Park Communautarisme
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