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27 octobre 2007 6 27 /10 /octobre /2007 08:11

Catégorie : III] Le capitalisme c’est déjà moyen, mais en abuser ça craint !

Thème : 4) Justice et Question Sociale : vieux dilemme de la répartition des richesses

 

 

Fiche de visionnage n°18 :

Épisode 23 (saison 2, épisode 10) – Varicelle

 

 

 

Commentaire d’épisode : La répartition des richesses et du travail par la chance de la naissance

 

 

Il était une fois à South Park, Kenny le pauvre qui a attrapé la varicelle. Les parents des enfants se concertent pour qu’ils aillent choper la maladie chez lui en y faisant du camping.

 

 

Introduction :

 

 

La misère est partout, même à nos portes et pas seulement là-bas au loin où on peut faire semblant de ne pas la voir en changeant de chaîne à la télé !

 

Mais comment diable se fait-il qu’il y ait toujours plus de milliardaires et de millionnaires alors que la pauvreté reste un fait de société ? Le développement économique a certes permis de sortir de l’ornière un grand nombre de familles en les propulsant dans les classes moyennes. Mais le problème de base de l’infortune est toujours loin d’être réglé et ceux même depuis ce fameux hiver 54 qui a vu l’abbé Pierre médiatiser l’action de quelques uns au profit de beaucoup trop (un pauvre c’est déjà trop dans nos sociétés du gâchis).

 

Nous devons déjà nous rendre compte par nous-mêmes de ce qu’est la pauvreté dans nos sociétés si riches et de ce que cela peut signifier pour des citoyens qui n’ont que leurs yeux pour pleurer face à la publicité omniprésente et si alléchante. Pour ceux-là il ne reste que le lèche-vitrine ! Mais quelles sont les explications de cette fracture sociale criante et béante, qui entache nos quartiers et relativise l’action des politiques économiques menées depuis belle lurette ? Peut-on considérer qu’il est sain que notre civilisation laisse bon nombre de ses enfants sur le carreau sous le prétexte que tout le monde n’est pas « intelligent », « habile » ou « utile » au sens large ???

 

 

Être pauvre ça craint !

 

Nul ne souhaite vivre dans l’indigence, ne serait-ce que pour des raisons alimentaires, suivies immédiatement par des notions de confort matériel auxquelles beaucoup aspirent.

La pauvreté est peut-être « plus difficile à vivre » dans des sociétés industrielles où l’abondance de l’offre et la surconsommation semblent être la norme ! En effet, face au matraquage publicitaire et aux besoins de base qui sont difficilement satisfaits par les maigres ressources de bon nombre de familles, le niveau des revenus peut laisser sur sa faim quand on a du mal à boucler les fins de mois, surtout à partir des vingt derniers jours avant les allocs ou le faible pas assez perçu.

Ainsi, quand la mère de Kyle propose aux enfants d’aller camper chez Kenny, Cartman refuse d’aller chez les pauvres, dans le ghetto. Kyle suggère immédiatement de plutôt faire du camping chez lui mais la mère de Stan les oblige à tous aller dormir chez Kenny, point final. Kyle espère au moins qu’ils ont une Nintendo, sinon ça craint grave. Arrivés à la maison, la mère préparait à bouffer et bien sûr Cartman ne peut s’empêcher de chantonner « Dans le ghetto, Dans la nuit glaciale de ce faubourg, Encore un bébé qui voit le jour, Dans le ghetto, Et sa maman pleure, Car rien ne peut arriver de pire, Encore une bouche à nourrir, Dans le ghetto ». Sa première question est de savoir, lui aussi, où est la Nintendo ? Mais le père de Kenny, tout désolé, doit leur avouer qu’ils n’en ont pas, ils n’ont qu’un vieux truc branché sur la télé noir et blanc. Pour Kyle, c’est vraiment le Tiers-Monde ce taudis ! Cartman se réjouit enfin de passer à table, lui qui crève la dalle (malgré ses réserves adipeuses largement suffisantes), mais il faudra encore patienter un peu le temps que le père dise les grâces : « Seigneur, merci pour cette débauche extraordinaire de gaufres surgelées que tu nous as accordée. Et comme on a foi en toi, on sait qu’un jour, tu nous accorderas la fortune. Même si t’as pas l’air pressé. Amen. » Mais tout ça pour ça ?! Cartman, sur un ton bienséant que nous ne lui connaissions pas, interroge quels autres mets ils dégusteront, hormis ces gaufres, s’inquiétant qu’il n’y aurait que ça à grailler. Las, cette simple question, pour autant largement ironique de la part du porcelet, entraîne un débat de fond violent entre le couple de l’année McCormick. Monsieur reprochant à madame de ne pas savoir faire à bouffer, celle-ci se défend auprès de ce connard qu’elle ne peut pas faire grand chose d’autre avec des gaufres à part les réchauffer (même si, comme le précise monsieur, en ajoutant des épices ce serait meilleur). Et en plus les gaufres sont rationnées, le frère de Kenny (Kevin) devant partager avec son frère. Comme le dit Cartman, on se fout de leur gueule ! Il se fait toutefois vite remettre en place par le père, puisqu’on ne doit pas dire de gros mots à table (compris, trou du cul ?), même si on ne dit pas « ressers-toi » non plus. Une gaufre surgelée le dîner, c’est sûr que c’est craignos. Cartman a bien raison de dire que cette famille craint, d’autant plus que Stan voit un rat, et que Kenny doit arrêter d’être pauvre sinon le gros lard va lui lancer des pierres. Pour autant, Kenny claque des mains et la lumière s’éteint, la grande classe quoi. Quand la mère de Kyle demande si c’était bien et s’il voudra y retourner (puisque Kyle n’a pas chopé la varicelle comme prévu), il se plaint qu’il n’y avait que du sandwich au pain pour le petit déj, et en plus ils n’ont même pas le câble ! Sa mère a beau le sermonner qu’il faut consacrer du temps à ses amis, on apprend alors que Kyle n’en a rien à foutre de lui. Sa mère va plus tard voir de quoi il retourne, et elle ne va pas être déçue de la tisane : elle prendrait bien du thé ou du café pour mettre dans son eau chaude, mais ces trucs-là, c’est pour les riches. Elle avait bien remarqué qu’ils avaient une très humble demeure, mais pas à ce point là. Il faut dire que tout ça est à cause du connard d’alcoolo de mari. D’ailleurs, quand il propose une bière au père de Kyle alors qu’ils sont à la pêche, le riche avocat a les siennes, six bières différentes d’un assortiment des meilleurs brasseurs d’Aspen. Se demandant ce qu’est devenu la cabane derrière chez sa mère, un tas de planches pourries qu’ils avaient mis deux ans à construire, le père de Kenny est étranglé de répondre que c’est devenu sa maison. Pauvre un jour, pauvre toujours !

 

Selon Bourdieu, la reproduction sociale des inégalités

 

Être pauvre dans une société globalement riche et opulente, revêt beaucoup de significations et de jugements tant sociaux que moraux ! Au-delà du regard social (« Oh le pauvre, il n’a même pas ... »), on peut se demander ce qu’à branler la personne pour ne pas avoir bénéficié de l’ascenseur social !

Il faut dire, pour la défense des indigents, que dès le départ ils ne sont pas partis avec les meilleures chances de réussite dans la vie ! Il est bien évident que celui qui bénéficie d’un bon encadrement familial, qui peut avoir tous les livres nécessaires voire des cours particuliers en cas de difficulté, n’a pas les mêmes opportunités que celui dont les parents ne peuvent aider à faire les devoirs, limitent le budget scolaire (pas de calculatrice mais un boulier) et ne pourront pas financer des études longues même si l’enfant à le niveau requis !

On le voit bien quand le père de Kenny demande à Kyle si son père gagne toujours autant de blé en tant qu’avocat. Il faut dire qu’ils étaient très copains puisqu’ils bossaient ensemble chez Pizza Shack. Mais lui a eu une bourse d’études et pas le père de Kenny. Pour lui, jalousie mal placée et stéréotypes « obligent », c’est parce qu’il est juif (ce que Cartman ne manque pas d’entendre). Mais pour madame, ça n’a rien à voir, c’est juste parce que son mari est un alcoolo attardé et que lui, il se voyait pas bouffer des gaufres toute sa vie. D’ailleurs, le père de Kyle, à la pêche espère et est sûr qu’il retrouvera du boulot. Mais pour le père de Kenny, c’est loin d’être évident, lui qui n’a pas eu la chance du père de Kyle. Certes, ses parents pouvaient lui payer les meilleures écoles, mais il s’est aussi crevé le cul pour arriver où il est : il voulait devenir quelqu’un et à tout fait pour ! Le père de Kenny « aussi » (mouais, faut le dire vite), mais lui se trouve l’excuse de ne pas être né avec une poire à lavement en argent dans le cul ! Comme le pense le père de Kyle, il est juste jaloux, et ce n’est finalement qu’un pauvre con d’alcoolo, comme son père. S’ensuit une lutte de catch mémorable, n’ayant rien dans la tête, le père de Kenny a tout dans les bras (et malheureusement d’ailleurs il s’entraîne souvent sur son punching-ball qu’est sa femme après s’être mis la tête à l’envers pour oublier sa condition sociale « inextricable »).

 

La société fonctionne, tant bien que mal, par l’ « équilibre » grands et glands

 

Même si ce n’est pas un état de fait (puisqu’au cours de la préhistoire, jusqu’au néolithique et l’avènement des chefferies vers le -Vè millénaire, les sociétés étaient relativement égalitaires), il n’en reste pas moins qu’il y a toujours eu et qu’il y aura toujours des meneurs et des suiveurs.

Face à la croissance de la population et surtout à la spécialisation des tâches, certains se sont arrogés les pouvoirs politiques/religieux/économiques et ont transformé le reste de la masse en serviteurs. Ainsi, depuis quelques millénaires, la société se compose de commandeurs de croyants en l’obligation de ce système et d’esclaves englués dans la servitude volontaire. Malgré quelques rébellions et Révolutions, l’ordre établi continue de régner en maître sachant qu’il n’a plus (de nos jours) de contre-système crédible aux yeux du Peuple.

Ainsi, Kyle cherche à comprendre pourquoi chez le père de Kenny (anciennement meilleur ami de son propre père : ils travaillaient avant ensemble et étaient inséparables, mais la vie les a séparés ; Stewart fut jaloux que Gerald quitte la pizza pour devenir quelqu’un.) il y a des rats et rien à bouffer alors que chez lui c’est cool, son père lui explique que c’est « simplement » parce qu’ils ont moins d’argent qu’eux. Innocemment, Kyle propose de leur donner la moitié de ce qu’ils ont, mais pour son père il a des choses à apprendre : nous vivons tous en société et pour qu’elle fonctionne, il faut des grands et des glands. Son père a passé de longues années à la fac de droit et il a fait des études parce qu’il était légèrement plus intelligent que les autres. Mais il faut bien des pompistes, des serveurs, ou des réparateurs de machine à laver. Pour lui, chez Kenny, ils sont heureux tels qu’ils sont. Et de toute façon, c’est comme ça que fonctionne l’Amérique. Justement, allant à la partie de pêche manigancée par Mme Broflovski, Gerald n’avait plus de matériel et a donc dû tout racheter, une canne, un moulinet et des hameçons. Pour lui, le week-end est le meilleur moment de la semaine. Mais pour le père de Kenny, au chômage on ne voit pas la différence. En parlant de ça, M. Garrison veut que ses élèves fassent une rédaction avec pour sujet « Comment puis-je rendre l’Amérique meilleure ? ». Pour Kyle, son père dit que le pays fonctionne avec des grands et des glands, mais il a une meilleure idée : sa solution finale ! Son père, super intelligent, dit que les pauvres sont des glands. Donc, pour avoir une Amérique de grands, il suffit de mettre les glands dans des camps. Ainsi, il y aura que des riches, parce que les pauvres, ils seront tous morts. Le père, lisant cela avec toutes les connotations historiques que cela peut avoir pour un juif, comprend qu’il a présenté les choses de manière simpliste. Il s’excuse auprès du père de Kenny d’avoir été dur avec lui qui a eu moins de chance que lui dans la vie. Sur ce, le père de Kenny s’excuse aussi !

 

 

Conclusion :

 

 

Voyez, on se couchera moins bête car on a appris un truc  aujourd’hui : la pauvreté est un épineux problème de société. Que celle-ci soit subie après un des nombreux coups du sort que réserve la vie, ou quelle soit quasiment acceptée comme une fatalité familiale, toujours est-il qu’elle est loin d’être agréable et évidente à vivre au jour le jour !

 

Il est certain qu’en plus du manque de confort alimentaire et matériel, il existe une certaine forme de culpabilisation sociale par l’image des foyers modestes que renvoie le reste de la société. Comme l’a prouvé le sociologue Pierre Bourdieu, il persiste même (voire surtout) aujourd’hui une réelle « fatalité » en terme de reproduction sociale des infortunes dans le sens où si l’on naît pauvre, on a plus de « chance » de le rester de par ses conditions sociologiques d’origine. Malheureusement, certains (les pas pauvres bien sûr) considèrent que le monde en va ainsi et que c’est normal, voire nécessaire : la société ne peut fonctionner correctement que s’il y a des riches toujours plus riches et des pauvres bougres un tout petit peu moins démunis.

 

Comme le disait Coluche : « Le capitalisme est l’exploitation de l’humain par l’humain, le communisme (autoritaire) c’est l’inverse » ! Est-il normal que dans nos sociétés dites « modernes » il y ait toujours autant de pauvre que lors de la Révolution française (environ 10%) et que certains se gavent alors que d’autres font la queue devant les Restos du cœur ??? Tant que nous n’aurons pas réglé la fameuse Question Sociale posée depuis cette époque (et même bien avant, la première grande Révolution – dont l’humanité ait trace – ayant eu lieu à la suite de la mégalomanie des grandes pyramides d’Égypte), nous ne pourrons dormir sereinement, sans scrupule par rapport à ceux qui crèvent la gueule ouverte et le ventre vide !!!

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Published by Collectif des 12 Singes - dans South-Park Capitalisme
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