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3 novembre 2007 6 03 /11 /novembre /2007 09:34

Catégorie : VI] Du pareil au même : loi / morale, responsabilité individuelle / collective

Thème : 2) Putain de hippies soixante-huitards tardés : éduquer c’est fixer des limites !!!

 

 

Fiche de visionnage n°32 : Épisode 93 (saison 6, épisode 14) –

Le camp de la mort de tolérance

 

 

 

Analyse philosophique des extrêmes : Pas de tolérance pour les ennemis de la tolérance ???

 

 

Les pros : Les parents, principale Victoria, M. Mackey,

Les antis : Les enfants, Chef, M. Garrison.

 

 

Thèse : L’intolérance est intolérable ;

Antithèse : La tolérance ne peut et ne doit pas être absolue ;

Synthèse : La tolérance est à manier avec précaution et doit être « limitée » !

 

 

Il était une fois à South Park, M. Garrison se fait convoquer dans le bureau de la principale Victoria.

 

 

Introduction :

 

 

Étant donné que nous sommes tous différents, que l’on porte sur soi cette spécificité, qu’on l’a revendique ou qu’on essaye de la cacher, pour que l’on puisse vivre en Harmonie il est nécessaire de tolérer ce qui nous distingue de l’autre.

La tolérance est un acquis de hautes de luttes, puisqu’elle est loin d’être naturelle chez les humains. Elle fait partie d’un lourd travail sur soi pour ne pas s’arrêter à la différence de l’autre mais voir ce qu’il a vraiment au fond du cœur. Toutefois, que l’on apprécie ou non la personne en face, la tolérance se doit d’avoir certaines limites (tout comme la Liberté) afin de ne pas tomber dans l’extrême inverse, à savoir le laisser-faire d’un grand n’importe quoi.

 

Après les tragédies totalitaires du XXè siècle (où tout ce qui n’était pas interdit était obligatoire) et l’intransigeance des siècles précédents, les hippies ont suscité la tolérance absolue. Aujourd’hui nous en sommes revenus mais nous cherchons toujours à calibrer le juste milieu.

En somme, devons-nous appliquer la devise de St Just (concernant la Liberté) remise au goût du jour : pas de tolérance pour les ennemis de la tolérance ???

 

 

Thèse en faveur de la tolérance à outrance

 

Un individu, par essence membre d’une communauté humaine, est composé à 80% de point de vue majoritaire et de 20% d’orientation spécifique.

Pour qu’une société puisse fonctionner de manière stable et harmonieuse (puisque c’est elle qui a engendré, soit sexuellement soit moralement, tout individu « spécial »), il est nécessaire de respecter les différenciations de tout un chacun. Pour cela, même si ce n’est pas toujours évident, il importe de reconnaître ses erreurs de jugement trop hâtif.

Il en va ainsi de la principale Victoria qui avoue honnêtement que certains de l’équipe pédagogique voyaient d’un mauvais œil les préférences sexuelles de M. Garrison : elle reconnaît qu’ils avaient tort et lui présente des excuses au nom de tous, ce qui fait bien sûr plaisir à entendre pour M. Garrison. Ce dernier avait demandé il y a plusieurs mois de quitter les maternelles pour reprendre les CE2, et il se trouve que le poste de professeur de CM1 s’est libéré et ils pensaient le lui proposer. M. Garrison en est tout étonné, se demandant même si elle est sérieuse et si c’est pour de vrai ! Il faut dire que l’administration a compris qu’il était un individu avec ses préférences, et que tous respectent cela ! M. Garrison est aux anges et assure la principale Victoria qu’il fera du bon travail, ce dont elle ne doute pas. Pour autant, il s’interroge tout de même et veut vraiment être sûr qu’on ne va pas encore le virer dans deux jours parce qu’il est gay. La principale le rassure sur le fait qu’il n’y a aucun risque et M. Garrison en est tout joyeux. Au camp de tolérance, l’opinion générale est la même, puisque les enfants intolérants doivent faire de la peinture avec les doigts et représenter des gens de différentes « races » (il n’y en a qu’une, la race humaine homo sapiens sapiens) et différentes orientations sexuelles vivant ensemble ! Ils ne doivent faire aucune distinction entre les gens de couleurs différentes ou les gens de différente orientation sexuelle : ils doivent accepter tout le monde ! Kyle, ne sachant pas trop quoi peindre, dessine un ours, ce qui n’a aucun rapport avec le fait d’accepter les gens de race différente ! A coup de « Tu dessines ce qu’on t’ordonne de dessiner ! Allé !!! Plus vite ! Plus vite !! Plus vite !!! » (cette fois avec un pistolet sur la tempe), il montre au chef de camp un arc-en-ciel avec des gens de toutes les couleurs en-dessous. Par la suite, le personnel du camp fait faire aux prisonniers des œuvres d’art en nouilles pour illustrer la diversité sur leur lieu de travail ! Herr Führer (guide en allemand) est très satisfait d’un collage représentant deux personnes se serrant la main sous le titre de Diversité. Idem, au musée de la tolérance, la guide et le public sont réunis pour remettre à un formidable enseignant la médaille du courage professoral : Herbert Garrison a fait son outing il y a deux ans, et depuis il a fait face à l’adversité et même fait face aux calomnies de certains élèves ! La mère de Stan a tellement honte de son fils !

 

Les mentalités mettent du temps à évoluer, mais on ne peut laisser l’inacceptable (car différence inacceptée) perdurer sous prétexte qu’on a toujours envisagé les choses sous cet angle (qui se doit à présent d’être mort).

La loi est un puissant outil pour contraindre la psychologie des masses à réfléchir en se posant les bonnes questions pour trouver les bonnes réponses. Il est certes bien malheureux de devoir en passer par là, mais lorsque l’obscurantisme assombrit la faculté humaine de penser depuis des siècles, l’arsenal juridique et la jurisprudence sont un électrochoc utile pour partir sur de nouvelles bases d’acceptation de l’Autre et de ses choix personnels qui n’engage que lui !

Comme le dit très bien, malheureusement, la principale Victoria, si elle accepte à nouveau M. Garrison, c’est pour une certaine part parce qu’elle ne pourra plus le renvoyer parce qu’il est gay, et qu’avec les nouvelles lois il pourrait demander à l’école des millions de dollars ! Grâce à cela (ou à cause pour certains obtus), la politique du rectorat a changé ! M. Garrison s’empresse, vénal qu’il est, de savoir combien d’argent il pourrait quémander. Il y a eu un cas dans le Minnesota où le plaignant a empoché 25 millions de dollars ! Ce tordu de M. Garrison ne pensait pas que cela pouvait être autant que ça, ce qui le laisse songeur. Il sort du bureau dubitatif et dépité par cette bonne nouvelle de sa réintégration dans l’équipe professorale, mais voulant à tout prix trouver un moyen de se faire virer parce qu’il est gay et prendre une retraite dorée non-méritée !!!

 

Comme St Thomas, et pour beaucoup de domaine, il faut d’abord voir avant de croire ! Les idées toutes faites ne sont jamais de bon augure.

Les préjugés ont la vie (qui) dure et ils blessent énormément quiconque en est la victime. Non seulement ils sont tout relatifs, mais en plus on ne peut juger quelqu’un parce qu’il est ceci ou cela, puisque aucun individu, de quelle communauté à laquelle il se (ou plutôt on le) rattache, n’est identique dans sa manière de vivre ses choix. Il est ainsi plus que nécessaire d’informer encore et encore afin de dissiper tous ces préjugés qui n’ont de valeur que pour les imbéciles qui veulent y croire parce que ça les rassure sur l’Autre et ses orientations que leur cerveau étriqué ne peut (et ne veut) comprendre.

Heureusement, le musée de la tolérance est là pour ça ! Là les visiteurs prennent conscience de la dynamique du racisme et des préjugés ! Bien sûr Cartman en baille déjà d’ennui, mais, fait exceptionnel, sa mère montre son autorité en lui mettant un taquet. Sachant (ou non justement) que certains mots peuvent être une preuve d’intolérance, la guide envoie les enfants dans le tunnel des préjugés pour qu’ils sachent ce que l’on ressent lorsqu’on est discriminé ! Des mots infamant s’y affiche : Pédé ! (queer) Métèque ! (beaner) Chinetoc ! (chink) Négro ! (nigger) Youpin ! (heeb) Tarlouze ! (faggot) Bouseux ! (cracker) Niakoué ! (slope). Il fallait s’y attendre, pour Cartman ce tunnel troue le cul et il veut y retourner (tirant comme un fou sur la jupe de la guide). La visite se poursuit par la chambre des stéréotypes : des statues de cire représentent la façon dont les gens intolérants ont catalogué les minorités ! Là on trouve un noir qui se nourrit de poulet et de pastèque, une caricature blessante pour la communauté afro-américaine (alors que la guide ne dit rien sur le fait qu’il porte une arme, cliché autrement plus offensant que des habitudes alimentaires assez partagées). Le père de Stan montre un autre stéréotype, un arabe représenté en terroriste, alors que la guide rappelle bien que tous les arabes ne sont pas des terroristes (on le sait, n’est-ce pas ?!?!?!). Butters pour sa part montre un asiatique avec une calculatrice, car tous les stéréotypes ne sont pas négatifs : mais même un positif du genre les asiatiques sont forts en math peut s’avérer très blessant ! Évidemment, Cartman bloque sur un Juif plein de thunes (le sourire, mal placé, jusqu’aux oreilles). L’idée que les Juifs ne s’intéressent qu’à l’argent a la vie dure hélas !!! Dans le camp de tolérance (façon camp de concentration, filmé à « La Liste de Schindler »), le général en chef rappelle que les enfants sont là parce qu’ils ne tolèrent pas que l’on soit différent, parce qu’ils refusent d’accepter les choix de vie que d’autres ont pu faire ! Mais un séjour dans cet endroit changera leur attitude : ils travailleront chaque heure de chaque jour, et on les obligera à devenir tolérants envers tout le monde. Dans ce camp de la mort de tolérance, l’intolérance ne sera pas tolérée !!!

 

Antithèse en faveur de la limitation de la tolérance à l’acceptable

 

Dans notre ère actuelle du politiquement correct, il devient de plus en plus difficile d’exprimer ses réticences face pourtant à des abus clairement identifiables comme tels.

Sous prétexte d’intolérance ou de machin-phobie, on a du mal à faire entendre sa voix divergente dans la cacophonie de la bien-pensance officielle, où l’on se doit de tout respecter. L’individu est nié dans ses principes, tout comme la constitution au sujet de la liberté d’expression : la censure est beaucoup moins visible qu’auparavant, mais plus perfide car elle se niche à présent dans la morale. On oublie un peu vite que la première des Libertés est de dire ce que les autres n’ont pas envie d’entendre (mais avec quoi, dans le cas présent, ils seraient majoritairement d’accord, au moins en privé).

Cela commence par le petit détail de l’ignorance de ce que l’autre a à dire. Ainsi, quand les enfants arrivent chez Kyle, tous les parents sont là pour réunion du livre du mois. Kyle demande s’il peut dire un truc aux parents, la mère de Stan demande si ça a été l’école, Kyle répond que c’était nul, sa mère enchaîne que tout ceci est parfait, propose aux enfants d’aller jouer dehors et la conversation littéraire continue. Stan reprend le flambeau est disant à sa mère que Kyle avait dit que l’école était nul parce qu’ils ont un nouveau professeur, M. Garrison qu’ils avaient en CE2. Kyle complète en indiquant que le prof a un nouvel assistant culturel et que tous les deux … ben ils sont gays ! Pour la bonne cause, la mère de Kyle se réveille et sermonne son fils qu’on ne doit pas faire de discrimination contre les homosexuels !!! Merci du rappel à l’ordre, dont Stan est bien conscient, mais le problème est que ces deux là, ils sont vraiment vachement gays ! Le père de Stan prend le relais, surpris par la réaction de son fils, lui qui croyait que Stan avait compris qu’il faut accepter les gens pour ce qu’ils sont !!! Stan a beau tenter d’entamer la discussion sur le fond de ce qui les gêne, son père coupe court à la conversation, arguant qu’il ne l’a pas élevé comme ça et qu’il faut respecter les autres ! C’est bien vrai ça, mais là quand même ... La mère de Kyle propose alors d’emmener les enfants visiter le musée de la tolérance ! Ils ne sont pas les seuls à subir ce sort : Chef, pour avoir osé dire ce qui se passait dans le cours de M. Garrison, est lui aussi envoyé dans un séminaire sur la tolérance ! Bien qu’il s’en offusque, la principale Victoria se justifie par le fait que Chef aurait  montré de l’intolérance envers le comportement de M. Garrison, puisqu’il a utilisé les mots de tante vicieuse pour décrire son attitude en classe !!! Ce que Chef confirme, et M. Garrison pareil ! Bref, la principale voulait juste donner à Chef une opportunité de s’excuser auprès de M. Garrison avant que Chef ne parte, mais pour lui c’est hors de question (ponctué d’un beau « Et mon cul c’est du poulet ?! »). L’équipe pédagogique ne voulant toujours pas chercher à comprendre ce qui se passe vraiment, M. Mackey est obligé de convoquer les parents parce que leurs enfants ont refusé de retourner en classe avec leur professeur ho..mo..sex..uel (ce qui lui arrache la gueule de le dire). Et Stan ne manque pas de rajouter qu’ils n’y retourneront pas tant qu’il y aura ces deux tarlouzes ! Le père de Stan est plus que déçu, lui qui croyait que les enfants avaient vraiment appris quelque chose au musée de la tolérance ! Mais apparemment ils n’ont retenu que des mots pour insulter leur  professeur ! Butters a beau protester qu’ils ont tué Lemmiwinks, son père le rembarre de suite en lui enjoignant de la fermer et de ne parler que quand on lui posera des questions !!! Les parents ne savent plus vers qui se tourner, eux qui ont toujours élevé leurs enfants dans le respect des autres ! M. Mackey, ayant entendu parler d’un camp d’entraînement intensif, paraît-il assez dur, pense que c’est le seul moyen ! Pour la mère de Kyle, c’est tout vu : ces jeunes gens sont envoyés au camp de tolérance ! Pour M. Esclave, si personne ne pipe mot, c’est que la principale cache la vérité par peur du scandale !

 

Personne ne veut remettre en cause la notion de tolérance (enfin certains si, mais voilà leur genre), mais il faut bien reconnaître que tout doit avoir ses limites.

Pour qu’une société fonctionne, il faut certes qu’elle sache tolérer ce qui se trouve en-dehors de la norme, mais il est également plus que nécessaire que le cadre social recadre certaines dérives extrêmes dans les limites du convenable. Sans être vieux jeu ou réac, si l’on ne borne pas le champ des possibles, c’est la porte ouverte à toutes les fenêtres de l’exhibitionnisme m’en-foutiste des autres.

Le dérapage commence quand M. Garrison présente M. Esclave, qui débarque avec une pure dégaine de YMCA-Village popole. Ce dernier est l’assistant cul-turel, où comme M. Garrison a  coutume de le surnommer, son assis-t’encule (teacher’s ass in english please). Le prof, envoyant M. Esclave s’asseoir à son bureau (avec un bon claquage de fesse au passage), met les points sur les zizis en précisant que les enfants ne doivent pas penser que la fin de l’année scolaire sera facile ! Elle va être au contraire longue et dure, très très longue et très très dure !!! Cartman, servant de support à l’âme de Kenny qui est enfermée dans son corps, fabrique un avion papier qu’il envoie sur le tableau, contre son gré mais à l’initiative de Kenny (pour faire payer à Cartman toutes ses méchancetés passées). Stan explique au prof que Cartman a bu les cendres de Kenny (croyant que c’était du cacao en poudre) et que depuis l’âme de Kenny est coincée dans son corps ! Tous les enfants témoignent en chœur que c’est la vérité par un grand « Ouais !!! », mais M. Garrison n’accepte pas l’indiscipline dans la classe ! Par conséquent, il sévit contre M. Esclave : ce dernier se met ventre contre son bureau et reçoit une bonne correction avec une grosse batte plate cloutée. Le prof prévient qu’il ne tolérera plus le moindre chahut en classe : il met un bâillon à son bouc émissaire (une boule dans la bouche tenue par une ceinture faisant le tour de la tête, instrument sadomasochiste bien connu des initiés) et repart pour une tournée de fessées. Les enfants n’en croient pas leurs yeux, ébahis mais choqués. M. Garrison jubile, étant sûr de se faire virer sur ce  coup ! « Malheureusement » ce n’est pas le cas : aucun des enfants n’a essayé de le faire renvoyer. Du coup, il va y travailler encore plus dur à partir de maintenant ! Commençant son cours normalement, il montre une réaction exothermique, puis il enchaîne par l’observation d’une réaction endothermique ! M. Esclave se met position 7 : M. Garrison va introduire un gros tube dans le petit cul de M. Esclave. La chaleur provenant de son rectum sera le nouveau conducteur d’énergie ! Quand le prof demande à Butters, de sortir Lemmiwinks de sa cage et de le lui apporter, Stan sent l’embrouille ! Newton ayant découvert que pour toute action il y a réaction, M. Garrison demande ce qu’il va se passer quand il va introduire l’élément gerbille dans la chaleur endothermique du cul de M. Esclave. Les gamins n’en croient pas leurs yeux : il ne va tout de même pas faire ça ? Quoi que avec M. Garrison, il faut toujours s’attendre à tout, surtout au pire et au n’importe quoi ! Il   introduit alors la gerbille dans le tube, qui s’engouffre dans le rectum de M. Esclave (apparemment, ce n’est pas la première bestiole que cet assistant très particulier se met dans le fion). Puis M. Garrison enlève le tube, enfermant la gerbille au chaud. Après la classe, il se réjouit d’avoir eu la « brillante » idée de mettre une bestiole dans le cul de M. Esclave, persuadé qu’il va se faire virer. Quand la principale Victoria le convoque dans son bureau par le biais du micro, M. Garrison laisse exploser sa joie : enfin il va être viré parce qu’il est gay ; il voit déjà les 25 millions poindre à l’horizon (d’ailleurs M. Esclave rappelle son rôle actif – enfin passif, mais on se comprend : il y a la moitié pour lui). M. Garrison chante « La digue du cul » et arrive dans le bureau de la principale Victoria, là où l’attend également Chef. Taquinant du coude Chef et entonnant à nouveau la chanson paillarde, il est sûr et certain de se faire virer. Il faut dire que Chef est venu informer la principale que certains de ses élèves avaient été … hum, comment dire ?… légèrement mal à l’aise avec sa méthode d’enseignement ! Il feint la consternation « pleurant » d’avance son renvoi, lui qui n’y peut rien d’être homo (il a d’ailleurs assez refoulé puis lutté contre ça) puisque c’est dieu qui l’a fait comme ça ! Mais il est prêt à partir si c’est la décision de l’administration. Bien joué, mais non : il n’est toujours pas renvoyé (ce qui ne lasse pas de l’étonner, lui qui a sorti quand même la grosse artillerie). Les parents de Stan et Kyle ouvrent enfin les yeux, se rendant compte par eux-mêmes que M. Garrison est aussi grave que ce que les enfants leur avaient dit, quand le prof débarque à la cérémonie du courage professoral comme une drag-queen godemicheté évadée du Crazy Horse montée sur un cheval stringé, en la personne de M. Esclave.

 

L’esprit critique est le pendant du libre arbitre, et tous les deux sont la meilleure arme pour ne pas tomber bêtement dans les pièges de la manipulation collective sous des prétextes moralisants.

Nous devons certes écouter ce que tout le monde a à dire, mais il est tout aussi important de prendre du recul par rapport à tout ceci pour se faire sa propre opinion des choses et juger en son âme et conscience du degré d’acceptabilité de la permissivité sociale et morale. Sans ce sens critique, qu’il faut encore exprimer haut et fort, il n’y aurait pas de voix discordante poussant les gens à se pauser un instant pour écouter tous les points de vue et à réfléchir sereinement si tout ce qui se passe en bien raisonnable/convenable.

M. Garrison a bien compris tout cela après son entretien avec la principale Victoria. Il peste (façon plus élégante de mentionner ses  dires : « Merde ! Bordel à cul !!! ») contre l’irrationalité de ses congénères, puisque quoi qu’il fasse, il a bien l’impression qu’il ne sera pas renvoyé ! M. Esclave s’étonne également que la principale ne l’ait pas fichu dehors. Mais il faut dire que les parents se sentent tellement mal que tous leurs enfants ne veuillent pas de lui comme prof, qu’ils vont lui donner la médaille du courage professoral vendredi au musée de la tolérance ! Comme hallucine le prof lui-même, il a mis une gerbille dans le cul de M. Esclave et ces cons veulent lui remettre une médaille !!! C’est effectivement le monde à l’envers. Heureusement, M. Esclave a la bonne idée d’amener les parents à voir quel genre de folle dégénérée il est, ça les réveillera sûrement (enfin peut-être vu leurs capacités de réflexion sereines actuelles). Le mieux est certes que les parents se rendent compte par eux-mêmes, le jour de la remise des médailles : les deux zigotos vont donc leur faire un numéro qu’ils n’oublieront jamais (et on peut leur faire confiance pour ça) ! Malheureusement, les adultes sont trop embourbés dans leur tolérance à tout craint : même en se pointant sur scène dans leur accoutrement indécent, un conseiller municipal trouve leur courage étonnant ! Le pire est à venir, mais laissons leur la responsabilité de leurs propos : « Dites moi M. Esclave ! J’ai fait un rêve où vous étiez une vraie tête de nœud ! / Vraiment ?! Pourquoi n’avez-vous pas rêvé que j’étais un trou du cul ??? / Non non ! C’était moi le trou du cul !!! » Les gens applaudissent, estimant avec respect leur courage de s’affirmer ainsi. « Je suis très heureux de recevoir cette récompense ! Mais vous savez ce qui me rend encore plus heureux : jouer les branleurs !!! ». Les gens continuent d’applaudir et de le louer. « Ça ne fonctionne pas ! Votre chanson, M. Esclave! / J’ai une petite … oh oh, jamais je n’aurais dû mettre tous ces pauvres animaux dans mon cul ! ». Pour les invités, il en faut décidément du courage : ils applaudissent à bâtons rompus ! Là, y a basta, trop c’est trop ! M. Garrison n’en peut plus que les gens ne comprennent rien : il fait tout ce qu’il peut pour qu’on le renvoie, et ce genre de comportement devrait être inacceptable de la part d’un professeur ! Un gars dans le public justifie que le musée leur a dit qu’il faut être tolérant ! M. Garrison s’emporte d’autant plus devant ce manque flagrant de lucidité : il faut certes être tolérant, mais pas   stupide ! C’est pas parce qu’on tolère quelque chose qu’on l’approuve obligatoirement, sinon le musée s’appellerait le musée de l’acceptation ! Tolérer veut dire qu’on fait l’effort de supporter (tolérer un enfant qui hurle dans l’autobus, tolérer un mauvais rhume), mais ça doit tout de même nous foutre les boules (nom de dieu de bordel de merde, il a vraiment raison sur ce coup-là, pour une fois) !!!

 

Synthèse

 

Un individu, même s’il se revendique d’une communauté à part, s’exprime toujours en son nom propre, sauf si on lui a délégué un pouvoir de représentation.

Ainsi, il faut éviter tout amalgame catégoriel qui ne reposerait que sur le comportement d’une personne, car chacun à ses qualités et défauts, qui ne sont pas (forcément) représentatifs de la majorité des personnes partageant ses différences, ses orientations ou ses convictions. De quoi découle qu’on peut mettre une personne à l’index par rapport à certaines attitudes, sans pour autant stigmatiser l’ensemble des individus qui revendiquent les mêmes spécificités.

On le voit bien quand, après des semaines difficiles en raison de la mort du professeur Mme Crockelpaf (ce que fait bien rire les gamins), M. Mackey annonce que la principale a enfin trouvé quelqu’un pour la remplacer, en la personne de M. Garrison ! Si les gamins sont si déçus, et même dégoûtés, ça n’a strictement rien à voir avec ses orientations sexuelles, mais plutôt avec ses (in)compétences pédagogiques. Idem quand Butters demande où est M. Toc, M. Garrison précise qu’il a été informé que les CM1 étaient trop vieux pour qu’il l’amène et Kyle lui renvoie qu’à deux ans on est déjà trop vieux pour M. Toc ! Encore une fois, ce n’est nullement pour signifier que tous les homos sont biscornus, mais juste que ce prof est très très spécial (si pas plus !). L’exemple est plus flagrant quand les enfants déclarent à Chef qu’ils sont intolérants, envers ceux qui sont gays. Chef s’en étonne, lui qui les croyait plus évolués que ça (et eux aussi d’ailleurs). Mais le truc c’est que M. Garrison et son nouvel assistant les mettent vachement mal à l’aise ! Chef leur explique alors que bien souvent quand les gens se sentent mal à l’aise avec les homosexuels, c’est parce qu’ils ont eux-mêmes des problèmes mal réglés !!! Grâce à son conseil « Vous devriez vous demander : y a quoi dans leur comportement qui a pu provoquer chez moi cette sensation de malaise ? », Kyle lui répond que ce qui les a gênés le plus, c’est quand M. Garrison a mis une gerbille dans le cul de M. Esclave ! Chef commence par dire qu’il n’y a pas de raison ... puis hallucine complet ! Stan interroge Chef pour savoir s’ils sont homophobes (et Kyle, s’ils sont devenus anti-homosexuels) mais le cuisinier aux bonnes idées recadre de suite le débat : il y a une grosse différence entre les homosexuels et M. Garrison ! Les enfants ne comprennent pas cette notion, mais Chef ira en parler à la principale. Le père de Stan confirmera plus tard que les enfants n’ont rien contre les homosexuels, mais qu’ils ne supportaient pas ce que faisaient ces deux connards !!! Quant à Cartman, il tente ses revendications en voulant trois plateaux repas. Comme lui dit Chef, il n’a pas besoin de trois plateaux, il est déjà assez gros comme ça ! Cartman s’enflamme en justifiant que c’est son choix de vie et que si Chef n’accepte pas il ira le balancer au rectorat. Là non plus, ce n’est pas une attaque générale contre les personnes de masse corporelle élevée (« joli » nom pour dire gros lard) mais plutôt une remise en place de ce terrible malin qu’est Cartman (qui en a fait voir des vertes et des pas mûres à Chef et aux autres de l’école).

 

Tout ce qui est différent est très vite catalogué et on lui attribue tout aussi rapidement des défauts stigmatisant, comme si la communauté majoritaire n’en avait pas.

En réalité, les stéréotypes sont un moyen de se déculpabiliser en rejetant sur l’autre toutes les tares que l’on ne veut pas voir chez soi (tout comme on voit la paille dans l’œil du voisin sans voir la poutre dans le sien). Pour autant, certaines idées reçues peuvent avoir une once de vérité, ou du moins une explication logique par rapport à certaines époques ou aux comportements de certains. Cependant, il ne faut pas partir sur ces préjugés plus ou moins malsains, au risque sinon de blesser un innocent puisqu’on trouve de tout partout et que tout le monde est unique en son genre.

Le père de Stan est tout content d’avoir trouvé le stéréotype du mexicain fainéant, sauf qu’il s’agissait du technicien de surface qui s’était endormi et non une statue de cire (faut dire qu’il est crevé et qu’il a grave sommeil – sûrement à force de s’occuper de ses x gamins, oups pardon, encore  un stéréotype mal placé). Arrivée à l’aile de la découverte, la guide recommande de faire le test sur des ordinateurs, mal installés pour tout public : être tolérant c’est aussi apprendre à respecter les gens de petite taille, les personnes handicapées. Et même les gens trop gros comme ce « charmant petit garçon » (hum, c’est elle qui le dit, en parlant de Cartman). S’adressant aux enfants, elle imagine (bien) qu’ils le traitent régulièrement de gros lard, de gras du bide ou de gélatine ! (ils s’auront s’en souvenir de cette dernière). Mais il faut apprendre à être tolérant avec cette différence également : s’il a choisi de s’empiffrer de nourriture trop riche, c’est son choix de vie ! On ne doit pas se moquer de lui, c’est son droit de se gaver de sucreries ! Ça aussi c’est un stéréotype, car tous les gros ne se gavent pas forcément, mais peuvent avoir une ossature lourde ou des problèmes de stockage ou de combustion de graisse (ce qui n’est pas le cas de Cartman). Au moins la visite du musée aura servi à ça : Cartman lance un « putain, la tolérance ça troue le cul !!! » qui fait bien rire les adultes (même si les enfants sont surpris de leur réaction face au revirement de Cartman qui est bien connu pour ses positions extrêmes et volontiers outrageantes).

 

Nos sociétés actuelles sont comme tiraillées entre la nécessité d’ouverture d’esprit sur certains sujets et le renforcement de l’intolérance sur d’autres qui ont moins les faveurs de la majorité.

Nous avons vu que la tolérance n’est pas l’acceptation. Pour autant, si on commence à sélectionner, c’est vraiment là que le politiquement correct devient encore plus nauséabond. La tolérance doit se pratiquer dans tous les domaines, à différents degrés certes, mais sans prédétermination de ce qui vaut la peine de réfléchir à deux fois et de ce qui est et doit rester à l’index.

La différence de traitement est évidente quand la visite terminée, tout le monde se retrouve devant le musée. Le père de Stan espère que les enfants comprennent à présent pourquoi c’est important d’être tolérant, ce dont Stan croit sans en être vraiment sûr. La guide rajoute, avec une voix toute mielleuse très pédagogique, que nous devons accepter les gens comme ils sont, quels que soient leurs choix de vie ! A peine a-t-elle dit ça, qu’elle change de ton et s’en prend à un gars assis près d’une fontaine. Elle lui lance qu’on ne doit pas fumer dans le musée, alors que justement il est dehors. Elle ordonne alors à cette saleté de fumeur de foutre le camp tout de suite, et les parents se lâchent eux aussi. Le père de Kyle : « Futur cancéreux ! », la mère de Stan : « Allez vous tuer ailleurs espèce de baleine goudronnée ! », le père de Butters : « Imbécile ! », le père de Tweek : « Foutez-moi le camp ! ». Après cette belle démonstration de tollé-rance appliqué, le père de Butters espère que maintenant les enfants montreront à leur professeur et à son assistant le respect qui leur est dû !

 

 

Conclusion :

 

 

Voyez, on se couchera moins bête car on a appris un truc  aujourd’hui : la tolérance est une notion fondamentale pour que tous les individus, chacun avec sa différence, puissent se sentir bien dans une société qui ne les rejette pas à cause de leurs spécificités.

 

Pour autant, toute chose a ses limites et la tolérance aussi ! Bien sûr, en premier lieu, nous devons lutter contre des préjugés d’un autre temps afin d’épurer notre façon de penser et voir l’autre tel qu’il est et non pas tel qu’on se le représente. Ensuite, il nous faut travailler sur nous-mêmes pour que la tolérance devienne un instinct social auquel nous n’aurons plus à faire attention car « définitivement » rentré dans les mœurs. Toutefois, nous devrons prendre gare à sens critique garder ! Nous voulons bien être gentil, respectueux des différences, mais point trop n’en faut : quand c’est trop c’est trop (pico) et il faut alors savoir dire stop, y a basta, no pasaran !!!

 

La leçon vraiment importante de cet épisode est que nous devons toujours écouter les voix discordantes, libre à nous ensuite d’être d’accord ou non, mais il faut laisser chacun s’exprimer. Si certains émettent des doutes sur une tolérance trop grande, écoutons leurs arguments, puis jugeons sereinement, sans pression morale du groupe, si personnellement (entre notre âme et conscience) nous estimons que là on va trop loin dans l’ouverture d’esprit et que l’on ne s’y sent plus du tout à l’aise !

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