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28 novembre 2007 3 28 /11 /novembre /2007 11:17

Catégorie : I] Nous sommes tous Égaux, alors acceptons et
                          Respectons nos Différences !

Thème : 3) On est comme on naît !

 

 

Fiche de visionnage n°3 : Épisode 126 (saison 9, épisode 1)
Le vagin tout neuf de M. Garrison

 

 

 

Analyse philosophique des extrêmes : La chirurgie esthétique permet-elle de gommer tous les hics ???

 

  • Les pros : M. Garrison, Kyle, le docteur Biber, le père de Kyle (au milieu de l’épisode),
  • Les antis : Stan, la mère de Kyle.


  • Thèse : L’opération est toujours mieux que la dépression ;
  • Antithèse : Les opérations sont à envisager avec beaucoup de modération et de précaution ;
  • Synthèse : Mieux vaut changer dans sa tête que dans ses traits !

 

 

Il était une fois à South Park M. Garrison qui se rendait au Centre Médical Trinidad pour y consulter le docteur Biber.

 

 

Introduction :

 

 

Depuis des temps immémoriaux, l’humain a cherché à embellir son corps, par du maquillage, des tatouages, de la scarification voire des mutilations.

 

Le besoin de s’affirmer et de se différencier des autres tout en s’identifiant au groupe, a peu à peu laissé la place à la nécessité pour certains de corriger certaines irrégularités qui ne leur seyaient pas ! Avec les progrès de la médecine, les opérations chirurgicales à caractère esthétique sont de plus en plus performantes et fréquentes, au point où on peut presque leur demander tout et n’importe quoi !

 

Bien sûr le bistouri peut permettre à certains de mieux s’accepter en changeant ce qu’ils considèrent comme une incongruité, mais ce genre de médecine est à prendre avec des pincettes, les dérapages étant toujours présents et la psyché devant s’adapter, tant bien que mal, au changement physique plus évident que celui psychologique.

En somme, la chirurgie esthétique permet-elle de gommer tous les hics ???

 

 

Thèse en faveur du coup de bistouri qui ouvre le paradis

 

Nous sommes le fruit d’erreurs génétiques lors de la combinaison des gènes maternels et paternels, hors certains acceptent le résultat, d’autres non !

Alors que nous pouvons évoluer en termes de personnalité par le biais de nos rencontres et des expériences de la vie, nous ne pouvons que très peu intervenir sur notre apparence. Certains s’en font une raison mais d’autres bloquent sur ce qu’ils considèrent être une aberration, ne voyant que leur nez disgracieux (ou autre partie) au milieu de leur visage ! Plutôt que de se torturer à vie l’esprit, si une opération esthético-chirurgicale peut leur permettre de faire coïncider ce qu’ils sont avec ce qu’ils voudraient être et enfin être heureux comme tel, autant le faire !

Il en est ainsi de M. Garrison : il bénit le docteur Biber, étant sûr qu’il réussira à le soigner afin d’enfin se sentir bien avec lui-même ! Étant donné que c’est une opération lourde, le docteur lui demande bien évidemment s’il est sûr de vouloir subir une vaginoplastie. Pour M. Garrison la question ne se pose même pas : toute sa vie il a été une femme enfermée dans un corps d’homme, cette opération pour changer de sexe est sa dernière chance d’être heureux ! Après l’opération, Mme Garrison est aux anges : son pénis est à présent un vagin, et il peut enfin faire l’expérience de la féminité pour la première fois de sa vie. Voyant le résultat, tant esthétique que les bienfaits moraux sur Mme Garrison, Kyle veut également changer : il veut être grand et noir ! En effet, il déteste être petit et juif alors qu’il se sent grand et noir au fond de lui ! Tout ce qu’il veut faire est de jouer au basket-ball, et cette opération le lui permettra ! Après s’être renseigné auprès du docteur qui a opéré
M. Garrison, il annonce la super nouvelle à ses parents : le Dr Biber peut lui faire une négroplastie pour qu’il puisse enfin ressembler à ce qu’il a toujours voulu être, il a même pris sa photo et créé par ordinateur une image de lui après l’opération. Finalement, même son père s’y met ! Ce docteur est vraiment un faiseur de miracle! Le père de Kyle n’a jamais été aussi heureux depuis qu’il est un dauphin ! Même si au départ il n’était pas emballé par l’idée de la négroplastie de son fils, il a eu tort de juger Kyle : s’il est malheureux de ce qu’il est, qui est-il pour lui refuser l’opération qui lui permettrait de se sentir mieux ? Même si la mère de Kyle trouve que c’est dingue, le Dr Biber a expliqué qu’il y a beaucoup d’autres gens qui sont trans-espèces. Tout ce qu’a fait le père de Kyle est changer son apparence, pour ressembler à ce qu’il ressent dedans ! À présent, il pense que s’il ne laisse pas Kyle faire la même chose, il ne sera peut-être jamais heureux, et ses parents lui doivent mieux que ça : ils lui doivent la compréhension ! À la fin de l’épisode, alors que tout le monde redevient comme avant, Mme Garrison aime toujours son nouveau elle (ou lui, allez savoir à présent) : même s’il n’est pas vraiment une femme, puisqu’il ne peut pas avoir ses règles, il préfère être comme il est à présent plutôt qu’être une tapette ! Il/Elle annonce avec fracas aux mecs qu’il reste une femme et propose au tout-venant de pilonner son vagin ! Vive le girl power !!!

 

Les progrès de la médecine sont tels que les opérations chirurgicales à caractère esthétique sont devenues monnaie courante !

Le corps humain est une machine parfaitement huilée, et en tant qu’appareil on peut intervenir dessus : comme on peut modifier l’aspect de sa voiture en lui appliquant du tuning, on peut aisément recarrosser notre design originel pour qu’il corresponde davantage à nos goûts actuels ! Ce genre d’opération est effectué quotidiennement de par le monde, et les chirurgiens sont parfaitement rodés pour répondre à bon nombre d’exigences qui auraient paru impossibles (et excentriques) il y a encore peu !

Même s’il prêche pour sa paroisse, le Dr Biber pense que si plus de gens voyaient une opération pour changer de sexe, ils comprendraient que c’est parfaitement naturel. Pour changer le sexe de M. Garrison, il "suffit" tout d’abord d’inciser les couilles. Une fois que le scrotum est ouvert, il procède à l’ablation des testicules. Il continue l’incision le long du pénis, le retourne ... comme un gant, et le dégage de son épiderme ! Ensuite, tout ce qu’il reste à faire est de fourrer le pénis ainsi écorché et pelé dans le pelvis du bassin. Enfin, il utilise la peau du pénis pour faire les lèvres vaginales ! C’est plutôt réussi, M. Garrison ressemble à une femme ! Kyle, également intéressé par la chirurgie reconstructive, demande au docteur s’il fait d’autres opérations du même genre. Il lui parle alors de péniplastie, quand une femme veut être un homme. Mais ce qui correspondrait plutôt à Kyle est une négroplastie. C’est une procédure assez standard, qui consiste en l’inverse d’une caucasioplastie comme celle de Michael Jackson. Il faut pour cela découper le visage, puis le remettre après avoir greffé des cellules productrices de pigments de la couleur désirée ! On casse ensuite l’os du bras à différents endroits et on place des rajouts pour qu’il soit plus grand. Les genoux doivent être enlevés et remplacés par des petits objets ronds qui permettent une meilleure mobilité, et on finit par une péniplastie pour améliorer les organes génitaux. Une négroplastie dure sept heures et coûte environ 3 500 $. Stan, inquiet pour son ami, se demande si c’est vraiment une bonne idée, mais le docteur le rassure : c’est une bonne idée si on veut être grand et noir, sinon il ne le conseille pas ! Kyle se renseigne également auprès de ses parents. Sa mère lui explique que, parfois, l’aspect extérieur de certaines personnes ne reflète pas ce qu’elles sont à l’intérieur : elles ont l’impression d’être enfermées dans le corps de quelqu’un d’autre. Elles peuvent alors se faire opérer pour se transformer en la personne qu’elles voudraient être, celle qu’elles sont à l’intérieur ! Kyle a tout compris, et trouve ça génial. Mais quand il s’agit de passer à l’acte chirurgical, sa mère refuse que son propre fils subisse une négroplastie.
Pour Kyle c’est injuste : pourquoi accepter son corps tel qu’il est quand il peut assez facilement le changer ?!

 

Souvent, les idées ne viennent pas de nous-mêmes, mais du poids moral qu’exerce la société sur notre façon de penser et de percevoir les choses !

La culture à laquelle nous appartenons est pleine de préjugés relatifs à son temps ! Plutôt que de laisser chacun faire ses preuves, la société dissuade voire empêche clairement certains de ses membres de tenter ceci ou cela au prétexte que de toute façon ils n’y arriveront pas ! On le voyait encore il y a peu avec les femmes, qui étaient jugées physiquement incapables de telles ou telles missions alors qu’on sait aujourd’hui, avec l’expérience, qu’elles peuvent faire au moins aussi bien, si ce n’est mieux dans certains cas !

Alors que Kyle est déjà nerveux lors des essais pour la sélection nationale de basket, sachant que jouer dans l’équipe des meilleurs joueurs de l’état est son rêve depuis des années, Stan l’encourage au titre qu’il est le meilleur joueur de l’école, mais pour Cartman c’est impossible qu’il soit pris : pour lui, les juifs ne peuvent pas jouer au basket ! Tous les élèves présents pour la sélection se réunissent au centre du terrain. Ils sont tous là car ils sont les meilleurs des meilleurs et le coach sait qu’ils ont tous bossé très dur pour en arriver là. Malheureusement, au moment de montrer ce qu’il a dans le ventre, Kyle se fait dépasser par tous les autres, tous noirs pas comme lui ! Alors que Kyle adore le basket, qu’il rêve de jouer pour les Denver Nuggets, il a beau être le meilleur joueur de son école, être très doué et avoir une bonne attitude, le coach estime qu’il n’est pas physiquement bâti pour ce jeu ! Comme le disait Cartman, pour l’entraîneur aussi les juifs ne peuvent pas jouer au basket. Un film le disait aussi bien pour une autre communauté : Les blancs ne savent pas sauter ! Pour Kyle, les choses sont claires à présent : les juifs ne peuvent pas jouer au basket, même si son père l’engueule et le somme d’arrêter tout de suite d’être antisémite ! Grâce à son opération, Kyle peut se présenter la tête haute au play-off de basket-ball inter-états entre les équipes des meilleurs CM2 du Colorado et des meilleurs CM2 du Wyoming : il se juge meilleur et prêt à jouer grâce à sa négroplastie ! Maintenant qu’il a subi son opération, effectivement le coach le trouve assez grand et noir pour qu’il joue !

 

Antithèse en faveur du piège de la tentation de la facilité

 

Tout comme l’habit ne fait pas le moine, le paraître et l’être ne sont pas forcément en symbiose dans le corps et l’esprit d’une personne !

Un pantalon pattes d’eph ne fait pas un hippie et des dreadlocks ne sont pas un signe absolu de négritude (on appelle même ces gens-là des Bounty : des révoltés, noirs à l’extérieur mais blancs à l’intérieur !). Même si l’on met au diapason son apparence avec ce que l’on croit être au fond de soi, il n’en reste pas moins qu’avant l’opération on a été élevé et on a grandi en tant que ceci ou cela, et ce n’est sûrement pas un coup de scalpel magique qui pourra changer du tout au tout, du jour au lendemain, une personnalité qui s’est construite selon une certaine apparence. Même si l’on s’est soi-même construit à partir d’une image idéalisée, la société nous a renvoyé les stéréotypes et les comportements propres à ce que l’on ressemblait vraiment, pas à ce que l’on ressentait au fond de soi !

Pointant les bouts de ses seins au supermarché Henry’s, les gens n’en croient pas leurs yeux de voir M. Garrison en tant que femme. Mais, même s’il s’estime être une de leurs, qu’il scrute attentivement le très large choix de tampons (normaux, règles abondantes, ...), qu’il est impatiente d’avoir ses premières menstruations, les autres (vraies) femmes sont gênées par son attitude : il en fait trop ! Aux toilettes, il éructe de joie – et entend bien la partager avec les autres femmes – à l’idée de faire pipi par son vagin pour la première fois, pissant assise comme une délicate petite femme ! Souhaitant être encouragé entre filles, il déblatère tous les stéréotypes à propos des femmes : les soldes, aller voir un film triste, l’essai et l’efficacité des nouveaux tampons super absorbants ! Les femmes originelles n’en peuvent plus de son attitude faussement et outrancièrement "féministe" ! Rentrant chez lui, il n’en peut plus, mais au moins il reconnaît que le travail d’une femme n’est jamais fini ! Il est tout heureuse de montrer à M. Esclave qu’il a acheté des tampons, estimant que ses règles ne devraient pas tarder, mais espérant également qu’il ne sera alors pas trop de mauvaise humeur et qu’il ne rendra pas dingue son compagnon avec ses ragnagna ! Se rendant au bar, des filles exhibent leurs seins magnifiques, il se tâte, hésitant à faire de même ... et puis merde, il gigote et les fait remuer dans tous les sens ! Comme une vraie femme, il joue de ses atouts puis se plaint que les mecs fassent n’importe quoi juste pour pouvoir mater leurs seins : pfff, les hommes sont tous les mêmes ! Certes son petit ami l’a quittée, car en fait il était pd, mais depuis Mme Garrison s’éclate et baise avec des tas de mecs. Vive le Girl Power ! Pourtant, il y a une couille dans le pâté : il n’a pas encore eu ses règles. Ne connaissant que peu de chose aux femmes, il interroge l’une d’entre elles pour savoir s’il a une raison pour laquelle une femme n’aurait pas ses règles.  Normalement, quand une femme n’a pas ses règles, ça signifie qu’elle est enceinte. Mais c’est bien sûr : un de ces routiers avec qui elle a couché a dû l’engrosser. À l’annonce de cette heureuse nouvelle, Mme Garrison est aux anges : il est enceinte, il va donc pouvoir se faire avorter comme une vraie femme ! Annonçant, avec sa délicatesse bien connue, qu’elle a découvert il y a quelques jours qu’elle ne saignait pas de la moule, Mme Garrison demande donc au médecin comment il va lui retirer le polichinelle qu’elle a dans le tiroir : va-t-il l’écrabouiller ou juste l’aspirer à l’extérieur, sachant qu’il peut aussi juste le tuer, elle l’expulsera elle-même ! Quand le médecin lui annonce qu’elle ne peut pas avorter, Mme Garrison s’emporte : ce n’est pas à lui de lui dire ce qu’elle peut faire ou non avec son corps, une femme a le droit de choisir ! En fait, ce que voulait dire le docteur, c’est que, physiquement, elle ne peut pas l’avorter, parce qu’elle ne peut pas tomber enceinte ! Certes, elle n’a pas eu ses règles, mais elle ne peut pas non plus en avoir : elle a changé de sexe, mais elle n’a ni ovaire ni utérus ! Mme Garrison est affligée à l’idée de savoir qu’elle ne connaîtra jamais la sensation d’avoir un bébé à l’intérieur et de l’écrabouiller puis l’aspirer à l’extérieur : même si elle a payé 5 000 $ pour être une femme, elle n’en est pas vraiment une, elle est juste un mec avec un pénis mutilé ! Finalement, il/elle pense (à raison) qu’il/elle s’est fait enculer !!! Voulant redevenir un homme, Mme Garrison part avec docteur charcuteur pour retrouver Kyle qui a ses testicules comme rotules ! Le problème est le même pour lui : le chirurgien a juste fait en sorte qu’il ressemble à un joueur de basket, s’il y joue vraiment, les testicules dans ses genoux sont des couilles à retardement et risquent d’exploser ! À la fin de l’épisode, le docteur s’excuse platement, il aurait dû dire à ses patients que la chirurgie n’était que superficielle : Kyle ressemble à un grand noir joueur de basket mais n’en est pas un, tout comme son père n’est pas un dauphin ! Ils n’auront qu’à passer à la clinique pour que le chirurgien leurrende leur apparence, pour des honoraires raisonnables. Mais Mme Garrison restera elle comme telle !

 

Quand on n’est pas sûr de soi ou du résultat à venir, c’est toujours mieux qu’une opération soit réversible, mais ce n’est pas toujours le cas !

Même si de nos jours on peut effectuer une simulation par ordinateur pour prévisualiser son soi d’après, il reste important de se poser à fond la question du bien-fondé d’une opération qui n’est jamais anodine. En effet, même si tout se passe pour le mieux, il y aura toujours une certaine marge d’erreur entre ce que l’on avait projeté d’être après l’opération et son résultat effectif. Sachant qu’on ne pourra réintervenir dessus à maintes reprises, il faut bien choisir son chirurgien, mais surtout bien se poser la question de ce que l’on recherche dans cette opération, si ça vaut le coup et quelle approximation du résultat on autorise selon les possibilités techniques du moment !

Alors qu’il est en pleine opération, Mme Garrison débarque au bloc et engueule le Dr Biber, se plaignant qu’il était censé faire d’elle une femme. Il confirme qu’il a changé son sexe, mais pour Mme Garrison, être une femme signifie saigner de la chatte une fois par mois et pouvoir se faire avorter ! Ce n’est pas son cas, et plutôt que de rester dans cet état de monstre, il souhaite redevenir un homme. Le problème est que le docteur ne peut lui remettre ses organes : ses testicules ont été utilisés pour faire des nouveaux genoux pour un garçon qui voulait être grand et noir, et son scrotum est à présent l’aileron d’un homme qui voulait ressembler plus à un dauphin ! Excédée, Mme Garrison embarque avec elle ce charlatan pour retrouver ses burnes et son scrotum, afin de tenter de revenir à la normale.

 

Dès que la barrière du champ des possibles est entrouverte, certains s’y précipitent, au risque de faire tout et surtout n’importe quoi !

Ce n’est pas parce qu’on sait faire qu’on doit forcément répondre à des demandes excentriques ! Tel est bien aujourd’hui le problème majeur de la science : certes ses avancées ont permis de soigner plus et mieux, mais certaines techniques sont d’ores et déjà déviées de leur but initial pour satisfaire des demandes quelque peu irrationnelles. Un patient tentera toujours de trouver une solution technique à son mal-être, il incombe alors au professionnel de ne pas forcément y répondre : même si son savoir-faire le lui permet, il doit limiter certains abus caractérisés et accompagner les demandes bizarres vers d’autres solutions, souvent plus psychothérapiques qu’esthétiques !

Il en va ainsi de la première réaction du père de Kyle à l’annonce par son fils de son envie de négroplastie. Sa femme, avec ses idées transsexuelles progressistes, a laissé penser à son fils qu’il pouvait être trans-racial et l’exige même à présent. Heureusement, la mère de Kyle refuse de lui donner les trois mille dollars nécessaires à cette opération trop délicate et délirante ! D’ailleurs, c’en est assez pour le père de Kyle : ce Dr Biber va se faire botter le cul ! Arrivé dans son bureau du Centre Trinidad, il malmène le docteur, estimant qu’il faut être cinglé pour être d’accord de changer son fils en un grand afro-américain ! Mais ça ne se passera pas comme ça : le père de Kyle est avocat et il entend bien poursuivre le Dr Biber pour faute professionnelle, et faire fermer sa clinique ! Pour autant, le père de Kyle se laissera séduire par la proposition du docteur. Alors qu’il était parti voir le médecin pour se plaindre des idées qu’il proposait à son fils, voyant qu’il a sur son t-shirt des dauphins, le docteur propose au père de Kyle d’en devenir un. Lui qui rêve depuis tout petit de nager comme et parmi eux dans la grande bleue pourrait voir son rêve réalisé.Une dolphinoplastie peut s’effectuer assez simplement : il suffit d’inverser le dos et de remonter l’œsophage sur le dessus de la tête. Dans un sursaut de lucidité, le père de Kyle refuse cette offre alléchante, la jugeant trop dingue. Alors qu’il sort de son rôle de simple conseiller, le docteur le pousse au cul, estimant qu’il n’y a rien de dingue à vouloir ressembler à ce qu’on sent être à l’intérieur !

 

Synthèse

 

Le changement de cartes en plein milieu du jeu, et donc les techniques qui permettent cela, sont le sujet de débats animés quant à leur opportunité !

Le refus de ce qu’on est, tant physiquement que psychologiquement, est loin d’être facile à aborder et envisager par la famille, elle qui est plus ou moins responsable du résultat et en tout cas sûrement de la façon de concevoir les choses au niveau de la personne qui souhaite se changer de fond en comble ! La société elle-même n’a pas encore trouvé ses marques morales vis-à-vis de ces possibilités qui modifient en profondeur notre rapport au corps !

Au plein milieu du repas, Kyle demande à son père ce qu’est une opération pour changer de sexe. Son père élude la question par le trop facile « je te l’expliquerai quand tu seras plus grand ! ». Mais Kyle ne lâche pas le morceau, alors que son prof, M. Garrison, a changé son pénis en vagin. Devant cette nouvelle, le père de Kyle s’emporte : trop c’est trop, il retire ses enfants de cette école. Pour autant, sa femme trouve qu’il manque d’ouverture, trop étroit d’esprit qu’il est : il ne devrait pas juger les gens qui veulent changer ! Le fond du problème est bien de savoir comment, en tant que parent, on est censé expliquer ça à ses enfants, sachant qu’il s’agit tout de même de leur instituteur, personne au statut particulier. De leur côté, les enfants se posent moins de question, Butters étant le premier à crier sur les toits que Kyle est devenu un négro ! Craig a du mal à le croire, Clyde se demande si ça fait mal – ce que confirme Kyle, mais ça valait le coup – et Stan hallucine sévère ! Kyle le rassure car il est enfin prêt pour passer les sélections encore une fois, et il est ce qu’il voulait être. Quand Stan voit qu’en plus le père de Kyle est devenu un dauphin, là c’est le pompon ! Quant à lui, tout ce que voit Cartman c’est que le père de Kyle est un dauphin juif, un juiphin en quelque sorte ! Ce dernier, ne sachant plus trop comment se considérer demande d’ailleurs à un stadier s’il y a des places réservées aux dauphins. De même, il cherche les toilettes pour dauphin. Alors qu’on lui explique qu’il n’y en a pas, il se demande bien où il est censé aller, lui qui a besoin d’un grand réservoir d’eau salée. Il s’emporte, les organisateurs d’événements devraient construire des structures pour des personnes trans-espèces comme lui, surtout qu’il est peut-être un dauphin, mais qu’il est aussi un avocat. Un avocaphin en somme, voire même un avojuiphin !

 

Changer d’apparence n’est pas anodin, puisque cela a également des répercutions sur le quotidien.

Avant toute opération esthétique, le chirurgien prend un maximum de précautions pour s’assurer de la connaissance du patient sur tout ce que l’intervention va apporter comme changement dans sa vie. En effet, même si la personne réfléchit de longue date à l’opportunité d’un geste chirurgical, elle n’en a pas forcément pour autant saisi toute la portée et les conséquences concrètes sur sa vie personnelle, sociale et professionnelle.

C’est exactement ce qui arrive à Mme Garrison. Alors qu’elle présente à son compagnon M. Esclave un ensemble très coquin et qu’elle lui propose d’emmener cette magnifique femme au lit, elle se prend un cinglant « Non merci ! » en pleine face ! Elle qui veut justement essayer sa moule toute neuve, se voit reprochée de s’être fait opérer sans avoir demandé ce que son partenaire en pensait ! Par manque de discussion, elle pensait qu’il la soutiendrait, et puis après tout elle est toujours lui, il a juste un vagin au lieu d’un pénis ! C’est bien ça le problème : M. Esclave est gay et n’aime pas les vagins ! D’accord, M. Garrison était malheureux quand il était un homme, et d’ailleurs M. Esclave ne s’en fiche pas que son compagnon souffrait puisqu’il trouve génial qu’il se sente mieux, mais toujours est-il que
M. Garrison aurait dû se poser la question de ce que pouvait ressentir son entourage concernant un tel changement ! Pour l’intéressé(e), il n’y a aucun problème : ils peuvent toujours être ensemble, il suffit qu’ils arrêtent d’être gays ! M. Esclave saute de sa chaise : comment
M. Garrison peut-il dire ça, lui qui est gay aussi. Ce dernier rectifie de suite : il est une femme, donc il n’est pas gay ! Devant l’impossibilité de communiquer, M. Esclave s’en va, pendant que Mme Garrison continue de le harceler : les hommes sont tous les mêmes, ils préfèrent fuir les problèmes ! Qu’à cela ne tienne, son ex n’a qu’à se tirer et se trouver quelqu’un qui n’a pas de vagin !

 

Même s’il n’est pas tous les jours évident de vivre avec soi, on doit faire l’effort de prendre sur soi et de s’accepter avec ses défauts et ses qualités !

Comme on ne choisit pas sa famille, on ne choisit pas son enveloppe corporelle, ni sa biologie interne, ni même à certains égards toute sa psyché ! On est comme on naît, et l’on doit s’accepter tel quel ! Plutôt que de passer un temps fou à essayer de se changer, "le plus simple" sera toujours de faire son possible pour faire la paix avec soi-même, notamment en transformant ses défauts en qualité, autant que faire se peut. Comme certains gros compensent par l’humour ou des "moches" se rattrapent en étant avenants et gentils, la personne se doit de faire avec ce qu’elle a, tant d’autres étant nettement plus mal lotis que soi !

C’est bien le discours de Stan à son pote : il a assuré comme une bête ! Même s’il n’est pas pris dans la sélection, il doit s’en faire une raison, au moins il a fait de son mieux ! Ce n’est pas la peine de faire la gueule : certes il n’est pas bâti pour le basket, et alors ? En tout cas il doit réagir ! Et c’est là tout le problème : lui qui depuis toute sa vie se sent noir parce qu’il écoute du hip-hop, qu’il est fan de Will Smith et qu’il adore le basket, n’en peut plus que son apparence ne reflète pas ce qu’il est à l’intérieur ! Mais il doit faire avec : même si sa mère lui a dit que les gens ont parfois besoin de chirurgie pour se sentir bien dans leur peau, concernant son fils et son opération excentrique la seule solution est d’accepter son corps comme il est !

 

 

Conclusion :

 

 

Voyez, on se couchera moins bête car on a appris un truc aujourd’hui : pour ne pas tomber dans les excès de facilité mais aussi de monstruosité de la chirurgie esthétique, on doit déjà changer l’image qu’on a de soi avant de vouloir en passer par le bistouri !

 

Personne n’a jamais dit qu’il était facile de vivre avec ses erreurs de programmation génétique, et quand on en arrive à les considérer comme des horreurs de la nature, la solution chirurgicale peut être un palliatif pour s’approcher de l’estime de soi. Pour autant, il faut bien penser à toutes les conséquences de ce genre d’acte loin d’être anodin : non seulement le résultat peut ne pas être à la hauteur de ses attentes, mais en plus ce n’est pas sa nouvelle apparence qui fera automatiquement que la société vous considérera comme ce que l’on a toujours voulu être !

 

Même si cela ne change pas grand chose au problème, rappelons-nous toujours qu’il y a plus dur à vivre ailleurs, que ce soit par handicap de naissance ou à cause des accidents de la vie ! En outre, il vaut mieux être le seul à avoir un certain travers qu’avoir les mêmes qualités que tout le monde, l’important étant de savoir en jouer en transformant ses défauts de conception en qualité d’affirmation de soi !!!

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