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30 novembre 2007 5 30 /11 /novembre /2007 06:41

Catégorie : II] Pour vivre heureux, ne vivons pas cachés

                        les uns des autres !

Thème : 2) De l’affirmation des Différences au sectarisme communautaire

 

 

Fiche de visionnage n°8 :

Épisode 136 (saison 9, épisode 11) – Les rouquins

 

 

 

Analyse philosophique des extrêmes : L’autre est-il nuisible parce que différent ???

 

  • Les pros : Cartman, les roux,
  • Les antis : Kyle, Stan.

 

  • Thèse : Ce qui est différent est déviant et inférieur ;
  • Antithèse : Il faut stopper les préjugés et comprendre ce que vit l’autre ;
  • Synthèse : Acceptons toutes les couleurs de l’arc-en-ciel humain et vivons en
                 Harmonie !

 

 

Il était une fois à South Park Token qui faisait un exposé sur le système solaire. Comme il restait du temps pour un autre exposé, Mme Garrison appela Cartman au tableau. Pour une fois, il ne rechigna pas !

 

 

Introduction :

 

 

Tous ceux qui sont physiquement différents ont toujours été perçus bizarrement, qu’ils soient jugés enfants de Satan ou qu’on associe leur "tare" à des comportements navrants, voire déviants !

Alors que le XXè siècle a malheureusement montré jusqu’où pouvait aller le rejet de la Différence de l’Autre, force est de constater que nous n’en avons pas tiré tous les enseignements puisqu’on voit et entend encore des gens qui insistent sur la couleur de l’Autre pour l’affubler de tous les torts et maux du monde !

 

Certains pensent que pour vivre heureux nous devons nous séparer des pas pareils qui nous "gâchent la vue". Avant d’en arriver à de telles extrémités, il est déjà important de s’informer correctement sur l’Autre et d’essayer de comprendre ce qu’il vit au quotidien.

En somme, l’Autre est-il nuisible parce que différent ???

 

 

Thèse en faveur de la guerre civile entre communautés différentes

 

Certains aspects corporels "spéciaux" ont de tout temps été considérés comme étant l’expression du mal ou d’un sort jeté sur une famille ayant fauté !

Que ce soit concernant des "anomalies" physiques ponctuelles ou héréditaires, certaines différences frappantes ont toujours inquiété le reste de la société, aussi bien au sujet d’un risque d’épidémie lorsqu’on ne savait pas si une infirmité était contagieuse que par des comportements associés à certaines spécificités ! Afin de se protéger, le mieux est de tenir l’Autre à l’écart et de le stigmatiser afin d’atténuer son pouvoir de nuisance !

Il en va ainsi de l’exposé de Cartman intitulé « Les rouquins : Des enfants aux cheveux roux, à la peau pâle et avec des taches de rousseur » : « Nous en avons déjà tous vus dans la cour de récré, dans le parc, au magasin, marchant dans la rue. Ils nous dégoûtent et nous donnent envie de vomir. Il s’agit bien sûr des enfants rouquemoutes ». Ponctuant son intervention de photos de rouquins qu’il juge crade, dégueu, immonde, Cartman explique que les roux naissent avec une maladie qui cause une peau très pâle, des cheveux roux, et des taches de rousseur. Cette maladie s’appelle rouquinitude, et cela arrive car les rouquins n’ont pas d’âme. Les rouquins infectés par la rouquinitude ne peuvent pas être soignés et de fait, à cause de la pâleur de leur peau, ils doivent éviter le soleil, comme les... vampires ! Selon Cartman toujours, comme pour Dracula, le gène roux est une malédiction et à moins que l’on débarrasse la Terre de cette malédiction, les roux pourraient recouvrir nos vies de ténèbres jusqu’à la fin des temps. Selon sa théorie, il est temps d’admettre pour le bien de l’humanité que les rouquemoutes sont vicieux et malsains. En guise de conclusion, si on pense que le problème roux n’en est pas un, Cartman nous invite à y repenser en montrant une dernière photo de roux, particulièrement atteint de rouquinitude.

 

Plutôt que de vivre avec des gens que l’on n’apprécie guère, le plus simple est de les mettre à l’écart, au ban de la société, là où on ne les verra pas !

Parce qu’ils ne peuvent supporter que certaines Différences et communautés leurs "polluent l’air", certaines personnes estiment nécessaire le cloisonnement social et la mise en œuvre d’une ségrégation permettant de ne pas se rencontrer. Cela peut tenir aussi bien de la relégation en banlieue urbaine de ces populations indésirées, que d’un apartheid pur et simple visant à marquer la supériorité d’un groupe sur l’autre, la minorité subissant la domination et les exigences de la majorité.

Kyle choisit de « s’auto-exclure » de la cafétéria car sa mère lui a préparé un repas kasher. Par contre, un roux qui lui souhaitait y manger se voit refouler par Clyde au prétexte que la cafétéria lui serait interdite. Alors qu’il est noir, Token explique au rouquin que ceux comme lui doivent manger dans le couloir. Jimmy, handicapé, rajoute même que ce genre de "dégénéré" a sa vraie place dehors ! Cartman s’installe comme si de rien n’était entre Clyde, Token et Jimmy. Token s’empresse de savoir ce qu’il fait là, même si la réponse saute aux yeux puisqu’il mange. Mais Clyde lui rappelle vite qu’il n’est pas censé être dans la cafétéria, Craig rajoutant qu’il connaît la règle : pas de rouquin à la cantine ! Même si Cartman justifie que c’est lui, il n’empêche, Clyde lui fait remarquer qu’à présent il est un rouquemoute ! Cartman réagit et précise que certes il est devenu roux dans la nuit, mais il n’est pas comme les autres rouquins, il est toujours lui à l’intérieur ! Peut-être, mais pour Craig il faut faire un exemple et il ne peut y avoir de traitement de faveur : s’ils laissent un seul rouquin manger là, les autres vont venir ! Jimmy le somme de dégager vite fait !

 

La majorité se croit toujours plus forte de par son nombre, mais il ne faut jamais sous-estimer la minorité animée par l’énergie du désespoir !

À force de faire subir les pires discriminations à une communauté pour ce qu’elle est et les Différences qui la séparent d’une certaine norme, un mouvement de ras-le-bol de la minorité oppressée peut vite se retourner contre ses tortionnaires moraux ! Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse : plutôt que d’encaisser les coups, à force d’en recevoir, une communauté peut vite s’élever contre son traitement indigne et estimer qu’à présent les rôles doivent être inversés et que l’oppresseur d’hier doit maintenant subir les conséquences de sa discrimination aveugle !

Cartman, manipulateur et profiteur des situations qu’il est, saisit vite sa chance en organisant une réunion entre roux parce qu’il en a ras-les-couilles d’être discriminé ! Tout ceci part d’un bon sentiment : juste parce qu’ils ont les cheveux roux, une peau pâle et des taches de rousseur, on pense qu’ils sont moins importants, et c’est des conneries bien sûr ! Les gamins à l’école se moquent d’eux, les docteurs les disent génétiquement inférieur. Pour Cartman il suffit : le monde doit savoir qu’ils sont des êtres humains avec des sentiments, et que leurs parents les aiment pour ce qu’ils sont (un père trouve même que chacune des taches de rousseur de son fils est le baiser d’un ange) ! Ils doivent être fiers de ce qu’ils sont, rien qu’en pensant à tous les grands Hommes roux de l’Histoire comme Ron Howard et ... euh ... Bref, les roux font des choses géniales pour la société ! C’est décidé, les roux doivent faire savoir à tout le monde qu’ils ne sont pas inférieurs, qu’en fait ils sont beaux, complètement géniaux, et super intelligents. Il est temps pour eux de récupérer leur fierté ! Cartman organise ainsi une manif dans la cour de récré aux cris de « Pouvoir aux roux ! Plutôt roux qu’à genoux ! ». Cartman galvanise ses troupes : ils sont un peuple fier, de nobles descendants de grands américains comme Ron Howard ... et d’autres ! Ils ne se laisseront pas discriminés plus longtemps, ils sont une grande race ! D’ailleurs, celui qui a su ramener l’estime de soi aux roux, Cartman, organise la première conférence sur la fierté d’être roux. Eux qui sont venus si nombreux sont heureux de pouvoir être fier de ce qu’ils sont ! Pour autant, Cartman n’a pas besoin de leur dire qu’il y a de la haine, envers des personnes aussi géniales qu’eux, dehors. Pour ce grand maître de cérémonie, la seule façon de combattre la haine, c’est avec encore plus de haine : les roux ne sont pas une monstruosité de cette société ; les monstres ce sont tous les Autres ! Les roux sont le peuple élu, la race supérieure, qui se doit de voir le reste de l’humanité comme la sous-espèce de rats à la peau sombre qu’ils sont ! Cartman harangue ses camarades roux : il a eu la vision d’un monde sans haine, soit un monde où tout le monde est roux ! Ainsi, il pousse ses frères de pâleur à capturer chaque enfant qui n’est pas roux et à les exterminer tous ! Cartman ne veut pas vivre toute sa vie dans une putain de minorité ! Ses conginger doivent sortir dans la nuit et chasser tous les enfants qui ne sont pas roux : ils les éradiqueront avec des cages et de savantes tortures, et un puits de lave pour les balancer dedans ! Une fois cette basse besogne faite, Cartman réunit à nouveau ses troupes au Airport Hilton lors d’une conférence sur l’extermination de tous les enfants non-roux. Le Jour du Jugement est enfin arrivé : ce qu’ils commencent ici, ils le propageront à travers le monde, jusqu’à ce que le sang de tous les non-roux ait été versé ! Il commence bien sûr l’éradication avec le diurnambule Kyle !

 

Antithèse en faveur du respect des "bizarreries" d’autrui

 

Surfant sur la vague du repli communautaire identitaire, l’information peut vite se transformer en propagande et donc en manipulation des masses !

Même en partant de données sérieuses, il est relativement facile de faire dire tout et n’importe quoi à des faits bien réels, à des statistiques ou autres sources de (dés)informations ! Si l’on n’a pas le bon sens et la critique nécessaires, il est vite tentant pour certains de détourner l’information au profit de thèses nauséabondes. À force de simplifier des réalités pour les faire rentrer dans sa conception du monde, on en oublie vite que tout est soumis à de multiples facteurs, tant en termes de cause à effet que d’interprétation de données brutes !

Cartman fait beaucoup de généralités dans son exposé, mais Kyle veille et dénonce : il est roux, mais il ne doit pas éviter le soleil comme un vampire ! Mais Cartman, en bon orateur manipulateur de première qu’il est, avait prévu le coup et allait y venir si Kyle veut bien le laisser parler. Certains sont roux, mais ils n’ont pas la peau pâle ni de tâches de rousseurs. On les appelle les « diurnambules ». Pour Kyle c’en est trop, ce n’est qu’un tas de conneries ! Cartman, utilisant à son avantage la liberté d’expression, se plaint auprès de Mme Garrison de ne pas pouvoir finir son exposé tranquillement à cause de toutes ces interruptions. La prof demande donc à Kyle de laisser Cartman dire ce qu’il a à dire dans son exposé. Mais pour Kyle cela ne relève pas du simple exposé, c’est plutôt un discours haineux ! Et en plus les gens n’ont pas la trouille des rouquins, sauf Clyde ! Pour débattre avec Cartman, Kyle le fera dans son exposé du lendemain. À la sortie de la classe, Kyle est hors de lui à cause de cet enfoiré de raciste stupide, mais Stan ne voit pas où est le problème. Kyle doit réfuter les rumeurs haineuses de Cartman car ce genre de préjugés ignorants peut amener au pire ! Il est alors décidé de se faire leur propre idée de la chose en allant voir la famille Foley, des rouquins avec la peau pâle. Kyle au moins fait un exposé rationnel basé sur des faits et des témoignages concrets. Mais Cartman continue de juger que c’était intéressant si on veut mourir ! Pour lui, il ne faut pas oublier que Kyle est un diurnambule, c’est-à-dire à moitié rouquin lui-même. Restant sur sa lancée raciste, il enjoint aux autres de ne pas se leurrer : les rouquins sont mauvais, la preuve Judas était roux et il a fait tuer Jésus ! Pour lui, il dit simplement tout haut ce que tout le monde pense tout bas : les roux sont dégoûtants, et une nuit quand tout le monde dormira, les rouquins nous auront, ILS LES AURONT ! Pfff, c’est chaque fois la même histoire quand Cartman utilise son droit à la liberté d’expression !!!

 

Si la désinformation marche aussi bien, c’est pour une large part parce que les préjugés sont partout présents parmi nous !

Même chez les plus ouverts d’entre nous, certaines Différences traînent derrière elles toute une série de conceptions qui les stigmatisent, issues du poids de notre culture et du passé. À force d’entendre des blagues différentialistes, de voir certains faits reprochés systématiquement à certaines communautés, tout un chacun, pour sa tranquillité d’esprit, préfère prendre les devants et rester sur sa garde quand il croise un certain type de personne. Tout ceci ne repose bien sûr sur rien, et il suffit d’ailleurs de connaître la personne pour bien voir qu’il ne faut pas faire de généralités, mais il n’empêche que les présupposés et les présomptions de dangerosité restent !

Quand le docteur diagnostique la rouquinitude de Cartman, il prend sa mère à part. Lui qui personnellement ne peut pas encaisser les rouquins, il sait que cette épreuve doit être difficile pour une mère, d’autant plus qu’il n’y a pas de traitement ! Son fils sera roux toute sa vie, et elle pourrait vouloir le piquer ! Ayant entendu cela, Cartman s’interpose et précise que sa mère l’aime, quelle que soit son apparence, même si sa mère tarde – vu qu’elle est sous le choc de la nouvelle – à confirmer ses dires. Mais, même si Cartman est un enfoiré raciste et un intolérant insensible, Stan admet également qu’il avait des préjugés envers les roux. La preuve, Cartman a même réussi à lui faire croire que les roux pourraient venir l’enlever dans la nuit. Mais à présent Stan estime qu’on a tous besoin de réaliser qu’on est tous différents d’une manière ou d’une autre, et on ne devrait pas se sentir menacé par ces Différences !

 

Il est facile pour une majorité de stigmatiser une minorité, mais il faudrait se mettre à leur place pour comprendre tout le mal que cela peut faire !

On ne se rend pas forcément compte au combien on peut blesser quelqu’un parce qu’on se moque de sa Différence, mais le mal est fait et il en restera toujours une trace. Même de petites attaques, les plus nombreuses, frappent les esprits de ceux qui les subissent : alors que l’on peut estimer qu’il ne s’agissait que d’une boutade, la victime prend la chose sûrement plus mal à force d’accumulation de ces "petits riens" ! Et pour comprendre toute cette violence psychologique, il n’y a que l’immersion totale, dans la peau de ..., qui permette réellement de se rendre compte de l’ampleur de la souffrance accumulée par tant de brimades !

Justement, ce qu’a dit Cartman est si mal que Stan aimerait qu’il puisse voir ce qu’on ressent quand on est roux. Qu’à cela ne tienne, Kyle propose de donner une bonne leçon à ce gros con : en pleine nuit, ils transforment l’anti-roux en ce qu’il hait par-dessus tout ! Cartman se pointe le matin à l’arrêt de bus comme si de rien n’était, si ce n’est son ombrelle pour se protéger du soleil. Kyle trouve qu’il a l’air différent, et Cartman explique tranquillement qu’il a vu un docteur qui lui a dit qu’il souffre d’une légère dépigmentation de la peau. Plutôt que rouquin comme se moque Stan, Cartman préfère se définir comme atteint de rouquinitude, selon le terme médical. Kyle remarquant le parapluie, Cartman explique que les rayons du soleil sont mauvais pour sa peau, donc il a besoin de protection quand il sort. Sur ce, il est content d’avoir parlé de ça, mais ne souhaite qu’une chose, reprendre sa vie normalement. Mais Kyle ne le lâche pas si facilement, trouvant la situation ironique vu que Cartman s’est moqué toute la semaine des rouquins et qu’à présent il en soit un ! Mais Cartman, blasé, ne voit pas vraiment d’ironie là-dedans. Assis dans le bus à côté de Butters, celui-ci n’en peut plus d’éclater de rire sur le nouveau look de Cartman. Kyle se réjouit que cela fonctionne au poil (de carotte). Ils ont donné une bonne leçon à Cartman, espérons qu’à présent il va réfléchir à la façon qu’il a eu de traiter les roux !

 

Synthèse

 

Bon nombre de différences sont dues au hasard de la naissance, ainsi les railleries sont encore plus dures à supporter qu’on n’a pas choisi son code génétique !

Que l’on s’attaque à des personnes en raison de leur comportement inacceptable, passe encore, mais s’en prendre à des individus en raison de leur héritage génétique est non seulement mesquin, mais même immoral ! Alors que le vieux racisme scientifique tente de revenir sur le devant de la scène grâce aux "avancées" de la génétique, il est important de rappeler que le génome construit l’humain, mais que la société et la culture dans lesquelles il vit façonne également pour une large part le Citoyen qu’il est !

Comme Kyle veut clouer le bec à Cartman en faisant lui aussi un exposé sur les gens avec des cheveux roux et des taches de rousseur, il se rend avec Stan chez les Foley voir les mignons petits démons roux comme les appellent leurs parents. Stan ne comprend pas comment les enfants peuvent être roux alors que leurs deux parents ont les cheveux foncés et les yeux marron. Le père lui explique alors qu’ils ont appris que le gène roux est récessif dans l’ADN de leurs deux familles : les probabilités pour qu’ils aient un rouquin avec des taches de rousseur sont de 1 sur 4, pourtant c’est arrivé, trois fois de suite même (ce qui n’a pas l’air de ravir le père, du moins il fait avec). La mère ajoute que beaucoup de gens portent le gène roux et ne le savent pas. Ainsi, si leur partenaire est aussi porteur, alors leurs enfants peuvent être comme ... "malheureusement" ceux des Foley. Le père s’empresse toutefois de préciser que chacun d’entre eux est une bénédiction pleine d’amour et qu’ils les adorent ! Pour autant, quand Kyle cherche à avoir confirmation que ce n’est pas vrai qu’ils n’ont pas d’âme, le père est sûr qu’ils en ont une mais met vite les enfants à la porte. Il leur précise juste avant de leur claquer la porte au nez que s’ils ne veulent vraiment pas avoir d’enfant roux, ils doivent épouser une asiatique, ethnie qui ne porte pas le gène récessif. Lors de son exposé, Kyle explique ce qu’il a appris avec les Foley : les cheveux roux, la peau pâle et les taches de rousseur, sont transmis par les gènes. La couleur des cheveux d’un enfant n’est pas déterminée par l’absence d’âme, mais par les mélanines qui contrôlent le pigment de notre peau. Justement, Cartman se rend chez le médecin pour diagnostiquer ce qui lui est arrivé dans la nuit. Pour le docteur, tous ses signes vitaux sont normaux, et au vu de son apparence extérieur, il estime que Cartman souffre d’une déficience pigmentaire standard, c’est-à-dire de rouquinitude. Cartman cherche à comprendre pourquoi il est roux maintenant alors qu’il n’est pas né comme ça. Le médecin lui explique que les cheveux roux et les taches de rousseur sont un gène récessif, qui a dû rester endormi jusqu’à son adolescence. Maintenant il restera comme ça pour toujours, autant si faire !

 

À certaines occasions, on peut avoir besoin de ressembler à ce que l’on rejette tout le reste de l’année !

Alors que la publicité et notre culture en général tentent d’offrir un visage stéréotypé de notre société en omettant régulièrement de montrer autre chose que des visages pâles, on peut ponctuellement avoir besoin de représenter les minorités invisibles. Mais plutôt que de prendre de vraies personnes de ces communautés, certains utilisent des gens qui s’en rapprochent : afin de ne froisser les sensibilités de personne, on emploie plutôt des métisses ou des individus qui ne sont pas trop marqués, en espérant que chacun y trouve son compte. Mais quelque part il est encore pire de ne montrer qu’un travestissement de la réalité que de la cacher complètement !

C’est exactement ce qu’il se passe au centre culturel de Denver, où la première de « Annie » provoque la polémique. Le « Mouvement Séparatiste Roux », une nouvelle organisation qui grossit rapidement, est furieux que l’actrice principale d’Annie soit jouée par une fillette qui n’est pas réellement rousse avec des taches de rousseur. Cartman, porte-parole du mouvement, explique que les roux de pure souche sont furieux que le rôle d’Annie soit à ce point rabaissé : cette salope n’est pas rousse, elle se maquille pour le paraître, mais faire semblant d’être roux est la pire chose que l’on puisse faire ! Et c’est bien pour cela que les enfants ont fait ce tour à Cartman : depuis qu’il est roux il fait comme si les rouquins étaient géniaux et d’ailleurs tous ses amis sont rouquemoute ! Il est donc temps pour eux de le retransformer en non-roux qu’il est d’origine pour qu’il ait trop les glandes !

 

Fondamentalement, qu’est-ce qu’une couleur de cheveux a à voir avec son comportement et les liens sociaux établis entre Citoyens ?

Dans nos sociétés, les meurtres et les viols sont essentiellement commis par des Blancs, mais il ne viendrait à l’idée de personne de dire que tous les Blancs sont supposés capables et coupables de tels crimes, alors que de penser que des vols "régulièrement" commis par d’autres entachent plus certainement toute une communauté, juste parce qu’elle est différente ! Le mal est humain par nature, il n’a donc aucune couleur précise puisqu’il les a toutes ! Arrêtons alors de focaliser notre attention sur des détails biologiques et considérons la personne, non son patrimoine génétique !

Alors que Kyle vient de lui révéler qu’il n’est pas roux, Cartman réalise quelque chose : se demandant ce qu’ils sont devenus, les roux ne devraient pas exterminer les non-roux (sachant justement qu’il en est un, donc du mauvais côté de la barrière). Cherchant à sauver sa tête, Cartman explique avec intelligence que s’ils exterminent tous ceux qui ne sont pas roux, alors les rouquins ne seront pas meilleurs qu’eux quand ils pensaient que les roux étaient inférieurs. Les roux doivent vivre et laisser vivre ! Le public, en transe vengeresse, lui fait remarquer qu’il prônait l’extermination des non-roux, mais Cartman aura au moins appris de cette mésaventure qu’on ne peut pas juger les gens sur leur apparence, mais qu’on doit apprendre à vivre tous ensemble ! Sommé de s’expliquer sur ce que lui a dit Kyle pour qu’il change ainsi d’avis, Cartman esquive en savourant le bonheur de sentir l’amour, d’aimer ses semblables. Tout le monde a subi de nombreuses épreuves ensemble, mais à la fin tous ont appris à s’entendre et c’est ce qui compte ! Une petite chanson finira de ressouder les liens : « Main dans la main, on peut vivre tous ensemble. Qu’on soit roux ou pas, on se ressemble. Noir ou blanc, brun ou roux, on ne devrait pas s’entretuer, parce que ça craint ! ». Cartman est vraiment un trou du cul manipulateur, puisque cette fin ne lui ressemble pas du tout, mais au moins il peut se vanter qu’il ne va pas mourir à cause des idées qu’il a lui-même prônées !

 

 

Conclusion :

 

 

Voyez, on se couchera moins bête car on a appris un truc aujourd’hui : à force de stigmatiser l’Autre par rapport à ce qu’il paraît plutôt que de considérer ce qu’il est, on peut vite faire éclater une société et déclencher une guerre civile fratricide !

 

Il est toujours plus facile de s’arrêter sur des détails physiques ethniques pour expliquer certains phénomènes plutôt que de se creuser les méninges pour avoir une vision globale des problématiques et recadrer le débat. Malheureusement, tant qu’on ne cherchera pas à comprendre comment l’Autre vit sa Différence qu’on n’arrête pas de lui faire remarquer, il existera toujours un fossé d’incompréhension entre des communautés loin d’être si éloignées !

 

Pour qu’une société vive en Harmonie avec tous les membres qui la composent, il est plus que nécessaire de savoir regarder au-delà de la couleur des cheveux ou de la peau, et d’enfin comprendre que ce ne sont pas ces critères – qui n’en sont pas – qui font les défauts et les qualités d’un individu, mais uniquement ses actes et son comportement dans la vie de tous les jours !

 

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