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Images pas sages

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South-Park Drogues

Catégorie : V] La modification des états de conscience n’est pas une solution, mais de toute façon les drogues durent !

 

 

Fiche de visionnage n°28 :

Épisode 95 (saison 6, épisode 16) – Mon futur moi et moi

 

 

 

Analyse philosophique des extrêmes : La prévention justifie-t-elle la dramatisation et le mensonge ???

 

 

Les pros : Les parents, Motivation Corp,

Les antis : Stan, Butters, Cartman.

 

 

Thèse : Tout est permis pour lutter contre les paradis artificiels ;

Antithèse : On peut tromper une fois 1000 personnes mais pas 1000 fois une personne ;

Synthèse : Il faut parler franchement et non esquiver par la ruse !

 

 

Il était une fois à South Park tous les garçons qui sont réunis dans les bois autour d’un joint laissé là par des lycéens.

 

 

Introduction :

 

 

La drogue est un phénomène culturel qui se retrouve à toutes les époques dans toutes les sociétés, mais souvent encadré par des règles de consommation !

 

Tôt ou tard, un jeune sera amené à être en présence de la drogue et on lui proposera d’y goûter ! Le meilleur moyen de ne pas tomber dans la dépendance est bien évidemment de ne jamais commencer à se droguer ! Pour cela, devant la banalisation croissante de certains produits stupéfiants, les médias et les parents sont prêts à tout pour dissuader la première prise !

 

La dramatisation des conséquences de la prise de toxique est sûrement le moyen le plus efficace, mais il peut facilement se retourner contre ceux qui l’ont utilisé, décrédibilisant ainsi sur le long terme tous leurs discours par trop moralisateurs !

En somme, la prévention justifie-t-elle la dramatisation et le mensonge ???

 

 

Thèse en faveur du « pour la prévention, tout est bon ! »

 

La télévision est un puissant vecteur de communication, l’un des meilleurs moyens de matraquage informatif avec son association son et image et sa pénétration dans les foyers.

Tout le monde, et en particulier les jeunes, regarde la télévision et s’en sert comme source principale d’information crédible. Ainsi, plus que tout autre média, il suffit d’avoir vu dans le journal, dans un documentaire ou une pub, un message de prévention pour que celui-ci marque tout de suite les esprits. En outre, de par son audience, même ceux qui n’auraient pas vu les images en seront directement informés le lendemain même de leur diffusion.

Alors que les garçons de l’école sont pétrifiés devant un joint qui traîne, abandonné en pleine forêt par des lycéens, Kyle pousse Clyde à le jeter, mais celui-ci se refuse à y toucher, enjoignant celui qui dit de le faire. Quand Stan arrive, Kyle lui explique le problème, surtout si des enfants trouvent ce joint (ce qui est le cas puisqu’ils n’ont que huit ans !). Pour Stan la chose est simple, il suffit de le jeter, mais personne ne veut y toucher ! Kyle explique qu’ils ont dit à la télé que si on s’en met sur les mains ça peut conduire aux drogues dures ! Pour Craig, vu à la pub, en fumant on peut devenir terroriste, et Clyde a même vu une pub où deux enfants fument et y en a un qui tue l’autre ! Tout ça fait bien peur !

 

C’est bien naturel, les parents sont morts de trouille face à l’épineux problème de la drogue auquel sera tôt ou tard confronté leur enfant !

Afin de s’assurer un maximum de réussite dans leur entreprise de prévention et de dissuasion, les parents sont prêts à tout. Quand on sait qu’une image choc vaut mieux que de longs discours, le plus simple et le plus efficace est de montrer les conséquences de ces actes toxicomaniaques. On peut le faire en regardant un documentaire scientifique montrant comment la drogue intervient sur le fonctionnement du cerveau pour le détraquer et créer de toute pièce des effets très spéciaux, en visualisant un reportage sociologique sur la vie des toxicomanes et leur lente mais « sûre » descente aux enfers.

Les parents de Stan ont choisi une autre option : mettre en scène le futur de leur fils dans l’hypothèse où il se droguerait ! Alors que papy regarde le journal, le présentateur annonce que la  police de South Park recherche un dément qui a terrorisé la ville. L’homme disait venir du futur et courait tout nu en criant « Le passé ! Mon Dieu, c’est le passé ! », ce qui est logique pour un homme venant du futur. A peine cette annonce faite qu’on sonne à la porte des Marsh. Un homme chelou se présente en tant que Stan, disant que c’est le passé et reconnaissant sa mère, puis son père ! Le père du vrai Stan lui dit qu’ils ne le connaissent pas et que lui ne les connaît pas non plus. Il lui conseille de foutre le camp sinon il appelle la police. A ce moment arrive notre Stan habituel qui se demande qui est cet enfoiré de sa race, s’en suit un imbroglio pas possible entre le passé et le futur des Stan en présence. Pour preuve de sa bonne foi, le futur Stan déballe tout ce qu’il sait sur son père et sa mère, puis sur sa propre enfance ! Tout le monde est bluffé, mais la mère de Stan aimerait bien savoir pourquoi il est revenu à cette époque. En réalité il n’en sait rien : ce dont il se souvient c’est qu’il s’endormait dans la ruelle, derrière chez son dealer, après s’être shooté à l’héro, quand il y eut une sorte d’orage électromagnétique où il s’est retrouvé à poil dans son propre passé, à la manière de Terminator. Il croyait à un bad trip, mais en redescendant, il était toujours là. Le Stan actuel se dit qu’il n’aurait pas dû toucher à la marijuana. Heureusement, la famille est là pour l’aider à s’en sortir ! Reconnaissant ses potes à l’arrêt de bus, Cartman hallucine que Stan devienne ce sac à merde de futur Stan ! Ce dernier explique qu’à l’adolescence il a plongé dans la spirale infernale des dogues ! Kyle voudrait aussi savoir ce qu’il deviendra dans le futur, mais le Stan de 32 ans l’ignore : Kyle et Cartman ont été moins cons que lui et ne ce sont pas drogués, du coup ils se sont perdus de vue quand Stan est entrée en maison de redressement ! Cartman saute de joie que seul Stan soit devenu un clodo ! Les choses ne sont pas mieux chez Butters, qui lui aussi héberge dans sa chambre son futur lui. Sa mère doit lui donner des pilules pour le foie car il est alcoolique et a une cirrhose du foie depuis le lycée. Mais en réalité, tout ceci n’est qu’une vaste supercherie : des acteurs apprennent par cœur l’histoire de la famille et les moindres recoins de la maison, puis imaginent l’avenir de la victime à soigner. Stan surprend la livraison du fils du futur à des parents, qui ressemble beaucoup à leur Kevin. Il dira qu’on l’a viré de l’école et envoyé en prison pendant 8 ans, où on l’a sodomisé dans l’anus. La mère est persuadée que cela empêchera leur Kevin de se droguer ! Pour faire plus vrai, un faux orage sera déclenché et un faux journal télévisé sera diffusé que le fils devra regarder ! Les parents sont ravis, ils vont bien s’amuser ! Stan hallucine : c’est une arnaque, et ses parents lui  mentent depuis le départ !!! Butters a du mal à comprendre, mais ce sont des acteurs engagés par leurs parents pour qu’ils bossent mieux à l’école et qu’ils ne se droguent pas !

 

Même si c’est discutable, on peut considérer que tous les moyens sont bons pour arriver à ses fins, surtout si les résultats sont là et probants !

Le but ultime de toute prévention est d’éviter que la personne prenne une mauvaise direction par la valeur de l’exemple à ne pas suivre ! Mais si en plus la méthode a tellement marqué le coup que l’individu fait de son mieux pour progresser dans la voie opposée, celle bénéfique, alors l’opération sera une réussite totale et sans appel !

Stan remercie Butters pour ses cours de soutien, même si celui-ci s’étonne que l’école intéresse tout à coup Stan. Mais c’est tout simplement qu’il ne supporte pas son futur-moi et fera tout pour ne pas devenir une loque comme lui : s’il bosse, il ne deviendra peut-être pas lui et il se cassera ! Toujours est-il que Butters a bien compris qu’étudier est la clé d’or de l’imposante porte du succès, même s’il doit continuer à apprendre à être plus sage ! En tout cas, le traitement semble agir sur Stan, son futur-moi le terrifie ! Malheureusement, par la suite, il sait que c’est une supercherie. Mais son père sait retourner cela à son avantage : comme Stan ne peut pas être sûr que son acolyte ne vienne pas du futur, autant croire qu’il l’est et ne jamais fumer de marijuana. Sa mère renchérit sur l’avenir qui l’attend si jamais il y touche ! S’il veut se débarrasser de lui, il ne doit jamais toucher à la drogue et à l’alcool !

 

Antithèse en faveur de « y a que la vérité qui compte »

 

Tout le monde connaît la fable de Pierre et le loup : à force de mentir quant à la présence d’un loup parce qu’il s’ennuie en étant seul à surveiller les moutons, le jour où l’animal arrive pour de vrai pour le dévorer, Pierre a beau crier au loup personne ne le croit et ne se déplace !

Il en va de même au sujet de la prévention : si l’on ment trop concernant les effets dévastateurs de la drogue, si on en rajoute à l’excès pour définitivement faire passer l’envie d’y goûter, si la personne se rend compte par elle-même qu’il y avait beaucoup d’exagération, elle pourra alors remettre en cause une grande part de ce que les menteurs lui ont enseignée, ne sachant plus faire le tri entre le mensonge et la vérité !

La mère de Stan en est bien consciente, elle pour qui c’est vraiment bizarre de devoir mentir à son fils. Mais le PDG de Motivation Corp estime que, en tant qu’ultralibéraux, pour protéger les enfants de la drogue, on peut mentir. La fin justifie les moyens. Prenant l’exemple du tabac, rien ne prouve que le tabagisme passif tue mais mentir est justifié car des gens arrêtent de fumer ! Donc ils mentent sans état d’âme chez Motivation Corp, disant aux enfants que la marijuana finance le terrorisme ou qu’un seul ecstasy va les tuer. Ce n’est pas nécessairement vrai mais la fin justifie les moyens ! Pour les parents de Stan tout ceci est sensé : quand tout sera fini, leur fils leur dira merci ! Bien évidemment, les choses ne vont pas se dérouler ainsi. Alors que ses parents se justifient qu’ils voulaient juste qu’il comprenne que les drogues sont dangereuses, Stan ne sait plus quoi et qui croire après qu’on lui ait dit des tas de choses sur l’herbe, mais qu’il ait découvert que les trois quarts étaient bidon ! Son père reconnaît que la marijuana ne fera sans doute jamais de lui un assassin, comme il y a peu de chance qu’elle finance le terrorisme. Mais elle fait qu’on se sent bien quand on s’ennuie, alors que c’est justement dans ces moments-là qu’il faut étudier certains auteurs, découvrir de nouvelles sciences, être créatif. Si Stan fume de l’herbe, il va grandir et découvrir un jour qu’il  n’est bon à rien ! Stan aurait vraiment préféré qu’on lui dise ça dès le départ plutôt que de monter un bateau pas possible ! La mère de Stan a compris la leçon : si on ment et qu’on exagère les choses pour empêcher les enfants de se droguer, ils finiront par ne plus rien croire de ce qu’on leur dira ! Le père de Stan, plutôt que de se remettre également en question, en veut au responsable de tout ça : Motivation Corp ! Résultat : de la merde est étalée sur tous leurs murs ! Cartman, l’auteur de ce méfait, aura au moins réalisé avec ces histoires de futur-moi qu’il doit faire gaffe à prendre plus soin de lui et à penser à ce qu’il veut devenir ! Arrive à ce moment-là son moi du futur : il vient lui dire que c’est précisément ce jour-là que tout a changé pour lui : il a arrêté de se goinfrer, il a maigri, il a bossé à l’école, il ne s’est jamais drogué et il est devenu PDG de sa propre société de voyages temporels. Feintant la joie de savoir qu’en bossant il réussira, il envoie finalement son futur-moi se tripoter la    teub : il n’est pas si con ! Rien que pour ça, il passera son enfance à manger et à se droguer quand il voudra : il n’en a rien à foutre, il fera ce qu’il veut ! Sauf que là c’était vraiment vrai, et son futur-moi réellement venu du futur se transforme instantanément en plombier grassouillet !!!

 

A force d’avoir été bercés par la télé, les enfants ont acquis un certain sens critique par rapport aux messages qui y sont diffusés !

A être manipulé par le marketing et la communication, lorsqu’on se rend compte que l’on a été trompé, la méfiance s’installe, durablement ! Surtout que les enfants, bien plus que les adultes, parlent beaucoup entre eux : qu’un gamin se soit fait roulé dans la farine après avoir été séduit par un spot publicitaire, l’info de l’arnaque sera très vite connue le lendemain dans la cour de récré et se propagera comme une traînée de poudre dans toutes les chaumières !

A contrario des autres qui croient encore tout ce qu’on leur dit à la télévision, Stan sait bien que la pub contre les drogues est exagérée ! A la décharge de Token et autres, ils ne peuvent pas savoir puisqu’ils ne se sont jamais drogués ! Pour Stan, l’herbe est juste une plante débile qui rend con, et on ne risque rien si on y touche ! Cartman le poussant alors à montrer sa bravoure en mettant le joint dans le sac, Stan le fait. Voilà, il y a touché mais n’est pas devenu un terroriste et n’a pas envie de se droguer. C’était rien !

 

L’idée maîtresse de la prévention est de rendre si peu ragoûtant un produit ou un comportement, que la tentation même, que ce soit par curiosité ou par défi de la loi/morale, se dissipe !

L’humain étant un animal curieux de nature, on pourra discuter des heures durant sur la nocivité d’un produit, beaucoup seront tout de même tentés d’essayer, ne serait-ce que pour se faire leur propre opinion de la chose si décriée ! Mais si en plus ceux qui ont tenté l’expérience en reviennent avec le sourire aux lèvres et des étoiles plein les yeux, il est évident qu’on écoutera davantage ceux qui ont fait un beau voyage que ceux qui diabolisent sans savoir de quoi ils parlent !

Jimmy explique qu’une fois il a essayé l’ecstasy et qu’il a fait l’amour toute la nuit à sa petite amie. Kyle lui demande où, pensant à un endroit, mais Jimmy lui répond qu’il lui a fait l’amour dans son vagin ! Plus tard, Stan et Butters se rendent chez Motivation Corp. Butters est tout fou car il se réjouit de vivre une aventure. Sauf qu’une fois sur place il ne trouve pas l’endroit très sûr ! Mais pour Stan les endroits interdits font aussi partie de l’aventure !

 

Synthèse

 

Il est convenu de rendre la drogue responsable de tous les maux, mais il n’y a pas qu’elle qui influence dans le mauvais sens !

Certes la télévision peut être utile pour délivrer des messages et divertir, mais elle est également largement responsable de la crétinisation des esprits. En cela, vu son impact en masse sur les téléspectateurs, on peut décemment considérer qu’elle influence nettement plus négativement que n’importe quelle drogue ! Que ce soit par ses séries grossières ou ses reportages trash et voyeuristes, la télévision n’est pas toujours l’ami rêvé de l’éducation.

On le voit très bien avec le show Les Osbourne (émission de télé réalité consacrée à la vie quotidienne d’Ozzy Osbourne – ex chanteur de Black Sabbath – et de sa famille, diffusée sur la chaîne musicale MTV depuis 2002) dont le vocabulaire est des plus outranciers : « Les mecs, p... faites ch... Vous em... votre mère ! Mais, papa, b..., c’est cette p... qui me casse les c... ! ». La mère de Stan a bien raison de lui interdire de regarder ce programme qui risque de le rendre débile. Pour autant, lui trouve ça drôle et estime ne pas être assez c... pour parler comme ces en... : ils ne l’influencent pas !

 

Le dialogue est la première et la plus importante source de prévention : si le débat est serein, il permet de mettre calmement les cartes sur la table et de mieux comprendre les interrogations et motivations de chacun !

Personne n’a dit qu’il était facile de discuter avec un enfant, et encore moins avec un ado, mais toujours est-il que cela est des plus nécessaires ! La discussion permet de se rendre compte de la réalité des faits plutôt que de se faire une montagne à partir de pas grand chose. Outre le fait que cela permet de savoir concrètement ce qu’il se passe dans la vie de son enfant, cela rend également plus facile l’adoption de solution adaptée à un problème plus ou moins cerné. Autrement, ne sachant rien, on peut vite surestimer les choses et en arriver à des réponses par trop radicales, qui souvent auront en plus l’inconvénient d’être contre-productives voire décrédibilisantes au regard de parents paranos !

Au siège de Motivation Corp, Stan hallucine sur des employés en train de définir des adultes ressemblant à des enfants par portait robot. Devant des parents qui ne savent pas comment parler de la drogue à leur fils, le PDG leur explique qu’ils n’auront pas le faire grâce à leur fils du futur : ça prendra environ un mois pour obtenir l’effet escompté, mais ils seront très satisfaits du résultat. Au courant de la tromperie, Stan souhaite fuguer avec Butters, jusqu’à ce qu’il tombe sur une annonce : « Ras-le-bol des parents ? Vous voulez vous venger d’eux ? Appelez le Centre de Vengeance Parentale, pour une consultation gratuite. Résultats garantis. » Rendez-vous est pris ! Mais ô surprise, c’est Cartman qui est le fondateur de cette boîte ! Stan est déçu et est sur le point de partir, mais Cartman le rattrape avec son habileté commerciale. En effet, ce serait renoncer un peu vite à faire payer leurs parents pour leur mauvais comportement : si Stan et Butters sont là, c’est que c’était lourd ; ils devraient au moins étudiez les divers services proposés ! Stan explique que leurs parents leur ont menti avec des futurs-nous, pour qu’ils ne se droguent jamais, et c’est d’ailleurs pour ça que Cartman a monté cette boîte. Les parents ne respectent plus leurs enfants, alors qui respectent-ils ??? Ils ne comprennent qu’une chose : les conséquences. Ils doivent donc voir les conséquences de leurs actes. La société de Cartman inflige donc ces conséquences aux parents de façon directe et très concrète. Il commence alors par Butters, pour qui il a trouvé un moyen génial pour se venger de ses parents : il attendra qu’ils sortent de leur maison et ira enduire tous les murs de merde, histoire de bien leur mettre les boules ! Il ne reste plus qu’à choisir une couleur dans le nuancier à merde afin de trouver la mieux adaptée à la vengeance de Butters contre ses parents. Devant tant de choix, Cartman lui propose de partir sur une merde vert bébé dans tout le salon, et un brun classique pour la chambre de ses parents. Pour Stan, Cartman a un plan très subtil : ses parents lui mentent sans états d’âme et avec arrogance, donc sa vengeance doit le refléter. Pendant leur absence, il badigeonnera tous les murs de merde. Non seulement c’est comme chez Butters et ce n’est donc pas personnalisé, mais en plus Stan trouve que ce n’est pas assez extrême ! Pour lui, ce n’est pas une leçon de tartiner leurs murs de merde, il veut qu’ils admettent que c’est mal de lui avoir menti ! Cartman, qui a bien d’autres idées en réserve, lui propose alors d’attirer ses parents dehors, de les tuer et de les faire bouffer par un chien ! Sauf que là c’est quand même un peu trop extrême ! Au moins Butters est satisfait, ça sent très mauvais chez lui : tu m’étonnes, 1 200 kilos de merde, ça ne peut pas sentir la rose, mais ça rend bien ! Ses parents auront vraiment les glandes ! Stan de son côté, ne croyant vraiment pas qu’il a un futur-moi décide pour en être sûr de se couper la main : si c’est son futur-moi, sa main disparaîtra ! Essayant de déjouer son plan, ses parents lui disent qu’il ne peut pas vivre avec une seule main, mais Stan est prêt à tout, car cette main roulera peut-être son premier joint ! Lorsqu’il se la coupe, son père ampute discrètement celle du futur-moi « prouvant » ainsi qu’il est bien le Stan venu du futur ! Sauf que la main que Stan s’est coupée ... était fausse ! Son père essaye bien de recoller le morceau, mais là c’est un peu trop gros !

 

L’une des premières choses que des parents apprennent à leur enfant, car c’est aussi une des premières facultés qu’il développe, est que mentir est mal !

Pour autant, les parents sont les premiers à enfreindre cette règle, souvent pour se débarrasser d’une question embarrassante ! Mais le problème est bien qu’il n’y a pas de petit et de gros mensonge : une duperie est une tromperie sur la marchandise intellectuelle : De toute façon, que ce soit par le biais d’autres adultes ou via ses copains, un enfant se rendra tôt ou tard compte de la supercherie, et la déception due au mensonge laissera alors place à la consternation face au « fait ce que je dis, pas ce que je fais ; moi c’est moi et toi tais-toi ! ».

Quand Stan et Butters se rendent compte que leurs parents leur ont menti, ça les met grave en colère ! A un point tel que Butters voudrait vraiment que le Professeur Chaos, qui sème désordre et destruction, soit là et les fasse payer ! Stan veut donner une leçon à leurs parents, car ils n’ont pas le droit de jouer avec leurs émotions comme ça ! Butters décide alors de révéler son terrible secret à Stan, non pas qu’il soit gay comme le pense Stan avec cet accoutrement bizarre trop chargé en papier alu, mais qu’il est le Professeur Chaos ! Mais Stan préfère   fuguer : il est trop déçu par cette arnaque élaborée par des gens qui ne le respectent pas beaucoup. Lui pense que pour motiver quelqu’un, il suffit d’être direct et honnête avec lui, alors que toute cette mascarade sent le mensonge, et mentir ça fait mal passer les messages ! Sa décision est prise : leurs parents  n’admettront pas qu’ils ont été nuls et que ce qu’ils ont fait était mal, ils ne changeront jamais ! Malheureusement, juste avant de prendre le maquis les parents de Butters arrivent. Son père attend ses explications mais sa mère pense que c’est peut-être leur faute ! Effectivement, en y réfléchissant, son père concède qu’ils n’ont que ce qu’ils méritent pour avoir menti ! Sa mère explique qu’ils ont voulu protéger Butters de la drogue en lui faisant peur au lieu de lui dire la vérité : on dit que la fin justifie les moyens, mais c’est faux ! Finalement, ses parents ont honte d’eux !!! Quand les parents de Stan arrivent, sa mère tente d’expliquer que Butters a aussi un moi du futur car les failles temporelles expulsent parfois plusieurs ... Stan la coupe : il est au courant pour Motivation Corp ! Tout ce qu’il voulait c’est que ses parents admettent qu’ils lui avaient menti et que ça craint !

 

 

Conclusion :

 

 

Voyez, on se couchera moins bête car on a appris un truc  aujourd’hui : dans la prévention, comme pour tout, le maître mot est dialogue et surtout pas esquive des sujets sensibles par le mensonge ou la dramatisation !

 

La drogue est un sujet trop sérieux pour ne pas prendre le temps d’y consacrer une discussion saine et sereine ! Certes la télévision nous montre les conséquences néfastes des abus de drogues, et l’on peut estimer qu’en faisant peur on fera passer l’envie de se droguer en motivant au contraire le travail à l’école pour ne pas devenir une loque humaine ! Mais c’est oublier un peu vite que la drogue est partout dans nos sociétés et que des parents ne peuvent éviter éternellement une vraie discussion à ce sujet ! Autrement, ce sont les camarades qui le feront à leur place, et leur voix sera toujours plus crédible à ceux de leur âge que celle des adultes qui veulent toujours tout empêcher, et surtout de s’éclater !

 

C’est bien connu : plus on diabolise, plus les jeunes veulent se faire leur propre idée de la chose si décriée ! Il est donc important d’expliquer calmement, avec de vrais arguments, que la drogue peut être dangereuse car c’est un produit très attractif qui permet de s’évader de soi. On peut y toucher pour goûter et se faire plaisir, mais personne n’a besoin de ça pour être bien dans sa vie, sinon c’est qu’il y a de vrais problèmes derrière cette prise de drogue, et cela peut mener à la dépendance !

Publié dans : South-Park Drogues
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Catégorie : V] La modification des états de conscience n’est
   pas une solution, mais de toute façon les drogues durent !

 

 

Fiche de visionnage n°26 :

Épisode 17 (saison 2, épisode 4) – Le zizi de Ike

 

 

 

Commentaire d’épisode : Les drogues, c’est mal ? Pourtant, à consommer avec modération, ça n’a pas l’air, sinon pourquoi tant de gens en prennent ???

 

 

Il était une fois à South Park M. Mackey qui, en tant que conseiller, vint parler aux enfants de la drogue, de l’alcool et de leurs méfaits.

 

 

Introduction :

 

 

Certains autres animaux se droguent, tels des singes en mâchant des feuilles contenant de la strychnine (alcaloïde très toxique extrait de la noix vomique, utilisé comme stimulant à très faibles doses), mais aussi des cerfs se délectant de l’urine de leurs congénères ayant mangés des champignons amanite tue-mouches (hallucinogènes également à faible dose). En outre, depuis les temps les plus reculés, l’humain utilise des plantes autant pour se soigner que pour triper.

 

Regardant les cycles tolérance / répression qui caractérisent le regard social et légal sur les drogues, après les abus hippies et leur sanction, vinrent la Glasnost des années 80-90 mais force est de constater que nous rentrons à nouveau dans une phase de pénalisation à outrance. Pour autant, l’usage des drogues n’a jamais été autant démocratisé.

 

Nous allons voir ici comment et en quoi l’information des plus jeunes est utile pour éviter tout dérapage dans la surconsommation de produits stupéfiants, tout en sachant bien que l’état et la société n’ont que peu de moyens de pression sur le comportement toxicomaniaque des adultes. Le problème de fond restant, comme dans beaucoup d’autres domaines mais à un degré moindre, la possibilité de discuter sereinement, sans tabou et encore plus sans idée préconçue, des enjeux sanitaires sans pour autant omettre la Liberté de chacun de se mettre la tête à l’envers.

 

 

La prévention est la clef de voûte de la lutte antidrogue

 

Qu’on le veuille ou non, tôt ou tard tout individu sera plus ou moins directement en contact avec une drogue, quelle qu’elle soit. La meilleure défense étant l’attaque, le mieux est de prévenir plutôt que de guérir une dépendance lourde déjà installée depuis un certain temps !

Ainsi, il est important de faire de la prévention pédagogique auprès d’enfants qui ne se sentent certes pas concernés mais qui seront un jour confrontés au problème et où ils devront réagir à bon escient, en fonction de ce qu’ils savent du produit et avec le recul de ce qu’ils jugent bon pour eux. L’important est bien sûr de ne pas diaboliser, mais de bien faire rentrer dans les petites têtes "blondes" quels sont les tenants et aboutissants de la consommation de drogue et comment cela peut entraîner des drames si on les considère comme des médicaments au vague à l’âme : un potentiel consommateur averti en vaut deux !

M. Mackey, le conseiller de l’école, est tout à fait dans son rôle pédagogique et préventif quand il vient parler aux enfants de la drogue, de l’alcool et de leurs méfaits. On peut toutefois lui reprocher son manque de didactisme, puisque dire que fumer c’est mal donc il ne faut pas fumer, que boire de l’alcool c’est mal donc il ne faut pas boire d’alcool, que se droguer c’est mal donc il ne faut pas se droguer, est une introduction plus moralisante que pédagogique avec de vrais arguments ! Il s’améliore quelque peu en faisant tourner un tout petit échantillon de marijuana, qui se reconnaît à son odeur très particulière, justement pour que les enfants sachent quand quelqu’un fume de la marijuana à côté d’eux. Pendant que le produit circule et que les enfants s’imprègnent bien de cette flagrance pas forcément agréable,
M. Mackey enchaîne avec les risques qu’entraîne l’alcool, notamment la perte de contrôle de soi. Il passe ensuite au LSD, drogue rendue célèbre par John Lennon et Paul Mac Cartney. Oups, boulette : quand
M. Mackey demande si tout le monde a senti la marijuana, il semble que celle-ci ait été perdue (enfin pas pour tout le monde). Évidemment, le conseiller est convoqué chez la principale Victoria pour se justifier et se faire sanctionner comme il se doit ! À juste titre, son acte était loin d’être stupide (mais aurait dû être mieux contrôlé), puisqu’il pensait, avec raison, qu’il était important que les enfants connaissent l’odeur de la marijuana. Il a peut-être cru bien faire, mais toujours est-il que tous les enfants ont été fouillés un par un et rien n’a été retrouvé. Les élèves vont bientôt sortir et l’un d’entre eux va rentrer chez lui avec une dose de jamaïcaine à cause de lui. Il a beau être désolé, cela n’arrangera pas ses affaires : la principale Victoria est dans l’obligation de le démettre de ses fonctions. Se demandant s’il est viré, la principale confirme qu’en langage adulte c’est ce que ça veut dire ! Pour autant, lorsque toute cette affaire sera un peu oubliée, elle lui trouvera peut-être une place d’homme à tout faire pour nettoyer le vomi des élèves dans la cour. Évidemment, le coup est dur, voyez (pleurant à grandes eaux de vie qui bascule). Après sa cure de désintoxication et sa réintégration en tant que conseiller, M. Garrison fait témoigner M. Mackey de son expérience de sale drogué repenti et d’ancien alcoolique. Il fait alors son coming-out et parle à présent de prévention par rapport à ce qu’il a connu, non plus au regard de ce qu’on lui a dit de dire ou qu’il a lu sur des fiches "pédagogiques". Se droguer c’est mal, lui avait vraiment touché le fond, il était une loque. Même l’argent n’avait plus d’importance !
(M. Garrison secoue la tête dans un signe désapprobateur et navré).Il gâchait sa vie en faisant n’importe quoi. Les enfants s’en fichent et discutent de qui fera son bris milah (cérémonie juive du coupe-coupe du casque du petit soldat) en premier, mais se font rappeler à l’ordre par
M. Mackey car c’est important d’écouter ce qu’il dit : ce qu’il leur raconte pourrait leur sauver la vie plus tard !!! Comme il le leur disait (avec toujours autant de "pédagogie argumentée"), se droguer c’est mal donc il ne faut pas se droguer. S’ils se droguent, c’est mal, parce que la drogue c’est mauvais, voyez. C’est mal de consommer de la drogue alors ne vous droguez pas ! Aucune drogue, voyez, parce que c’est mal. La drogue c’est mauvais, voyez !

 

La drogue c’est mal, pour les enfants, pas pour les adultes

 

Pour autant, il faut bien reconnaître que la société tient un double langage : d’un côté elle terrifie les enfants avec des messages moralisateurs sur le caractère malin des drogues, de l’autre elle accepte l’alcool (qui tue des milliers de personnes chaque année, directement et indirectement) et ferme plus ou moins les yeux sur d’autres substances pourtant illicites.

Il est évident que la loi ne peut pas tout, elle ne peut même que très peu face à la responsabilité de chacun et aux envies (voire besoins, malheureusement) des Citoyens. Tout comme la religion sert à apaiser les âmes face à leurs tourments dans la dure réalité quotidienne, les drogues ramènent le "paradis" de l’état d’hypothétique à celui de bien réel, même si artificiel et passager. Ainsi, même si ce n’est pas une solution, les substances stupéfiantes sont une récréation de l’esprit, qui ont toujours fait et feront toujours partie de la culture humaine, en placard de manière cachée ou en extérieur au vu et au su de tout le monde.

On ressent bien l’ambiguïté de la chose dans le sermon de Chef aux enfants. Alors que d’habitude c’est eux qui répondent qu’ils vont mal, cette fois-ci c’est lui, étant au courant de ce qui s’est passé à l’école. Il espère bien que ce n’est pas l’un d’eux qui a volé cette vilaine marijuana, ce que confirme Stan puisqu’elle n’est pas arrivée jusqu’à eux ! Alors que Chef rappelle qu’on ne dira jamais trop que se droguer c’est mal, Stan en a bien conscience vu que tout le monde n’arrête pas de le leur dire. Et quand Chef demande si les enfants savent pourquoi c’est mauvais, Kyle récite que c’est mal parce que c’est une façon de régler ses problèmes qui provoque des dégâts physiques et intellectuels aux conséquences plus graves que ses prétendus bénéfices ! Très bon résumé, mais il n’a pas la moindre idée de ce que ça veut dire, ce qui est une preuve flagrante de l’inefficacité des messages appris par cœur. Il n’y a que Cartman pour avoir compris le sens profond de la chose, mais avec son interprétation scabreuse habituelle : pour lui c’est fastoche, se droguer c’est mal parce que si on se drogue on devient un hippie et les hippies ça craint ! Pour remettre les pendules à l’heure, Chef n’a qu’une chose à dire aux enfants concernant la drogue : ils ne doivent pas y toucher ! Il y a un temps et un endroit pour chaque chose, et ça s’appelle le collège (enfin plutôt l’université, ce à quoi correspond le mot en anglais, mais en français ça fait un peu tôt quand même, avec des ados en pleine puberté). Alors que les enfants sortent du bus qui les ramène chez eux, Stan se plaint de s’être fait fouiller, ce que confirme Cartman qui en a encore mal aux fesses qui font bravo ! Kyle se demande bien d’ailleurs pourquoi on les a fouillés eux alors que cette Marie Juivana n’est même pas arrivée jusqu’à eux. Cartman se demandant qui l’a chouré, la réponse se trouve ... chez M. Garrison ! Il est affalé dans son canapé, avec les yeux bien lourds et un sourire de benêt, et regarde les Télé Tubbies en riant comme un défoncé. On voit également que la drogue peut être un palliatif à la misère sociale quand M. Mackey dort dans la rue, avec seulement des journaux comme couverture. Il a trop froid et n’arrive pas à dormir. Un SDF juste à côté de lui (il n’avait pas vu que ces poubelles étaient occupées) lui propose alors un truc qui le réchaufferait. M. Mackey s’empresse de dire que la marijuana c’est mal, ce qui surprend le SDF. M. Mackey récite sa morale comme quoi la marijuana transforme les gens en véritable loque, ce à quoi le SDF lui envoie dans les dents la question de savoir s’il n’a pas l’impression d’être déjà une loque ? (sachant qu’on lui avait pochetronné la tête juste avant dans le bar du coin). M. Mackey tire alors une énorme latte sur le joint. Il se plaint, à moitié désabusé par rapport à tout ce qu’il a toujours dit aux élèves, de ne ressentir aucune différence ... jusqu’à ce que ... oh, il entend de la musique psychédélique. Il refuse un temps l’évidence en déclarant que ce truc ne lui fait rien du tout, puis se laisse emporter par la vague euphorique en trouvant la rue géniale, avec toutes ces couleurs et ces belles lumières ! Ça troue le cul du SDF. Le lendemain, après avoir erré toute la nuit, il a le mal de crâne du soifard de la veille et se demande bien où il est. Il se trouve en fait au milieu des bois, quand deux junkies se rapprochent de lui. Un des gars (avec un t-shirt « Legalize everything ») le reconnaît en tant que conseiller de l’école primaire. M. Mackey explique qu’il ne va pas très bien puisqu’on la chassé de la ville pour usage de drogues, ce en quoi le gars répond qu’eux aussi. Son pote enchaîne en indiquant que c’est M. Mackey qui les avait coincés aux chiottes en fumant un tarpé et qu’ils se sont donc fait renvoyer. Destin cruel, M. Mackey se demande pourquoi il se moque de lui ? Le premier type lui dit qu’il faut réagir et lui propose un bon acide qui éclaircit la tête ! M. Mackey rechigne, indiquant que prendre du LSD c’est mal, mais tenant en main un flacon avec une pipette doseuse de bonne aventure, il se lâche sur la goutte. Il se demande alors qui lui a mis du coton dans la bouche ? Sa tête, naturellement énorme car trop serrée par sa cravate, gonfle à vue d’œil comme un ballon d’hélium. Sa tête, telle une montgolfière, se détache de son corps et flotte dans les airs. Sa tronche s’envole, il fait le trip de sa vie : « Ouais, super cool, le monde devient tout petit ! Je suis Libre !!! Je suis Libre !!! ». Quand il passe au-dessus de l’arrêt de bus des enfants il salue les jeunes gens et espère qu’ils sont sages et ne font pas de bêtises. Pour sa part, lui va continuer à flotter encore quelques heures ! Après être redescendu sur terre et avoir rembarré Jimbo, une fille dans le recoin d’un passage trouve que ce qu’il lui a dit était super cool. Elle lui demande si ça le brancherait de venir chez elle faire de la peinture sur soi. Chez la fille, avec des peintures – ou plutôt tâches et traces de main psychédéliques de couleurs – au plafond, M. Mackey philosophe : « Quelque part, c’est comme si tu passais ta vie à croire que tu n’es qu’une individualité, tu vois. Et puis tu réalises que tu es bien plus que ça, tu vois ! On forme tous une seule grande individualité, tu vois !!! ». La fille n’en peut plus et lui propose de se marier et d’aller passer leur lune de miel en Inde ! Pour lui c’est ok, c’est bat, c’est in : il enlève sa cravate et sa tête se dégonfle comme une baudruche. Comme un hippie qu’il est devenu, M. Mackey part avec la fille en Inde. Devant les merveilles qu’ils contemplent, M. Mackey est en Harmonie avec la nature environnante, il ne fait qu’un avec les animaux, avec la Terre ... et la fille ne fait qu’une avec lui. Il entame alors une sérénade : « Célébrons aujourd’hui l’Amour qui nous unit. Une nouvelle vie s’ouvre à nous ... »

 

On ne peut parler sereinement des drogues, si ce n’est de l’alcool (qui n’en est pas considérée comme une)

 

On le voit ici, certaines drogues sont loin d’être le mal incarné, à condition bien sûr d’être consommées avec modération, comme tout. C’est un peu facile de jeter la pierre à quelqu’un qui plane pourtant gentiment et atterrira tout autant en douceur.

Mais le problème est bien que les politiques moralisateurs ont tellement mis toutes les drogues dans le même sac en pointant du doigt certains comportements compulsifs et outranciers, qu’il est des plus difficile de débattre tranquillement des drogues sans vite retomber dans les stéréotypes. D’autant plus que beaucoup parlent de choses qu’ils ne connaissent pas, si ce n’est par le canal biaisé de la désinformation d’état, soi-disant pour protéger les consommateurs qui seraient assez stupides pour ne pas connaître les dangers du feu avec lequel ils jouent.

Ainsi, quand M. Mackey erre dans les rues, les passants l’interpellent depuis leur voiture, l’un lui demandant s’il lui reste une dose sur lui, son petit de quatre ans ayant besoin d’un fix, l’autre sachant enfin ce que lui et Homer Simpson ont en commun, à savoir la défonce ! M. Mackey se fait harceler de tous les côtés, et il rentre alors dans un bar pour se mettre à l’abri. Évidemment, lui qui considère à juste titre que l’alcool c’est (LE) mal, n’a jamais mis les pieds dans un bar, mais il ne sait plus quoi faire ayant perdu son travail. Alors que les autres drogues sont décriées, le serveur compatissant avec la difficulté d’être chômeur sait ce qu’il lui faudrait : une bonne bière bien fraîche ! M. Mackey a beau préciser qu’il ne boit pas, le dealer embouteilleur revient à la charge en arguant qu’il se sentira mieux après (exactement la technique de base de tout revendeur de drogue pour hameçonner un client potentiel et le rendre ensuite accro). Mais M. Mackey connaît ses cours parfaitement et lui rappelle que boire c’est mal. Pourtant, le diable (« tentateur » en grec) apparaît sur son épaule, reprend le discours du serveur et l’incite à boire cette bière, ça le détendra et il verra la vie autrement ! Même son ange gardien, qui apparaît sur son autre épaule, en rajoute en disant que, sans déconner, c’est juste une bière et qu’il ne doit pas jouer les gonzesses ! Quand le serveur lui demande comment il se sent, après un bon rot de bièreux, il répond qu’il est comme avant. Le dealer met alors en place la vraie théorie de l’escalade (puisque pour les autres drogues elle est loin d’être avérée) en lui disant qu’il lui faut donc un truc plus costaud et sort une bouteille de whisky. Avec ce genre de produit et son inexpérience, M. Mackey chante et titube en rentrant chez lui. Ayant du mal à trouver le trou (de la serrure ici, mais ça peut être aussi un autre genre quand il y a trop de grammage), puis la clé n’y tournant pas, il croit s’être trompé de maison. En réalité, c’est le proprio qui a changé la serrure : étant donné qu’il a été renvoyé de son travail parce qu’il « vendait » de la drogue aux enfants, ce beauf ne lui loue plus cette maison. M. Mackey essaie de s’expliquer puisque ce n’est pas du tout ce qu’il s’est passé, le proprio ne veut rien entendre : la drogue c’est illégal, un point c’est tout, et n’ayant jamais pris de drogue, il garantit que ça ne sert à rien du tout ! M. Mackey a beau se justifier qu’il ne se drogue pas (sauf ce soir-là à l’alcool mais on lui a forcé le coude), le proprio se vante de n’avoir jamais pris de drogue et d’être quelqu’un de sain (mouais, c’est vite dit ça). Devant l’impossibilité de discuter calmement, le proprio enjoint à M. Mackey de quitter sa propriété avant qu’il ne perde son self-control et qu’il ne le tue ! Il se saisit alors d’une pierre et la jette sur M. Mackey en lui criant dessus « Sale drogué ! Fous-moi le camp d’ici, sale drogué !!! » et continuant à jeter des pierres sur M. Mackey en lui courant après. Plus tard, M. Mackey devenu un pur baba (mais pas au rhum) se balade dans la rue quand Jimbo, l’oncle de Stan, lui rentre dans l’épaule quand il le croise. Jimbo lui lance que ce hippie de merde n’a qu’à changer de trottoir, mais M. Mackey ne se laisse pas faire, n’ayant pas à subir son dictat fasciste et réac !!! Pour lui, Jimbo est comme ceux qui sont au gouvernement : d’une main ils n’arrêtent pas de persécuter les gens comme lui, et de l’autre ils approuvent les milices d’autodéfense ! Jimbo, blasé, quittant le lieu, se défend tant bien que mal en lui disant qu’il n’a qu’à aller voir un concert de Grateful Dead (groupe de rock psychédélique américain, créé en 1965 à San Francisco, dont les morceaux ressemblent à des "collages" musicaux faits pour l’hallucination), ce à quoi M. Mackey répond qu’il ne peut pas puisque Jerry Garcia est mort (en 1995, victime de ses abus d’alcool et d’héroïne) ! Au-delà de ces attaques de bas étage, les proches sont toujours persuadés qu’il faut agir pour le bien du drogué, qui serait fatalement pris dans un cercle vicieux où les plaisirs du début seraient forcément remplacés par la lente descente aux enfers. Ainsi, alors que M. Mackey est en Inde avec sa nouvelle femme et qu’il est tout heureux de leur nouvelle vie qui s’ouvre à eux, l’Agence Tous Risques débarque, lui tombe dessus, le tabasse et l’emmène avec elle dans la fameuse fourgonnette noire conduite par Jimbo. Quand M. Mackey demande ce que cela veut dire, Jimbo explique que c’est pour son bien, qu’ils vont l’emmener se faire désintoxiquer, alors que pour M. Mackey tout va bien, il n’a pas besoin de décrocher puisqu’il n’a plus rien pris depuis une semaine (preuve qu’on peut se faire plaisir un temps puis passer à autre chose, l’amour étant une drogue naturelle chimiquement engendrée par notre cerveau – le plus gros dealer au monde). Alors que M. Mackey s’énerve en vociférant qu’il n’a pas besoin d’être aidé, comme des totalitaristes qui pensent savoir ce qui est bon pour celui qui ne le sait pas, M. Garrison (le voleur de dope du début) le rassure car ils veilleront à ce qu’il ait toute l’aide qu’il lui faut. Au moins, la principale Victoria demande pardon, reconnaissant qu’elle avait eu tort de le chasser. Quand elle affirme que toute l’équipe de l’école aurait dû réaliser qu’il avait besoin d’aide, M. Mackey rappelle qu’il ne demande rien à personne, mais la principale n’entend rien (tellement prise dans sa quête d’expiation et son rôle de sauveuse d’âme égarée) et lui renvoie qu’il les remerciera plus tard. À la clinique de désintoxication Betty Ford, une responsable sermonne M. Mackey qu’il doit admettre son addiction, sinon elle ne pourra rien faire pour lui. Mais le problème est bien, sincèrement, qu’il ne croit avoir aucun problème ! La responsable a beau dire que son problème a engendré la perte de son travail, elle n’en sait rien puisque M. Mackey l’a perdu avant de se droguer ! Pour la responsable, M. Mackey doit se comporter en adulte (les fournisseurs de LSD rencontrés dans les bois, en section Réhabilitation, sont scotchés comme des benêts devant les Télé Tubbies), le problème avec la drogue étant que les gens n’arrivent plus à s’arrêter (alors que lui s’est sevré tout seul). Mais il y a un temps et une place pour chaque chose, et ça s’appelle le collège (ou plutôt l’université, encore une fois) ! À présent, la responsable veut que M. Mackey répète après elle « se droguer c’est mal », ce qu’il fait mais sans trop de conviction. Elle le relance une seconde fois, mais il reste toujours hésitant. À force de matraquage d’une formule qu’il connaissait par cœur, il est maintenant complètement guéri. Lobotomisé par la morale, il ne pourra jamais assez la remercier de sentir qu’il est redevenu comme il était (ennuyeux à mourir) ! La responsable rajoute une dernière chose (après lui avoir resserrée sa cravate, sa tête se regonflant) qu’il ne doit pas oublier : il peut rester sobre ! Chose que promet deux fois M. Mackey, voyez !!!

 

 

Conclusion :

 

 

Voyez, on se couchera moins bête car on a appris un truc aujourd’hui : les drogues sont partout parmi nous. Pour ne pas tomber dans leurs (nombreux) travers, il faut être conscient des risques potentiels mais surtout de ses propres limites.

 

Tout comme une arme, les drogues ne sont pas dangereuses en soi, tout dépend de qui se cache derrière. Après avoir été suffisamment informé des modes de consommation, avoir bien assimilé les consignes de sécurité du vol intérieur à respecter pour ne pas se crasher à la première dépression lors d’un passage dans un trou d’air, celui qui veut s’assurer d’être heureux d’avoir fait un beau voyage (comme Ulysse) se doit d’être en phase avec lui-même. À partir de là, si la drogue est consommé petit à petit et pour son rôle de récréatif plutôt que de médicament au vague à l’âme, dans un contexte mental et social/amical sereins, il n’y a fondamentalement pas de raison de bad-triper (sauf si on a acheté ça à n’importe qui n’importe comment et n’importe où : la règle d’or est d’acheter autant que faire se peu à ceux qui ne vendent
pas – on galère plus à trouver, mais quand on chope, c’est un produit de conso perso donc testé et approuvé par le dépanneur plutôt que par un dealer pour qui il n’y a que la maille qui lui aille). Le jour où nous arriverons sereinement à parler des drogues autres que l’alcool que beaucoup consomment, les dealers de vrais toxiques disparaîtront et on pourra se faire plaisir sans crainte ni du gendarme ni de la réprobation sociale contre ceux qui se font du bien sans faire de mal à qui que ce soit.

 

Il est évident que personne n’a fondamentalement besoin de se droguer, mais que beaucoup le font tout de même. Le nier ou le combattre est une futilité stupide qui ne sert qu’aux mafias et à diminuer la qualité des produits que l’on consomme. Se faire plaisir avec sa machinerie corporelle, elle-même nous manipulant à grosses doses d’hormones (autre nom pour les drogues organiques telles que l’adrénaline, la dopamine, la sérotonine, etc. ...), est un droit et une Liberté absolue. Mais il ne faut jamais oublier que qui veut aller loin doit ménager sa monture, que les drogues ne sont pas une solution pérenne aux problèmes existentiels, et que ni le corps ni le cerveau ne sont une poubelle où tout est recyclable, loin de là !!!

Publié dans : South-Park Drogues
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Catégorie : V] La modification des états de conscience n’est pas une solution, mais de toute façon les drogues durent !

 

 

Fiche de visionnage n°27 :

Épisode 52 (saison 4, épisode 4) – Timmy

 

 

 

Analyse philosophique des extrêmes : Dans le dressage éducatif, cacheton ou punition ???

 

 

Les pros chimie : le conseiller d’orientation de l’école M. Mackey, la principale Victoria, le médecin et le pharmacien, les enfants et leurs parents,

Les antis : Chef, le prof M. Garrison.

 

 

Thèse : Si c’est pour le bien de tout le monde, et de bien sûr les enfants en priorité (hum) ;

Antithèse : Y a pas moyen, la drogue est trop dangereuse, seule une main de fer dans un gant de velours est un bon moyen de coercition face aux récalcitrants agités pour les faire rentrer dans le rang ;

Synthèse : D’accord, mais avec un accompagnement personnalisé pour ceux qui en ont besoin, et sinon une bonne pédagogie pour expliquer que c’est dans l’intérêt de l’enfant de faire des efforts (mais s’il ne comprend pas, il doit savoir que les parents ont les moyens de le faire travailler par la méthode douce des gros yeux et de la punition privative de ce qu’il aime).

 

 

 

Il était une fois à South Park Stan qui demande à Kyle s’il a pu faire ses devoirs, ce en quoi il se voit répondre que oui, mais M. Garrison en a tellement donné qu’il n’a fini qu’à 2h du mat’.

 

 

Introduction :

 

 

Depuis un certain nombre d’année, la chimie a tendance à remplacer le psy et le dialogue lorsque les choses ne tournent pas comme la norme et la société le voudraient.

 

Autant les enseignants que les parents et les enfants se prosternent de plus en plus devant la solution de facilité que peut apporter un médicament dont l’efficacité semble prouvée. Pour autant, au-delà des superprofits engrangés par les multinationales pharmaceutiques, on peut se questionner sur les effets à long terme d’une telle distribution massive de comprimés loin d’être de simples pastilles à sucer.

 

Est-ce bien raisonnable de se contenter de traiter les conséquences de l’hyperactivité plutôt que de passer beaucoup plus de temps à comprendre et travailler sur ses causes ? On peut se poser la question quant au remplacement de la punition par des cachetons.

En somme, dans le dressage éducatif, cacheton ou punition???

 

 

Thèse en faveur de la camisole chimique

 

Certains enfants ont l’hyperactivité qui saute à la figure. Ils n’arrivent pas à rester en place plus de cinq minutes d’affilée, se détournent de ce qu’ils étaient en train de faire pour un rien, bref n’arrivent pas à se concentrer.

Pour ceux-là, si un médicament peut aider à focaliser leur attention sur ce qui est à faire, il est évident que cela leur sera plus qu’utile pour suivre une scolarité normale, voire par la suite dans leur vie professionnelle. Pour eux le Ritalin tient effectivement lieu de béquille sans laquelle ils trébucheraient sans cesse sur les obligations de sérieux nécessaires dans tous les domaines de la vie, et notamment ceux de l’apprentissage, quelques fois fastidieux.

On le voit ainsi avec Timmy, où M. Garrison a l’impression qu’il se moque de lui. Du coup, il l’envoie chez la principale Victoria, qui ne sait vraiment plus quoi faire de lui : il a de très mauvais résultats scolaires et son professeur se plaint de son manque d’attention en classe ! Cette dernière lui colle même un avertissement pour lui apprendre à respecter les adultes (pour info, Timmy est handicapé mental). Heureusement, M. Mackey prend sa défense en signalant qu’il se pourrait que Timmy souffre de ce qu’on appelle un déficit aigu de l’attention, un DAA, ce qui est assez fréquent chez les enfants de son âge (et l’on peut voir d’ailleurs Timmy filer comme une fusée sur son fauteuil roulant). Un médecin effectue alors un test pour savoir si Timmy est atteint de DAA. Il lit un livre durant 7 heures. M. Mackey et la principale Victoria s’endorment alors que Timmy reste éveillé, puis le médecin demande à Timmy : dans le chapitre 17, quelle marque de voiture Gatsby conduit-il ? Timmy, ne sachant prononcer que quelques mots, répond benoîtement « Timmy ». Pour le médecin c’est très clair, hurle-t-il (ce qui réveille Mackey et la principale Victoria) : ce jeune homme a sans doute un déficit aigu de l’attention ! Il lui prescrit alors du Ritalin.

 

A l’heure actuelle, et d’autant plus par la suite avec la semaine de 4 jours, les enfants ont beaucoup de mal à suivre le lourd programme pédagogique qui leur est imposé.

Si en plus, avec le genre de test que prodigue le médecin où peu de gens seraient capables de donner la bonne réponse, ils sont tous diagnostiqués ayant un déficit aigu de l’attention, le Ritalin peut alors leur être utile. Évidemment, les parents ne souhaitent qu’une chose, que leur enfant réussisse sa scolarité.

Comme le dit le père de Stan, les enfants en ont besoin pour écouter à l’école, ce en quoi Chef ne peut que répondre qu’il sait que les parents ne font ça que pour aider leur progéniture à démarrer dans la vie sur de bonnes bases, avec toutes les connaissances nécessaires, quitte à en passer par la solution médicamenteuse du Ritalin.

 

Au-delà du manque d’attention en classe qui peut caractériser une enfance débordante de vitalité, il faut également prendre en compte leur aspect naturellement chahuteur.

Il est évident que pour bien assimiler les contenus scolaires, il est non seulement nécessaire d’être attentif en terme de concentration, mais aussi de ne pas être dissipé en classe en se chamaillant avec ses camarades. Il en va tant du bon déroulement de la classe que de la socialisation des enfants et l’apprentissage du Respect d’autrui.

Alors que Stan ne veut pas prendre son Ritalin, Cartman lui dit qu’il devrait essayer, comme ça après il est cool (ce que confirme Kenny, avec une emphase de défoncé). Lorsque les gamins vont à la cantine, Chef leur pose la traditionnelle question à savoir comment ils vont aujourd’hui, ce en qui les enfants lui répondent en chœur qu’ils vont très bien, alors que d’habitude, ils répondent que ça va mal. Ils lui retournent alors la question et Chef répond que pour lui aussi tout va bien, et demande pourquoi. Stan se vante qu’ils soient sous Ritalin, Kyle précisant qu’ils ont tous un déficit aigu de l’attention, d’où leur prise médicamenteuse. Cartman, à son habitude, en remet une couche en disant que c’est vraiment trop top et que Chef devrait essayer ! Dans le même registre de pharmacopée utile, en classe, parce que d’habitude c’est un peu le bordel, M. Garrison demande le calme. Les enfants le regardent avec de gros yeux. Le professeur ne plaisante pas, il veut du silence, qui est déjà bien là vu l’état amorphe des enfants complètement prodés / défoncés au Ritalin ! Du coup, pour mettre l’ambiance, il décide de parler de la reproduction chez l’être humain : « On va parler de vagin, de pénis, de testicules ... Bordel de merde Eric (Cartman), tu n’as pas une remarque intelligente à faire ? ». Cartman répond dans un calme inhabituel « Et quel genre de remarque intelligente devrai-je faire M. Garrison ? ». Décidemment, M. Garrison ne supporte pas de voir ces sales petits cons être aussi sages, ils finiront par le rendre dingue (ce qui arrivera effectivement bientôt, dans un autre épisode). Mais il faut dire qu’il n’y a pas que les enfants qui se calment au Ritalin : alors que Chef les a tous réunis pour les sensibiliser au problème de l’addiction en leur montrant une cassette de pédagogie alternative, les parents répondent que la vidéo a de jolies couleurs. Chef demande s’ils sont tous sous Ritalin et les parents répondent en chœur que oui avec un sourire jusqu’aux oreilles !

 

Antithèse en faveur de la dangerosité du Ritalin et de l’opportunité d’autres solutions

 

Lorsque l’on touche par voie médicamenteuse à certains aspects du fonctionnement psychique, cela peut avoir des conséquences sur tout le reste des états de conscience.

Comme on le voit avec les parents, le Ritalin peut avoir des effets sur l’humeur qui se rapprochent assez de certaines drogues (flasher sur de jolies couleurs est souvent un des effets des psychédéliques types LSD ou champignons hallucinogènes). Ainsi, en plus du fait de se faire plaindre car on est « malade » de son déficit aigu de l’attention (ou de la tension comme l’épisode joue aussi sur ce jeu de mot) et être exempté de certaines tâches inhérentes aux apprentis-adultes en phase d’apprentissage, certains peuvent alors tomber dans la contemplation voire la fuite de la réalité par cette drogue légale et même encouragée pour la tranquillité scolaire.

Alors que M. Garrison espère que Timmy a fait tous ses devoirs, il lui tend une note de la principale Victoria indiquant que Timmy doit être dispensé de toute question et de tout devoir car il souffre de déficit aigu de l’attention ! Pour le prof, c’est une feinte, Timmy étant assez malin pour avoir réussi à rouler la principale et le conseiller de l’école ! Il se voit alors obligé de s’incliner. Kyle voit ainsi une ouverture et croit alors que lui aussi a un discrédit aigu de l’attention (et tous les autres enfants en chœur !!!). A la clinique, le médecin fait passer le même test de suivi de lecture à tous les enfants de l’école : ils dorment tous à moitié et Kenny se tape la tête contre les murs. Après des heures de lecture, le médecin pose une question à laquelle personne ne peut répondre (dans le chapitre 9, de quel genre de bouteille Mme Von Kampen veut-elle parler ?). Tous les enfants sont diagnostiqués souffrant de DAA et soupirent hourra après cette épuisante lecture/audition. Du coup, « Allé, Ritalin pour tout le monde ! ». Le médoc devient la solution à tout : les pères de Kyle et Stan sont heureux d’être sur la même longueur d’onde que leurs enfants (quand Chef arrive avec sa limonade, et casse cette belle entente paternelle, mais artificielle), Kyle relève que M. Garrison semble stressé, et lui propose donc de prendre un peu de Ritalin. M. Garrison vide la boîte et Cartman le réconforte en lui disant qu’à présent tout va aller pour le mieux.

 

Comme tout médicament, et encore plus avec des substances psychoactives, le Ritalin agit au-delà de ce qu’il lui est demandé.

Ainsi, des effets secondaires existent toujours, avec plus ou moins d’impact selon la personne et à des niveaux de nuisance différents selon la nature de la molécule active et son dosage pour traiter une pathologie précise.

Stan en est conscient puisque quand Cartman demande à ses potes s’ils sont pris leur Ritalin, il lui répond clairement que non, il ne va prendre ce produit qui craint ! Preuve en est quand la mère de Cartman demande s’il y a des effets secondaires, le pharmacien lui répond qu’il y aura éventuellement une légère baisse d’énergie et peut-être aussi que Cartman verra des monstres avec la tête de Christina Aguilera, mais ça c’est tout à fait normal (mais pas très rassurant pour autant, les hallus nécessitant un minimum de préparation mentale pour pouvoir revenir à la réalité et bien se rendre compte que les monstres à tête d’Aguilera n’exista pas – enfin si, elle !). Plus tard, quand Stan et Kyle se seront laissés convaincre (plus par le boycott des devoirs que par les effets du Ritalin), Chef comprend vite que c’est à cause de ce produit que les enfants ont tous l’air d’être devenus si ennuyeux (M. Garrison est tout autant outré que Chef, constatant les mêmes dégâts sur le peps des enfants en se confiant à sa marionnette M. Toc), ce en quoi Kyle est tout fier de dire que c’est exact. Chef est malade de ces connards de psychologues qui prescrivent des tas de saloperies aux enfants sans se soucier un instant des effets secondaires ! Mais Stan prend la défense du produit (comme tout « bon » drogué dépendant) en clamant haut et fort qu’il n’y a pas d’effet secondaire ! Sauf que c’est justement à ce moment-là, que Cartman voit pour la première fois, mais il enchaîne pastille sur pastille, un monstre araignée avec une queue et la tête de Christina Aguilera). Pour autant, il ne faut pas se voiler la face : les enfants regardant la télé ne rigolent même plus devant les blagues des pétomanes Terrance et Philip, c’est pour dire leur état de légume ! Ils zappent sur une chaîne gonflante mais ça leur plaît davantage. On y annonce que le groupe de Timmy s’est séparé et que c’est le chanteur solo qui fera la première partie avec Phil Collins. Cartman propose d’aller voir Phil Collins en concert et les autres sont emballés (ils sont vraiment tous trop défoncés). Cartman voit alors le monstre à tête d’Aguilera sur l’épaule de Kenny et lui assène un grand coup de poêle dans la tête, tuant Kenny. Normal, comme dans chaque épisode, sauf que les répliques habituelles ont aussi été modifiés par la prise de substance toxique : Stan s’écrit « Bonté divine, tu as tué Kenny ! » (au lieu de : oh mon dieu, ils ont tué Kenny) et Kyle répond tranquillement, d’un air détaché « Galopin ! » (au lieu de : espèce d’enfoiré). Quand les enfants viennent demander à Chef d’aller avec eux voir le concert de Phil Collins, il n’en croit pas ses oreilles, surtout quand Kyle dit que ces jolies mélodies leur plaisent énormément ! Il décide d’aller dire un mot à ces connards de pharmaciens, qui se comportent comme des dealers de rue, se réjouissant que les actions Ritalin ont grimpé de 10 points, leur permettant de se faire 20 000 $ de plus (alors qu’ils tiennent déjà une belle liasse de billets verts en main, qu’ils cachent vite fait quand Chef toque à la porte). Pour Chef, cette intoxication juvénile ne peut plus durer : toute la ville est remplie d’enfants zombies de la planète Zandor, et partout dans le pays ces connards et leurs confrères mettent les enfants sous Ritalin. Le médecin aussi en prend pour son grade, puisque grâce à lui les enfants aiment Phil Collins ! Il n’en revient pas, Chef argumente de plus belle sur le fait que ce médecin les a tous rendus tellement mous et ennuyeux, qu’ils vont tous aller voir Phil Collins en concert ! Lui comme les pharmaciens se rendent alors compte de leur terrible erreur, mais pour inverser les effets du Ritalin il va falloir les convaincre d’arrêter d’en prendre, ce qui va être dur car les gamins sont accros ! Se rendant au concert, Chef et les apprentis-sorciers mettent un antidote anti-Ritalin dans de la limonade alors que tout le monde s’extasie devant la nullissime prestation scénique de Phil Collins. Alors que Cartman se débat avec le monstre à tête d’Aguilera, Chef lui donne de sa potion magique et la bête immonde disparaît. Tout rentre à nouveau dans l’ordre naturel des choses quand le public se met à siffler Phil Collins.

 

Même si les choses s’arrangent finalement, il n’en reste pas moins que le problème soulevé à la base est toujours présent et qu’il ne se réglera pas d’un coup de tablette magique de comprimés.

On ne le dira jamais assez, mais la drogue n’est pas un médicament et il suffit de la rencontre d’un public (les enfants), ayant un certain problème (le manque d’attention en classe), avec un contexte délicat (M. Garrison est un mauvais prof) pour créer une dépendance ! Avant le Ritalin, les profs avaient la discipline, l’enseignement didactique et pragmatique ainsi que l’autorité (si chère à Cartman), maintenant la solution de facilité est la pharmacopée. Mais il est évident que ce n’est pas en droguant les enfants, quitte à ce qu’ils aient ensuite besoin de cette béquille à vie dans leur métier (comme les pubars avec la cocaïne, ou les policiers embouteillés pour supporter la réalité), qu’ils apprendront à se concentrer. Car même si c’est loin d’être évident, il faut en chier mais ça s’apprend pour pouvoir ensuite y faire face sereinement, même en grommelant !

Chef a bien raison de s’emporter quand il dit aux enfants qu’ils n’ont pas besoin de se droguer pour bien travailler à l’école ! De son temps quand on travaillait mal, on avait tous droit à un coup de pied au cul, mais maintenant ils veulent tout soigner avec des drogues ! C’est bien pour ça qu’il réunit les parents des enfants car il pense à raison qu’ils font une grave erreur en mettant leurs enfants sous Ritalin. Il met alors une cassette pour montrer qu’il y a d’autres méthodes pour traiter les DAA. Un docteur présente une méthode « révolutionnaire » : trois enfants sont hyper-agités, le médecin met une claque à l’un des enfants en lui gueulant dessus « tais toi et travaille ! ». La gamine ouvre son bouquin et ne pipe plus mot. Son camarade hurle et gigote de même, et quand il prend sa claque, il pleurniche : « t’arrête de chialer et tu te mets au boulot ! » ; évidemment, le troisième enfant ouvre de suite son livre (ah la valeur de l’exemple chez les autres !!!). Le médecin finit la vidéo en présentant une brochure « soit tu te calme tout de suite, soit tu reprends une tarte dans la gueule ! » Bien sûr la violence n’est pas une solution, c’est même un aveu d’échec face à son autorité et la discipline qui a échoué à être mise en place, mais cela montre qu’on peut faire autrement qu’en lobotomisant les enfants.

 

 

Synthèse

 

La question de fond est finalement de comprendre pourquoi les enfants ne sont pas assez attentifs à l’école. Tant qu’elle ne sera pas traitée, rien ne sera solutionné !

A force de vouloir trop apprendre de choses aux enfants, le savoir finit par rentrer d’un côté et à ressortir illico presto de l’autre : trop de connaissances tue la connaissance !

Quand Stan demande à Kyle s’il a pu faire ses devoirs, ce dernier lui répond oui, mais qu’il y en avait tellement qu’il les a finis à 2h du mat’. Il faut dire que les questions de M. Garrison portent sur les pages 32 à 624.

 

Au-delà de la surcharge de travail, n’oublions pas que nous avons affaire à des enfants, qui par nature sont turbulents, agités, sautent partout et courent dans tous les sens !

L’une des joies d’être gamin est de déborder d’énergie, même si pour les parents et les adultes c’est difficile à gérer, car ils auront ensuite toute leur vie pour manquer de punch et d’envie de faire des choses (pas ce soir, je suis fatigué ; j’irai bien faire ça, mais là je ne suis pas motivé). Un enfant part à la découverte du monde et de lui-même, et sa curiosité le pousse toujours à aller – comme Coubertin et ces Jeunes Octanés (justement parce qu’ils n’ont pas encore assez de plomb dans la tête pour réfréner leurs pulsions de vie à 200 à l’heure) – plus vite, plus haut, plus fort !

Lorsque tous les parents se retrouvent à la pharmacie pour acheter du Ritalin, la mère de Stan discute avec la mère de Kyle à propos du fait que leurs deux enfants ont un déficit aigu de l’attention et affirme qu’elle aurait du s’en douter, car tout devient clair pour elle maintenant : Stan n’arrive jamais à se concentrer quand son grand-père lui raconte des histoires de sa jeunesse (c’est surtout qu’il radote et que ça n’intéresse que lui les « c’était mieux avant » et les « de mon temps on n’avait pas ... »). Pour la mère de Kyle, les choses sont pareilles : il est parfois tellement énervé qu’il court partout en criant comme un gamin de huit ans ! Ce que confirme l’intéressé, il a bel et bien huit ans !!!

 

Pour autant, il serait bien dommage de ne pas utiliser ce produit s’il peut servir à certains à suivre une scolarité normale.

Tous les enfants n’ont pas la même capacité de concentration et d’apprentissage. Toute la question est de savoir qui en a besoin et dans quelle proportion. Pour cela, il est nécessaire de discuter avec les enfants, de voir ce qui coince dans leur scolarité (si effectivement quelque chose pèche vraiment par des lacunes évidentes), et de définir une thérapie médicamenteuse adaptée donc bien dosée.

Comme le remarque à très juste titre Chef, pour un seul enfant à qui ce serait nécessaire, on en refile à des milliers qui n’en ont pas besoin ! Le médecin de la clinique a beau s’esquiver en disant à Chef de ne pas lui dire comment faire son travail, celui-ci s’énerve et il le lui dira d’autant plus que le médecin a la tête dans le cul !

 

 

Conclusion :

 

 

Voyez, on se couchera moins bête car on a appris un truc  aujourd’hui : la pharmacopée moderne peut s’avérer utile pour certains, si elle est utilisée à bon escient et après avoir pris les précautions d’usage. Mettre tout le monde sous Ritalin (ou autre) est certes facile, mais cela n’arrangera rien aux problématique de fond sur la pertinence des enseignements et des méthodes pédagogiques : la solution médica-menteuse est une fausse bonne idée si elle est généralisée !

 

Nous devons toujours garder à l’esprit qu’une solution chimique n’est jamais qu’une partie de la résolution du problème, et qu’elle ne peut ni ne doit être appliquée à tout un chacun sans discernement. Pour reprendre le mot de Clémenceau à propos de la guerre et des militaires : la thérapie pharmaceutique (qui plus est avec des enfants), est une chose trop sérieuse pour la laisser aux seuls médecins et pharmaciens (en plus des industries chimiques toxiques) !

Bien sûr que la violence n’est pas une solution non plus, mais un professeur (comme un parent) doit savoir faire respecter son autorité et instaurer une discipline consentie (ne parlons pas d’ordre, à la façon des instituteurs du XIXè siècle et de leurs coups de règle sur les doigts voire sur les fesses).

 

Un enfant est un adulte en devenir et il doit apprendre et comprendre que la vie consiste à faire des choses rébarbatives qu’on n’a pas forcément envie de faire, mais que l’on se doit de faire tout de même, que ça plaise ou non ! Certains ont plus de difficultés que les autres (ils comprennent « vite », mais il faut leur expliquer longtemps), qu’à cela ne tienne : soit on leur fait bénéficier d’une pédagogie spécifique (par des cours de soutien ou de l’entraide entre camarades de classe), soit – si c’est vraiment nécessaire – on les assiste médicamenteusement mais après évaluation de leurs besoins réels.

Sauf si l’on veut avoir la prochaine génération avec des individus incapables de prendre sur eux et  se surpasser, obligés de se proder pour être « efficace » (ce que l’on voit déjà venir dans bon nombre de secteurs, à cause du stress et de la pression de rentabilité), nous devons apprendre aux enfants à se discipliner pour faire ce qu’ils n’ont pas envie de faire mais qui est nécessaire !!!

Publié dans : South-Park Drogues
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