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18 juillet 2009 6 18 /07 /juillet /2009 10:52

Grands bouleversements sociaux et économiques
Télécharger le fichier : 09-Les aubes des dogmes et leurs Contestations.pdf


Avant le grand dégel, les deux sexes opèrent en bonne harmonie : les hommes chassent, les femmes cueillent/collectent et s’occupent du reste.
L’organisation est celle de clans familiaux n’incluant pas la belle famille, mais la fratrie et ses enfants. Il s’agit de sociétés Egalitaires où l’exercice du pouvoir et l’accumulation de richesses sont des concepts inconnus (car contenus, empêchés par des pratiques de dons/contre-dons). Ces Peuples mènent une vie nomade car ils ont constamment besoin de trouver de la nourriture. Ils amassent peu de biens et leurs besoins matériels sont modestes et facilement satisfaits. Ils sont plutôt en bonne santé et ne connaissent pas les tensions sociales que nous associons à la vie « moderne ».

La femme a un rôle spirituel : art préhistorique avec les Vénus, culte envers la féminité (fertilité et fécondité, tant humaines qu’animales – chasse – et du milieu en général – collecte). Sur des supports d’art, la femme tient une corne (d’abondance), symbole lunaire : les cycles menstruels (règles) associent les femmes à la Lune et à son pouvoir.
Alors que les hommes organisent la société sur terre et que les femmes la cogèrent au jour le jour, la société est organisée dans le ciel par la Lune.
Les grandes expéditions de chasse sont organisées la nuit sous la lumière lunaire. Elles sont si cruciales au groupe que la Lune devient le guide et la source d’inspiration de l’humain.
La vie est réglée selon le cycle lunaire : la moitié de son cycle, la lumière permet de traquer et chasser les proies, l’autre moitié, plus sombre, les hommes peuvent se reposer et procréer avant la nouvelle Lune.

C’est alors qu’apparaît le changement climatique où la glace disparaît et avec elle les grands animaux qui assuraient la survie des chasseurs du Paléolithique depuis des centaines de milliers d’années. En quelques milliers d’années, l’humain doit s’adapter et subvenir à ses propres besoins par lui-même (production de ses propres aliments).
Les « mésolithiques », ayant déjà domestiqués certains animaux, se tournent définitivement vers le nouveau courant agricole amené par les colons extérieurs, mais déjà partiellement testé par eux-mêmes au cours des siècles précédents.
Cela entraîne des travaux pénibles et fatigants, avec un mode de vie moins stable qu’avant.
L’agriculture n’est pas enthousiasmante car elle est imposée par le besoin de survivre, alors que la chasse induisait un travail d’équipe, de la ruse et de l’expérience. Quand un animal était abattu, il y avait de quoi nourrir toute une famille pendant plusieurs jours.
Avec l’agriculture, la vie devenait aussi dur qu’un sol aride à labourer, aussi passionnante qu’une rangé de choux à planter et les navets à arracher ne provoquaient aucune montée d’adrénaline ni fierté (comparé à l’arrivée au camp avec une belle proie, de taille). On passe beaucoup de temps à améliorer sa terre et petit à petit le concept de propriété privée se développe. Ce facteur va changer les mentalités alors qu’avant on chassait ensemble sans notion de propriété territoriale (du moins au sein du clan).
En outre, de par l’agriculture et ses efforts physiques (en plus du changement alimentaire : la carie dentaire apparaît, constatée régulièrement à partir du début du Néolithique), ainsi que la proximité des animaux domestiques, l’humain est en moins bonne santé qu’avant.
L’espérance de vie décline au cours du Néolithique.

Dès l’arrivée des colons néolithiques, les humains travaillent pendant des semaines et des semaines pour préparer les sols, planter les graines, récolter les produits de la terre, les stocker puis les transformer. Cela représente au final la moitié de l’année en durs labeurs et donc la vie est moins excitante, plus ennuyeuse. Sans le prétexte des longues parties de chasse, les hommes sont obligés de rester à la ferme. Ils sont obligés de rester au même endroit, avec du temps libre pendant les périodes creuses. Mais les humains n’aimant pas l’inactivité, ils vont remplacer l’activité physique par la cérébrale. Ce temps libre a été investi dans des comportements sociaux de plus en plus sophistiqués.
Les changements psychologiques, idéologiques et religieux sont profonds. Il faut repenser en profondeur la conception du monde (cosmogonie et mythes fondateurs).
Les grands monuments néolithiques sont là pour rappeler le bon vieux temps des chasseurs où l’on craignait/vénérait la Lune.
C’est une commémoration d’un passé qui se meurt, pour ne pas l’oublier. C’est une marque de Respect envers le mode de vie ancestrale pour essayer de retrouver les anciennes croyances et rituels où l’on célébrait la Lune.
Mais à présent, c’est le soleil qui impose son rythme, son culte dans la vie et le travail des champs. C’est à ce moment là que les hommes accusent la Lune de leur nuire et d’être responsable de leur nouvelle vie. Ils transfèrent leur allégeance vers le soleil car à présent c’est lui qui les nourrit en faisant pousser les cultures.
Ils ont alors besoin d’un chef, d’un sorcier, en qui avoir confiance et qui les rassure, qui grâce à ses compétences et connaissances sur les cycles du soleil et de la Lune, peut les guider vers de bonnes récoltes et les rassurer pour une meilleure vie. Ces hommes ont mis en relation architecture, science et religion, prenant à témoin le grand mouvement céleste, saisissant l’instant de la mort pour exprimer, dans l’élaboration savante des mégalithes, leur révolte sociale et affective.

La sédentarisation, induite à la fois par les technologies économiques et par les limites géographiques, apportant des ressources alimentaires bien suffisantes, et une forte empreinte des terroirs, ont conduits à la constitution de sociétés puissantes dont on peut imaginer l’essor démographique rapide dans un contexte territorial fini.
Or, cette expansion n’a pu atteindre sa plénitude sans une hiérarchie réglant tous les problèmes d’intégration des autochtones en cours de néolithisation, de spécialisation des tâches et la coordination des diverses professions, aussi bien domestiques qu’intellectuelles, politiques ou religieuses.
La possession de bien territoriaux nécessitait de les contrôler : de cela s’ensuivit les notions de pouvoir puis de prestige. Fatalement, avec l’arrivée toujours croissante de nouveaux colons, les premières tensions entre chefferies apparaissent, les villages se fortifient et se regroupent autour d’un leader.
C’est dans ces contextes sociaux et économiques que naît, vers le milieu du -Vè millénaire, l’architecture appelée mégalithique. Elle est née du développement de brillantes sociétés, et est liée à une religion ostentatoire dans quelques foyers de haute spiritualité. Dans ses phases initiales, les divinités n’y étaient pas seulement protectrices d’un monde des morts souterrain et secret, mais accompagnaient et dirigeaient l’ensemble de la vie sociale !

La construction des monuments a démarré quand les premiers agriculteurs ont commencé à s’approprier des terres dans le Nord de l’Europe.
Vers -5 000, à Locmariaquer, le plus grand monolithe d’Europe est dressé, menhir de 21 m de long, de 300 tonnes en orthogneiss (forme de granit : il fut extrait à 10 ou 20 km et acheminé sur radeau à travers le golfe du Morbihan). Ça devait être un lieu important dans la cosmovision de ces Peuples.

Son édification remonterait à une période du Mésolithique final par un groupe de chasseurs-pasteurs-collecteurs. Devant l’avancées des néolithiques et de la mer (en raison de la fonte des glaces ; en Bretagne, le rivage a reculé de 150 km : vers -7 850, le littoral se trouve à moins 36 m, vers -6 500 il n’est plus qu’à moins de 20-25 m de son niveau actuel – c’est seulement alors que l’Angleterre se sépare du continent – ; certaines pierres mégalithiques ont leur base immergée, comme la pierre dressée de Léan-en-Tréffiagat, ou les piliers des tombes à Kerlouan et à Plouescat) les mésolithiques se sentent acculés et défendent ardemment leurs territoires, tant d’un point de vue plus ou moins guerrier contre les envahisseurs de l’Est, que de manière symbolique contre l’expansion de l’Océan à l’Ouest.
Les graphisme en U représentent les bucranes de bœufs sauvages (aurochs), les « crosses » sont des bâtons de jet (des propulseurs, pour la chasse), la « déesse en écusson » est un esprit (ou concept symbolique plutôt) de la Fécondité, liée à la terre mère nourricière (tant pour les proies et plantes sauvages pour les chasseurs-collecteurs, que pour les récoltes et pâturages pour les agriculteurs-éleveurs par la suite), le grand signe dit « hache charrue » ou araire est en fait un cachalot (signe peu courant, seulement une demi-douzaine d’exemplaires, spécifique des stèles et menhirs ornés).
Ce cachalot a été gravé sur d’autres monuments, en Galice, au nord du Portugal, jusque dans le sud de l’Espagne. Ainsi, cette représentation sur des dalles de réemploi dans les dolmens existe sur le littoral atlantique depuis le sud de l’Espagne jusqu’en Bretagne, confirmant des rapports certains entre toutes ces régions à une période ancienne de la néolithisation, dès la fin du -VIè ou le début du -Vè millénaire (soit entre -5 200 et -4 800).

Le Grand-Menhir de Locmariaquer était au centre d’un gigantesque et prestigieux sanctuaire de pierres taillées, ornées des symboles majeurs de la mythologie méso/néo-lithique, faisant face à l’Occident, au soleil couchant équinoxial.
Une file de calage témoigne d’un alignement mégalithique disparu, composé de 18 fosses empierrées, de taille décroissante et alignées sur plus de 55 m en direction du nord à partir de la base du Grand-Menhir. Elles correspondent à autant de calages de menhirs arrachés anciennement, dépeçage effectué à la fin du -Vè millénaire. De par les rapports entre ce monolithe géant, les menhirs qui lui étaient associés et les autres monuments du voisinage, le Grand-Menhir était ainsi un « guidon de mire » pour des observations astronomiques solaires et lunaires à grande distance.
Le soleil et la Lune ont souvent été associés aux deux sexes. La femme avec ses cycles menstruels mensuels a été associée à la Lune.
Avec l’agriculture, la puissance et la nécessité du soleil et donc de l’homme ne cessent de croître. Les mégalithes sont alors construits pour respecter la Lune, le côté féminin de la société, sans pour autant rejeter le soleil et la force masculine : les monuments sont là pour apaiser les conflits où le soleil (les hommes) prenait de plus en plus de place sur la Lune (les femmes). Le sexe mâle/femelle et le côté soleil/Lune s’alternent ainsi dans un anneau de pierres longues (phallus)/triangulaires (pubis féminin).
Afin d’assurer la cohésion d’une société tiraillée entre ses composantes mésolithiques pastorales et néolithiques agricoles, les sanctuaires de stèles ont été édifiés à la gloire des divinités et de leurs représentants mortels, très hauts dignitaires (ces grandes stèles décorées étaient en relation avec certains longs tumulus contenant un coffre), en mobilisant des énergies considérables.

Quelques siècles à peine après son érection, le monolithe a subi un tremblement de terre.
Cassé en deux, il fut débité (comme toutes les autres pierres constituant cet ensemble sacré) en trois blocs, gravé à nouveau pour y ajouter les symboles néolithiques en plus des représentations mésolithiques qui avaient toujours une signification (même différente) pour ces nouveaux peuples (tel le cachalot, devenant une hache-araire, ou l’aurochs sauvage devenant un simple bœuf domestique).
Le débitage a pu être motivé par le désir de sacralisation des grandes tombes, réceptacles imposants des restes mortels des grands personnages. Ces tombes sont devenues « royales », sacralisées par la mise en place d’un fragment de grande stèle sur la chambre, avec ces symboles d’un passé pas si lointain.
Le fait de les mettre dans les grandes tombes signifiait alors la victoire des grands personnages sur les derniers tenants de la tradition mésolithique. Les néolithiques récupèrent donc ces stèles et développèrent le concept de constructions mégalithiques déjà esquissé à la fin du Mésolithique : la guerre des économies et des traditions (prédation/pastoralisme local Vs production agricole importée de l’est) était finie, les agriculteurs avaient gagné ! Les grands sanctuaires pourraient alors être des sortes d’Arc de Triomphe, d’autant plus colossaux que les tensions avaient été fortes auparavant avec les derniers chasseurs-collecteurs. A présent, il fallait leur en mettre plein la vue pour leur montrer qui était définitivement les maîtres et prouver leur puissance par des constructions grandiloquentes qu’eux ne pouvaient que difficilement réaliser, étant donné leur petit nombre et le temps énorme qu’il leur avait fallu pour ériger les premiers prototypes, alors que les néolithiques, nombreux et très structurés avaient plus de facilités et sur des délais plus courts. Les mésolithiques étaient vaincus, ils ne pourraient plus lutter, les dieux les avaient délaissé (séisme détruisant le Grand-Menhir, source de fierté de ces Peuples) donc autant s’assimiler définitivement et tenter de se faire bien voir auprès de l’occupant en l’aidant à s’intégrer dans son nouvel environnement, connu de longue date par les locaux.


Au Néolithique moyen et final et au début du Chalcolithique, entre le IVè et le IIè millénaire, dans le golfe du Morbihan, de nombreux changements se sont produits : des menhirs sont renversés, les dalles recyclées, des sanctuaires fermés, des tumulus réaménagés ou condamnés.
Les exemples de réutilisation foisonnent, et l’art des tombes à couloir en Armorique est, en grande partie, l’aboutissement d’une vaste opération de récupération de pierres décorées, primitivement installées à l’air libre, sous forme de sanctuaires de stèles et de menhirs (chaque famille était propriétaire de ses menhirs, mémoires du clan, ordonnés selon la généalogie, et à ce titre symboles de la grandeur ou du déclin du groupe).
Le -IVè millénaire est en effet marqué par la formation de la culture chasséenne, ayant un caractère unificateur, qui impose son style aux trois courants précédents (le courant méditerranéen – céramique à décor cardial –, le courant danubien – céramique à décor linéaire –, et l’entité atlantique d’origine mésolithique). Il existe des relations avec l’Italie du Nord et la Suisse, montrant un phénomène de relative stabilité et de contacts culturels entre les différentes régions.
L’arrivée de cette culture est pour autant liée avec l’aménagement de certains enclos et camps à fossés et remparts (protection du troupeau et des habitants, centres économiques et religieux), mais aussi à l’invention de tombes mégalithiques à couloir, ainsi qu’à la fréquentation de pierres dressées. A la place des coffres (simples, de dimensions modestes) apparaissent des chambres sépulcrales faites de grosses pierres ouvertes vers l’extérieur et un couloir d’accès propres à des rites Collectifs. Ces trois critères – tumulus, rites funéraires Collectifs et grosses pierres – caractérisent l’architecture mégalithique.

Des dalles gravées ont été utilisées la face décorée placée à l’extérieur et donc invisible de l’intérieur des chambres (mais aussi de l’extérieur puisque le tumulus ou autre superstructure cachait ces représentations) : elles avaient perdu tout leur sens, voire on les méprisait. Pour autant, une stèle décorée des symboles traditionnels de l’art mégalithique armoricain (crosses, cornus, haches emmanchées et écusson) se retrouva aussi en morceaux dans le bourrage de fermeture du caveau de 4 m sur 3 m du tumulus de Mané-Er-Hroék à Locmariaquer (d’un âge au moins égal à celui de la stèle). La chambre funéraire dans ce gigantesque carin de 100 m sur 60 m pour 10 m de hauteur, contenait un mobilier exceptionnel, lié à l’importance du personnage qui y fut déposé : pendeloques en variscite verte, anneau-disque et plus d’une centaine de lames de haches en fibrolite (pierre dure mais se taillant et se polissant facilement contre un rocher) et en jadéite.

L’usage de plus en plus fréquent de larges dalles pour remplacer les pierres sèches entraîna le passage du plan circulaire au plan hexagonal, comme au Portugal. Le dolmen à chambre rectangulaire et couloir traduit une évolution vers un mégalithisme plus marqué, car il est formé de grandes et lourdes dalles, pour la chambre comme pour la couverture. Le culte des ancêtres l’a emporté sur le culte des idoles géantes !
On trouve le rite des « idoles brisées » (stèles préalablement gravées puis brisées) au Néolithique récent (vers -3 500) où une statue de déesse-mère fut débitée et réutilisée dans la chape de monument. Un rituel nouveau apparaît : la décoration et la sacralisation de dalles avant leur mise en place dans les sépultures.
Cette période voit se mettre en place de vastes ensembles culturels s’accompagnant d’un accroissement démographiques et d’un développement économique agricole et artisanal. Les villages aux maisons peu nombreuses et les nécropoles sont plutôt aménagés sur les hauteurs. Utilisé dans les champs, l’araire facilite une meilleure mise en valeur du sol en créant des sillons qui drainent les eaux de pluie. Des silos sont creusés pour conserver graines et légumes.
Le résultat en est la mise en place d’un système de valeurs largement admis, élaboré à partir de matériaux précieux (jadéite, ambre) et de métaux (cuivre, or, argent), ce qui entraîne une tension sociale qui explique le pourcentage important des armes (pointes de flèches, poignards) et la fortification fréquentes des habitats et autres sites.

L’île de Gavrinis occupe, au centre de la partie occidentale du golfe du Morbihan, une position-clé dans cette région où allait exploser le grand mégalithisme morbihannais des -Vè et -IVè millénaires. Quelques siècles à peine après l’achèvement de sa construction, ce monument exceptionnel allait être enfoui sous un tumulus secondaire qui allait contribuer à le faire oublier tout en le protégeant. L’incendie des structures en bois du parvis, qui précéda de peu la condamnation du monument, est daté entre -3 500 et -3 000. Gavrinis a donc été fonctionnel durant la première moitié du IVè millénaire (-4 000 / -3 500), sensiblement en même temps que la Table des Marchands. La couverture de la chambre est en orthogneiss, roche géologiquement inconnue localement mais qui constitue la matière d’une bonne vingtaine de blocs mégalithiques souvent énormes dans la presqu’île de Locmariaquer et alentour.
Il s’agissait en réalité non d’un tombeau, comme les autres dolmens à couloir, mais plutôt d’un lieu initiatique construit sur le même schéma architectural mais avec les adaptations nécessaires.
Les pierres sont disposées comme un long cheminement initiatique que des pèlerins ou des prêtres auraient emprunté lors de manifestations sacrées. Les piliers de l’entrée sont bruts ou simplement bouchardés (opération effectuée avec un rouleau qui présente des aspérités régulières et que l’on utilise pour le finissage d’une surface). Le décor commence avec un grand écusson-gigogne (couple des divinités mère-fille enchevêtrées) relativement simple, puis il devient rapidement complexe et sophistiqué, avec un paroxysme à mi-longueur du couloir, où l’on trouve notamment la panoplie d’armes (un arc et ses deux flèches entre deux lames de hache). Enfin, pour entrer dans la chambre à l’ambiance déroutante (le décor de cette salle minuscule reste relativement confus et négligé par rapport à celui du couloir), il convient d’enjamber (ou de piétiner ?) un seuil au décor hautement significatif de plusieurs écussons.
Chaque panneau est différent des autres et évoque une relation entre le monde terrestre et le cosmos. Pour autant, l’ouverture orientée vers le sud-est ne laisse qu’à peine entrevoir le ciel de l’intérieur.
On comprend donc mieux l’énergie déployée, à la fin du -IVè millénaire, pour condamner l’accès de cette crypte exceptionnelle, voire en faire oublier l’existence, dans la mesure où il s’agissait d’un lieu doté d’une charge symbolique bien particulière.

Au départ, la dalle de couverture gravée avec la hache de Gavrinis se dressait sous les étoiles, dans un cercle avec au milieu le Grand-Menhir. Un autre bloc (au départ, les deux blocs appartenaient à une même stèle) formera ensuite la couverture du dolmen de la Table des Marchands, à Locmariaquer, autre sanctuaire situé à quelques kilomètres de là.
Le passage des structures à l’air libre vers des allées couvertes reflète de grands changements dans la société néolithique, dans sa phase tardive. Peu de gens avaient accès à la nécropole et peu pouvaient même la voir, cachée dans un tertre allongé. Tout se passe devant, lieu de rituels où l’on vénérait les morts confinés dans un endroit discret.

Les premiers tumulus sont ainsi construits 300 ans après le début du néolithique, vers -4 700 (partie ouest de Barnenez, puis 400 ans plus tard pour la partie est). Les modestes coffres sont remplacés par une chambre dolménique caractérisée par des dimensions assez importantes (2 à 6 m et parfois plus). Elle est accessible par un couloir, depuis l’entrée aménagée sur la façade du tumulus. La tombe était donc fermée ou ouverte pour permettre de nouvelles inhumations, répondant ainsi à une fonction funéraire Collective.
Ils représentent une transformation radicale dans les pratiques religieuses : les signes, les symboles et les cérémonies qui se déroulaient autour des énormes pierres à l’air libre visibles de tous, sont déplacés vers des emplacements enfermés, dans des salles exiguës coupées du monde extérieur où l’on pénètre par des couloirs étroits, recouverts d’immenses monticules qui ne laissent rien apparaître. Seul un petit nombre d’élus avait le droit d’assister à ces cérémonies. C’est le signe de la montée d’un pouvoir religieux exercé par une élite de plus en plus restreinte.

En ce qui concerne les origines septentrionales du mégalithisme post-mésolithique, un groupe d’agriculteurs, émanant du courant danubien du bassin parisien (à céramique à décor linéaire), a atteint au début du -Vè millénaire la côte atlantique. Leurs maisons trapézoïdales allongées ont servi de modèle aux premiers tertres funéraires, maisons des morts à l’image de celles des vivants. Il s’agit d’un phénomène local, de l’ouest, étendu à toute cette grande région et adopté par différentes cultures très proches les unes des autres.
Dans la vaste région qui s’étend de la Seine à la Garonne, les coutumes funéraires des populations établies à partir de -4 700 sont multiples. Parmi elles, un tertre allongé recouvrait une sépulture en fosse pour un corps, limitée ou non par des pierres dressées formant un coffrage.
Sur la Loire moyenne et dans le haut Poitou, le groupe de Chambon dépose ses morts de manière plus ou moins Collective (un à huit adultes et enfants) dans des coffres en pierre (identiques dans le sud de la France, en Catalogne, en Suisse et dans le nord de l’Italie). Les crânes y étaient déposés intacts, mais les corps étaient en plus grand nombre. Au préalable, les cadavres étaient enterrés ailleurs, et, après décarnisation (disparition des chairs, effectuée par des oiseaux de proie– comme les vautours de Çatal Höyük), les os étaient transplantés dans cet ossuaire et rangés selon une disposition méthodique. Des « maisons des morts » en bois, construites près des dolmens, étaient complémentaires des monuments funéraires, dans un but cultuel et de recueillement.


Les gens sont esclaves de l’agriculture et ils gardent comme une déchirure le souvenir de la vie Collective où l’on vivait tranquillement de la chasse, en Liberté pendant des milliers de générations.
Le rôle des femmes a changé, la Lune n’a plus d’influence sur la vie et les actes des humains.
L’agriculture a besoin du soleil et sa nouvelle suprématie a donné de nouveaux pouvoirs aux hommes, alors que les femmes assument un rôle moins important.
Le soleil, homme-dieu qui doit être vénéré, est chaud et inconstant, on ne peut pas se fier à lui. Les récoltes peuvent être mauvaises et donc c’est les autres qui peuvent poser problème.
Les rivalités déclenchent des affrontements, les gens possédant des biens et des terres. Or, dès que l’on possède quelque chose, les autres les convoitent et même les volent. Les affrontements se changent en batailles puis en guerres.
Sous des auvents rocheux de l’Espagne méditerranéenne, des peintures font état d’une forme de guerre en cours de professionnalisation entre le -Vè et le -IIIè millénaire. Elles représentent des scènes d’affrontement entre deux camps constitués de 15 à 20 combattants. Il s’agit surtout de combats d’archers (qui ne sont pas seulement rituels – palliatif traditionnel à la vraie guerre entre tribus, qui désormais font semblant pour se rappeler qu’à présent ils sont en Paix –, puisqu’il y a des blessés et des morts).
Malgré quelques comportements individuels, une certaine organisation (un groupe est disposé en lignes successives de tireurs) apparaît puisque d’éventuels chefs se reconnaissent à leur coiffure ou à des insignes (le chef semble même être couvert par des combattants plus exposés). A la fin de la bataille, il existe des exécutions capitales : des pelotons d’archers foudroient de projectiles une victime ciblée. Dans l’hypogée de Roaix (Vaucluse, -IIIè millénaire), un niveau comprenait trente-cinq squelettes déposés ensemble, correspondant alors à la fonction d’ossuaire suite à un carnage guerrier. A la même époque, deux corps de la sépulture d’Auzau-les-Chateliers (Vendée) ont subi une mort violente, ce qui laisse penser à un sacrifice humain dans un contexte guerrier.
Ce climat d’insécurité a encouragé la Solidarité exprimée dans les caveaux Collectifs.

Comment rendre à un Peuple l’espoir en ce nouveau monde et que tout ira bien bientôt ?
Une élite de prêtres contrôle alors tous les monuments mégalithiques de la Bretagne Sud. Pour mobiliser les énergies Collectives nécessaires à la construction de mégalithes, il doit en effet exister une hiérarchie sociale et religieuse. Même si par ailleurs régnait une certaine Egalité entre les membres d’une population donnée habitant des maisons similaires, avec des modes de vie assez modestes, la mise en œuvre des tombes et des sanctuaires était le fait d’une élite qui maîtrisait le pouvoir politique, la diplomatie, les secrets des dieux (surtout l’astronomie) et la science. La trépanation assez fréquente des crânes humains (opération délicate car il faut limiter les saignements, particulièrement abondants au niveau de la tête, cautériser la plaie qui risque de s’infecter, en utilisant des draps imbibés de vinaigre pour éponger le sang et éviter la putréfaction) révèle un réel souci de connaissance de l’humain et de son environnement (et au-delà laisse entendre que les néolithiques appréhendaient déjà le rôle du cerveau dans le comportement humain, pratiquant après la mort des autopsies pour approfondir leur curiosité expérimentale et scientifique du fonctionnement du corps humain). Les néolithiques savent arracher des dents malades et à l’occasion trépaner avec succès (les rondelles crâniennes perforées étaient aménagées en pendeloques et portées autour du cou en collier). Cette curiosité se poursuit après la mort, comme en témoigne le traitement rituel des ossements humains et les nombreuses pratiques des rites secondaires pendant lesquels ces ossements, et en particulier le crâne, acquièrent le statut de relique. A ce titre, seuls quelques hommes organisaient les travaux Collectifs et présidaient au culte des ancêtres.
Grâce aux secrets des dieux, les prêtres ont ainsi constitué un immense observatoire solaire et lunaire d’une précision étonnante. Les architectures « fermées » comme les tombes mégalithiques, installées sur la crête ou le versant de collines, sont des points de convergence d’où part le grand axe de l’orientation du couloir d’accès rejoignant à l’horizon le point où apparaît le soleil, un jour remarquable de sa course. Car le paysage mégalithique n’est pas seulement terrestre : la topographie modulée fonctionne avec la lumière solaire, source de chaleur et de fertilité. Le mouvement régulier du soleil va de pair avec celui de la Lune, dont l’observation fournit d’autres points de repère sur l’horizon : des alignements permettent de prédire les phases complexes de la Lune. Ce sont des temples pour prouver que l’élite des rois-prêtres peut prédire les mouvements et phases du soleil et de la Lune. Cette démonstration est censée profiter à la société, et justifier le rôle prédominant de l’élite.
Quand un roi-prêtre est capable de le faire et y réussi, il peut rendre la vie de ses sujets beaucoup plus agréable, moins craintive. Et dans le même temps accroître son pouvoir.

Partout dans le monde, quand les agriculteurs commencent à s’approprier la terre, ils construisent des monuments, signes d’un énorme changement dans l’Histoire de l’Humanité.
Ces monuments n’ont rien à voir avec Stonehenge dans le sens où ils sont antérieurs et montrent les changements radicaux dans la société qui passe de chasseurs-pasteurs-collecteurs nomades à éleveurs-agriculteurs sédentaires, qui deviendront finalement propriétaires terriens, ce qui représente le tournant le plus significatif de l’Histoire humaine.
La construction des mégalithes est due à des idées plus fortes qu’auparavant, qui nécessite un effort physique intense et une patience illimitée. Les blocs sont taillés et martelés avec des outils eux-mêmes taillés dans la pierre, les joints se font au bois et au mortier, selon la technique du puzzle.
La compréhension des figures tridimensionnelles, la planification et les efforts n’ont rien de commun en Europe occidentale. Les prouesses techniques sont telles qu’elles pouvaient insuffler au Peuple un haut niveau de motivation pour se mobiliser en vue de tels travaux. En outre, quelqu’un devait avoir la vision du produit fini pour pouvoir gérer le chantier qui devait prendre un temps considérable.
Il faut une main d’œuvre dévouée, pour effectuer d’énormes efforts et supporter les contraintes d’un dur labeur : il faut donc une direction, une vision et une main d’œuvre disponible, comme pour les pyramides (même époque que Stonehenge).
Durant les saisons ou cycles agricoles où la main d’œuvre était disponible, la société était suffisamment complexe et visionnaire pour rassembler la population et ériger des monuments d’une telle ampleur.

Dans ce Néolithique ancien (1 000 ans avant Stonehenge), la société est régie par une éthique communautaire. On place les morts dans des tombeaux latéraux pour les femmes et les enfants, et au fond du tumulus pour les hommes adultes. C’est dans ces chambres funéraires qu’on les laissait se décomposer lentement (alors qu’auparavant les corps étaient préalablement décarnisés par des oiseaux de proie), en leur rendant visite durant tout le processus. C’est ainsi qu’on enterre Collectivement les morts durant le Néolithique, où les tombes à couloir sont un passage vers l’autre monde, peuplé par les esprits des ancêtres : ces rites permettent d’apporter toute la symbolique qui transforme le corps en relique et le défunt en ancêtre. La sépulture joue ainsi un double rôle : à l’intérieur, c’est un mémorial pour les défunts ; à l’extérieur, un lieu de culte devant lequel, génération après génération, les fidèles continuent, une fois le couloir de la tombe bouché, de vénérer le souvenir des ancêtres présents par leurs ossements devenus des reliques.
Ces monuments ont une lourde charge symbolique pour le Peuple, ainsi le chef ou les prêtres peuvent construire de grands monuments dans l’esprit de leur époque, alors que l’Europe en est encore au stade préhistorique.
Au Portugal, comme en Galice, la densité en monuments mégalithiques et parfois proprement stupéfiante. Des monuments décorés mais non à chambres à couloir remontent à -5 300.
Les rites funéraires étaient assez rigides dans leur contenu et reflétaient l’image d’une société sensible à la dimension mythique du passé, de la vie et de la mort, à travers sa propre image. L’humain est alors devenu acteur de son propre devenir et non plus un simple spectateur.

Les buts de ces constructions sont d’observer, de comprendre, de conceptualiser les mouvements du soleil et de la Lune, et expérimenter pour vérifier que leurs cycles se poursuivent en permanence (cela implique une grande exactitude, alors que certains mouvements sont de minuscules fluctuations qui se produisent sur plusieurs années).
Comme lors d’autres grands bouleversements sociaux, l’idée est ainsi de rassurer le Peuple que le nouveau système économique de production n’empêchera pas le monde de tourner !
Si on observe le lever et le coucher du soleil chaque jour, on s’aperçoit qu’il se décale sur l’horizon selon un rythme quotidien. Du solstice d’hiver à celui d’été, le soleil va dans une direction, puis il marque une pause et repart dans le sens inverse : il se trouve à son point le plus méridional (le plus bas dans le ciel) au solstice d’hiver (jour le plus court), puis se déplace un peu plus chaque jour vers le Nord jusqu’à atteindre le solstice d’été avec son point le plus boréal (le plus haut dans le ciel). Du point de vue de l’observateur, le solstice est le moment où l’année change elle aussi de direction. Quand la distance qui sépare sa position boréale de sa position australe est la plus grande, on parle de la station maximum. En somme, le soleil se déplace d’une position maximum au Nord en été, avec une déclinaison de +23°5, correspondant à -23°5 au Sud en hiver.
Les positions de la Lune à son lever et à son coucher suivent un rythme similaire, sauf que le déplacement vers le Nord et le Sud se fait à un rythme mensuel, le temps qu’elle met pour faire le tour de la Terre, dans un mouvement exactement inverse à celui du soleil. L’équivalent du solstice d’été s’appelle Lune ascendante, et du solstice d’hiver Lune descendante.
Mais un autre cycle se surimpose à ce rythme mensuel de la Lune. L’orbite de la Lune est soumise à des fluctuations cycliques d’une période de 18,6 années. Son mouvement relatif est plus compliqué que celui du soleil, car il comporte deux maxima au nord et au sud : dans ce cycle de 18 années 220 jours, la Lune varie de sorte que ses déclinaisons nord et sud varient de 29° à 19° pour revenir à 29°. Il y a ainsi deux extrêmes, 29° et 19°, nord et sud. Ce mouvement pendulaire relatif est composé par les effets combinés de l’inclinaison et de la précession de l’orbite (et ce n’est pas un phénomène facile à préciser en quelques mots).
En bref, la Lune a deux positions extrêmes contre une pour le soleil. A certains moments de l’année (et donc de manière plus fréquente que le soleil), la Lune se lève aux extrémités boréales et australes de l’horizon, et pour l’observateur, c’est un moment spectaculaire. Dans l’Antiquité on calculait précisément les mouvements du soleil et de la Lune car ils avaient une grande importance symbolique et religieuse.

Dans cette dualité soleil-Lune, Gavrinis abrite des lignes serpentiformes, des zigzags, des spirales, des rayons et des cercles concentriques (comme plus tard en Irlande).
La majorité des gravures sont placées dans l’obscurité, à l’intérieur du monument. Par contre, le couloir d’accès à la chambre funéraire est parfaitement aligné sur la position du lever de la Lune à sa position la plus australe, ce qui éclaire les fresques.
Sur le point de rencontre de l’axe de l’alignement de la chambre et de la ligne du lever du soleil au solstice d’hiver, se situe au plafond une grosse dalle insérée dans la paroi. Une pierre cachée dans la chambre funéraire reprend les mêmes symboles qu’en Irlande (elle a peut-être été transporté de là-bas jusqu’à Gavrinis, ou plus sûrement la Bretagne a inspiré l’Irlande).

Justement, à Newgrange, sept siècles avant les pyramides, fut construit le plus ancien observatoire solaire vers -3 000, longtemps après que Gavrinis fut abandonné. Sa disproportion entre l’architecture fonctionnelle interne et sa monumentalité externe montre en outre le but de sa conception : impressionner la communauté.
Il existe d’étroites relations entre l’humain et les astres, induites autant par les nécessité de l’activité agricole que par le respect envers ce dieu puissant mais étrange. Rien de surprenant alors si les monuments sont construits selon des directions astronomiques privilégiées, et précisément le cas de Newgrange est exemplaire puisque le lever du soleil au solstice d’hiver s’effectue exactement dans l’axe du couloir, le pinceau lumineux pénétrant jusqu’au fond de la chambre par une boîte construite au-dessus de la porte.
Au solstice d’hiver, la lumière se réfléchit contre une pierre mais qui ne porte pas de symboles (ils sont sur le côté, dans des zones sombres où le soleil n’accède pas).
Les endroits les plus sombres sont les chambres latérales. L’une est située à l’Ouest avec une grosse dalle de pierre qui portait des restes incinérés. Sur la pierre qui forme le fond de la chambre on voit les symboles spiralés (dessins à l’origine de l’art celtique – triskèles, trois spirales conjointes – qui apparaîtra 2 000 ans plus tard). Cette chambre est alignée avec celle qui donne sur l’Est, à l’endroit où se couche la Lune sur l’horizon tous les 18,6 ans.
Une lucarne sert à faire entrer le soleil, mais qui éclaire au couchant du solstice d’été le renfoncement à gauche de la chambre mais pas le fond.
Par contre, lorsque la Lune atteint une certaine position par rapport à une montagne dans le fond du paysage, la lucarne laisse entrer la lumière de la Lune qui éclaire le fond de la chambre mortuaire (là où se trouve la spirale-triskèle, symboles de la course astrale, autant de la Lune que du soleil), encore une fois lors de la position australe de l’astre, toutes les 18,6 années.
Le site était recouvert de quartz, ce qui demandait d’énormes efforts pour ramener la pierre blanche des lieux d’extraction en remontant la rivière en bateau. La blancheur étincelante de cette pierre devait simuler la lumière de la Lune.

A Knowth, l’évocation fréquente des astres, représentés dans leur parcours céleste, impressionne. L’interprétation de ces compositions s’éclaire quelque peu lorsqu’un véritable cadran solaire révèle la division du temps et l’omniprésence du soleil.
Le couloir est étroit et sombre, assez angoissant, avec une progression difficile. Arrivé au bout, le couloir s’ouvre brusquement sur une large salle voûtée avec un puit au plafond, où l’on sent que l’on est dans un espace très différent de celui qu’on a laissé à l’extérieur. C’est un autre monde.
Des ouvertures existent, à travers lesquelles le soleil pénètre dans la tombe lorsque pointe l’aurore au milieu de l’hiver.
Un triskèle, dans la dernière cellule faisant face au couloir, orienté vers le mort, est éclairé par la lumière matinale du soleil au solstice d’hiver : la lumière solaire est reflétée sur l’arrière de la cellule et illumine ces spirales.
Ainsi, une fois par an, la salle funéraire située en profondeur, est illuminée par les rayons du soleil levant au solstice d’hiver. Une grosse pierre réfléchie les rayons du soleil vers une lucarne qui les renvois vers les profondeurs du tumulus.
A côté du grand tumulus (on pose les couloirs et la chambre funéraire, puis on les recouvre de pierres posées les unes sur les autres, enfin on recouvre le tout de terre et de pierre), on trouve seize petites tombes, où l’on a enterré des gens sur 2 000 ans.
Les reliefs abstraits paraissent dessiner les reliefs visibles de la Lune, ils seraient donc les premières cartes lunaire.
Ils auraient également servi à définir les cycles du soleil et de la Lune (formes en vagues ou spirales).

Un autre exemple de cette évolution des mentalités (même si plus tardif et inspiré par de nouveaux arrivants, des Indo-Européens) en est le disque en bronze de Nebra où le soleil partage la vedette avec la Lune : c’est la plus ancienne représentation de la voûte céleste découverte à ce jour (enfouie vers -1 600, mais sûrement fabriqué plus tôt). Au début, le disque en bronze est décoré de 32 points, d’un croissant de Lune et d’un cercle en or représentant la pleine Lune. Une concentration de 7 points montre les Pléiades, constellation à laquelle les néolithiques accordaient une extrême importance. Deux de leurs dispositions indiquaient deux jours importants dans l’année agricole : le 10 mars et le 17 octobre. Ils marquent le moment le plus tôt possible pour les semences et le plus tard possible pour les récoltes.
Dans une seconde phase, deux arcs d’horizon ont été appliqués sur les bords gauche et droit. Ils dessinent les points du lever et du coucher du soleil, définissant alors un calendrier solaire qui permettait de définir le solstice d’hiver le 21 décembre et d’été le 21 juin.
Dans une troisième phase, une barque solaire est ajoutée. Ce symbole mythologique est une image connue de l’âge du bronze, indiquant le voyage du soleil dans le ciel.
Il existe également des chapeaux pointus et dorés à l’or fin, retrouvés en Allemagne, en France et en Suisse. Il s’agit de chapeaux de sorcier portés par des prêtres ou des sages, pas que comme costume d’apparat, mais à but utile aussi.
Ce sont des calendriers cryptés, servant à calculer les années et les saisons. Et plus important encore, les cycles complets de la Lune : 1 739 symboles du soleil et de la Lune, indiquent les phases quotidiennes de la Lune au cours d’un cycle complet de 19 ans. C’est ce qu’on appelle le cycle métonymique (tour complet de la Lune, 18,6 ans), calculé par le Grec Méton vers -432, soit 500 ans après la fabrication des cônes.
Les personnes qui avaient ces connaissances devaient être des rois-prêtres et tenaient ces enseignements d’une longue tradition.
C’était les maîtres du temps, qui avaient le savoir et donc le pouvoir de définir le temps.
Ils avaient la capacité de prévoir, de maîtriser et de régler les cycles de la vie et de la nature dès le début de l’âge du bronze (et même bien avant).

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18 juillet 2009 6 18 /07 /juillet /2009 10:49

Début des mégalithes dans l'Ouest de la « France »
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Avec le radoucissement du climat, l’effet maritime atlantique du Gulf Stream est accentué et une unité climatique se met en place, du détroit de Gibraltar jusqu’à la Scandinavie méridionale. On constate alors que, lors du -VIè millénaire, des sociétés épipaléolithiques se regroupent au Danemark, en Grande-Bretagne, en France et au Portugal dans des camps semi-sédentaires (occupations de longue durée ou retours réguliers au même emplacement). L’habitat commence à prendre une réelle importance à cette époque, chaque groupe occupant une centaine de kilomètre de territoire.
Ces groupes aménagent des nécropoles en plein air qui présentent tout le long de la côte atlantique de grandes similitudes, à l’embouchure du Tage, dans le golfe du Morbihan (Höedic et Téviec) et sur les rives de la Baltique méridionale.
Cette évolution coïncide avec l’apparition à Téviec des premiers animaux domestiqués (chèvres ou moutons, et chiens) dans la seconde moitié du -VIè millénaire, alors que la céramique est encore inconnue à ce moment-là dans ces régions littorales. Il s’agit donc de cultures mésolithiques en voie de néolithisation, mais par elles-mêmes, sans l’intervention de groupes pleinement néolithisés venant coloniser les terres (premiers tessons de céramique, cardiale, au Portugal vers -5 000).
Les populations mésolithiques (du -IXè au -VIè millénaire) du littoral atlantique pratiquaient dès le début des sépultures Collectives (avec plus ou moins d’individus).
Les corps accompagnés d’un riche mobilier en coquillage et d’un petit outillage en pierre, ont été saupoudrés d’ocre rouge, tradition qui remonte au Paléolithique, et recouverts de massacres de cerfs ou d’aurochs, qui sont respectivement les symboles du renouveau (par la chute des ois qui repoussent) et de la puissance. L’un des corps a même été incinéré.
A la fin du Mésolithique, les nécropoles Collectives de Hoedic et Téviec (Morbihan) présentent des corps déposés parfois dans des coffrages de pierres placés de chant, surmontés d’un petit tumulus et d’une dalle horizontale de pierre. Des pierres dressées, hautes de 1 m, accompagnaient même deux des tombes. Tant du point de vue des coutumes funéraires (sépulture Collective de quelques individus dont les ossements ont pu être manipulés) que de l’architecture même des petites chambres funéraires en pierres qui contiennent ces ossements, l’origine du mégalithisme de l’ouest de la France est locale et date du Mésolithique, donc d’avant l’arrivée des néolithiques. Les figurations des stèles décorées du Morbihan vont d’ailleurs dans le sens des derniers chasseurs-collecteurs (et un peu pasteurs) face aux premiers éleveurs-agriculteurs.


C’est en Europe de l’Ouest et plus précisément dans l’ouest de la France que se trouvent les plus anciens monuments mégalithiques (dolmens – sépultures collectives ou individuelles – et menhirs – pierres dressées).
Dans l’ouest de la France, tout comme d’ailleurs dans l’ouest de la péninsule ibérique et, un peu plus tard, en Irlande, les nouvelles sociétés vont se trouver confrontées à un problème, d’ordre plus philosophique que domestique : elles se trouvent face à l’occident, devant un immense horizon maritime difficile à maîtriser, et l’on peut imaginer leur désarroi lorsque stoppées dans leur progression depuis les confins orientaux de l’Europe, et incapables de comprendre les mécanismes réels de l’univers, elles voient chaque jour l’astre solaire, pièce centrale de leur cosmogonie, disparaître dans cet océan sans limites.
L’ensemble de ces facteurs a joué un rôle prépondérant dans la constitution des unités sociales de ces pays atlantiques, les Finistère bien nommés (Finis Terræ en latin, et Penn ar Bed en breton : Penn ar Bed ne traduit pas exactement la « fin de la terre » ; penn – tête – a le même sens et la même étymologie que cap en français et bed évoque plus le monde que la terre ; originellement, le nom signifierait donc la tête, l’extrémité sommitale du monde).

Les sépultures des adultes dans la culture de la céramique à décor linéaire furent en général regroupées à l’extérieur du village, dans des cimetières. Le phénomène était nouveau et se manifesta avec une certaine ampleur.
Les offrandes sont en général peu importantes et se limitent à un vase, à des pointes de flèches et à une hache polie. De l’ocre est quelquefois saupoudré sur le défunt. A la fin de cette période, vers -4 000, la sépulture de Cys-la-Commune (Aisne) fait figure d’exception en raison de la richesse de ses offrandes.
Vers -4 800, les sociétés trouvèrent nécessaire de vénérer leurs morts et de gérer les cadavres d’une autre façon : une conception nouvelle de la gestion des morts se mit en place, en s’inspirant des modes funéraires mésolithiques. Le respect des ancêtres devint une règle systématique pour les vivants. Lors de leur arrivée, les groupes néolithiques choisissaient des grottes naturelles, puis ils en créèrent des artificielles, creusées dans la roche (hypogées). Dès lors ils inventèrent de nouveaux monuments, investirent dans des constructions durables, toujours dans une volonté d’imiter les grottes. Un changement fondamental s’opéra quand il fut décidé de réunir les morts dans un même sépulcre, en construisant d’abord des tombes Collectives sous forme de petites chambres rondes couvertes d’un encorbellement en pierre sèche, ou rectangulaires et formées de dalles.
Plus leurs moyens le leur permettaient, plus ils les voulurent grandioses. Des écoles d’architectures se créèrent, des spécialistes gérèrent la construction de monuments toujours plus sophistiqués.
Le phénomène des tombes à couloir, qui sont donc des sépultures Collectives, a pris naissance dans l’ouest de l’Europe, probablement dû à l’évolution de la tombe Collective simple, c’est-à-dire à ouverture directe sur l’extérieur, sans couloir, elle-même issue de la tombe en coffre à dépôt funéraire plus ou moins Collectif, connue dès le Mésolithique, dont l’ouverture devenait difficile pour de nombreux dépôts. Ce processus a pu s’établir de manière indépendante dans plusieurs régions du littoral atlantique et interférer assez rapidement d’une région à l’autre, ce qui expliquerait que l’on trouve des dolmens à couloir dans des petits tumulus circulaires – au Portugal, en Espagne, en France – comme dans de très longs tertres – en Angleterre, au Danemark, en France – qui paraissent être une spécificité plus nordique, les longs tumulus n’étant pas connus au Portugal et dans l’ouest de l’Espagne.


Des contacts ont eu lieu entre Est et Ouest, Nord et Sud, des influences furent alors échangées. Pour autant, la zone atlantique construisit des tombes Collectives à une date plus ancienne que ne le fit la Méditerranée.
La matière première, comme celle des haches polies, s’échangeaient sur de longues distances (et en même temps qu’elle les idées), et souvent sur un rapport nord-sud reliant l’Atlantique et la Méditerranée. Les haches en pierre polie sont des objets emblématiques du Néolithique, avec des diffusions parfois massives. L’affleurement de métadolérite situé à Plussulien en Bretagne centrale a ainsi été identifié comme la source de plusieurs millions d’objets qui, entre -4 200 et -2 200, ont massivement approvisionné tout le nord-ouest de la France et essaimé jusqu’en Angleterre, en Belgique, en Alsace et dans la vallée du Rhône.

La façade atlantique montre une belle homogénéité et une logique d’évolution qui implique que le mégalithisme appartient à un phénomène général, bien qu’il ait pu avoir quelques originalités. Ainsi, l’Irlande est très similaire à la Bretagne (les sépultures et les décors sont très ressemblants) car les deux entretenaient des liens étroits avec la mer et étaient prospères. Des pierres pendentifs sont les copies de pointes de haches polies françaises : la Manche et la mer d’Irlande ne sont pas des obstacles, ni la mer du Nord.
Il s’agit de cultures maritimes, et comme elles naviguaient sur les rivières, elles ont forcément été en contact avec d’autres groupes d’autres sites.
Ainsi, il existait un vaste réseau commercial avec une forte intensité des échanges culturels sur toute l’Europe du Nord.

L’opposition entre Atlantique et Méditerranée évoque deux mouvements très différents, qui ont pu être créés sur les deux rivages et évoluer à leur façon. Il y eu pourtant des points de rencontre : à certaines périodes, les deux architectures furent contemporaines et ceux qui remontaient du sud furent en contact avec ceux du nord. La frontière, difficile à cerner, s’établirait quelque part en Dordogne et dans le Lot, sachant que des incursions ponctuelles d’une école se sont produites.
Les grands dolmens de l’Aude s’inspirent-ils de quelque idée venue de l’Atlantique ? Ce qui sera appelé plus tard l’Isthme gaulois passant par l’Aude et la Garonne, bien connu à l’époque protohistorique pour ses échanges, fonctionnait sûrement à des périodes plus anciennes.

Le grand arc de la Catalogne à la Provence présente la plus grande concentration de dolmens de la Méditerranée occidentale.
Tout commence par des tombes uniques en coffre entouré d’un tertre. Entre -4 500 et -4 000, quelques rares coffres contenant plusieurs individus annoncent les systèmes qui vont dominer dans les siècles suivants. Ensuite, des dolmens faits d’une chambre desservie par un couloir, abritant plusieurs défunts, apparaissent vers -4 000 en Catalogne : les coffres ont pris de l’ampleur et émergent de terre pour être visibles et plus ostentatoires. Vers -3 500, les formes se diversifient et le mégalithisme se diffuse intensément jusqu’en -2 900.

Les dolmens sont nombreux dans le sud de la France, notamment sur les Causses (plateaux des piémonts du Massif central), où ils furent construits au Néolithique récent (-3 500), longuement et intensément utilisés jusqu’au bronze ancien (-2 000).
Comme beaucoup de monuments mégalithiques, ils ont souvent été secondairement enfouis dans une masse de condamnation qui les recouvre pour les cacher à la vue.
Les statues-menhirs sont caractéristiques du sud de la France, datant du Néolithique final - Chalcolithique (-IIIè millénaire).
Le groupe rouergat compte la moitié des stèles, réparties sur l’Aveyron, le Tarn et l’ouest de l’Hérault, occupant une région montagneuse à une altitude moyenne de 600 m, implanté de -3 500 à -2 300 dans un milieu montagnard et forestier, déjà localement aéré par l’humain mais où les grands habitats restaient rares. Les statues-menhirs étaient érigées, sans liaison directe avec des habitats, en des points remarquables du paysage : cols, interfluves, clairières, sources, gués. Elles étaient donc placées sur des territoires qui étaient parcourus (voies de passage tels que chemins de transhumance, vallées, etc.) et étaient destinées à occuper l’espace en tant que repères, bornes voire limites. Elles assurent une protection, une défense symbolique exacerbée par le rôle emblématique de l’objet (poignard ?) qui devient alors essentiel, comme si cette protection devait être exercée par un personnage de haut rang et qui en affiche le signe.
Il s’agit de dalles peu épaisses, d’une hauteur moyenne de 1,50 m, qui figurent des personnages, dont les traits sous les yeux sont peut-être les traces de scarifications, de tatouages ou de peintures. Les statues féminines se reconnaissent à leurs seins, à leur longue chevelure et à leur collier. Les statues masculines portent un arc, une hache. Alors qu’il existe des statues-menhirs masculines qui ont été féminisées par adjonction de nouveaux attributs et disparition d’autres, l’inverse n’existe pas.
Le groupe languedocien s’étale de l’est de l’Hérault au Gard et à l’Ardèche, en majorité dans la garrigue, à faible altitude. La représentation humaine se limite au buste et parfois seulement au visage, quand ce n’est pas simplement au T que forme la ligne des sourcils avec celle du nez. Certaines statuettes sont côtelées.
Le groupe provençal compte à peine une quarantaine d’éléments, presque exclusivement dans les plaines intérieures de la Provence occidentale.
Dans les trois groupes, la plupart des stèles ont été trouvées enfouies dans le sol, associées avec des habitats et des milieux sépulcraux qui ont disparu. Seule la stèle de Montaïon (Gard) faisait partie d’un ensemble constitué d’un tas de pierres, d’une autre stèle sans décor et de trois petites dalles dressées : il s’agissait d’un lieu de culte, rassemblant plusieurs groupes de la région.
Il ne s’agit donc pas de petites communautés isolées, même si des territoires sans mégalithes les séparent. Les monuments ne se ressemblent pas tous mais montrent un air de famille et prouvent qu’il s’agit d’un ensemble homogène avec une multitude de variétés micro-régionales.
Pendant la durée du mégalithisme en Méditerranée, les hypogées seront toujours présents et parfois cohabiteront, sans que l’on sache si le choix de la sépulture provenait du social, du religieux, de collectivités différentes. Certains restes de défunts auraient même pu passer de l’un à l’autre (enterrement secondaire).

La Méditerranée est toujours considérée comme une voie privilégiée d’expansion de la connaissance, alors que les régions du Nord était très innovantes et connaissaient les mouvements des corps célestes et maniaient des concepts scientifiques de manière très sophistiquée. Les barbares n’avaient pas besoin de l’apport d’un Peuple autre.
Les tribus du Nord de l’Europe maintenaient des contacts entre elles et commencèrent à accumuler des richesses et à les exploiter.
De la Pologne à la France de l’Ouest en passant par l’Allemagne, le Danemark et le sud de l’Angleterre, l’Europe du Nord est couverte de longs tumulus plus ou moins trapézoïdaux, à l’image des maisons danubiennes. S’ils témoignent d’un gigantisme funéraire, beaucoup de ces tumulus ne sont pas mégalithiques dans la mesure où ils sont souvent construits en terre et qu’ils ne recouvrent qu’une tombe en fosse contenant un seul corps. Ils ne dateraient que de la fin du -Vè millénaire au Danemark et en Pologne, et seulement du -IVè millénaire en Angleterre.
Même si il y a pu avoir différents foyers primaires, tous plus ou moins influencés par la vague danubienne ou la circulation des idées (en même temps que les biens) provenant de l’ouest français, des idées communes commencent à se faire jour entre les régions et ces différents peuples (mélangés au substrat local des anciens mésolithiques). Les relations entre les différentes régions et les époques laissent entrevoir une communauté de pensée, non seulement armoricaine mais du monde atlantique européen (Communauté Européenne des Mégalithes).
Que ce soit à travers les Pyrénées et le long de la côte méditerranéenne, par monts et par vaux ou sur les flots, sans cesse des idées circulèrent et se propagèrent : dans de petits villages, un humain eut l’idée d’un nouveau monument, une petite variante ou un changement radical. Beaucoup de nouveaux concepts n’eurent pas de succès, certains feront date et des milliers de kilomètres.
Le mégalithisme est avant tout la diffusion d’une idée témoignant de systèmes sociaux très structurés.

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17 juillet 2009 5 17 /07 /juillet /2009 19:23

Emergence de la néolithisation en Europe de l'Ouest
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Inventée vers -10 000 en Anatolie et dans le Croissant fertile, l’agriculture arrive aux portes de l’Europe, en Grèce et dans les Balkans 3 000 ans plus tard, et mettra encore 2 000 ans pour conquérir tout le continent.
A partir du -VIè millénaire, des commerçants/navigateurs exportent les techniques d’agriculture, en longeant les fleuves et la mer. Il existe alors deux voies principales de diffusion : l’une le long des côtes méditerranéennes, l’autre suivant le cours du Danube.

Les aires d’extension de l’agriculture néolithique ont été colonisées par des sociétés agraires pionnières préalablement constituées. Cela étant, la colonisation par des agriculteurs néolithiques de régions parcourues par des chasseurs-collecteurs mésolithiques moins nombreux a aussi comporté des échanges entre ces deux types de populations : dans certains cas, les chasseurs-collecteurs ont été assimilés biologiquement et culturellement, dans d’autres cas, à la longue, ils se sont convertis à l’agriculture.
Ainsi, à des phases d’expansion démographique, ont succédé des pauses, le temps que les idées venues d’ailleurs s’enracinent parmi les autochtones. Dans chaque région, ces sociétés se sont, par la suite, diversifiées, créant de multiples cultures ayant chacune sa propre originalité. Jusqu’à ce qu’elles s’exportent à nouveau vers d’autres frontières en suivant le même schéma, au rythme d’un kilomètre par an. Au final, l’expansion démographique aura joué pour un tiers dans la diffusion de l’agriculture, les idées auront parcouru le reste du chemin.


Dans le Midi de la France, les chasseurs mésolithiques de la culture du Castelnovien (présents sur les côtes aussi bien méditerranéennes que surtout Atlantique, ils seront les premiers en contact avec les néolithiques) adoptent de leur propre initiative le mouton, quelques sites dans l’Aude et le Var annoncent des tentatives de culture de légumineuses au -VIIè millénaire (les premières récoltes de céréales n’auront lieu que … 2 000 ans plus tard). Ils ont leurs équivalents en Espagne sur la façade méditerranéenne, au Portugal, mais également à Téviec en Bretagne. Sur le littoral atlantique de la France, plusieurs sites côtiers témoignent d’une présence précoce de groupes méso-néolithiques, vers -5 600. Locmariaquer, à l’entrée du golfe du Morbihan, a montré l’existence de déforestations et de culture de céréales au -VIè millénaire : le climat très favorable a joué un rôle prépondérant dans l’établissement des premiers villages d’agriculteurs (qui peuvent avoir été dans un premier temps des chasseurs-collecteurs tentant l’aventure néolithique, avant l’arrivée des néolithiques eux-mêmes, avec leur expérience et leur matériel adéquat).

L’économie néolithique est plus poussée à la même époque en Sardaigne, en Corse, en Ligurie et en Provence. Tandis que, vers -5 000, la néolithisation est complète en Italie du Sud avec l’apparition de la céramique peinte ou gravée, un autre ensemble acquis à l’économie de production se développe de la Ligurie au Portugal (sur les côtes, l’occupation par ces populations se fait à partir du -VIè millénaire) et au Maroc. C’est la culture de la céramique à décor cardiale (avec impressions du décor par un coquillage : le cardium) : à l’élevage du mouton s’ajoute celui du petit bœuf, et les premières céréales apparaissent.
La phase ancienne de la culture à céramique cardiale, antérieure à -5 000, correspond à l’occupation de la Corse et de la Provence. Les sites de la phase moyenne occupent une bande côtière large d’environ 350 km. A partir de -4 500, la diffusion se poursuit et gagne le Massif central et la côte atlantique, où les faciès culturels sont marqués par l’écologie de chaque région et par des évolutions internes ramifiées.

La néolithisation de l’Europe centrale se manifeste vers -4 750, dans la vallée du moyen-Danube et dans le sud de la Moravie.
Dans la seconde moitié du -Vè millénaire, donc assez rapidement, un vaste ensemble culturel se répand vers l’ouest, jusqu’au bassin parisien : c’est la culture de la céramique à décor linéaire, avec une mise en place assez rapide (quelques siècles) du nouveau mode de vie agricole, privilégiant le choix de terres légères et fertiles.
Les villages sont essentiellement implantés sur les placages de lœss de Slovaquie, d’Allemagne, d’Alsace, de Belgique et des Pays-Bas. Dans d’autres régions, comme les vallées de la Seine, de l’Yonne, de la Marne et de l’Aisne, ce sont plutôt les sols graveleux qui sont recherchés. Ces choix sont liés à des pratiques agricoles peu élaborées (brûlis et absence d’araire), entraînant des périodes de régénération naturelle de la fertilité, chaque nouvelle génération devant ainsi aller coloniser de nouvelles terres. Les groupes néolithiques possèdent un mode de vie conquérant : à la recherche de nouvelles terres à pâtures pour les bêtes, et de champs pour la culture des céréales et des légumes, ils se heurtent à la forêt qu’ils élaguent, à des régions ingrates et à leurs habitants. L’unité sociale doit être plus soudée, avec des villages ayant au maximum quelques dizaines de grandes maisons trapézoïdales ou rectangulaires abritant plusieurs familles, ce qui contraste avec les habitats mésolithiques, plus légers et nomades.
Des groupes « mésolithiques » pratiquent la transhumance des moutons. Ces incursions périphériques à la culture de la céramique linéaire constituent des entités permanentes et acculturées. Il existait ainsi des contacts entre les premiers néolithiques et des populations locales prénéolithiques : en particulier, le passage entre le Mésolithique et le Néolithique est le résultat de ce type d’acculturation dans le Nord de l’Europe. La coexistence des chasseurs-pasteurs mésolithiques et des cultivateurs néolithiques peut entraîner l’échange de biens, comme des céramiques contre du gibier.

Pour autant, par la volonté de certains individus à Résister à toute forme d’intégration à ce nouveau système de survie, au fond par goût de la Liberté, certaines tribus pratiquèrent fréquemment la guerre, pour défendre leurs territoires et valeurs, mais également parce qu’elles aimaient la violence. Ainsi, il existait des sociétés de chasseurs guerrières, d’autres ne se battant qu’occasionnellement, d’autres tout à fait Pacifiques : le conflit armé est ainsi affaire de culture et dépend de l’attitude de l’Autre.
La croissance démographique, la quête du prestige et du pouvoir, la nécessité de s’affirmer dans l’affrontement armé, existaient de tout temps, en plus d’autres motifs, psychologiques ou symboliques, tels que les vexations, les insultes, la transgression de frontières, la rupture d’alliances, le rapt de femmes ou d’enfants. Les temps paléolithiques (dès Neandertal, et à coup sûr à partir de -25 000) révèlent des pratiques violentes, cruelles, mais d’ampleur limitée. Les premiers gros affrontements entre groupes sont observables dans de tardives sociétés de chasseurs-collecteurs, en cours de sédentarisation, entre -10 000 et -6 000 dans les cultures Mésolithiques d’Europe, où l’on procédait déjà à l’élimination collective de groupes humains.
Au Néolithique, les affrontements armés sont présents, avec une tactique de combat organisée : avec la naissance de l’agriculture, le surplus et la capitalisation contribuent à la création de richesses, source de compétition entre les humains.
Les meilleures terres, les gisements de matières rares constituaient des enjeux conflictuels.
On a trouvé des traces d’agressions mortelles sur les bords des grands fleuves (Danube, Dniepr en Ukraine), ou près des côtes poissonneuses d’Europe de l’Ouest (Bretagne, Suède, Danemark). Ces actes meurtriers sont la conséquence de l’établissement de territoires que des populations se sont appropriées et des problèmes frontaliers, des enjeux économiques ou stratégiques que cela entraîne. En effet, les squelettes provenaient de nécropoles, c’est-à-dire d’espaces consacrés aux défunts. Or, la claire distinction entre l’habitat des vivants et un lieu attribué aux morts s’observe lorsque les communautés se sédentarisent, font corps avec un territoire délimité.

A contrario du Proche-Orient, où les groupes ont eu le temps, progressivement, de développer et de comprendre ensemble l’intérêt des nouveaux concepts du Néolithique (même si il y eu des conflits, mais plus limités), la violence est très attestée parmi les populations du néolithique européen.
Vers -6 000, les innovations néolithiques de l’économie de production (à peine arrivées) se reconnaissent dans des villages plus ou moins fortifiés d’Italie du Sud.
Vers -5 000, à Talheim (Allemagne), une fosse commune de la céramique linéaire contenait les dépouilles de 34 adultes et enfants, qui avaient été massacrés (crânes défoncés à coup de hache), attaqués de dos, sans doute en tentant de se protéger ou de fuir. Il peut s’agir de l’élimination de la population d’un hameau par des chasseurs locaux, de heurts entre communautés d’agropasteurs en concurrence pour certains espaces, voire de familles réprouvées et condamnées à mort.
A la même époque, à Asparn-Schletz (Autriche), plusieurs dizaines d’individus furent massacrés et leur corps enfouis dans les fossés qui entouraient la localité.
Afin que la population s’éteigne d’elle-même, à Herxheim (Allemagne), de nombreux enfants furent des victimes désignées : la suppression d’individus, voire leur consommation, existait à différents endroits d’Europe continentale.


Au -VIIè millénaire, il y a donc sédentarisation des mésolithiques, et celle-ci va s’affermir au fil des siècles. Au cours de la première moitié du -Vè millénaire, l’implantation néolithique va aller en s’amplifiant, en partie avec la progression des sociétés du Néolithique ancien continental, de type post-rubané (évolution de la culture de la céramique à décor linéaire). En effet, la déforestation s’aggrave brusquement, ce qui dénote une augmentation de la population, un besoin plus grand de surfaces cultivables et enfin un besoin en matériaux pour la construction des maisons, des bateaux, des voies de circulation et aussi pour la réalisation de tous les engins de traînage et de levage des pierres qui vont constituer les grands monuments.


Lors du Paléolithique, le continent était régulièrement recouvert de glaces. Les humains devaient alors suivre les grands animaux durant leurs grandes migrations tout en prenant de l’avance sur les grands prédateurs, leurs concurrents. A la Roche de Solutré, les chevaux sont rabattus pour tomber de la falaise, ce qui demande un gros travail de Coopération et une bonne connaissance de l’animal et de l’environnement. Ceci est transmis d’une génération à l’autre. La civilisation est ainsi née chez les chasseurs paléolithiques de gros gibiers.
Quand l’atmosphère se réchauffe, la glace fond, la mer s’élève. Les grands troupeaux remontent vers le nord. Pendant 5 000 ans, les humains ne savaient pas comment survivre à ces changements (même si durant des milliers d’années on vivait également de la pêche en bord de mer). La chasse est un bon stimulant mental et physique, comporte « peu de risques » et demande un minimum d’efforts, qui sont bien récompensés.
Avec l’extinction des grands herbivores, la chasse est plus difficile et moins productive : la capture d’un lièvre demande plus d’efforts que pour un énorme mammouth. C’est pour cela que les chasseurs sont contraints de se tourner avec l’élevage. Au Paléolithique, les chasseurs ont peint leur rencontre avec les animaux qu’ils chassaient, au Néolithique cette forme d’art a complètement disparue.

Les mésolithiques, anciennement maîtres chez eux, se sentent dépossédés de leur culture/traditions et encore plus de leurs territoires : soit ils Résistent aux envahisseurs, soit ils se fondent dans ces sociétés nouvelles avec leurs nombreux avantages de confort, stabilité alimentaire et force du nombre (mais avec beaucoup d’inconvénients : travail laborieux, organisation sociale plus stricte avec émergence d’une hiérarchie, etc.).
L’époque est tumultueuse, avec la révolution agricole et ses conséquences. Il faut en effet apprendre à maîtriser son environnement pour survivre, ce qui entraîne des bouleversements sociaux : ce sera la naissance des rois, des guerres, des frontières.

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Published by Collectif des 12 Singes - dans Lendemain du Grand Soir
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13 juillet 2009 1 13 /07 /juillet /2009 20:05
• il est bien frais et bien pulpeux, comme tu l'aimes
• ma place ds l'estime des autres, ou la fausse idée que je m'en fais
• tu me maintiens éveillé pas tes dires doucereux
• claquage de bises
• laisse tes mains sur mes hanches ou meme encore mieux ds tes poches. c mieu dans mes poche que sur tes hanche?? ah bon? je disais ca par rapport a toi, bien sur que pr moi mes mains sont mieux sur tes hanches mais pr toi c pr moi qu'elles soient ds mes poches voilou
• "laisse tes mains sur mes hanches" c le titre d'un film, tt comme "embrassez qui vous voudrez"
• on atteint véritablement l'amour quand on a plus peur des conséquences de notre spontanéité sur la relation.
• on retourne le fond et on on agrandi "le commerce". C'est ce qu'on appelle élargir le cercle de ses amis
• sus à l'action, si on se désirait jusqu'au bout ?!", j'emploie fréquemment "on va coquiner" ...
• "Fais du bien à ton corps pour que ton âme ait envie d'y rester"
• Encore faut-il avoir l'envie du désir.
• L'échange est propice à l'inspiration, l'échangisme aussi. Changer de partenaire enrichi la culture en la matière, sauf que là je n'ai rien à échanger.
• Le courage, c'est parfois de continuer de vivre.
• Il n'y a pas d'amour sans tristesse, mais c'est toujours mieux que de la tristesse sans amour.
• Les femmes ont autant besoin de sécurité que les hommes de reconnaissance.
• Un vieux est un survivant.
• Le Karma c'est la justice de demain sans la satisfaction d'aujourd'hui, et je ne crois pas en la justice (ne juge pas de peur d'être jugé comme disait l'autre).
• Un plan est une liste de choses qui n'arrivent jamais comme prévues.
• Connaître les choses c'est la culture, les comprendre et les créer c'est l'intelligence.
• Le jeune doit se Rebeller, il aura toute la vie pour être acculé (confronter quelqu'un à une difficulté, sans possibilité d'échappatoire).
• Ce n'est pas tant la différence/diversité qui compte que la diversification.
• Les rapporteurs proposent, les tendances politiques et sociales disposent.
• Je n'aime pas plus X que je ne déteste Y. Je ne veux pas X mais je suis contre Y.
• L'amour ne tue jamais l'amour, au contraire de bien d'autres choses.
• Calmer le vice, développer/protéger la vertu.
• Quand on ne peut atteindre la perfection, il faut au moins atténuer le mal.
• Mieux vaut ne jamais manquer du nécessaire que d'avoir en abondance du superflu.
• Secte des Haschischin : rien n'est vrai, tout est permis.
• Les gens sont contents d'eux-mêmes plutôt que d'être en colère contre la réalité.
• Tu te complais dans la compromission.
• Dans la vie, il faut faire des compromis, jusqu'à ce que ceux-ci deviennent trop compromettants pour le respect de sa personnalité.
• Oublier le passé, vivre intensément le présent sans penser à l'avenir.
• Je suis pour le dialogue, mais là il n'y a pas matière à débattre.
• Je te regarde de haut car tu es tombée bien bas.
• On vit un conte de fée, sans pour autant oublier les ogres et les sorcières.
• Le passé reste dans le passé tout en laissant son empreinte dans l'avenir.
• Le passé, pfff, c'est dépassé.
• L'humain qui a maîtrisé l'atome doit apprendre à se maîtriser lui-même.
• Trop bizarre pour vivre, trop rare pour mourir.
• Ce n'est pas ceux qui savent le mieux parler qui ont les choses les plus intéressantes à dire.
• En Angleterre, tout ce qui n'est pas interdit est autorisé ; en France, tout est autorisé, même ce qui est interdit ; en URSS, tout ce qui n'était pas interdit était obligatoire.
• Le totalitarisme étant monolithique, il suffit d'enlever une brique pour que tout l'édifice répressif s'effondre.
• Celui qui n'agit pas enseigne, celui qui ne sait pas enseigner agit.
• Collectivement on veut des choses, mais individuellement on les rejette.
• La douleur est toujours très proche du bonheur/plaisir.
• Avoir des idées qu'on ne nous aura pas apprises, voir des merveilles qu'on ne nous aura pas montré.
• L'addiction aux drogues est la rencontre entre une personne, un contexte et un problème.
• La dignité de l'humain est d'assouvir ses passions.
• Parce qu'on pense qu'il n'y a plus d'avenir, on ne pense plus au lendemain.
• Le bon, le beau, le bien-être.
• Au début ce n'est pas l'envie qui manque mais l'argent, ensuite ce n'est plus l'argent qui manque mais l'envie.
• Aller à l'idéal, comprendre le réel.
• Mai 68 était l'inverse du communisme puisque pour les hippies la Liberté des uns engendre celle des autres.
• On n'est pas contre les vieux mais contre ce qui les a fait vieillir.
• On s'est battu en 68 contre ce qu'on est devenu aujourd'hui.
• Le futur n'est plus ce qu'il était.
• Le fait d'économiser protège du besoin.
• C'est plus facile de prendre des drogues comme médicament (ce qu'elles ne sont pas) que d'affronter la vie.
• L'amour demande du courage et des efforts.
• Unité dans la diversité plutôt qu'équilibre précaire dans la standardisation.
• Seule l'abstraction permet le discours sans condescendance ni propagande.
• Quand nous sommes vivants nous luttons contre la mort, après nous luttons contre l'oubli.
• La vie c'est aller vite, ne jamais se retourner, éviter les pièges, et tout ça tout seul.
• Les sports extrêmes sont des initiations au défi et au risque/danger.
• L'insoumission et la Contestation sont aujourd'hui noyées dans le conformisme ambiant.
• La technique doit améliorer les conditions de travail de tous, pas la rentabilité économique pour certains.
• Si une chose est conceptualisable, elle est concevable/réalisable.
• Le seul lieu où le Peuple est plus puissant que les puissants, c'est les arènes/stades.
• Se faire accepter sans s'imposer, tout en observant le respect que chacun attend.
• Les mentalités et stéréotypes sont une censure plus forte que les lois.
• Comprendre les Différences c'est mieux se connaître, mais parfois celui qui n'a pas bougé de sous son arbre est plus sage que celui qui a tout vu.
• Quand le drapeau flotte au vent, la raison s'envole.
• La confiance se dissout dans les intérêts comme un fleuve dans la mer.
• Les paroles s'en vont, les aigris restent.
• Notre désir est que l'autre désire notre désir (Lacan).
• Quand on veut construire l'avenir, l'idée de la mort est insupportable.
• L'amour c'est comme un chagrin de joie, être malade/fou en étant heureux de l'être.
• La vie c'est la mort en sursis.
• Les salariés mettent la moitié de leur vie à s'enchaîner, l'autre à se plaindre des chaînes.
• Le système mourra par ses propres armes, on mettra le feu chez les pyromanes.
• Ce qui uni est plus important que ce qui sépare.
• L'Anarchie c'est l'unité du multiple.
• Au fond de lui c'est un gars bien ! Je ne sais pas, je ne lis pas dans les entrailles !!!
• Si la société nous rejette, c'est pour mieux oublier que c'est elle qui nous a créés.
• Un bon accord vaut mieux qu'un mauvais procès.
• La Révolution est un bouillon de colère, de fierté et d'espérance.
• L'imagination est plus importante que la connaissance (Einstein).
• La France et la chance ne nous sourient pas.
• Eux ils sont comme des idiots à perdre leur vie à la gagner, nous on est comme des idiots à les regarder en ne foutant rien.
• Un jour on se rend compte que la vie est bâtie sur du sable et que ce vide n'a pas de sens.
• Le cerveau reflète indirectement le monde qui existe indépendamment de nous (Platon).
• Cerveau frontal intellectuel, latéral médiane affectif, inférieur postérieur actif.
• L'émotion guide la réflexion pour prendre une décision.
• Penser pour agir, agir par affection.
• La perception est la décision (perception d'une femme, décision d'y aller).
• Quand on voit dans tes yeux, notre regard se reflète et on se voit fort et faible à la fois.
• Pour atteindre la vérité, il faut creuser sous la surface des apparences.
• L'Humanité est l'individualisation du Nous Collectif.
• Tout lasse, tout casse, tout passe.
• C'est le malaise du temps qui passe qui fait que l'on parle du temps qu'il fait.
• La chance c'est comme le tour de France : on attend longtemps et ça passe vite.
• Rien n'est poison, tout est poison : tout est dans l'équilibre du dosage (Paracelse).
• Nous sommes la somme de ce qu'on voudrait être, ce qu'on croit être, ce que l'on est (ce dernier étant le moins connu).
• Si tu aimes le soleil, cours plus vite que les nuages pour rejoindre l'arc-en-ciel.
• Le pouvoir est partagé entre trop de mains, avec des intérêts divergents (les communistes).
• On peut convaincre tout le monde qu'on a changé, mais pas soi-même.
• Quand on touche tant au pouvoir qu'à la mort, on s'approprie l'immortalité.
• L'humain est perfectible par l'enseignement et par l'organisation de la société.
• On sait qu'on va mourir mais on n'y croit pas : ça n'arrive qu'aux autres.
• Depuis que je sais que je ne suis le premier ni ne serai le dernier, je n'ai plus peur de la mort (Serrault).
• Malgré les connaissances, l'humain ne sait ni d'où il vient ni où il va.
• Mon triomphe passe par ta gloire.
• Plus nous nous envolons, plus nous paraissent petits les gens qui ne savent pas voler.
• Freedom for the Respect.
• On devient un homme quand on aime une femme (plus que soi-même).
• Inséparables dans la vie, ils sont réunis dans la mort.
• Le sexe c'est se dévoiler avec la peur de connaître le « mal ».
• Dieu ne teste pour vérifier que nous ne sommes pas une erreur de sa part, car il doute et a peur de lui-même.
• Dieu a crée l'humain à son image ? Eh beh, quand on sait que ce sont des humains qui ont écrit la bible, pour se persuader que l'on est divin et qu'on existe bel et bien ! Nous ne prions ni ne croyons en un dieu, mais qu'en nous-mêmes !
• Une convention est une condition de multiples individualités divergentes.
• L'amour c'est comme la grippe : ça s'attrape dans la rue en face-à-face puis ça cloue plusieurs jours en faisant transpirer au lit.
• Sors le calamar du calebar
• L'oignon fait la force
• La muraille de pines
• Elle m'agrippe les sacs
• Touche à ton cul ! Hum, c'est ça qui est bon !!!
• L'épée, pas rangée dans le fourreau (vagin en latin), taille de tous les côtés
• Le crazy horse de l'herbe folle aux songes
• J'adore la société sur mon lit autant que j'abhorre la lie de la société
• J'ai pris ma trique, ainsi t'as pris ta claque sur les fesses
• Sirène : moitié thon moitié femme
• La tendresse est le pain quotidien de l'Amour
• L'Amour est l'abandon du Je dans le dessein du Nous
• Que de la bouche, pas de lèvres
• Faudrait que je me bourre la gueule pour te bourrer le mou
• On n'est pas bien, à la moiteur torride, tous les trois, contractés du gland, et on bandera même si on n'a pas envie de bander
• Si t'es majeure (au moins sexuellement, à 16 ans), je te dois mon majeur, le second membre agissant le plus long : appelle-moi Goldfinger, Édouard aux mains agiles
• Suce-moi mon doigt que ma main te cache
• Donne-moi l'Amour, la petite Mort
• Je te prends la température, d'abord dans la bouche puis par les deux autres orifices assez ouverts sur le monde, ensuite je te dirai demain matin si je peux quelque chose pour toi
• On est venu pour ça ! Non, je suis Vénus pour Toi !!!
• Je travaille dans l'Art Is Anal : la semaine je monte des chaudières, le week-end je démonte des chaudes-ass
• Les stars se font toujours désirer, mais là c'est abusé
• Peccadille (petit péché, faute légère) ; Freebook ; Book-In ou Bouc-In
• La vie n'est que la répétition du même jour, le plus long, encore et « toujours », le mois, les années
• Une vraie tanche : tu galères à la ferrer, à la mouliner, à la remonter dans ton panier, et ce n'est même pas bon à bouffer
• Un point de chute ... de reins
• On joue au docteur, au gynéco même
• Tu viens, on monte que je te démonte
• On verra bien ce que ça va donner ! Beh c'est tout vu, je vais tout lui donner, lui mettre la fièvre, pendant des heures !
• Je te griffe, te dégrafe et t'agrafe à mon tableau de chasse gardée
• Elle, tant que je me le tape, le reste je m'en tape
• Y a contact, faut que je la plaque au sol, que je transforme l'essai en lui mettant entre les perches
• Un beau coin à bons coups et culs
• On fait trempette ? Je suis déjà toute mouillée, fais moi le saut de l'ange ... sans plat au contact de l'O
• Le magicien (de la) dose
• Si je lui grimpe dessus, ce n'est pas pour dévisser au milieu du couloir d'ascension, c'est pour lui monter le Mont de Vénus culminant au 7è ciel
• Moulée à la lèche
• Le penseur du rondin
• Un coup pour rien, un tir à blanc : un coup de semonce, sans semence
• Songe d'une nuit d'orage d'été : ça tonne, ça tombe drue, c'est moite ; ça ne dure pas longtemps mais ça rafraichit
• Un cercle d'intimes qui s'enfilent en boucle intime
• Charlotte, suce ma fraise, la chantilly arrive
• On met la barre de traction sur ma boule de camping et je te tire/tracte
• T'es où là ? Je suis avec toi, en toi
• Règles : les roastbeefs débarquent
• Le sang des règles sent la mort (chiens pisteurs de cadavres sont perturbés)
• Quand la rivière est en sang, emprunte le gué boueux
• J'expire in love
• Je te remets un coup, derrière le gosier ? Oki, tu payes, ton coup, ton cul ???
• Tu tremperas bien tes lèvres sur ma croupe à champagne
• Si tu me fais tes yeux de bitch (chienne, garce qui râle, peau de vache ... à lait) alors que t'es dans mon viseur, dans ma ligne de mire, je te tire
• Tu descends ça goulûment, ça siphonne dans le gosier ! Normal, quand le vagin est tiré, il faut en boire la cyprine à grosse rasade, qu'on boit sans soif
• Faut pas mélanger les crayons et les fourchettes
• Tyrannosaure Sex ; greluche (féminisation de greluchon : Jeune fille, jeune femme aux mœurs légères ou sotte)
• Houba-obab, queue du bonheur en bouche
• Un pour toutes, tous pour un coup
• Cette poulette a des cuisses qui donnent des ailes
• Après un petit coup à boire, un grand coup à déboires
• Le regard de braise qui brise la glace
• J'ai besoin qu'on m'oriente : j'avais trouvé le Nord grâce à elle, mais elle m'a déboussolé, je suis à l'Ouest
• Ne la laisse pas tomber, c'est une femme libérée ... (Cookie Dingler)
• Si un jour t'avais une pensée intelligente, elle mourrait de solitude
• L'important est de savoir où on va plutôt que de savoir d'où on vient
• Alcool rustique des rustres
• Réussite glorieuse ou défaite piteuse, victoire éclatante ou échec cuisant
• Ne pleure pas celle que tu as perdue, réjouis-toi de l'avoir connue
• Une pouliche de manège qu'on fait tourner en bourrique, en rond, à la longe, car tout le monde lui est passé dessus
• On fait un deal : je passe à la caisse, tu passes à la casserole
• Oh, repos Miss ! C'est toi qui a commencé en étant au garde à vous, raide dans ta capote : baisse ta garde
• Ton côté gosse-beau, chaud des lolos, ne me donne pas l'eau à la bouche : peu me chaut ! (Peu m'importe : défectif de chaloir, du latin calere, « être chaud, désirer »).
• L'Amour a un prix, mais pas n'importe lequel
• Pourquoi parler si tu ne veux pas écouter ce que j'ai à dire ?
• Certains préfèrent une escalope avec une salade. Moi, j'opterais pour une escapade avec une salope.
• La main sur le berceau est celle qui gère le monde
• Tu me fais rire, voyons si tu me fais jouir aussi.
• Pipe du matin repos du vagin, sodomie du soir repos de la mâchoire.
• J'ai l'impression qu'on s'est déjà vu ! Si c'était el cas, je ne t'aurai pas laissé qu'une simple impression
• Elle me met son O à la bouche
• Je crois que je n'y crois plus
• Pas mal comme souvenir mais rien en avenir
• Arrête de te faire des illusions, sinon ce sera les désillusions
• Je comprends que c'est dur pour quelqu'un comme toi de perdre quelqu'une comme moi, mais c'est comme ça
• Je suis déjà pris, mais dis toujours ton prix
• Je lui mets ma friandise dans le Flambys, tu tires la languette, pour démouler c'est plus rigolo/facile, puis tu lui manges le caramel en gobant le flanc
• Je reprends du poil en la reprenant dessus
• Éjaculation prématurée=syndrome di Canadair : tu te charges à bloc, tu lâches tout sur le feu et tu te barres
• Tu vois les géraniums mais t'as pas le temps de dérouler le tuyau avant d'arroser tout partout car trop de pression, le robinet pas bien tenu en main
• Elle a les seins comme les fesses, bien fermes
• Une pieuvre qui tente l'encule, toi t'es pris en étau, enserré entre 1 m de membre/jambe
• Je la préfère nature (pas comme le thon, comme le yaourt) : fraîche, un peu acide, onctueuse, et quand tu saupoudres de sucre, ça coule en gorge tel un nectar dont elle n'est pas avare
• Giacomo Gigolo : pour fixer les prix, je fais le temps de la course fois l'espace de ma matière rose pour payer au poids & taille (quantité) et qualité de la saucisse
• Je suis en toi, reste avec moi
• Durite : lustrer la bougie
• Je lui lâche le furet dans le terrier
• Alors qu'elle est bonne, lui is not good
• Un je ne sais quoi qui fait qu'elle ne ressemblait pas à je ne sais qui
• Cette chaudasse ne me lèche pas de glace, enfin si, pilée, c'est chaud-froid de crème glacée
• Sexe à toute heure, santé bonheur
• La life ne ramènera pas celle qui m'a fait partir en live
• J'adore quand tu me fais tes yeux de bitch
• Ta place n'est pas à mes côtés, mais sur moi
• Ne dis rien, laisse tout faire
• Dans le secret des alcôves, là où les corps/cœurs se lovent tout en love and beat-itude
• Si x n'est pas là, c'est Y qui le/la remplacera. Et now, on attaque avec Z
• Appuie sur le frein pour que le liquide sorte par pompage
• Ça m'a fait plaisir de te faire plaisir
• Le présent tourne à l'envers pendant que le futur file droit : il faut mettre les pendules à l'heure
• J'ai envie de te faire l'amour comme on ne t'a jamais baisé
• Point n'est besoin d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer (Guillaume d'Orange)
• Le cœur est le muscle de l'amour, là où les sentiments sont digérés pour que les ressentiments soient éjectés
• Le verrou et la porte n'étaient pas bien fermés, mais je m'excuse quand même de m'être introduis par effraction dans ton fion
• Partout où je bosse je suis entouré de couilles ; j'ai besoin d'une touche féminine
• Viens par ici que je prenne mon avance sur recette
• J'ai oublié tant de journées de tristesse, mais aucune soirée et matinée de tendresse
• Être à tu et à toi avec X
• Gide : l'art vit des contraintes et meurt des libertés
• Pouvoir de tout donner Vs vouloir de ne rien offrir
• Pour une fois que je tombe amoureux, je suis tombé de haut
• Tu sais ce que j'aime chez toi ? Non ! Beh tu sais quoi, moi non plus !
• Re-skieuse : à la queue comme tout le monde pour prendre le tire-fesses
• Donne-moi ta main, tu prendras ton pied
• DrapCul : le suceur de sang à Ca(t)rpattes
• Être couilles à couilles
• On fait crac-crac au pique-nique si tu croques pas trop fort dans mon craquinette fourrée noisette
• Elle est friande de ma fessée, fraîche, ferme
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9 juillet 2009 4 09 /07 /juillet /2009 17:55

Détour pour l'exploration de ses consciences
Télécharger le fichier : 05-Ressouvenances et Grand Soir.pdf


• Moa : Namaste Uttanka. Hab ke se hay ?

• Uttanka : Atcha Atcha, ça va nickel mon pote.

• M : Je te présente une amie venue de nul part, Esperanta.

• U : Bonjour, enchanté charmante dame. Ton magnifique prénom embaume mon cœur de réjouissance et de sérénité.

• Esperanta : Bonjour, merci bien, tu es très flatteur.

• U : Ne t'en déplaise, la vertu des Orientaux, et encore plus des Indiens, est justement de ne s'émerveiller que d'une beauté splendide, pas d'enjoliver par bienséance (sinon dans ce cas, ils s'en tiennent à la simple courtoisie).

• E : Ils ne font pas de place à la flagornerie et tant mieux, c'est plus franc comme rapport. Ton prénom, … il me dit quelque chose. Que signifie-t-il ?

• U : Il est issu d'une fable du Mahâbhârata, un poème indien.

• E : Ah ouais, fais pêter !! euh pardon, je veux dire, je suis toute ouïe, peux tu me raconter cette histoire ?

• U : Avec grand plaisir, c'est demandé si gentiment ;-) : un matanga (le plus humble parmi les humbles, la plus basse caste, qualifié de non-humain) invita Uttanka, un sâdhu (saint homme vivant la méditation en ascète, avec le strict nécessaire – comme un ermite), à boire son urine pour étancher sa soif. Uttanka refusa avec indignation avant d'apprendre par la suite que le dieu Krishna s'était déguisé pour lui offrir de l'urine de soma. Uttanka avait ainsi gaspillé sa chance de rejoindre les Immortels.

• M : Explique lui aussi tant que tu y es, ce qu'est le soma, nom aussi de ton smart-shop.

• U : Les Aryens, peuple nomade du Caucase et d'Asie centrale (donc rien à voir avec les grands blonds aux yeux bleus des nazis), de langue indo-européenne, ont envahis le nord-ouest du subcontinent indien vers – 1600 de l'autre ère. Ils inspirèrent le Rig-Veda, corpus de textes de 1028 hymnes, que les brahmanes indiens (plus haute caste : les prêtres) se transmettaient de bouche à oreille de génération en génération. 120 hymnes sont entièrement consacrés à une divinité-plante dont ils chantent les vertus merveilleuses : le soma. Un poème d'un chamane s'adresse au dieu Indra :
« Comme le cerf, viens boire ici !
Boire le soma, autant que tu le désires.
Pissant généreusement jour après jour, ô puissant,
Tu atteins le zénith de ta force. »

• E : Sans vouloir t'offenser Uttanka, c'est quoi ce délire de boire la pisse de quelqu'un ?

• U : En fait, le soma est l' Amanita Muscaria (ou amanite tue-mouches). Elle était connue de toute l'Eurasie préhistorique. Elle a une particularité unique dans le monde « végétal » (les champignons ne sont ni des végétaux ni des animaux, mais des eucaryotes, organismes possédant des cellules munies d'un noyau, comme les rouilles, les levures, les moisissures ou encore certains parasites de l'humain ; dans notre cas il s'agit du fruit d'un mycélium souterrain) : elle contient une substance psychédélique dont le principe actif passe rapidement dans les urines. Dans le nord-est de la Sibérie et en Amérique Latine, les aborigènes avaient coutume de boire l'urine de ceux qui avaient pris de l'amanite tue-mouches. En Sibérie, les peuplades auraient découvert cette technique en regardant les cerfs, très friands de ce champignon, boire de l'urine : n'importe quel éleveur de rennes confirmera qu'ils sont souvent défoncés à l'amanite tue-mouches.
Pour les humains, l'effet est différent, plus profond, comme nous le dit une des plus fameuses strophes du Rig-Veda :
« Nous (les prêtres, bien sûr, ndlr) avons bu le soma,
Nous sommes devenus Immortels,
Nous sommes parvenus à la lumière,
Nous avons trouvé les dieux.
Qui peut désormais nous nuire
Et quel danger nous atteindre
Ô soma Immortel ? »

• E : Ah ouais, ça à l'air d'être puissant comme truc. Ils ont l'air bien perché !!

• U : Tellement puissant que les prêtres abusèrent de ce savoir pour manipuler le Peuple. Zarathoustra (sage afghan du 7ème siècle de l'autre ère), dans le Zed Avesta, fulmine contre ceux qui utilisent de l'urine dans les sacrifices : « Quand en finirez-vous avec l'urine dont se servent les prêtres pour enivrer le Peuple et le tromper ? » (la religion était déjà l'opium du Peuple). De même, de hauts fonctionnaires chinois se plaignirent des activités de mangeurs frénétiques de champignons rouges et de buveurs d'urine de la secte des manichéens (surgeon de la religion zoroastrienne - dieu unique et culte du feu), qui eurent beaucoup d'influence en Chine pendant plusieurs siècles.

• E : Très instructif, mais perso, la pisse je vais éviter.

• M : C'est bien compréhensible, mais tu ne sais pas ce que tu perds. Que nous conseille le chef ? : Miss Tinguette est victime d'une amnésie. C'est la première fois (hummm, la meilleure) qu'elle prend des champis, elle le sent bien et elle voudrait justement redécouvrir sa mémoire.

• U : Je dirai qu'il faudrait des hawaïens (Copelandia Cyanescens) plutôt que des mexicains (Psilocybe Cubensis) : l'effet est plus fort, mais il est surtout plus régulier, les autres fonctionnent plutôt par vagues d'euphorie.

• E : Je suis désolé, mais avec ces histoires de pisse et tout le reste, je suis plus tout à fait sûre.

• M : C'est bien que tu nous le dises maintenant, avant que tu ais pris et qu'il soit éventuellement trop tard (même si en matière de drogue, il est rarement trop tard pour bien faire) ! Bon, alors je te propose un truc : on va faire le tour du magasin, je t'explique comment fonctionnent les drogues et si tu es rassurée alors on passera à l'étape suivante, sinon, on trouvera une autre solution (même si la drogue n'est jamais une solution en soi) !

• E : Ça me va ! C'est sûrement plus prudent comme ça ! Ça me branche bien de faire un tour dans ton shop, voir tout ce que tu as de bon en biotoxines. Surtout que j'ai deux experts, qui plus est très pédagogues, hors pair.

• M : Vamos a los toxos. Si dame veux bien se donner la peine d'entrer.

• E : Quel gentleman ! Mais n'en fait pas trop non plus, ça fait un peu trop suceur, c'est flag !

• M : Glurps !, … j'en prends bonne note. Sacrée toi va !!!

Esperanta, Moa et Uttanka entrent dans le smart-shop. Uttanka part de suite conseiller un prospect, très branché par les poppys (« fleurs de pavot » en anglais).
Esperanta et Moa déambulent au gré des substances psychoactives millénairement connues et reconnues pour les plaisirs procurés (et provoqués), sans toutefois occulter les dangers inhérents à toute modification de conscience.

• Esperanta : Il y a beaucoup de monde qui vient dans ce genre de magasin ?

• Moa : Plus qu'on ne croit, et surtout pas ceux auxquels on aurait pensé à prime abord.

• E : Genre ? Développe !

• M : On a un très bon exemple avec le sieur là-bas. Il doit avoir la soixantaine, même si il ne la fait pas. Il doit être perturbé par son début d'andropause : comme les femmes, les hommes ont une chute de fertilité vers la soixantaine (en terme de vie animale c'est Mathusalem), ils produisent un sperme moins riche et ils bandent mou. Dans l'autre monde, en l'autre temps, il se serait bourré de viagra (la pilule de la sarce, parallèle à la pilule de l'Amour, l'extasie) assaisonné d'anti-dépresseur et anxiolytique pour calmer l'anxiété sexuelle. Tout ça a des effets secondaires, que l'on contrecarre avec d'autres médocs pour les atténuer à leur tour, c'est l'escalade dans les drogues légales (alors qu'avec les substances illicites l'escalade est nettement moindre voire nulle, selon les produits). Ici, Uttanka lui proposera plutôt du khat soudanais (feuille excitante équivalente au bois bandé antillais, mais en plus efficace) pour la fertilité et apparemment sieur est aussi un chasseur de dragon confirmé.

• E : Chasseur de dragon ? Quesako ???

• M : Un fumeur d'opium.

• E : Houla, je vois le genre !

• M : C'est-à-dire ? A ton tour d'expliquer !

• E : Beh, euh, voilà quoi, … un pauv' gars un peu paumé qui se shoote la tête pour fuir cette dure réalité qu'est la vie, bien éloignée d'un long fleuve tranquille.

• M : C'est bien une conception occidentale « moderne » des pratiques narcotiques. Pfff ! Viens, je ne crois pas que tu seras vraiment intéressée par toutes ces plantes.

• E : Je t'en prie, tu me permets d'en juger par moi-même ! Explique moi et je me ferai ma propre idée des drogues.

• M : Seulement si tu essayes d'admettre qu'il y a d'autres façons de consommer des drogues qu'en se défonçant les neurones !

• E : Oui si tu veux : la nature n'est pas une poubelle, ni ton corps, ni ton esprit ! {maxime d'un Teknival vers 2004 de l'autre ère}.

• M : Exactement. Car tous ceux qui picolent quelques verres comme ça, ne le font pas tous pour se mettre minable et aller poser un pâté. Certains ne boivent que pour le goût de l'alcool ou pour avoir de « petits effets », mais au moins maîtrisés (idem pour les autres drogues). Il faut bien faire le distinguo entre la personne gaie qui délire et fait rire tout le monde, et la grosse poche qui gueule comme un con et est lourd avec tous. Ce n'est pas la consommation qui est dangereuse en soit, mais l'addiction. Au Moyen Age ce terme désignait la dépendance physique (travaux manuels) d'un créancier envers son débiteur, jusqu'au règlement de la dette. Aujourd'hui cela concerne toute pratique irraisonnée, suscitée par un besoin irrépressible et souvent non nécessaire : drogue, sexe, jeu, vitesse, et le pire : pouvoir.

• E : A ça c'est sûr, comme pour tout, il ne faut pas abuser des bonnes choses.

• M : J'aime à te l'entendre dire : il « suffit » de laisser, voire d'enfermer si besoin est, la drogue à sa place, un récréatif et surtout pas un solutionneur de problèmes métaphysiques. L'autre monde avait justement fait cette erreur, des médecins prescrivant à toc de médoc anti-dépresseurs, famille des euphorisants, et en rajoutaient une couche pour contrecarrer les effets secondaires (c'est ça la véritable escalade toxicomaniaque). Les fêtards (et pas que les technoïdes, bien au contraire) prenaient des extasies, les parents des médicaments : seule l'appellation change, pas la catégorie des molécules actives. La France, avec ces chimiques et ses vins, est décidemment le pays des drogues et du plaisir, mais interdits ou blâmés pour certains (surtout les jeunes), inavoués pour tous.

• E : On est bien d'accord. Et pour ton histoire d'opium et de chasseur de dragon ?

• M : Déjà, il faut savoir que le pavot à opium est connu depuis des milliers d'années. Les Sumériens le connaissaient près de quatre mille ans avant l'autre ère et une de leurs tablettes le qualifie de plante de la joie. L'image de la capsule du pavot, un entheogène (substance qui engendre {« -gen »} dieu ou l'Esprit {« -theo »} a l'intérieur de soi {« -en »}), fut un attribut des dieux, bien avant que l'opium soit extrait de son latex laiteux. L'opium a été un objet de commerce pendant des siècles pour ses effets sédatifs (qui entraîne un apaisement, une relaxation, une réduction de l'anxiété). Il était largement utilisé aussi dans l'ancienne Egypte, notamment par les pharaons, non seulement à des fins thérapeutiques mais également pour ses propriétés psychotropes. Dans la Grèce antique, il figurait sur des monnaies et la déesse Déméter était représentée avec des plants de pavot dans ses mains. Le Népenthès, boisson procurant l'oubli de tous les chagrins décrite par Homère dans L'Odyssée, contenait vraisemblablement de l'opium (opion signifie « jus de pavot »).

• E : Ah ouais quand même, c'est une drogue qui fait partie prenante de notre Histoire !

• M : Oui, et elle a continué à l'être. C'est à Rome que sa première description scientifique en fut faite par Dioscoride au premier siècle de l'autre ère. Un peu plus tard, Pline l'Ancien signalait ses propriétés analgésiques (qui élimine la douleur) et antidiarrhéiques et c'était le principal constituant de la thériaque (contrepoison à base également de castor et de vipère) inventée par Galien. Il était d'ailleurs largement consommé dans la Rome impériale, pas seulement pour ses propriétés thérapeutiques, puisqu'en l'an 312 il y existait près de 800 magasins vendant de l'opium et que son prix, modique, était fixé par décret de l'empereur. La récolte y était faite par scarification des capsules comme c'est encore le cas aujourd'hui. L'opium a probablement été introduit aux Indes par les armées d'Alexandre le Grand vers le moins troisième siècle mais sa culture ne s'y est développée que vers le neuvième siècle après les conquêtes musulmanes. A la fin du treizième siècle, Marco Polo observa des champs de pavot dans le Badakhshan, région du nord de l'Afghanistan où se trouvent encore aujourd'hui de nombreuses plantations. Les Arabes utilisaient également l'opium, tant pour ses propriétés thérapeutiques que pour le plaisir et ils contribuèrent à le faire connaître dans tout l'ancien monde. Sous le règne des Grands Moghols, empereurs musulmans des Indes du seizième au dix-huitième siècle, la culture du pavot et le commerce de l'opium devinrent monopole d'état. L'opiophagie se développa alors puis l'habitude de le fumer, importée de Java ou de Formose (Taïwan).

• E : Et quand et comment c'est venu en Europe ?

• M : L'anglais Thomas Sydenham étudia son action au dix septième siècle et mit au point une nouvelle formulation du laudanum (préparation à base d'alcaloïdes du pavot somnifère appelée également vin/teinture d'opium). Cette drogue opiacée, la première à répondre à une formulation précise, avait été inventée par Paracelse (père de la médecine expérimentale et de l'homéopathie) un siècle plus tôt. Sans l'opium, la médecine serait manchote et bancale, écrivit Sydenham qui en consommait lui-même de grandes quantités. D'importants personnages politiques comme Pierre le Grand, Frédéric II, Catherine de Russie, Richelieu, Louis XIV et bien d'autres en consommaient tous les jours de même qu'un peu plus tard de nombreux artistes et intellectuels comme Goethe, Mary Shelley (mère de Frankenstein), Goya (pas Chantal, le peintre), etc. Si l'opium a été pendant des siècles l'un des médicaments les plus importants de la pharmacopée en raison de ses multiples propriétés physiologiques, l'abus d'opium à grande échelle en Europe est apparu au dix-huitième siècle en Angleterre, d'abord sous forme du Laudanum de Sydenham utilisé comme apéritif puis sous forme de pilules d'opium brut vendues dans les pharmacies. Au dix-neuvième siècle, des milliers d'ouvriers en consommaient en Grande-Bretagne tandis que l'habitude de fumer le chandou (opium raffiné) se développait en France.

• E : Quoi ? Mais comment l'opium est arrivé jusqu'à nos pays ?

• M : Par le biais des colonies et des importateurs de produits rares et bienfaisants. D'abord limité à la haute société, l'opium ne tarda pas à se répandre jusque dans les classes populaires. Après la chute de Napoléon (empereur français de 1801 à 1814, chute à Waterloo en Belgique), la France fut saisie d'une brusque frénésie d'anglomanie, et l'opium traversa la Manche avec d'autres modes. Cela plu tellement et l'état sentit qu'il y avait des sous à se faire, qu'en 1898 Paul Doumer (futur président) décida d'établir un monopole d'état sur l'opium cultivé dans le Sud de l'Indochine, colonie française à cette époque. Il s'agissait alors d'une industrie officielle : l'administration achetait, préparait et vendait les graines de pavot. Cela rapportait un tiers du budget de la colonie. C'est pareil ça, peu de gens savent qu'en 1916 il y avait environ 1 200 fumeries d'opium clandestines à Paris et que jusque vers 1920 de l'autre temps, il y avait de nombreuses fumeries d'opium à Toulon et sur d'autres bases de la marine. Il y a d'ailleurs un très beau chant militaire sur les plaisirs et douleurs de l'opium. Les états occidentaux ont toujours rejeté officiellement les drogues mais n'en laissaient pas moins faire (jusqu'à ce que les conduites addictives deviennent gênantes pour les autres ; pas pour le tox, lui l'état s'en fout, il ne sera jamais un Citoyen docile).

• E : Hein ? Les Français étaient des drogués durs avant la 1ère guerre mondiale ?

• M : Au XIXè siècle, l'opium (pas plus que n'importe quelle autre drogue « douce » ou dure », nuance inexistante à l'époque) ne faisait l'objet d'aucune interdiction. L'opium commença à être utilisé comme drogue au début du XIXè siècle en Angleterre. Au dix-huitième siècle, les Anglais avaient développé dans leur colonie des Indes la culture du pavot (traditionnellement utilisé pour consacrer les mariages) et, sous la domination anglaise de la Compagnie des Indes Orientales, le principal producteur était le Bengale. Si les Portugais commencèrent à l'introduire en Chine en petite quantité au début du dix-huitième siècle (12 tonnes en 1729), la Compagnie des Indes Orientales prit rapidement le relais et initièrent les Chinois (uniquement les vieux, qui pouvaient rester perchés ; la société s'en foutait car elle ne pouvait plus rien tirer d'eux) à la consommation de l'opium malgré les édits impériaux interdisant son importation. En 1798, le gouvernement anglais de William Pitt avait envoyé à Pékin la mission Mac Cartney (rien à voir avec le chanteur;-). La mission tenta d'obtenir des facilités commerciales mais l'empereur chinois préféra, par prudence, fermer son pays aux commerçants et aux missionnaires européens. Les Anglais prirent fort mal cette mesure. C'est qu'eux-mêmes continuaient d'acheter en Chine le thé dont ils étaient friands et bientôt, la balance commerciale pencha résolument en leur défaveur. Tandis qu'en Europe se terminaient les guerres napoléoniennes, en Extrême-Orient, les affaires suivaient leur cours. La Compagnie britannique des Indes Orientales (« East India Company ») joua son va-tout en accroissant ses ventes illégales d'opium en Chine en intoxiquant la jeunesse et le reste de la population ; de 100 tonnes vers 1800 à 2600 tonnes en 1838. En 1839, le gouverneur de Canton, excédé, fit saisir 20 000 caisses de drogue (de quoi faire pâlir d'envie les gangs colombiens d'aujourd'hui) et les détruisit en place publique : ce fut le prétexte qu'attendait Londres pour imposer l'ouverture du marché chinois à ses commerçants. Le « siècle de la honte » commençait pour les Chinois.

• E : Il y a un truc qui m'échappe là : les Britanniques ont fait une guerre pour obliger un pays à accepter sous la contrainte de se faire livrer une drogue (bien costaud en plus) ?

• M : Exactement : Au nom du sacro-saint libre-échange, le premier sinistre de la jeune reine Victoria, lord Melbourne, et son sinistre des affaires étrangères, Palmerston, convainquirent le parlement de Westminster d'envoyer un corps expéditionnaire pour demander raison au gouverneur de Canton. Un peu comme si les Occidentaux avaient fait une guerre contre des pays musulmans pour les forcer à leur acheter de l'alcool (pour faire du business et écouler les stocks) : belle mentalité !!!

• E : Et comment se fini cette guerre ?

• M : Un croiseur britannique bombarda Canton et occupa l'archipel voisin des Chousan. Puis une escadre remonta le Yang Tsé Kiang (le Fleuve bleu) et vint menacer Nankin, obligeant le gouvernement de l'empereur à capituler. Cette première application de ce que l'on appellera plus tard la « diplomatie de la canonnière » (droit du plus fort) déboucha sur le scandaleux traité par lequel les vainqueurs gagnèrent le droit de commercer librement dans cinq ports chinois dont Canton et Shangai. Ils obtinrent en prime la cession de l'îlot de Hongkong (port embaumé en chinois), qui commande l'accès à Canton et à la Chine du sud. À ce rocher sans eau s'ajouteront le territoire de Knowloon, sur le continent, par une convention de 1860, et les Nouveaux Territoires par un bail emphytéotique de 99 ans en 1898 (le non-renouvellement de ce bail en 1997 conduisit les Britanniques à restituer l'ensemble des territoires à la Chine).
Comble de l'humiliation, l'empereur du accorder l'extraterritorialité aux ressortissants britanniques et payer une indemnité de 21 millions de dollars d'argent. Jaloux des Anglais, les Français et les Américains s'empressèrent d'exiger de Pékin des avantages équivalents pour leurs commerçants et leurs missionnaires.

• E : Et beh, c'est pas glorieux pour les Occidentaux d'avoir coulé un empire (ça en soi c'est pas si grave, au contraire) mais pire encore une civilisation.

• M : Surtout qu'avec le traité de Nankin, l'« Empire du Milieu » (surnom de la Chine) entra dans une période dramatique tissée de guerres civiles et d'humiliations face aux « diables roux » venus d'Occident. Le Peuple fomenta des soulèvements contre le gouvernement mandchou, coupable de collusion avec l'étranger. Le soulèvement le plus notable fut celui des Tai p'ing. Il fit environ 20 millions de morts dans un empire d'environ 300 millions d'âmes. Humiliations diplomatiques et guerres civiles ne prirent fin qu'un siècle plus tard, le 1er octobre 1949, avec la victoire des communistes.

• E : J'hallucine comme juste pour une question de gros sous, nos sociétés dites modernes (par opposition aux « barbares » de l'Orient ; alors que ça marche plutôt dans le sens inverse) se sont permis de mettre sans dessus dessous une civilisation aussi puissante et plurimillénaire, mais encore plus une population aussi nombreuse. Nous avons, par nos lourdes fautes, provoqués un avènement douloureux de la Chine moderne en déstabilisant complètement l'ancienne en très peu de temps ?

• M : Malheureusement oui. La bourgeoisie et le pouvoir, autant que l'attrait de l'argent, ne connaissent pas de limites et n'ont jamais fait de sentiments : l'argent n'a pas d'odeur, et la morale se tait. La défaite chinoise se traduisit par l'importation de 3 000 tonnes d'opium en 1850. Une deuxième guerre de l'opium déclenchée en 1856 eut des conséquences encore plus graves pour la Chine. Ainsi, 6 000 tonnes furent importées en 1879, plus de 10 000 en 1886. Dans le même temps, le nombre d'opiomanes chinois dépassait 120 millions, soit le cinquième de la population. Toutefois, la culture du pavot se développa parallèlement en Chine faisant de ce pays le premier producteur mondial d'opium au début du vingtième siècle. Résultat de tout ce micmac (chez les Mac Tarmac), à la même époque, c'est à Shanghai que fut prise la première décision internationale de bannir l'usage de l'opium. Elle devait conduire à la législation internationale actuelle représentée par les différentes conventions internationales sur les stupéfiants, les précurseurs et les médicaments psychotropes. Ceci n'empêcha pas la France de continuer à produire de l'opium raffiné, dans ses bouilleries de Saigon jusqu'en 1954. Pour les relais en Europe, on recrutait dans les ports d'arrivée : c'est ainsi que se constitua le milieu marseillais. Par la suite, à la Libération, on paya ces mafieux pour briser les grèves communistes, pour coller des affiches et être gardes du corps pour les élus gaullistes et socialistes. Du coup, les politiques reconnaissants de la sauvegarde de leur pouvoir, fermèrent les yeux sur le trafic. Dans les années 60, la French Connexion vendait 80% de l'héroïne (substance issue de la morphine, elle-même issue du pavot à opium, on pensait à sa découverte en 1898 qu'elle permettrait de soigner l'addiction à la morphine, très répandue à l'époque – d'où son nom d'héroïne ; ironie du sort, car la morphine elle-même avait été préconisée comme substitut à l'opium) présente sur le marché américain (pure à 98%), en Amérique Latine et en Asie. Les pressions US parvinrent à freiner un temps l'expansion des parrains corses continentaux et marseillais dans le trafic de drogue, mais la répression ne dura guère.

• E : Bah ça alors, si on m'avait dit qu'à cette époque les Européens se toxaient à l'opium, je l'aurai pas cru.

• M : Aujourd'hui l'opium est légal (l'héroïne non car incontrôlable et personne ne peut se prétendre être assez fort contre sa dépendance induite), mais nous y faisons super attention. Tu sais, notre organisme fabrique ses propres drogues, notamment un système antidouleur, essentiel à notre survie. L'opium et ses dérivés ne font qu'utiliser ce système naturel pour procurer un état de bien-être. Les caractéristiques communes des stupéfiants capturant, c'est qu'ils suscitent des sensations agréables, mais dans le suivi, ces sensations seront supplantées en engendrant des symptômes de plus en plus désagréables et un état d'âme languissant. L'héroïne et les autres opiacés (composés chimiques présents normalement dans le cerveau tels que l'endorphine et l'encéphaline), en bloquant au niveau du système nerveux la sensation de douleur, déclenchent une sensation de jouissance incomparable. Cependant (puisque toute drogue à ses inconvénients), attaqué par la drogue, le cerveau s'adapte. Il se désensibilise au plaisir et l'addiction s'installe (d'où le manque en période de sevrage). Mais il est à noter, et la dépendance est moins risquée (quoique), que normalement, ces agents organiques sont suffisamment sécrétés lors des activités agréables, si nous faisons du sport ou l'amour (euphorie naturelle).

• E : Ça me fait penser à la C.

• M : C'est vrai que l'usage de cocaïne provoque aussi une euphorie immédiate, un sentiment de puissance intellectuelle et physique et une indifférence à la douleur et à la fatigue. Mais ces effets vont laisser place ensuite à un état dépressif et à une anxiété.

• E : Par contre j'en ai pas vu dans le magasin.

• M : C'est normal, Uttanka ne vend pas de chimiques, c'est bien pour ça que je viens ici, c'est le paradis du toxobio ! A titre personnel (mais ça n'engage que moi), je trouve que la cocaïne c'est de la merde (surtout le sale goût amer d'aspirine qui te coule sans arrêt dans la gorge). C'est vrai quoi, une pâte est obtenue en mélangeant des feuilles de coca avec un produit alcalin (le plus souvent du bicarbonate de sodium), un solvant organique (du kérosène par exemple) et de l'eau. Le mélange est agité et l'alcaloïde est extrait dans le solvant organique. L'utilisation d'un acide permet ensuite de séparer l'alcaloïde du kérosène qui est jeté. Une addition supplémentaire de bicarbonate permet d'obtenir une substance solide : c'est la pâte de coca. Cette pâte est mise à sécher. Chimiquement, cette pâte de coca est de la cocaïne base mais elle contient des résidus toxiques des produits chimiques qui ont servi à sa préparation. La cocaïne en elle-même est obtenue en dissolvant la pâte de coca dans de l'acide chlorhydrique et de l'eau. On ajoute un sel de potassium à ce mélange afin d'éliminer les impuretés. Enfin, on ajoute de l'ammoniaque ce qui provoque la précipitation du chlorhydrate de cocaïne qui peut être récupéré et séché puis conditionné en sachet de poudre blanche. Franchement, avec tous ces produits chimiques qu'on utilise aussi comme détergents pour l'entretien, ça ne donne pas envie de s'en mettre plein le pif.

• E : C'est vrai que toi c'est la nature avant tout.

• M : Ben ouais, mais il n'y a pas que ça contre la cocaïne. Excitant puissant, elle provoque une dépendance psychique importante. Il est difficile d'arrêter une consommation aiguë de cocaïne, tant la nécessité d'en reprendre est importante. Pour moi, c'est vraiment la drogue à ne pas prendre car elle te donne tellement une impression de puissance que tu peux te prendre pour une superstar et faire chier tout le monde avec des soi-disant idées fulgurantes et clairvoyantes. Et plus dur sera la chute car avec une moyenne de 20 minutes de défonce, il faut souvent se repoudrer le nez (ce qui détruit les narines au passage) sinon on redevient tristement normal. L'apaisement, même avec la consommation d'une autre substance, est très difficile car on veut absolument redevenir le leader qu'on croyait être alors que ce personnage n'est que temporairement et chimiquement créé par un cerveau trompé à l'insu de son « plein gré » (car avec la C on ne sait plus où est – et comment gérer – sa personnalité, la « molle » de tous les jours).

• E : Ça, pour avoir connue quelques nightclubers, je te confirme qu'ils se prenaient souvent pour plus grandioses, plus forts, plus beaux qu'ils n'étaient.

• M : Et surtout ils sont à fond ! Les enfants hyperactifs souffrent de trouble de l'attention et de la concentration : leur cerveau limbique (reptilien) est sur-actif et ils bougent dans tous les sens. Les gens qui prennent de la C sont souvent des personnes souffrant de l'attention et la drogue permet de se concentrer et de se calmer en même temps. La cocaïne empêche l'aspirateur à dopamine de les récupérer une fois qu'elles ont transmis leur message au neurotransmetteur suivant et qu'elles devraient être récupérées pour servir ailleurs. Les neurotransmetteurs sont donc alors surexcités. Par contre, dans le même registre mais en nettement plus soft, j'aime bien les feuilles de coca. Les légendes Incas rapportent que le dieu Soleil créa la coca pour étancher la soif, éteindre la faim et faire oublier la fatigue aux humains. Les Indiens aymaras, dont la civilisation s'est épanouie dans la région du lac Titicaca avant l'arrivée des Incas, lui ont donné le nom de khoka, qui signifie « l'arbre par excellence ». Pour l'Europe, il faut attendre 1863, quand un certain Angelo Mariani, chimiste corse, dépose les brevets de plusieurs produits de sa composition. Des pastilles à la coca, du thé à la coca et un vin aux extraits de coca, dont la réclame vante les propriétés tonifiantes et qui remporte un vif succès commercial. Le vin Mariani et son créateur deviennent bientôt célèbres dans toute l'Europe. Mais cette invention est vite éclipsée sur les marchés par une autre boisson. En 1886, un pharmacien américain d'Atlanta, John Smith Pemberton, s'inspire du vin Mariani pour concocter une potion stimulante à base de coca et de noix de cola (histoire de remplacer l'alcool, interdit en Arizona, par du sucre, qui rend autant accroc). En 1892, Asa Candler, un autre chimiste, rachète les droits et fonde la Coca-Cola Company. Une dizaine d'années plus tard, les scientifiques découvrent les dangers de la cocaïne, l'un des alcaloïdes de la feuille de coca. L'alcaloïde est alors retiré des feuilles de coca entrant dans la composition du Coca-Cola (décocaïnisée). Coca arrête la cocaïne en 1903, et la cocaïne est interdite en 1914.

• E : Si on m'avait dit que le coca contenait de la coke, je l'aurai pas cru.

• M : Et oui ma chère, il y a plein de choses que peu de gens savent. Mais l'Histoire est là pour se rappeler à nos bons souvenirs (les mauvais on y pense et puis on oublie – c'est la vie c'est la vie, après en avoir tiré les enseignements). Ainsi, même Sigmund (Freud), était un cocaïnomane patenté. C'est pour ça qu'il a eu tellement de clairvoyance quant à la nature humaine et sont attirance instinctive vers le sexe [même si du fait de sa toxicomanie il voyait le « mal » partout (notamment bien sûr le fameux complexe d'Œdipe où un bambin désire sexuellement son parent de sexe opposé : il peut y avoir de l'attirance pour l'autre, mais plutôt de la curiosité envers cet être différent dont il « faut » – sauf les homos, histoire de se simplifier la tâche – apprendre le mode de pensée et d'action)]. Pour dire, même Sherlock Holmes (donc l'auteur de ce personnage détective, Conan Doyle) était à fond de C et c'est entre autre grâce à ça qu'il était aussi perspicace, les sens toujours à l'affût et la réflexion en alerte (même si à force de trop en prendre, ça peut vite tourner dans le vide égocentrique).

• E : Et beh, avec tout ça, je me coucherai moins conne ce soir. Merci pour toutes ces lanternes en tout cas. Et ça c'est quoi, ces magnifiques fleurs, qu'ont-elles de toxantes (puisque c'est le cas j'imagine, sinon elles n'auraient pas leur place ici) ?

• M : Ah ça, on rentre dans le secteur des clefs de la perception, des hallucinogènes, des psychédéliques (qui ouvrent les portes de l'esprit) ! Ça ma belle c'est du Datura, autrement appelée « trompette des anges/du jugement/de la mort », « pomme poison », « herbe du diable », « grand carapate bâtard ».

• E: Mais qu'est ce que c'est encore que ce truc ?

• M : Attention, ça c'est du costaud ! Le datura est une substance hallucinogène naturelle issue d'une plante que l'on trouve sur tous les continents, sous des climats tempérés ou tropicaux. C'est une jolie plante, que l'on peut reconnaître en été et en automne à ses longues fleurs mauves ou blanches facilement identifiables. Elle produit un nombre important de graines qui contiennent le plus de principe actif (l'atropine, l'hyoscyamine et la scopolamine) mais tout le reste de la plante est toxique. Il y a donc de nombreux moyens de la prendre : on peut fumer les feuilles (c'est la méthode la moins risquée), faire un thé avec des graines et des feuilles ou manger les graines. Le datura a été largement utilisée et depuis fort longtemps dans les pratiques chamaniques, la sorcellerie (on pense que la sorcière sur son balai est une représentation du trip causé par le datura) et la quête de vision en Europe, en Asie, et parmi les tribus Amérindiennes. Une légende raconte que quand le Buddha prêchait, des gouttes de pluie tombaient du ciel sur des plants de datura. Le datura était également associé au culte de Shiva, le dieu indien lié aux aspects créateurs et destructeurs de l'univers. Il était consommé de plusieurs façons, en onguent enduit sur le corps pour les sorcières, fumée ou en décoction chez les Amérindiens. On suppose aussi que la lycanthropie, croyance selon laquelle un humain peut se transformer en loup (le loup-garou) viendrait de l'impression induite par le datura de se transformer en animal. Ses effets sont si puissants qu'à haute dose, la personne peut avoir l'impression que ses hallucinations sont réelles et ne plus savoir si elle est éveillée, endormie, dans le réel ou pas. Il y a tout d'abord les hallucinations auditives avec l'impression que des personnes ou des objets te parlent; ceux-là peuvent être présents, ou pas. Il y a ensuite les hallucinations visuelles très variées. Elles dépendent de beaucoup de facteurs mais on note en général des confusions au niveau des couleurs (le bleu paraît vert etc...), des visions d'animaux, de personnes ou d'objets absents, l'impression que des objets inanimés le deviennent (les murs parlent, les objets se déplacent sur leurs petites jambes etc...). Il existe aussi des hallucinations au niveau des sensations avec l'impression de voler, de ne pas ressentir la douleur, de voir son corps de l'extérieur, de devenir un animal etc... Enfin, les effets du datura se traduisent par un état important de confusion qui peut rendre la personne incapable de faire quoi que ce soit (certains rapportent avoir parlé à celui qui est dans le miroir et s'être énervé quand il s'est aperçu qu'il répétait les mêmes gestes).

• E : Beurk, ça donne pas envie ton truc.

• M : C'est sûr, ça calme bien, mais pour autant le datura était employé comme aphrodisiaque aux Indes, et des remèdes de datura existaient pour l'asthme mais furent interdits après que les gens commencèrent à les employer récréationnellement. Pour autant, le datura appartient aux solanacées, famille de plantes qui a une grande importance économique. En sont issus bon nombre de légumes et de fruits : pomme de terre, tomates, aubergines, piments et poivrons. Sont également issues de cette famille des cultures industrielles comme le tabac ou ornementales comme le pétunia. Beaucoup de plantes de cette familles sont riches en alcaloïdes et certaines sont très toxiques : belladone, morelle, mandragore, tabac et Salvia Divinorum (sauge divine) ; ces plantes étaient utilisées par les sorcières pour soigner au Moyen Age. La Salvia Divinorum contient un des hallucinogènes les plus efficaces connus : la salvinorine A. Cette plante, désignée sous le nom des « feuilles de prophétie », était très utilisée par les chamanes Amérindiens pour leur produire des visions. Tout est toujours une question de Respect de soi et de la drogue : son usage traditionnel était précédé d'une longue période de purification et de jeûne (ils n'étaient pas fous ces chamanes, ils voulaient continuer à prédire en restant « crédibles »). En effet, il y a un risque important d'overdose au datura car la marge entre une dose qui fait un effet et celle qui risque de provoquer un accident mortel est très faible. La méthode de consommation la moins risquée est de la fumer, viennent ensuite les infusions et recettes de cuisine diverses. Ces deux dernières sont beaucoup plus dangereuses et représentent un grand risque de dépression respiratoire puis d'arrêt cardiaque (overdose).

• E : Ça fait froid dans le dos ! Et le machin collé à la tige là-bas, c'est quoi ?

• M : C'est de l'ergot de seigle.

• E : Et ?

• M : C'est un champignon du groupe des ascomycètes, parasite du seigle (et d'autres céréales), contenant des alcaloïdes polycycliques, dont est tiré l'acide lysergique (duquel le LSD est un dérivé). Il fut autrefois responsable d'une maladie, l'ergotisme, appelée au Moyen Âge « Mal des ardents », liée à la présence d'ergot dans le seigle utilisé pour fabriquer le pain. Cette maladie, qui dura jusqu'au XVIIè siècle, se présentait sous forme d'hallucinations passagères, similaires à ce que provoque le LSD, et à une vasoconstriction artériolaire, suivie de la perte de sensibilité des extrémités des différents membres, comme les bouts des doigts. À cette époque, il était communément admis que ces personnes étaient des victimes de sorcellerie ou de démons. Saint Antoine était d'ailleurs le saint patron des ergotiques.

• E : Et tu prends ça toi ?

• M : Quelques fois oui, mais à dose très modérée. Pour info, l'ergot était parfois utilisé par les sages-femmes pour arrêter les hémorragies et faciliter certains accouchements. Le dernier incident majeur lié à l'ergot de seigle en France date d'août 1951, dans le village de Pont-Saint-Esprit (Gard), où la majorité des habitants auraient été atteints d'hallucinations, suite à l'absorption de pain contenant de la farine de seigle contaminée. Plusieurs personnes sont mortes d'accidents liés à leur hallucination. Pour ta gouverne, en médecine, les dérivés de l'ergot de seigle sont des molécules utilisées en particulier dans le traitement des crises de migraine. En 1938, Albert Hofmann est un jeune chercheur, féru de plantes médicinales et de champignons. Au sein des laboratoires suisses Sandoz (devenus Novartis) à Bâle, il travaille alors sur les alcaloïdes de l'ergot de seigle, dans le but de mettre au point un stimulant circulatoire et respiratoire. Mais les expériences tournent court. Cinq ans plus tard, le chimiste, saisi d'une « intuition particulière », reprend ses recherches. Le 16 avril 1943, alors qu'il manipule le puissant acide, la substance pénètre dans son sang. Albert Hofmann vit sans le savoir son premier « trip » (voyage). Pris d'une étrange sensation de vertige et d'ivresse, il est contraint de renter chez lui, cramponné à sa bicyclette, alors que la réalité se déforme. Puis il est assailli par de fantastiques images et couleurs. Trois jours après, c'est en toute conscience que le chercheur avale 250 microgrammes de LSD, une dose de cheval, passant cette fois-ci par des états tantôt « merveilleux », tantôt « terribles ».

• E : Mouais, d'un côté ça paraît sympa, mais de l'autre ça craint un max !

• M : Disons que ça peut craindre, si on ne se Respecte pas assez !!! Le LSD (Lyserg Säure Diäthylamid, diéthylamide de l'acide lysergique) est né, Hofman avait obtenu par transformation chimique de l'ergot de seigle la première synthèse du LSD, son enfant terrible, l'un des plus puissants hallucinogènes, et des moins nocifs. Jusqu'en 1966, date de son interdiction aux Etats-Unis, la substance passionne la communauté scientifique et médicale, puis s'empare de la génération hippie. Dans les années 1950, on la prescrit à certains psychotiques et alcooliques ou à des mourants. Donc tu vois bien que c'était utile ! Sandoz la commercialise pour le corps médical, sous le nom de Delysid. Cependant, les malades n'aimaient pas ces médicaments. Moins regardant, les hippies allaient directement acheter chez eux ! Mais le LSD attire aussi l'attention des militaires américains en 1953. Le Bureau des services stratégiques, l'ancêtre de la CIA, en achète un million de doses. Un plan d' « attaque lysergique » contre Cuba sera même envisagé. L'idée était de développer une arme opérationnelle pouvant produire des effets tels des troubles de la mémoire, un discrédit dû à des conduites aberrantes, des altérations du comportement sexuel, la délation, la suggestibilité et la dépendance. On avait testé le LSD mais ça rendait les soldats pacifiques et ce n'était pas ce qu'on leur demandait. Mais ce programme secret – le « MK-ULTRA » – fut finalement abandonné, les chercheurs qui y travaillaient ayant pris la fâcheuse habitude de consommer eux-mêmes du LSD... Dans les années 1960, alors que sa formule tombe dans le domaine public, le LSD sort des hôpitaux psychiatriques et des laboratoires. Les fabricants artisanaux fleurissent et la vague « psychédélique » déferle. Pendant ce temps, Albert Hofmann, toujours fidèle à Sandoz, poursuit ses recherches. A la tête du département pour les médecines naturelles, loin de l'euphorie hippie, il étudie les propriétés thérapeutiques des champignons magiques mexicains. Il continua de défendre le LSD, qui « ne crée pas d'accoutumance, n'altère pas la conscience et, pris dans des doses normales, n'est absolument pas toxique ». C'est la « plus efficace et précieuse aide pharmaceutique pour étudier la conscience humaine ». Une piste que nombres de scientifiques ont réexploré depuis. Pour info, le prix Nobel de médecine, celui qui découvrit le moyen d'amplifier l'ADN, indiqua que ce fut grâce à la prise de LSD qu'il eut cette vision pour comprendre comment démultiplier des fragments de ce code. Hofman fut aussi salué par le président de la Confédération helvétique comme un « grand explorateur de la conscience humaine ».

• E : Et comment ça marche au fait ?

• M : Le LSD pirate le système de communication du cerveau (qui passe le plus clair de son temps à discuter avec lui-même pour vérifier que tout va bien et réguler l'ensemble si besoin) ce qui provoque une altération des frontières de l'ego (comme le dit Descartes : cogito, ergo(t) sum : je pense, donc [ou comme] je suis). En plus, le glutamate libéré permet une accélération de la vitesse de communication et de la circulation d'informations, la personne se trouve ainsi turbo-boostée.

• E : Ah ouais ?

• M : Et oui, qui l'eut crû ! La sérotonine ainsi libérée provoque une hypersensibilité des sens tels que la vue (vision stéréoscopique multicolore), l'ouïe (on écoute – démarche active – des choses auxquelles normalement on ne prête jamais attention car on les entend – démarche passive – à peine), le touché (on peut palper les molécules du vide autant que vraiment rentrer en contact avec l'autre). On ressent un apaisement du corps et de l'esprit, on a un sentiment d'appartenance à son environnement et au cosmos : ce que l'on peut appeler une union mystique. Timothy Leary (1920-1996), auteur américain, psychologue, militant pour les drogues, est le plus célèbre partisan des avantages thérapeutiques et spirituels du LSD. Pendant les années 60, il a inventé et a popularisé le slogan « Turn on, Tune in, Drop out » (Branchez-vous, Soyez en Phase, Lâchez prise) [Timothy lui était carrément « wired » – attaché avec du fil barbelé ; cette maxime faisait référence a son expérimentation avec la fameuse molécule de la chanson des Beatles – eux aussi étaient « branchés »].

• E : Mais c'est qui ce gars ?

• M : Tu verras plus tard, là je ne te parle que des drogues et de leur consommation classique. Pour revenir au LSD, le côté négatif (car il y a toujours un revers à chaque médaille) est que l'on peut se sentir tellement dissous dans un grand tout, que l'on peut se morceler et devenir anxieux jusqu'à la folie. Avec l'éclat de l'ego, il peut y avoir une certaine perte d'autonomie et un décalage complet par rapport à la réalité. Il y a d'ailleurs une photo où l'on voit un chat perché au LSD, être blotti au fond d'une cage, effrayé qu'il est par une souris (tout comme peut l'être un éléphant, comme quoi la taille ne fait pas tout, voire même rien !). Ainsi, en 1966, l'acide (ou buvard, autres noms du LSD) était jugée plus dangereuse que la guerre du Vietnam (à juste titre vu les abus des hippies, cf. la chanson des Beatles Lucy in the Sky with Diamonds, allusion directe au LSD et au trip d'Alice au pays des merveilles, quand pour passer de l'autre côté du miroir elle mange des gâteaux et boit pour grandir, rétrécir, avoir le cou qui s'allonge).

• E : Tu m'étonnes, surtout qu'ils y allaient franco, eux aussi à coups de doses de cheval !

• M : Eh oui (triste soupir), trop de jeunes se sont abandonnés aux états modifiés de conscience, pour fuir la réalité morose ! (sanglot dans la voix)

• E : Tiens en parlant de tout ça, ça me fait penser que je n'ai pas vu de pilules !

• M : Normal puisque Uttanka, comme moi d'ailleurs, ne touche pas aux chimiques !!! Même si le safrole (huile de sassafras qui contient du safrole, un précurseur de l'extasie, classé sur la liste des produits stupéfiants, utilisé en aromathérapie pour ses propriétés relaxantes) et le baobab (autre précurseur des tata) sont bien naturels eux.

• E : D'accord, mais tu peux quand même me dire d'où est sortie cette drogue, vu que tu parles que de ça ici ?

• M : Même si je ne suis pas un fan de cette drogue, je vais t'en parler avec grand plaisir. Une substance, appelée MDMA (Méthylène Dioxy-Métamphétamine), dérivée de la molécule d'amphétamine, a été synthétisée pour la première fois en 1912 par des chimistes allemands de la firme Merck. Elle a été brevetée en 1914, même si on ne lui trouvait aucune utilité. Par contre, elle a été fournie comme produit stimulant et coupe-faim aux soldats de ce pays pendant la deuxième guerre mondiale. Il faut dire qu'à cette époque, les anglais, américains, allemands et japonais étaient tous à fond d'amphétamines (benzédrine) qui seront connus plus tard sous le nom de speed. Concernant les taz, c'était vraiment une contre-indication : l'ecstasy (mais perso je préfère dire extas{i}e car c'est bien de cela dont il s'agit) développe le sentiment d'empathie (capacité d'une personne qui peut ressentir les sentiments et les émotions d'une autre personne), d'euphorie et de bien-être avec les autres. La « pilule de l'Amour » (même si elle n'a jamais permis d'améliorer les capacités sexuelles, mais « seulement » les sensibilités) agit sur trois hormones du cerveau : la dopamine, la noradrénaline et la sérotonine. Ces hormones agissent normalement sur le centre du plaisir, sur le cycle de l'éveil et du sommeil, sur l'humeur, sur les émotions et sur les fonctions sexuelles. Toutes ces fonctions sont stimulées en même temps par le MDMA. Imagine l'état béat dans lequel se trouve la personne qui a consommé de l'extasie, tu vois bien que ce n'est pas très compatible avec la guerre, cette boucherie innommable !

• E : C'est clair que sur le front, ça devait être un sacré bordel avec des militaires tazés qui rêvaient plutôt de faire l'Amour que la guerre.

• M : Hihi, ils avaient même déjà inventé le slogan des hippies, des années avant eux ! C'est sûr que pour une pilule qui stimule l'humeur et la communication, s'appeler drogue pro-sociale en pleine guerre ça fait bizarre et décalé. Il n'empêche que par la suite, la CIA tenta de s'en servir comme d'un sérum de vérité (après l'opium et le LSD, ils auront tout essayé pour faire parler les rouges), sans succès. Par contre, son efficacité fut réelle dans la guerre du Vietnam, car l'extasie cible et détruit (comme le fameux search&destroy cher aux GI's au Vietnam) la peur. Par la suite, Alexander Shulgin (figure dans la communauté psychédélique, inculquant un sens de pensée scientifique raisonnable au monde de l'individu-expérimentation et de l'ingestion psychoactive) s'y intéresse dans les années 70, pour ses effets sur l'humeur. En effet, l'extasie augmente la présence de sérotonine dans les synapses (fosse où l'information passe d'un neurone à l'autre) en bloquant sa recapture. Dans une moindre mesure, elle augmente également celle de la dopamine. C'est un psychotrope possédant une composante stimulante, et dont un des effets est d'accélérer les battements cardiaques comme lors d'une forte excitation. Elle inhibe la crainte de l'autre et la peur de soi, et favorise ainsi le contact. Cette propriété l'indique pour le traitement du stress post-traumatique (comme après la guerre du Vietnam ou un viol) et elle fut donc utilisée en psychiatrie aux Etats-Unis, où elle a été rapidement retirée du marché en raison de ses effets secondaires indésirables et de la dépendance qu'elle engendrait. Mais le produit avait déjà gagné les campus universitaires et les clubs branchés.

• E : Y a des effets secondaires ? Parce que moi je croyais que c'était inoffensif, la preuve on appelle ça aussi des bonbons.

• M : Oui, beh justement, c'est loin d'en être ! En raison de son usage facile et de sa présentation « attractive », l'extasie bénéficie auprès de certains de la fausse réputation d'être inoffensive. Elle provoque tout d'abord une légère anxiété, une augmentation de la tension artérielle, une accélération du rythme cardiaque et la contraction des muscles de la mâchoire ; la peau devient moite, la bouche sèche. Suit une légère euphorie, une sensation de bien-être et de plaisir. Elle s'accompagne d'une relaxation, d'une exacerbation des sens et d'une impression de comprendre et d'accepter les autres. La dopamine (qui gère aussi le mouvement par la coordination motrice) active le noyau accumbens qui gère nos élans vitaux (sustentation – le boire et le manger ; sexe, motivation…) et le trompe pour qu'il décrète le bonheur. Mais prendre de l'extasie, qu'elle soit pure ou contienne d'autres produits, comporte de nombreux risques car les substances amphétaminiques et dérivées neutralisent certains mécanismes de défense naturelle et d'alerte de l'organisme. Elles entraînent une perte de la notion du temps, une suppression de la sensation de fatigue, de soif et de faim et de l'hyperthermie (élévation de la température du corps, les thermomètres étant débranchés). Ainsi, dans certains cas, la déshydratation et l'épuisement des danseurs ont entraîné leur mort ou des malaises soudains et intenses, proches de l'état comateux. Ceux qui ont fait usage d'extasie dans ces conditions éprouvent souvent des difficultés à « faire surface » avant plusieurs jours. Après avoir usé et abusé du robinet ouvert à dopamine, les lendemains sont moins enchanteurs. Les hormones du plaisir n'étant plus libérées en grande quantité par l'extasie, le corps subit un effet de sevrage de 24 à 72 heures (temps de restockage de dopamine/sérotonine : le blues du milieu de semaine) qui plonge la personne dans un état dépressif. En dépression suite à du stress, le thalamus et l'hypothalamus (qui gèrent l'anxiété, la peur, la faim) libère de l'ACTH qui est une des rares hormones à pouvoir se balader dans tout le corps et avertie la glande surrénale de produire du cortisol pour réguler l'état de stress. Ce système se régule au fur et à mesure, mais si le cortisol reste, la dépression s'installe. Le stress crée la perte des élans vitaux : le cerveau crée une partie du contrôle de la volonté et si il est trop stressé, on a plus envie de rien, plus goût à la vie ni au bonheur. De même, les consommateurs habituels peuvent être victimes de troubles du rythme cardiaque et d'hypertension. Mais les atteintes les plus graves et que l'on ne perçoit pas immédiatement, sont les possibles lésions des neurones cérébraux qui peuvent être irréversibles, ainsi que les crises d'anxiété, d'angoisse et les dépressions qui, pour les sujets prédisposés, peuvent être profondes et très longues à soigner. D'autant plus qu'après un certain nombre de prises, la lune de miel est finie (le verrou à dopamine est définitivement cassé et il ne peut plus y avoir de libération massive de cette substance, même en gobant à fond, ce qui détruit plus que cela ne défonce). On peut juste limiter les risques en prenant une pastille de vitamine C (ou du jus d'orange) avant et après la soirée, elle agira comme un enduit anti-oxydant (c'est un anti-radicaux libres qui protégera, un peu, les neurones lors des attaques).

• E : Mais pourquoi cette drogue rencontrait-elle un tel succès alors ? Il y a un truc caché là-dessous.

• M : C'est comme pour l'alcool ou la kétamine (anesthésique autant pour enfant et vieux que pour cheval, qui permet de se dissocier de son corps et de partir dans des rêveries absolues), mais je t'expliquerai plus tard, ça aidera à la montée des champis (si tu te sens prête et que moi aussi je te sens bien) et de tes souvenirs.

• E : D'accord, on verra ça. Mais avec tout ça, tu m'as pas encore parlé des champis, alors que c'est quand même ça qu'on est venu chercher.

• M : Mais j'y viens, puisque ça fait partie de la même famille des hallucinogènes (même si l'extasie n'est pas à proprement parler hallucinante, c'est plutôt un stimulant qui accélère l'activité du cerveau). Les champignons magiques étaient déjà consommés par les cultures d'Amérique Centrale vers -1000 et elles leurs consacraient des temples et des grottes. En Europe, les Mystères d'Eleusis (Grèce vers -1000 également) étaient un rite initiatique et de purification lié aux divinités de la Terre. Toute personne parlant le grec (donc même les étrangers) et n'étant pas un meurtrier impuni, pouvait se rendre (une seule fois, il ne faut pas abuser des bonnes choses) à Eleusis auprès de la grande prêtresse pour y boire une potion, vraisemblablement tirée des champignons (appelés « nourriture des dieux »). La personne y restait toute la nuit (pour des raisons de sécurité pour le voyageur intersidéral) et suite à la Vision (provoquée par la psilocybine, substance psychoactive), devenait un initié des grandes choses de la vie. Les portes de la perception venaient de s'ouvrir pour elle. En effet, psychédélique signifie « qui dévoile l'esprit ». Les champis auraient amenés les dieux (enthéogène), dans leurs bagages suite au voyage intersidéral offert à celui qui a pris. C'est sûrement la drogue la plus anciennement consommée car nos lointains ancêtres cueilleurs devaient tester chaque « plante » pour connaître son goût et son intérêt (gustatif voire médical, et ses dangers éventuels). Comme nombre de ramasseurs de champignons de nos jours, les humains de la préhistoire ont cueilli des spécimens qui tantôt les rendaient malades voire provoquaient la mort, tantôt les envoyaient dans d'autres perceptions de la réalité de leur esprit, corps et environnement. Par rapport aux drogues de pharmacie, c'est une drogue illégale.

• E : Ça a quelque chose à voir avec le peyotl ? Je me souviens de ce nom par rapport au groupe Lofofora !

• M : Oui, Lophophora williamsii est son nom scientifique. Le peyotl (petit cactus sans épine) est utilisé depuis des siècles dans des cérémonies religieuses, divinatoires ou thérapeutiques par les chamans des tribus d'Indiens du Mexique. Au début du XIXe siècle, cette pratique s'est étendue à des tribus des États-Unis (Apaches, Comanches, Kiowas, Navajos, etc.). Ces pratiques sont toujours en vigueur dans une cinquantaine de tribus différentes (Huichols, Coras, Tarahumaras) qui lui prête souvent une valeur enthéogène (communication avec les dieux). Il contient de nombreux alcaloïdes de type phényléthylamine, dont le plus notable est la mescaline. La complexité de sa composition permet d'expliquer les différences entre les effets du peyotl et ceux de la mescaline seule. Il est consommé soit chiqué (sniffé) soit ingéré. Il provoque de fortes nausées voir des vomissements lors de son ingestion (comme les opiacés la première fois). Les hallucinations surviennent généralement trois heures après l'ingestion et commencent par des flashs de couleur dans le champ de vision, puis se divisent en deux phases : une période de plénitude et d'hypersensibilité, suivi d'une période de calme et de grand relâchement musculaire.

• E : Et le canna alors, parce qu'il peut aussi rentrer dans cette catégorie !

• M : Le chanvre est certainement la plante psychotrope cultivée depuis le plus longtemps. En effet, déjà vers -10 000 (c'est-à-dire juste après que les glaces aient commencé à se retirer) les Chinois l'utilisaient. Cette plante a la particularité d'être utile en tout : rien ne se jette ! Ils mangeaient les graines pour se nourrir ou en faisaient de l'huile (peu grasse) ou de la farine, fabriquaient avec les tiges du papier, des filets de pêche, des cordes et des textiles. Le chanvre fut déclaré comme la première plante de guerre car on fabriquait auparavant les arcs en bambou, puis en chanvre car plus costaud. Ainsi, des terres impériales étaient cultivées exclusivement pour cette plante à usage militaire. Vers -2800, on découvrit que la plante pouvait également soigner, notamment pour redonner l'appétit et calmer certaines crises. Au IIIè siècle de l'autre ère, l'empereur romain Gallien poussa même à la consommation pour développer le bonheur et l'hilarité. Evidemment, en 484, le pape Innocent IV déclara le cannabis sacrilège car il s'agissait d'une drogue païenne (heureusement qu'il restait les sorcières pour ne pas se plier à ces règles et nous transmettre une part de ce savoir très ancien : ce qu'on appelle l'ésotérisme – Histoire officieuse – par opposition à l'exotérisme – Histoire officielle et dogmatique).

• E : Pff, c'est vrai que les chrétiens préféraient picoler le sang de Jésus (et pas que durant la messe) !

• M : Oui, pour autant la bible de Gutenberg fut imprimée sur du papier chanvre et Rabelais faisait prendre du cannabis (Pantagruélion, reine des plantes) à Pantagruel. Mais plus tard, le cannabis était nettement moins en vogue que les opiacés. Pour l'Occident en général et la France en particulier, le hachich était une découverte toute récente à cette époque (datant de l'expédition en Egypte conduite par Napoléon Bonaparte en 1798 : la consommation par les soldats fut interdite suite à une tentative d'assassinat du nabot Napo par un Egyptien). Les quelques amateurs, qui appartenaient aux couches sociales privilégiées (coût exorbitant de cette drogue, une dose de dawamesk représentant trois journées de travail d'un ouvrier), y recherchaient des sensations fortes (préparations agressives capables de produire des hallucinations), comparables à celles produites par l'opium, substance connue depuis des millénaires en raison de ses applications thérapeutiques (analgésique et sédatif, utilisé par les Babyloniens) et alors largement plus en vogue dans ces mêmes milieux.

• E : Dawamesk ? C'est quoi encore cette instrument de « toxure » ?

• M : Comme aujourd'hui, on peut fumer le haschisch mélangé à une pipe (la cigarette n'existant pas encore, le joint était inconnu) mais les vrais amateurs tendaient à considérer que les effets en étaient un peu trop faibles. Une méthode beaucoup plus efficace consistait à absorber la drogue sous forme liquide : si le thé au cannabis reste relativement modéré, le mélange de vin ou de bière au même produit est nettement plus virulent. On consommait également le hachich (selon l'orthographe de l'époque) sous forme solide, notamment en dragées parfumées au chocolat afin d'en améliorer le goût, unanimement jugé peu appétissant. Cependant, la façon la plus en vogue au XIXè siècle était de manger du cannabis sous forme de « dawamesk », terme arabe désignant une préparation venant du Moyen-Orient. On fait longuement bouillir, dans du beurre allongé d'eau, des fleurs fraîches de cannabis (réservons le terme de chanvre indien pour l'usage industrielle, ou en tout cas non-récréatif, de la plante) jusqu'à obtenir une bouillie bien épaisse que l'on passe dans un linge très fin pour en éliminer tous les débris végétaux, puis que l'on chauffe jusqu'à évaporation complète du liquide restant. Le résultat est une pâte verdâtre, sentant plutôt mauvais et au goût encore pire. On s'en servait donc pour confectionner une sorte de confiture largement parfumée à la vanille, à la pistache ou à la cannelle, mais également, exotisme oblige, à la rose ou au jasmin. Afin de corser le tout, les plus acharnés y ajoutaient un peu d'opium. Le dawamesk se prenait par doses servies dans une petite cuillère, allant de 15 à 30 grammes selon la puissance des effets recherchés. Au lieu de l'avaler directement, accompagnée ou non de biscuits, d'aucuns préféraient diluer leur confiture (la « pâture » selon le terme usité par le Club des Hachichins) dans une tasse de café brûlant afin d'en accroître encore la force. Toutefois, les avis divergeaient sur l'efficacité d'un tel mélange : ce n'étaient que des considérations empiriques car son principe actif, le THC (TétraHydroCannabinol), n'était pas encore connu car seulement isolé à la fin du XIXè siècle.

• E : Ah ouais, ils n'y allaient pas avec le dos de la cuillère.

• M : C'est le cas de le dire, ils prenaient même plutôt des cuillères à soupe, voire des louches.

• E : Et le Club des Hachichins c'est la jet-set des toxoplasmes ? Ça sort d'où ?

• M : Ce nom, choisi par les participants aux expériences psychédéliques, vient de l'arabe « hachchâhi » signifiant buveur de haschisch mais se réfère surtout à la célèbre secte ismaélienne qui terrorisa le Proche-Orient au Moyen-Âge pendant près de trois siècles, au point de nous avoir donné notre mot assassin. Dirigés par un chef mystérieux, retranché dans une forteresse imprenable des monts de l'Iran du Nord et surnommé le Vieux de la Montagne, les membres de la secte lui devaient une obéissance absolue, plus fondée sur un fanatisme religieux exacerbé (avec promesse de 70 vierges qui les attendaient au Paradis) que sur la consommation de haschisch à laquelle ils doivent leur nom. Les Assassins sévirent de 1090 à 1256 de l'autre ère, avec comme spécialité le meurtre politique, toujours pratiqué de manière spectaculaire, tel au poignard et en public. Leurs lointains descendants parisiens étaient nettement plus pacifiques mais ils se sentaient comme appartenant eux aussi à une élite, sorte de secte de la sensibilité et de l'intelligence d'apprécier les vertus hallucinogène de leur drogue favorite. Ainsi, loin de tout prosélytisme (prospection commerciale), ils ne recrutaient que par cooptation (entres potes), sans toutefois éprouver le besoin de se cacher le moins du monde.

• E : Tu me fais halluciner. Tout ça, c'est pas des trucs que tu apprends à l'école, même si je ne me souviens plus de ce que j'ai pu y apprendre, mais moi j'ai l'excuse d'être amnésique. Et ça marchait comment ce club, juste pour info, histoire de savoir ?

• M : Depuis 1837, un médecin aliéniste (qui soigne les aliénés, les « fous ») exerçant à l'hôpital Bicêtre (établissement des environs de Paris, accueillant les malades mentaux de la capitale), Joseph Moreau de Tours, étudiait les effets du haschisch. Ce dernier constituait pour le médecin, « grâce à l'action que cette substance exerce sur les facultés morales, un moyen puissant, unique, d'exploration en matière de pathologie mentale ; par elle, on devrait pouvoir remonter à la source cachée de ces désordres si nombreux, si étranges qu'on désigne sous le nom de folie ». Pour conduire ses recherches, non seulement Moreau de Tours absorbe lui-même du dawamesk (et pas uniquement par dévouement pour la science) pour en ressentir les effets, mais il demande à certains de ses amis de faire de même au cours de séances de dégustation organisées chez lui. Parmi ces cobayes se trouve Théophile Gautier (poète, chef de file des romantiques) qui est un observateur précieux, capable de décrire précisément son expérience de la drogue. Ces séances au domicile du docteur amateur de haschisch (sous sa version la plus forte) préfigurent les réunions n'ayant plus aucune prétention scientifique de l'hôtel Pimodan : c'est la naissance du Club des Hachichins. Eugène Delacroix, Gérard de Nerval, Balzac et Baudelaire (uniquement observateurs, du moins dans ce club-ci, il en prenait déjà suffisamment pour son compte ailleurs) fréquentaient ce lieu, tout comme le Tout Paris des arts et des lettres.

• E : Ce Théophile Gautier devait être bien perché avec toutes ces expériences « médicales ».

• M : Même pas ! Mais tu sais, le cerveau a un système cannabinoïde endogène (interne), qui est plus important que d'autres neurotransmetteurs ! Ce système est crée à partir de la graisse périphérique des neurones et joue sur le cervelet (mouvements), le tronc cérébral (coordination), les réflexes, la mémoire, l'anxiété. Le cannabis active le système cannabinoïde interne ce qui provoque un développement des sens. Le cannabis est bon contre l'anxiété et la dépression (à petite dose en tout cas, qui l'eut cru) car il bloque les anadanïdes (stimulants positivistes), qui agissent donc plus longtemps. Pour en revenir à lui, au bout d'environ un an, Théophile Gautier cessa soudain de se rendre aux soirées du Club, renonçant définitivement au dawamesk. S'en expliquant à la fin de sa vie, il précisera que cette décision ne fut pas provoquée par la peur des conséquences pour sa santé de l'usage de ce qu'il qualifie toujours de « drogue enivrante » mais pour une raison plus intellectuelle : « Le vrai littérateur n'a besoin que de ses rêves naturels et il n'aime pas que sa pensée subisse l'influence d'un agent quelconque ». Cela n'empêchera pas l'écrivain de continuer à prendre des drogues : haschisch sous des formes aux effets moins hallucinogènes, mais surtout de l'opium. Il connut d'ailleurs l'opium bien avant le hachich : huit ans avant d'écrire le Club des Hachichins et cinq ans avant Le Hachich, était paru La Pipe d'Opium.

• E : Mouais, c'est sûr, tout ce que tu me dis depuis tout à l'heure, c'est une toute autre façon de concevoir les drogues. Mais si ça a été interdit, c'est bien pour une raison de santé publique.

• M : Mais tu sais, les pires drogues étaient légales même si elles étaient notoirement mortelles, suffit de voir le tabac et l'alcool ! C'est en ça que l'état est par nature illogique puisqu'il favorise son propre intérêt (taxes) à l'intérêt général (santé). Pourtant, les scientifiques considèrent que l'éthanol est une drogue sale car elle modifie la structure même du cerveau et peut sérieusement détruire des aires fonctionnelles entières, d'autant plus que cette drogue reste ancrée dans notre culture et à ce titre promut. Après la cigarette qui n'est qu'un support pour fournir de la nicotine (dont les effets sont amplifiés par adjonction d'ammoniaque et autres saloperies chimiques) qui rend accroc (suffit de voir la queue des nicotoxs le dimanche devant les rares bureaux de tabac ouverts, qui enfilent vite un jogging et brise le farniente dominical juste pour s'acheter leur dose), la plus mortelle des drogues est l'alcool ! Directement (cirrhose du foie, troubles divers) ou indirectement (accidents, violence), la drogue liquide tue des dizaines de milliers de personne rien qu'en France (le pays des dealers embouteilleurs). Et depuis des millénaires, les plaisirs et la joie de l'ivresse se confondent avec les douleurs et agressivité de l'ivrognerie !

• E : C'est bien pour ça que comme tout bon musulman je ne picole pas. Mais, je me suis toujours demandée comment l'alcool avait été découvert ?

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Published by Collectif des 12 Singes - dans Lendemain du Grand Soir
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9 juillet 2009 4 09 /07 /juillet /2009 17:53

Détour pour l'exploration de ses consciences
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• E : C'est bien pour ça que comme tout bon musulman je ne picole pas. Mais, je me suis toujours demandée comment l'alcool avait été découvert ?
• M : Par hasard ! La fermentation est un phénomène naturel : rencontre d'un jus de fruit avec des ferments ou de céréales et d'eau ou encore de miel et d'eau. Ainsi, l'usage des boissons alcooliques est contemporain de la sédentarisation de l'humain : c'est-à-dire au Néolithique avec l'apparition de l'agriculture et l'invention de la poterie. Autrement dit, la découverte de ce produit est vraisemblablement due à un mauvais stockage de produits alimentaires laissés sous la pluie par exemple ! ! ! La « magie » de cette boisson a été rapidement contrôlée et son usage réservé aux pratiques religieuses, divinatoires, médicamenteuses et nutritionnelles. Les contemporains de cette découverte vont rapidement organiser la production, la consommation et ses bonnes règles, la diffusion, la limitation et ... la sacralisation du produit (tout le monde n'y a pas droit, ça évitera les troubles ivresques ; d'ailleurs quand des Peuples qui ne connaissaient pas cette drogue en goûtaient, ils devenaient fous et voulaient tuer tout le monde car ils croyaient qu'on les avait empoisonné). Pour les Grecs, il y a deux divinités qui tiennent le premier rang chez les humains. L'une est la déesse Déméter (ou la Terre) qui nourrit les mortels d'aliments solides. L'autre s'est placée de pair avec elle, c'est Dionysos. En quelque sorte on avait déjà à l'époque le pain (Déméter), le vin (Dionysos) et il ne manquait plus que le boursin pour que tout aille bien (hihi). La littérature de cette époque insistait déjà sur la notion du « trop boire » mal vue, d'un Socrate jamais ivre, buvant avec modération, éveillant son esprit sans excès de langage, d'un Platon interdisant le vin avant 18 ans, l'autorisant modérément jusqu'à 30 ans et levant toute limite après la quarantaine (il faut dire que la durée de vie moyenne n'était pas la nôtre ...). L'ancien testament évoque fréquemment l'usage du vin. Le premier vigneron reste Noé qui planta la vigne dès la fin du déluge (il avait 600 ans) et en action de grâce, l'arrosa du sang d'un agneau, d'un lion, d'un singe et enfin d'un porc (on reconnaît là les effets du vin selon que l'on en boit peu, beaucoup ou trop). Il connut l'ivresse et l'humiliation de s'être mis nu devant ses fils, la dérision d'un des leurs et l'action des deux autres qui le couvrirent d'un manteau en marchant à reculons. L'ivresse seule est source d'humiliation et non le facteur humain. Loth est également un symbole de la différence entre l'ivresse et la dignité humaine. Lorsque Sodome fut détruite, aucune possibilité de descendance humaine ne pouvait exister, les survivants étant Loth et ses filles. Celles-ci l'enivrèrent et obtinrent de lui une descendance. Loth, grâce à l'ivresse n'eut conscience « ni de son coucher ni de son lever », donc fut épargné de la culpabilité de l'inceste. Ainsi la race/espèce humaine pu se perpétuer dans la morale divine. Le nouveau testament apporta une autre image du vin. Entre le premier miracle de Jésus Christ aux Noces de Cana transformant l'eau en vin et son dernier repas où le vin devient le sang du Christ, la religion chrétienne a permis le passage du vin païen au vin chrétien. L'expansion de l'empire romain et la propagation de la chrétienté étendront la culture de la vigne. Cette culture, en France, dirigée par les romains, faite par les gaulois (esclaves), eut au fil des siècles pour mainteneurs les abbés, évêques et princes du Moyen-Âge. C'était un moyen de contrôle des masses, en apaisant les tensions par des litrons.

• E : En France on faisait juste semblant de ne pas voir les pochetrons !

• M : Même si ça avait commencé à changer peu avant le Grand Soir car la France était l'un des pires pays en terme de sécurité routière. Mais le plus dramatique, c'est que beaucoup de gens étaient persuadés que l'alcool n'était pas une drogue mais un liquide qui fait tourner la tête sans conséquences à part le terrible mal de crâne du lendemain. Or tout ceci est faux : non seulement parce qu'une substance qui enivre est forcément une drogue (suffit de se voir quand on a bu), mais surtout parce que l'alcool modifie (même sans consommation excessive ; et d'ailleurs comment définir celle-ci ?) en profondeur le fonctionnement du cerveau et de sa structure. L'alcool est une des rares drogues à passer directement dans le sang, ensuite ses molécules sont si petites qu'elles pénètrent dans la boîte crânienne. Résultat : le cerveau surnage dans l'éthanol, mais petit à petit les connexions nerveuses sont noyées et ne transmettent plus l'information. Simplement au bout de quelques verres, notre cerveau d'humain culturel est complètement déconnecté et notre système animal reptilien prend le dessus, lui qui est souvent réduit au « silence » (du moins consciemment). Bref, l'alcool est le meilleur moyen pour court-circuiter 2 millions d'années (voire plus) d'évolution et revenir à l'époque des bêtes sauvages, que nous sommes toujours au fond de nos cerveaux et de notre génome.

• E : C'est clair que j'ai vu des musulmans qui ne buvaient pas, devenir des poches encore pires que les culs blancs ! Vu les ravages de l'alcool dans les sociétés occidentales, je suis bien contente qu'on ne fasse que fumer du zetla en Orient !

• M : Certes. Bien sûr les drogues sont dangereuses, mais pas en elles-mêmes. Comme disait Paracelse, grand médecin et chimiste suisse du XVIè siècle : tout est poison, rien n'est poison, tout est question de dosage (tout comme il faut soigner le mal par le mal, vieux truc grec). C'est l'accoutumance et surtout l'addiction qui sont nuisibles, pas les sensations provoquées (tout comme une Ferrari n'est pas dangereuse si on sait la conduire, sinon, c'est le mur assuré). A Utopia, nous avons enfin compris que les drogues faisaient parties de l'Humanité, autant que le sexe, la violence, la religion. Nous avons accepté cet état de fait, même si c'est encadré (Uttanka est responsable de l'information sur ses produits ; même si on ne peut empêcher les gens de faire n'importe quoi avec leurs neurones, il faut au moins qu'ils le fassent en toute connaissance de cause), car sinon à ce moment-là il faudrait aussi interdire les crapauds (quand on les lèche, une substance de leur peau peut provoquer des hallucinations), le mimosa (même principe actif que le crapaud, le DMT), le datura qui pousse dans tous les parcs municipaux (splendide plante-drogue très puissante qui peut vous faire sortir de votre corps au point d'en être mortelle), le seigle ou même la noix de muscade (sniffée par les cocaïnomanes en manque en prison). De même qu'on ne peut lutter contre les éléments de la Nature, il ne sert à rien de vouloir bannir les drogues ou autres conduites à risques (c'est comme si on pénalisait le suicide – ce qu'avait fait l'église car seul dieu peut enlever la vie ; alors que l'église ne s'en est jamais privé lors des inquisitions et autres purges anti-« hérétiques »). On peut expliquer que ce n'est pas bon pour l'organisme et la personne en ceci et cela, mais on ne pourra jamais l'en empêcher. Même la mère d'un drogué te dira que ce n'est pas l'interdiction du produit qui empêche de s'en procurer (ce sera juste plus cher, plus difficile à trouver, souvent de moins bonne qualité et vendu par des systèmes mafieux). En plus, auparavant les gens s'éclataient la tête le week-end pour supporter la semaine à venir et oublier la semaine passée, mais maintenant que les gens sont heureux dans leur vie moins stressante et contraignante, ils ont véritablement remplacé le besoin de modifier leur conscience par l'envie de se faire plaisir, sans pour autant abuser des bonnes choses. Nos dirigeants ont souvent mélangés les deux aspects des drogues (pleasure and pain : plaisirs et douleurs de changer dans la tête). Mais à ce moment-là, et ce fut considéré ainsi (notamment par les judéo-chrétiens, qui ont un sérieux problème de rapport au corps et aux plaisirs de la chair), la drogue la plus dangereuse est le sexe (l'amour étant une drogue « douce », le sexe est alors une drogue « dure » vu la force de ses effets) : on est sur son petit nuage, tout heureux quand on est amoureux ; lors du passage à l'acte, le désir puis le plaisir durent un certain temps, enfin la jouissance est très forte, mais courte. Ce flash, si bon, si bref (pour les hommes en tout cas), se rapproche des mécanismes des drogues dures telle l'héroïne (encore plus, toujours plus ; plus haut, plus vite, plus fort – devise olympique). Ainsi, l'orgasme sexuel (certains aspects sont proches de l'orgasme sensitif et émotionnel sous champi, très pratiqué depuis la plus haute Antiquité) fut interdit : le sexe ne devait servir qu'à se reproduire, pas à avoir du plaisir (idem pour l'onanisme, du nom du personnage Onan de la bible, puni à mort par Yahvé pour avoir enfreint la loi du lévirat : il refusa de faire un enfant à Tamar – femme de son frère mort - et préféra « laisser sa semence se perdre dans la terre » : masturbation).

• E : Oui, à peu près d'accord. Mais t'es hors sujet là, moi je te parle des vraies drogues.

• M : C'est le cas. C'est trop facile d'esquiver : il faut bien savoir ce que l'on met derrière ce concept de drogue : action ou substance provoquant des sensations inhabituelles ou recherchées, pouvant engendrer de manière temporaire ou persistante des changements dans la personnalité ou le métabolisme du sujet, et dont l'absence engendre le manque. Répondent à cette définition : alcool, cannabis, extasie, psychédéliques, tabac, sexe, musique, sport, risque, jeu, violence.

• E : Autant pour moi. Je suis bien d'accord avec toi maintenant que tu as précisé ta pensée. Nous sommes donc tous des drogués ?

• M : Biologiquement oui : le plus gros dealer au monde c'est notre cerveau. Il fonctionne essentiellement à la chimie (sérotonine contre les douleurs, dopamine pour le plaisir, adrénaline pour l'excitation, endorphine comme antidépresseur, …). Après, tout dépend les drogues qui sont socialement acceptées et les autres. Les musulmans ont interdit l'alcool en voyant ces grosses poches d'occidentaux (les croisés) être agressifs et vulgaires, du coup ils ont préféré laisser les gens fumer de l'herbe et être, un peu, space. Mais au-delà de ça, dans toutes les sociétés les abus ont souvent été condamnées. En Occident, la première mesure contre la drogue fut l'interdiction en 1915 de la Fée Verte, l'absinthe dont raffolaient les poètes avec laquelle ils se mettaient minables. Pour autant, ils connaissaient les dangers puisque c'était la plante d'Artémis, déesse grecque responsable des morts violentes. Dans l'Antiquité gréco-romaine, on l'utilisa en infusion comme antidote de la ciguë (poison qui tua Socrate) ou pour ses vertus d'avortement. Au XVIIe siècle, l'absinthe servait même d'insecticide. Elle était toutefois indiquée en cas d'insuffisance de suc gastrique, pour activer la circulation sanguine dans les régions du bassin, l'excrétion biliaire, et agissait comme désinfectant. Cependant, une substance de cette liqueur (la thuyone) rendait fou et aveugle à haute dose.

• E : C'état le début de la prohibition en fait. Même si aux Etats-Unis ça avait une autre ampleur.

• M : C'est clair. Là-bas, des ligues puritaines voulaient absolument purifier la nation et cela passait par des esprits sains avec un foie sain (pour eux, le progrès n'était possible que si les dépravations des masses était enraillées) ! Mais après 23 ans de lutte acharnée (1910-1933), il fallait bien se rendre à l'évidence que la prohibition créait plus de problèmes qu'elle n'en résolvait. Tout ce que cela a fait, c'est que des barons de la drogue liquide se sont fait des fortunes (Al Capone) pendant que d'autres mourraient (ou finissaient aveugle) car l'alcool clandestin était distillé n'importe comment et bien frelaté. Même si la qualité était bien meilleure, il y eu le même problème avec le cannabis.

• E : Ah oui d'ailleurs, comment son interdiction s'est mise en place ?

• M : Déjà, je voudrais te dire que le chanvre (même plante que le cannabis, mais sans THC qui défonce) a toujours été un produit stratégique par rapport à ses qualités textiles (cordes pour la marine, tissu pour l'habillement). En 1803, alors que les Anglais avaient mis en place un blocus contre les Français, Napoléon signa avec le tsar Alexandre Ier le traité de Tilsit qui comportait notamment une clause contre l'exportation de chanvre vers la Grande-Bretagne [pour information, la reine Victoria prenait de la confiture de cannabis (agrémentée de morphine) pour apaiser ses règles douloureuses] et les Etats-Unis. Mais vu que le tsar jouait sur les deux tableaux en organisant la contrebande, Napoléon envahit la Russie en 1812. Les Indiens ayant introduits le chanvre au Mexique, il eut une place importante dans la Révolte de Pancho Villa (célébrée dans le chant la Cuca Racha) et du Mexique il s'implanta dans le sud des USA où les Noirs le fumaient car la récolte du coton était pénible.

• E : Mais c'est quand même pas « juste » ça qui l'a fait interdire ? Si ???

• M : Disons qu'il n'avait déjà pas bonne presse : je pense qu'il a surtout été dénigré car c'était la drogue des étrangers (les blancs tournant aux alcools forts). Mais depuis que les Mexicains venaient bosser aux Etats-Unis, les Américains avaient peur de ces étrangers qui faisaient tout le sale boulot pour eux mais qui fumaient leur petit pet le soir pour se détendre du travail harassant de la journée. En plus, vu que le jazz et le blues (« musiques dégénérées des nègres » comme on disait en ce temps-là, le Ku Klux Klan – fondé en 1865 pour faire perdurer les liens qui s'étaient créés durant la guerre de sécession entre les soldats confédérés/sudistes/esclavagistes, interdit 6 ans plus tard pour sa violence extrême – étant toujours dans les mémoires, le Klan se reforma en 1915) vantaient le cannabis, une propagande anti-marijuana se mit en place arguant que cette plante rendait fou et dépravé. Bizarrement, plutôt que de l'interdire, une loi fédérale de 1935 imposa sa taxation par les douanes pour éviter les trafics, sauf que les timbres taxés des Finances n'étaient jamais délivrés donc une nouvelle classe criminelle émergea du jour au lendemain. En fait, il n'y avait rien de louche : la vraie raison pour laquelle le chanvre avait été interdit, c'est qu'il concurrençait le coton et même les tissus synthétiques par ses fibres de très bonnes qualités et qui ne coûtaient pas chères (pas besoin d'engrais et tous ses déchets étaient utilisables et recyclables).

• E : Mais les pro-canna n'ont rien pu faire vu que la prohibition de l'alcool avait déjà montré que ça ne marchait pas ?

• M : Il y avait bien le maire de New York, Fiorelo La Guardia qui n'était pas convaincu de la prohibition, et un conseil scientifique qui après six années de recherche détruisit tous les arguments de la campagne anti-cannabis, mais il y eut des pressions sur la presse pour acheter son silence et les tests furent arrêtés. En fait, ironie du sort, c'est grâce aux besoins de l'armée (cordages, parachutes, uniformes) que le chanvre est un peu revenu en grâce. Même au XXè siècle on continuait à avoir besoin de lui : c'est entre autre pour lui que le Japon voulut attaquer la Chine (Mandchourie : pays du chanvre), bien qu'il devait éliminer les Philippines (gros producteur) sous protectorat US, que l'Allemagne envahit la Pologne pour son chanvre puis voulut se ravitailler en Russie (pacte germano-soviétique de 1942 : Staline garde son chanvre en échange de laisser le champ libre à Hitler à l'Est). Pour les Anglais le chanvre faisait parti de l'effort de guerre demandé aux Indiens, tout autant que pour les Américains après la coupure de leur accès au chanvre après Peral Harbor en décembre 1941. Ces derniers le légalisèrent à nouveau et créèrent alors une industrie du chanvre (Hemp for victory !). Pour autant, dès la guerre finie, ils ré-interdiront le chanvre (décidemment une concurrence trop déloyale pour leur coton) mais continueront d'en importer pour leurs industries. Il est à noter que la France est le plus gros producteur mondial de chanvre industriel et que cette production n'a jamais cessé (même si elle s'est essoufflée dans le début des années 70 avec le nylon, mais est repartie pour des isolants thermiques et phoniques, des biocarburants et des farines animales).

• E : Mais avec tous ces aspects positifs, comment se fait-il qu'il était toujours interdit au IIIè millénaire alors que ça semblait être une plante d'avenir ?

• M : Bonne question, merci de l'avoir posée ! Ici à Utopia le chanvre et le cannabis sont effectivement des plantes (même si c'est la même mais il faut faire le distinguo entre la plante « mâle utile » et la « femelle récréative/médicinale ») que l'on utilise beaucoup car ça pousse tout seul (comme une mauvaise herbe dont sa famille – orties, houblon : ordre des rosales ou urticales – fait partie) et que rien ne se perd vu que tout se transforme chez elles. Comme dans beaucoup de domaine, il y a eu méprise et amalgame fâcheux. C'est dans les années 50 (avec les beatniks déçus du rêve américain) que la consommation d'héroïne explose et qu'apparaît la fallacieuse théorie de l'escalade (quiconque commence par un joint fini par un shoot, sur le même principe que tous les gagnants du loto ont un jour tenté leur chance : ce qui est vrai pour la seconde partie est loin de s'appliquer dans le premier cas). En plus, en ces temps de maccartisme (nom du député qui lança la chasse aux sorcières communistes et qui les voyaient partout, à savoir qui était le plus schizo) l'héroïne était censée subventionner le communisme (car les produits venaient surtout de Chine, voire de … Marseille avec la French Touch – il est aussi à noter que cannebière désigne une plantation de chanvre). En 1956, Anslinger, le patron des douanes fit du lobbying pour que le cannabis entre dans la même catégorie que l'héroïne et soit sévèrement puni, allant même en 1960 jusqu'à l'ONU pour faire adopter une loi internationale anti-drogue en ce sens. Même si de nouvelles études furent lancées, la guéguerre s'orienta entre le cannabis inoffensif face à l'alcool nocif (vision évidemment simpliste des choses). La France résista un temps (et resta le plus gros producteur européen de chanvre industriel mais derrière la Chine au niveau mondial, 75% contre 15% – mais le suivant, le Chili, est loin derrière avec 4%) mais avec la montée de l'héroïne chez elle, le pays adopta en 1971 le même type de loi et en interdisant « toute présentation sous un jour favorable » des substances stupéfiantes, ce qui eu pour effet malheureux de clore le débat et de nuire à l'information du public autant que des usagers. Quitte à en nier même les effets thérapeutiques qui peuvent vraiment soulager nombre de malades (sidéens et cancéreux pour redonner l'appétit, épileptiques pour espacer et calmer les crises, migraineux pour amoindrir les maux de têtes, …).

• E : Vive la France !

• M : Mouais : surtout qu'au final il y a moins de drogués en Hollande où le cannabis est légal (mais beaucoup trouve que c'est une drogue du pauvre et préfère les alcools forts) alors qu'en France nous sommes les champions de la toxicomanie toutes catégories confondues (canna, exta, héro, antidépresseurs, neuroleptiques, j'en passe et des pires).

• E : Pff, comme d'hab, chez nous on préfère mettre un couvercle sur les problèmes, quitte à ce que ça explose par l'accumulation.

• M : Oui, mais tu sais tout ceci s'explique ! C'est que les drogues, comme le suicide, sont des indicateurs de la santé d'une société. Chez les Anciens les drogues étaient administrées sous surveillance par un chaman qui les maîtrisaient et leur consommation était entourée de règles strictes et d'interdits, pour que le preneur se découvre tout en se Respectant. Dans les sociétés dites modernes, les gens se droguaient à tort et à travers, non plus pour explorer leurs consciences, mais juste pour se mettre à l'envers et oublier l'espace d'un trip les dures contingences du réel. Ils ne prenaient plus les drogues pour des explorations intérieures, mais comme médicament pour fuir. Sachant que toutes les drogues activent d'une manière ou d'une autre le système de récompense/plaisir lié à la dopamine (la nicotine accroche par les récepteurs nicotiniques, les opiacés par les morphiniques, le cannabis par les cannabiques, l'alcool par tous), c'est le début de la vraie toxicomanie, quand le besoin de s'évader d'une prison sans chaîne remplace l'envie de découvrir ses sois et son environnement.

• E : Clair et net ! C'était bien le cas avec la cocaïne (pour se rassurer sur sa force personnelle), l'extasie (pour être en phase avec les autres) ; encore une fois l'alcool pour avoir les deux (même si trop vous les flingue les deux en même temps). Et comment vous gérez ça aujourd'hui alors, si tout est en Libre accès ?

• M : Déjà en ne cachant plus la réalité de l'usage et des abus de drogues, en faisant à foison d'information, partout et tout le temps. Ensuite, on explique bien aux gens que nul n'a besoin d'absorber des psychotropes pour faire la fête, délirer, entrer en transe sur la musique, planer, faire des expériences mystiques, aimer les autres, communiquer ou avoir envie de partager, appartenir à un groupe, ou pour garder le sourire ! On vise à informer le plus objectivement possible des effets des drogues. L'objectif est de prévenir l'usage (c'est toujours mieux de ne rien prendre), mais également de responsabiliser les usagers dans le but de prévenir les accidents (limiter les risques). En aucun cas on incite à la consommation ! Le corps et le cerveau ne sont pas des poubelles, qui veut aller loin ménage sa monture et la drogue ne permet jamais que les problèmes partent en fumée !!!

• E : On retombe sur ta notion que la drogue n'est pas un médicament, parce que justement la toxicomanie c'est la rencontre entre une personne avec un problème et une drogue.

• M : Tout juste ma belle, tu as bien retenu la leçon ! En tout cas, rassure toi, on fait tout ce qu'il faut pour éviter que les gens se toxent, même si on n'interdit pas le fait de se droguer !

• E : Vas-y, explique moi la différence !

• M : Un toxicomane consacrera beaucoup de temps à rechercher de la drogue, il ne pensera qu'à ça. Son seul degré de motivation sera de faire tout et n'importe quoi pour se droguer, et il continuera de se droguer, même si il sait, il ressent, le mal et les dégâts physiques autant que psychologiques et sociaux engendrés par les substances nocives à haute dose. L'habitude de consommer de la drogue commence par dégrader la santé, à épuiser les finances et à menacer les relations sociales. On sait depuis longtemps que l'euphorie déclenchée par les stupéfiants est due aux substances chimiques qui stimulent l'activité du système cérébral de la récompense. Ce circuit de neurones déclenche le sentiment de plaisir, par exemple après une prise de nourriture ou un rapport sexuel, des activités nécessaires à la survie et à la transmission des gènes. La stimulation de ce système produit une sensation de bien-être qui nous encourage à répéter l'activité cause du plaisir. Toutefois, la consommation chronique de drogues déclenche des changements de la structure et de la fonction des neurones de ce système, changements susceptibles de perdurer des semaines, des mois ou même des années après la dernière prise. Quand les stupéfiants sont consommés régulièrement, ces adaptations atténuent leur capacité à provoquer le plaisir, et renforcent le besoin qui piège le drogué dans une escalade destructrice de consommation, dont les conséquences sur la vie privée et sur le plan social sont dramatiques. Une meilleure compréhension de ces modifications neuronales permet aujourd'hui aux toxicomanes de reprendre le contrôle de leur cerveau et de leur vie et d'améliorer la lutte contre la dépendance. Pour autant, si ils s'arrêtent trop brusquement, ce sera le manque : pour continuer à fonctionner correctement (drogues inhibitrices des neurones), le cerveau est surexcité et doit se réguler pour retrouver son équilibre, il joue alors au yo-yo avec le corps et l'esprit du patient. Nous, Utopiens, nous ne souhaitons pas que les gens qui se droguent en arrivent à de telles extrémités. Donc on fait tout, et Uttanka le premier, pour empêcher que les gens aient du mal à décrocher, en n'encourageant pas de commencer avec les drogues et en détectant au plus vite ceux qui ont un problème d'addiction avec elles.

• E : C'est bien mignon tout ça, mais vous faîtes quoi concrètement ?

• M : Déjà, la première fois qu'on souhaite voyager, on encourage à aller voir un psy pour qu'il donne son sentiment sur l' « opportunité » psychique de s'envoyer dans l'espace ! Il ne juge pas, il donne juste son avis sur la stabilité mentale du patient qui souhaite ouvrir ses chakras et ainsi jouer avec ses sens ainsi que son état de conscience ! Ensuite, on fait faire un test de récepteurs à dopamine D2 : ce sont eux qui développent des réponses voire addictions aux drogues. Les toxicos ont peu de récepteurs D2, un taux élevé est donc un facteur de protection (ce qui n'empêche en rien de faire attention). Pour autant, le taux de récepteurs peut augmenter par une psychothérapie ou par un contrôle, une diminution du stress, de la méditation.

• E : Et comment ça se fait qu'on soit pas plus égaux devant la drogue ?

• M : D'une parce qu'il n'y a pas deux humains faits pareil, mais aussi parce que le stress de l'enfance ou la pauvreté des relations humaines diminuent les récepteurs D2. Les gènes et l'environnement sont interactifs entre eux et créent l'individu personnel que nous sommes. La psychologie et la physiologie sont les mêmes aspects des mêmes problématiques. Du coup, les vendeurs de drogues, légalement installés et dont la marchandise est validée bonne pour la défonce, adaptent leur discours préventif (vu qu'ils n'ont rien à y gagner puisqu'il n'y a plus d'argent) au profil psychosocial de la personne qui cherche à se droguer ! Alors que de notre temps et monde, les choses étaient bien différentes : l'état taxait davantage les drogues légales qu'il n'en assurait la prévention, et il laissait plus ou moins faire les autres drogues (qui ne faisaient presque pas de morts, contrairement aux légales) en se disant que cette économie parallèle engendrait des revenus à des personnes peu intégrables dans le monde du travail traditionnel (alors que c'est juste une question de volonté et d'incitation politique, et aussi de rapport financier où l'illégal rapportera toujours plus que le légal à cause de la prime de risque) et cela assurait un tant soit peu la paix social dans certains quartiers ou milieu.

• E : Oui, je sais que les Français sont les leaders mondiaux de la consommation de drogues (alcool, haschisch et extasies, médicaments anti-dépresseurs, j'en passe et des pires).

• M : Bien, tu vois que ta mémoire revient sur certains aspects, c'est juste qu'elle est très sélective et qu'on se souvient que de ce qu'on veut bien se souvenir héhé !

• E : Pfff, si tu crois que ça me fait rire ! Pov'tâche !!!

• M : C'était histoire de détendre l'atmosphère ! Sinon, plus sérieusement, c'est évident que si les Français prenaient autant de tout et n'importe quoi (autant qu'ils se suicidaient, autre révélateur de l'état d'une société), c'est bien parce que la société avait de sérieux problèmes et que l'avenir ne semblait pas pouvoir les résoudre aussi facilement que la drogue vous permet de vous en abstraire (soit on cherche à s'extraire de la réalité, donc on sort d'elle en inventant une autre alternative de vie, soit on reste dans le concret mais on le perçoit autrement, de manière abstraite) !

• E : C'est clair et net que si les gens cherchaient désespérément à modifier leur état de conscience, c'est bien parce que la réalité était triste et déprimante et qu'il y avait no futur !

• M : Bien sûr ! Les humains étaient dopés par le culte de la performance et en second lieu du bien-être. Chacun, même au niveau le plus modeste (café/thé), était drogué. On pouvait même déjà dire que le IIIè millénaire serait chimique ou ne serait pas, puisque les gens (tout le monde en règle général) utilisaient les drogues selon l'humeur et les effets recherchés. Ils avaient de fait une consommation abusive d'alcool, d'autres drogues, mais aussi d'anti-dépresseurs, prenant des pilules pour dormir, faire l'amour, se réveiller, etc... Dans le même registre, on peut clairement dire que les jeunes se toxaient plutôt qu'ils ne se droguaient, notamment avec l'extasie et la cocaïne. Pourquoi ? Parce qu'ils concevaient la drogue comme les beatniks déçus du rêve américain capitaliste, tout en étant « résignés ». Le pire, c'est qu'ils ne bénéficiaient même pas des retours d'expérience des parents – ou du moins de la génération précédente, qui avait bien abusé/testé ses limites – qui au moins se droguaient pour se découvrir et planer en période plus espérante et Révolutionnaire.

• E : Dis moi justement alors pourquoi ces drogues marchaient autant chez les jeunes ?

• M : Les usagers d'extasie recherchent la sensation d'énergie, de performance et la suppression de leurs inhibitions (les blocages, les défenses et les interdictions tombent). À l'effet de plaisir et d'excitation s'ajoute une sensation de Liberté dans les relations avec les autres. Les jeunes de 18-30 ans (les plus enclins à gober) sont au début de leur vie d'adulte. Ils ne sont plus des adolescents et encore moins des enfants, mais ils ne sont pas encore des adultes accomplis non plus. Ils entreprennent des études sérieuses ou commencent à faire leurs preuves sur le marché du travail. Ils ont peu d'expérience de la vie. Ils vivent beaucoup de stress en affrontant leurs responsabilités. Ils sont dans un monde de Liberté sexuelle, où pourtant la monogamie est encore la norme. Ils ne reçoivent plus l'affection de leurs parents comme auparavant, mais n'ont pas encore fondé leur propre famille... C'est ici que les raves parties (et à chaque époque son type de soirée selon le style musical), et l'extasie (et à chaque temps sa drogue selon les effets recherchés), leur procurent une nuit de plaisir, de réconfort. Ils se retrouvent à plusieurs milliers dans une ambiance « sensuelle », où tous les sens sont sollicités : la musique techno qui les fait vibrer, les jeux de lumières impressionnants, les odeurs corporelles (phéromones) qui les stimulent, les boissons énergisantes et, bien sûr, l'extasie, qui leur donne envie de se toucher, de se caresser (et souvent juste en tout bien tout honneur). Tout y est pour créer une atmosphère sensuelle, réconfortante et stimulante et pour favoriser les effets de l'extasie. Cette pilule provoque un désir de se rapprocher des autres, de leur parler, de les toucher. Dans une rave party, les jeunes ont l'impression d'être physiquement et psychologiquement près des autres. L'extasie a un effet excitant, mais provoque aussi un sentiment de bien-être intense, un sentiment d'euphorie, de la spontanéité, un plaisir sensoriel et une inhibition qui favorise les rapprochements autant avec les amis qu'avec les inconnus. L'extasie n'est donc pas une drogue sexuelle et elle n'est pas non plus un aphrodisiaque. Elle est plutôt nommée « pilule de l'Amour » pour le côté empathique (comprendre l'autre) et sympathique que les jeunes ressentent les uns pour les autres lorsqu'ils la consomment. Cette drogue ne stimule pas le désir sexuel, mais le désir sensuel. Enfin, c'est peut-être la pression, le stress et l'individualisme que vivent les jeunes de 18 à 30 ans qui ont permis à la « E » de devenir si populaire depuis peu. Malgré ses nombreux dangers sur le corps, l'extasie est consommée pour l'amour qu'elle fait naître l'espace de quelques heures. On peut voir dans ce phénomène nouveau un désir et un besoin d'Amour Fraternel chez les jeunes adultes. Ce besoin semble aussi grand que leurs désirs sexuels. L'extasie n'étant pas un aphrodisiaque, elle provoque plutôt des expériences de groupe où tout le monde est bien dans sa peau, souriant, heureux, empathique et sensuel. À la base des dysfonctions sexuelles des jeunes adultes, on retrouve souvent l'anxiété, l'angoisse de performance et le stress. Cela semble démontrer que les jeunes adultes ont besoin de relâcher la pression, de créer une ambiance où tous semblent heureux de vivre et surtout où ils peuvent aller chercher de l'affection. C'est comme s'ils recréaient un événement qui copie la rencontre sexuelle (relâchement de la tension et rapprochement intime avec une autre personne) mais vécue à grande échelle, en foule. Ils sont en train de crier fort que leurs besoins d'affection, d'Amour et de sensualité sont aussi grands que leurs besoins sexuels. Malheureusement, l'extasie, la drogue qui sert cette ultime recherche d'Amour, est dangereuse et peut causer des dommages irréparables, voire mortels. Prise à doses régulières, elle est neurotoxique (elle attaque les neurones) et on lui impute également des décès par arrêt cardiaque.

• E : Avec la C c'était pareil, sauf que c'était pour retrouver de la force intérieure et se rassurer sur le fait qu'on peut faire autant et aussi bien que les autres ! Beh du coup, je crois bien que je suis mûre pour m'envoler avec toi ! Finalement, tout ce que j'ai appris sur les drogues m'a rassuré concernant les champis !

• M : Je vais quand même voir si tu Respectes les règles d'or du bon droguage !!! Voici les 10 commandements du drogué à Respecter :

1) Etre bien dans sa tête et son corps, ne pas se droguer pour fuir des problèmes ou pour faire comme les autres (ça doit être une envie qui vient de soi, ni un besoin, ni une tentation venant d'autrui ou de la pression du groupe),
2) Se droguer en toute connaissance de cause des effets et risques induits,
3) Etre un maximum à jeun, surtout d'autres produits stupéfiants,
4) Prendre de petites quantités, quitte à revenir à la charge, mais après avoir attendu suffisamment longtemps que les effets montent (pour éviter qu'on croit que rien ne se passe, on en remet une couche et on a alors double dose),
5) Toujours avoir une bouteille d'eau à proximité pour boire régulièrement même (et d'autant plus) si on n'a pas soif, et du sucre pour couper les effets si ça tourne mal,
6) Eviter de prendre d'autres drogues en complément pour adoucir la descente ou ajouter d'autres effets (les combinaisons peuvent être dangereuses),
7) Se droguer dans une ambiance sécurisée, avec des gens que l'on connaît et apprécie, en repérant les sorties de secours, les toilettes, les points d'eau ou les postes/personnes de secours,
8) Ecouter son corps et son esprit pour détecter tout problème, sans se dire que forcément ça va passer tout seul,
9) Toujours se droguer en compagnie de personnes qui vous connaissent et sauront réagir correctement et vous comprendre, leur indiquer également tout déplacement pour que les autres sachent ou vous êtes en cas de problème,
10) Ne jamais hésiter à dire aux autres qu'on ne se sent pas bien, c'est toujours mieux que de tomber comme une masse dans les vapes et de paniquer ses amis.

• E : Beh écoute, par rapport à tout ça, je pense qu'avec toi je remplis tous ces critères !

• M : Bon, si t'es sûre de ton coup, je suis sûr de t'épauler pour que tout marche nickel chrome !

• E : Et comment ça se consomme ?

• Uttanka : Simple : il suffit de bien mâcher ces quelques champignons, et d'avaler avec de l'eau, ils sont tout petits. Ça fait combien de temps que tu as mangé ?

• E : Euh, je n'en ai pas souvenance, du moins si dans mon rêve mais ça nourrit pas sa femme. Et sinon je suis réveillée depuis quelque chose comme 8 heures ce matin. Et si tu veux tout savoir sur ma condition psychophysique avant cette expédition toxique, j'ai bien dormie, pendant longtemps il me semble, même si je ne sais pas pourquoi je dis ça, car je n'en aie pas souvenir. Pour savoir, en quoi c'est important tout ça ?

• U : Parce que en tant que smart-shop, je me dois de protéger mes « clients ». Comme pour le sport, tout effort (ici le champi va booster tout ton corps et encore plus ton cerveau et tes sens) nécessite une préparation physique en préalable. Pour beaucoup de drogues (sauf l'alcool car ça monterait trop vite alors), il vaut mieux être à jeun de 3 heures, ça évite les crises d'estomac trop violentes, les retours gastriques qui brûlent la trachée et des réactions malheureuses avec certains aliments ou substances de digestion. Tiens, prend 5 grammes frais, pour une première fois ça suffit : pour les drogues il vaut mieux revenir à la charge plusieurs fois (si ton corps le permet et que tu le souhaites, vraiment – volonté du « toi à jeun » pas du « toi toxée») que de trop prendre d'un seul coup.

• E : Ça marche pour moi ! A la tienne Moa !

• M : A la tienne Esperanta, puisse-tu être heureuse qui, comme Ulysse, a fait un bon voyage. Uttanka, tu nous accompagnes dans le cyberespace ?

• U : Non merci je Participe là, j'ai des heures en retard, j'étais partie aux Indes.

• E : Où ça aux Indes ?

• U : Vers Jaisalmer, la porte dorée du désert de Thar, non loin du Pakistan. Tu connais ?

• E : Le nom me dit vaguement quelque chose mais non. Désolé, mais je suis curieuse de connaître.

• U : Héhé, la curiosité est loin d'être un vilain défaut dans ce cas, comme dans beaucoup d'autres, si on y met les formes. Je t'en parlerai avec joie, je te laisse le choix dans la date.

• M : Dis donc. Reste poli déjà que t'es pas joli !

• E : Moi ?? Calmos, qu'est ce qui t'arrive Moa, y a un blem ?

• M : Non y a pas de blem. On se comprend avec Uttanka, il a fait une contrepèterie (inversion de syllabes ou sons entre deux mots) très caustique mais pas très fine placée dans ce contexte.

• U : Je te laisse réfléchir là-dessus ! Solution dans le prochain numéro. A un de ces 4, faut que j'aille taffer.

• E : Mouais, tu t'en sors avec une pirouette mais tu retombes plutôt bien sur tes pattes.

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Published by Collectif des 12 Singes - dans Lendemain du Grand Soir
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25 juin 2009 4 25 /06 /juin /2009 16:30
Chap 5-Heureusement qu'il y a l'Amour ! Enfin ...

• On ne retient pas une amie par la force, ni par la manipulation (du moins pas à long terme)
• Tu m'aimes ? Ne pose pas la question quand tu ne veux pas entendre la réponse
• Je déteste chez toi ce qui t'excite chez moi
• Ça me surprend que tu sois surpris
• Je suis comme un aveugle dans la nuit, je bloque sur l'écran noir de mes nuits blanches
• Si tu fais un pas vers moi, j'en ferai deux vers toi, et non un pas en avant deux pas en arrière, ce n'est pas ma politique en tant qu'amant aimant
• Auprès de ma blonde, il fait bon bander.
• Il faut de la tise pour l'attiser
• Faut que j'aille me faire belle puis me faire la belle pour allez mettre un coup à la belle
• T'as que de la bouche, ce qui est déjà bien, mais le sexe c'est encore mieux
• Personne ne pipe mot, mais il ne faut pas oublier la langue, bien pendue !

• Si je m'abandonne à toi, ne m'abandonne pas
• Je ne suis pas de celle que tu ensorcelle/ensarcelle
• Son côté froid me met en chaleur
• Tu es tellement froide que quand je te touche j'ai des engelures
• Qui m'aime me suive, mais suis moi je te fuis et fuis moi je te suis
• Mais mais, tu m'aimais non ???
• Je t'aime profond ...dément tout ça
• Un accès de tendresse ? Non, un excès d'ivresse
• J'ai oublié ce que j'ai fait la veille, mais c'était sûrement des merveilles
• Un peu plus tard après la nuit, je n'ai pas encore dormi, un peu plus tard après la fin de l'aurore, mais est-ce que je t'aime encore ; et pourquoi je l'ignore ! Mes larmes s'évaporent et le silence est d'or.
• Elle ne sort plus de ma mémoire, ni la nuit ni le jour
• C'est moi qui te fais rire ? Non, sûrement pas, plutôt le contraire d'ailleurs
• Nous partageons tous les deux un gros problème : TOI !!!
• Je dis ça, je dis rien ! Justement, ne dis rien alors !
• J'ai une question que me brûle les lèvres, je l'ai sur le bout de la langue
• C'est si chaud à dire que je préfère donner ma langue à ta chatte
• Je ne suis pas une fille facile ! Je ne te le fais pas dire
• Je dois m'en aller, je ne veux plus t'aimer, il faut tout oublier
• Parle-moi d'amour, je veux des baisers de velours
• Je suis patient, à condition que ça ne dure pas trop longtemps
• Avec une petite amie comme ça, on n'a pas besoin d'ennemi
• Minute papillon, faut pas pousser mémé dans les orties, j'ai pas dit oui ! Pourquoi, c'est non ? Non, c'est oui !!!
• j'ai une relation amour-haine. Tu l'aimes et la détestes ? Non, je déteste l'aimer !
• si tu veux de moi, je veux de toi
• personne n'est irremplaçable, même pas toi
• c'est quand tu veux, où tu veux, comme tu veux
• C'est trop pas juste pour toi Calimero/Giacommo
• les rapports humains, ça fait longtemps que je n'essaye plus de les comprendre

• Tant va la « cruche » à l'eau qu'à la fin elle se casse pour avoir d'autres sons de « cloches »
• J'en ai marre de te rattraper, je préférerai d'attraper
• J'en ai assez que tu me répondes par des silences
• Quand on sait pas, on fait pas : si il y a doute c'est qu'il n'y a pas de doute sur les (non)sentiments
• Je te donne quand tu te donnes à moi
• Certaines femmes sont comme des requins : si tu veux te jeter à l'eau, il vaut mieux savoir nager vite
• Y a qu'à ! Oui, faut qu'on !
• T'es bien gentil, mais c'est fini
• Remplacer le besoin par l'envie

• Tu me rends fou, mais tu t'en fous, c'est vraiment trop
• L'un dans l'autre, ça balance pas mal entre nous
• Tout est possible entre nous, mais rien n'est probable
• La nuit porte conseil
• Tu pointes ! Je sais, ça tétonne, (d)étonnant non ?
• Mieux vaut avoir des remords (sentiment douloureux, accompagnée de honte, que cause la conscience d'avoir mal agi) que des regrets (mécontentement de soi ou chagrin de n'avoir pas fait quelque chose).
• Dans notre histoire d'amour, il y a plus d'histoires que d'amour
• Ni le soleil ni l'Amour ne peuvent se regarder en face
• Je t'aime aussi, mais à ma façon, différente
• Comment garder la tête froide dans un corps brûlant de passion ardente
• La raison seule ne peut rien, elle doit être combinée aux émotions
• Tu étais prêt à tout mais je n'étais pas préparée à toi
• Va te faire foutre ! Avec plaisir, mais pas par toi !!!
• Va faire le tri du vrai / du faux, du laid / du beau
• Pays merveilleux où ceux qui s'aime vivent à deux, heureux
• Y a rien là, c'est en tout bien tout honneur ! C'est bien ce qu'il ne me convient pas
• Mon amie, mon amour, mes emmerdes
• Je sais que tu es très aimable, mais pas par moi
• Putain la pute : putain de toi, pauvre de moi !
• Femme que j'ai haï d'aimer plutôt qu'aimer haïr
• Je te pompe (l'air comme un vacuum, une machine à vide) ! Tu fais plus de bisous-bisous filous que de bisous doux, tu me les gonfles, je m'hyper barre !!!
• Il n'y aura pas de prochaine, sinon elle prendrait pour toi !
• Quand je vois tes yeux je suis amoureux, si j'étais dans ton cul je le serais encore plus.
• L'ange de l'amour n'était que le Satan (tentateur/accusateur) des sentiments
• Je fais aimant honorable
• Je voulais la mettre à genoux, cela dit c'est sa position préférée
• Toi et moi, c'est je tu, l'amour c'est nous !
• Ce n'est pas tant que je l'adore, mais plutôt que je l'abhorre
• C'est comme ci ou comme ça
Ou tu veux ou tu veux pas
Tu veux c'est bien
Si tu veux pas tant pis
Si tu veux pas
J'en ferai pas une maladie
Toi tu dis noir et après tu dis blanc
Mais ce n'est pas noir et blanc
La vie, oui c'est une gymnastique
Et c'est comme la musique
Y a du mauvais et du bon
La vie, pour moi elle est magnifique
Faut pas que tu la compliques
Par tes hésitations
Tu veux ou tu veux pas? hein!
Quoi? Ah! tu dis oui
Et ben moi je veux plus!
• Avant l'heure c'est pas l'heure, après l'heure c'est plus l'heure du bonheur
• On a loupé le coche comme deux cloches
• Je te laisse le choix dans la date (même si je préférerai te laisser le doigt dans la chatte)
• J'en ai marre de jouer au yo-yo sentimental avec toi, de passer des cimes ensoleillées aux abysses obscurs
• Tu prends ce que je veux bien te donner, c'est déjà ça !
• A force de vouloir tout ou rien on obtient souvent rien
• Prend sur toi car tu ne me prendras pas
• Je ne cracherai pas dessus mais je cracherai bien dedans
• On a eu une liaison ensemble, enfin surtout moi avec elle !
• Je ne sais pas, je ne sais plus
• encore eût-il fallu(s) qu'elle le su(ce)

• C'est facile de m'allumer, mais quand je suis chaud, c'est difficile d'éteindre mon feu follet ardent
• D'abord je l'allume, ensuite je la lime !
• Ce n'est pas nous là, qu'est-ce qu'on devient / nous arrive, c'est un cauchemar, on va se réveiller
• Je te ai...me !
• Ma meilleure ennamie
• Il suffit que tu m'aimes ! Ça m'est compliqué de faire et de penser aussi simplement !
• Tu n'éprouves que du désir pour moi, et ça ce n'est pas de l'amour !
• T'as encore mal à la tête, je vais encore me la mettre sur l'oreille, et un non de plus. Non, je dis rarement non, non mais, dis donc !
• Sucer des capotes, ça rend aimable et baisable
• Quel charmant minois (minou, ça je sais pas ... pas encore)

• Être enlacé puis embrasser sans se lasser
• D'abord je m'échauffe et je la chauffe, ensuite je m'étire et je la tire
• Sa moule se referme comme une huître

• En face d'elles, mes yeux sont le miroir de larmes
• La réalité est pire que l'affliction (état d'abattement produit par un événement malheureux) de notre affection qui s'afflige (mortifier son corps, le faire souffrir) devant ce que tu m'infliges (frapper quelqu'un d'une peine pour une transgression, une faute).
• Heureusement qu'elle s'est barrée, elle était barrée complet à l'ouest
• Si tu dis oui... je ne dis pas non ! Merci d'être venue, merci de repartir !!!

• Amour vache
• Faire une mise au point G
• manipulation (senti)mentale
• Les catiminis désignaient les règles au XVIème siècle.
L'expression « en catimini » a été construite en référence au caractère intime et secret des règles.
On dit qu'une femme à ses ours pour parler de ses règles.
Ce terme traduit l'irritation que vivent certaines femmes au moment de leurs règles. Elles grognent...

• J'ai tellement flashé sur elle que j'ai confondu vitesse et précipitation dans l'éjaculation
• Elle a trouvé les mots contre mes maux
• Laisse tes mains sur TES hanches
• Va comprendre Charles ! Ça fait longtemps que je ne cherche plus à comprendre, je subis et ça suffit !
• La douleur est universelle et moi je reste dans mon univers, seul !
• Tu l'as dans la peau, faudra un laser pour effacer son tatouage mais restera des traces, indélébiles mais à éviter de rendre débile
• Foutue comme une bouteille de Perrier


Chap 6-Ulla glisse vers l'Enfer de ses Cerbères


• Prostitution Ulla : Comment peut-on bafouer ainsi sa morale, son respect de soi ? Je n'avais pas le choix, j'étais aculée à me faire enculer. Les raisons du cœur ne peuvent survivre face à la misère.
• Les putes apportent un peu de douceur dans ce monde de brutes
• Vieux tout puissants
• Quidam le pion dans ton fion (S'employait dans les monitoires, procès-verbaux, informations, etc., pour désigner les personnes dont on ignorait ou dont on n'exprimait pas le nom)
• bouge pas, reste là, bien gentiment, bien tranquillement
• branle-bas de combat
• Une petite paire tienne vaut mieux qu'une grosse tu l'auras
• Notre lolo quotidien
• Touze en scène
• Soubrette en levrette : serveuse déguisée en uniforme du XIXè siècle, avec un bonnet de dentelle, un petit tablier, des longues socquettes blanches, parfois des oreilles de chat : Geisha soumise, esclave qui s'incline devant le client en l'appelant « Goshinjin-sama » (« maître-vénéré », le mot ancien au japon pour désigner son mari), qui vous donne la becquée : portant la fourchette à sa bouche, elle le nourrit, sourire timide et mimique obéissante incluse : on devient le héros d'un petit théâtre dominant-dominée, un simulacre pour se débarrasser de la domination réelle que l'on subit au quotidien
• Pourvu que cette soubrette soit bonne dans sa chambre de bonne

• Pouvoir et dépravation vont toujours de pair (de couilles)

• Gros melons et bottes de cuir
• Lâche la cochonne sale cochon !
• C'est elle qui trime et prend, mais moi qui encaisse
• En prendre plein le cul pour pas un rond
• La poule à mes œufs d'or
• Se faire porter pâle après s'être faite empaler (Le pal, pieu en bois servant à l'exécution de ce supplice, était enfoncé dans le fondement, anus ou vagin).
• Confrontée aux dures lois du refus de la différence et du qu'en-dira-t-on
• Tout est affaire de coquinage dans ce milieu

• avec les putes on risque de manger des escalopes (de salope) aux champignons, la dame au chlamydia
• passer du trottoir au boudoir (petit salon orné avec élégance, à l'usage particulier des dames, et dans lequel elles se retirent, lorsqu'elles veulent être seules ou s'entretenir avec des personnes intimes).

• Aller au turbin du tapin (• (Désuet) Celui qui bat le tambour.
• (Par extension) Racolage sur la voie publique.

• Faudra me passer sur le corps ! C'est bien prévu comme ça !!!
• Je te prends, je te retourne, je te casse en deux

• Ils ne faisaient pas grèves dans leurs sévices publics
• Maître d'hôtel et Maître Queux (chefs de cuisine ; (mettre queue))
Le mot queux vient du latin cognus, de coquere, cuire. Chez les citoyens romains, un cuisinier était appelé un queux. Plus tard, l'officier qui commandait à tous les officiers de la cuisine et de la table fut nommé "Grand Queux de France".
Plus près de nous, il devint "Officier/Chef de bouche"

• Je vais t'introduire dans le milieu interlope (frauduleux) des nyctalopes (faculté de pouvoir voir dans la pénombre. Étymologiquement, le terme désigne en fait l'incapacité contraire, c'est-à-dire la cécité nocturne (en anglais, par contre, nyctalopia signifie, comme dans l'antiquité, mauvaise vision nocturne)
• Les termes « salle de jeu » ou « boîte à ouvrage » sont employés pour nommer le sexe de la femme, lieu des réjouissances.
• Poker : je me couche ! moi je vais sur le tapis ! As des ass Vs belle paire ! Ah, je la sentais venir
• le croupier lui mange le croupion
• j'ai joué (à pile ou poil) et joui avec elle
• jeu de dames (le roi des jeux) : But du jeu : Capturer ou immobiliser les pièces de son adversaire.
• Lorsqu'une case voisine sur la diagonale est occupée par un pion du joueur adverse, et qu'il y a une case libre derrière, ce pion peut être sauté. Il est ainsi pris
• Une prise peut s'effectuer vers l'avant ou vers l'arrière.
• La règle « souffler n'est pas jouer » a été abolie en 1911: quand vous pouvez prendre, vous devez prendre, quelles que soient les conséquences. S'il y a plusieurs façons d'effectuer une ou plusieurs prises, la règle de la quantité doit être appliquée : il faut effectuer le maximum de prises possible.
• Il est d'usage de superposer deux pions pour représenter une dame. prise multiple
piège dit « coup turc », permettant de prendre la dame adverse.
Le joueur a perdu la partie lorsqu'il ne lui reste plus aucune pièce en jeu, ou bien si c'est à lui de jouer et que toutes ses pièces sont bloquées, c'est-à-dire dans l'impossibilité de prendre ou de se déplacer.
• Un tiret « - » représente un déplacement simple et une croix « x » représente une prise. Comme aux échecs, on peut annoter un bon coup d'un point d'exclamation et un mauvais d'un point d'interrogation.
• Souffler, forcer, laisser faire

• Tu peux te la mettre derrière l'oreille, ton cigare tu le fumeras plus tard !
• Sa bite me reste en travers de la gorge
• Les termes sadisme et masochisme ont pour origine les noms de deux écrivains du 19ème siècle : l'écrivain français, Donatien Alphonse François de Sade mieux connu sous le nom de marquis de Sade et l'écrivain autrichien Leopold von Sacher-Masoch.
Kraff-Ebing , médecin qui a décrit les sexualités atypiques au 19ème siècle, a utilisé le nom de ces deux auteurs pour nommer ces particularités de jouissances sexuelles. Ils se sont tous les deux faits remarquer par leurs romans qui reprenaient leurs goûts sexuels particuliers : pour l'un le goût d'infliger de la douleur, de dominer l'autre ; pour l'autre le goût d'être battu, soumis.

• Le sadomasochisme est interdit pas la loi.
Toutes pratiques sexuelles entre adultes consentants se déroulant dans des lieux privés, ne relève d'aucune loi, du moins en France. La législation n'intervient pas dans la sexualité privée entre adultes.

Question n°3 : Dans les scénarios sadomasochistes les hommes sont toujours les dominants, les femmes les soumises.
Les enquêtes récentes sur ce sujet indiquent que les dominants peuvent être homme ou femme contrairement à ce qui fut décrit de ses sexualités atypiques à la fin du 19ème siècle. A cette époque, on pensait que les hommes étaient plus enclin à aimer infliger de la douleur (sadisme) et les femmes à la subir (masochisme).

Question n°4 : Les pratiquants du SM peuvent changer de rôle, parfois ils sont celui qui domine parfois celui qui est soumis.
Des enquêtes menées dans les clubs de sadomasochistes Outre-Atlantique ont montré que 50% des répondeurs aux questionnaires avaient joué les deux rôles : sadique et masochiste.

Question n°5 : Un Donjon est un lieu où sont enfermés des hommes.
On appelle donjon le lieu où se déroulent les rituels sadomasochistes.

Toute personne qui a des fantasmes de viol pourrait prendre du plaisir dans des pratiques sadomasochistes.
Du fantasme sexuel à la réalité, il y a un grand pas. Même si vous avez plaisir à évoquer certains fantasmes, rien de moins sûr que leur réalisation vous apporte de la jouissance. Le fantasme est en lien avec des éléments profonds et cachés de vous même. Si la réalisation de fantasmes vous paraît incongrue et sans intérêt, rien d'étonnant ; ce qui est caché, souhaite rester hors de portée.

Question n°9 : 12 % des français ont des pratiques sexuelles SM.
Moins de 5 % des français se prêtent à ces jeux érotiques.

Question n°10 : On trouve à Paris 20 donjons.
Il existe deux donjons à Paris, lieux mythiques où se retrouvent hommes et femmes pour se livrer à leurs plaisirs SM. Les soirées SM ont le plus souvent lieux dans des appartements privés.


Chap 7-Le pire du x pour x raisons


• C'est facile, mais pas classe, de (se) décharger sur les autres (éjac faciale)
Stanley Lubrick
Égérie (Égérie, camène (nymphe) révérée des Romains comme déesse des sources, habitait le bois d'Aricie, voisin de Rome. Numa Pompilius s'enfonçait dans ce bois sous prétexte de consulter cette nymphe, afin de donner à ses desseins l'autorité de la religion), porn to be star

Blanches fesses et les sept mains
L'arrière-train sifflera trois fois, trois hommes et un cul fin
Nique Bill
Fuck and Furious
Desperate Sex Wives
Hard Sex in the City

• La botte Florentine désigne la sodomie ou rapport anal.
En effet, c'est ainsi qu'on la nommait, évoquant ainsi un coup spécial, particulier, comme au fleuret dont les Florentins semblaient experts, celui de la jouissance anale.

• Faire de la grimpette sur son Mont de Vénus [appelé aussi pénil : amas adipeux, éminence large et arrondie située au-devant du pubis chez la femme, qui aurait pour rôle d'amortir les chocs lors du coït]

• Je vais mettre sa petite fleur au bout de mon fusil d'assaut
• Prend ta cartouche
• J'en ai ras la touffe, le bol et le cul


Chap 8-L'Amazone démonte Jésus


• Trop de x tue le x (euh non, ça c'est l'exception qui confirme la règle, quoique les nymphomanes sont rarement heureuses, ou -x, de leur sort).
• Je ne suis pas l'homme d'une seule femme
• J'avance et je roucoule dans l'encule
• Amener Popol au cirque pour monter le chapiteau
• Dormir sur la béquille
• Ta reum et son chaudron magique
• on bosse comme des fous, on s'amuse comme des folles
• L'herbe est toujours plus verte dans le chant amoureux du voisin, surtout quand on est dans le désert affectif et sexuel

• Sacré toi, t'en perds pas une ! Non, je les chope/gagne toutes !!!
• J'y vais bite en tête car je touche ma bille/bite
• Moi je m'échange, mais elle je ne la prête pas
• Ce n'était pas X qui m'inquiétait ou en qui je n'avais pas confiance, mais les autres hommes qui lui tournaient autour
• Les coquins d'abord
• La Furie de la nuit
• Je suis une fidèle qui veut profiter en étant infidèle comme mon mari


• aller à vau-l'eau : partir à la dérive, emporté par l'eau sans rien pouvoir contrôler
traduction moderne : cela part en couilles

• Enfoncer le clou
• Une perd la pudeur
• Guère pudique, tu niques
• Vierge Marie Vs mari vierge à verge
• Mari volage porté sur le marivaudage : Le nom de Marivaux a donné naissance au verbe marivauder qui signifie échanger des propos galants et d'une grande finesse, afin de séduire un homme ou une femme. Par extension a été créé le mot marivaudage, « le mélange de métaphysique, de locutions triviales, de sentiments alambiqués et de dictions populaires le plus subtil ». Il se rapporte également à d'autres termes tels que le libertinage et le badinage. il créait même des mots nouveaux comme cette locution verbale qui nous paraît maintenant si courante, mais qui n'existait pas encore à l'époque, tomber amoureux (avant, on disait se rendre amoureux).
"exprimer de manière raffinée et compliquée" des
sentiments, en général amoureux.
"Marivaudage" est attesté aussi dans la correspondance de Diderot en 1760, il
signifie "style raffinant le sentiment et son expression" (A. Rey). Par
extension, il signifie "badinage spirituel" (on parle de marivaudage
sentimental).
"Badinage" : le mot vient du provençal "badin = nigaud". Il a désigné
longtemps un personnage niais, un fou puis le bouffon des comédies.
Personnage folâtre, enjoué, un peu frivole. On retrouve encore ce sens chez
Courteline qui nomme un de ses personnages, Monsieur Badin.
Cela a donné badinage qui signifie "sottise", encore au XVIIème siècle
chez Molière, avant de devenir le substantif du verbe badiner =
"plaisanter avec enjouement".
Le mot renvoie plus directement aujourd'hui à l'idée d'un bavardage,
souvent superficiel, autour des sentiments. Voir le titre d'une pièce de
Musset "On ne badine pas avec l'amour".

3- "Libertinage" : le mot vient de libertus qui en latin signifie "affranchi".
La diffusion du mot fait référence à un courant de pensée du début du
XVIIème siècle qui prétend s'émanciper de toute croyance religieuse. Par
extension, le mot désigne une personne à la morale flottante, considérée
comme débauchée ou simplement adonnée à la recherche du plaisir sans
contrainte. A l'époque de Marivaux, des écrivains comme Crébillon et un peu
plus tard, Laclos mettront en scène des libertins en ce sens.
Le "libertinage" diffère du "marivaudage" qui est avant tout un jeu avec les
sentiments et les mots. Il suppose une volonté plus affirmée de refus des
conventions morales et une manière de vivre délivrée de toute contrainte.
Néanmoins, le "libertinage" est encore une façon d'user du langage pour
séduire, une forme d'expression ludique, mais moins enjouée que cynique.


• Epouse délaissée et esseulée
• Pisse-froid qui a chopé la chaude-pisse
• Manche à balai dans le cul
• Croqueuse d'amants
• Copains coquins comme cochons qui partagent le pain, et leurs copines qui partagent la pine
• Rouler ma bosse de l'amour dans tous les ports USB (Ultra Sexy Bimbos) et pourtours, méditerranéens et africains, mais de préférence caucasiens.

• Je vais te la faire courte ! Perso, je préférerai longue !
• T'as besoin d'un coup de main ? D'un coup oui, mais pas demain !
• C'est parti mon kiki (pas riquiqui) pour le coup de rein !

• gaudrioles ! Ne connaissant pas le sens de ce dernier mot, M. Mackey le définit comme des. Quand ses parents arrivent, M. Mackey disputait justement leur fils pour ses gaudrioles ! Le père ne comprend pas non plus ce terme, qui est un croisement du terme vieilli gaudir (« manifester sa joie ») et de cabriole : donc ce sont des propos licencieux, généralement avec une valeur érotique.
• Toison d'or (enfin, avec l'âge, plutôt argentée), je n'étais pas comme Ulysse qui l'avait conquise, elle m'a été imposée

• Nymphomane et l'hypersexualité est aussi appelée satyriasis (de satyres, créatures de la mythologie grecque, qui incarnent la force vitale de la nature).
Le concept d'hypersexualité remplace aujourd'hui les anciens concepts de nymphomanie et de satyriasisme. À ces anciens concepts était associé un trouble psychologique caractérisé par une obsession vis-à-vis du sexe entraînant une libido considérée comme trop active. Je suis un satyre sur tout ce qui bouge les oreilles et la queue (essentiellement de bunny girl, les filles de Playboy)

• Sans mon beau body je serai nobody
• Je n'ai « confiance » qu'en moi, mais c'est trop pour un seul homme ! C'est difficile d'avoir confiance en autrui quand on en manque pour soi
• Faut aller au charbon, je descends à la cave
• Avec tout ce (et tous ceux / toutes celles) qui tourne(nt) / traîne(nt), obligé je chope quelqu'un(e) / quelque chose
• Il est libre/libertin Max, mais y en a quand même qui disent qu'ils l'ont vu convoler en juste noce
• Je suis venu, je l'ai vu, elle l'a eu dans le cul !
• Ça m'est parvenu aux (et ça m'a échauffé les) oreilles par joui dire
• J'ai pour principe de ne pas avoir de principes
• Ce n'est pas moi qui me trompe, c'est lui qui me trompe
• Je suis reparti la queue entre les jambes
• Tu connais mon mari ? Oui, mieux et plus en profondeur que toi !
• Je lui ai tout donné, encore et encore
• J'en ai marre de ses sexcapades

• turlupinades (référence à la secte des Turlupins dont les membres soutenaient qu'on ne doit avoir honte de rien de ce qui est naturel. Aux XIIIe et XIVe siècles, les Turlupins dansaient facétieusement et nus autour d'un chêne dans la forêt : le mot signifie aujourd'hui plaisanterie vulgaire, mauvais jeu de mots)

• j'ai oublié de vivre et de jouir sans entrave
• de nombreuses femmes qui aiment leur mari, n'imaginent pas pouvoir le tromper, mais s'offrent « une petite aventure ».
• J'alimente son feu en lui mettant ma bûche dure comme du bois dans sa cheminée, elle est grande, il y a du tirage d'autant qu'elle est bien ramonée
• Brouter le gazon jusqu'à la tonsure, lui défricher le jardin à la française (« Baiser à la Française » est une expression employée Outre-Atlantique pour évoquer le cunnilingus. Ils disent même 'to french' !)


• cunnilingus (cunni, con, sexe de la femme, forme latine signifiant lapin ; lingus, langue) réchauffe le bouton gelé, clitoris, de l'amazone
Le bouton du clitoris (à l'instar de son équivalent le gland, tout deux corps spongieux ultrasensibles) étant très stimulé, diminue de taille pendant que le reste du clitoris (interne) se gonfle de sang puis le bouton devient plus proéminent qu'avant (important à noter car c'est l'inverse de chez les hommes où quand ça se ramollit c'est fini). Cette dernière pour le remercier de ses bienfaits, le gratifie de son nectar, la cyprine lubrifiant les va-et-vient sexuels.
solliciter l'aimable autorisation de cet autre sphincter gardien de l'intimité anale. Ce dernier délivrant un avis favorable, Moa prend la main d'Esperanta afin qu'elle guide et gère la pénétration du phallus dans le vase postérieur en fonction de son ressenti. Ainsi elle est rassurée car maîtresse de la progression de la chose.


Chap 9-L'abbesse Pierrette de la galipette


• Batifoler : Se permettre des libertés avec une femme.
• Plutôt que de se battre, s'ébattre avec joie, faire les foufous en folâtrant


Chap 10a-Plus on est de fous plus on jouit


• J'ai le sexe aphone, il n'entend plus rien de mes ordres de se calmer
• concert pour une flûte et un pipeau

• La bite tousse (l'habitus étant une manière d'être; une allure générale; une tenue; une disposition d'esprit) : elle toussote mais ne crachote plus ! C'était mieux avant
• Purpurapsychogène: manifestation psychosomatique où le corps manifeste les maux de l'esprit il arrive que le corps crée des manifestations physiques de souffrance pour exprimer ce que le cerveau est incapable d'exprimer."
• faire affleurer à la surface de son épiderme sa culpabilité profonde.
"la culpabilité, la honte..."
Pour une série qui se base sur la chirurgie esthétique, et donc le mensonge du corps, voici soudain que la réalité médicale montre les limites de cette pratique. Le remord s'incarne à la surface: le lifting ne peut rien contre l'esprit.
J'avais des conditions de vie/nuit d'épouvante car éprouvantes
La klysmaphilie est l'attirance sexuelle pour les lavements
Réponse 2 : L'harpaxophilie désigne l'excitation sexuelle à l'idée d'un vol.
Réponse 3 : La pédiophile est l'attirance sexuelle pour les poupées, les ours en peluche et autres jouets zoomorphes ou anthropomorphes.
Réponse 4 : L'exobiophilie est l'attirance sexuelle pour les extraterrestres et leurs représentations.
Réponse 5 : Les femmes enceintes sont l'objet d'attirance sexuelle pour les maïeusophiles.
Réponse 6 : L'attirance sexuelle pour les pubis rasés se nomme l'acomoclitisme.
Réponse 7 : l'acrotomophilie est l'excitation par l'idée d'avoir des relations sexuelles avec une personne amputée.
Réponse 8 : Les statues ne laissent pas de marbre les pygmalionistes.
Réponse 9 : Le fétichisme du pied se nomme la podophilie.
Réponse 10 : La trichophilie est l'attirance sexuelle pour les poils et les cheveux.

MMS : matin midi, soir ; puis mardi, mercredi, samedi ; puis mars, mai, septembre ; puis Mes Meilleurs Souvenirs


• emportée par la fougue qui la traîne et l'entraîne
• la musique de l'amour, c'est : Une symphonie, Un solo, De la musique de chambre
• Mélange des deux genres, corps à cœur et à cris !
• en chair et en bosse


• Je me détourne de toi pour me tourner vers lui


• Tourne le bouton, le bouton tout rond/rose, et je te couinerai une chanson (couinement : cri de la lapine lorsqu'elle est prise en chasse)

• Tripoter l'andouillette, à trois
• Rencontre du troisième slip : normal, on m'appelle l'homme qui tombe à pic, en slip


• Déshabiller du regard
• Je te ferai remarquer que j'ai remarqué que tu m'as remarqué


Chap 10b-Donneuse d'orgasmes bons pour la santé


• Syndrome du membre fantôme que l'on a besoin d'activer pour se rassurer qu'il marche toujours bien

• Joyeux festin où la liberté est de règle. Ne s'emploie plus guère que dans l'expression être en goguette: être excité, être de joyeuse humeur, souvent grâce à des libations un peu trop abondantes.
• Il y a de quoi rester coi après un tel coït
• C'est un peu fort au début, mais plus t'en prends, mieux ça passe (sodo)
• Je lui ai mis le 7è ciel, pendant des heures
• Je te demande ta main ! Prend-là comme je prends mon pied, mon corps tout entier est à toi, fais en ce que bon te semble
• Oups, j'ai la bite trop molle, c'est trop dur
• Il toque à la porte des perceptions délicieuses/ « délictueuses » avec son doigt donneur d'orgasme
• ouvrir (défoncer) la porte des plaisirs

• jeu de mains, jeu de câlins
• descend jusqu'à l'entrejambe afin de tâter l'effet qu'elle lui fait. Force est de constater que Moa a les corps spongieux méchamment dilatés : il arbore un joli gourdin sous son caleçon.
• Je bois sans soif, goulûment, au goulot de cette femme-fontaine, petite lichée après grosses léchées
• Il est tout content, il remue la queue
• Je lui rabote, avec ma langue (qui n'est pas de bois), son rondin qui ne reste pas de marbre
• quitte l'épicentre cause du séisme dans son slip
• Je t'ai réservé une surprise !
Ah bon, quoi ?
Tac dans ton cul ! Surprise dans ta prise !!!
• sentant la chaleur du « vice » qu'elle a dans la peau (mais au moins elle se l'avoue), ne peut plus supporter ce t-shirt qui l'étouffe de chaud
• Sacrée soirée, on n'a pas fait que sucer des glaçons / garçons
• Droit dans mes capotes
• Je me trémousse pour l'émoustiller
• ma matière « grise » est aspirée par ton trou noir
• j'ai perdu mon sang-froid face à sa cyprine chaude
• (il débande), il dé-bite, sa conne rit
• file loup, filou, viens ici

• Faire des gorgées chaudes
• Je me sens tout chose/chaud
• Lécher les flancs de colline
• malaxer les testicules comme des boules chinoises (pour calmer l'impatience)

• affolent Esperanta de plaisirs et de gémissements torrides

• Esperanta est totalement submergée par ces sensations bilatérales : s'envolant de jouissance, elle saisit l'ancre du meneur de barque directement dans son caleçon pour s'arrimer au sol.
contre attaque en lançant une offensive pacifique, un tir ami, vers le triangle des Bermudes de la forêt humide. En phase d'approche, le pouce frôle délicatement la grande lèvre supérieure, la première de la zone pubienne. Progressant vers son objectif, la petite lèvre supérieure est mise à l'index, doigt qui la cajole doucement pour montrer son attitude bienveillante envers elle.
transe chimique hormonale des neurones, déploie son pouce et décapuchonne le clitoris
l'antre du plaisir
En faisant patiemment de petits cercles, le sphincter vaginal (le petit muscle dont il faut se faire l'ami pour pouvoir entrer en l'autre) se détend et autorise à plus si affinité. Les « bulbes du vestibule » (structure symétrique autour du vagin) se gorgent également, pour d'autant plus de plaisirs clitoridiens.
Esperanta n'en peut plus, elle arrache le caleçon afin de pouvoir saisir toute l'ampleur du phénomène, jusqu'aux boules.

s'accroche aux draps pour rester sur terre avant de vraiment s'abandonner au 7è ciel.
En y allant très doucement, par petits cercles concentriques, et avec des rentrées-sorties pour surexciter tout le rectum, Moa continuant à masser le clitoris et le reste de la vulve, Esperanta ressent une profonde chaleur agrémentée d'intenses plaisirs.

Nos deux comparses sont, en même temps, au firmament de leur jouissance et de leurs extraversions. Quel feu d'artifices ce fut !!! Ils se couchent l'un à côté de l'autre, Moa mettant sa tête sur la poitrine d'Esperanta, se faisant de petits baisers de fatigue mais de grands sentiments, caressant en effleurant délicatement les mains ou autres peaux sensibles de l'autre.
• préservatif à striures réputé pour booster le désir
• J'ai besoin d'avoir de l'attention ! T'inquiète, je vais t'en donner de la tension, tu vas en être survolté, proche de disjoncter et de péter un fusible !!!


Epilogue


• On pénètre l'intimité des chambres à coucher, histoire de surprendre l'abandon des corps qui se prélassent sur un lit défait, dans des draps chauds qu'on éparpille. Au lieu d'un sommeil profond, on plonge dans des caresses opiniâtres, faisant place à l'étreinte tantôt brutale, tantôt paresseuse.
• Des friselis (léger mouvement souvent accompagné d'un murmure, d'un doux bruissement) de plaisir sur le dos et l'échine
• Le libertinage est une tradition française, le dernier legs des aristos !

• Je vivais dans le déni/le refoulé, cherche pas, ce n'est pas sur une carte
• Il parait que j'ai mauvais genre ! C'est pour cela que je ne vous dirai pas de quel genre je suis.
• Les garçons ont l'œil, mâle placé, mais les seins leur font tourner la tête,
• Le jugement masculin est b(i)aisé par la contemplation des monts du temple de Vénus.
• cerveau é-triqué de mâle en rut et donc en lutte
• Turlutte hutu faite par une tutsi (comme Dustin Hoffman, une femme peut cacher un homme) et chapeau pointu
• With my god I fuck, with a gode we fuck
• En amour, on a vite fait de compliquer des choses simples et de simplifier des choses compliquées !
• queutard sur le retour
• Le plus chaud lapin l'épluche haut la pine
• Tripoter la queue d'une bunny girl
• On s'emboîte comme des poupées gigognes qui gigotent !
• pointeur, celui qui introduit son sexe, pointé, celui qui reçoit
• hétérosexualité et homosexualité, davantage que des identités figées, sont des rôles que l'on peut échanger
• ludique et lubrique
• érotomanes, pornocrates de tous poils, enfilez-vous

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Published by Collectif des 12 Singes - dans Infos brutes de décoffrage
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25 juin 2009 4 25 /06 /juin /2009 16:23
Chap 0 : L'innocence de l'enfance face à la montée du besoin/envie de jouissance

• Jouer à touche pipi, au docteur du quiqui et de la foufoune [quiquiriqui désignant le chant du coq : « jeune coq », quiqui désignant un oiseau (petit zozio) dans le langage enfantin]
• Se branler la nouille
• Le jeu du miroir

Il n'y a pas d'amour, il n'y a que des pieuvres d'amour !, celles qui vous tordent le ventre, vous coupent les jambes et mettent la tête en feu
La naissance des pieuvres, c'est la naissance d'un monstre en soi, dans son cœur et sa tête, c'est le désir invivable et la jalousie, qui déploie son encre et ses tentacules ! Cette naissance du désir, de la problématique amoureuse, c'est aussi la naissance de la problématique de la féminité !


Chap 1 : Premiers émois du Moi fusionnant avec l'Autre
Chap 1a : 1a-Contons fleurette à la belle des champs


• Je lui défrise la salade
• amours adolescentes
• Découvrir son poteau rose et introduire mon bâton rouge dans son pot aux roses {équivoque sur découvrir, « soulever le couvercle et trouver (un secret) », appuyée sur le pot (nom du plus banal des récipients), et renforcée par aux roses, évoquant une préparation particulièrement rare (ou un secret, auquel les valeurs érotiques de rose (virginité, hymen) ne sont peut-être pas étrangères)}
• Allons voir si la rose que j'ai cueillie il y a peu est éclose, que ma rosée l'arrose.
• Le soleil est au zénith comme ma bite, c'est l'heure de la sieste (de sexta, 6è heure du jour) crapuleuse.

• Dard dedans
• La mutine butine mon Dard Des-Villes
• Je vais t'emboucher ton coing (fruit du cognassier. Piriforme et volumineux il est cotonneux en surface et, à maturité, est jaune et très odorant. Tout comme les nèfles, les coings crus ne se consomment qu'après blettissement)
• Faire péter une petite fourrure
• Robin de bois, l'homme qui envoie le bois


Chap 1b : 1b-le boum-boum zen dans sa benz


• Pomper le carburant
• Prendre les chemins de travers, boueux.
• Mon pistolet envoie l'essence dans son réservoir
• sorties couples couplés
• Démon(te)-pneu


Chap 2 : 2-Qui se ressemble s'assemble


• Teste ton sexe à pile avec un vibro
• Oh my gode, c'est énorme
• Le sourire aux lèvres, supérieures comme inférieures
tribadisme : synonyme de lesbianisme, une position sexuelle pratiquée par deux partenaires femmes, dite aussi position du ciseau
• Je ne mange pas de cette pine-là
• Le roi des cons, connard plutôt que queutard


Chap 3-Une belle brochette de fruits des fondues au chocolat


• Lui mettre dans son cul-cul ma praline : Art (cul-inaire) is anal
• Fourrer la dinde jusqu'aux marrons
• Manger la pomme d'amour d'Adam jusqu'au trognon, mais sans les pépins
• Une flûte de pine (de pain), un sac à pain (pine)

• Je suis obsédé par ses brioches comme Marcel par ses madeleines
• peinture sur soi
• J'ai gémi quand j'ai mis dedans
• À la bonne heure du bonheur des dames
• Pourvu que ça (reste) dur[e] pour bien lui bourrer le mou
• Le sexe, et le cul, n'est pas sale quand il est propre.
• Faire le tapin (racoler dans la rue) avec son popotin

• Y a pas que le sexe dans la vie, il y a aussi les seins et le cul
• Prendre son bon pied (de cochon), bon œil (de chien battu)
• Pas d'histoires de cœur, que de cul
• Le désir s'accroit quand l'effet se recule (Corneille)
• Tu vas prendre cher, c'est moi qui régale.
• Refiler la trouille (vaut mieux ça que la chtouille) [blennorragie ou gonorrhée (aussi appelée familièrement chaude-pisse ou chtouille) est une infection sexuellement transmissible. C'est une infection des organes génito-urinaires]
• Plutôt que de chier dans, je paye mon ben [bénard, benard ; béni-bénard ; Pantalon, pantalon à pattes d'éléphant (étroit aux genoux et large aux pieds), culotte ; en parlant d'une serrure, qui peut s'ouvrir aussi bien de l'extérieur que de l'intérieur] si tu montre tes nuts
• Elle a tellement le feu au cul qu'elle porte des strings en amiante
• Folle du cul, elle aime les chauds de la bite
• Tu pousses le bouton un peu loin, tu vas toucher le fond
• Petit bouton à disposition pour déclencher toute une gamme de sensations/satisfactions

• Ces belles fesses tomates, rouges écarlates, à farcir
• Le fessier, cette lune resplendissante, se rapproche de la figure géométrique parfaite qu'est le cercle !
• Avec elle, faire la bagatelle {(Empr. à l'ital. baia « plaisanterie », L'a. fris. *baga « courbe », une baie étant une côte formant comme une bouche ouverte sur la mer
[Gén. au plur.] Galanteries, amourette ; Faire l'amour. Acte, parole, écrit de faible valeur, et plus généralement toute chose frivole ne méritant pas qu'on lui accorde une grande importance, Ensemble des petits riens de l'existence qui ne méritent pas qu'on s'y arrête. 1. Préoccupations légères, divertissements futiles, propos souvent oiseux et dépourvus d'intérêt ; 2. LITT. et B.-A. Composition légère, petite pièce agréable et facile, destinée à plaire plutôt qu'à édifier. b) MUS. ,,Morceau de musique de caractère léger et de courte durée, sans forme précise 3. Au sing. Chose facile à accomplir, qui ne nécessite aucun effort. Choses accessoires, dont on peut très bien se passer ou du moins sur lesquelles il n'est pas besoin d'insister)} n'était pas une mince affaire.
• Il est pas salace, mais il passe à l'ass. (Qui recherche les plaisirs, les rapprochements sexuels d'une manière excessive. Synon. lascif, lubrique ; Empr. au lat. salax « lubrique, lascif », de salire au sens de « couvrir une femelle »)

• Gâteries
• elle met ses jambes derrière sa tête, on dirait un bretzel

• Mon éveil à la chair, à pas trop cher
• Certains l'aiment chaude
• C'est hot dog, chaude saucisse
• Hôtel de charme où on les vend, avec chambre d'amour au clair de lune
• Repas de Réveillon (les ardeurs des hardeurs) bourgeois au XIXè siècle : Pomme de Paradis, langue de cochon à l'écarlate ou fourrée, coq/chapon avec poule/pintade/dinde, boudin blanc à la crème, boudin noir aux pommes, dinde truffée ruisselante dans son jus, cochonne de lait farcie de saucisses, entremet cuisses de grenouilles
• Je l'asperge de sauce hollandaise avec mon asperge
• Une bonne poire belle-Hélène aux seins en oranges confites, tu peux y aller, elle est bien juteuse et sans pépin
• Prend la fille à pleines dents et croque le fruit (dé)fendu
• Les putes me rebutent à force de vouloir me rabattre
• Ach, wunderbar wonderbra : Les choses vont du mâle aux pis
• Se monter le bourrichon (S'exalter; se faire des illusions) en voyant ses nichons
• gros bonnet blancs pour faire plaisir aux grands blancs benêts masculins
• fait du une voire deux mains de tour de sein
• Ça c'est des nibards, on dirait une paire de fesses.
• « Avoir de la conversation » se dit d'une femme qui a des seins volumineux.
En effet c'est une expression qui fut employée comme celle « d'avoir du monde au balcon ».
• Autant la bite fait le moine, autant les seins font l'abbesse à lick (ça va bien en arabe, c'est à lécher en anglais)
• dans les bras d'une imposante matrone
• Je la baiserai bien, même si je suis sûr que de son côté elle pensera que je la baiserai mal

• La mère-Noëlle, avant l'heure, avec du beau monde au balcon en ouvrant le cadeau, mais Pâques en prison
• Conter fleurette, puis envoyer la crème à Florette
• Tripoter l'andouillette grassouillette à trois
• Je porte mon bout, rouge, à ses lèvres, comme un lip-stick (bâton à lèvres) joystick (bâton de joie)
• Machiste, j't'adore
• La fente est rude et la montée raide
• J'ai le sexe tout sec, la quéquette qui colle, les roustons qui font des bonds
• Le contraire de libido c'est un bide au lit
• Je reprendrai bien du poil de la bête
• Aller boire à la source de la gourde
• Comme sa pine à Noël, j'ai les boules rouges et les glandes de me faire enguirlander
• Trêve des con(friseurs)
• Je suis excitée comme une pute, de pile comme de face (ou de poils comme de fesses)
• Dis-moi comment tu baises, je te dirai qui tu es


Chap 4-Quand Eros rencontre Thanatos


• Tu es un terroriste de l'amour avec tes attentas à la pudeur sentimentale : tout ce que tu touches devient vulgaire
• séducteur invétéré avec l'apparition de l'expression "faire le joli cœur"
• Les trois petites cochonnes ont le loulou aux fesses (jeune homme qui ne s'encombre d'aucun préjugé et vit pour l'amour et le plaisir. Il est le maître de plusieurs femmes, dont il fait le malheur à tour de rôle : Loulou (Die Büchse der Pandora) est un film allemand réalisé en 1929, dont le personnage de la comtesse Anna Geschwitz est considérée comme le premier personnage lesbien de l'histoire du cinéma.
• Comme beaucoup d'hommes, je ne parle pas d'infidélité, mais de "Polyamour" : je me sens fidèle à toutes mes femmes.
• Célibataire au cœur de pierre
• Dr M'abuse, Dr Fol-Amour, Dr Ma Boule
• D'une chatte l'autre
• Butine de fleurs en fleurs
• mettre le poing G sur le kiki du zizi rider

• La gente trouble et double
• Avoir une chatte dans ma gorge profonde chaude
• A tir d'elles, pour son « bon » « plaisir », comme un franc-tireur, toujours le doigt sur la braguette, non sur la couture du pantalon (position du garde-à-vous : le soldat se tient droit, chaque bras le long du corps, et un doigt sur la couture latérale et néanmoins verticale du pantalon de l'uniforme. Cette position raide est celle dans laquelle il manifeste du respect au supérieur qui est devant lui)
• Collectionne les femmes comme d'autres les papillons de lumière

• de toi je ferai ce que je voudrai
• pédagogie + démagogie = propagande
• approche en agneau mais loup au fond
• suicide par amour : elle s'est loupée, mais c'est le geste qui compte
• Je laisse aller le sort, je n'ai aucun remord
• Tu prends tout au pied de la lettre Q
• Je comptais les minutes pour voir le soleil se lever et ainsi pouvoir me débarrasser d'elles
• besoin de rien, envie de toutes plutôt que de toi
• La laideur résiste, la beauté se donne ou se prend
• Merci ! Je t'en pris, tout le plaisir fut pour MOI !!!
• Je veux papillonner, sortir de ma chrysalide, butiner de fleurs en fleurs
• Courir les jupons
• Chercheur d'or...gasme
• Plutôt que des gros coups pas sûrs, je préfère des petits coups sûrs : une tienne chienne vaut mieux que deux tu l'auras
• Au bonheur des dames
• Giacomo Casanova : Casanova ou la loi du désir, le besoin de séduire les femmes.
Fondamentalement, Don Juan recherche et vit dans le plaisir et la jouissance de l'instant présent, en s'opposant aux contraintes et aux règles sociales, morales et religieuses, ainsi qu'en ignorant volontairement autrui. C'est donc à la fois un jouisseur et un libertin, également égoïste et destructeur. Je suis un mélange de lui et de Casanova, selon les partenaires et les périodes, qui pensait au contraire que l'homme est fait pour donner, la femme pour recevoir.
Ces amours furent à l'origine de bonheurs et de malheurs infinis pour l'aventurier qui jugeait que si les plaisirs sont passagers, les peines le sont aussi


• À l'ombre des jeunes filles en fleurs à déflorer
• Tireur d'élite, tir couché comme tir groupé sur tout ce qui bouge
• Penthouse, loft de love, garçonnière à femmes
• Tu as eu tort, et le tort tue !
• Faire zizi-panpan
• Faire un frotti-frotta
• Pile poils

• Amener ses cheveux aux burnes
• Quand ça gémit, moi je m'introduis dans la frange profonde
• Ça copule de source
• Embrouilles du lendemain matin du genre « ça va mon chéri ? » alors que ce n'est pas parce que t'as mis un coup que du coup tu es en couple réglé !
• Il cause les mêmes ravages que le « (jus)Tsunami » : après son passage, ce n'est que chaos et désolation !
• Boni mentor-menteur (le boniment repose sur un constat : la crédulité est aisément sollicitable, tandis que l'intelligence et le discernement sont faciles à tromper)
• Yoni soit qui mâle y pense ! (Yoni vient du sanskrit « lieu » : dans l'hindouisme, désigne les organes génitaux féminins, matrice ou vulve).
• Je crois que je suis amoureux ! Ah !!! De ta voisine ! Oh ... !!!
• Le tripoteur des belles de ville en triplette sur mon triporteur à Belleville
• Que les filles soient nues, qu'elles se jettent sur moi, qu'elles s'arrachent ma vertu
• Pourquoi vivre d'amour et d'eau fraîche quand on peut vivre de sexe et d'alcool ?
• D'abord le boire, puis les déboires des lendemains de cuite qui déchantent
• Le charme fait décoller mais on atterrit toujours mal

• Jamais eu autant de célibataires mais les gens ont peur des autres et (peut-être) de leur propre bonheur
• Deus sex machina : [Deus ex machina est une locution latine signifiant « dieu [sort] de la machine ». Elle est surtout employée dans le vocabulaire théâtral au sujet d'une personne qui arrive, d'une façon impromptue, à la fin de la pièce et par qui le dénouement s'effectue.]
• Touche à toutes
• Qui bouffe à tous les râteliers
• Elle est bonne, mais qu'est-ce qu'elle est conne
• J'adore bouffer des sardines en boîte (de nuit), bien serrées, un peu d'huile et pourvu que ça glisse
• Je n'évite pas les meutes de louves
• J'aime toutes les femmes, qu'elles aient du cha-rme ou du chien(ne).
• en tant que chasseur, je ne demande pas mieux que de me faire brusquer par ma prise
• il ne faut jamais vendre la touffe de l'ourse avant de l'avoir tirée !
• se faire tirer à vue
• on étire son désir au maximum, puis - enfin - on les tire ces pigeonnes !
• mes nuits horizontales sont plus belles que vos vies de jour à la verticale
• serial sarceur
• accueil à bras (et jambes) grands ouverts pour recevoir ses douze coups de minuit, sa midnight rain
• parties de jambes en l'air

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Published by Collectif des 12 Singes - dans Infos brutes de décoffrage
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11 juin 2009 4 11 /06 /juin /2009 19:30

Bien avant l'émancipation tapageuse des années 1900, au cours des XVIIIè et XIXè siècle, la femme exerça dans la famille paternaliste et traditionnelle une influence parfois occulte, toujours pressante, qu'elle n'avait pas encore connue. Si la femme a dès lors partagé avec l'homme le gouvernement moral de la famille, elle a pu exercer l'autorité nécessaire pour persuader l'homme, autrefois indifférent, de tenir compte de sa répugnance aux trop fréquentes maternités (ce sentiment gagne les hommes au cours du XVIIè siècle). Elle réussit donc à faire passer dans la réalité des mœurs vécues un sentiment auparavant limité au secret du gynécée. Ce n'est plus seulement l'appréhension de l'accouchement, ni le risque du déshonneur (sentiments féminins) : le pullulement des enfants, jadis accepté avec indifférence, apparaît comme une charge insupportable. On remarquera que le malthusianisme n'est pas envisagé ici comme un moyen d'améliorer l'éducation et l'établissement d'une famille réduite au niveau du XIXè siècle. C'est plutôt une réaction de la sensibilité contre l'abondance de la nature, contre la soumission naïve à son ordre : quelque chose de proche encore de ce sentiment propre aux femmes est à l'origine de la contraception moderne.

Il faudra attendre la Révolution française puis les mœurs « faciles » du Directoire pour voir l'utilisation et le commerce du préservatif légalisés. Des boutiques, telle celle de Gros Millan, autour du Palais-Royal, se spécialisent dans la vente de cet article encore élitiste. Ce commerce, pour lequel les vendeuses étaient entraînées à avoir l'œil juste pour évaluer les tailles afin de ne vexer personne, devint rapidement des plus florissants. C'était l'époque où les longueurs des préservatifs étaient multiples et les hommes souvent vantards. Il fallait savoir discerner le client prétentieux de celui qui, par manque d'assurance, pouvait induire en erreur le marchand, le conduisant à sous-estimer la taille.

Les préoccupations des Révolutionnaires orientèrent le préservatif sur un autre terrain que celui du seul plaisir : le contrôle des naissances préoccupait déjà, la fécondité étant en baisse sensible. Condorcet le confirme en 1793, tout en affirmant que la limitation des naissances sera nécessaire, conséquence de l'augmentation de l'espérance de vie. Cinq ans plus tard, en Grande-Bretagne, Malthus publie un essai établissant que la population s'accroît plus rapidement que les richesses naturelles. Le malthusianisme prône donc la limitation des naissances, essentiellement par l'abstinence, seule façon à ses yeux d'éviter la misère. Pourtant, à cette époque, le préservatif devient dans de nombreux esprits ouvertement contraceptif : ayant été reconnu utile pour la prévention des infections, ce n'est que plus tard que son utilité contre les grossesses non désirées fut reconnue. Dans le courant du XIXè siècle, une amélioration sera apportée au préservatif, lorsque le lin sera trempé dans une solution chimique et ensuite séché avant emploi. Ce fut les premiers spermicides sur les condoms.

 

Personne n'avait songé à discuter l'étymologie du substantif « Condom » lorsqu'en 1817, le médecin allemand François Xavier Swediaur, né en Autriche en 1748, affirma que ce nom de Condom était celui de l'inventeur de l'ustensile, le docteur Condom, médecin anglais du XVIIIè siècle. Ce Docteur Swediaur était célèbre : installé à Paris depuis les premiers jours de la Révolution après avoir travaillé à Londres et publié de nombreux ouvrages en latin, en anglais et en français, lié avec Danton, il se fit naturaliser français. Spécialiste des maladies vénériennes, son œuvre principale publiée en 1798 est un « Traité complet des maladies syphilitiques ». Voici un extrait de son texte : « Condom : nom d'un Anglais, inventeur de ces petits sacs destinés à préserver contre les suites d'un coït impur et qui ont gardé le nom (…). C'est un nommé Condom qui a inventé les fameuses enveloppes ou gants, connus aujourd'hui en Angleterre par un usage très répandu sous le nom de condoms et à Paris sous celui de redingotes anglaises. Ces petits sacs, qui réunissent à l'avantage de garantir parfaitement bien la partie celui de n'avoir aucune suture, se font avec de l'intestin cæcum des agneaux, lavé, séché et ensuite rendu souple en le frottant avec les mains, avec du son et un peu d'huile d'amandes. Une telle découverte qui, par son utilité, mériterait à son auteur toute la reconnaissance des hommes éclairés, n'a fait que le déshonorer dans l'opinion publique, il a même été obligé de changer de nom… ».

Le docteur Condom, médecin de Charles II d'Angleterre, aurait le premier démontré le rôle contraceptif du préservatif. Certains prétendent qu'il était médecin, d'autres colonel et que Charles II était tellement ravi de cette invention qu'il le fit Chevalier. Tout laisse cependant à penser que le docteur en question n'ait jamais existé, si ce n'est dans l'imagination de Swediaur. La première mention de ce nom se trouve dans « A Scots answer to a British vision », un poème qui fut probablement écrit par John Hamilton en 1706. Très vite, de nombreux anonymes se manifestent et, en 1708, le poème « Almonds for parrots » (« Amandes pour perroquets ») laisse échapper ces quelques mots peu encourageants : « cette heureuse invention (…) éteignait la chaleur du feu de Vénus et préservait la flamme du désir de l'amour ». Plusieurs théories circulent quant à l'origine du nom « Condom ». Pour l’allemand Richter, le mot viendrait, selon ses recherches, du mot perse Kendü (ou Kondü) qui serait un réceptacle, en intestin animal, utilisé par les paysans pour y entasser le blé. Une autre version de l'origine étymologique du condom affirme que cette invention serait le fait des bouchers des abattoirs de la ville de Condom, au cœur du Gers (traversée par la rivière Baïse) qui eurent l'idée, grâce à des morceaux d'intestins d'animaux, de se prémunir contre les maladies vénériennes. Si les abattoirs, et donc les bouchers, étaient particulièrement nombreux dans la région, rien ne permet d'affirmer que ces derniers sont responsables de la découverte du mot ou de l'objet qui s'y rattache. Le nom condom donné à ses fourreaux serait, en fait, la simple transcription du nom condum, choisi par les Anglais et provenant du verbe latin « condere », qui signifie cacher, protéger ou du mot latin « condus », qui veut dire « respect » (sachant que « con / cuni » signifie autant le vagin qu’un lapin).

Les noms de « Condom » et « Redingote anglaise » furent dans le langage courant remplacés par « Capote anglaise », encore employée de nos jours. On le rencontre dès le Second Empire dans le premier vers de l'une des poésies de Théophile Gautier, publiées clandestinement à Bruxelles en 1864, sous le titre de « Parnasse satyrique du XIXè siècle » : « Ainsi qu’une capote anglaise Dans laquelle on a déchargé, Comme le gland d’un vieux qui baise, Flotte son téton ravagé ».

Conçu à partir d'un intestin animal, un préservatif français d'environ 20 centimètres et datant du début XIXè siècle possédait un galon de soie lui permettant d'être maintenu sur le sexe. Mais ce qui en fait une pièce historique à part entière demeure la scénette présente sur le préservatif : une religieuse désignant d'un doigt assuré, parmi trois ecclésiastiques en érection, son futur amant, annonce : « Voilà mon choix ! ».

En membrane animale, les préservatifs pouvaient être réparables. Le texte suivant, datant de 1808, en est la preuve : « Si la membrane travaillée a été légèrement perforée, alors on bouche les trous en collant des lambeaux membraneux dessus et de pareils condoms sont souvent vendus sans garanties. On s'aperçoit de ces reprises à l'éclat particulier de la colle lorsqu'on examine la membrane du côté des retouches à l'intérieur de la capote. L'humidité détache souvent pendant le coït les pièces collées sur les trous et la membrane même la mieux raccommodée peut alors se déchirer complètement au moment où son intégrité importe le plus ».

 

Au XIXè siècle, Thomas Malthus constata que la courbe des naissances dépassait la courbe des subsistances. Il prôna le recours à un contrôle des naissances qui n'empêcherait pas le plaisir. À l’opposé, les Révolutionnaires étaient également préoccupés par le contrôle des naissances, mais parce que la fécondité était en baisse sensible. Condorcet le confirma en 1793, tout en affirmant que la limitation des naissances sera nécessaire, conséquence de l'augmentation de l'espérance de vie. Sous Napoléon, en 1810, l’article 317 du Code pénal stipule que l'avortement n'est plus assimilé à un infanticide même s’il est un crime passible de la Cour d'assises, la France voulant voir croître sa population. En 1820, le code pénal français met dans le même sac celles qui avortent et ceux ou celles qui les aident puisqu'il punit de réclusion les personnes qui pratiquent, aident ou subissent un avortement. Les médecins et les pharmaciens sont condamnés aux travaux forcés.

À partir de 1850, on peut percevoir la montée progressive d'un hédonisme sexuel dans la population : les pratiques sexuelles se sont peu à peu libéralisées et diversifiées, le rapport au corps s'est fait moins prude, les relations prénuptiales et extraconjugales plus fréquentes. La période 1850-1950 marque ainsi un tournant essentiel dans la généralisation de la limitation des naissances par la méthode masculine du coït interrompu, ce qui implique un changement considérable dans les pratiques sexuelles.

 

En 1827, au Japon, le préservatif était connu en tant que Kawagata (ou Kyotai) et était fabriqué en cuir. À côté de cela les Japonais utilisaient aussi des préservatifs en écaille de tortue ou en corne. Le préservatif de caoutchouc est né lui après l'invention de la vulcanisation par Goodyear en 1839. En 1790, Samuel Peal, un industriel britannique, brevète une méthode permettant, en mélangeant de la térébenthine avec du caoutchouc, d'imperméabiliser des tissus. En 1811, l'Autrichien Johann Nepomuk Reithoffer fabrique les premiers produits en caoutchouc. En 1823, la découverte du procédé d’imperméabilisation des tissus par dissolution du caoutchouc dans un solvant (du naphte porté à ébullition) permet au chimiste écossais Charles Mac Intosh de confectionner les premiers imperméables. Il se mettra à fabriquer industriellement en 1870 des capotes en caoutchouc appelées « feuilles anglaises » (« French letters » en Angleterre). Devant l'ampleur du succès, 80 ouvriers de l'usine s'affairaient à confectionner, l'été, des ballons pour enfants et, durant l'hiver, des préservatifs. Un marché porteur, puisque Mac Intosh exportait deux tiers de ses capotes, les meilleures vers la Russie et l'Autriche, et, sans raison apparente, les moins fiables vers l'Espagne, le Portugal, l'Italie et la France. Les frères Goncourt en parlent en 1887 dans le « Journal des Goncourt », sous l’appellation de « Capote anglaise » : « Léon Daudet, qui m'accompagne et qui a assisté à l'ouverture de la maison de Hugo, disait que les armoires étaient bondées de "Capotes anglaises" d'un format gigantesque...et que c'était gênant de les faire disparaître en la présence de Madame Charles Hugo...! ».

En 1842, Charles Goodyear découvre la vulcanisation, qui permet de stabiliser le caoutchouc afin qu'il résiste mieux aux écarts de température. En 1853, l’Américain Hiram Hutchinson achète les brevets de Charles Goodyear et adapte le caoutchouc aux bottes. En 1843-1844, Goodyear et Hancock commencent la production en masse de préservatifs fait à base de caoutchouc vulcanisé (il faudra attendre 1868 pour que les pneus pleins pour vélocipèdes soient inventés). La vulcanisation est un procédé qui transforme le caoutchouc brut en produit élastique, permettant des préservatifs plus résistants et réguliers en épaisseur que les boyaux animaux.

Une deuxième révolution dans la production de produits en caoutchouc, dont le préservatif, est l'utilisation du latex liquide à la place du caoutchouc. Les techniques de production connaissaient également une évolution grâce à l'automatisation. Le premier à utiliser ces techniques était British Latex Products qui s'appellera plus tard London Rubber Company [rubber vient de robre, le rob étant un suc épaissi et rendu pur de plantes ou fruits cuits ; le mot d’ancien français rober (dérober) s’appliquait aussi au jeu, étant un ensemble de plusieurs parties de bridge]. Vers 1880, le premier préservatif en latex est produit mais il faudra attendre les années 1930 pour que son utilisation se répande. Il est d’ailleurs à noter que de nombreux hommes (tels les Hollandais, les Anglais ou les Américains), continuent d’utiliser encore aujourd’hui des boyaux, ces utilisateurs estimant qu’ils apportent plus de plaisir.

 

Cette « officialisation » de la capote va donner des ailes à de nombreux opportunistes. C'est ainsi qu'apparaissent, en 1883 sur le marché Petticoat lane, en Angleterre, des boîtes de préservatifs arborant le visage de la reine Victoria ou celui du Premier ministre Gladstone. En 1889, Paul Robin crée à Paris le premier centre d'information et de vente de produits anticonceptionnels. Mais la vente de préservatifs reste confidentielle, destinée prioritairement aux filles de « mœurs légères » ou aux soldats. Naissent également des réclames pour des « vêtements imperméables à usage intime », au sein de publications légères, voire grivoises. Ces magazines, aux titres évocateurs tels que « Pour lire à deux », gardent toujours une colonne libre pour annoncer les nouvelles créations de la marque Excelsior (comme des préservatifs en baudruche blanche – pellicule de boyau de bœuf ou de mouton ; le ballon de baudruche moderne a été inventé par le scientifique Michael Faraday en 1824, généralement en latex –, garanties incassables) ou de la Librairie de la lune, maisons spécialisées dans l’« hygiène », ainsi que la sortie de leurs nouveaux catalogues de vente par correspondance destinés à ceux qui, trop timides, n'osent aller en pharmacie.

La richesse et la diversité des produits de ces maisons n'ont rien à envier au catalogue de la célèbre et contemporaine Condomerie d'Amsterdam : préservatifs parfumés, aux formes et textures des plus surprenantes (premiers « bibis chatouilleurs », « porc-épics » et autres capotes aux extrémités fantaisistes), avec réservoir (c'est une nouveauté en 1901), ne couvrant que le gland (« bonnet fin de siècle », « capuchon », « bout américain ») ou bien cachés afin de permettre l’aventure avec un minimum de risque (rangés sous le double fond d'une honorable boîte de cigares de la Havane, inclus dans une fleur pour boutonnière ou dissimulés dans un carnets de tickets de Métropolitain). Il existait même en ce début du XXè siècle un préservatif féminin, « Le Pratique », qui connu un franc succès (il disparut entre-temps pour renaître en 1992 sous le nom de « Femidon »).

Ces années 1900 virent également la naissance de l'appellation de « préservatif antiseptique » et la disparition de l'utilisation du cæcum de mouton. Le latex le remplacera, concurrencé un moment par une tentative déposée le 11 octobre 1910 et qui connut son heure de gloire : le fish-bladder. Il s'agissait d'utiliser, comme préservatif, la poche à air qui permet au poisson de remonter à la surface de l'eau. Unique désagrément, pour lequel d'ailleurs on ne connaît pas d'explication précise, seuls les « fish-bladders » du poisson-chat et de l'esturgeon semblaient pouvoir contenter ceux qui ne souhaitaient pas prendre un risque de paternité. Ce « fish-bladder » (vendu en Allemagne comme « beste französische Fischeblasen » : « poisson soufflé » ou « poisson bulle ») ne connut qu'un faible succès car ce « vêtement » mince se déchirait souvent pendant le coït.

N'oublions pas que ces préservatifs en « caoutchouc soie sans soudure », qui portent les noms évocateurs de « Crocodiles », « Le rival protecteur » ou « Le voluptueux », étaient lavables : « … si l'on veut se servir d'un préservatif en caoutchouc à plusieurs reprises, il faut d'abord le choisir plus grand (il existe plusieurs largeurs) à cause de son rétrécissement et le laver dans une solution de sublimé et l'essuyer à chaque fois que l'on s'en est servi. Après une insufflation d'air pour s'assurer de son intégrité et de sa résistance et pour enlever les plis, on saupoudre le condom à l'aide de lyocopode acheté à la pharmacie ou de talc que l'on se procure chez le marchand de couleur, et après avoir tourné et retourné le condom dans cette poudre, on l'enroule sur deux doigts pour le conserver à l'abri de la lumière, de la chaleur et du froid excessifs. Il faut également préserver le caoutchouc du contact avec les corps gras (huiles, graisses, vaseline, paraffine), l'acide phénique, etc., qui le dissoudraient … » (Lip Tay, ouvrage de 1908 sur la préservation sexuelle). Ainsi, après avoir été lavé, séché et talqué, à l'aide du Vérifior, « appareil nickelé, extensible, indispensable pour vérifier, sécher et rouler les préservatifs » (le tout pour la modique somme de combien Maryse ? 12 francs Pierre Bellemare !), le préservatif attendait… la prochaine fois. N'en déplaise à notre sens de l'hygiène ainsi qu'aux fabricants actuels qui ne cessent de clamer que « le préservatif ne sert qu'une seule fois », la capote de la Belle Époque était garantie cinq ans ! On n'ose imaginer le moindre service après-vente pour ce type d'ustensile, ni la moindre réaction de clients contestant un vice de fabrication après trois années de tendre complicité.

Au même moment, deux sénateurs, Béranger et de Lamarzelle, tentèrent sans succès, d'interdire la fabrication des préservatifs. À son niveau, le clergé tout puissant interdit également (et depuis toujours) la contraception notamment par le biais du préservatif, mais les capotes continuèrent de se vendre sous le manteau. Le condom devint alors interdit dans le cadre de la politique nataliste après la première guerre mondiale (tout comme d’autres moyens de contraception ainsi que l’avortement). Avec la généralisation de la limitation des naissances par la méthode masculine du coït interrompu, l'avortement palliait les échecs du retrait et « explosa » donc à partir de 1900. Les Françaises, de tous les milieux, et leurs conjoints, ont été précoces dans leur souci de maîtriser la fécondité ; elles étaient mentalement mûres bien avant que les techniques modernes n'aient été mises au point.

 

Toutefois, les pouvoirs publics empêchèrent la contraception de passer pleinement dans les mœurs car ils restaient sous le coup des interdits religieux auxquels vinrent s'ajouter d'autres préoccupations. En effet, le XIXè siècle et l'explosion de l'industrialisation amenèrent une forte demande de main-d’œuvre. Pour autant, le stérilet, dans sa conception actuelle, date de la fin du XIXè siècle. La conception d'obstacles physiques empêchant le cheminement du sperme vers l'utérus a offert à l'imagination des gynécologues d'innombrables alternatives. En Europe, le principe des « barrières » fut aussi employé. Les paysannes hongroises utilisaient des tampons constitués de cire d'abeille. Le diaphragme fut proposé en 1891 par Wilhelm Mesinga et son usage se répandit lors de la mise sur le marché des premiers spermicides. Longtemps il ne fut pas évident de s'en procurer. Ainsi avant la libéralisation de la publicité, des diaphragmes venaient d'Angleterre.

Aussi longtemps que l'avortement fut officiellement interdit et même s'il était pratiqué de façon clandestine, une partie de la population (la plupart des femmes) acceptait et comprenait les raisons de l'avortement. En effet le rejet d'une fille mère ou d'un enfant adultérin par la communauté était quasi inévitable. Il s'est d'ailleurs répandu, non seulement chez les femmes célibataires mais aussi les mariées, mères de famille trop nombreuse ou trop pauvre. Dans les milieux populaires, les femmes éprouvaient peu de culpabilité et s'échangeaient les recettes, au lavoir public ou dans les couloirs de l'usine. On estime ainsi entre 150.000 à 500.000 le nombre d'actes abortifs posés en France au début du XXè siècle. Pendant très longtemps, la clandestinité de l'acte eut pour conséquences qu'il se pratiquait dans des conditions déplorables, sans hygiène. Ces actes étaient effectués par des personnes incompétentes (faiseuses d'anges) sur des personnes voulant se débarrasser à n'importe quel prix de leur grossesse.

En général, les substances abortives populaires étaient inefficaces : l’ergot de seigle (base du LSD), le gaïac (bois brun verdâtre très dur, aussi appelé « bois saint » ou « bois de vie » : plante riche en saponosides à l’action laxative, purgative, son bois a été utilisé en décoction depuis plus de cinq siècles jusqu'à l'invention de médicaments modernes, dans le traitement de la syphilis), la camomille (la camomille romaine était utilisée de façon générale pour traiter tous les troubles où le spasme occupe une place importante, en particulier, dans le cas de troubles digestifs fonctionnels : digestions difficiles avec spasmes digestifs douloureux, ou de dysménorrhée comme difficulté d'écoulement des règles), l'absinthe (utilisée comme vermifuge, dans les maladies de l'estomac, pour provoquer les règles ; l'absinthe était la plante d'Artémis, déesse grecque responsable des morts violentes, on l'utilisa en infusion pour ses vertus abortives puis au XVIIè siècle, comme insecticide contre les puces), le safran (utilisé contre les indigestions et maux d'estomac, la goutte, la dysménorrhée, l'aménorrhée et divers désordres oculaires ; pour les anciens persans et égyptiens, le safran était aussi un aphrodisiaque, un antidote couramment utilisé contre les empoisonnements), etc. Il existait également des substances actives mais toxiques qui provoquaient la mort du fœtus : le plomb, le mercure, le phosphore, l'arsenic, des produits issus du potassium, du chloroforme... Ces substances pouvaient provoquer des hémorragies utérines qui tuaient le fœtus mais aussi mettaient gravement en danger la mère.

Des procédés mécaniques étaient également utilisés, comme les procédés populaires tels que des lavements répétés (à l'eau de javel par exemple), des bains chauds, des saignées, des sauts à la corde, des traumatismes extra-génitaux tels des chocs lors d'accidents provoqués ou des coups sur l'abdomen, ou encore des actions directes sur l'appareil génital comme les touchers vaginaux répétés, les coïts abusifs, les injections vaginales chaudes, la cautérisation du col de l'utérus, des massages abdominaux violents pour faire descendre l'utérus, avec comme conséquences des blessures du vagin, du col de l'utérus. En outre, l'utilisation d'instruments divers pour perforer les membranes n'était pas rare : aiguille à tricoter, tringle de rideaux, fil de fer, pointe de ciseaux, sondes de caoutchouc, etc. Les avortées mouraient très souvent dans des conditions et des souffrances horribles, décès le plus souvent liés à l'infection, à des perforations, parfois à un choc, une embolie pulmonaire foudroyante et une septicémie qui emportaient la femme en quelques heures après les manœuvres abortives. Vu que l'avortement était pénalement condamné, peu de médecins prenaient le risque de se voir interdire l'exercice de leur profession et de subir de lourdes peines (de 6 mois à 2 ans de réclusion et 5 ans de suspension, avant 1974). Ce travail était donc laissé à des personnes dépourvues de toutes compétences et de tous diplômes.
Si la législation est très sévère, les juges acquittent dans 60 à 80% des cas. Toutefois, la condamnation était plus présente dans les milieux bourgeois où l'on pensait que l'avortement était la conséquence de l'inconscience des femmes, « qui faisaient n'importe quoi avec n'importe qui ».

 

Au XIXè siècle, la société avait mis en place des « tours d'abandon ». Ces tours étaient destinés aux personnes qui voulaient laisser leur enfant dans l'anonymat et la sécurité. C'était une sorte de guichet installé dans la façade des hospices où était logée une boîte pivotante. L'ouverture du tour se faisait par la rue : il suffisait de déposer l'enfant dans la boîte, de sonner et la boîte se tournait vers l'intérieur de l'hospice où une sœur recueillait l'enfant.
A la fin du XIXè siècle, les tours sont supprimées pour faire place au bureau d'admission auquel les mères peuvent confier leur enfant. La police intervient parfois lorsque les parents ont commis un délit pour survivre. De plus, les domestiques ont parfois eu des relations avec leur employeur qui avaient entraîné une grossesse, ce qui poussait les employeurs à renvoyer la domestique car ils ne voulaient pas avoir de problèmes avec leurs femmes.

Au XXè siècle, la misère s'atténue petit à petit mais elle ne disparaît pas, elle reste présente. La cause d'abandon reste donc ce fléau. Mais il faut noter l'apparition grandissante des abandons dans la classe bourgeoise. Les femmes riches avaient des serviteurs et il leur arrivait quelque fois que celles-ci aient des relations extraconjugales. De peur que le mari le découvre, elles étaient contraintes d'abandonner l'enfant ou même d'avorter. Si elle était célibataire, la crainte du scandale et le risque que la famille, à l'annonce de la grossesse, n'expulse la jeune fille, ne laissaient à celle-ci pas d'autre choix que de se débarrasser du bébé.

Mais quand la dénatalité menace le pays, quand la guerre décime la population, le gouvernement réagit, ainsi les lois de 1920 et de 1923. En parallèle, les deux grandes guerres coûteuses en hommes susciteront des politiques natalistes dans la plupart des pays occidentaux (création des allocations familiales dans l'entre-deux guerres, par exemple).

Le 27 janvier 1920 fut créé, par décret, un ministère de l'Hygiène, d'Assistance et de Prévoyance sociales avec, à sa tête, Jules-Louis Breton, partisan de la reproduction à outrance et créateur de la médaille de la famille française qui récompense les familles, très, nombreuses. Le 31 juillet de la même année, une loi réprime fortement l'avortement (défini comme un crime ; il est important de souligner qu'à la fin du XIXè siècle, l'avortement n'était pas considéré comme un crime contre une personne, tel l'infanticide, et que la jurisprudence admettait l'avortement pour sauver la vie de la mère) et interdit la vente et la propagande pour les méthodes anticonceptionnelles (essentiellement le préservatif). En 1920, l'avortement était défini comme suit : « expulsion prématurée et violemment provoquée du produit de conception, indépendamment des circonstances de l'âge, de la viabilité ». De nos jours, l'avortement est défini en tant qu' « interruption volontaire de grossesse avec expulsion de l'embryon ou de fœtus avant que celui-ci ne soit capable de vivre de façon autonome. Si l'expulsion se produit alors que celui-ci est viable, on parle d'accouchement prématuré, et non pas d'avortement ».

En 1923, le Code pénal fit de l'avortement un délit, afin de mieux le poursuivre devant les Cour d'assises : la moyenne des acquittements passe sous les 20%. Ces mesures juridiques n’ont pas réussi à stopper la chute de la natalité : après 1923, la natalité diminua jusqu’en 1939, date à laquelle le nombre des décès excède celui des naissances. Du coup c'est le silence, la peur, la culpabilité qui règnent, ce qui n'empêche pas malgré tout les avortements clandestins de se poursuivre, avec tous les risques. Certains chiffres sont effarants : 20.000 à 60.000 décès par an dans les années vingt. Pourtant, peu à peu, la répression se relâche (notamment parce que la grande crise était là), mais les natalistes obtiennent la loi de 1939, dite « code de la famille », qui accrut la répression de l'avortement. Une prime à la première naissance fut même créée, en parallèle à la création de brigades policières spécialisées dans la chasse aux avorteuses (Madeleine Pelletier, une féministe qui défendait le droit à l'avortement, fut également arrêtée).

Sous le régime de Vichy, où la famille figure parmi les valeurs particulièrement prônées et donc défendues (Travail, Famille, Patrie était la devise officielle du gouvernement), l'appareil législatif se renforce : en 1941, les personnes suspectées d'avoir participé à un avortement peuvent être déférées devant le tribunal d'État ; en 1942, l'avortement est reconnu comme un crime contre l'État passible de la peine de mort (en 1943, Marie-Louise Giraud et Désiré Pioge furent guillotinés pour avoir pratiqué des avortements).

Après la guerre, si la peur de l'enfant existe encore dans toutes les classes sociales, les risques encourus ne sont pas les mêmes pour les petites ouvrières ou les vedettes du cinéma ou de la littérature. Bon nombre d'actes se pratiquaient au domicile de la candidate, avec un médecin complaisant ou dans des cliniques privées où les clientes attendaient dans un salon semi-obscur pour ne pas être trop tentées de se dévisager. Car, entre l'interdiction absolue accompagnées de poursuites pénales effectives et la libéralisation, il y a eu, dans de nombreux pays, une période où l'interruption se faisait dans des conditions sanitaires correctes, mais soit dans certains pays moins regardants, soit moyennant un paiement relativement élevé, soit encore dans certains centres de plannings familiaux, travaillant de manière plus ou moins clandestine.

 

L'Angleterre ne semble pas succomber aux diktats de la politique nataliste et les femmes anglo-saxonnes virent dans le préservatif une aubaine, une nouvelle forme de liberté, celle de choisir ou non sa grossesse. Leur argument était de taille : « Plus de femmes meurent durant leur grossesse que dans les mines ».

Le préservatif connu également un succès croissant aux États-Unis, où l’on vit des pin-up décorer les boîtes dès les années folles, les années 20. D’ailleurs, les GI's en emporteront toujours dans leur paquetage. La fabrication des préservatifs n'était pourtant pas admise dans tous les États. La firme Youngs créa, en 1926, la marque « Trojan ». La société gagna la confiance des drugstores, qui, outre-Atlantique, font office de pharmacie, après que les préservatifs eurent été l'exclusivité des bars, billards et bureaux de tabac. « Trojan » devint une telle institution qu'elle fut plagiée dès l'année suivante. C'est ainsi qu'une fausse « Trojan - bas de gamme » fut mise sur le marché, ce qui amena un certain C.I. Lee à comparaître pour contrefaçon. Ce dernier se défendit en prétextant que le nom « Trojan » n'était pas déposé et rappela, ironiquement, que la fabrication des préservatifs était illégale dans une partie du pays. Prenant C.I. Lee à son propre jeu, le tribunal le débouta, rappelant qu'il n'y avait justement pas de loi fédérale interdisant la fabrication de préservatifs et écarta par là même un décret d'interdiction d'Antony Comstock qui prévoyait des peines de prison à qui ferait la promotion du condom. Nous sommes alors en 1929, la crise économique bat son plein, ce qui n'empêche nullement les premiers distributeurs de préservatifs de voir le jour aux États-Unis, alors que le pourcentage de caoutchouc peu fiable présent sur le marché avoisine 50%. De fait, en 1930, la fabrication de latex liquide remplace le caoutchouc crêpe. Aujourd'hui encore, le latex liquide est à la base de la fabrication des préservatifs.

En 1932, une usine de préservatifs Durex, spécialisée dans la technique relativement nouvelle du latex, est construite à Hackney. Les fabricants se livrent, jusqu'au début de la Seconde Guerre mondiale, à une « guerre des gangs » sans merci, à coup de délation, racket et insultes en tous genres. Cinq cents millions de préservatifs se vendront toutefois, en 1937, sur l'ensemble du territoire américain. Pendant la Seconde Guerre mondial, le caoutchouc venant à manquer (la seule usine américaine de caoutchouc venait d'être bombardée à Pearl Harbour par les Japonais), « Youngs » investira 250 000 $ pour tenter, en vain, de réaliser un préservatif en nylon. Quatre mois plus tard, la fabrication de préservatif cessa. Pendant ce temps, les combats se poursuivaient et les préservatifs faisaient partie intégrante du paquetage des militaires américains, mais aussi allemands. La Grande Guerre avait servi d'exemple. L'impératrice Augusta-Victoria avait alors interdit la capote dans le paquetage militaire contre l'avis pourtant expert du général Von Bissing, et la syphilis avait ainsi désarmé de nombreux combattants. Durant le second conflit mondial, mode d'emploi et textes sur l'hygiène furent joints aux préservatifs.

L'utilisation la plus étonnante du condom, durant cette période, se fit lors du débarquement américain baptisé « Opération Torch » à Alger, Oran et Casablanca le 8 novembre 1942, et le 6 juin 1944 en Normandie. Couvrant le canon des fusils, le préservatif protégeait les armes du sable et de l'eau. Comble de la sophistication, cette « fleur au fusil » était le seul et le plus simple élément protecteur qu'il n'était pas obligatoire de retirer pour « tirer un coup » ! Mais ne soyons pas naïfs, les préservatifs avaient tout de même pour vocation de permettre aux soldats d'aller régulièrement « aux putes » avec une capote en poche ou, à défaut, un ensemble « pro-kit », (coton et chlorure de mercure) à utiliser après coup, « après le coup » comme cela se disait à l'époque. Les prostituées avaient, elles aussi, tout intérêt à se protéger car, victimes d'une maladie transmissible sexuellement, elles étaient punies, les militaires risquant quant à eux une mise à pied.

Enfin, le préservatif servit aux marins de toutes les mers pour mettre à l'abri de l'eau rations alimentaires, allumettes ou cigarettes. L'idée fut reprise, plus tard, par les passeurs de drogue : l'héroïne est enfermée dans de la cellophane, entourée de chatterton et enfilée dans une capote lubrifiée ; l'ensemble séjournera dans l'anus du trafiquant durant son voyage.

 

Au Moyen Age, on conseillait d'avoir des rapports dans la période la plus éloignée des règles (donc, en fait, la période d'ovulation) pour qu'ils restent stériles. Ce n'est que sporadiquement au XIXè siècle, et surtout à partir d'Ogino, dans les années 1930, que l'on osera aborder à nouveau cette pratique. La continence périodique fait cependant allusion à une autre réalité : les longues périodes de continence qu'impose le calendrier ecclésiastique ou les sanctions du confessionnal. Qu'il s'agisse donc d'une limitation volontaire ou imposée des naissances, il semble que la continence périodique ait été inefficace jusqu'au XXè siècle.

Avec le renouveau idéologique post-guerre des années 50, on assista à une intense valorisation du couple amoureux : il s’agissait pour les jeunes de s’aimer corps et âme. Si Pie XII, dans les années 50, admit que les recherches pour adoucir l'accouchement n'étaient pas contraires à la volonté divine, l'obligation d'accueillir tout enfant persista sans restriction pendant fort longtemps. Or l’Église maintint une position intransigeante (voir l’Encyclique Quadragesimo Anno) qui n’admet comme moyens de contraception que les moyens naturels (en 1930, le pape Pie XI interdit toutes méthodes artificielle qui entraverait la procréation ; vingt et un ans après, Pie XII autorisa tout de même l'abstinence sexuelle périodique, ainsi que la régulation des naissances pour raison économique, eugénique, sociales ou médicales). Ainsi, pour tenter de rester dans les clous, le Coca-Cola était parfois utilisé comme contraceptif en douche vaginale (alors que cette méthode est inefficace et peut être dangereuse ; il existe d’ailleurs des sacs à lavement d'un modèle courant aux États-Unis pouvant être utilisé à la fois pour des lavements intestinaux et des douches vaginales, suivant l'embout utilisé).

 

La contraception n'entrera dans sa phase endocrinologique que lors de la découverte des hormones ou, du moins, du principe de leur sécrétion. C’est à partir de 1954 que les femmes se sont vues offrir la possibilité de faire l’amour sans risque de tomber enceinte et sans préservatif, en interrompant grâce à la pilule le processus d’ovulation qui les rend cycliquement fertile. La pilule perturbe le dialogue entre l’hypothalamus (petite structure cérébrale de la taille de l’ongle du pouce qui sécrète une neurohormone) qui commande à l’hypophyse (une glande grosse comme deux noisettes constituées de deux lobes), de produire deux hormones stimulant les fonctions ovariennes (la FSH, hormone de stimulation des follicules, petits sacs lieu de maturation de l’ovule dans l’ovaire ; et la LH, hormone lutéinisante, stimulant le « corps jaune », follicule produisant des œstrogènes et libérant de la progestérone). La pilule maintient ainsi un pseudo-cycle menstruel, sans ovulation, grâce notamment à des progestatifs, hormones proches de la progestérone. Fabriqués à base de testostérone, ces progestatifs avaient un effet virilisant. Aujourd’hui, avec de nouveaux cocktails et dosages d’hormones, les effets sur la pilosité et le désir sexuel sont quasiment nuls.

Par contre, il est beaucoup moins évident d’obtenir un arrêt complet mais réversible de la production de spermatozoïdes, car la production de testostérone chute avec pour effet pour l’homme une voix fluette de fausset, des seins qui poussent ou une libido déficiente. Pour les hommes, le plus efficace est le slip chauffant : en effet, à température corporelle, les spermatozoïdes sont stériles (d’où la position des bourses en-dehors du corps).

Alors qu’en 1955 l'avortement thérapeutique (interruption de la grossesse pour raison médicale, pour l’enfant comme pour la mère) est autorisé en France, la pilule anticonceptionnelle est mise au point aux États-Unis. Le 8 mars 1956, l'association Maternité heureuse se crée, militant pour donner accès aux françaises à la contraception et pour l'abolition de la loi de 1920. Jusqu'aux années 1960, la contraception était pratiquement exclusivement mécanique. Elle est devenue massivement médicale avec l'apparition des traitements hormonaux (« la pilule »).

 

L'année 1961 connaîtra, en mars, la condamnation de « tout procédé contraceptif ou moyen stérilisant qui a pour but d'entraver la venue au monde des enfants », par l'Assemblée des cardinaux et archevêques de France. Mais sous le général de Gaulle, décidemment inclassable, les choses commencèrent à évoluer. Au-delà des inventions il fallait encore faire connaître, expliquer, prescrire. Ce fut le rôle notamment des centres de plannings familiaux : en juin 1961, on assiste à l'ouverture du premier Centre de planification à Grenoble par Henri Fabre, ainsi qu'un second à Paris en octobre.

En 1967, fut votée la loi Neuwirth, du nom du député gaulliste de la Loire qui s'acharna, malgré les fortes résistances des milieux conservateurs, à faire évoluer mentalités et législation. Cette loi vint abroger la loi anti-avortement de 1920, autorisant ainsi la vente des produits contraceptifs (jusqu'à 21 ans – la majorité légale à l’époque – une autorisation parentale étant nécessaire pour la délivrance de la pilule) tout en encadrant la publicité (interdite sauf dans les revues médicales). Elle fut complétée en 1974, sous l'impulsion de Simone Veil, par une nouvelle loi autorisant l'importation, la fabrication et la vente en pharmacie des produits définis comme contraceptifs. Cette loi légalisait la contraception et permettait son remboursement par la sécurité sociale.

 

C'est dans le contexte de « il est interdit d'interdire », de la Révolution sexuelle et de la popularisation de « la pilule » que sort le 29 juillet 1968 la fameuse encyclique Humanae Vitae publiée par Paul VI. Prenant le contre-pied des conclusions de l'ensemble des groupe de travail (aussi bien les experts scientifiques, les représentants des mouvements sociaux chrétiens que les théologiens), le Pape Paul VI y condamne la contraception, sous toute forme autre que « naturelle » (interdiction de l'utilisation de la pilule contraceptive et de toute régulation artificielle des naissances). Seule est autorisée la méthode Ogino. Gynécologue japonais, en 1924 il découvrit la loi physiologique qui porte son nom (loi d'Ogino), selon laquelle chez la femme l'ovulation (la libération de l'ovule par l'ovaire) se produit d'habitude une seule fois au cours du cycle menstruel, c'est-à-dire entre le douzième et le seizième jour après le début de la menstruation. Cela couplé à une survie des spermatozoïdes jusqu'à 4 jours suite à l'éjaculation, et à une survie de l'ovule pendant 1 jour suite à l'ovulation amène une période féconde entre 12-4 = 8 jours et 16+1 = 17 jours après le début des règles. Une telle connaissance permettait aux couples qui désiraient un enfant de savoir à quel moment les rapports offraient les meilleures chances de conception. En 1928, le gynécologue autrichien Hermann Knaus confirmait et précisait la découverte d'Ogino, mettant au point la méthode Ogino-Knaus, dite également rythmique ou cyclique, qui consiste à prévoir à chaque fois, grâce à un calcul statistique des cycles menstruels précédents, la période de l'ovulation, c’est-à-dire pendant laquelle la fécondation est possible. Seulement il modifia considérablement l'esprit de cette méthode pour en faire un moyen de contraception (la Méthode des cycles). Ogino s'opposa à cette façon de voir, soutenant que le taux d'échec était trop élevé et que promouvoir une telle méthode pour la contraception, bien que d'autres fussent disponibles et plus efficaces, aboutirait à un grand nombre d'avortements dus à des grossesses non désirées. De fait, l'application d'une telle méthode sur une vaste échelle s'est révélée difficile et a conduit à un grand nombre d'échecs en raison de sa complication : elle exige une grande autodiscipline chez le couple et elle n'est pas utilisable lorsque les cycles menstruels sont irréguliers, comme c'est souvent le cas. Parmi les méthodes de limitation des naissances, cette méthode Ogino-Knaus fut approuvée par l'Église catholique en 1951 et, avant qu'on en découvrît les limites, elle souleva d'immenses espoirs. Roger Peyrefitte écrit dans Les Clés de saint Pierre : « Vénus reparaissait, sans l'épithète désespérante de genitrix (« celle qui enfante », la génitrice), et l'héroïne de ce roman pense que, lorsqu'elle sera mariée, elle n'aura plus besoin de se soucier des « jours du pape » (en Italie, on parlait de la méthode « Oggi, no » : « Pas aujourd'hui, mon chéri »).

La seule contraception que l'on veut bien concéder, au nom de Dieu et du « Laissez-les vivre », c'est l'abstinence. Si on s'entête à faire l'amour pour le plaisir et non pour la procréation, on paiera ce crime par une naissance non désirée. Cette prise de position radicale a joué un rôle considérable dans la distanciation d'un certain nombre de chrétiens par rapport à la loi de leur église, voire même de la part d'un certain nombre de clercs. Parallèlement, les condamnations de la contraception s'atténuent dans les milieux cléricaux sur le terrain, face à la menace, beaucoup plus grave, de la dépénalisation de l'avortement.

 

En 1969 se crée l'association nationale pour l'étude de l'avortement. Toujours timide, l’assemblée se contente en 1970 de la proposition de loi Peyret (député gaulliste, président de la Commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale) prévoyant un assouplissement des conditions de l'avortement thérapeutique. Pour faire avancer le débat et surtout les lois, l'hebdomadaire Le Nouvel Observateur publia le 5 avril 1971 le « Manifeste des 343 salopes » dans lequel 343 femmes (des personnalités du spectacle, de la littérature et de la politique) déclarent avoir avorté. Aucune poursuite ne fut engagée par le gouvernement Messmer. Le contexte dans lequel éclate l'affaire est celui d'une interdiction légale assortie d'une relative mansuétude de la part des parquets qui ferment souvent les yeux. Ce divorce entre la loi et la pratique est évidemment contestable en démocratie.

En juillet 1971, l’avocate Gisèle Halimi et l’écrivaine Simone de Beauvoir (deux signataires du Manifeste) fondèrent l'association Choisir pour défendre les personnes accusées d'avortement. Le 20 novembre 1971, plus de 4 000 femmes manifestèrent à Paris pour le droit à l'avortement. En octobre 1972, l'avocate Gisèle Halimi fit acquitter une jeune fille de 17 ans qui avait avorté. Le 5 février 1973, moins courageux que les 343, 331 médecins firent savoir qu'ils avaient eux aussi pratiqué des avortements. Ils furent suivis en avril par la fondation du Mouvement pour la liberté de l'avortement et de la contraception (MLAC) : personne n'est pour l'avortement, il s'agit toujours d'un échec mais il peut, dans certaines circonstances précises, être un moindre mal ; le mouvement insistera aussi sur la nécessité de remettre la loi en accord avec la pratique.

C'est sous la présidence de Giscard d'Estaing, mais dans un contexte qu'il faut situer plutôt au cœur des grands combats féministes affirmés depuis 1968, que le sujet de l'interruption volontaire de grossesse (IVG) apparaît dans les assemblées représentatives. Devant l’actualité du débat, l'Assemblée nationale vota le 28 juin 1974 le projet de Simone Veil (ministre de la Santé), qui libéralisait totalement la contraception : la Sécurité sociale rembourse la pilule, les mineures ont droit à l'anonymat. Dans la foulée, du 26 au 29 novembre 1974, des débats houleux (et même honteux vu le peu d’arguments et le grand nombre de petites phrases blessantes mais hors sujet) animèrent l'Assemblée nationale sur le projet de Simone Veil de dépénaliser l'interruption volontaire de grossesse (IVG) pour les femmes dites « en état de détresse » jusqu'à la dixième semaines de développement fœtal et jusqu'à la naissance au cas où l'enfant est handicapé ou si la vie de la mère serait menacée par la poursuite de la grossesse. Ainsi, la loi n'autorisait pas l'avortement mais elle suspendait les poursuites légales si un certain nombre de conditions étaient remplies.

Le 17 janvier 1975, la loi Veil fut promulguée, mais avec une mise en place pour une période de cinq ans (la loi sera reconduite définitivement le 30 novembre 1979, mais le texte fut adopté à une majorité beaucoup plus courte que lors de son premier passage en 1974). La loi de 1975 a pu faire disparaître les complications et les morts dus à l'avortement. Si la loi de 1975 légalise l'IVG, elle réaffirme aussi le respect de tout être humain dès le commencement de la vie. Il ne saurait être porté atteinte à ce principe qu'en cas de nécessité et selon les conditions définies par la loi.

Le 31 décembre 1982, la loi Roudy permit le remboursement de l'IVG par la Sécurité sociale. En 1986, une proposition de loi fut déposée sur le déremboursement de l'avortement à l'occasion de la première cohabitation gouvernementale. La proposition de loi fut bloquée par le gouvernement Chirac et ne fut donc pas soumise au vote du Parlement. En 1990, il y eut une proposition de résolution du Parlement européen sur l'avortement (sans suite, les états étant très divergents à ce sujet). En 1993, la loi Neiertz créa le délit d'entrave à l'IVG en réaction aux commandos anti-IVG. L'Église catholique préfère actuellement encourager les méthodes de Planification familiale naturelle, telles que la méthode Billings (observation du cycle féminin et identification des périodes de fertilité par le suivi de l'état de la glaire cervicale), à toute méthode chimique ou mécanique.

 

En 1950, et essentiellement dans le sud des États-Unis, vingt-cinq mille distributeurs automatiques étaient installés dans les toilettes publiques ou station-service, remplaçant le plus souvent des distributeurs de lames de rasoir qu'il fallut adapter. En 1957, le tout premier préservatif lubrifié fut lancé au Royaume-Uni. En 1961, la marque DUREX commercialisa le premier préservatif lubrifié.

Depuis 1920, il était interdit en France de promouvoir le préservatif. Alors que son commerce se développait énormément, le tabou du contrôle des naissances impliquait la censure des ouvrages qui en parlaient, avec un à six mois d’emprisonnement et 100 à 5000 Francs d’amende pour propagande anti-conception ou campagne antinataliste. En 1938, prôner l’hygiène était la seule solution pour contourner la loi. En 1939, le Code de la famille était toujours remonté contre le chapeau pour « chauve au col roulé », position renforcée par les lois anti-conception du gouvernement de Vichy. Le slogan de l’époque était « la France a besoin d’enfants ; on ne doit pas les oublier lors de la lune de miel ! ». Une carte postale proclamait haut et fort « À quoi rêvent les fiancées (remplacées à la main par « jeunes mariées ») ? Au gentil bébé qu’elles chériront ! ».

Début des années 80, le virus du Sida est identifié. Le SIDA, virus répandu depuis longtemps chez les singes d’Afrique, aurait contaminé un chasseur dans les années 30 puis a progressivement touché la planète entière par un effet domino. En France, 50% des contaminés l’ont été par voie hétérosexuelle, 25% homosexuelle et 3% par des seringues infectées. La France n’autorisera finalement la publicité sur le préservatif qu’en 1987, sous réserve d’obtention d’un visa de la part de l’Agence de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé, au même titre qu’un médicament. En 1991, la publicité pour la contraception est enfin autorisée : en France, où la couverture contraceptive féminine est l’une des plus importantes au monde, la pilule concerne deux tiers des femmes en âge de procréer. On verra alors se multiplier des grandes campagnes d'information, la distribution de livrets explicatifs, des spots didactiques ainsi que l'organisation de séances d'éducation sexuelle dans les établissements scolaires.

Depuis mars 2001, les infirmières scolaires (dans les collèges et les lycées) sont autorisées à délivrer la pilule du lendemain (Norlevo).

Le 4 juillet 2001, la loi Aubry, dépénalisa complètement l'avortement, porta de 10 à 12 semaines le délai légal de l'IVG et supprima l'autorisation parentale pour les mineures. À partir de janvier 2002, les pharmaciens durent distribuer gratuitement la pilule du lendemain aux mineures, et depuis juillet 2004 l'IVG médicamenteuse est autorisée chez les gynécologues et certains médecins généralistes pour les grossesses inférieures à cinq semaines.

 

Au XXè siècle, la législation française a créé l'accouchement sous X, assurant l'anonymat d'abord total sur la personnalité de la mère. C'est devenu la principale forme d'abandon. La société a contribué à diminuer l'abandon en instaurant des systèmes de prévention tels que la contraception mais s'il a peut-être diminué, il n'a pas pour autant disparu.

De nos jours, l'avortement n'est plus un sujet tabou pour la société, même si les opinions ne sont pas unanimes sur le sujet. Les autorités papales condamnent toujours cet acte qu'ils considèrent comme un crime. Dans l'U.E., l'Irlande reste le seul pays d'Europe à s'y opposer, même s'il est permis d'aller se faire avorter ailleurs, ce qui est le cas pour 7000 femmes chaque année qui se rendent en Grande-Bretagne.

Depuis les années 60, la femme a donc conquis de nombreuses libertés dans le domaine de la maternité : avec la contraception et, si celle-ci a échoué, l'IVG, elle peut désormais choisir d'enfanter ou non. « Mon ventre est à moi », proclamaient déjà les manifestantes des cortèges féministes des années 70. Pourtant, d'après une enquête récente, il apparaît que chez certains jeunes, spécialement les garçons, l'avortement soit devenu un moyen anticonceptionnel et donc un nouveau combat pour la contraception doit être mené car elle reste la meilleure dissuasion de l'avortement.

Si toutes les femmes pratiquaient la contraception, si toutes les possibilités leur en étaient données, si l'on conditionnait la conscience féminine à la prévention de la grossesse, le problème de l'avortement deviendrait un problème marginal. L'important pour une femme est d'abord de savoir, puis d'être persuadée, que la contraception est le meilleur moyen de disposer de son corps.

La position de l'Église n'a pas changé, au contraire. Jean-Paul II a fréquemment répété son opposition totale et, en théorie, aussi bien celle qui se fait avorter que celui ou celle qui l'accompagne sont passibles d'excommunication. Le bras de fer entre les centres de planning familiaux chrétiens allemands et le Vatican est une illustration très récente de cette opposition.
Comme souvent dans les sujets éthiques, la position du clergé du terrain est plus nuancée mais ceux qui acceptent le geste ne le font que dans la référence à la doctrine du « moindre mal ».

Par contre, l'apparition du Sida a contribué à faire se multiplier des déclarations moins tranchées de la part d'autorités ecclésiastiques plus près de leurs bases, à savoir les évêques, qui ont souvent prêché la règle du moindre mal et donc l'utilisation du préservatif dans les situations à risque.

 

Les années 1990 permirent aux nouvelles technologies une amélioration considérable du préservatif et la production de modèles beaucoup plus sophistiqués que ceux que connaissaient nos ancêtres. La dernière nouveauté est l'AVANTI de DUREX, fabriqué à partir d'un type de polyuréthane unique, le DURON, qui est deux fois plus résistant que le latex et permet d'obtenir un film plus fin afin d'augmenter les sensations.

Actuellement, le seul moyen contraceptif efficace pour l'homme et la femme, reste le préservatif. Mais ce dernier risque bien d'évoluer avec la mise au point en novembre 2000 par Michel Bergeron (professeur à l'Université de Laval au Québec) d'un gel contraceptif inodore, incolore et imperceptible, protégeant contre les MST et même le virus du sida. Ce gel, baptisé « préservatif invisible », est composé de deux ingrédients : un gel polymère (liquide à la température extérieure, mais qui se gélifie à température corporelle) combiné d'un germe comme le sulfate de sodium laurylé. Pour l'instant, la méthode testée sur des souris a donné de bons résultats. L'avenir nous dira si ce gel est applicable à l'humain.

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Published by Collectif des 12 Singes - dans Une histoire d'Homo Sexualis
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10 juin 2009 3 10 /06 /juin /2009 19:29
  • Elle est en nage, de bonheur, elle coule et croule sous les litres d'eau de rose.
  • Il suffit que tu m'aimes! Ça m'est compliqué de faire et de penser aussi simple.
  • Cornichon entre ses gros nichons, concombre dans son con.
  • SGEP: Syndrome Génitale d'Excitation Permanente.
  • Quand tu tires sur la queue de détente, ça déclenche la percussion et le coup part: tu prends ta cartouche à partir de la gueule du canon.
  • Le cheval n'est pas beaucoup plus grand que nous, mais lui nous voit plus grand avec son œil déformant, ce qui a permis la domestication.
  • Notre œil, notre regard sur le monde, dicte notre comportement, mais on peut être myope. L'aveugle ne voit pas, il ressent un autre reflet de la réalité, qu'il peut «voir».
  • Tu te tais ou je te tais/tue.
  • Ce que j'ai vu de toi justifiera toutes les tortures futures, c'aurait été une torture de ne pas en voir plus.
  • Je t'assure, je suis sûre! Que tu dis oui!!!
  • Triste Sir, viens que je te tienne et t'allume la chandelle.
  • Ta chatte miaule, mais chatte échaudée par de mauvaises expériences craint la douche froide du lendemain qui déchante.
  • La chienne hurle à l'amour, au loulou «y es-tu?» ... «oui, bien profond même».
  • Faut faire gaffe à l'ivresse des profondeurs: tu te couches avec une sirène, tu te réveilles en apnée à côté d'une baleine échouée ou d'un thon (même si le thon c'est bon, comme les vaches de mer qui croient que c'est toujours la dernière).
  • Tout ce qui se consomme se consume.
  • La bouteille a pris sa claque, la part des anges ... enfin notre part démoniaque car on n'a pas été des anges après les vices du calice.
  • J'aime toutes les chattes, sauf les chattes teignes.
  • Je rêve de remplir une grosse sale plutôt que de jouir à jouer dans un petit espace étriqué mais sans ambiance.
  • Elle sait y faire, mais elle ne fait pas souvent.
  • Mon histoire d'amour est dans de sales draps, il me faut une couverture.
  • Une pouffe, une gisquette («fille publique», «maîtresse»: peut-être du nom d'Henri Gisquet [1792-1866] préfet de police qui imposa une carte aux prostituées), une morue.
  • En boudin, créole.
  • Être expert en sexe n'est pas mon boulot, c'est mon hobby.
  • On se re-jouit? Oh oui, ça me réjouit.
  • La maman ne peut être une femme car elle est fée-mère éternelle.
  • Tu n'as pas à te poser de questions, j'en donne les réponses.
  • Je suis tombé dedans à 16 ans, depuis 20 ans je suis toujours dessus, sur cette affaire.
  • Les femmes ont besoin de raisons pour faire l'amour, les hommes d'un endroit.
  • Le dealer des cœurs: il fait goûter sa came pour rendre accro puis fait payer cher la dépendance.
  • Sans faire plouf, je te propose de passer du canapé-pouf à une croisière au fil du lit à eau.
  • À force qu'on me casse les pieds, j'ai les orteils bons pieds bon œil.
  • J'ai spermission jusqu'à minuit.
  • T'es couchée? Oui, et même douchée, grrr!
  • Ton cœur est un gilet par-belle.
  • Le SMIC est le maximum patronal du minimum salarial.
  • Il y a trop de X dans le X, c'est le problème des sextrêmes.
  • Tu mens comme tu conspires à ma perte.
  • Le feu purifie en chassant les ondes négatives.
  • Belle d'un jour, pute d'un soir.
  • Je ne te dis rien, mais on s'est compris.
  • Elle obéit à l'œil puis au(x) doigt(s).
  • Elle boit et aboie grave.
  • J'ai la queue touffue tout flamme.
  • Non, la chiotte n'est pas la femelle du chiot.
  • Notre relation me laisse sans voix et sans texte.
  • L'homme se doit de tout donner, la femme se doigte de tout se donner.
  • Je suis rentré dans la femme pour la changer comme pour en user et abuser, mais ce sont elles qui m'ont changé.
  • Tu veux de l'amour?, je vais t'en donner tout plein dans ton cul.
  • Partir c'est courir un peu mais très et trop vite en voyant toute sa vie sentimentale défiler devant ses yeux.
  • Mon fantasme c'est faire fondre la glace entre nous en couchant dans la neige pour faire de la vapeur.
  • À force de patience et de souffrance.
  • Je pose ma pine sur ses lèvres pures ... (que je) purine (arroser avec la partie liquide du fumier).
  • L'amour n'est pas dans les cœurs chauds mais dans les yeux de braise.
  • Trop de nectar peut devenir poison.
  • Le temps des soupirs n'est pas favorable aux soupirants.
  • Qui aime bien châtie bien, viens là que je te somatise.
  • Le toutou, le suis toutes.
  • Lance-toi ... de très haut ... avec une corde.
  • Un chopeur (tombeur, preneur de femme: de chopper, faire un faux pas en heurtant du pied quelque chose, prendre de façon brusque et inattendue, faire une erreur ou un écart de conduite, se heurter à un obstacle d'ordre moral) chéper va au shoppy en chopper.
  • Je dis vrai, je divague pas.
  • En femme, j'ai un forfait toutes options soir et week-end.
  • Tiens t'as déjà pris ton coup du jour, sans moi! On va régler ça ce soir, tu passeras dans mon bureau ... enfin sous.
  • Ça commence à poindre, bientôt tu vas pondre.
  • La vie est une ture lutte.
  • Plus l'amour est mûr meilleur en est le jus.
  • El niño (l'enfant): tornade chaude et humide qui secoue les palmiers et les noix de coco.
  • Harem signifie «maison du bonheur», partie interdite aux hommes autres qu'eunuques (blancs pour le souverain, noirs pour le harem: esclaves castrés avant la puberté puis enterrés dans le sable chaud du désert jusqu'au cou pour que ça cicatrise).
  • Polygamie économique pour armée du Prophète: 4 femmes, mais autant de concubines que le confort permet.
  • Odalisques: concubines converties pour le harem (Uren, «la joyeuse»; Nenu phar, «rose de mer»), restant 9 ans à la cour en suivant des cours d'érotisme puis se voyant offrir la possibilité de se marier à l'extérieur.
  • Chez les Ottomans, on consommait des filles fraîches pour l'été et des jeunes garçons (serviteurs du palais en apprentissage de la haute/hot société) chauds pour l'hiver.
  • Le lit royal mène au pouvoir.
  • «Tu viens?, elle est bonne!» dit-il à son pote.
  • La puberté des femmes nomades et leurs règles viennent vers 16/17 ans, puis survient une stérilité post-adolescence. Mariage vers 15 ans, règles vers 17 ans, 1er petit vers 20 ans puis tous les 3/5 ans, mort vers 35 ans (si pas avant, en couche). En Europe, la puberté est passée de 17 à 13 ans en un siècle. La sédentarisation et une qualité/quantité meilleure de nourriture favorisent le développement démographique car les mères sont plus jeunes et ont plus d'enfants (moins d'empêchements de l'ovulation).
  • La graisse est utilisée pour grandir et ovuler puis pour supporter le coût nutritionnel d'un bébé (la mère étant aidée par les allomères: de la sage-femme à la commère, de multiples femmes entourent la mère et son petit). La leptine, liée à la graisse, enclenche la puberté et la reproduction: il faut en effet de la graisse pour la croissance et l'allaitement du bébé (d'où le développement des fesses et des seins). L'allaitement est plus coûteux en graisse que les six derniers mois de gestation et que la dépendance du petit sur un an. La lactation empêche la fertilité ovarienne (suspension des règles) et oblige les mâles à violer face à la dépendance du petit (puisque la gestation est plus chère en énergie que l'éjaculation).
  • L'ocytocine sert aux contractions avant l'accouchement, mais aussi pour la montée de lait, pour l'accroche sentimentale ainsi que pour l'agressivité envers les mâles après l'accouplement (post-partum, d'où le baby-blues comme refoulement/décompression de cette agressivité). L'interaction avec la mère via l'ocytocine et le sein développe les animaux sociaux chez les mammifères.
  • La femelle chimpanzé fréquente beaucoup de mâles: ils ont donc de gros testicules, mais comme ils ne sont pas sûrs d'être le père ils ne s'occupent pas du petit. L'homme est à mi-chemin avec le gorille et son harem (donc petits testicules), où il est certain d'être le père donc prodigue des soins à son bambin. S'en suit pour l'humain un comportement de protection tendant vers la monogamie et la famille nucléaire avec une ou deux femmes.
  • Les pères veulent beaucoup d'enfants pour leur survie génétique mais ne sont pas sûrs d'être le père alors que la femme veut peu d'enfants (chers en énergie) en privilégiant la qualité sur la quantité.
  • Le chasseur ramène pour tout le groupe, pas que pour son épouse, afin de développer son prestige auprès des autres femmes.
  • 15 jours après l'accouchement, la mère repart à la collecte/cueillette pour reprendre des forces, pendant que des jeunes filles deviennent baby-sitters (avec les conseils des anciennes) pour faire leur expérience. L'activité physique et la lactation empêchent l'ovulation.
  • Quand il y a changement du chef du harem, le nouvel alpha veut tuer les petits de l'ancien chef mais les grands-mères et les vieilles tantes veillent pour protéger le groupe (elles sont stériles donc elles tentent et ne risquent pas grand-chose). Il y une ambivalence de la mère devant le destin de son petit: elle présent son petit chimpanzé chétif comme un bon gros bébé pour dire qu'il est en bonne santé (poids) et plaider ainsi pour le garder (coût énergétique pour l'alimenter, le surveiller, le protéger).
  • Comme chez les dauphins, les femelles ménopausées survivent et aident les enfants.
  • Seules les humaines rejettent les petits selon le sexe: plus fort est le taux de recherche de garçon, plus il y a de mères infanticides car fille=dot=perte de la fille comme esclave de la belle-famille d'où peu intéressante socialement (sauf pour créer/consolider des alliances).
  • Salle de garde chez les médecins hospitaliers: Éros Vs Thanatos: http://www.leplaisirdesdieux.fr
  • Tu veux un jus de carotte? La carotte oui, le jus non!
  • Fais-moi tâter de ta matraque, je te ferai tâter de ma trique.
  • Tu ne me lèches pas, tu me lâches!
  • Ta bite me chatouille autant qu'elle me gratouille.
  • Maître-étalon.
  • Faire l'amour c'est la liberté, aimer c'est la perdre.
  • La vie commune est la maison de retraite de l'amour.
  • Je lui rentre dedans comme dans un moulin à beurre.
  • Un monte en l'air.
  • «La bourse ou la vie» a créé les eunuques, bien vivants mais sans bourses.
  • Ivan le divin, le terrible du divan.
  • C'est beau une paire de dames! Mouais, une de cœur, une qui pique.
  • Laisse faire l'expert avec cette croupière à la croupe de fer d'enfer.
  • Je n'ai pas cherché à la trouver.
  • Dard wador (to wad up: boucher avec un tampon): open bar du warrior in the dark.
  • J'ai besoin de toi mais tu ne le sais/vois pas.
  • On est en couple que quand on est ensemble.
  • L'écrit c'est infini.
  • Je ne sais pas quoi/comment faire avec toi! T'inquiète, laisse toi faire!!!
  • Face à l'amour de sang chaud, je ne suis pas un manchot de macho.
  • Notre amour fait du zèle, il me donne (Vs «me brise») des ailes.
  • Plein de les filles, hum, j'aime les défis.
  • Tu m'as fait tout un cirque alors que je venais de dresser le chapiteau.
  • Il y va, il est au taquet («pieu, poteau»), il est attaqué.
  • Quel joli jumper (sauteur, cavalier).
  • Je peux mais ne sais si je veux assumer les responsabilités du lendemain, éveillé plus bourré.
  • Il va chercher la petite bête au fond du trou avec son gros bâton.
  • Le meilleur sport c'est le corps à corps.
  • Ça c'est pour toi, une friandise sur ta langue, un bon bonbon qui fond dans ta bouche, ni dans ta main ni pas dans mon slip.
  • Les bouteilles défilent aussi vite que les pochetrons se les enfilent.
  • Si c'est bien fait, ça fait son effet. Justement, elle le fait bien? Je te dirai ça demain matin!
  • Je suis plus demandé que demandeur.
  • Le pouvoir de dire oui c'est aussi le plaisir de non.
  • Fast-sex: beaucoup d'attente, servi tiède et ramolli, et t'as encore faim après.
  • «Je t'aime»: on n'est pas obligé de le penser vraiment, mais il faut le dire souvent.
  • Elle n'était pas enchanté, j'ai vite déchanté puis déjanté.
  • Une bombe anatomique.
  • Si le travail c'est tellement bien, pourquoi on nous paye pour le faire?
  • M'essayer c'est m'adopter.
  • On dit que c'est en forgeant qu'on devient forgeron, donc c'est en niquant qu'on devient nique-bon!
  • On est sur la même longueur d'ondes, faudra qu'on ondule ensemble.
  • T'as pas froid toute nue? Tu devrais enfiler quelque chose d'épais qui te réchaufferait.
  • Mésentente cordiale dans la triple alliance perso, pro, socio.
  • Si tu savais ... mais tu ne sauras jamais.
  • La résistance de l'ensemble se résume à celle des maillons les plus faibles, les moins protégés/résistants.
  • L'encyclopédie est l'accumulation des savoirs les plus récents pour définir de nouvelles pistes.
  • L'activité matérielle/productrice doit être une récréation des activités de l'esprit.
  • Il nous faut une Révolution pastèque: verte à l'extérieur, rouge en profondeur avec les graines noires de l'avenir proche.
  • La peine de mort, comme les atrocités des drogues (mal prises par n'importe qui, n'importe comment, n'importe quand), n'est dissuasive que pour les honnêtes gens.
  • Mouvement identitaire des idées, pas communautaire des individus.
  • Il faut savoir rationnaliser les passions/pulsions.
  • C'est parce qu'on a peur du temps qui passe qu'on parle tant du temps qu'il fait.
  • C'est parce qu'on a peur de se dépasser que les choses paraissent impossibles.
  • Un homme vaut plus qu'une femme? Non, c'est juste qu'il gagne plus!
  • Je ne suis pas marié, je ne suis responsable de personne.
  • Le meilleur remède à la douleur, c'est le plaisir.
  • Malgré les forces qu'ils ont et les faiblesses que nous avons, nous vaincrons car à elles seules les forces répressives ne peuvent pas venir à bout du désespoir.
  • Argent: bon valet, mauvais maître.
  • L'argent, plus t'en as, moins tu en as besoin.
  • Tu connais tout le monde? Non, tout le monde me connaît.
  • La prison tue plus que la peine de mort, mais plus lentement.
  • La mort n'est ni une malchance, ni un hasard, ni une coïncidence, mais elle n'a pas d'échappatoire.
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