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30 octobre 2007 2 30 /10 /octobre /2007 08:30

Catégorie : VIII] Celui qui ne veut pas entendre ou voir n’a qu’à pas écouter ou regarder !!!

 

 

Fiche de visionnage n°42 :

Épisode 6 (saison 1, épisode 6) – La Mort

 

 

 

Analyse philosophique des extrêmes : La censure est-elle justifiable ???

 

 

Les pros : La mère de Kyle, les autres parents, M. Garrison,

Les antis : Les enfants.

 

 

Thèse : On peut rire de rien, mais avec tout le monde ;

Antithèse : Vive quelques grammes de rudesse dans ce monde de dupes,

Synthèse : Les parents doivent surveiller mais ne rien esquiver !

 

 

Il était une fois à South Park le grand-père de Stan qui fêtait ses 102 ans. Avant de souffler ses bougies il fait un vœu, exprimant le souhait de mourir. Quel farceur ce papy !

 

 

Introduction :

 

 

Depuis quelques années nous assistons au retour en force des « bonnes mœurs » à travers le politiquement correct, en ce qui concerne autant la communication et la médiatisation que la morale sociale au sens large.

 

Quoi qu’il en soit, on voit également de nombreux sursauts revendiquer la liberté de ton dans un monde qui se renferme sur ses fondamentaux par peur du soi-disant « choc des civilisations ». Peut-être que les hippies sont allés trop loin dans leur libertarisme, mais les terroristes de l’esprit sont extrémistes dans l’autre sens. On peut certes tenter de canaliser certaines dérives par trop outrancières, mais il est important également de cultiver la dérision et la caricature sur des sujets qui nous rendent tendus comme des strings.

 

Le veto est une arme très puissante, mais qui peut vite virer au totalitarisme des esprits, alors que son efficacité est toute paradoxale.

En somme, la censure est-elle justifiable ???

 

 

Thèse en faveur de l’opportunité de la censure

 

Face à un jeune public, par définition en pleine construction de sa personnalité individuelle et sociale, il est de bon ton de mettre le holà à certaines mauvaises sources d’inspiration.

Nos chères petites têtes « blondes » sont très perméables à la culture ambiante qui règne dans la société dans laquelle ils évoluent, et sont souvent trop influençables par la télévision et certains programmes qui ne leur sont pas destinés à prime abord. Les enfants peuvent alors vite s’approprier des séries et émissions dont le contenu les réjouit mais qui peut aussi les façonner à l’encontre des bonnes mœurs, mais surtout leur faire croire que la caricature poussée à l’extrême est la réalité (alors qu’elle n’en est qu’une partie, parodiée à outrance).

La mère de Kyle, comme à son habitude autoritaire, ne s’en laisse pas conter. Kyle a beau prétexter que tout le monde regarde « Terrance et Philipp », il ne regardera plus jamais cette série, avec son humour pipi-caca (prout-prout même) immature. Elle appelle même dans la foulée la mère de Cartman pour lui dire que cette série est une horreur et qu’elle peut rendre impoli. Ce qu’est déjà largement Cartman, puisqu’il répond du tac-o-tac à sa mère que c’est des conneries et que la mère de Kyle est une (bip) de juive. L’info remonte même jusqu’à l’école puisqu’un parent d’élève a aussi appelé M. Garrison à ce sujet (et Cartman, ironiquement, a bien raison de se demander la mère de qui ça pourrait-il être). Comme le confirme M. Toc, regarder cette vilaine série est mal : son humour pipi-caca ne développe pas l’esprit des enfants (comme ses cours d’ailleurs !) puisqu’elle est grossière et vide de sens. Même si les enfants semblent apprécier cette série, très éloignée de la réalité, il y a mieux à faire que regarder deux types se péter dessus. Certes il y a toujours eu à la télévision des séries douteuses, qui sont en général vite déprogrammées, mais les gamins feraient mieux de se cultiver pendant leurs loisirs plutôt que de regarder ces bêtises. M. Garrison va donc appeler les parents et, grand censeur insensé qu’il est, va leur conseiller d’interdire à leurs rejetons de regarder cette série pour toujours (au plus grand dam des enfants).

 

Même si c’est bien sûr également aux parents de surveiller ce que regardent leurs enfants, on peut aussi considérer que les chaînes de télévision se doivent de contrôler et d’encadrer ce qu’elles diffusent.

Le problème n’est bien évidemment pas de pénaliser des séries comme « Terrance et Philip » en les condamnant moralement, mais plutôt de faire attention à ce qu’un jeune public ne puisse pas si facilement y avoir accès, notamment en les programmant à des heures tardives alors que les enfants sont censés être couchés. On peut en effet considérer qu’il est un peu trop facile de totalement se décharger sur le contrôle parental en rejetant toute responsabilité de la part de diffuseurs pas très cathodiques.

La mère de Kyle, suivie en cela par des centaines de manifestants devant le siège de la chaîne de télévision Cartoon Central (à rapprocher de Comedy Central qui diffuse South Park), exige une TV de qualité pour les enfants, avec des séries de prestige comme Inspecteur Derrick. Mais la mère de Stan doute fort du résultat concret de cette manifestation. Le président de la chaîne lit alors un communiqué indiquant leur position : « Allez vous faire enc... Merci de votre attention. Si vous avez d’autres questions la poubelle est derrière ce mur ». Il finit son allocution en baissant son froc, mais pour se moquer encore plus ouvertement et vulgairement des manifestants !

 

Quand il n’y a pas d’arrangement possible, on peut vite être amené à radicaliser son action pour obtenir gain de cause.

Sans forcément basculer dans la violence (quoique, c’est l’arme utile de ceux qui n’en peuvent plus et on plus à y gagner qu’à y perdre), il est parfois nécessaire de pousser le bouchon plus loin pour être écouté par des pires sourds qui ne veulent rien entendre. Que l’on soit d’accord ou pas avec les méthodes employées, certains estiment que la fin justifie les moyens.

Ainsi, la mère de Kyle montre aux parents de South Park la série incriminée et déclare qu’interdire l’émission aux enfants ne suffit pas, il faut boycotter la chaîne de télé toute entière. Elle en a ras le bol : pour elle la diffusion de telles horreurs doit cesser, et il faut donc manifester devant le siège de la chaîne pour obtenir satisfaction. Quand les manifestants se font éconduire par le président de la chaîne, la mère de Kyle décide qu’il est temps de mettre un terme aux manifestations pacifiques et de passer au plan B. Puisque la télé refuse de les prendre au sérieux, en souvenir du temps où les gens donnaient leur vie pour leurs convictions, ils feront de même en devenant des martyrs de la cause. Ils sont prêts à tout pour ne plus laisser ces abrutis corrompre l’esprit de leurs enfants. L’un après l’autre les manifestants se catapultent contre la façade de Cartoon Central, qui subit une pression incroyable pour déprogrammer la série, le résultat étant la perte de nombreux annonceurs (ah, la pression du chiffre, il n’y a que ça de vrai !). Finalement, pour des raisons olfactives dues à leur gastro plutôt qu’à leur sacrifice, les manifestants gagnent leur combat avec l’arrêt de la diffusion de « Terrance et Phillip ».

 

Antithèse en faveur du vivre avec la vulgarité

 

Si on commence à annuler une série dès qu’elle heurte la sensibilité de certains, on n’est pas sorti de l’auberge. Faut quand même pas pousser pépé dans les orties (et encore moins le tuer), d’autant que beaucoup aiment « Terrance et Philip » (et South Park tout pareil).

On peut tout à fait comprendre que tout le monde n’aime pas l’humour scatologique du duo  « P&T », mais il faut aussi prendre en compte que beaucoup adorent (les enfants certes, mais le père de Stan aussi, même s’il s’en défend). On ne doit donc pas interdire quelque chose qui choque certains au détriment de tous, au risque de tomber encore plus dans le politiquement correct du consensus tout le monde suce ! Ceux qui n’aiment pas n’ont tout simplement qu’à pas regarder, mais ils ne doivent sûrement pas empêcher les autres de se faire plaisir !

On le voit bien dans la famille de Stan : alors que c’est sa série préférée, sa sœur Shelley trouve ça stupide et destiné aux bébés. Idem chez Kyle, qui regarde la série avec son petit frère Ike. Alors qu’ils sont morts de rire tous les deux, leur mère arrive et entend « Phillip, tu veux une fleur ? J’aimerais bien. Tiens, mais elle sent pas la rose. Prends ça, tête de nœud ! Trou du cul ! ». Bien sûr que ce n’est pas du meilleur goût, mais il n’y a pas de quoi s’écrier « quelle horreur » comme elle le fait. Mais il faut dire que Mme Broflovski a un sacré balai dans le cul ! D’ailleurs, Kyle se fait frapper par Cartman (et le traite au passage de petit enfoiré de fils de pute) parce que sa conne de mère lui a fait rater « Terrance et Phillip » en ayant appelé les autres mères. Bien sûr ce n’est pas la faute de Kyle (qui est le premier à en pâtir), mais toujours est-il que tous les mois, à la même période, sa mère se chope les boules et pour finir, c’est Cartman qu’elle fait chier (enfin, ça c’est son point de vue, en fait c’est une emmerdeuse finie, qui s’en prend à tout ce qui pète de travers). De toute façon, il faut bien accepter que les enfants adorent cette série, Cartman le premier, qui ressent déjà les symptômes de manque à la simple idée de rater « Terrance et Phillip » après le sermon de M. Garrison et son appel aux parents. Même la Mort se marre et s’arrête dans sa mission funeste pour mâter la série dans une vitrine de téléviseurs.

 

C’est bien connu, plus on interdit plus certains (et même beaucoup) veulent voir par eux-mêmes pourquoi cela déchaîne autant les passions.

Ainsi, quoi que l’on fasse, il y aura toujours des petits malins qui arriveront à contourner la censure et à jeter un coup d’œil sur ce qui suscite l’indignation des pudibonds qui sautent dans tous les sens en s’arrachant les cheveux de colère (et de dépassement par ceux qui passent de toute façon outre leur blocus moral). Il suffit d’une minute d’inattention et le « mal » sera fait !

Alors que les enfants ne veulent à aucun prix louper « Terrance et Philip », heureusement les parents de Stan ne sont pas là et rentreront tard, le tour est joué ni vu ni connu je t’embrouille ! Pendant que la mère de Kyle est à New-York pour défendre sa morale coincée, les enfants regardent donc la série chez Stan (même si Kyle se chie dessus au risque des galères s’ils se font choper). Quand la sœur de Stan arrive, il a beau jurer qu’ils ne regardent pas la série (enfin sauf Cartman), elle s’en fiche et se préoccupe surtout de ce qu’il fait à son grand-père alors qu’il tient justement la corde pour que le vieux se pende (mais c’est une stratégie de l’ancien contre le gré de Stan, quand même).

 

Qu’on l’admette ou pas, il est un fait que la vulgarité est partout dans la vie courante et que ce n’est pas la suppression d’une série choquante qui arrangera l’affaire (ce serait même plutôt l’inverse, juste par goût de la provocation, pour faire chier les emmerdeurs !).

La grossièreté est ce qui exprime le mieux le fond de notre pensée, et il suffit de savoir que les premiers termes qu’on apprend dans une langue étrangère sont « bonjour, merci, au revoir »,  immédiatement suivis par les gros mots. Les parents ont beau enseigner à leurs enfants qu’il ne faut pas jurer, ils sont les premiers à le faire et cela se répand ensuite très vite dans les cours de récré. Si une série ne plaît pas à cause de son langage et de ses scènes outranciers, qu’on se « rassure » d’autres suivront ne serait-ce que pour revendiquer haut et fort la liberté d’expression et de ton.

Alors que la situation n’évolue guère et que les manifestants se catapultent toujours sur la façade de Cartoon Central, le président de la chaîne annonce que la tactique de les empoisonner avec leurs odeurs pestilentielles dues à l’épidémie de gastro a payé (et seulement grâce à cela). Par conséquent, « Terrance et Phillip » est retirée de l’antenne et remplacée par des parasites que sont les  rediffusions de Mme le Shérif. La mère de Kyle semble s’en réjouir, jusqu’à ce qu’elle entende la teneur des dialogues : « Tu as organisé cette supercherie. C’est de ta faute, pauvre conne. Va te faire foutre ! ». Bien sûr, elle décide aussi tôt de retourner à New York ! Mais il faut bien voir que les séries reprennent la vulgarité des adultes. Déjà, quand la mère de Kyle leur passe l’enregistrement de « Terrance et Philip » ils éclatent de rire à s’en péter la rate. En outre, les bruits et l’odeur scatos de l’épidémie de gastro font leur effet. M. Garrison (qui n’est certes pas la finesse incarnée) a une très belle expression à ce sujet : « J’ai pas posé une pêche, mais de la compote ». Le père de Stan n’est pas mieux quand il se plaint d’avoir chopé la gastro de M. Garrison : lorsqu’il voit madame la mairesse sortir des chiottes, il lui lance « vous démouliez un cake ? » ce à quoi la première magistrate de la ville réplique par un somptueux « J’ai laissé des traces de pneu ». Amis de la poésie, bonjour !

 

Synthèse

 

On voit bien avec ce dernier exemple que les adultes n’ont pas attendu de voir des séries grossières pour sortir des expressions caca-boudin.

Mais il est bien plus facile d’accuser la télévision de tous ces abus de langage que de remettre en question le sens profond de la vulgarité humaine propre à toutes les cultures. Et l’on a d’ailleurs tout aussi vite fait de pointer du doigt (ce qui est déjà impoli) la boîte à images et lui jeter la pierre en en faisant la bouc-émissaire de toutes les turpitudes et tragédies de la vie en société : « c’est pas de ma faute à moi, c’est la faute à la télé ! Elle a une mauvaise influence sur ma personnalité et je l’ai fait parce que je l’ai vu dans une émission ou une série ». C’est évidemment un peu facile de se dédouaner de la sorte !

Ainsi, alors que les enfants se sont fait capter en flag en train de tenter d’attenter aux vieux jours du grand-père (à sa demande express) qui traînaient en longueur, un présentateur fait ses choux gras sur nos quatre « braves » garçons de huit ans de South Park, Colorado, qui ont voulu « assassiner un grand-père de 102 ans » (télé-spectacle trash quand tu nous tiens !). Le présentateur demandant pourquoi et comment ils sont devenus des petits enfoirés, Stan commence à peine sa phrase en disant innocemment qu’ils regardaient « Terrance et Philip » (alors que le vieux lui avait demandé de tenir l’autre bout de la corde), que le moralisateur saute sur la révélation pour rendre la série responsable. La mère de Kyle saisit l’occasion pour en rajouter une couche sur l’esprit des enfants qui est corrompu par ces programmes ignobles.

 

Mais qui diable s’occupe donc de la formation intellectuelle et critique de ces gamins ? S’ils étaient bien éduqués, ils changeraient d’eux-mêmes de chaîne devant tant de conneries débitées à la seconde.

C’est bien le problème : les parents ont trop souvent tendance à délaisser leurs enfants devant le petit écran et à les récupérer bien fatigués et les yeux lourds juste pour aller les coucher. Ils ont tellement délégué leur rôle parental à la télévision que c’est à croire que la télé commande et programme leur personnalité en pleine formation. C’est bien beau de se décharger de ses enfants sans surveiller ce qu’ils regardent et en en faisant des zombies télé- philes/vores/phages pour être sûr que là au moins ils ne font pas de bêtises et qu’ils restent bien sagement en place affalés sur le canapé, mais il ne faut pas venir se plaindre ensuite de leur éducation quasi exclusivement télévisuelle avec tout ce que cela comprend !

Ainsi, alors que les parents sont tous à New-York pour défendre la bien-pensance de leurs enfants, quand Stan dit à sa mère que la Mort est là et veut les emporter, elle ne trouve rien d’autre de mieux à dire qu’il doit laisser maman tranquille car elle fait une chose très importante pour son éducation. Le père n’est pas mieux puisqu’il demande si Stan a baissé le chauffage. Stan a beau commencer sa phrase par « Il y la Mort ... » que son père l’interrompt pour lui dire de mettre le thermostat sur 18 et de prendre soin de papy. Comme le dit très bien Stan, si les parents s’occupaient moins de ce que les enfants regardent à la télé et un peu plus de ce qui se passe dans leurs vies, ça irait mieux ! Il a tout compris quand il se plaint qu’ils mettent tout sur le dos de la télé, qu’ils considèrent comme une baby-sitter censée les éduquer.

 

La plus forte des censures est la morale qui impose des tabous et une chape de plomb sur certains sujets.

La mort, et encore plus le suicide ou l’euthanasie, est un sujet esquivé par la plupart des humains. En effet, quand on veut construire l’avenir, l’idée de notre finitude est insupportable puisque cela nous rappelle que la vie est la mort en sursis ! Si l’on ne peut parler sérieusement de la fin de sa propre existence, on peut alors considérer qu’il s’agit là de la censure ayant le plus lourd poids dans les mentalités. Ce n’est pas un acte de courage que de s’attaquer à une série ou un phénomène de mode qui heurte certaines sensibilités ; il est bien plus difficile socialement d’aborder des thèmes fondamentaux qui nous concernent de toute façon tous et c’est là que s’exerce la véritable censure, celle qui nous « empêche » de parler de ce qui nous tient à cœur mais que personne ne veut entendre car cela est jugé indécent ou trop sensible à aborder !

On le voit quand grand-père doit faire un vœu pour ses 102 ans, il veut tout simplement mourir, mais on le considère comme un farceur plutôt que d’essayer de comprendre le pourquoi d’une telle envie « saugrenue ». Quand Stan demande si on peut tuer quelqu’un qui le souhaite vraiment, M. Garrison ne comprend pas la question (enfin, il fait semblant, nécessitant un complément d’information). Kyle est d’avis que si c’est ce qu’il veut, on doit l’aider dans la mise en œuvre de sa décision. D’ailleurs, le docteur Jack Kevorkian (qui se surnomme lui-même « Docteur Suicide ») tue des gens qui veulent mourir et n’a jamais eu d’ennuis. Il milite en effet pour le droit des médecins à abréger les souffrances des malades incurables ou en phase terminale. Il a déjà été inculpé plusieurs fois de meurtre, mais les charges ont été abandonnées. Face à l’hypocrisie et à la charge émotionnelle du sujet, Stan peut toujours demander si ça craint ou pas d’aider le papy à se suicider, pour un million M. Garrison ne pourrait pas lui répondre ! Quand Stan questionne Chef, le grand penseur cuisinier, pour savoir s’il peut tuer son grand-père, Chef lui répond que non, croyant même se rappeler que c’est illégal. Mais s’il veut mourir, qu’il est très vieux, qu’il veut qu’on l’aide, peut-on pratiquer un suicide assisté ? Ils en font des histoires, personne ne veut parler de ça : même pour 10 millions, Chef ne répondrait pas ! Sur un tel sujet, seul Jésus et ses potes peuvent peut-être aider Stan dans sa quête de réponse : et bien non, lui non plus pour 100 millions ne pourrait lui répondre !

 

 

Conclusion :

 

 

Voyez, on se couchera moins bête car on a appris un truc  aujourd’hui : la liberté de ton est à double tranchant et la véritable censure ne se trouve pas forcément là où on le croit. Il existe en effet la censure morale, mais qui est finalement nettement moins forte que celle concernant les grands questionnements philosophiques.

 

Il est évident que le parallèle est à faire entre la levée de boucliers contre « Terrance et Philip » issu de la longue tradition des pétomanes et la série pipi-caca-lolo South Park, qui est encore nettement plus vulgaire et trash-core jusqu’à la mort. S’il y a des gens qui regardent (et ils sont loin d’être tous des ados prépubères attardés), c’est que nous sommes nous-mêmes vulgaires par nature. Par conséquent, interdire la diffusion de ce genre de cochonneries ne sert à rien (la preuve, ce serait même plutôt contre-productif puisque pour se distraire les enfants sont prêts à sniffer de la colle, Cartman à suivre son oncle en fumant du crack et Kyle à mâter des films porno en cachette). Il n’y a que ceux qui regardent qui voient : il suffit de changer de chaîne si ça insupporte certains, mais qu’ils ne gâchent pas le plaisir des autres, c’est ce qu’on appelle la liberté d’expression et de « mauvais goût » (mais c’est à chacun de définir ce qui est bon et mauvais, à ses yeux, et de ne pas imposer sa vision des choses à des gens responsables qui ont le pouvoir de zapper) !!!

 

Au-delà de cette problématique récurrente du moralement correct, nous devons apprendre à parler des sujets qui fâchent plutôt que de les esquiver en prétextant toujours que ce n’est pas le bon moment ou qu’on n’a pas d’avis sur le sujet (on en a toujours un, même s’il peut évoluer au gré des arguments d’autrui et de sa propre vie). Il n’y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir la réalité en face ! A bon entendeur, salut (celui qui comprend bien, s’en sortira) !!!

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29 octobre 2007 1 29 /10 /octobre /2007 09:49

Catégorie : VI] Du pareil au même : loi / morale, responsabilité individuelle / collective

Thème : 1) La plus grande Liberté est celle de faire n’importe quoi avec son corps !!!

 

 

Fiche de visionnage n°30 :

Épisode 109 (saison 7, épisode 13) – Stop Clopes

 

 

 

Analyse philosophique des extrêmes : A-t-on encore le droit de se tuer à petit feu ???

 

 

*  Les pros : Kyle, Stan, Big Tobacco,

*  Les antis : Rob Reiner, Cartman, les parents, M. Mackey, Principale Victoria, le groupe Stop Clopes.

 

 

*  Thèse : Fumer c’est le mal voyez, il faut que ça cesse;

*  Antithèse : Chacun fait ce qu’il veut avec ses poumons;

*  Synthèse : Il faut certes prévenir, mais ensuite chacun prend ses responsabilités !

 

 

Il était une fois à South Park dans le gymnase de l’école, M. Mackey qui demande le silence à tous ces garnements turbulents. N’ayant visiblement aucune autorité pour les faire arrêter de piailler, M. Garrison prend le micro qu’il plonge dans les enceintes : un larsen effroyable calme de suite tout le monde. Simple, rapide et efficace !!! Le gymnase accueille alors un groupe de motivation pour expliquer aux enfants que fumer c’est mal.

 

 

 

Introduction :

 

 

Le tabagisme actif et passif tue chaque année des dizaines de milliers de personnes. Bien qu’aujourd’hui nul n’est censé ignorer les dangers de ce poison qui tue à petit feu, il n’en reste pas moins qu’il y a toujours un grand nombre de fumeurs, noirs des poumons.

 

La morale, renforcée par la suite par la loi, a tenté à de nombreuses reprises de bouter hors de nos corps les substances (et les comportements) qu’elle estimait nuisibles à la bonne marche de la société. Mais humains fonctionnant au désir que nous sommes, cette frustration de nos désirs/plaisirs ne peut qu’engendrer le rejet.

 

Face à ce douloureux problème de santé publique, les plaisirs mais aussi l’addiction de certains engendrent la gêne de beaucoup voire leur mort à très long terme.

En somme, a-t-on encore le droit de se tuer à petit feu ???

 

 

Thèse en faveur du tabac tabou, on en viendra tous à bout

 

Alors qu’auparavant le fait de fumer était plutôt perçu comme tendance et les non-fumeurs comme des ringards, on assiste depuis quelques années à un retournement de situation.

A l’heure actuelle, le tabagisme – et encore plus celui chez les jeunes – est considéré comme un crime contre la santé et surtout contre la prévention. En effet, le fait qu’un jeune commence à fumer, malgré les campagnes de sensibilisation, engendre une sorte de honte parentale devant le fait que bien que l’on ne puisse plus feindre d’ignorer les dangers du tabac sur sa propre santé mais aussi sur celle des autres, des petits cons continuent. Ainsi, on peut considérer que le phénomène de honte qui se met en place est provoqué par le fait que le jeune est informé mais n’est pas assez intelligent ou se rebelle en fumant juste pour faire chier les grands, voire que les parents n’ont aucune autorité sur leur enfant pour empêcher cette autodestruction programmée.

Quand les parents sont convoqués après l’incendie de l’école, la mère de Stan demande ce qu’il a encore fait et la principale Victoria lui de bien s’accrocher car les garnements ont été pris en train de fumer. Immédiatement la mère de Stan sanglote de honte et de désespoir dans les bras de son mari, ne voulant pas croire que son fils est un de ces répugnants fumeurs. Essayant de se justifier, Stan se fait rabrouer par son « père », enfin plus maintenant puisqu’il considère qu’il n’a plus de fils. Même la mère de Cartman est plus que déçue (c’est pour dire) : il a certes fait des tas de choses horribles dans sa vie (c’est le moins qu’on puisse dire : vouloir exterminer les juifs et les non-roux, faire manger ses parents par un plus grand que lui qui s’était moqué de lui, nous en passons des vertes et des pas mûres), mais fumer … là on touche le fond ! Pour preuve de sa colère, la mère de Cartman le puniras pendant trois semaines (eh beh, ça c’est de la sanction, mais venant d’elle c’est énorme ; lui réagit d’ailleurs en demandant à sa mère si elle se fout de sa gueule ou quoi ?). Comme le dit Kyle, les parents ont tous disjoncté à l’annonce de ce terrible crime.

 

Pour autant, peut-on considérer que des enfants de huit ans sont vraiment responsables d’un acte aussi infâme ?

Il est évident que s’ils en sont arrivés à de tels extrêmes, c’est qu’ils se sont fait bourrer le crâne par certains qui avaient intérêt à les tromper sur la came. Les responsables et coupables sont vite tout désignés en la personne des communicants de l’industrie du tabac ! Étant donné que les lois sont de plus en plus strictes sur la publicité et la consommation de cette drogue, que le marché s’effrite comme du tabac trop sec, il est idéal pour eux de s’attaquer à ces chères petites têtes « blondes » innocentes et sans défense.

Quand le père de Kyle cherche à comprendre ce qu’il leur est passé par la tête, leur demandant s’ils n’étaient pas au courant que fumer est aussi dangereux pour eux que pour ceux qui les entourent, sa femme s’empresse de rebondir par la négative en stigmatisant les fabricants de cigarette qui savent tous bien s’y prendre ! Pour elle, peu importe l’argent que les groupes anti-tabac peuvent dépenser, les fabricants de cigarette bourrent le crâne des enfants avec toute une propagande faite pour leur donner envie de fumer !!! En somme, ce n’est pas leur faute, comme le confirment Kyle et Cartman, ce dernier en rajoutant en précisant que finalement on dirait bien que les fabricants de cigarette contrôlent son esprit : il a beau lutter, les compagnies de tabac veulent le faire fumer (sa mère ignorait tout cela, espérant que son poussin va bien ; quelle truffe, elle avale tout de son fils manipulateur). C’en est assez ! Pour le père de Stan, ces ordures, ces enfoirés de fabricants de cigarette ne contrôleront pas l’esprit de son fils: il faut donc les détruire !!! La mère de Kyle a la solution miracle : il faut l’aide de la plus grande célébrité qui lutte contre le tabac en Amérique, Rob Reiner ! Le père de Stan pense de même que les gens du groupe anti-tabac sont très gentils et très intelligents, et que ce sont les mensonges des fabricants de cigarette qui ont réussi à corrompre l’esprit des enfants. Pour Rob Reiner, les fabricants de cigarette, avec leurs millions de dollars, leurs bureaux gigantesques et leurs beaux immeubles (alors qu’il est tout aussi bien loti !) sont ceux qui font fumer les enfants ! Ces menteurs et enfoirés sont prêts à toutes les bassesses pour rendre accro les gamins au tabac, prenant même possession de leur esprit ! Ils mettent en péril la santé de la nation et il ne va pas rester les bras croisés alors que ces enfoirés corrompent la jeunesse : c’est la guerre !

 

Quand il faut y aller, faut y aller ! Même si les industriels nicotineurs ont beaucoup de pouvoir et de ressources, il y a un tel péril en la demeure, qu’il faut régir, avec les armes que l’on a à disposition.

Pour lutter contre les Goliath, les David peuvent certes se servir d’une fronde comme Thierry le fit (efficace à l’époque, mais de nos jours cela paraît un peu court jeune homme) ou de la ruse, mais les « meilleurs » moyens ne sont pas toujours les plus légaux (voire jamais). Ainsi, le plus efficace est certainement de combattre le mal par le mal, la fin justifiant les moyens.

Comme les pauvres enfants innocents n’ont pu résister à la tentation de fumer, Rob Reiner a raison de dire qu’il faut combattre le feu par le feu : il va ainsi utiliser les enfants pour combattre les fabricants de cigarette et faire cracher au moins deux milliards de dollars à ces marchands de poison. Ce à quoi le public en délire n’a rien à y redire et envoie les cotillons lors de son arrivée triomphale à South Park. Son plan d’action est machiavélique comme bonjour : ils vont s’introduire chez le fabricant de cigarette pour dire que les enfants veulent visiter l’usine pour faire un exposé ! Une fois à l’intérieur, il prendra des photos et il les publiera en disant que la compagnie Big Tobacco les a invités dans son usine pour leur donner envie de fumer ! Évidemment Cartman adhère de suite au projet (pour la somme de deux milliards, il serait capable de pendre son grand-père par les couilles !), mais ça dérange Kyle car c’est pécher que de mentir. Rob Reiner n’a lui aucun état d’âme : il ne fait que jouer sur le même terrain. Les fabricants de cigarette mentent sur les dangers du tabac, donc s’ils veulent arriver à les ruiner, ils doivent eux aussi mentir ! Le plus simple est de rajouter sur les photos prises dans l’usine une cigarette à la main des gamins et bingo : quand cette photo sera publiée, le fabricant de cigarette sera baisé ! (dit Rob Reiner avec en fond les rires sataniques des deux manipulateurs). Kyle a beau dire que ce qu’il fait est mal, il doit comprendre que, parfois, mentir est de bonne guerre ! Son groupe anti-tabac se débarrasse des fumeurs en allant d’état en état, en présentant des études scientifiques truquées, en tournant des publicités hors de prix pour mettre le public de leur côté et forcer ces sales fumeurs à s’arrêter ! Si les pouvoirs publics veulent des preuves de la nocivité du tabac pour l’interdire dans les bars, Rob Reiner va leur en donner ! Cartman (habillé et coiffé comme un bon petit gars à qui on donnerait le bon dieu sans confession) se lance dans ce pathos publicitaire : « C’est curieux mais les gens disent que rien ne prouve que la fumée des autres peut tuer ! Les compagnies de tabac disent que rien ne prouve que le tabagisme passif tue ! Je suis en phase terminal d’un cancer du poumon ! Je crois que … (avec un petit sanglot dans la voix) je suis une preuve ! Pour vous persuader que le tabagisme passif peut tuer, pensez à moi ! Parce que, quand vous verrez cette publicité, je serai … mort ! » Et ceci n’est pas au sens figuré : un assistant (style Dracula) lui propose alors de manger un gâteau ... à la noisette. Étonnamment Cartman n’a pas trop faim sur ce coup là. Rob Reiner lui propose alors de devenir un héros, un Homme qui fait le sacrifice de sa vie pour le bien d’autrui ! Cartman part en courant, la peur – plutôt que le death cake – au ventre ! Comme le prédisait Kyle, ces enfoirés d’anti-fumeurs sont des tyrans et des menteurs qui ne reculent devant rien pour avoir ce qu’ils veulent, ce qui veut dire qu’ils sont dangereux ! Un peu plus tard, toujours manipulés par la communication, de Rob Reiner, les gens de la ville munis de torches assiègent l’usine de tabac. Le groupe des anti-tabac exige qu’on leur donne l’enfant sacrificiel à leur cause, mais Cartman est protégé par le fabricant de cigarette. Rob Reiner se doute bien pourquoi Big Tobacco ne veut pas lui donner Cartman : s’ils leur donnent le petit gros et que les anti-tabac le tuent, quand la publicité sera diffusée, ils n’auront plus qu’à fermer leur usine ! La foule gueule son hostilité au fabricant de cigarette. M. Mackey est d’accord puis se demande quand même s’il a bien entendu. Rob Reiner répète qu’une fois qu’il aura tué le gamin, tout le monde pensera que le tabagisme passif a causé sa mort, et ces salopards ne gagneront plus un sou ! Les parents se réveillent, arguant que tout ça commence à aller trop loin. Rob Reiner s’emporte, se lamentant de devoir encore tout leur  expliquer : fumer c’est mal, alors même si les anti-tabac sont un peu extrême, pour arrêter ce fléau ils ont le droit !

 

Antithèse en faveur de la Liberté de consumer ses poumons

 

Une des plus importantes Libertés est de pouvoir faire ce que bon nous semble, même si cela consiste finalement à se faire du mal.

Sans pour autant prôner le laisser-faire absolu (quoique, c’est à y réfléchir), il est pour autant évident que ce n’est pas par l’interdiction que l’on solutionne d’un coup de baguette magique une problématique aussi importante que celle du tabagisme. Nous avons trop vu au XXè siècle ce que pouvait donner un régime ou une société qui impose ses règles de conduite soi-disant pour le bien de la personne (mais malgré elle). A notre époque de politiquement/moralement correct, il est bon de préserver cette Liberté du n’importe quoi, du moment bien sûr que ça n’empiète pas trop sur la Liberté d’autrui.

On le voit bien, quand Rob Reiner est avec les enfants dans un bar, il humecte l’air comme un chien renifleur. Il tousse, comme s’il venait de s’étouffer avec toute la bouffe qu’il vient de s’enfiler grassement. S’approchant alors d’un gars, tranquille peinard accoudé au comptoir en train de boire un petit verre et de fumer, il l’agresse verbalement en lui demandant (plutôt en lui ordonnant) d’aller fumer sa saleté dehors. Tout naturellement le fumeur lui répond tranquillement que c’est un bar et qu’il a le droit de fumer là ! Rob Reiner est fou de rouge en apprenant que ce n’est pas interdit de fumer dans les bars du Colorado, qualifiant même cet état d’arriéré. Pour lui il est hors de question de tolérer ça et il fera tout pour interdire le tabac dans les bars du Colorado (quand sa requête est rejetée, il se demande bien ce qui ne va pas dans cet état plutôt que de se poser la question envers  lui-même) et ce salopard de fumeur n’aura plus le droit de fumer (idem pour les natifs américains qui utilisaient le tabac comme plante médicinale et lors de cérémonies rituelles, il les en aurait empêché s’il avait été là) ! Cartman est en transe devant son idole (ce qui déjà est malsain pour qui connaît Cartman). Fumer apporte aux gens un peu de bonheur et Rob Reiner arrive à le leur enlever : il débarque, et impose sa volonté aux gens ! D’ailleurs pour lui, mentir est parfois de bonne guerre, comme quand on sait mieux que les gens concernés ce qui est bon pour eux ! (exactement ce que Cartman a toujours dit, il est clairement amoureux de lui et de sa pensée terroriste – dans le sens de la Terreur révolutionnaire de Robespierre et de ses potes fondamentalistes). Pour Rob Reiner, les gens vraiment gentils sont ceux qui le secondent dans sa lutte anti-tabac, mais pour tout un chacun ce sont des espèces de monstres enfermés dans leur bulle psychorigide. Mais attention : il ne faut pas provoquer le groupe anti-tabac, car même s’ils sont extrêmes pour arrêter ce fléau, ils estiment qu’ils ont le droit de pousser le bouchon si loin. Qu’il ait horreur des fumeurs est une chose, mais qu’avec tout son fric et son pouvoir ce gros connard obèse force les gens à penser comme lui, ça c’est du fascisme ! Il le reconnaît d’ailleurs lui-même : son rêve est de ne plus voir personne fumer !

 

Face au stress et à la fatigue induits par nos sociétés capitalistes « modernes », tout le monde a besoin de s’évader de la dure réalité du quotidien, selon ses envies/besoins et ses moyens.

Le repos et les loisirs sont des nécessités devenues importantes aux yeux de chaque travailleur/citoyen depuis quelques décennies seulement, mais que les modes de production ont rendus indispensables à la bonne marche de tout le système capitaliste.

De fait, le fumeur du bar n’a pas à s’excuser puisqu’il bosse douze heures par jour dans une scierie, et quand il sort du boulot, il a justement besoin de se détendre ! Rob Reiner ne peut comprendre cela, lui qui va dans sa résidence secondaire à Hawaï pour se prélasser. Chacun son truc, selon ses finances. Quand on n’est pas riche, la clope peut aider. Comme le dit le vice-président de Big Tobacco, même s’il est évident de nos jours que tout le monde sait qu’il est dangereux de fumer, certains choisissent de le faire quand même, et c’est leur droit car nous sommes en démocratie, ce que Kyle et toute personne non-fasciste ne peut que trouver raisonnable ! A ce sujet, la chanson entonnée lors de la clôture de la visite du cœur de l’usine Big Tobacco par les employés est très parlante : « Avec du ta ti tabac et du pa pa papi papier, nous fabriquons des cigarettes toute la journée ! Les gens peuvent faire un brake quand ils sont stressés ou nerveux, grâce à toutes ces bonnes cigarettes que nous roulons pour eux ! J’aime bien fumer une cigarette dès que j’en ai envie, ça me détend et ça me calme quand j’ai des soucis ! Je me fiche d’avoir un cancer avant de devenir centenaire, toute façon j’ai pas envie d’être grabataire ! »

 

Parce que l’humain fonctionne par nature dans la contradiction et l’expérimentation de ses désirs et limites (ce qui – en terme d’évolution – nous a conduit à ce que nous sommes aujourd’hui), nous aimons tester par nous-mêmes et savoir si cela nous convient ou pas.

Ainsi, même si bon nombre de substances et de comportements sont interdits depuis longtemps, il n’en reste pas moins que l’on n’arrivera jamais à éradiquer tous ces « maux » de la société. Le tabac est une drogue, et à ce titre nous sommes plus ou moins curieux de savoir concrètement ce que cela fait à notre organisme, d’autant plus qu’il y a un grand nombre de fumeurs. Cela ne prouve bien sûr pas son innocuité, mais cela la relativise. Sans vouloir faire forcément comme tout le monde (puisque beaucoup savent d’entrée de jeu que ce produit n’est pas pour eux, et tant mieux), certains veulent au moins savoir ce qu’il en est, par eux-mêmes.

Quand les gamins sont derrière l’école, ils expérimentent de suite la clope pour ne pas finir comme les fous chantant qui viennent de leur faire un sermon en chanson. Forcément, ça toussote et ça arrache la gorge. Mais chacun se fait son opinion de la chose si décriée : Kyle trouve que c’est vachement fort, Stan en redemande ! Rob Reiner a bien raison de ne rien y comprendre, lui qui a obtenu qu’on augmente les taxes sur les cigarettes, « grâce » à qui toutes les images de cigarette seront bientôt censurées dans les films, qui a fait virer les fumeurs des bars et des parcs, mais qui reçoit encore des lettres de parents disant que leurs enfants commencent à fumer ! Ce n’est pas tant que les gens n’ont toujours pas compris que c’est mauvais de fumer [alors que lui se g(r)oinfre comme un porc suant la graisse par tous les ports] ou qu’ils ignorent que c’est dangereux pour la santé, c’est juste qu’un jeune a par définition besoin de se tester pour se trouver et que la clope peut faire partie (malheureusement mais ainsi va la vie) de ce processus de découverte de soi (voire d’initiation pour devenir un grand, alors que bien sûr nul n’a besoin de ça pour s’affirmer, mais phénomène de groupe « oblige » et il faut bien que jeunesse se fasse).

 

Synthèse

 

Comme le disait Paracelse (chimiste et médecin – du corps et de l’âme – suisse du XVIè siècle) : « Tout est poison, rien n’est poison, tout est question de dosage ».

Il est évident à l’heure actuelle que personne ne peut ignorer les méfaits du tabac et de son principe actif la nicotine (du nom de feu M. Nicotin, savant français du XVIIIè siècle), d’autant plus quand on sait que les big five, les marchands de mort en tige, rajoutent de l’ammoniaque pour rendre le cerveau encore plus accro et des agents de saveurs (tel que le cacao et autres) pour faire passer le goût. Pour autant, il n’en n’a pas toujours été ainsi, puisque les cultures d’Amérique (zone d’origine du tabac) utilisaient cette plante en quantité modérée et pour des usages plus sains.

En effet, comme on peut l’apprendre lorsque les enfants font la visite de l’usine Big Tobacco, les natifs américains furent les premiers à utiliser le tabac et à le cultive. Ils le fumaient comme plante médicinale et lors de cérémonies rituelles ! Les premiers plants de tabac à usage commercial furent récoltés en Virginie en 1612 ! En moins de sept ans, le tabac devint l’un des produits américains les plus exporté ! On peut donc considérer que le tabac a aidé à bâtir l’Amérique, puisque durant les siècles qui suivirent, sa culture était tellement florissante, que beaucoup d’esclaves furent achetés en Afrique pour travailler dans les champs ! Évidemment, Cartman ne peut s’empêcher (avec ses relents racistes habituels !) de constater que sans la culture du tabac, beaucoup des copains blacks des enfants ne seraient pas là aujourd’hui ! Le vice-président précise tout de même, par souci d’honnêteté que durant des centaines d’années la production se développa, personne n’étant au courant d’un quelconque danger, jusqu’à ce que en 1965 le congrès adopte une loi obligeant les fabricants de cigarette à mettre cet avertissement sur tous les paquets : « Avertissement du chirurgien général : fumer provoque le cancer du poumon, des maladies du cœur, de l’emphysème et peut compliquer la grossesse ».

 

Au-delà de ces rappels d’avertissement sanitaire sur les paquets, il est important d’expliquer sereinement, sans langue de bois ni sermon, tous les dangers du tabac sur l’organisme.

Pour que le message passe bien, il est nécessaire de faire de la pédagogie éclairée et surtout argumentée. On sait bien, d’autant plus avec de jeunes publics toujours un peu rebelles aux vieux cons qui leur font la morale, qu’il est crucial d’informer sans diaboliser. Autrement, on prend le risque que le message ne soit pas entendu ou qu’il serve à attiser la curiosité envers ce produit si décrié.

Quand le groupe Stop Clopes (chantant comme un boys band ringard) pousse la chansonnette, le moins qu’on puisse dire est qu’il ne captive pas l’attention. Il faut dire qu’ils sont spécialement décalés et que leur message est par trop racoleur, même s’il est juste : « Stop Clopes, ouais ouais ouais, car les cigarettes c’est trop nul ! Stop Clopes, ouais ouais ouais, fumer c’est ridicule ! Eh dites donc les copains, le saviez-vous : chaque année plus de 600 000 personnes meurent à cause du tabac ! Ah, c’est dingue non ??? Plus de 600 000 décès ??? Tu es sûr que tu n’es pas en train de nous enfumer ?! En tout cas nous, pas question de fumer, parce qu’on n’a pas besoin de fumer, et vous non plus !!! Hein les amis ! A bas la clope !!! Stop Clopes, ouais ouais, c’est cool de dire non ! Stop Clopes, hein hein, fumer c’est bidon ! Fumer, eh eh, non! Ne fumez pas ! Oui, c’est mieux d’être non-fumeur ! » Kyle a beau les trouver insupportables, à un point tel que Cartman pense sérieusement à se suicider, mais le supplice continue de plus belle (enfin plutôt de pire en pire). « Clopes qui tuent, on n’en veut plus du tabac qui pollue ! Nous on dit non, fumer nous refusons !!!(Pam, une membre, imitant un cancéreux du poumon en phase terminale) Non à la clope !!! » Stan est stupéfait par tant de niaiseries, les autres commencent déjà à dormir à moitié quand Cartman les réveille en sursaut car Kenny se bouffe une main de désespoir. Mais le pestacle n’est pas fini : « Eh, je vois pas ce qui vous gêne ! Moi j’aime fumer, ça me donne l’air coool ! (Pam) Oh vraiment ?! Et le cancer du poumon, tu trouves ça cool ?!?!?! (Randy, un membre, pas le père de Stan) Et faire de l’emphysème (dilatation anormale et permanente des alvéoles pulmonaires), est-ce que c’est cool ??? (Vernon) Et que penses tu de l’avortement et du SIDA ? (ce qui n’a bien sûr rien à voir avec la choucroute) (Randy) Moi, je trouve pas ça cool !!! Alors on fume pas !!! (le groupe, les  bouches en chœur) : Stop Clopes, ouais ouais ouais, car les cigarettes c’est trop nul ! » Espérant que ce soit le générique de fin, Stan demande à dieu qu’ils arrêtent, mais c’était une fausse alerte. (le groupe) … Fumer c’est ridicule ! (Vernon) N’oubliez pas : si vous fumez, en grandissant vous deviendrez des nuls ! (Pam) Ou pire encore : quand vous grandirez, vous mourrez !!! (un autre membre) Alors ne croyez pas ce que les vilains fabricants de cigarette racontent ! (Randy) Ouais ! Parce que si vous ne fumez pas, quand vous grandirez … (le groupe) Vous serez pareils que nous ! On voit également la qualité du discours pédagogique avec M. Mackey, lorsque à force de se retenir de ne pas tousser Stan en recrache ses glaires, tout ce qu’il trouve à dire sur le tabac c’est que fumer c’est mal, voyez ! Si l’on commence à fumer à cet âge, voyez, c’est très mauvais, voyez, parce que fumer peut entraîner des tas de problèmes de santé comme le cancer, et c’est mauvais le cancer, voyez ! Avec de tels arguments, si bien développés, ce n’est pas sûr que le message passe auprès de ce type de public.

 

Comme dans tous les domaines de la vie, l’important est d’assumer ses choix, qu’importe comment ils sont jugés par autrui.

Certes il est bien plus facile de se défausser sur des coupables idéaux(logiques), mais ce n’est pas comme cela que l’on devient un citoyen responsable de ses actes. Ce n’est pas du courage que de ne pas rejeter ses erreurs sur l’autre (« ce n’est pas ma faute à moi, c’est la faute à la société ! »), c’est simplement une question de dignité et de respect de soi (en plus de sa conscience) et des autres.

Stan l’a bien compris quand il « revendique » leur geste en disant que ce n’est pas la faute des compagnies de tabac s’ils ont fumé, mais que c’est clairement leur faute à eux ! Comme lui, nous devrions tous assumer nos responsabilités au lieu de laisser ce genre de fasciste à la Rob Reiner nous dicter notre conduite ! Le fumeur du bar a bien raison de réclamer qu’on laisse les fumeurs fumer : c’est leur droit le plus stricte que de se tuer à petit feu ! Des gens comme Rob Reiner feraient mieux de se tirer (une taf dans la tête, au moins on sera tranquille), ou on les éclope !

 

 

Conclusion :

 

 

Voyez, on se couchera moins bête car on a appris un truc  aujourd’hui : on aura beau pénaliser une drogue (celle-ci étant uniquement olfactivement dérangeante pour le voisinage, sauf à très long terme), tant qu’il n’y aura pas de prise de conscience que ce problème nécessite des efforts de la part de tous, rien n’évoluera concrètement. La répression est toujours un aveu d’échec face à la prévention.

 

On ne le répètera jamais assez : le meilleur moyen d’arrêter de fumer est de ne pas commencer à se nicotiner les poumons ! Pour que le message passe bien, notamment au niveau des jeunes, il est important de faire de la pédagogie la plus « neutre » possible, sans diaboliser (ce qui peut vite avoir plutôt un effet contre-productif) mais en expliquant en long en large et en travers quelles sont les conséquences de ses actes en la matière. Ensuite, c’est à chacun de faire ses choix et de prendre ses responsabilités, du moment qu’ils sont éclairés par une connaissance approfondie des risques encourus.

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28 octobre 2007 7 28 /10 /octobre /2007 08:05

Catégorie : I] Nous sommes tous Égaux, alors acceptons et
                         Respectons nos Différences !

Thème : 4) Il faut accepter l’autre tel qu’il est et non le forcer à être tel
                    qu’on voudrait qu’il soit !

 

 

Fiche de visionnage n°4 : Épisode 4 (saison 1, épisode 4)

Une promenade complètement folle avec Al Super Gay



Analyse philosophique des extrêmes : Doit-on faire changer l’autre pour le faire rentrer dans le/la moule ???


  • Les pros : Stan, Cartman, M. Garrison,
  • Les antis : Sparky, Kyle, Al Super Gay.

  • Thèse : L’homosexualité est anormale et immorale, il faut donc qu’elle cesse ;
  • Antithèse : Tout le monde a le droit d’exister ;
  • Synthèse : Comprenons-nous et aimons-nous les uns les autres !



Il était une fois à South Park Stan qui présentait à ses amis Sparky, son nouveau chien qui l’avait suivi jusqu’à l’arrêt du bus. Le méchant Cartman le trouvant moche, Stan prit la défense de son bon gros toutou à moitié doberman et moitié loup en le présentant comme le chien le plus féroce de toute la ville.



Introduction :



C’est bien triste à dire, mais le malheur des uns faisant le bonheur des autres, il est évident que le virus du SIDA, découvert au début des années 1980 ayant fait trépasser un nombre certain d’homosexuels, a mis en lumière tous les malheurs que ces gens traversaient, en plus de la désapprobation sociale.


Cependant, même si les gays pride se sont répandues comme des traînées de poudre à travers le globe et ont connu de grands succès, il n’en reste pas moins que la vie des porteurs de jaquette (veste de cérémonie dont les pans ouverts se prolongent par-derrière et laissent deviner les fesses masculines tout en les cachant, et laissent également possibilité de mettre la main au panier) est loin d’être facile tous les jours. Au-delà des actes criminels à tendance homophobe, beaucoup de personnes ont toujours du mal à accepter l’homosexualité d’un proche.


Face à ce genre de situation, que faire : doit-on accepter passivement quelque chose que l’on rejette et qui embarrasse tout l’entourage, ou doit-on réagir activement afin de remettre la personne dans le droit chemin de la norme ?

En somme, doit-on faire changer l’autre pour le faire rentrer dans le/la moule ???



Thèse en faveur du changement d’orientation sexuelle pour être dans la "norme"

 

Par essence, l’homosexualité ne peut être considérée comme acceptable puisqu’elle va à l’encontre de tout acte sexuel naturel. En effet, étant donné qu’elle se déroule entre personnes du même sexe, elle est inutile en termes de reproduction et peut donc alors s’apparenter à une perversion ludique et lubrique.

De par notre culture judéo-chrétienne, nous avons baigné depuis notre plus tendre enfance dans le rejet des sodomites (les gomorrhéens pratiquant le rapport bucco-génital) par le biais de la malédiction qui s’abattit sur cette ville. Même si cela ne nous concerne pas, il nous est difficile de pouvoir accepter ce type de relation sexuelle, clivant toujours la population dans deux camps opposés.

Alors que Stan présente son nouvel ami Sparky (moitié doberman et moitié loup) comme étant le plus féroce de la ville, celui-ci est mis au défi par Cartman qui prétend que tout le monde sait que c’est Sylvester le chien le plus méchant de South Park ! Stan est tout fier d’affirmer que Sparky va lui botter le cul. Après que les deux chiens se soient tournés autour, Sparky passe à l’attaque, non pas en lui bottant le cul mais en tout cas il est évident qu’il lui fait quelque chose à son cul. Stan réagit d’instinct en traitant Sparky de vilain chien ! Demandant par la suite conseil à M. Garrison sur ce qu’est un homosessuel, celui-ci dit que les homosexuels c’est le mal : un mal enraciné dans leurs cœurs noirs et froids qui ne pompent pas du sang, mais une sorte de vomi huileux qui circule dans leurs veines pourries et irrigue leurs cerveaux minuscules, ce qui provoque chez eux des crises de cannibalisme et un comportement violent. Après cela, il engage Stan à aller s’entraîner au football comme un gentil petit hétérosexuel. Dans le même registre, Stan apprend lors de la folle promenade avec Al Super Gay que l’homosexualité a toujours été condamnée par divers oppresseurs, que ce soit les vilains chrétiens, les républicains ou les nazis (tapant sur un homo avec un t-shirt marqué d’un triangle rose – équivalent homo de l’étoile jaune – suivi d’un « Relax »).


Au-delà de la condamnation sans appel de l’homosexualité, celle-ci a également toujours été considérée comme une honte, un facteur de mise au ban de ces rebuts de la société.

Alors que l’on n’accepte pas l’homosexualité, on ne peut non plus la tolérer. Ce rejet de cette déviance se traduit essentiellement par un refus d’en parler ou de reconnaître qu’un proche en est victime, mais encore plus par des sarcasmes aux mots non couverts.

Ainsi, quand Kenny affirme que Sparky doit être gay pour avoir enfilé à sec Sylvester, Stan ne comprend d’abord pas puisque Cartman doit préciser que son chien est un homosexuel gay, puis il refuse l’évidence en disant que ça l’étonnerait bien. Alors que Kyle confirme que c’est surtout l’autre chien que ça a l’air d’étonner (Sylvester partant en courant, de travers), Cartman en remet une couche en chantant à cul-tête que le chien de Stan est homo ! Idem, alors que Stan est tout fier que Sparky ait trouvé tout seul comment venir sur le terrain à la fin de l’entraînement de foot américain, le chien d’un autre joueur se fait prendre en traître par Sparky et part la queue entre les jambes, ce qui énerve à nouveau Stan – qui le croyait intelligent – et fait glousser ses copains. Sparky ferait bien de s’appeler Sparkette selon un autre groupe de jeunes, qui le traitent de chien pédé sexuel. Kyle essaye de calmer le jeu en disant qu’on s’en fout que Sparky soit gay, mais pour Cartman il se goure. En effet, sa maman dit que dieu déteste les homosexuels, c’est pour ça qu’il a envoyé tous les sodomites … en France ! Demandant l’avis avisé du fils de ce dernier lors des questions des téléspectateurs à l’émission « Jésus et ses potes », celui-ci est ravi de s’exprimer sur cette question que lui posent beaucoup de gens. Il saisit donc l’occasion que Stan lui donne pour aborder le sujet et dire que ... on n’en saura pas plus car Jésus est coupé par un message indiquant que « Jésus et ses potes » s’est fini pour aujourd’hui, mais qu’il ne faut pas manquer dans un court instant « La cuisine de tante Martine ». Stan, tout honteux, ne veut plus de ce chien gay, lui qui voulait un chien de garde, un Rintintin !


Parce que l’homosexualité est considérée comme inacceptable et honteuse, pour beaucoup de gens qui apprécient tout de même la personne, il est alors important de lui montrer la voie de la raison.

Estimant que de toute façon un homosexuel ne peut être heureux dans une société qui refuse ce type de comportement, les proches jugent être de leur devoir familial, amical ou professionnel, de faire comprendre que l’homosexualité n’est pas normale et que donc on ne doit pas s’écouter mais plutôt se forcer à aimer l’autre sexe jusqu’à ce que ça rentre (dans le crâne puis en-bas devant plutôt que là-bas derrière).

Sparky refout la honte à son maître en pointant le bout de son museau avec un foulard rose autour du cou. Cartman ne se privant pas de s’esclaffer que ce chien soit pédé comme un phoque (euh non, foc, car c’est la seule voile – voile d’étai triangulaire établie entre le mât bout-dehors et le mât vertical qui le suit – capable de prendre un vent arrière et qui permet aussi les virements de bords), Stan rétorque qu’il a seulement besoin d’être dressé ! Stan lui donne alors des ordres simples, que Sparky exécute de suite : il est donc bien dressé, mais pas dans ce domaine – privé. Ravi de son obéissance devant les ordres, Stan exige de Sparky qu’il ne soit plus gay mais le chien ne semble pas comprendre l’ordre de son maître. Cartman trouve qu’il a toujours l’air vachement gay. Stan essaye un autre truc en lui offrant un cadeau. Dans une caisse en bois se trouve Fifille, une belle chienne en chaleur, taillé pour la compétition canine. Enfin Stan peut être fier car Sparky la suit, en lui sentant le cul. Quand il lui ordonne de l’attraper, Sparky la plaque ventre au sol et arrière-train en l’air et ... fausse alerte : c’est juste que le collier de la chienne lui plaisait, donc il le prend plutôt que de la prendre elle en lévriette. Lorsqu’il retrouve son chien au refuge d’Al Super Gay, Stan est tout content d’avoir retrouvé son chien qui lui a manqué, ayant eu peur qu’il ait eu un accident. Stan est sur le départ avec son chien, espérant pouvoir encore arriver à temps pour le match, et lui promet après de l’aider à apprendre à ne plus être gay. Al est déçu par son jeune ami, estimant qu’il n’a toujours pas compris ! Et d’ailleurs Stan ne comprend pas ce qu’il est censé ne pas avoir compris !


Antithèse en faveur du laisser-faire


Que l’homosexualité soit encore un tabou, qui se lève tout doucement mais "sûrement", est une évidence. Pour autant, on ne va pas en faire tout un fromage : il n’y a pas mort d’homo non plus (sauf si on ne se protège pas : ayez une pensée pour Freddie Mercury, chanteur charismatique du groupe [drag] Queen, et sortez toujours couvert, même et surtout par beau temps puisque c’est là que les galipettes sont encore meilleures : le bonheur est dans le pré).

Il y a des problèmes bien plus graves et portant davantage à conséquence que l’homosexualité. D’autant plus que très souvent, l’homosexuel en question le vit plutôt bien, si ce n’est justement les sempiternels questionnements et inquiétudes des proches qui s’en font pour lui/elle.

Ainsi, Stan se dit qu’il n’a vraiment pas de peau et fait toute une maladie que Sparky ait viré sa cuti. Quand Chef lui demande ce qui ne va pas, voyant qu’il n’a pas l’air en forme, il lui répond qu’il a du mal à se concentrer parce que son chien est gay. D’où le vieux diction : si ton chien est gay, t’as du mal à te concentrer !


Fondamentalement, à quoi ça rime de se prendre la tête pour une différence qui ne nous concerne pas ?

Quoi qu’on en pense, l’orientation sexuelle est une décision perso qui n’engage que l’individu qui prend ses responsabilités en assumant un choix que beaucoup n’arrivent pas à intégrer dans leur logique de pensée. Mais ça c’est leur problème : chacun définit ses options relationnelles et sexuelles et on se doit de les respecter ! Même si on ne les accepte pas, cela ne nous regarde tout simplement pas !!!

De fait, alors que Stan est tout troublé par le comportement de son chien, heureusement Kyle vient tempérer les choses en disant qu’on s’en fout que son chien soit gay, c’est peut-être (et même sûrement) pas si grave !


La véritable tolérance, au-delà de celle absolue qui consiste à se fiche éperdument de ce genre de détail qu’est l’orientation sexuelle, consiste à réussir à passer outre cet aspect de la personnalité pour considérer l’individu et non ses choix (qu’on approuve ou non).

Bien sûr ce n’est pas toujours évident de mettre de côté ce que l’on préférait ignorer, mais après il ne faut pas être stupide non plus et faire preuve de maturité (si ce n’est de détachement) par rapport à tout ça et considérer la personne comme avant son coming-out (déclaration de son propre chef) ou son outing (révélation par une autre personne ou par accident). Même si l’on peut comprendre que des parents ou des amis puissent être interloqués voire choqués par ce choix, après la tempête dans les cerveaux doit revenir le calme relationnel. Tout ne repartira pas comme en 40, mais il faut laisser couler l’eau sous les ponts et mettre un peu d’eau dans son vin.

Stan a bien raison de douter après que M. Garrison lui ait dit que les homosexuels c’est le mal (alors que les filles ne sont pas en reste, mais c’est encore plus tabou que ce tabou là, car les femmes sont "faites" pour enfanter avec la petite graine que la trompe du monsieur papillon a mis dans leur fleur délicate), pensant bien que Sparky ne semble pas être le mal. Heureusement que Kyle est là pour lui confirmer ses hésitations (normal, connaissant en plus M. Garrison et son homosexualité refoulée) en lui conseillant de demander à quelqu’un d’autre car le prof à la marionnette déglinguée et à l’orientation sexuelle plus que confuse se trompe peut-être sûrement.


Synthèse


Bien que la société ou les proches puissent mettre des bâtons dans les roues, le plus important, si l’on est sûr de ses choix, est d’assumer pleinement ses orientations.

À force d’entendre les autres dirent qu’ils ne comprennent pas pourquoi la personne est telle qu’elle s’affirme à présent, soit parce qu’elle n’a jamais rien laissé transparaître étant jeune ou eu ce genre de tendance auparavant (un certain nombre de personnes se "découvrent" homo avec l’âge, quelques fois après des relations hétéros voire même après avoir eu des enfants), le doute peut s’installer face à l’incompréhension voire l’hostilité d’autrui. Il est d’ailleurs sain de se demander si on a fait le bon choix, mais si la réponse est affirmative, il est alors nécessaire de ne plus se voiler la face et d’aller de l’avant, sans cacher son orientation pour d’obscures raisons de bonnes mœurs (mais le poids de l’héritage culturel judéo-chrétien n’aide bien évidemment pas).

Ainsi, même si Stan refuse le port du foulard homosexuel comme signe ostentatoire d’orientation sexuelle, Sparky revient quand même avec un bandana rose alors que Stan lui crie dessus et qu’il lui ait déjà enlevé et jeté à la poubelle auparavant. Dans la même veine, toutes les sortes d’animaux du refuge d’Al Super Gay sont heureuses car l’endroit est justement fait pour que ces animaux homos puissent rester
eux-mêmes. La preuve en est que lorsqu’Al Super Gay allume la lumière strobo et les dalles lumineuses, tous les animaux dansent comme des folles.


Qu’on l’accepte ou pas, force est de constater que l’homosexualité est une orientation sexuelle naturelle. Au-delà du fait qu’un certain nombre d’animaux la pratique, soit "pure" soit en bouffant à tous les râteliers de la bisexualité, l’homosexualité est aussi vielle que le monde (il suffit d’aller voir chez les Grecs).

Même si ce n’est pas un argument en tant que tel, il faut bien se rendre compte et admettre que l’homosexualité a toujours existé et qu’elle existera toujours. On peut non seulement prendre en compte que certaines personnes ont peur du sexe opposé, mais il faut aussi bien voir qu’il n’y a qu’une personne du même sexe que soi qui connaîtra et saura bien mettre en pratique ce qui va bien pour atteindre pleinement le
7è ciel.

Lors de la folle promenade d’Al Super Gay en pénis (euh péniche pardon, mais c’est à cause de la blague sur « comment on appelle le cul en portugay ? Une écluse, parce que c’est l’endroit boueux où on met la péniche et où on ouvre les vannes pour faire monter l’eau »), on apprend que l’homosexualité existe depuis la nuit des temps, puisqu’on peut voir des préhistoriques se tenir la main, avec un sourire post-coïtal jusqu’aux oreilles. Les hommes des cavernes, les pharaons d’Égypte, les Shogun du Japon, tous ont goûté au plaisir du chibre. La balade se termine par un détour au pays où les homosexuels ont le droit d’exister : une porte s’ouvre et on arrive dans une féerie où « The gay means happy and happy means gay ! It’s OK to be gay » est chanté à cul-tête. Quand Stan retourne sur le terrain de foot, où son équipe se prend une branlée, il fait une passe décisive qui fait que son équipe n’embrassera pas le cul de Fanny. La foule lui demandant un discours, il déclare que ça ne craint pas d’être gay, parce que ça fait partie de la nature et il faut que les gens le sachent !


Il n’y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir, mais pour autant le fait de savoir n’implique pas nécessairement de comprendre. Pour cela, il faut avoir une démarche active de recherche de compréhension.

Si l’on veut vraiment accepter quelque chose qui n’est pas si facilement compréhensible par le commun des hétérosexuels, encore faut-il – non pas se mettre à la place de l’autre, quoique certains pourraient avoir des révélations sur leur sexualité inavouée/refoulée – avoir l’esprit suffisamment ouvert et avoir envie de comprendre le pourquoi du comment. Même si l’homosexualité ne s’explique pas forcément (elle se vit, point final), il est de toute façon positif que l’on s’intéresse à la vie de l’autre et qu’on tente d’appréhender (avec ses propres clés de compréhension) l’univers parallèle de l’homosexualité.

On voit ainsi Stan être sur le cul après la folle promenade
d’Al Super Gay, demandant pardon à Sparky d’avoir voulu le changer, tout ça parce qu’il ne le comprenait pas (ce qu’Al ponctue
par un « Oh, ils sont trop choux ! »). Quand le commentateur demande à Stan pourquoi il est arrivé très en retard au match et donc où il était pendant tout ce temps, il répond qu’il était avec son nouvel ami Al Super Gay, qu’il a visité son refuge pour animaux gays et fait sa balade complètement folle où il a appris plein de trucs sur l’homosexualité. Stan amène ensuite les habitants de South Park sur le lieu du refuge, mais il a disparu. Pour autant, les habitants retrouvent leurs animaux qu’ils croyaient disparu après les avoir viré pour homosexualité et sont tout heureux d’être pets-gay pride (fiers de leurs animaux de compagnie gays).



Conclusion :



Voyez, on se couchera moins bête car on a appris un truc aujourd’hui : l’homosexualité n’est pas une tare et nous ne devons plus la considérer comme une "maladie" honteuse. Il s’agit simplement d’une orientation sexuelle naturelle, même si elle sort de la norme ordinaire, notamment concernant la reproduction, qui ne regarde personne d’autre que la personne qui a fait ce choix.


Pour autant, les réticences et les moqueries de tout un chacun à ce sujet sensible montre bien que les mentalités évoluent certes, mais petit à petit. Il reste ainsi beaucoup de travail en matière de communication pour que les esprits s’apaisent et ne regardent définitivement plus de travers ceux qui ont fait le choix personnel de prendre cette orientation sexuelle.


Considérer les homosexuels comme des gens à part est aussi stupide que de stigmatiser les végétariens, les putains de hippies ou toute autre catégorie de personnes ayant décidé de vivre en-dehors de l’ordinaire, certains de leurs comportements (sexuels, alimentaires, musicaux ou autres). C’est bien sûr idiot de dire qu’heureusement qu’il y a des homos pour que les hétéros aient davantage de choix, mais il faut en tout cas se réjouir que nous ne soyons pas tous pareils, ça rend la vie
bien plus gay et folle folle folle !!!

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27 octobre 2007 6 27 /10 /octobre /2007 08:11

Catégorie : III] Le capitalisme c’est déjà moyen, mais en abuser ça craint !

Thème : 4) Justice et Question Sociale : vieux dilemme de la répartition des richesses

 

 

Fiche de visionnage n°18 :

Épisode 23 (saison 2, épisode 10) – Varicelle

 

 

 

Commentaire d’épisode : La répartition des richesses et du travail par la chance de la naissance

 

 

Il était une fois à South Park, Kenny le pauvre qui a attrapé la varicelle. Les parents des enfants se concertent pour qu’ils aillent choper la maladie chez lui en y faisant du camping.

 

 

Introduction :

 

 

La misère est partout, même à nos portes et pas seulement là-bas au loin où on peut faire semblant de ne pas la voir en changeant de chaîne à la télé !

 

Mais comment diable se fait-il qu’il y ait toujours plus de milliardaires et de millionnaires alors que la pauvreté reste un fait de société ? Le développement économique a certes permis de sortir de l’ornière un grand nombre de familles en les propulsant dans les classes moyennes. Mais le problème de base de l’infortune est toujours loin d’être réglé et ceux même depuis ce fameux hiver 54 qui a vu l’abbé Pierre médiatiser l’action de quelques uns au profit de beaucoup trop (un pauvre c’est déjà trop dans nos sociétés du gâchis).

 

Nous devons déjà nous rendre compte par nous-mêmes de ce qu’est la pauvreté dans nos sociétés si riches et de ce que cela peut signifier pour des citoyens qui n’ont que leurs yeux pour pleurer face à la publicité omniprésente et si alléchante. Pour ceux-là il ne reste que le lèche-vitrine ! Mais quelles sont les explications de cette fracture sociale criante et béante, qui entache nos quartiers et relativise l’action des politiques économiques menées depuis belle lurette ? Peut-on considérer qu’il est sain que notre civilisation laisse bon nombre de ses enfants sur le carreau sous le prétexte que tout le monde n’est pas « intelligent », « habile » ou « utile » au sens large ???

 

 

Être pauvre ça craint !

 

Nul ne souhaite vivre dans l’indigence, ne serait-ce que pour des raisons alimentaires, suivies immédiatement par des notions de confort matériel auxquelles beaucoup aspirent.

La pauvreté est peut-être « plus difficile à vivre » dans des sociétés industrielles où l’abondance de l’offre et la surconsommation semblent être la norme ! En effet, face au matraquage publicitaire et aux besoins de base qui sont difficilement satisfaits par les maigres ressources de bon nombre de familles, le niveau des revenus peut laisser sur sa faim quand on a du mal à boucler les fins de mois, surtout à partir des vingt derniers jours avant les allocs ou le faible pas assez perçu.

Ainsi, quand la mère de Kyle propose aux enfants d’aller camper chez Kenny, Cartman refuse d’aller chez les pauvres, dans le ghetto. Kyle suggère immédiatement de plutôt faire du camping chez lui mais la mère de Stan les oblige à tous aller dormir chez Kenny, point final. Kyle espère au moins qu’ils ont une Nintendo, sinon ça craint grave. Arrivés à la maison, la mère préparait à bouffer et bien sûr Cartman ne peut s’empêcher de chantonner « Dans le ghetto, Dans la nuit glaciale de ce faubourg, Encore un bébé qui voit le jour, Dans le ghetto, Et sa maman pleure, Car rien ne peut arriver de pire, Encore une bouche à nourrir, Dans le ghetto ». Sa première question est de savoir, lui aussi, où est la Nintendo ? Mais le père de Kenny, tout désolé, doit leur avouer qu’ils n’en ont pas, ils n’ont qu’un vieux truc branché sur la télé noir et blanc. Pour Kyle, c’est vraiment le Tiers-Monde ce taudis ! Cartman se réjouit enfin de passer à table, lui qui crève la dalle (malgré ses réserves adipeuses largement suffisantes), mais il faudra encore patienter un peu le temps que le père dise les grâces : « Seigneur, merci pour cette débauche extraordinaire de gaufres surgelées que tu nous as accordée. Et comme on a foi en toi, on sait qu’un jour, tu nous accorderas la fortune. Même si t’as pas l’air pressé. Amen. » Mais tout ça pour ça ?! Cartman, sur un ton bienséant que nous ne lui connaissions pas, interroge quels autres mets ils dégusteront, hormis ces gaufres, s’inquiétant qu’il n’y aurait que ça à grailler. Las, cette simple question, pour autant largement ironique de la part du porcelet, entraîne un débat de fond violent entre le couple de l’année McCormick. Monsieur reprochant à madame de ne pas savoir faire à bouffer, celle-ci se défend auprès de ce connard qu’elle ne peut pas faire grand chose d’autre avec des gaufres à part les réchauffer (même si, comme le précise monsieur, en ajoutant des épices ce serait meilleur). Et en plus les gaufres sont rationnées, le frère de Kenny (Kevin) devant partager avec son frère. Comme le dit Cartman, on se fout de leur gueule ! Il se fait toutefois vite remettre en place par le père, puisqu’on ne doit pas dire de gros mots à table (compris, trou du cul ?), même si on ne dit pas « ressers-toi » non plus. Une gaufre surgelée le dîner, c’est sûr que c’est craignos. Cartman a bien raison de dire que cette famille craint, d’autant plus que Stan voit un rat, et que Kenny doit arrêter d’être pauvre sinon le gros lard va lui lancer des pierres. Pour autant, Kenny claque des mains et la lumière s’éteint, la grande classe quoi. Quand la mère de Kyle demande si c’était bien et s’il voudra y retourner (puisque Kyle n’a pas chopé la varicelle comme prévu), il se plaint qu’il n’y avait que du sandwich au pain pour le petit déj, et en plus ils n’ont même pas le câble ! Sa mère a beau le sermonner qu’il faut consacrer du temps à ses amis, on apprend alors que Kyle n’en a rien à foutre de lui. Sa mère va plus tard voir de quoi il retourne, et elle ne va pas être déçue de la tisane : elle prendrait bien du thé ou du café pour mettre dans son eau chaude, mais ces trucs-là, c’est pour les riches. Elle avait bien remarqué qu’ils avaient une très humble demeure, mais pas à ce point là. Il faut dire que tout ça est à cause du connard d’alcoolo de mari. D’ailleurs, quand il propose une bière au père de Kyle alors qu’ils sont à la pêche, le riche avocat a les siennes, six bières différentes d’un assortiment des meilleurs brasseurs d’Aspen. Se demandant ce qu’est devenu la cabane derrière chez sa mère, un tas de planches pourries qu’ils avaient mis deux ans à construire, le père de Kenny est étranglé de répondre que c’est devenu sa maison. Pauvre un jour, pauvre toujours !

 

Selon Bourdieu, la reproduction sociale des inégalités

 

Être pauvre dans une société globalement riche et opulente, revêt beaucoup de significations et de jugements tant sociaux que moraux ! Au-delà du regard social (« Oh le pauvre, il n’a même pas ... »), on peut se demander ce qu’à branler la personne pour ne pas avoir bénéficié de l’ascenseur social !

Il faut dire, pour la défense des indigents, que dès le départ ils ne sont pas partis avec les meilleures chances de réussite dans la vie ! Il est bien évident que celui qui bénéficie d’un bon encadrement familial, qui peut avoir tous les livres nécessaires voire des cours particuliers en cas de difficulté, n’a pas les mêmes opportunités que celui dont les parents ne peuvent aider à faire les devoirs, limitent le budget scolaire (pas de calculatrice mais un boulier) et ne pourront pas financer des études longues même si l’enfant à le niveau requis !

On le voit bien quand le père de Kenny demande à Kyle si son père gagne toujours autant de blé en tant qu’avocat. Il faut dire qu’ils étaient très copains puisqu’ils bossaient ensemble chez Pizza Shack. Mais lui a eu une bourse d’études et pas le père de Kenny. Pour lui, jalousie mal placée et stéréotypes « obligent », c’est parce qu’il est juif (ce que Cartman ne manque pas d’entendre). Mais pour madame, ça n’a rien à voir, c’est juste parce que son mari est un alcoolo attardé et que lui, il se voyait pas bouffer des gaufres toute sa vie. D’ailleurs, le père de Kyle, à la pêche espère et est sûr qu’il retrouvera du boulot. Mais pour le père de Kenny, c’est loin d’être évident, lui qui n’a pas eu la chance du père de Kyle. Certes, ses parents pouvaient lui payer les meilleures écoles, mais il s’est aussi crevé le cul pour arriver où il est : il voulait devenir quelqu’un et à tout fait pour ! Le père de Kenny « aussi » (mouais, faut le dire vite), mais lui se trouve l’excuse de ne pas être né avec une poire à lavement en argent dans le cul ! Comme le pense le père de Kyle, il est juste jaloux, et ce n’est finalement qu’un pauvre con d’alcoolo, comme son père. S’ensuit une lutte de catch mémorable, n’ayant rien dans la tête, le père de Kenny a tout dans les bras (et malheureusement d’ailleurs il s’entraîne souvent sur son punching-ball qu’est sa femme après s’être mis la tête à l’envers pour oublier sa condition sociale « inextricable »).

 

La société fonctionne, tant bien que mal, par l’ « équilibre » grands et glands

 

Même si ce n’est pas un état de fait (puisqu’au cours de la préhistoire, jusqu’au néolithique et l’avènement des chefferies vers le -Vè millénaire, les sociétés étaient relativement égalitaires), il n’en reste pas moins qu’il y a toujours eu et qu’il y aura toujours des meneurs et des suiveurs.

Face à la croissance de la population et surtout à la spécialisation des tâches, certains se sont arrogés les pouvoirs politiques/religieux/économiques et ont transformé le reste de la masse en serviteurs. Ainsi, depuis quelques millénaires, la société se compose de commandeurs de croyants en l’obligation de ce système et d’esclaves englués dans la servitude volontaire. Malgré quelques rébellions et Révolutions, l’ordre établi continue de régner en maître sachant qu’il n’a plus (de nos jours) de contre-système crédible aux yeux du Peuple.

Ainsi, Kyle cherche à comprendre pourquoi chez le père de Kenny (anciennement meilleur ami de son propre père : ils travaillaient avant ensemble et étaient inséparables, mais la vie les a séparés ; Stewart fut jaloux que Gerald quitte la pizza pour devenir quelqu’un.) il y a des rats et rien à bouffer alors que chez lui c’est cool, son père lui explique que c’est « simplement » parce qu’ils ont moins d’argent qu’eux. Innocemment, Kyle propose de leur donner la moitié de ce qu’ils ont, mais pour son père il a des choses à apprendre : nous vivons tous en société et pour qu’elle fonctionne, il faut des grands et des glands. Son père a passé de longues années à la fac de droit et il a fait des études parce qu’il était légèrement plus intelligent que les autres. Mais il faut bien des pompistes, des serveurs, ou des réparateurs de machine à laver. Pour lui, chez Kenny, ils sont heureux tels qu’ils sont. Et de toute façon, c’est comme ça que fonctionne l’Amérique. Justement, allant à la partie de pêche manigancée par Mme Broflovski, Gerald n’avait plus de matériel et a donc dû tout racheter, une canne, un moulinet et des hameçons. Pour lui, le week-end est le meilleur moment de la semaine. Mais pour le père de Kenny, au chômage on ne voit pas la différence. En parlant de ça, M. Garrison veut que ses élèves fassent une rédaction avec pour sujet « Comment puis-je rendre l’Amérique meilleure ? ». Pour Kyle, son père dit que le pays fonctionne avec des grands et des glands, mais il a une meilleure idée : sa solution finale ! Son père, super intelligent, dit que les pauvres sont des glands. Donc, pour avoir une Amérique de grands, il suffit de mettre les glands dans des camps. Ainsi, il y aura que des riches, parce que les pauvres, ils seront tous morts. Le père, lisant cela avec toutes les connotations historiques que cela peut avoir pour un juif, comprend qu’il a présenté les choses de manière simpliste. Il s’excuse auprès du père de Kenny d’avoir été dur avec lui qui a eu moins de chance que lui dans la vie. Sur ce, le père de Kenny s’excuse aussi !

 

 

Conclusion :

 

 

Voyez, on se couchera moins bête car on a appris un truc  aujourd’hui : la pauvreté est un épineux problème de société. Que celle-ci soit subie après un des nombreux coups du sort que réserve la vie, ou quelle soit quasiment acceptée comme une fatalité familiale, toujours est-il qu’elle est loin d’être agréable et évidente à vivre au jour le jour !

 

Il est certain qu’en plus du manque de confort alimentaire et matériel, il existe une certaine forme de culpabilisation sociale par l’image des foyers modestes que renvoie le reste de la société. Comme l’a prouvé le sociologue Pierre Bourdieu, il persiste même (voire surtout) aujourd’hui une réelle « fatalité » en terme de reproduction sociale des infortunes dans le sens où si l’on naît pauvre, on a plus de « chance » de le rester de par ses conditions sociologiques d’origine. Malheureusement, certains (les pas pauvres bien sûr) considèrent que le monde en va ainsi et que c’est normal, voire nécessaire : la société ne peut fonctionner correctement que s’il y a des riches toujours plus riches et des pauvres bougres un tout petit peu moins démunis.

 

Comme le disait Coluche : « Le capitalisme est l’exploitation de l’humain par l’humain, le communisme (autoritaire) c’est l’inverse » ! Est-il normal que dans nos sociétés dites « modernes » il y ait toujours autant de pauvre que lors de la Révolution française (environ 10%) et que certains se gavent alors que d’autres font la queue devant les Restos du cœur ??? Tant que nous n’aurons pas réglé la fameuse Question Sociale posée depuis cette époque (et même bien avant, la première grande Révolution – dont l’humanité ait trace – ayant eu lieu à la suite de la mégalomanie des grandes pyramides d’Égypte), nous ne pourrons dormir sereinement, sans scrupule par rapport à ceux qui crèvent la gueule ouverte et le ventre vide !!!

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26 octobre 2007 5 26 /10 /octobre /2007 08:14

Catégorie : II] Pour vivre heureux, ne vivons pas cachés

                        les uns des autres !

Thème : 3) Se couper du monde n’est pas s’en protéger !

 

 

Fiche de visionnage n°9 : Épisode 90 (saison 6, épisode 11)

Les enlèvements d’enfant, c’est pas marrant

 

 

Analyse philosophique des extrêmes : Pour pallier les enlèvements, faut-il vivre dans la peur de l’Autre et tout sacrifier ???

 

 

  • Les pros : Les parents,
  • Les antis : Les Mongols, les enfants.

 

  • Thèse : Pour éviter les enlèvements, il faut renier ses Libertés ;
  • Antithèse : Se surprotéger ne sert à rien sinon à s’empêcher de vivre ;
  • Synthèse : Il ne faut pas être obnubilé par les enlèvements mais prendre les
                 précautions de base !

 

 

Il était une fois à South Park le très anxieux Tweek qui regardait seul la télévision. Bloquant sur les infos, il apprend qu’un nouveau carnage a eu lieu dans une école de l’Idaho, cette tuerie prouvant que les enfants ne sont plus en sécurité à l’école. Zappant vite sur une autre chaîne, le poste lui dit que la menace terroriste plane sur les parcs d’attractions et qu’ainsi les enfants ne sont plus en sécurité lorsqu’ils sortent. Il a beau changer encore une fois, on lui annonce qu’un nouveau risque se développe, le kidnapping par des étrangers, ce qui entraîne que les enfants ne sont donc plus en sécurité chez eux.

 

 

Introduction :

 

 

Que ce soit pour des crimes à caractère sexuel, pour le "plaisir" de tuer une innocente "tête blonde" ou pour se venger d’une famille, les enlèvements d’enfant font parties de nombreuses cultures humaines. Puisque le risque zéro n’existe pas, ils ont toujours existé et malheureusement existeront encore.

 

Toutefois, avec la prise de conscience du phénomène par le biais des médias, les Citoyens et les parents prennent leurs responsabilités en main. Aidés en cela par la technologie et la considération que les enfants sont l’avenir de la société (chose relativement récente, puisque datant surtout du siècle des Lumières), nous mettons en œuvre les solutions jugées adéquates pour la sécurité de notre progéniture. Pour autant, nous prenons le risque de devenir des esclaves volontaires de nos psychoses, plus ou moins justifiées par la réalité statistique des faits.

 

Avons-nous encore les capacités d’êtres raisonnables ou nos angoisses nous mènent-elles déjà vers un abandon de nos principes ?

En somme, pour pallier les enlèvements, faut-il vivre dans la peur de l’Autre et tout sacrifier ???

 

 

Thèse en faveur de la méfiance absolue

 

     Il est bien naturel pour un parent de s’inquiéter de savoir où est et ce que fait son enfant, afin d’être sûr qu’il ne court aucun risque.

     Alors que tout parent a déjà été pris de panique au moins une fois en ne sachant pas où est son enfant, qu’il se soit trop éloigné alors qu’il était avec ses parents ou qu’il ne soit plus là où il était censé être, la technologie vient à la rescousse en utilisant le dernier cri des matériels high-tech. Grâce aujourd’hui à la géolocalisation par satellite, n’importe quoi ou qui peut être situé avec une précision épatante.

     Ainsi, les parents south-parkois ont opté pour cette solution technologique, qui n’a rien à avoir avec un remède anti-kidnapping – contrairement à ce que pensent les parents – mais qui permet tout de même de toujours savoir où se trouve l’enfant affublé du casque énorme de ce localisateur. Si celui-ci se fait enlever un jour, on pourra le localiser à deux mètres près. Évidemment, Stan ne veut pas mettre ce chapeau horrible (en plus d’être gros et pesant sur sa petite tête brune), se plaignant en outre que ses copains se moquent de lui. Non seulement ses parents le rassurent sur le fait que ça se remarque à peine (mouais, enfin c’est quand même un bidule énorme, en plus avec un gyrophare, une grande antenne et une parabole), mais également lui indiquent qu’il n’a pas à s’inquiéter sur ce que pourront dire ses camarades de classe. Et pour cause : les parents sont tellement morts de trouille après que Tweek ait failli se faire enlever, que tous les gamins sont équipés de ce localisateur, plus que dissuadant par son manque de discrétion.

 

Puisque localiser un enfant qui a été enlevé est déjà guérir, mieux vaut prévenir toute tentative d’enlèvement. Et bien sûr, on n’est jamais mieux servi que par soi-même.

Dès lors, la solution la plus efficace est de prolonger 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, la mission première de tout parent, à savoir surveiller son enfant. Bien que cela ne soit pas évident pour leur permettre de vivre leur propre vie professionnelle, si les parents ont constamment à l’œil leur enfant, cela limite nécessairement les opportunités de kid-napping par un individu profitant de l’isolement et de la non surveillance d’un gamin.

C’est ainsi que les parents surveillent sans arrêt leurs enfants, à l’extérieur comme en classe. À l’arrêt de bus, Stan trouve que c’est encore pire que le localiseur, mais le père de Tweek et la mère de Stan rassurent tout le monde en disant que les gamins n’ont qu’à faire comme si les parents n’étaient pas là. Et forcément, ils voient alors comment leurs enfants se comportent comme des charretiers : Kyle traite Cartman de gros lard (ce en quoi la mère de Cartman ne trouve pas grand chose à redire, et pour cause), et celui-ci répond que lui au moins n’est pas un connard de juif (ce qui n’a l’air de stupéfier que les parents de Kyle, surtout sa mère avec son fameux « Quoi, quoi, quoi ? »). En classe la présence des parents est encore plus gênante, puisque M. Mackey est obligé de rappeler que les parents, qui sont censés connaître au moins une partie des réponses, ne doivent pas souffler. Il pense alors qu’avoir tous les parents en classe, ce n’est pas une bonne idée. Pour le père de Tweek, tout irait mieux si on pouvait avoir confiance en des gens comme les Stotch (les parents de Butters, qui avaient lancé la fausse information comme quoi leur fils avait été enlevé par un latino-américain alors que la mère avait tenté de le noyer après avoir appris par Butters que son mari fréquentait les saunas gays), ce en quoi le père se défend en arguant que c’est la famille Tweek qui a une réputation de merde. Alors que tout le monde se gueule dessus, M. Mackey préfère démissionner ... et demande à ses parents de le laisser seul (mais ils restent, voulant être sûr que personne ne l’importunera, voyez ; il voit).

 

Pour être sûr de ne pas être dérangé intra-muros, autant se préserver des extra-murés. Le repli sur soi, entre gens de bonne compagnie et de confiance, est le premier des réflexes de défense face à l’agression.

Si, parce qu’on a peur de ce qui vient de l’extérieur, on doit défendre ses personnes et ses biens, la solution mise en œuvre de tout temps est de se barricader, de s’emmurer vivant afin de mieux contrôler les entrées-sorties et d’avoir la meilleure défense possible.

Étant donné que Tweek a failli se faire enlever par un étranger dans les murs même de la ville, la solution pour les Citoyens est d’empêcher ces kidnappeurs d’entrer dans la cité, en fermant complètement la ville aux étrangers indésirables, un peu à la manière d’une barrière pour protéger les enfants. Le père de Stan propose alors de construire un grand mur tout autour de South Park, afin de contrôler ceux qui veulent entrer. En se demandant qui pourrait construire une telle grande muraille, la solution est toute trouvée. Tout le monde se rend alors chez City Wok, le restaurant chinois du coin. Évidemment, quand la mairesse propose ce job au seul chinois de la ville, celui-ci refuse, n’étant qu’un simple cuisinier du Shitty Phoque. Pour le père de Kyle, le cuisinier chinois est le plus qualifié pour bâtir ce mur, c’est dans ses gènes (sachant que le père de Kyle est avocat et juif, il devrait savoir que ce genre de stéréotype est d’une stupidité affligeante, mais non). Bien sûr le cuisinier chinois se rebelle contre cette vision simpliste et discriminatoire des choses (lui qui n’est pas une caricature, qui mange du riz et conduit très lentement comme tout le monde), mais le père de Stan calme le jeu en rappelant à M. Tuong Lu Kim que la grande muraille de Chine a repoussé les Mongols durant des siècles. Devant ce souvenir du passé glorieux, le cuisinier chinois se doit de s’exécuter, pour continuer l’honneur de ses ancêtres.

 

Antithèse en faveur sérénité plutôt que de la sécurité à outrance

 

     Tout système mit en place génère de fait un contre-système ou du moins l’envie de passer à travers les mailles du filet.

     Dans ces conditions, il est inutile – et qui plus est coûteux – de vouloir ériger des barrières "infranchissables" dans le seul cadre d’une protection passive. En effet, si l’on veut solutionner les choses, il est important d’avoir une démarche active, notamment en essayant de comprendre les Autres et de tenter par tous les moyens des solutions alternatives à son propre enfermement à l’intérieur de quatre murs.

     Ainsi, alors que M. Tuong Lu Kim est encore en cours de construction du Mur de South Park, des hordes mongoles déferlent à cheval sur la plaine et s’attaquent à la grande muraille. Tuong ne comprend pas, et nous non plus d’ailleurs, ce que ces fléaux de dieu viennent foutre au plein milieu du Colorado. Il n’y a pourtant rien de plus simple : dès qu’un Chinois fait une muraille, ces putains de Mongols de merde débarquent pour tout casser ! Pourquoi ??? Tout simplement pour le plaisir de montrer que personne ne peut se murer du monde extérieur, que bâtir des murs – si hauts et si puissants soient-ils – ne résout rien. Bien au contraire, seul le fait de les détruire permet de se réunir.

 

     L’humain fonctionnant par défi, que ce soit pour défendre sa Liberté ou simplement assouvir sa curiosité de voir si l’herbe est vraiment plus verte dans le champ barbelé du voisin, rien ne sera jamais assez puissant ou dissuasif pour contenir éternellement ses assauts répétés.

     Plus un édifice ou un problème résiste, plus forte sera l’envie de réussir à le prendre en défaut. Et forcément, plus on tente, plus on échoue, et plus on a de possibilités d’apprendre de ses erreurs jusqu’à trouver la solution ultime. Car il faut bien l’admettre : le risque d’infaillibilité zéro n’existe pas ! Il y aura toujours une brèche, si petite soit-elle, dans toute protection ingénieuse, et plus on rajoutera de surcouche de protection, plus on ouvrira de nouvelles brèches ou on délaissera ce qu’on croyait intouchable et qui ne le sera plus avec l’avancée de la technologie ou les progrès de la ruse/machination humaine.

     Après la première attaque contre la muraille et les réparations à peine finies, M. Tuong Lu Kim hallucine en entendant des bruits de sabre à proximité. Sortant son guetteur de Mongols (une longue-vue en fait), il les voit à quelques dizaines de mètres s’attaquer à son bel ouvrage. Lorsqu’il se précipite sur place en leur criant dessus, il se rend compte qu’il ne s’agit là que de simples arbustes déguisés en Mongols et d’un magnéto produisant ces sons de sabre attaquant le mur. Juste à ce moment-là, il s’aperçoit qu’il a lâché la proie pour l’ombre et revient au pas de course sur son emplacement premier (fraîchement réparé), déjà complètement ravagé par les Mongols. Il se jure que c’est la dernière fois que ces Mongols de merde démolissent sa belle grande muraille pour qui il sue sang et eau depuis un bout de temps. Il s’équipe alors d’un système de défense anti-Mongol, un missile à tête chercheuse qu’il rêve de leur balancer dans la gueule. Quand ces derniers reviennent à la charge, il fait genre le mec qui a les chocottes face à la petite balle que les Mongols veulent envoyer contre sa forte muraille. Il sort alors son arme secrète et titille les Mongols en leur proposant de dire bonjour à son copain missile. Lorsque ce dernier est relativement proche de sa cible, l’un des cavaliers verse de l’essence sur la petite balle inoffensive, puis un autre l’enflamme. Le chef lance alors la petite balle vers la muraille, que s’empresse de suivre le missile à tête chercheuse, explosant ainsi de manière encore plus destructive la muraille. Tuong s’est fait prendre à son propre piège : plus il sort la grosses artillerie, plus ça fait de dégâts, chez lui ! Vert de rage et explosé de tous les côtés, il lance dans sa souffrance que ces putains de Mongols à la con ont cassé sa grande muraille pour la dernière fois (ce qu’il avait déjà dit une autre fois, comme quoi, l’histoire se répète sans cesse). Il est persuadé d’avoir trouvé la solution ultime, leur ayant préparé du porc sauce aigre douce à leur jeter dessus, mixture brûlante et gluante. Les Mongols seront alors collés au mur et il pourra se venger facilement et sans risque de toutes ces humiliations faites à la grandeur chinoise. Mais à malin, malins et demi ! Lui qui croyait son plan génial, voit venir de loin la ruse du fameux cheval de Troie. Mais on ne l’a lui fait pas, il a lu ou entendu parler de cette histoire et ne s’en laissera pas conter ! Il joue alors la comédie, parlant haut et fort, se réjouissant de cette surprise de taille et hurlant à qui mieux mieux que les Mongols ne sont peut-être pas que des barbares puants, finalement. Il déclare assez fort pour que tout le monde entende (même s’il est seul) qu’il va pousser le cheval à l’intérieur et le montrer à tous ses amis. Pensant avoir ainsi bien feinté l’adversaire, il ouvre la trappe du cheval où sont censés se trouver les Mongols et ... reçoit une énorme quantité de porc sauce aigre douce sur le coin de la gueule. Une fois qu’il est bien empêtrer dans ce méli-mélo brûlant et gluant (son idée à la base, mais encore une fois retournée à l’avantage de l’adversaire), les Mongols attaquent, juste à côté de ce pauvre bougre inoffensif, englué dans la mélasse jusqu’au cou. Il a beau hurler la bouche pleine (ce qui n’est pas très poli) « je vous aurai un jour, je vous aurai », à l’instant présent il ne peut que contempler son impuissance. Mais il ne se laisse pas abattre pour autant : pour détruire son mur, les Mongols vont devoir le battre directement dans une ultime bataille. Il exécute alors une "terrible" ancienne danse de guerre chinoise (avec costume et tout le tintouin), censé foutre autant les chocottes que le fameux haka néo-zélandais. Histoire d’enfoncer le clou, il refait sa danse, alors que les enfants passent discrètement derrière lui pour déposer aux pieds du mur un chariot rempli d’explosifs. Lorsque ceux-ci repartent avec le détonateur en main, Tuong voit les gamins et les avertit de faire attention car la région est infestée de Mongols (ce qu’ils savent puisqu’ils ont été recueilli par eux après avoir été évincés par leur tribu familiale pour éviter leur enlèvement par les parents eux-mêmes). À peine a-t-il dit ça, qu’il s’aperçoit que le chef Mongol a un détonateur dont le fil rouge va jusqu’au chariot bourré d’explosifs puis tout explose.

 

     Au-delà de ces aspects pratiques, il est important de voir que l’humain, cet animal sociable (comme beaucoup d’autres d’ailleurs), a besoin de confiance pour établir des relations sociales saines et durables.

     Celle-ci est dans les relations humaines aussi vitale que l’air, même si elle est tout aussi impalpable ! La confiance permet ainsi de ne pas voir l’Autre forcément comme un ennemi qui vous veut du mal, mais permet plutôt de se sentir bien dans ce monde (de brutes aussi). Même si l’on doit se méfier dès que quelque chose nous paraît louche, il n’en reste pas moins que nous ne pouvons et ne devons pas vivre dans une bulle stérile, à l’abri des méchants mais de fait aussi couper des gentils. L’important étant bien évidemment de ne pas toujours se fier à sa première impression, qui est loin d’être toujours la meilleure.

     On le voit bien par exemple quand les gamins vont au cinéma pour voir Men in Black 2. Même s’ils espèrent que le film ne sera pas à chier, ce que Kyle craint fort, Tweek est pris d’une peur panique en voyant que ce n’est pas le même guichetier que d’habitude. Alors que les autres s’en foutent, jugeant que ce n’est pas grave, lui craint qu’il veuille le tuer. Cartman se demande bien ce qu’on pu lui dire ses parents (pour une fois, Cartman "s’inquiète" pour quelqu’un d’autre que lui). La parano atteint ensuite toute la ville de South Park et nuit aux activités sportives des enfants. Ceux-ci s’étonnent de jouer dans un stade bondé de south-parkois, mais sans aucune équipe adverse à jouer. Leurs supporters parentaux se justifient en disant que s’ils ont fait faire un mur pour protéger leur progéniture, ils ne vont pas laisser entrer une équipe d’étrangers. Les parents sont tellement décalés, comme d’hab, que même si les enfants arguent du fait que jouer seul ce sport d’équipe est nettement moins marrant, ils les encouragent quand même et les félicitent à chaque balle strikée (vu qu’il n’y a pas de batteur adverse, il n’y a que ça) et pour toutes leurs si franches victoires. Pour les south-parkois, même si (ou justement, parce que) les enfants ne jouent contre personne, ils assurent à fond. Alors que tout le monde savoure la pizza de la victoire (seul vrai avantage pour les mômes à jouer tout seuls), la télévision annonce qu’une étude révèle des choses ignorées sur les kidnappings : la majorité des enlèvements ne sont pas le fait d’étrangers, mais d’un voisin que l’enfant connaît bien. C’est parce que l’enfant est en confiance qu’il y a tant de kidnappings. L’ennemi est à leurs portes blindées, prêt à agir ! Immédiatement, tous les parents décident qu’ils doivent rentrer, pizza finie ou non ! À peine chacun chez soi, qu’une nouvelle nouvelle découverte parasite le poste de télévision : la plupart du temps, les ravisseurs ne seraient autres que les parents eux-mêmes ! En effet, neuf fois sur dix l’enlèvement est commis par le père ou la mère. Les enfants ne sont donc pas en sécurité même au sein de leur home sweet home ! Pour être sûre que Tweek va bien, sa mère veut monter vérifier s’il est toujours dans son lit. Immédiatement son mari veut y aller avec elle, juste pour être sûr qu’elle ne l’enlèvera pas, ce qu’il croit qu’elle a peut-être déjà fait ! Elle a beau affirmer qu’elle n’enlèvera jamais Tweek, ce n’est pas ce qu’ils disent à la télé. Bonjour la confiance dans le couple, mais c’est pareil dans les autres familles. La question se pose alors de savoir comment protéger les enfants contre leurs parents ? La solution extrême, que les south-parkois apprécient tant, est de bannir les enfants de la ville afin qu’ils soient en "sécurité", en pleine nuit et par un fichtre froid de canard. Lorsque les parents comprennent enfin leur erreur/bêtise, ils s’excusent platement. Toutes ces infos à la télé leurs sont montées à la tête. Le fantôme de la bonté humaine (celui qui tenta de kidnapper Tweek) avait raison. Non pas d’enlever des enfants, mais sur ce qu’il disait au sujet de la confiance que l’on doit accorder à priori, sauf si la personne est trop louche. Il faut faire ce qu’il disait, pas ce qu’il faisait.

 

Synthèse

 

     La télévision permet d’accélérer la vitesse de transmission de l’information. Elle facilite ainsi la prise de conscience de problématiques qui autrement nous passeraient par-dessus la tête.

     Pour autant, à trop informer, les téléspectateurs les moins critiques peuvent avoir une idée faussée de la réalité des choses. On peut alors avoir le syndrome de la surmédiatisation, qui consiste à être persuadé qu’il y a beaucoup plus de ceci ou de cela qu’auparavant, tout simplement parce qu’on en entend plus parler dans le poste (télé ou radio d’ailleurs). Cela résulte la plupart du temps d’une succession d’affaires dans un court délai, nous faisant croire que ce genre de choses arrive tous les jours et donc que personne n’est à l’abri.

     Il en va ainsi de Tweek qui, regardant tranquillement la télévision, tombe sur une chaîne parlant d’un nouveau carnage dans une école de l’Idaho. Cette tuerie prouverait que les enfants ne sont plus en sécurité à l’école. Il a beau vite changer de chaîne, le discours alarmiste est le même, par le biais de la cascade médiatique où ce que l’un dit, l’autre le reprend dans le cadre d’un dossier pour ne pas paraître omettre des sujets "d’actualité". Il apprend alors que la menace terroriste plane sur les parcs d’attractions et que les enfants ne sont plus en sécurité lorsqu’ils sortent. Après un autre zapping, la télé lui révèle qu’un nouveau risque se développe : le kidnapping par des étrangers. Les enfants ne sont donc plus en sécurité chez eux. Avec tout ça, on comprend bien que lorsque ses parents l’appellent pour qu’il vienne dans la cuisine pour le voir, lui comprend que ses parents veulent l’avoir. Ils lui parlent justement des risques de kidnapping, en précisant qu’il n’arrivera sans doute jamais rien, mais son esprit d’anxieux caféiné reste persuadé "qu’ils" vont venir le prendre, lui qui n’y peut rien mais qui a toujours l’impression qu’on va l’agresser.

 

     Même si nos sociétés dites "modernes" sont très nettement individualistes, il n’en reste pas moins que la solidarité est nécessaire, ne serait-ce que sur des petits détails mais qui peuvent faciliter la vie de tout un chacun quand il en a besoin.

     Ainsi, il est plus qu’agréable, nécessaire, que l’on puisse demander à n’importe qui un petit coup de main quand on requiert de l’aide. Cela nous rassure sur la nature humaine, qui n’est pas bonne par nature, mais que la société façonne selon ses principes, dont l’entraide est un des fondements pour sa survie propre (individuelle autant que collective). Personne ne pourrait vivre sereinement (et même dignement) dans une société où tout le monde a peur de tout le monde.

     Lorsqu’un automobiliste demande gentiment son chemin pour aller à Breckenridge, ou simplement de confirmer qu’il se trouve bien à South Park, Tweek l’envoie balader. Idem quand une vieille dame lui demande de l’aide pour traverser, sa réponse est cinglante avec un « je vous connais pas ! ». Pire encore alors qu’un paralysé en fauteuil remercie dieu que le gamin soit là pour le sortir du pétrin, sachant que son fauteuil est en panne de batterie ... au beau milieu de la voie ferrée. Tweek lui balance froidement qu’il ne doit pas parler aux inconnus. Le paralysé de la tête aux pieds (qui avance grâce à une commande buccale mais qui est cassée) a beau lui dire que ce n’est pas drôle et qu’il a vraiment besoin d’aide (ce qui se voit dix fois), Tweek refuse obstinément en pensant qu’il s’agit peut-être d’une ruse. Lorsque le train l’éclate sur son passage, Tweek trouve que la ruse est quand même vachement bien faite, mais bon (de toute façon il est trop tard). "Heureusement", dans son sommeil, Tweek a l’apparition du fantôme de la bonté humaine. Celui-ci ne peut accepter que le petit garnement ait perdu foi en l’humanité. Certes il a toujours l’impression qu’on va l’agresser, mais le fantôme lui explique que ce que les infos nous montrent n’est que le monde que les adultes qui ont perdu leurs rêves préfèrent voir. Mais le vrai monde n’est pas comme ça. Il lui montre alors une femme qui va à la maison de retraite. Elle est bénévole et donne un peu de son temps à des personnes âgées qui ont tellement besoin d’amitié. Il lui désigne une humble demeure, abritant un couple qui a adopté des petits orphelins. Avant, ils n’étaient que des étrangers. Désormais, ils sont leurs parents. Plus loin, une vieille dame avait un pneu crevé et deux inconnus sont venus l’aider. Il lui demande si on parlera de toutes ces personnes dans les journaux télévisés, si on montrera leur bonté aux infos ? Rien de moins sûr. Mais une chose est sûre, elle : même si les infos ne parlent que de tueurs et de kidnappeurs, ils ne représentent qu’une toute petite minorité ! (ce en quoi il enjoint à Tweek de monter dans sa camionnette ... avant de se faire pincer par les flics à la recherche de ce Frédérick Johnston, un kidnappeur qui agit sous ce déguisement depuis un an).

 

     On n’est jamais sûr de rien, mais l’on peut tout de même faire confiance à beaucoup de monde. La limite étant bien sûr de se sentir à l’aise et d’essayer de détecter les comportements louches.

     On dit que la confiance est quelque chose qui s’apprend par les preuves, que l’Autre fait pour témoigner de ses bonnes mœurs et foi. Pour autant, les enfants sont des êtres timides par nature et ont toujours peur d’autrui dès que les parents ne sont pas à proximité ou ne les ont pas rassurés sur l’inoffensivité d’une personne, d’une chose ou d’un geste. Même si chat échaudé craint l’eau froide, il n’en reste pas moins que la confiance (et son meilleur allié, le discernement) doit nous gagner.

     C’est justement ce que propose le fantôme de la bonté humaine à Tweek lorsqu’il lui demande s’il croit pouvoir apprendre à faire confiance aux gens. Ce dernier indique en tout cas qu’il va essayer, ce qui est un bon début. Malheureusement, ce fantôme de la bonté humaine promeut la confiance pour mieux en user et abuser, mais la société veille puisqu’il se fait arrêter avant son passage à l’acte criminel.

 

 

Conclusion :

 

 

Voyez, on se couchera moins bête car on a appris un truc aujourd’hui : les relations avec les étrangers (voire même certains familiers, mais qu’on ne connaît pas si bien que ça – puisqu’on ne connaît jamais vraiment le fond de qui que ce soit) sont emplies de préjugés coupables que nous nous devons de surmonter pour pouvoir vivre tranquillou bilou en bonne Harmonie sociale.

 

Bien que la profusion d’informations peut nous faire croire que nous ne sommes en sécurité nulle part et avec personne, nous sommes obligés de vivre avec les autres, que cela nous plaise ou non. Si nous ne voulons pas vivre comme Bernard ou Thierry en ermites coupés du monde, nous devons apprendre à faire confiance aux gens, mais pas non plus de manière aveugle. Ici se trouve la délicate alchimie permettant de jauger si l’on peut y aller ou si l’on doit se méfier, sachant qu’il faut toujours rester un peu sur ses gardes, sur la défensive, face à des inconnus.

 

Étant donné que l’habit ne fait pas le moine (puisque même eux peuvent pour certains être de véritables pervers, interdiction du mariage et du sexe, créant la frustration de besoins naturels et vitaux, obligent), l’important est de ne pas commettre les erreurs de base en suivant les précautions d’usage et d’essayer de jauger les intentions d’une personne (étrangère ou non) qui nous sollicite pour quoi que ce soit. Pour ne pas verser dans la psychose, aider les autres mais se protéger quand même, la première des nécessités parentales est de parler et d’informer son enfant sur les risques, éventuels, qu’il pourrait rencontrer : un gamin avertit en vaut deux. Nous finissons tout de même ce point de vue critique par un « il n’arrivera sans doute jamais rien » ... mais quand même, restons vigilants et prudents !

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25 octobre 2007 4 25 /10 /octobre /2007 08:01

Catégorie : II] Pour vivre heureux, ne vivons pas cachés

                        les uns des autres !

Thème : 2) De l’affirmation des Différences au sectarisme communautaire

 

 

Fiche de visionnage n°7 :

Épisode 77 (saison 5, épisode 12) – Les riches débarquent

 

 

 

Commentaire d’épisode : Critique de la ségrégation basée sur l’intolérance des Différences

 

 

Il était une fois à South Park la prof Mme Crockelpaf qui a demandé à ses élèves de faire un projet personnel et de le présenter à la classe. Butters reçoit un C pour son volcan crachant de la lave gluante, et vu que Cartman n’a pas fait ses devoirs (comme d’hab) il est sanctionné d’un D- pour son crayon ruban-adhésifié à un stylo, montrant la dualité naturelle des objets pour écrire, mais scotchés trente secondes avant de passer. Token quant à lui est allé sur un site météo avec son portable, et grâce au vidéo projecteur de son papa, présente ses prévisions pour les trois prochains mois, qu’il a également tirées sur son imprimante laser. Cet excellent travail se voit gratifié d’un A.

 

 

Introduction :

 

 

Dans un certain nombre de société tribale, certaines catégories de statuts et de personnes (notamment les sorciers, mais aussi ceux qui travaillent le métal ou qui s’occupent des cadavres) se voient imposer des contraintes et interdictions dans leur vie de tous les jours, mais également au niveau de leur mariage et de leur mort. Depuis l’Antiquité, des lois ont été mises en place pour institutionnaliser des états de discrimination déjà présents de fait dans la société.

 

La ségrégation patrimoniale développée dans cet épisode n’est ainsi que le dernier avatar en date d’une longue tradition de séparation par la distinction, sur des critères définis par la majorité à l’encontre de la minorité afin d’appuyer son pouvoir sur elle et essayer de contenir l’affirmation de ses particularismes. Alors que certaines personnes d’une communauté vivent quelque peu différemment, on distingue l’ensemble de leur "catégorie" pour bien marquer « vous vivez dans la Différence, et bien nous vous enfermons dans celle-ci et ainsi il n’y aura jamais d’Égalité » !

 

Après avoir déterminé les origines de la distinction communautaire, nous tenterons de comprendre comment celle-ci se met concrètement en œuvre dans sa forme la plus aboutie qu’est la ségrégation, sachant que pour vivre réellement en Harmonie les uns avec l’Autre nous nous devons de voir au-delà des Différences ce qui nous rassemble et cultiver le goût immodéré de l’Égalité dans la lignée de la Fraternité entre humains sapiens sapiens (deux fois sages) et de la Liberté de chacun.

 

 

Le communautarisme provient de la jalousie (ou de sa considération comme supérieur et l’Autre d’inférieur)

 

Instinctivement, dès qu’une nouvelle tête débarque, on se compare à elle et on l’évalue par rapport à soi. Ce n’est que la culture qui permet par la suite de relativiser tout ceci en ne définissant pas des rapports dominant-dominé mais plutôt en hiérarchisant selon le "meilleur en cela" et le "moins bon en ceci".

Cependant, quand la Différence saute à l’œil, tous les schémas rationalisés de pensée peuvent se mettre en berne et laisser ressurgir la "haine animale" de la Différence, de la non-appartenance à un clan ou un territoire, à une communauté d’idées ou de pratiques. Très souvent, ces sentiments sont dictés soit par la jalousie de la réussite du nouveau-venu sur un terrain qui "n’est pas le sien" (mais qui appartient à tout le monde et à personne à la fois), soit par la peur de celui qu’on ne connaît pas [xéno (étranger, en terme de territoire mais aussi aux us et coutumes du cru), -phobie (peur plutôt que haine, l’une engendrant l’autre)].

Ainsi, Cartman est jaloux de Token car s’il a pu faire ce qu’il a fait, c’est parce qu’il est riche (alors que lui a fait de la merde, non pas parce qu’il est pauvre comme Kenny, mais parce qu’il n’a rien branlé comme d’hab). Cartman lui fait un procès d’intention parce que la maison de Token (de ses parents plutôt) est quatre fois plus grande que les autres, qu’il a des sandwiches au homard pour la récré, qu’il achète ses fringues chez Armani Enfant. Cartman faisant remarquer qu’eux vont acheter leurs fringues chez J-Mart (où il doute fort que Token ait déjà mis les pieds), Stan emboîtant le pas sur le fait que chez lui il y ait un billard, et Butters pointant du doigt que son arrosage automatique du jardin doit coûter cher, on voit bien ici que les gamins sont simplement jaloux de lui et de la situation sociale de ses parents (marre d’avoir des vêtements à deux balles, envie de jouer au billard plutôt que des jeux à pas cher, ras-le-bol de la corvée d’arrosage de la pelouse). Pour autant, tout ceci s’explique, les parents de Token n’ont pas volé cet argent ou commis des actes criminels : ils gagnent tout simplement plus d’argent parce qu’ils ont fait des études supérieures d’où ils ont un travail mieux payé. Le père de Token est avocat et sa mère est chimiste dans un grand laboratoire, alors que la mère de Cartman est une pute : l’un paie mieux que l’autre ! Sans vouloir trouver des excuses à cette jalousie mal placée, on peut tout de même essayer de la comprendre. Évidemment, les riches n’ont pas les mêmes habitudes de vie que les pas riches (pour les pauvres comme Kenny c’est encore autre chose). Quand, pour faire plaisir à Token pensant que s’habiller comme tout le monde changera quelque chose à l’affaire, la famille débarque chez J-Mart, leur première question est de savoir où est le voiturier ? Lorsque quelqu’un arrive, estimant que ça doit être lui, il lui refile vingt dollars de pourboire (ce qui est plus que généreux, surtout dans ce trou du cul du monde qu’est South Park). On voit bien par la suite que les parents ne sont pas du même monde, puisque qu’ils pensent que le magasin a activé un rayon aveuglant extraterrestre (alors que c’est juste un éclairage au néon), qu’ils sont stupéfaits d’apprendre que le rayon prêt-à-porter garçonnet se situe allée 6 à côté des bretzels. Quand Token trouve son bonheur avec des pantalons à cinq dollars, ses parents demande de quelle marque ils sont, leur fils déclare qu’il s’en fiche : l’important est que ce soit des pantalons de pauvre, même s’il est conscient que ces fringues doivent vraiment être nulles à ce prix-là. On ressent clairement que le malaise est là quand les parents de Stan s’étonnent que les Williams soient dans ce supermarché alors qu’ils ont les moyens de faire leurs courses dans les quartiers chics, idem pour la mère de Cartman qui en tamponne le caddie de la mère de Kyle, elle aussi surprise de les voir là alors que le père gagne autant. Les parents de Token se rendent vite compte qu’ils font tâche et qu’il vaut mieux se dépêcher, tous les regards interloqués ou accusateurs se tournant vers eux. Il est en effet loin d’être évident de faire comme les autres quand on n’est pas comme les autres. Token s’en aperçoit vite, lui qui croit pouvoir se faire accepter avec son nouveau tailleur (dixit Cartman) de chez J-Mart. Alors que les enfants (qui jouaient au Monopoly mais Cartman triche comme à son habitude) veulent se mater « Le roi lion », Stan est tout surpris quand Token lui donne un disque. C’est qu’il s’agit d’un DVD, et que personne n’a de lecteur car c’est trop cher (sauf pour les parents de Token pleins aux as comme le pense Cartman). Cartman propose alors d’envoyer le DVD à l’Enterprise pour voir si le capitaine Kirk peut le décrypter, alors que Token se demande bien ce que peut être une cassette VHS (ponctué par un « sans déconner » des autres gamins). Il y a là clairement une incompréhension des styles de vie de chacun ! Quand les riches commencent à pulluler, M. Garrison s’emportent dans ses relents fortunistes en haranguant les nouveaux venus avec les sobriquets de Crésus (dernier roi de Lydie – territoire comprenant les vallées de l’Hermos et du Méandre, situé sur le parcours des grandes routes commerciales – les sables aurifères de la rivière Pactole lui permirent d’inventer la première monnaie au -VIè siècle) et de Richie Rich (bande dessinée publiée dans les années 50, elle raconte la vie d’un gamin unique héritier d’une fortune estimée à 70 milliards de dollars, mais qui s’ennuie car il n’a pas d’ami. Il s’en procure en rachetant des usines en difficulté pour les rénover et les offrir aux ouvriers). M. Garrison se moque bêtement d’eux en demandant s’ils transportent dans leurs gros cartons leur réserve de chéquiers, indiquant qu’ils ont de grands garages pour leurs Porsche, leurs yachts et leur porte-avion nucléaire, et Jimbo en remet une couche en répondant à sa blague idiote sur « Combien faut de riches pour changer une ampoule ? Aucun. Ils engagent quelqu’un pour le faire. » Cela fait bien marrer les autres (les pères de Stan, Kyle, Kenny et Butters, ainsi que Ned et Skeeter – le pilier de bar qui n’aime pas trop les gars dans tous les genres par chez lui), jusqu’à ce que Garrison lance aux richards (qui s’amusent à jeter l’argent par les fenêtres) d’aller jouer dans leur maison à 2 millions de dollars ! Il est bien stupide de classer les gens, la catégorie ne faisant pas le patrimoine de la personnalité ! Ainsi, quand la famille de Will Smith s’installe à South Park et que ses enfants rencontrent l’autochtone Token, ils s’empressent de dire que leur papa est star de cinéma et de demander ce que fait le père de Token (avocat, enfin il croit). Token est tout fier de montrer le Van Gogh de ses parents, sachant que les Smith en ont sept, et est dès lors si heureux de ne plus être le seul gosse de riche, les parents des autres étant plutôt pauvres. Pour les enfants Smith ceci est incompréhensible, qu’ont-ils bien pu faire de leur argent ? Que Token leur réponde qu’ils n’en ont jamais eu n’est pas une excuse, ils n’ont qu’à dire à leur papa de faire des films : il faut être ferme avec son papa si on veut un lama ! S’il refuse à cause d’un mauvais scénario, il faut le supplier, lui dire de penser aux 20 millions de dollars (enfin 12 millions après impôts, les gamins étant déjà de futurs comptables). Pour Token c’est ... super (mouais bof), pour les enfants Smith c’est 20 millions de fois super. De même, Token souhaite simplement faire de la luge, alors que les autres gosses de bourges veulent faire du shopping (enfin, aller au centre commercial pour acheter quelques boutiques). Dans le même registre, Token n’est pas à l’aise pour jouer au polo, qui plus est en uniforme, alors que pour les richard-sons jouer sans uniforme est aussi incongru que de manger du caviar sans blinis ! On voit ainsi que trouver sa communauté de cœur est plus difficile que celle de condition sociale ! Quand Token se fait rappeler à l’ordre parce qu’il n’est pas assez concentré et que l’un des fils de Will Smith aurait alors pu jalier le dishmire de Token par son fralène, il trouve ce jeu trop compliqué et propose plutôt de jouer aux boules de neige. Pour les enfants pétés de thunes, ce jeu est trop simple et donc barbare. Ils lui rétorquent que s’il aime les jeux de sauvages, il n’a qu’à aller vivre chez les lions, et Token se sent une fois de plus rejeté. Quand il se retrouve dans la gueule de la fosse aux lions, il leur raconte son histoire : il se sentait rejeté à l’école, du coup il a fait venir plein de riches, mais ça ne colle pas avec eux non plus. Alors il veut vivre parmi les fauves, promettant que s’ils acceptent de l’élever, il sera le meilleur lion qu’il pourra. Mais le seul moyen de devenir un félin, pour Token qui ne s’intègre nulle part, est de rencontrer Aslan. Lorsque celui-ci lui demande ce qui lui fait croire qu’il s’intégrera parmi eux, il ne sait pas trop, mais tous les deux adorent les blagues. Le test d’acceptation dans le club est de pouvoir, à la manière du roi Arthur, retirer une épine de la patte du patriarche Aslan. Token réussit (gratifié en cela par un pet de lion) et demande s’il peut rester à présent, mais le vieux roi des animaux le met en garde qu’être un lion est peut-être plus dur qu’il ne le croit !

 

Si on ne peut/veut être avec les autres, autant rester dans sa bulle stérile avec les siens

 

S’intégrer, c’est faire des efforts pour être accepté en tant que tel, car de toute façon on porte sa Différence sur soi et on ne peut renier ce que l’on est. Même si on fait tout pour, les autres feront toujours remarquer ou ressentir qu’on n’est pas pareil, qu’on a beau être du même monde, on ne vit pas sur la même planète.

Souvent, la ségrégation se met en place parce que les communautés en présence ne peuvent se parler si aucune ne fait d’effort pour faire un pas vers l’autre en vu d’accepter (ou au moins tolérer) ces spécificités qui font la Différence. L’autre aspect concerne plutôt le sectarisme primaire, quand une communauté (locale ou de nouvel arrivage) ne cherche même pas à essayer de comprendre l’autre : pour des raisons culturelles, cultuelles ou toutes autres balivernes, elle ne veut pas entrer en relation avec ces gens-là et point final le débat est clos comme le territoire de chacun ! La solution consiste alors à cultiver la Différence pour justifier l’indifférence à l’Autre, ce qui promet une bonne ambiance aux lieux où l’on est obligé de vivre ensemble. À moins de cloisonner nos villes pour permettre à chacun de se croire comme chez soi, uniquement avec les "siens", sans jamais voir (sauf à la télé) que l’on n’est pas seul sur Terre.

Token en avait marre qu’on se moque de lui parce qu’il est riche. Il ne voulait plus être riche, mais être simplement comme les autres à manger des macaronis et s’habiller chez J-Mart. Il résume très bien sa situation dans sa chanson initialement emplie de spleen avant de se tourner vers un "idéal" factice : « Pourquoi j’suis pas comme les autres enfants qui habitent dans des taudis, ont des voitures pourries, déjeunent de p’tits bouts d’saucisse. C’est pas ma faute si mes parents sont riches. J’ai du mal à me faire des copains. J’ai une batte de baseball pro, les autres ont des bâtons et une pomme de pin. J’me sens à l’écart, mis au rancart. Au fond j’ai pas besoin d’eux, faire semblant ça m’déplaît. Si j’peux pas être pauvre, je ferai avec c’que j’ai. Si j’peux pas être comme eux, je ferai venir d’autres gosses de riche. Comme ça je ne serai plus seul et je serai moins malheureux. Dieu faites que viennent vite d’autres gosses de riches ». Évidemment, à South Park rien ne se passe jamais comme on pourrait s’y attendre ! M. Garrison est le premier à se plaindre que d’autres de ces gens arrivent sans cesse ; là c’est la cinquième famille qui débarque et pour lui la ville commence à être envahi par des gens de cette espèce. Le père de Kyle (avocat comme le père de Token, mais moyennement riche) s’offusque de ces propos et demande de quelle espèce parle M. Garrison ! Le prof à la marionnette parle bien sûr des riches. Pour Jimbo, le quartier a "bien" changé, lui qui n’a jamais trop aimé les riches (et Ned non plus) et qui se rappelle avec nostalgie le "bon vieux temps" où ils étaient interdits à South Park, alors qu’à présent en voilà toute une colonie. Skeeter (pour rappel, le pilier de bar qui n’aime pas trop les gars dans tous les genres par chez lui) s’inquiète que les gosses de riches iront dans "leurs" écoles, où ils seront mélangés à leurs purs gosses de pas riches. M. Garrison confirme qu’ils auront vite fait de chasser les pauvres et les classes moyennes de la ville en faisant monter l’immobilier (ce qui est un phénomène bien réel). Mais la résistance ne tarde pas à se mettre en place. Quand un grand-père richissime veut emmener ses petits-enfants au zoo en prenant le bus, il se fait refouler du fond du bus pour s’asseoir à l’avant sur les fauteuils de 1ère classe. Même s’il s’agit clairement d’un comportement fortuniste, le grand-père est plutôt content de ces sièges confortables, ce que le gars qui les a refoulés veut bien croire. La ségrégation est pourtant plus visible et féroce lorsque trois riches veulent boire une bière au bar du coin. Skeeter le jamais content leur lance à la face qu’ils n’ont qu’à aller en face, à la nouvelle épicerie de luxe où ils pourront trouver toutes les bières hors de prix qu’ils veulent. L’un des riches rétorque qu’ils veulent simplement une bonne petite bière bon marché, mais se fait vite rembarrer par le barman qui lui rappelle qu’il y a une pancarte accrochée à la porte : « Réservé aux gens qui vivent au-dessous de leurs moyens ». Tout naturellement, le riche n’en démord pas et rappelle qu’il est dans un pays libre, et qu’il peut boire une bière où il veut, lâchant, vengeur, que ça n’en restera pas là ! M. Garrison trouve que les richards commencent à se la jouer et entend bien leur montrer qu’ils ne sont pas les bienvenus. Il propose ainsi de mettre le feu à un grand "t" minuscule, pour « Tirez-vous », devant une de leur maison. Le riche du bar a bien compris le message. Il a eu tellement peur que Jimbo lance que la prochaine fois, ils feront un T majuscule, pour bien leur montrer qu’ils ne rigolent pas ! Pourtant, les riches effectuent une marche en faveur de leur droit et les south-parkois fortunistes ont peur que si les politiques les lâchent les riches aient gain de cause et que la ville soit foutue. Pour Jimbo, la chose est entendue : on ne peut rien contre les riches, ils ont trop de pouvoir. Mais M. Garrison n’est pas du genre à céder comme ça. Pour lui, les fortunistes n’ont pas utilisé la bonne méthode : comme Jimbo le confirme, ce qui effraie le plus les riches ce sont les fantômes. Et le résultat est là : les riches, sur le point d’avoir les mêmes droits que les non-riches, sont épouvantés en voyant que la ville est hantée et partent tous comme des dératés.

 

La communauté humaine se construit par l’acceptation et
le Respect des Différences

 

On ne le répètera jamais assez, mais même si nous sommes tous différents, nous nous devons de passer outre les distinctions de fortune ou autre pour pouvoir construire une communauté humaine sereine et pérenne.

Pour cela, nous devons nous appuyer non pas sur l’égalitarisme à tout crin (puisque cela sous-entend la mise en avant de ceux qui seraient "moins Égaux" que les autres), mais plutôt affirmer sans cesse haut et fort l’Égalité de tous dans tous les domaines de la vie sociale.
Le XXè siècle est un très bon (contre)exemple, puisqu’il nous a montré exactement tout ce qu’il ne fallait pas faire ! Il suffit donc, non pas de partir dans les extrêmes inverses (puisque tout extrême est par définition au bord ou hors limite), mais plutôt de tirer les enseignements de ce que nous a appris l’Histoire et de comprendre les fondamentaux qui ont engendré ces situations criminelles pour qu’elles ne se reproduisent plus à l’avenir. Malheureusement, face au conservatisme de certains nostalgiques, cette reconnaissance des droits ne se fera pas sans lutte, pacifique il va sans dire, ni éducation au Respect de ce qui fait la vraie richesse humaine : la Diversité !

L’exemple est donné par la marche du million de milliardaires manifestant contre les pauvres de la ville qui les persécutent parce qu’ils sont riches. Comme ils le scandent eux-mêmes, « Nous nous imposerons ! » et nous ne pouvons que l’espérer ! Leur combat est juste puisqu’ils demandent simplement la fin des places réservées aux riches dans les lieux publics et l’abolition de ces lois séparatistes absurdes. Après cette soirée très enrichissante, la mairesse est ravie d’accepter d’abolir toutes les lois séparatistes et de réaffirmer à la nation (qui la regarde) que South Park n’est pas une ville aux préjugés d’une autre époque. Token aussi a appris un truc aujourd’hui : il veut rentrer chez lui, malgré le fait que ses amis se moquent de lui et qu’ils soient différents, car ce sont ses copains et il les aime bien (les préférant à des petits snobs ou à des lions, ces vrais beaufs avec leur blague à deux balles). Retourné parmi les vrais siens, il reste toutefois étonné que les gamins lui proposent d’aller jouer au foot. Il lui reste à comprendre que même s’ils le vannent parce qu’il est riche, il reste leur pote tout de même : c’est pas parce qu’ils le vannent qu’ils ne l’aiment pas. Ce sont des mecs et ils vannent donc tous leurs potes : lui parce qu’il est riche, Butters parce qu’il est bébé, Kyle parce qu’il est juif, Stan parce qu’il est amoureux de Wendy, Cartman parce qu’il est gros, qu’il est bête et que sa mère est une pute, et parce que c’est un enfoiré (stop, là ça le gave). Token comprend enfin qu’il n’y a rien de méchant et qu’à présent ça lui est égal qu’on se moque de lui parce qu’il est riche. Il peut se rassurer, les enfants ont trouvé autre chose : comme quelques vannes ont brisé son petit cœur, il est maintenant une lopette. Tous les gamins le traitant de lopette et Kyle lui disant de venir au foot puisqu’ils ont besoin d’une pom-pom girl, Token aimait mieux finalement les vannes sur les riches, mais c’est trop tard. Comme d’habitude, les enfants montrent la voie de la sagesse, alors que les adultes restent sur leurs stéréotypes. Tous fiers que le dernier se soit enfui à toute vitesse dans son van, M. Garrison se frotte les mains de revendre ce qu’ils ont construit, afin de devenir milliardaires eux aussi. Jimbo, toujours aussi bouseux, a bien compris que s’ils deviennent riches en revendant leurs maisons, il y aura toujours des riches à South Park, et qu’ils deviendraient alors ce qu’ils haïssent. Certes, mais pour M. Garrison, l’important est au moins de s’être débarrassé de tous ces connards de nég...

 

 

Conclusion :

 

 

Voyez, on se couchera moins bête car on a appris un truc aujourd’hui : l’apartheid est d’une stupidité absolue. Pour ceux qui ne le savaient pas, les riches étaient tous noirs, Token compris. Celui-ci est d’ailleurs le seul afro-américain de la classe (et ses parents, anciennement avec pour nom de famille Williams puis Black, sont les seuls noirs avec Chef). Son nom vient de Tokenism (ce qui veut dire quota ethnique en français) utilisé habituellement pour décrire les personnes non blanches qui jouent des seconds rôles dans les séries télé ou dans les films afin de varier les personnages. Tout l’épisode repose sur la vraie compréhension de l’apartheid comme différenciation sur des critères qui n’en sont pas, à savoir ici sur la richesse et historiquement sur la couleur de peau.

 

L’apartheid signifie en afrikaans « Vivre à part ». C’est en fait un système ségrégationniste basé sur la politique raciste du Parti national. En 1948, les Afrikaaners [descendants de colons hollandais établis dès le XVIIè siècle ; ces colons étaient des paysans (Boers) qui à la fin du XIXè siècle, à la suite de la guerre des Boers, ont du se soumettre à la puissance coloniale britannique], qui ont remporté les élections en Afrique du Sud contre les partis anglophones, décident de mettre sur pied ce système qui leur permettra de concentrer le pouvoir, les ressources minières et les richesses du pays. Alors que l’Europe sortait tout juste de l’horreur nazie, ses enfants exportés les siècles précédents n’en tirèrent aucune leçon : tous ceux qui n’étaient pas considérés comme "blancs" devenaient des citoyens de seconde catégorie. Ce système est basé sur la prétendue supériorité des Blancs par rapport aux autres populations. Il existe une similitude avec la ségrégation des Noirs aux États-Unis qui a commencé beaucoup plus tôt.

Affranchis avant même la fin de la Guerre de Sécession (1861-1865), les Noirs américains passent en fait de l’esclavage à la ségrégation et sont empêchés d’exercer leurs droits civiques. Temporairement évincés du pouvoir par leur défaite militaire et la ruine de leur économie, les planteurs et "petits Blancs" du Sud le reconquièrent peu à peu, et dès 1880, s’emploient, avec la complicité des juges locaux, à mettre en sommeil les amendements de la Constitution américaine qui garantissent à tous le droit de vote et d’éligibilité.

Plongés dans la misère, insultés et brimés, victimes de lynchages et terrorisés par des bandes racistes – tel le tristement célèbre Ku Klux Klan – les Noirs sont de plus marginalisés au nom du principe hypocrite « séparés mais égaux », et en application de toutes une série de lois discriminatoires : mariages interraciaux proscrits, cohabitation interdite dans les transports publics, les hôtels, les restaurants, les théâtres, les écoles et les lieux de culte. La Cour suprême sanctionne ces pratiques en l896, à la condition que chaque communauté se voie offrir « des commodités égales » (sic). C’est là légaliser un racisme sans cesse plus virulent, qui contraint, dès 1900, les Noirs à émigrer des États du Sud vers ceux du Nord, en apparence plus libéraux et pourvoyeurs d’emplois.

Des groupes multiraciaux se créent alors, résolus à abolir ces législations indignes, à promouvoir une instruction égale pour tous et à rendre effective l’application des amendements favorables aux droits civiques des Noirs : ainsi, en 1909, la NAACP (Association nationale pour le progrès des gens de couleur), ou la Ligue Urbaine, fondée en 1911, active dans les grandes villes du Sud et du Nord. Cette première mobilisation, essentiellement juridique, est amplifiée par l’essor d’un syndicalisme noir après 1920, les initiatives provocatrices mais pacifiques du CORE (Congrès pour l’égalité raciale) dès 1942, et le mouvement des droits civiques dès 1955 (une effervescence qui met en évidence le poids toujours plus grand de la communauté noire aux États-Unis). Et la culture noire s’affirme, dans les domaines de la musique avec le jazz et de la littérature avec la Negro Renaissance, qui, dans l’entre-deux-guerres, inspirera les pionniers africains et antillais de la négritude. Cette progressive montée en puissance contribue à sensibiliser les autorités fédérales aux conditions de vie matérielle de la communauté noire, particulièrement sous les administrations démocrate de Roosevelt et de Truman (1933-1952), et républicaine d’Eisenhower (1952-1960). Pour sa part, la Cour suprême se prononce à la veille de la Seconde Guerre mondiale en faveur de l’admission des Noirs dans les universités du Sud ; en 1954, par un arrêt historique, elle déclare anticonstitutionnelle la ségrégation scolaire, en vigueur dans vingt-deux États de l’Union, et trois ans plus tard, demande aux cours locales de se conformer à ses décisions, sans résultats notables dans l’immédiat.

C’est dans la capitale de l’Alabama, à Montgomery, lieu de naissance de la Confédération sudiste en 1861, que les Noirs vont prendre en mains leur destin. Rosa Parks est à l’origine du mouvement qui a mené les Noirs de Montgomery à boycotter les transports publics. C’est parce qu’elle refuse d’accéder à la demande du chauffeur du bus de céder sa place à un Blanc que Rosa Parks est arrêtée par la police locale le 1er décembre 1955. Cette arrestation fait scandale car les Noirs en avaient assez de cette ségrégation dans les transports publics. Assez rapidement Martin Luther King a l’idée de boycotter les transports publics de la ville afin de les forcer à supprimer la ségrégation. Les Noirs représentent environ 75% de la clientèle régulière, la compagnie risque de perdre beaucoup d’argent. Ce boycott est un succès immédiat, mais il va durer longtemps. Les Noirs tiennent bon, refusent de prendre les transports publics, mettent sur pied un système de voiturage, se débrouillent entre eux pour aller au travail quotidiennement. Finalement, le 13 novembre 1956, soit un an plus tard, la Cour Suprême des États-Unis déclare illégale la ségrégation dans les transports publics d’Alabama.

La mobilisation des Noirs met les instances suprêmes de l’Union en demeure d’agir contre les pouvoirs locaux obtus et brutaux, et prend le Peuple américain à témoin. Au mois de mai 1963, la répression féroce par les autorités de Birmingham, toujours en Alabama, d’une manifestation résolument pacifique, au cours de laquelle des hommes, femmes et enfants noirs sont blessés par des jets de lances à incendie et attaqués par des chiens policiers, va susciter une réprobation générale. À Washington, le 28 août 1963, près de 200 000 Noirs, 60 000 Blancs arrivent à pied, en patin à roulettes, en voiture, en autocar, en avion, pour rappeler à l’opinion et aux politiques que cent ans, jour pour jour, après l’abolition de l’esclavage par le président Lincoln, les hommes et les femmes "de couleur" ne sont pas encore libres aux États-Unis, et que le racisme est une réalité quotidienne. Martin Luther King, d’Atlanta, va donner à la Marche d’un million d’Hommes une portée universelle, en racontant un rêve à la foule bouleversée : un jour prochain, les Noirs seront Libres et Égaux comme les Blancs dans une nation enfin fidèle aux idéaux de sa Déclaration d’indépendance.

Durant tout l’épisode, les ambiguïtés sont palpables, puisqu’on ne sait jamais véritablement si on ségrége les personnes parce qu’elles sont riches ou par rapport à leur couleur de peau ! Au-delà de la scène du bus et du bar, qui reprennent des lois en vigueur dans les états du Sud appliquées selon la fortune, Chef est appelé à manifester alors qu’il mentionne qu’il n’est que le simple cuisiner de l’école et ne gagne donc pas beaucoup (on peut même se demander à ce niveau-là si ce ne sont pas les riches Noirs qui sont racistes, puisqu’ils ont l’air étonné qu’un Noir ne soit pas fortuné comme eux). Dans la même veine, plusieurs milliardaires ont payé des milliers de Mexicains pour manifester à leur place, ce qui encore une fois déplace le combat de la fortune vers l’origine ethnique (en plus des conditions sociales des Mexicains, sûrement l’une des catégories les plus pauvres aux États-Unis).

Tout comme dans « La cupidité de l’homme rouge » plus tard, la discrimination est confusée. Si dans la saison 7, ce seront les Indiens qui tenteront de chasser les Américains Blancs de leurs terres sous forme de revanche de l’Histoire (South Park devant être rasée comme les Blancs mirent le feu aux tipis), ici, les Noirs ne sont pas discriminés pour leur couleur mais pour leur richesse. Pour autant, à chaque fois à l’initiative de M. Garrison (officiellement, ce n’est pas lui mais M. Toc qui a ces idées et appartenances malsaines), les habitants de la ville décident de construire un t minuscule en bois qui signifierait « Tire-toi d’ici » et de l’enflammer, en référence aux croix de bois brûlées par le
Ku Klux Klan. M. Garrison suggère ensuite, pour faire peur aux riches, de se déguiser en fantômes, dont le déguisement rappelle évidemment le Ku Klux Klan. Fondamentalement, la fin de l’épisode nous enseigne qu’au contraire des autres M. Garrison n’a rien contre les riches puisque lui-même souhaite en devenir un en revendant les maisons abandonnées, mais que dès le départ il a utilisé le prétexte fortuniste (puisque le père de Kyle – avocat et juif pour rappel – était sur la défensive quant à savoir le type d’espèce que M. Garrison était outré de voir pulluler à South Park) pour camoufler sa haine raciste qui n’aurait pas été suivie par les autres. On peut voir ainsi que les mentalités ont évolué sur la différence abjecte par la couleur de peau, mais que quand on veut il est facile de pouvoir se distinguer des autres par n’importe quel critère qui traîne par terre.

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24 octobre 2007 3 24 /10 /octobre /2007 18:52

Catégorie : V] La modification des états de conscience n’est pas une solution, mais de toute façon les drogues durent !

 

 

Fiche de visionnage n°29 :

Épisode 139 (saison 9, épisode 14) – Bloody Mary

 

 

Analyse philosophique des extrêmes : Un alcoolique est-il un malade comme un autre ???

 

 

Les pros : le père de Stan et les AA (Alcooliques Anonymes),

Les antis : Stan.

 

 

Thèse : C’est pas ma faute à moi, je suis malade, complètement malade,

Antithèse : Quand on veut on peut, tout est question de discipline,

Synthèse : L’alcool est une drogue accrocheuse, à consommer avec beaucoup de modération et de précaution !

 

 

Il était une fois à South Park le gros Ericosan qui faisait n’importe quoi au cours de Ichi Ban Karate.  Alors que les enfants font des mouvements d’entraînement avec les poings en répétant « Ichi » après le prof, Cartman ne peut s’empêcher de faire différemment en disant « Ichi banzaï », mettant un peu de bonzaï dans ses mouvements car il estime être meilleur que tous les autres ! Le prof le rappel à l’ordre en lui disant qu’il doit suivre ce qu’il dit et en lui indiquant (ce que personne ne peut contester, étant donné l’autorité qu’il a sur sa mère) qu’il manque de discipline !!! Le prof s’adresse ensuite à tous les autres en leur prodiguant le conseil éclairé que « la vraie discipline, elle vient de l’intérieur ! »



Introduction
:

 

 

Les boissons fermentées font parties de la culture humaine depuis des millénaires puisque les Égyptiens faisaient déjà de la bière dans des brasseries industrialisées vers le -Vè millénaire, sachant en outre que certains autres animaux se délectent des fruits en cours de pourrissement se qui signifie que leur sucre se transforme en éthanol.

 

Pour autant, lorsque certaines tribus proposaient à d’autres (qui ne connaissaient pas l’alcool) de trinquer avec le verre de l’amitié, ces dernières croyaient que l’on tentait de les empoisonner avec un liquide qui fait tourner la tête et vomir ses entrailles. Ainsi, depuis une date très reculée, on sait que l’alcool est une boisson enivrante dont il ne faut pas abuser, les Grecs ayant même défini des normes sociales très strictes sur qui, à quel âge, à quelles occasions et en quelle quantité, avait le droit de boire quoi. Pour autant, comme pour n’importe quelle drogue, il y a toujours des gens qui savent gérer le produit pour ne pas aller plus loin que là où ils veulent aller, et d’autres qui se laissent emporter par l’euphorie des paradis artificiels, parfois jusqu’au perchage à vie, voire la mort.

 

Certains alcoolo-dépendants sont salement empêtrés dans leur alcoolisme ; malgré des cures de désintoxication à répétition, ils continuent d’enchaîner rechute sur rechute. A ce niveau-là, faut-il les traiter comme des malades « incurables » ?

En somme, devant tous les désastres que peut provoquer l’alcool au niveau sanitaire et social, doit-on considérer les alcooliques comme des malades qui s’ignorent ???

 

 

Thèse en faveur de la pathologie alcoolique

 

Une partie de la définition d’une maladie mentale est que le patient n’est pas forcément conscient,  ou nie, l’existence de la pathologie incriminée et son infection par celle-ci.

Ainsi, on peut considérer que l’alcoolisme est bel et bien une maladie mentale car pour certaines personnes, qui savent bien sûr qu’elles boivent, leur consommation élevée n’est pas le fruit d’une pathologie mais plutôt un attrait, immodéré, pour les boissons fermentées. De fait, tant que la personne ne ressentira pas les symptômes du manque (ce contre quoi elle se bat sans cesse), elle ne pourra se considérer comme folle d’alcool, jusqu’à ce que la cirrhose ou autres dégénérescences liées aux abus d’éthanol ne se manifestent.

Par exemple, pour le père de Stan (lors de sa première réunion des Alcooliques Anonymes) son seul problème est qu’il aime beaucoup la bière (nous aussi d’ailleurs). Lorsqu’une personne lui dit qu’il doit admettre qu’il est alcoolique, celui-ci rétorque qu’il n’est sûr d’être réellement un alcoolique. Quand une femme lui demande alors pourquoi il est là, il répond simplement que c’est parce qu’il a été arrêté saoul au volant et qu’il est obligé d’assister aux réunions des AA pendant deux semaines. Pour lui, il a fait une connerie un soir, il a trop picolé et a conduit une voiture : c’était débile, et il ne le refera plus jamais, point final le débat est clos. C’est Michael, le leader des AA qui lui indique qu’il ne pourra réduire sa consommation tout seul. En effet, pour lui, le père de Stan doit être conscient d’une chose : il a une maladie ! Comme pour la plupart des maladies, il ne pourra se soigner tout seul, alors que cette pathologie est mortelle. Lorsqu’il apprend cela à Stan, celui-ci se demande bien si ce n’est pas une fausse excuse et lui pose tout de suite la question de savoir si son père est bien allé à la réunion des AA. Le père confirme que oui, ajoutant que c’est d’ailleurs là-bas qu’il l’a appris : lui qui croyait pouvoir arrêter de picoler tout seul, il devait à présent admettre son impuissance face à cette terrible pathologie !

 

Une des raisons pour lesquelles ont boit (trop), est de se sentir à l’aise avec les autres, mais surtout d’oublier (oublier quoi ? Je sais pas, j’ai oublié justement !).

Une chose est certaine, et tout le monde a malheureusement pu l’expérimenter à titre personnelle  ou par tiers interposé, c’est que l’alcoolisme est un mal qui tel la maladie d’Alzheimer s’attaque aux capacités de réflexion de quiconque en use et abuse. Au-delà des troubles du langage, de s’emmêler les pinceaux dans ce que l’on voulait dire et surtout ne pas dire, l’alcool rend bête, annihile un certain nombre de capacités intellectuelles, voire rend fou furieux pour rien. La raison en est que l’éthanol, la molécule principale de l’alcool, est une substance très fine qui passe à travers les parois sanguines pour noyer le cerveau, lui faire tourner la tête jusqu’à en perdre la boule. Plus le niveau d’éthanol monte au crâne, plus les fonctionnalités qui ont mis des millions d’années à évoluer sont court-circuitées par ce jus assommant, jusqu’à ce que les fonctions primaires tel que l’équilibre s’en trouve touché et que l’on s’effondre comme une merde. La sensation du lendemain d’avoir les cheveux qui poussent vers l’intérieur est ainsi les restes non recyclés de la veille alors que le niveau d’éthanol redescend doucement et remet à nouveau le cerveau en cale sèche.

Outre le fait de prendre la voiture en étant bourré (ce que nul ne peut ignorer être dangereux, il suffit de lire les faits divers du dimanche/lundi), alors que Stan reprend son père en lui rappelant qu’il est défendu de boire en conduisant, son père manque de maturité en lui indiquant qu’il ne boit pas en conduisant, mais qu’il conduit en buvant, nuance de taille (sic) ! Seul Cartman trouve ça normal en disant « Bien sûr, rien à foutre ! ». Lorsque le père de Stan se fait arrêter par la police, l’énormité de son lapsus (très révélateur dans ce cas) le trahira : « Est-ce qu’il y a un agent monsieur le problème ? » (dit-il avec des tout petits yeux). Évidemment, le policier lui demande de descendre du véhicule pour passer le test de sobriété (il descend, avec le futal débrayé et la braguette ouverte en grand ; heureusement que le policier le tient, sinon il tomberait comme une merde). Lorsque celui-ci lui demande de lever les deux bras et de les mettre en croix, cet ivrogne bête à brouter de l’herbe de bison Zubrowka, se vante d’avoir réussi sans aucun problème (mouais, enfin presque) alors que ce n’est que le début de l’exercice. Quand le policier lui demande de toucher son nez avec son doigt, non seulement il ne comprend pas la question, mais en plus il déclare que ce n’est pas humainement possible ça. Le policier lui montre que c’est facile, mais (relevant fièrement le défi) plus il tente, moins il réussit mais plus il se ridiculise, en allant jusqu’à perdre son pantalon ! Bien sûr la police l’embarque, mais lui ne comprend pas ce qu’il a pu faire de mal. Dans le même registre, ayant appris qu’à l’église de Bailey (hum, avec deux autres tiers de liqueur d’orange – type Cointreau ou Grand Marnier – et de cognac, un délice) la statue de la vierge Marie saigne par son cul et que le divin sang de son cul aurait un pouvoir de guérison pouvant soigner mon alcoolisme, il s’apprête à conduire en étant bourré. Lorsque Stan lui explique qu’il n’a pas le droit de conduire parce qu’on lui a retiré son permis, et qu’il risque alors dix ans de taule, son père n’hésite pas une seconde à imposer à Stan (son unique espoir de guérison) de conduire jusque là-bas (alors qu’il voit à peine au-dessus du volant, ah stupidité éthylique quand tu nous tiens).

 

Une dernière preuve que l’alcoolisme est une maladie, est que malgré toutes les souffrances morales (voire des fois physiques) infligées à son entourage (tant familial que professionnel), la personne ne se prend en charge que grâce à une thérapie de choc.

Si nous parlons de trouble ou de toute autre gêne, très souvent la pression des proches suffit à faire prendre conscience des torts que l’on fait à ceux que l’on aime ou avec qui on travaille, et force la personne à se prendre en main pour changer ou du moins améliorer la situation. Dans le cas de l’alcoolisme chronique, on peut malheureusement se rendre compte que trop souvent même un drame ne suffit pas à la prise de conscience des efforts à faire pour s’en sortir (puisqu’à ce moment-là  les alcooliques se noient encore plus dans la boisson pour oublier tout le mal qu’ils ont pu commettre, justement à cause de l’alcool, cet « ami » qui vous fait croire qu’il vous veut du bien alors qu’il fait en sorte que vous fassiez le mal autour de vous).

Ainsi, le leader des AA, Michael, nous apprend qu’il avait perdu son travail et sa famille à cause de son addiction. Mais avec l’aide des AA et leur programme en douze étapes, il est sobre depuis dix ans maintenant ! Il explique bien au père de Stan qu’il n’a pas la capacité de prendre cette décision [ne plus conduire en état de débri(été)] : La seule chose qui fonctionne, c’est le traitement de choc grâce au programme en douze étapes ! Étape numéro 1 : Admettre qu’on est impuissant face à son problème de boisson ! Ce n’est qu’ensuite qu’il pourra aller vers les autres étapes, telles que tourner sa vie vers dieu (étape 3) et humblement le prier de le débarrasser de ses faiblesses (étape 7), faire un inventaire moral (étape 4), s’amender directement auprès des personnes à qui l’ont a fait du tort (étapes 8 et 9), continuer à faire son inventaire personnel et lorsque l’on a tort l’admettre immédiatement (étape 10), chercher par la prière et la méditation à améliorer son contact conscient avec dieu, priant seulement pour la connaissance de sa volonté pour lui et la puissance de porter cela dehors (étape 11) et enfin, après avoir eu un réveil spirituel comme résultat de ces étapes, essayer de diffuser ce message aux alcooliques, et de pratiquer ces principes dans toutes les affaires de la vie quotidienne (étape 12).

 

Antithèse en faveur d’une drogue engendrant la dépendance

 

Étant donné que l’alcool est une drogue (et des plus vicieuses en plus), on ne peut pas considérer que l’alcoolisme est une maladie (au mieux, on pourrait envisager que c’est un symptôme, la partie émergée d’un problème plus profond mais moins visible).

Quelle que soit la drogue, il y a des habitudes et des quantités de consommation à partir desquelles s’installe la dépendance. Certains, ne pouvant admettre leur alcoolo-dépendance, utilise l’excuse d’une maladie pour justifier leurs TOCCs (Troubles Obsessionnels Compulsifs de la Cuite). Ainsi, plutôt que de chercher à se prendre en main par eux-mêmes ou grâce à un alcoologue, certains alcooliques pensent pouvoir se soigner facilement suivant on ne sait quel traitement miracle, comme si en prenant des cachets les problèmes de fond qui ont mené à la surconsommation allaient disparaître et les maux (de tête, de ventre) liés avec !

Preuves que l’alcool est une drogue, lorsque Kyle demande au père de Stan s’il est sûr de pouvoir conduire, celui-ci répond que ça va aller car il a tout un minibar rempli de bières pour l’empêcher de redescendre (enchaînant dans la voiture binouze sur binouze). Idem, quand Stan et son père font la queue pour accéder au miracle de la Bloody Mary (vodka, jus de tomate, et généralement d’autres épices tels que la sauce Tabasco, du sel de céleri, de la sauce anglaise – Worcestershire – et du jus de citron) Randy se plaint de la lenteur car il risque de tomber à court de bière ! Peu avant, alors qu’il est déjà bien attaqué en plein après-midi, comme un toxicomane qu’il est (sans vouloir, ou oser, se l’avouer), il demande à Stan d’aller lui chercher une autre bière. Évidemment Stan lui répond qu’il n’a pas besoin d’une autre bière, mais même s’il en est bien conscient, ce besoin plutôt qu’envie provient de cette saleté de maladie (qu’il hait) qui le bouffe ! Dans le même registre, lors de la réunion des AA, un certain Bill déclare que depuis qu’il est sobre il ne fait plus de turluttes à des inconnus sur Callfax avenue pour se payer sa vodka ! Le père de Stan est complètement à côté de la plaque quand il estime que son addiction est du même niveau que la maladie de ceux qui attendent d’être soignés par la statue de la vierge et son hémorroïde miraculeuse. Le premier malade qu’il croise lui dit qu’il y a on lui a diagnostiqué une tumeur au cerveau et qu’ainsi la statue est son dernier espoir d’être sauvé. Le père de Stan ne trouve rien de mieux à dire qu’il comprend ce que ce malade incurable ressent, lui étant atteint d’alcoolisme (sévère certes, mais il faut savoir proportion garder). Voyant un habitant de South Park plus loin dans la file d’attente, il se hisse à son niveau. Quand la personne lui demande ce qu’il fait dans un fauteuil, il dit que qu’il est tombé malade, d’alcoolisme, et que c’est vachement grave. Voyant que la fille du monsieur fait de l’éléphantiasis (comme elephant man), son manque de lucidité lui fait dire que finalement elle et lui sont pareils, ce qui paraît plus qu’alambiqué pour quelqu’un à jeun comme Stan et les autres personnes de la file. Il faut dire que les AA lui ont retourner le cerveau, comme ce gars qui en a trop pris qui dit à Stan (venu voir ce qu’on avait bien pu dire à son père pour qu’il soit comme ça) que l’alcoolisme est une maladie parce que c’est une dépendance physique et que c’est pour ça que c’est une maladie ! Bien sûr Stan rétorqua que le cancer est une maladie, que son père  doit juste boire moins, et qu’il ne faut pas raconter des conneries comme ça à son père, parce qu’il est genre hypocondriaque ! Et c’est vrai que le père de Stan se considère vraiment comme malade, et on ne peut pas nier qu’il tousse et crache ses entrailles comme un malade en phase terminale. A un point tel que dans l’après-midi il prit le fauteuil du roulant du grand-père, se justifiant auprès de Stan qu’il devait à présent y aller doucement. Il alla même jusqu’à la salle de bain (record le nombre de grammes qu’il avait dans chaque bras), levant les mains haussant le ton vers le ciel (enfin le plafond) et s’écriant « C’est trop injuste, pourquoi vous m’avez donné cette maladie ??? » Il se tondit alors, histoire de vraiment être comme un pathologué pathétique bouddhiste. Pour lui, s’il ne s’en remet pas entre les mains d’une puissance divine, cette maladie finira par le tuer ! Comme il le dit lui-même, dans son délire, nous avons bien peur que la seule chose qui puisse le soigner ce soit un miracle ! Il est persuadé qu’il peut crever s’il attend trop longtemps ! Pour lui, il a besoin d’un miracle bien plus que tous les gens dans la file d’attente, il est alcoolique, donc il ne « peut pas » lutter contre ça ! En plus il est conforté dans ses hallucinations par un policier anti-resquilleur qui le comprend parce que son frère aussi est alcoolique. Le faisant passer devant  tout le monde, le père de Stan ne manque pas de se justifiant en criant « Alcoolique, y a urgence ! ». Mais preuve ultime qu’il s’agit bien plus d’une addiction à forte dépendance qu’une maladie, alors qu’il se croyait soigné par le sang de la statue de la vierge la télévision relaya (lors d’une soirée AA dans un pizzeria) l’information du pape déclarant que le sang ne venait pas du cul de la vierge Marie, mais plutôt qu’il venait de son vagin, ce en quoi il conclut, nous citons, qu’« une gonzesse qui saigne du vagin ce n’est pas un miracle, les gonzesses saignent du vagin tout le temps ! ». Pour le père de Stan le coup fut dur : cela signifiait pour lui qu’il n’était pas soigné, qu’il avait encore cette maladie ! Sa pulsion addictive de destruction reprit immédiatement le dessus et il se devait alors de boire, éclatant sa chope de limonade par terre. Il commanda alors : trois Martini, deux petites bouteilles de vodka, trois bouteilles de bière et des cacahouètes ! Le tout ponctué d’un élégant « Maniez-vous le cul bordel ! » à destination du barman (manque oblige). Malheureusement, le père de Stan se retranche à nouveau derrière le prétexte de la maladie en déclarant que c’est le pape qui l’a dit ! Le pouvoir de dieu ne l’a pas soigné, il est de nouveau impuissant ! Tous les autres AA ont alors une subite remontée d’impuissance et se précipitent pour dévaliser le bar.

 

On le voit bien avec ce dernier exemple, chassez le naturel et il revient au galop ! Les AA qui n’ont pas solutionné leurs problèmes de base sont toujours « malades », ou plutôt porteurs sains chez qui la moindre occasion peut engendrer une rechute dans la toxicomanie.

Pour palliez à ça, il faut prendre pleinement conscience des méfaits de l’alcool sur sa santé mais aussi sur ses actes et sa dépendance au produit. Sans faire cela, toute thérapie ou autre soin ne sera jamais qu’un sparadrap sur une gueule de bois. Tant que l’on ne veut pas admettre que l’on a un sérieux problème de boisson, on ne saura prendre les dispositions qui s’imposent pourtant et on ne fera que reculer une échéance inéluctable et dramatique, que ce soit la cirrhose, le platane (ou un gamin traversant la rue), voire la violence.

Comme le disait le père de Stan avant d’être embobiné par les AA, il faut qu’il réduise sa consommation d’alcool, et surtout qu’il ne conduise plus jamais bourré ! Sage résolution, qu’il faut s’efforcer de tenir malgré les pressions culturelles.

 

Les tentations sont multiples et variées dans nos sociétés où l’alcool coule à flot, où l’on est regardé de travers si l’on dit que l’on ne boit pas du tout (ah bon ? Même pas une petite bière ou un verre de vin ? C’est pas de l’alcool pourtant ! Allé, je te fais un cocktail super léger, tu m’en diras des nouvelles !!!).

A partir du moment où la personne sait qu’elle a un problème avec l’éthanol, elle doit s’imposer des règles de bonne conduite afin de ne pas retomber sans cesse dans les excès de la consommation abusive de liquides stupéfiants. Pour éviter de se tortiller la tête mais éviter quand même le mal de crâne des lendemains qui déchantent, plutôt que de se prendre en main et de lever le pied sur le levé de coude, on attend un miracle. Mais au-delà de la prise de conscience de ses fragilités et faiblesses envers le produit, il faut surtout s’appliquer une discipline stricte afin de garder la mainmise sur sa consommation, qui (autant pour les drogués que pour les simples joyeux drilles) se doit toujours d’être modérée, autant pour préserver son corps (qui veut aller loin ménage sa monture) que son image et ses relations sociales.

Alors que le père de Stan avait pourtant dit qu’il n’allait plus boire autant, son fils le trouve au milieu de l’après-midi bourré comme un coing, rond comme une queue de pelle. Lorsqu’il fait sa rechute après avoir entendu à la télé que la statue de la vierge n’était pas miraculeuse, Stan le rappelle à l’ordre en lui disant que rien ne l’oblige à picoler, que c’est lui qui a le pouvoir (la preuve, il n’a rien bu depuis qu’il a vu la statue). Si la statue n’était pas miraculeuse, ça veut bien dire que c’est lui qui l’a fait, qu’il a tenu sans boire pendant cinq jours rien qu’avec sa volonté ! Il comprend alors enfin que si ce n’est pas dieu qui l’a empêché de boire, alors … c’est lui, et qu’il pourra peut-être se forcer à ne plus jamais picoler de sa vie. Pour Stan la solution est plus nuancée : il suffit juste que son père arrête de boire autant. Pour autant, peut-être que son père est le genre de personne qui a besoin d’avoir tout ou rien ! Stan lui enseignera encore une fois la voie de la sagesse, la voie du milieu : tout ou rien c’est facile, mais savoir boire un petit peu, responsablement, ça c’est de la discipline ! La discipline, elle vient de l’intérieur ! Étant donné que son père aime bien boire, il peut boire un verre de temps en temps, même deux ! Mais si tout au long de son existence il s’interdit complètement un truc qu’il aime, alors ce truc contrôlera sa vie et il n’apprendra jamais à être discipliné ! Stan a vraiment eu un excellent prof ... de karaté ! Le père et le fils laissent alors la voiture sur place et rentrent chez eux pour regarder le match. Le père boira peut-être une petite bière ou deux, voire même trois (Stan dit que ce n’est pas trop grave s’il les espace), ou bien alors quatre (là il pousse un peu). Testant les limites de sa discipline, il demandera s’il peut boire une vingtaine de binouzes, ce qui bien sûr n’a plus rien à voir avec de la modération, et s’interrogera même pour savoir si la vodka compte ! Sacré pochetron va !!!

 

Synthèse

 

Le vrai malheur par rapport à l’alcool est qu’il n’est pas considéré dans nos sociétés occidentales comme une drogue. On parle toujours de la consommation excessive de drogue et d’alcool, sans vouloir s’avouer que l’éthanol en fait partie et ne devrait donc pas être mis à part.

Pour bon nombre de personnes, le simple fait qu’une seule lichée ne suffise pas (contrairement au café Maxwell) à ressentir de vrais effets est un signe que ce n’est pas une drogue. Pour ces gens-là, une drogue se caractérise par le fait qu’on en est dépendant quotidiennement (ce qui peut déjà être le cas du « ch’ti canon » de rouge à chaque repas), admettant alors que seuls les jeunes se comportent comme des toxicos en heures creuses, soirs et week-end. Mais il suffit de voir comment se déroule un apéro puis le repas pour bien voir que la modération est rarement de mise quand l’alcool est convivial, qu’il rend les dîners de cons vivables.

Pour le père de Stan, un mec, un vrai, doit apprendre certains trucs et astuces avant de conduire, tel que pisser dans une bouteille alors qu’on est au volant plutôt que de sagement s’arrêter sur le bord de la route. Pour lui, l’explication est toute simple : il y a bien une raison si dieu nous a fait la bite en forme de tuyau, et c’est justement pour pouvoir purger la binouze sans faire de pause pipi ! Idem, alors qu’on lui a imposé d’aller dans les écoles raconter son expérience et les dangers de l’alcool, il minimise ses abus de la veille en indiquant qu’il a bu très peu, un ou deux verres avant de conduire, et que cette sanction est bien lourde pour un petit écart, lui qui ne se considère pourtant pas comme un alcoolique ou un fou du volant (alors que bien sûr il n’avait pas que sucé quelques glaçons, mais s’était bien pété la ruche). Pour lui, il ne faut pas abuser de l’alcool parce que ça entraîne  … plein d’ennuis (mais seulement avec la police à ses dires, sans prendre trop en considération les risques sanitaires et sociaux), notamment le fait de passer la nuit en prison (ce qui est toujours mieux que perché en-haut d’un arbre avec la rate explosée). Enfin bref, il conseille aux enfants de ne pas boire ... mais s’ils doivent boire (pression sociale et imitation des phénomènes de groupe « obligent »), surtout qu’ils ne conduisent pas (enfin une vraie parole sensée).

 

Le problème fondamental de l’alcool est bien que ce soit une drogue socialement acceptée (ou tolérée selon les cultures occidentales) car jugée « acceptable » par rapport aux autres (qui font pourtant souvent moins de dégâts sanitaires et sociaux), mais quelle est humainement et relationnellement décevante et déplorable !

Alors que le cannabis rend tout mou et bête à fumer du foin (ce qui ne dérange pas trop les gens alentour puisqu’il suffit d’aller voir ailleurs d’autres personnes), que l’ecstasy rend tout love mais sans trop importuner autrui, la cocaïne rend trop sûr de soi (on masterise, on gère, mais qu’est-ce qu’on peut être mégalo) et l’alcool rend pénible les conversations, transforme l’ivrogne en boule de billard cognant contre les bandes et les personnes, voire susceptible et agressif pour un rien (les champignons, eux, en quantité raisonnée, ont très peu d’inconvénients sociaux, si ce n’est qu’on veut que tout le monde rit et soit aussi énergique que soi ; mais si les personnes en face ne réagissent pas, t’en pis pour elles, on va pas se gâcher son plaisir et on va s’exciter ailleurs avec d’autres).

A la sortie du cours de karaté, les gamins sont pressés car ils veulent voir le dernier épisode de Lost. Non seulement le doute s’installe pour savoir s’il est au courant qu’il doit tous les raccompagner, mais il fait vite place à la déception de Stan que son père ne les ait pas regardés comme les autres parents (eux lisaient le journal ou se faisaient chier, alors que lui a rencontré son pote Nelson et ne pouvait résister aux Margarita à deux dollars – question de priorité dans la vie). Le père de Stan continuera ses méfaits en foutant la honte de sa vie à son fils, déjà en l’écœurant en lui refilant une bouteille toute chaude pleine de pisse quand il se fait arrêter par les flics, en perdant son pantalon dans l’arrestation, puis en vomissant son quatre heure à force de souffler comme un dingue dans l’éthylotest au poste de police. Évidemment, les gamins jugent tout ça super lourd, eux qui sont rentrés chez eux à deux heures du matin, ce qui a vraiment cassé les couilles à Cartman. Alors que Stan leur demande d’éviter de parler de la veille, bien sûr Cartman ne comprend pas pourquoi mais de toute façon son plaisir de révéler l’affaire sera gâché. En effet, avant de continuer la leçon sur l’économie, Mme Garrison propose d’écouter un discours de motivation ! La police leur a envoyé quelqu’un qui va tout leur dire sur les dangers de la conduite en état d’ébriété, le père de Stan (qui arrive tout penaud) ! Stan n’en peux plus et colle sa tête sur la table pour ne pas voir ni cette déchéance paternelle ni le regard moqueur de ses camarades de classe. Évidemment, Mme Garrison enfoncera le clou : « Nous avons tous appris une importante leçon, n’est-ce pas les enfants ? Si vous ne faites pas les bons choix dans la vie, vous pourrez devenir de gros loosers comme le père de Stan ! Il faut être con pour boire au volant, personne ne veut finir comme le père de Stan je suppose !!! Je veux que vous regardiez très attentivement le père de Stan en vous disant « est-ce que je veux ressembler à ça dans trente ans ? », prendre des PV et aller dans les écoles élémentaires pour dire que je suis pitoyable ! ». Plus tard, après la réunion des AA où la « maladie » fut diagnostiquée, Stan rentre de l’école et voit son père cloîtré tourner à la binouze, emballé dans une couverture comme un vieux débris de boisson. Le fils s’en indigne : « Pa’ sans déconner, qu’est-ce que tu fais ? T’es encore déchiré ! Mais arrête maintenant !!! »

 

Pour finir, le malheur des uns fait le bonheur des autres. En-dehors des centres médicaux spécialisés dans le traitement de l’addiction alcoolique, il existe une kyrielle de gens de « bonne volonté » prêts à vous aider moyennant beaucoup de finances.

Les pires escrocs, les charlatans, les médecines douces (sauf pour le portefeuille), n’attendent tels des vautours qu’un pigeon bourré pour se jeter sur le reste de son liquide qui n’est pas parti dans la soif. Il en est ainsi du mouvement des Alcoolique Anonymes, que peu soupçonnent de faire l’apologie d’un dieu dont le sang du fils est représenté par du vin chaud que le prêtre boit dans un calice jusqu’à la lie, alors que ceux que les AA sont sensés aidés boivent le même type de vin jusqu’au lit.

Ainsi, comme beaucoup de personne, le père de Stan s’étonne que les AA soit un truc religieux, ce en quoi Michael (le leader) rétorque maladroitement que ce n’est pas religieux mais qu’il faut seulement admettre qu’il y a disons un dieu qui a un pouvoir sur nous, se tourner vers lui et lui demander de nous pardonner ! Pour lui, c’est la définition de leur programme en douze étapes, pas d’une religion ! Voici justement le programme. Étape numéro 1 : Admettre qu’on est impuissant face à son problème de boisson ! Ce n’est qu’ensuite que l’on peut aller vers les autres étapes, comme croire que seule une puissance supérieure, dieu, nous fera arrêter de boire (étape 2), et donc tourner notre vie vers dieu (étape 3) et humblement le prier de nous débarrasser de nos faiblesses (étape 7) ! Étape 4 : Faire un inventaire moral ; Étape 5 : Admettre devant dieu la nature exacte de nos erreurs ; Étape 6 : Être prêt à ce que dieu nous éloigne de nos défauts ; Étape 8 : Faire une liste des personnes à qui l’ont a fait du tort et développer la volonté de s’amender auprès d’eux tous ; Étape 9 : S’amender directement auprès de ces personnes ; Étape 10 : Continuer à faire son inventaire personnel et lorsque l’on a tort l’admettre immédiatement ; Étape 11 : Chercher par la prière et la méditation à améliorer notre contact conscient avec dieu, comme nous l’avons compris, priant seulement pour la connaissance de sa volonté pour nous et la puissance de porter cela dehors ; Étape 12 : Après avoir eu un réveil spirituel comme résultat de ces étapes, essayer de diffuser ce message aux alcooliques, et de pratiquer ces principes dans toutes les affaires de la vie quotidienne. Un membre nommé Harry, sobre depuis maintenant cinq ans, a appris à ne boire que du thé et qu’être plus impliqué dans sa relation avec dieu est bien plus amusant que de faire la fête ! Une fois qu’il a accepté qu’il était impuissant à contrôler son addiction et sa vie, il l’a remise entre les mains de dieu et maintenant il s’éclate en venant à ces réunions. Tant mieux pour lui si ça l’a guéri, mais bon quand même; Quand Stan vient voir par lui-même ce qu’il en est de cette association, il demande à voir le responsable, ce en quoi Michael lui répond qu’il n’y a pas de responsable, ils sont tous impuissants, et que par conséquent son père ne peut pas s’arrêter tout seul, personne ne le peut ! Il lui faut une intervention divine, de la spiritualité ! Il essaye alors de refourguer son programme en douze étapes, mais Stan n’est pas dupe, il connaît un truc ou deux sur les sectes puisqu’il en a même dirigé une ! Malheureusement son père n’est pas aussi futé (quoique géologue quand même, mais la faiblesse d’esprit n’a rien à voir avec les diplômes). Il se balade désormais avec la bible à la main, scandant que cette journée superbe est encore une bénédiction de dieu ! Il insiste alors pour que tout le monde loue dieu (nous ne savions pas qu’il était dispo en location), refusant même d’aller chez Kyle regarder le match des Broncos, alors que les papas de Kenny et Kyle pensaient qu’il viendrait. Dans son délire sectaire, il ne peut se rendre chez des gens qui boivent, lui qui a de nouveaux amis maintenant, les AA, qui eux aussi ont foi en une puissance supérieure !

 

 

Conclusion :

 

 

Voyez, on se couchera moins bête car on a appris un truc  aujourd’hui : l’alcool est un phénomène de société, très ancré dans notre culture occidentale. Toutefois, sa surconsommation peut rapidement mener à l’alcoolisme, qu’il soit de situation (dès que l’on est trop ceci ou pas assez cela) ou chronique (tous les midis avec le repas, tous les week-ends en boîte de nuit ou à chaque partie de pétanque).

 

Que l’on considère l’alcoolisme comme une maladie ou comme une dépendance addictive, l’important est bien évidemment de ne pas en arriver là ! On ne le répétera jamais assez : il ne faut pas abuser des « bonnes » choses, quelle que soit l’innocuité qu’on lui prête. Trop d’alcool, c’est franchement pas cool !

 

Au-delà des problèmes de santé et les troubles que tout excès peut avoir sur ses relations sociales, il est important de garder à l’esprit qu’aucune dépendance n’est bonne en soi, puisque par définition cela signifie que le sens critique a été anéanti par une substance, une activité, une personne ou un type d’individu, que l’on appréciait au départ jusqu’à ce qu’on éprouve une certaine rancœur envers cette chose dont on ne peut plus se passer. Comme le disait Balavoine : « Qui pourra remplacer le besoin par l’envie, Et comment retrouver le goût de la vie ? Et chaque nuit le peuple danse, En douceur, Croit qu’il peut exorciser La douleur, Puis lentement quitte les transes, En douceur, Alors revient dans sa conscience : Sa douleur ! ». Si nous avons besoin d’alcool, c’est que notre amour ou nos amis, la musique ou autre, ne suffisent plus à combler notre vide et notre mal-être intérieur ! N’oublions jamais que l’alcool, comme toute drogue, n’est pas un médicament, et que le prendre en tant que tel conduit tôt ou tard à une forme d’autodestruction et de suicide mental ou social !!!

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21 janvier 2005 5 21 /01 /janvier /2005 21:32

18 - Outroduction : Voilà, c'est fini ! (enfin non, tout évolue toujours)
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Tout ce que nous venons d'écrire et que vous venez de lire dans ces pages est bien loin d'être une belle Utopie, irréaliste !

Depuis des siècles, et même des millénaires, des hommes, des femmes, de toutes origine et culture, se sont Soulevés pour Défendre leurs Droits, alors qu'on ne leur imposait que des devoirs ! Nos idées ne sont qu'une réactualisation de leurs Luttes et de leurs Idéaux, partagés depuis la nuit des temps par un grand nombre d'humains et de Peuples !

A présent, le monde arrive à une nouvelle phase de mutation : la Terre est en mauvais état (et les navettes pour Mars sont loin d'être prêtes), de nouveaux pays émergent et font trembler nos fondements économiques et idéologiques (car jusqu'ici les Occidentaux étaient les plus forts et imposaient leur loi comme bon leur semblait), la Révolution numérique nous amène à grand pas vers un monde en réseau plutôt qu'un fonctionnement pyramidal qui a montré toutes ses limites !

Notre livre est loin d'un guide pratique pour une Civilisation plus Juste, mais il ouvre des pistes de réflexion. Nous sommes loin de dire que la conversion de notre société à ce genre de nouveau modèle sera forcément aisé (ce serait même plutôt le contraire, étant donné qu'il faudra aller à contre-courant de nos stéréotypes et de nos habitudes de faire et de penser).
Par contre, il est indéniable (il suffit de lire les journaux et de s'informer là où l'on peut) que nous vivons une époque de grandes mutations, économiques, politiques, sociales et humaines ! La France est un pays qui a essayé quasiment tous les systèmes politiques depuis la Révolution bourgeoise de 1789 et les problèmes sont pratiquement toujours les mêmes (l'ensemble de la société a évolué, mais les écarts sont toujours les mêmes, voire ont tendance à s'accentuer ces dernières années).

Nous, Jeunes Citoyens de la génération blasée et enfants de la crise, n'avons plus confiance (depuis notre naissance) en nos « élites » et ceux (quels qu'ils soient) qui sont censés nous représenter, mais qui ne représentent au final que leurs propres intérêts et leur pouvoir pris des mains des « bénéficiaires ».
Nous ne pouvons avoir confiance qu'en nous-même (ne dit-on pas d'ailleurs qu'on est jamais mieux servi que par soi-même). Ainsi, plutôt qu'une VIè république qui retombera tôt ou tard dans les mêmes travers de porcs (car le système, si il n'est pas Egalitaire, broie même les humains de bonne volonté), nous souhaitons que le prochain système de vie en société soit Anarchiste et AutoGéré par les Citoyens, ou il ne sera pas ! Nous voulons la vraie Démocratie, à l'Athénienne : le pouvoir du Peuple, par le Peuple et pour le Peuple !!!

Cela demandera beaucoup d'efforts de la part de tout le monde, mais au moins nous pourrons dire que nous sommes vraiment Libres, Egaux et Frères/Sœurs !!!
Nous avons tenté de vous montrer dans ce modeste ouvrage quelles ont été les tentatives radicales du changement de l'Histoire, qu'elles aient réussi ou pas.
Aujourd'hui, nous estimons que les humains Citoyens ont les capacités de se prendre en main, et que de toute façon ils n'ont plus trop le choix vu les désastres annoncés si on continue de laisser faire nos dirigeants.

Si vous croyez encore candidement que le changement peut venir des urnes, ou que vous préférez rester dans la facilité d'accepter sans broncher des décisions irresponsables et inhumaines (car l'économie prime sur le politique), qu'à cela ne tienne.
Une Révolution ne peut se faire tout seul (sinon c'est un coup d'état), mais alors ne vous plaignez plus d'être des Citoyens soumis à la servitude volontaire, et subissez encore pour des siècles et des siècles les Grèves, Révoltes, Emeutes et autres Révolutions de Contestation et de mécontentement. Amen !

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21 janvier 2005 5 21 /01 /janvier /2005 21:31

17 - Esperanta, l' « épouvantable » épouvantail
Télécharger le fichier : 17-Esperanta, l’ « épouvantable » épouvantail


• E : Quelque part, je commence à mieux cerner la raison de ma présence ici. On oublie tout et on recommence quelque chose de tout nouveau, où les Individus se comprennent, se pardonnent et s'acceptent tels qu'ils sont, où les Peuples s'écoutent, se Respectent et interagissent en Harmonie. Pour ces surhumains Emancipés de droit et en fait, je serai un peu comme une « éminence » qui aurait à faire passer un message par rapport au passé : je pourrai être leur prof de vinaigre pour témoigner, d'une certaine manière, du passé et comprendre vos évolutions.

• M : Effectivement, il y a de l'idée ! Maintenant que tu es là, tes nombreuses qualités mais surtout tes « défauts » de conception, peuvent être utiles aux Utopiens pour comprendre tout le chemin qui a été parcouru depuis le Grand Soir vers une Individualité heureuse de ce qu'elle est (et a) et vers une Humanité fière des Autres et de leurs Différences enrichissantes.

• E : Euh, ouais d'accord, mais j'ai pas envie de tenir le rôle du repoussoir à corbeau des anciennes mauvaises manies !

• M : T'inquiète, jamais un Utopien ne te stigmatiserait pour ça (ou quoi que ce soit d'autre d'ailleurs). Comme tout professeur de l'Emancipation (même si toi c'est plus par le contre-exemple), on doit considérer et Respecter le contenu des enseignements. L'instructeur n'est jamais que celui qui véhicule les informations. Donc tout comme on ne regardera pas de travers un médecin légiste (qui enseigne sur le corps-enveloppe et n'est pas un passionné de la mort, voire un nécrophile), on sera loin de t'en vouloir par rapport à tes travers de protos (-Emancipée). Au contraire, non pas que les Citoyens auront pitié de toi, mais plutôt ils comprendront le formatage de ton époque et t'accompagneront dans ta reprogrammation (en tout cas sur les parties que tu souhaites modifier).

• E : Bon, comme ça, ça me va déjà mieux ! Mais toi et moi, qu'est ce qu'on va devenir ?

• M : Ce que tu voudras bien qu'on devienne !!! Je n'aime pas trop faire de plans sur la comète car on ne sait jamais comment les choses évoluent et ça peut vite devenir des sources de frustrations, mais avec toi ce n'est pas pareil !

• E : Ravie de te l'entendre dire !! Dis m'en plus alors : comment envisages tu les choses à présent que j'ai bien émergé de mon passé trouble, que je me sens à l'aise et utile à Utopia, bref que Nadia soit Heureuse au pays des Merveilles ???

• M : Et bien, ça fait quelques jours que j'y pense et…

• E : Oui ??? ET ????

• M : Et j'ai bien envie qu'on fasse un bout de chemin ensemble !

• E : Comme demande en mariage je m'attendais à mieux !!!

• M : Euh, humm ... « normal » … à Utopia le mariage n'existe pas ! Aujourd'hui on s'engage sur la Confiance et le Respect démontrés au jour le jour, pas sur un engagement longue durée avec reconduction tacite une fois par an à la St Valentin avec un dîner, si exceptionnel (et trop souvent ponctuel) soit-il !

• E : Vu sous cet angle là ça me va ! C'est clair que l'Amour ça se prouve tous les jours et qu'avant, dès la bague au doigt passée, l'un considérait vite que l'autre lui appartenait de fait.

• M : Encore une fois t'as tout compris, belle preuve s'il en est de ta familiarisation avec Utopia et ces nouvelles donnes en matière de mentalités. Si je souhaite être avec toi, au jour le jour, c'est bien parce que j'en ai envie, pas par contrainte parce que j'ai signé un papier il y a moult !

• E : T'as raison mon biquet, ce sera à nous d'entretenir chaque jour le phare de notre Amour pour qu'il brille au loin, en brûlant passionnément des bûches aux senteurs exotiques et en évitant les embûches du train-train quotidien !

• M : Embrassons nous Darling, je n'y tiens plus, et allons de ce pas inaugurer toutes les pièces de notre nid douillet !!!

• E : !!! Oh toi, grand fou !!! Etreintons nous et voguons vers notre avenir radieux !!!

Ainsi s'achève cette belle histoire, où nos héros s'acharneront à vivre en Harmonie dans ce nouveau monde, ne pouvant oublier d'où ils viennent, mais en cultivant jour après jour et en récoltant les fruits de l'Emancipation ! Souhaitons leur de vivre heureux durant de très nombreuses lunes et d'avoir une belle descendance (morale surtout, et biologique si ils le veulent bien).

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21 janvier 2005 5 21 /01 /janvier /2005 21:30

Amnistie Individuelle
Télécharger le fichier : 16-Amnésie Internationale & Amnistie Individuelle


• Esperanta : Et c'est quoi le prolongement après que tous les Peuples se soient convertis au système Utopien ?

• Moa : Et bien justement, ils se sont déconvertis de leurs concepts religieux dogmatiques pour être plus en phase avec les autres, et par voie de conséquence, avec eux-mêmes en tant qu'animal humain faisant autant partie de l'humanité que d'une biosphère fragile englobant des millions d'autres êtres animés (dont nous étions les membres les moins nombreux).

• E : Ah cool, je suis curieuse de savoir comment ça s'est passé. Parce que c'est clair que ça ne sert à rien de vouloir changer la société et plus encore la civilisation sans changer l'humain en profondeur.

• M : Claro que si ! En fait c'est relativement simple : on a tout bonnement pris le mal à la racine. On a commencé par rééduquer les gamins, en les faisant débattre avec des plus grands, des adultes et des vieux, des Noirs, des Jaunes et des Rouges, des anciens riches et pauvres, des intellos, des artistes, des musclés : bref avec l'ensemble de la société qui a elle seule était déjà un microcosme Universaliste. Ainsi, par effets de contagion, ils ont rééduqué ou du moins motivé la réflexion en profondeur chez les adultes.

• E : C'est bien connu, la vérité sort de la bouche des enfants !

• M : Oui, enfin pas tant que ça non plus. Ils sont humains et animaux comme les grands, donc tout autant capables que les adultes de mentir, de jouer avec leurs relations avec les autres, d'imposer leur point de vue et de piquer de grosses colères (souvent pour « pas grand-chose », comme chez les « poilus » - pas les guerriers, mais les « matures »).

• E : C'est sûr qu'il y en a, c'est des vraies pestes à foutre des claques à longueur de journée !

• M : Ça ne sert à rien !!! Tout comme la peine de mort et la prison n'ont jamais empêché les crimes, la punition physique n'a jamais corrigé ou redressé des gamins.

• E : Ben ouais, mais faut quand même faire quelque chose !

• M : Bien sûr. Mais pour que quoi que tu fasses soit un tant soit peu efficace, il faut d'abord faire prendre conscience à l'autre que son attitude ou son point de vue n'est pas tenable en société, et que s'il veut s'intégrer et bénéficier des bienfaits du contact avec les autres (la Liberté ce n'est pas d'être seul, isolé), il doit Respecter certaines règles de bases, non pas contraignantes mais structurantes pour que tout le monde puisse s'entendre un minimum social.

• E : Oui bon d'accord ! Et alors, comment vous avez rééduqué ces gamins, source et fondement de cette nouvelle civilisation du Bonheur ?

• M : Déjà en leur demandant leur avis ! Même si depuis Mai 68, les parents se préoccupaient un peu plus des aspirations de leurs enfants, il n'en restait pas moins qu'ils les prenaient encore trop souvent pour des buses, des petits scarabées qui ne connaissaient rien à la vie.

• E : Ce en quoi ils n'avaient pas forcément toujours tort non plus !

• M : Oui, mais pour autant, les gamins sont capables et foisonnent de réflexions (surprenantes pour nous, pas pour eux) dignes des plus grands philosophes !

• E : C'est vrai que plusieurs fois mes sœurs ou mes petits cousins m'ont surprise par la pertinence de leurs questions et de leur curiosité très bien et précisément placée ! Et surtout ils ne lâchent pas le morceau avant d'avoir tout bien compris et demandé dans les moindres détails !!!

• M : Et oui ! Ils ne cesseront jamais de nous émerveiller ! Et donc on leur a donné des cours de philosophie adaptés (toute la philo ne parle pas que de trucs perchés, incompréhensibles – ne serait-ce que par les mots qui sont utilisés – et inaccessibles pour le commun des mortels), on les a fait se débattre entre eux (plutôt que de se battre pendant la récré), et finalement adopter des résolutions à présenter et à motiver devant les grands.

• E : Du genre les résolutions ?

• M : J'allais y venir ! Ils demandaient notamment qu'ils ne voulaient plus voir les grands se chamailler, se fâcher et se séparer.

• E : Euh ouais, c'est sûr c'est bien mignon, mais pas très réaliste.

• M : Justement ! Rien qu'avec cet exemple, ils ont appris puis compris que la vie avec les autres, c'était de devoir faire des compromis. Ce n'est pas parce que eux voulaient que papa et maman restent ensemble pour toute la vie, que ça aille « bien » (en tentant difficilement de préserver les apparences) ou dans le cas où papa picolait et frappait maman et qu'elle lui gueulait tout le temps dessus (« d'où tu sors dans cet état là ? t'es encore bourré ? bobonne au fourneau et môssieur au bistro ?! »), que pour autant les adultes devaient continuer de souffrir en silence pour soi-disant le bien et bon développement de leurs enfants !

• E : Alors qu'il n'y a rien de pire qu'une famille qui implose (donc de l'intérieur) en restant sous un même toit (l'effet de souffle est alors amplifié).

• M : Tout à fait ! Ce qui peut amener à la dépression voire au meurtre du conjoint (voire en infanticide plus un homicide dans le cas d'un zigouillage complet de la famille : si je n'ai pu vivre heureux avec eux, ils ne vivront pas heureux sans moi). Pour en revenir aux gamins, on a tiré d'eux le meilleur de l'être humain, sans pour autant occulter toutes les bassesses dont les enfants peuvent faire preuve quand ils ne sont pas assez civilisés.

• E : C'est sûr qu'ils sont un bon repère vu qu'ils sont en période de formation, entre l'animal que nous sommes naturellement tous et l'être civilisé pur produit de son époque et de la société dans laquelle on évolue.

• M : Bien sûr. D'autant plus que les gamins, étant plus ou moins protégés de la jungle « civilisatrice », ne demandaient qu'à pouvoir vivre dans un monde où les grands se comportent comme des enfants, notamment avec l'insouciance de la générosité sans calcul d'intérêts, la joie et l'épanouissement sans la peur de l'Autre, la coopération complémentaire plutôt que la compétition où tous les coup sont permis.

• E : C'est sûr que sinon, il n'y a aucun attrait à grandir, pour quoi faire ?

• M : Tout juste ! D'ailleurs quand on est petit on veut devenir grand pour gérer sa vie comme on l'entend, et quand on commence à bosser on veut redevenir gamin pour retrouver les veillées pré-pubères qui chantaient et où tout (et surtout les rapports humains) paraissait nettement plus simple ! Mais une fois que les enfants nous ont éveillé à l'insouciance et la candeur/grandeur de leurs sentiments, encore faut-il que les adultes considèrent avec importance ces préceptes !

• E : C'est vrai qu'on se dit souvent que les enfants ont raison, mais qu'ils ne vivent pas tout à fait dans le même monde que les grands et que nos histoires les dépassent !

• M : Ce qui est vrai, car conceptuellement ils avaient du mal à comprendre que toutes les bonnes valeurs que leurs parents et autres avaient pu leur transmettre, ces mêmes personnes ne les mettaient pas en application dans leur vie à eux. Tout cela parce que les adultes étaient victimes du culte du progrès et de la culture du « que le plus fort gagne plus, que les autres marchent ou crèvent » ! Il fallait donc Emanciper chaque Individu, puis le replacer dans la chaîne animale et la biosphère dont nous faisons tous parti.

• E : Emanciper les personnes ? C'est sûr que là, ça nécessitait un travail de longue haleine !

• M : C'était effectivement un des plus gros chantiers. Rends toi compte qu'il fallait reconstruire les humains de toute la planète sur des bases plus saines que ce que les civilisations proposaient depuis plus de 10 000 ans !

• E : Fatch ! J'imagine que tu veux parler de retrouver les bonnes vieilles valeurs de Solidarité, d'entraide, de Liberté non-surveillée, et tutti quanti ?

• M : Oui. Alors que depuis la chute du Mur et du communisme on nous matraquait le cerveau en nous disant que c'était la fin de l'Histoire, que le capitalisme avait gagné et point final, Utopia a ouvert la brèche d'un autre monde qui était possible,autant que nécessaire et surtout faisable. Pour sauver l'humanité de l'anéantissement et du désordre mondial, il fallait tout bonnement revenir aux valeurs pour lesquelles nos ancêtres bêtes sauvages avaient dû Lutter contre leur nature profonde en instaurant des sociétés Libertaires, Egalitaires et Fraternelles. En somme, il fallait refermer la parenthèse génocidaire des civilisations basées sur la force et la supériorité par rapport à l'Autre, pour recommencer l'Histoire là où l'agriculture avait enterré dans son sillon les sociétés primordiales profondément justes et donc pérennes.

• E : Mais fallait faire alors un reset de toute la culture humaine ?

• M : Quasiment oui !

• E : Et vous vouliez remplacer des millénaires de dogmatisme « l'Autre c'est de la merde » par quoi ? Comment vous avez défini ce qui était historiquement bon pour la civilisation nouvelle que vous construisiez petit à petit ?

• M : Même si ça m'arrache un peu la gueule de le dire en tant qu'athée croyant et pratiquant (je croie qu'il n'y a pas de dieu et je pratique en conséquence), on a tout simplement ouvert les bouquins religieux, qu'on a expurgé de toute idée de haine, de vengeance, de mépris des infidèles, pour n'en garder que la substantifique moelle, à savoir les bonnes paroles de générosité et de bien vivre avec les Autres, quels qu'ils soient.

• E : Vous avez enfin réussi à rallier tous les croyants en la même « entité » Yahvé-dieu-Allah qui se foutaient sur la gueule depuis des millénaires pour imposer chacun sa vision d'un dieu qui leur était commun ?

• M : Oui, enfin tu sais, il n'y a pas que le monothéisme dans la vie. On n'a vraiment pas été sectaire : on a pris tous les enseignements pacifiques et généreux du bouddhisme, du confucianisme, de l'hindouisme, du zoroastrisme, des animismes africains/asiatiques/amazoniens, j'en passe et des meilleurs. Pour que ces religions ou philosophies de vie aient pu perdurer si longtemps, il fallait bien qu'elles apportent un minimum d'espoir dans le but d'une humanité Libérée ayant assez souffert pour enfin mériter le Bonheur et la Paix éternels ! Même si certaines théologies ont été manipulées pour servir des intérêts particuliers de classe, il n'en reste pas moins qu'à la base elles représentaient une vision de Bien-Etre et d'Harmonie avec tout le monde qui nous entoure.

• E : Ça c'est clair ! C'est bien pour ça que dans toutes les religions tu retrouves toujours cette idée de Générosité à Autrui, d'Assistance envers le faible, et d'Amour de la Paix !

• M : Exactement, sauf qu'Utopia a fait que tout ceci ne reste pas lettre morte et bonne parole en l'air !!! Pourquoi autant d'occidentaux étaient attirés par le bouddhisme ou autres philosophies de vie orientales ? C'est bien parce que notre culture de la compétition nous surmenait et nous stressait sans nous apporter le moindre réconfort quant à l'avenir et des espoirs de bonheur (si ce n'est la retraite, qui comme son nom l'indique signifie se retirer du monde superactif pour se reposer et vraiment profiter de la vie en minimisant ses tracas quotidiens). Il fallait donc revoir nos rapports à nous-mêmes, envers notre corps et surtout notre esprit.

• E : Et vous avez fait ça comment justement ?

• M : Pour le corps, ce n'était pas si difficile que ça, même si le judéo-christiano-islamisme nous avait enfermé dans un déni de notre enveloppe matérielle pour favoriser le développement spirituel, alors que l'un ne va bien évidemment pas sans l'autre.

• E : En tous cas en Orient c'est sûr que tout va de pair, et que c'est cet antagonisme qui crée l'équilibre !

• M : Justement ! On a beaucoup détourné nos regards vers la manière de s'appréhender en tant qu'entité physico-psychologique qu'avaient les Orientaux, notamment les bouddhistes ou autres philosophies de vie millénaires qui ont réussi à concilier les deux aspects de tout individu. On a donc mis en place des séances de méditation, d'une pour retrouver de la sérénité après tous ces bouleversements sociologiques et surtout pour se retrouver seul face à soi-même avec des méthodes pour mieux saisir la portée de son existence et de sa présence dans ce monde.

• E : Effectivement, c'est déjà un bon début.

• M : Certes, mais au-delà de ça, on a fait un énorme travail pour que les gens comprennent bien que les humains sont des animaux comme les autres, qui ont évolué d'une certaine manière pour être le mieux adapté à leur environnement (comme n'importe quel organisme vivant), et qu'ils n'ont pas été posé là par magie pour dominer les autres animaux ! L'évolution n'a pas de but en tant que tel, elle s'adapte juste aux changements qui peuvent être de toutes sortes (environnemental, isolation génétique, arrivée d'une nouvelle espèce, catastrophe, …etc.). Ensuite, nous avons dépollué l'inconscient Collectif pour y introduire la notion que nous sommes tous des êtres faits d'électricité et de chimie, même si notre personnalité ne résulte pas que de cela (en plus de notre programmation génétique) : notre fonctionnement physico-chimique et notre personnalité sont deux choses distinctes mais qui interagissent entres elles !

• E : Ce qui du coup peut permettre aux gens de mieux accepter ce qu'ils sont, car ils ne peuvent pas tout maîtriser au niveau de leur comportement et de leurs réactions dans certaines situations.

• M : Oui, sans pour autant que cela ne serve d'excuse : c'est pas moi, c'est mon programme génétique ou ma production naturelle de telle molécule qui a fait que je réagisse ainsi. Non, ça ne marche pas comme ça, mais les Utopiens ne se défaussent pas sur leur composante animale, ils prennent conscience de ce qu'ils sont, tout en essayant de travailler dessus non pas pour maîtriser (chose délicate et difficile), mais au moins pour canaliser voire contrôler au maximum. C'est là où les expériences de gens comme Timothy Leary ont été utiles, pour que chacun se connaisse mieux en titillant ses états modifiés de consciences.

• E : Ah oui, tu n'avais pas voulu m'en parler plus avant, maintenant j'attends que tu m'explique dans le détail !

• M : Avec plaisir ! Ce gars là n'était pas n'importe quel drogué : il a atteint un doctorat en psychologie à l'université de Californie, Berkeley, en 1950, puis il a continué pour devenir un professeur auxiliaire, un directeur de recherche de la fondation Kaiser (1955-1958), et un conférencier en psychologie à l'université de Harvard (1959-1963). Leary plus tard a décrit ces années avec dédain, écrivant ce qu'il avait été : « un employé institutionnel anonyme qui a conduit pour travailler chaque matin dans une longue ligne de voitures de banlieusard, s'est reconduit à la maison chaque nuit et a bu des martinis.... comme plusieurs millions de personnes, classe moyenne, libéral, robots intellectuels ». Durant des vacances au Mexique, il essayait les champignons hallucinogènes composés de psilocybine, une expérience qui changera énormément le cours de sa vie. Dès son retour à Harvard en 1960, Leary s'associe, notamment avec le Dr. Richard Alpert (plus tard connu sous le nom de RAM Dass), et commença à conduire des recherches sur les effets de la psilocybine et puis sur le LSD avec des étudiants. Le docteur Leary disait que le LSD, utilisé au bon dosage (de préférence avec les conseils d'un professionnel), pourrait changer le comportement des manières sans précédent. Ses expériences n'ont produit aucun meurtre, suicide, psychose, et en principe aucun de ces « bad trips ». Les buts de la recherche de Leary, étaient de trouver de meilleurs moyens pour traiter l'alcoolisme et réhabiliter les criminels. Plusieurs des participants sur les recherches de Leary disaient avoir vécu des expériences mystiques et spirituelles profondes, qui, affirmaient-ils, ont changé leurs vies d'une façon très positive.

• E : Tu m'étonnes ! Pour d'autres, c'était le fait d'avoir frôlé la mort qui leur faisait voir les choses différemment et se concentrer sur les aspects clairement importants de leur nouvelle vie. Et ensuite ?

• M : Leary et Alpert ont été écartés de Harvard en 1963 : leurs collègues étaient incommodés par la nature de leur recherche, et des parents puissants ont commencé à porter plainte à l'administration de l'université au sujet de la distribution des hallucinogènes à leurs enfants. Ils ont été déplacés dans un grand manoir à New York appelé Millbrook, d'où ils ont continué leurs expériences. Leary plus tard a écrit : « Nous nous sommes vus comme des anthropologues du XXIè siècle habitant un module de temps placé quelque part dans les âges sombres des années 60. Dans cette colonie de l'espace nous essayions de créer un nouveau paganisme et un nouvel attachement à la vie comme art ». Les incursions répétées du FBI ont amené la fin de l'ère Millbrook. Leary a été condamné pour détention de drogue, s'est enfui, et par la suite a été emprisonné pendant plusieurs années. Quand il est arrivé en prison, il a passé les tests psychologiques standards que la prison assignait aux détenus pour l'attribution des tâches de travail. Comme c'est lui qui avait écrit ce test, il pouvait donner les réponses qui lui permirent de travailler dans la bibliothèque de la prison.

• E : C'est vraiment un malin celui-là ! Mais qu'est ce qu'il a trouvé de si fort pour avoir été un grand gourou des Hippies ?

• M : Il a « tout simplement » supposé que l'esprit humain est composé de huit circuits de conscience. Il pensait que la plupart des personnes n'accédaient qu'à quatre de ces circuits durant leurs vies. Les quatre autres, disait Leary, étaient des ramifications Révolutionnaires des quatre premiers, et étaient présentés pour permettre la vie dans l'espace, et aussi pour l'expansion de la conscience qui serait nécessaire pour accomplir davantage de progrès scientifique et social. Leary a suggéré que certains pouvaient accéder aux quatre autres circuits par la méditation et autres efforts spirituels. Pour exemple, Leary citait comme évidence aux quatre circuits « plus élevés », le sentiment de flotter et d'inhibition des mouvements éprouvé par l'utilisateur de marijuana. Dans le modèle de huit circuits de la conscience, une fonction théorique primaire du cinquième circuit (le premier des huit développés pendant la vie dans l'espace extra-atmosphérique) est de permettre à des humains de s'habituer à la vie dans un environnement zéro ou de pesanteur faible. Durant sa vie, Leary fut le sujet d'une chanson de Moody Blues « Legend of a Mind », qui a rendu célèbre l'expression « Timothy Leary is dead. No, no, he's outside looking in » (« Timothy Leary est mort. Non, non, il est à l'extérieur et regarde à l'intérieur »).

• E : Effectivement, c'est plutôt puissant comme pensée ! Mais ça reste à consommer avec modération !!!

• M : Cette forme de pensée non, mais les drogues oui bien sûr. Un mois avant sa mort d'un cancer inopérable de la prostate, Leary a écrit un livre appelé le « Design for Dying » (« Conception de la mort »). Ce livre était une tentative de montrer aux gens une nouvelle manière de regarder la mort et de mourir. En 1964, il a co-écrit un livre avec Ralph Metzner appelé « A psychedelic manual », en apparence basé sur le livre tibétain des morts. Dans celui-ci il écrit : « Une expérience psychédélique est un voyage vers de nouveaux royaumes de conscience. La portée et la teneur de l'expérience sont sans limites, mais ses caractéristiques sont la transcendance des concepts verbaux, des dimensions d'espace-temps, et du moi ou de l'identité. De telles expériences de conscience agrandie peuvent se produire par une multitude de moyens : la privation sensorielle, exercices de yoga, par les extasies disciplinées de méditation, religieux ou esthétiques, ou spontanément ». Plus récemment, ces expériences sont devenues disponibles à n'importe qui par l'ingestion des drogues psychédéliques telles que le LSD, la psilocybine, la mescaline, le DMT, etc. Bien sûr, la drogue ne produit pas l'expérience transcendante. Elle agit simplement en tant que clef chimique : elle ouvre l'esprit, libère le système nerveux de ses modèles et structures ordinaires.

• E : Ça je m'en suis bien rendue compte avec les champis, c'est sûr que c'est efficace. Normal, puisque tu me disais que psychédélique veut dire : qui dévoile l'esprit !

• M : C'est vrai aussi qu'il n'y a pas que le LSD dans la vie (heureusement car c'est costaud quand même). Celui-ci permet, par altération des frontières de l'ego, un apaisement du corps et de l'esprit, développant un sentiment d'appartenance à son environnement, au cosmos : c'est l'Union Mystique ! Pour autant tu sais, Leary n'était pas le seul dans cette mouvance. Il faut parler aussi d'Aldous Huxley, à qui l'on doit les Portes de la Perception (Paradis et Enfer). Au début des années 1950, un nouveau tournant important intervient dans son existence : la découverte des substances psychédéliques (mescaline, LSD, psilocybine) et de l'immense intérêt qu'elles présentent (utilisées dans un contexte bien spécifique) pour la connaissance de l'esprit. Pour lui, la mescaline permet de voir les choses telles qu'elles sont, au-delà et contre les idées préconçues et arrêtées (« Si les portes de la perception étaient nettoyées, toute chose apparaîtrait à l'humain telle qu'elle est : Infinie »). Son livre Le Meilleur des Mondes était prévu pour être réaliste 600 cents ans plus tard, mais avec la génération chimique, ce monde fut en place seulement 27 ans après la sortie du livre, dans les années sombres des nationalismes européens. Les hallucinogènes permettent en effet d'ouvrir les portes de la perception une à une (pour éviter une surcharge d'informations trop nouvelles, limite choquantes si on n'y est pas préparé) pour connaître l'inconscient, c'est-à-dire l'animal qui vit et sommeille en chacun et amène des conduites inattendues. Il faut se connaître pour vivre en Harmonie avec soi-même (connais toi toi-même et deviens ce que tu es, ainsi parlait Zarathoustra) !

• E : Donc vous organisez des séances de droguage Collectif ???

• M : Non, quand même pas, et on ne force personne (même si il est vrai qu'on estime que tout le monde « devrait » avoir fait un voyage intersidéral dans ses consciences au moins une fois dans sa vie). En fait, ceux qui veulent, vont voir un spécialiste en la matière, agréé (comme Uttanka), et passent un interrogatoire pour vérifier qu'il n'y a pas de contre-indication à un tel voyage dans ses sois. Puis, dans un milieu sécurisé et relaxant, la personne s'envole vers la connaissance globale de son être autant animal, qu'humain et personnel (tous les animaux fonctionnent sur les mêmes principes, les humains se ressemblent physiquement et il y a de grands traits psychologiques communs, mais chaque personne est une et indivisible) ! Ensuite, on développe cela avec des ateliers d'expression corporelle comme la danse ou le théâtre. On voulait vraiment favoriser la prise de conscience que notre corps n'est pas qu'un support embêtant qu'il faut nourrir et purger, mais qu'il peut nous apporter un réel épanouissement personnel par son accomplissement artistique voire physique. On a également appris aux gens à bien se nourrir pour être équilibré dans son corps et donc plus disponible dans sa tête. Surtout, on a aidé les personnes à réaliser que leur corps était spécifique à elles, et qu'il n'y avait pas de norme à respecter en matière de physique.

• E : Surtout que les femmes, et mêmes les hommes sur la fin de notre époque, étaient vraiment trop considérés comme des objets publicitaires ou sexuels !

• M : Ah ça c'est sûr. Donc on a d'abord expliqué aux gens comment vivre avec leur corps. Beaucoup croyaient trop en la médecine. Bien sûr, tant qu'elle peut être bénéfique, on l'utilise. Mais après, il faut aussi que chaque être humain réalise qu'il est né avec un patrimoine génétique de sa mère et de son père et qu'il doit donc faire avec ce qu'il lui a été donné, même si c'est évident que ce n'est pas toujours facile à gérer. La médecine ne peut pas réparer toutes les imperfections, donc autant faire avec plutôt que de vivre dans la frustration continuelle. Pour les gros qui voulaient vraiment maigrir, on leur expliquait comment se faire plaisir tout en surveillant sa ligne (tout simplement en mangeant de tout en petite quantité), et nous avons appris aux autres à accepter leur métabolisme car il est tel qu'il est et aucun dogme ne doit imposer la taille de guêpe. L'important c'est qu'on se sente bien dans son corps, et surtout que les autres Respectent les Différences qui ne sont que le fruit du hasard de la génétique et de la naissance.

• E : Bonne initiative ! Surtout que les hommes préfèrent souvent les rondes (même si point trop n'en faut quand même).

• M : Sauf que le « trop » est à définir selon des critères médicaux de surpoids qui entraîne des troubles organiques, mais en aucune manière par de quelconques normes esthétiques. Sinon, déjà de notre temps, il y aurait déjà eu plein de célibataires à vie ! Nous, Utopiens, tout ce qu'on voulait, c'est des esprits sains (dans leur façon non-simpliste et critique de concevoir les choses) dans des corps sains (dans l'acceptation de soi, de ses qualités et défauts de conception).

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