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Collectif des 12 Singes (Al LU-SINON)


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21 janvier 2005 5 21 /01 /janvier /2005 21:20

Droit au Logement
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• M : Maintenant que notre « petite » Olympe est sortie de l’école et va rentrer dans la vie active, elle a besoin de se loger.

• E : Je lui souhaite bonne chance, ça va pas être évident de trouver autre chose qu’une chambre de bonne de 9m² !

• M : Mais non ! Aujourd’hui, tout le monde peut se loger correctement, dans des appartements modernes, bien équipés et économes !

• E : Encore une prouesse de votre part !!! Comment ça se passe ?

• M : C’est simple, Olympe va à l’office des habitations, où elle mentionne la taille de son foyer en nombre de personnes, ses besoins en terme de place si elle a des encombrants ou que certaines activités nécessitent de grandes surfaces (atelier d’art par exemple), ainsi que certaines informations qui peuvent être bonnes à savoir pour ses voisins potentiels (du genre : pratique la musique ou cultive du cannabis sur son balcon avec de fortes odeurs, pas forcément désagréables, mais qui ne plaisent pas à tout le monde).

• E : Mais attend, ça ne regarde pas les voisins !

• M : Si, un peu quand même. Non pas pour faire du flicage/commérage ou entasser certaines catégories de personnes dans des immeuble spécialement défini pour (ça, ça s’appelle de la ghettoïsation, et on n’en veut plus), mais surtout parce que c’est toujours mieux d’arriver dans un appartement et de savoir que globalement les voisins sont ouverts à votre arrivée ou à vos activités. Il n’y a rien de pire que de s’embêter à déménager et une fois enfin ses cartons posés, se rendre compte qu’on a un batteur au-dessus et des vieux acariâtres en dessous.

• E : C’est sûr !

• M : Pour autant, les offices font quand même en sorte qu’il y ait un certain brassage social, ethnique, d’âges et de profils, pour que les immeubles ressemblent à la société de l’extérieur. On évite de mettre un Participant de nuit à proximité d’un musicien qui travaille ses gammes toute la journée, mais on favorise que des vieux soient non loin d’enfants, pour favoriser les échanges entre générations et redonner l’esprit fougueux de la jeunesse autant qu’apprendre le calme et la sérénité des anciens. Il faut de tout pour faire un monde !

• E : Et quand Olympe aura des enfants ?

• M : Ça dépend du nombre qu’elle aura (si elle en veut bien sûr, ce n’est pas obligatoire) ! En fait, le point crucial concernant le logement, c’est que celui-ci soit adapté à l’utilisation qu’on en fait. Etant donné qu’il n’y a plus de propriété privée mais une propriété d’usage, il faut que le logement soit en rapport avec ce qu’on attend de lui ! Concrètement, c’est fini le temps où l’on pouvait voir des personnes habitant un énorme logement mais n’occupant que quelques pièces, alors que pas très loin il y avait des gens qui ont besoin de surface et qui s’entassent dans une seule pièce faute de mieux. D’une, en terme d’économie d’énergie, qu’on soit peu dans un grand appartement ne justifie pas le fait de chauffer toutes les pièces, qui ne seront presque pas utilisées, et de deux, en terme humain, on ne peut pas vivre correctement si son espace privatif n’est pas d’une certaine taille (d’autant plus si on a des enfants).

• E : Et pour les logements neufs, vous faîtes comment ? Parce que s’il n’y a plus d’argent, tout le monde voudra se faire construire un château !

• M : Bonne question ! En fait, le neuf découle des choix concernant l’ancien. On y applique les mêmes règles, à savoir que, quel que soit le type de logement, il doit être adapté et non surdimensionné aux besoins réels des occupants. En ce sens, bien évidemment, une famille plus ou moins nombreuse pourra se faire construire un logement plus grand qu’un couple, car elle aura besoin de plus d’espace pour que les enfants s’épanouissent, éventuellement avec chacun sa chambre (mais c’est un choix) ou avec une salle commune de jeu. Pour ce genre d’aspects, ce sont des commissions locales qui définissent, selon des critères pré-établis par la Commune, la surface du bâti et celle du terrain, en fonction des besoins des habitants ainsi que des possibilités et choix de développement locaux !

• E : Ça paraît logique, mais avec la pénurie des terrains à bâtir, c’est sûrement plus compliqué que ça.

• M : C’est sûr que le foncier a posé un problème, mais les Utopiens ont défini des règles pour assurer un habitat décent à chacun, tout en préservant des espaces vierges pour des constructions ou aménagements futurs. Ce qu’il faut surtout voir, c’est qu’avec les technologies et les nouvelles mentalités, on peut Participer et habiter partout ! Toutes les habitations sont connectées à Internet, soit par des fibres optiques, soit par les prises de courant ou le satellite. En outre, c’est aussi, et surtout, l’aménagement du territoire d’une manière mieux répartie qui a permis de faire en sorte qu’on ne soit plus obligé d’habiter en ville ou à proximité des grands pôles urbains. Aujourd’hui, on peut être Participant en ne mettant que très rarement les pieds dans son entreprise, mais en étant continuellement connecté à elle (durant les heures de Participation, autrement, le monde de l’activité n’est plus aussi intrusif dans la vie privée qu’auparavant) !

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21 janvier 2005 5 21 /01 /janvier /2005 21:20

L'Exploration et la Maîtrise de ses Capacités
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• M : Vers 12 ans, notre petite Olympe va entrer au collège. C’est à partir de là que l’on va lui inculquer la maîtrise de ses capacités pour en faire sa future Participation (même si ici on peut changer de voie professionnelle comme de chemise, après une formation complémentaire). On va apporter à cette jeune adolescente des connaissances en fonction de ses compétences et de ses centres d’intérêts.

• E : Mais c’est une école à plusieurs vitesses ce que tu me montres là ?!

• M : Oui, et alors ? Tu crois que c’est mieux de bourrer le crâne avec des fonctions logarithmiques à une gamine qui voudra faire esthéticienne ? Non seulement ça la dévalorisera car elle se sentira nulle de ne pas comprendre (alors qu’à cet âge là on se sent déjà tellement nul dans son corps, pas la peine d’en rajouter une couche sur la médiocrité de sa tête – déjà boutonneuse, alors si en plus elle est remplie d’eau, bonjour l’estime de soi), mais en plus de toute façon c’est le genre de truc qui ne sert à personne dans la vraie vie par la suite. Tu saurais me résoudre une équation à 3 inconnues, là, comme ça ?

• E : Hum, non, à froid pas vraiment. Et même à chaud, je ne suis pas sûre, faudrait que je révise mes cours.

• M : A Utopia, on en a eu marre de toutes ces choses qu’on apprend et qui ne serve qu’à avoir le diplôme, pour pouvoir passer à l’étape supérieure. Ici on valorise plus celui qui comprend et qui sait agir en fonction de ce dont il a besoin, que celui qui sait beaucoup de choses. Il n’y avait qu’à voir avant le nombre de personnes qui savaient des trucs super balaise, mais qui étaient incapables de travailler correctement une fois sortie de la théorie pour rentrer dans les applications concrètes de la pratique.

• E : Beh oui mais bon, tout le monde a été débutant dans sa vie !

• M : Je sais bien, et là n’est pas le problème. Ce que nous cherchons à encourager c’est la polyvalence, à savoir être capable de comprendre un problème, de le résoudre, mais aussi de mettre en œuvre la solution. C’est pour ça qu’on a développé et étendu l’alternance dans tous les domaines éducatifs pour être en phase avec les activités et avoir le temps de se former auprès des écoles (le tout en validant, ou non, si la voie choisie correspond bien ou si il vaut mieux rapidement se réorienter).

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21 janvier 2005 5 21 /01 /janvier /2005 21:19

 

Instruction et Formation Citoyenne
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• M : Après avoir éveillé ses sens et appris à vivre en société, à l'âge de six ans, les petits sont dans la phase du Moi Je, ils se sentent capables. C'est donc vers cet âge là que notre petite … Olympe on va l'appeler, ce sera plus facile (Olympe de Gouges rédigea en septembre 1791 la Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne et réclama le droit de vote pour tout le monde, ce qui se fera en août 1792, mais malheureusement uniquement pour les hommes, les femmes restant politiquement mineures), entre proprement dit dans la phase d'instruction publique et Citoyenne. C'est à partir de son ébauche d'identité et d'animal à présent civilisé, que l'on va pouvoir lui apprendre les rudiments des connaissances qui lui serviront toute sa vie.

• E : Voilà, c'est justement ça qui m'intéresse de savoir : comment vous faîtes et quels savoirs vous dispenser à ces êtres existants, mais en devenir !

• M : On leur enseigne tout d'abord le plaisir de la lecture. On ne copie plus bêtement les livres mais on suit le discours de la maîtresse et on s'amuse pour le comprendre. On fait ça de manière très pédagogique, par le biais de dessins où les mots ou les concepts sont écrits selon la forme ou l'idée qu'ils représentent. Ainsi, on dessine un chat avec les lettres c, h, a et t. Non seulement c'est marrant pour le gamin, mais en plus il visualise le mot et l'écriture qui se rattache au concept, ce qui l'aidera d'autant plus à se souvenir comment écrire ou lire ce mot dans une phrase sans dessin.

• E : Apprendre en s'amusant, y a rien de tel !

• M : C'est bien pour ça qu'on le fait héhé ! C'est ce qu'on appelle les funny activities : apprendre en s'amusant ! L'avantage en plus, c'est que c'est nettement plus facile à expliquer à un enfant qui a du mal à suivre. Un simple dessin vaut souvent mieux que de longs discours sur la façon d'écrire ou de lire un mot. En plus, ça permet de suite de voir si l'enfant à des problèmes de mémorisation ou d'inversion de lettre (si il met le t à la place du c de la tête du chat). Cette technique ne permet bien évidemment que d'enseigner les rudiments des règles orthographiques, mais c'est déjà une base bien solide et suffisamment large. Après, il est d'autant plus facile – que cette base est bien installée – d'appréhender des concepts plus poussés avec des écritures moins logiques ou évidentes (pas comme ça se prononce).

• E : Du coup tout le monde sait lire correctement ? Parce que de notre temps ce n'était pas forcément le cas !

• M : Je sais bien, même au début du IIIè millénaire, il y avait encore 15% de personnes rencontrant de vrais problèmes de compréhension dans la lecture et de rédaction. Ici, on préfère qu'un enfant prenne son temps pour se développer, mais au moins que lorsqu'il passe à une étape supérieure, il a la totalité des acquis nécessaire pour suivre. Ainsi, un enfant qui a des difficultés, recevra des cours complémentaires (en plus des cours qu'il suit avec les autres pour ne pas le pénaliser sur le cursus ni trop le mettre à l'écart de la « normalité ») adaptés à son niveau et à son mode de fonctionnement quant à l'acquisition des savoirs.

• E : Comme du soutien scolaire en fait.

• M : Oui, mais ça va même plus loin que ça. Ici le soutien peut se faire par le biais d'une personne complémentaire directement en cours (qui explique plus simplement, en prenant son temps, à la personne en difficulté ce que l'enseignant apprend aux autres) ou après pour bien ancrer et valider la compréhension des acquis de la journée. Tout le monde est intelligent, à des niveaux plus ou moins poussés et selon l'intérêt que l'on porte à la matière, mais certains comprennent vite même si il faut leur expliquer longtemps !

• E : Hihi, c'est bien dit ça.

• M : Oui, mais c'est tellement vrai ! On s'est rendu compte (comme pour les ouvriers), qu'en l'absence de pression sur les résultats on apprend nettement mieux. Certains percutent de suite, d'autres sont plus lents à la détente, mais le résultat est quasi le même au final (sauf que l'un sera plus efficace que l'autre, mais ici cela ne compte pas puisqu'on a le temps – et pas la pression – de réfléchir). L'important c'est que tous les Utopiens aient un minimum social d'éducation, après le temps que ça prend pour l'acquérir est une question subalterne, sans importance. Seule la fin justifie les moyens car tout vient à point pour qui sait attendre !

• E : Quel philosophe tu es mon bel étalon.

• M : Je ne fais que repiquer ce que j'ai lu dans des livres. Je n'ai aucun mérite à cela.

• E : Si si, quand même !

• M : Ok, si tu veux !! En fait, vu que les rythmes scolaires sont plus légers car on a plus de temps à y consacrer, on expérimente d'abord en extérieur, puis on apprend les théories en cours. Tu vois, c'est le même principe pour les mathématiques : tout réside dans la pratique au service de la théorie, et non plus l'inverse. Ainsi, on apprend les additions, soustractions, multiplications et divisions grâce à des jeux avec des pommes. On joue à la dînette (et même les garçons, qui soit dit en passant adorent ça) en prenant plusieurs fois x pommes, puis on calcul le prix en heure de Participation d'une pomme à partir d'une offre de x pommes pour y heures. C'est ludique et ça forme à faire plus tard comme les grands.

• E : Sympa comme façon de procéder.

• M : C'est qu'on en a appris des choses à partir des insatisfactions et résultats de notre mauvais vieux temps. Je ne critique pas, c'est juste qu'à force de baigner toujours dans les mêmes sphères, il est difficile de les réformer. Alors que nous, nous avons tout mis à plat pour repartir d'une base plus saine et pérenne pour créer en gardant le bon d'avant et refaire du neuf efficace à partir des mauvaises méthodes qui n'ont jamais portées leurs fruits. C'est quand même hallucinant qu'avant le Grand Soir on en soit arrivé à tenir des colloques intitulés « Culture scolaire et ennui » (le 14 janvier 2003, le conseil national des programmes a organisé à la Sorbonne ce colloque).

• E : Ben faut dire que c'était plus du bourrage de crâne que de l'éducation. Du coup, bon nombre d'enfants décrochaient sur des matières qui leur semblaient trop pointues alors que quelques années plus tard ils se régalent avec.

• M : Idem tu vois pour les langues étrangères : ça peut être le truc le plus chiant à apprendre comme le plus enthousiasmant, selon comment le savoir est transmis. Ainsi, ici on apprend d'abord à la crèche puis la maternelle l'Esperanto en chantant des chansons pour s'habituer à la prononciation autant qu'en s'amusant à faire l'artiste, puis on apprend véritablement les paroles et ce qu'elles veulent dire (même si l'inconvénient avec de nombreux vieux tubes, c'est qu'on s'aperçoit que même si la musique est bonne, les paroles sonnent … mais creux).

• E : Ma prof d'anglais faisait pareil, je m'étais régalée avec les paroles de la bande annonce de Robin des Bois.

• M : Moi ça m'avait motivé pour traduire toutes les paroles de Queen et je peux te dire que c'était pas du bidon niveau texte (surtout « Show must go on » où Freddie Mercury nous raconte sa fin de vie, qui n'est que la sienne, et que le spectacle et le monde continueront de tourner).

• E : Un grand monsieur ce Freddie, et un sacré fêtard/homme(o) de scène.

• M : Tiens, tu me fais penser qu'à cette âge là (vers 6-8 ans) les filles et les garçons prennent véritablement conscience de leurs Différences (même si rien n'a encore poussé, ils savent déjà qu'ils ne viennent pas tout à fait de la même planète, Vénus pour les uns et Mars pour les autres). Ainsi, il y a une gêne qui s'installe quasi « naturellement » entre les deux sexes, puisque chacun joue dans son coin, sans trop plus se mélanger. C'est là où le sport (qui aurait pu imaginer que je dise ça un jour) et les animations créatrices entrent en jeu pour montrer que les Différences ne sont (à cet âge là du moins) que dans la tête (et pas encore dans le slip ou le t-shirt). Ces deux activités sont mixtes pour prouver, même aux plus sceptiques, que les activités physiques ne sont pas dépendantes du taux de testostérone et que la créativité n'est pas biologiquement la chasse gardée des femmes. Les humains sont bons à tout faire, c'est juste une question de volonté et d'entraînement à l'expression du meilleur de soi.

• E : Entièrement d'accord avec toi, mais pourquoi tu dis qu'il y a une séparation des sexes vers cet âge là ?

• M : Parce que si tu fais une expérience où tu demandes à des enfants de sexes opposés de se rapprocher jusqu'à ce qu'ils jugent que l'espace entre eux devient trop intime, jusqu'à 5 ans les enfants sont presque nez à nez, vers 8 ans, il y a un mètre qui les séparent et à l'adolescence chacun avance très peu vers l'autre (ce qui explique que les filles dansent en boum et que les mecs restent comme des frustrés, scotchés au bar à picoler du champomy et à mâter les filles comme des porcs, quand ce n'est pas se foutre de leur gueule, mais au moins elles elles bougent leur corps). A Utopia, même si cette gêne est « innée » (va faire le distinguo du naturel et du culturel chez l'humain dans ce genre de chose), on fait tout pour la juguler et faire prendre conscience que nous sommes avons tout tous des êtres appartenants à l'unique race humaine, où certains sont blancs, d'autres noirs ou jaunes, d'aucuns ont un sexe apparent et érectile alors que pour d'autres il est à l'abri des regards (jusqu'à ce que la personne se sente véritablement prête à le montrer [et encore, nombre de femmes sont timides à l'idée d'un cunnilingus, même si elles changent vite d'avis]). D'ailleurs, même si il existe des équipes de sports bisexuelles {dans le sens de mixtes, bande de pervers}, on continue de faire jouer des équipes monosexuelles dans les championnats, mais elles peuvent tomber à tout moment contre une équipe du même type composée du sexe opposé. Et la victoire n'est pas toujours là où les proto-Emancipés l'attendent (et ce, sans rien prendre pour autant) !

• E : C'est clair qu'il y a des filles qui ne sont pas loin des performances masculines (genre les sœurs Williams ou Nathalie Mauresmo) alors que certains mecs sont très loin des résultats féminins (genre la traversée de la Manche à la nage où plus de femmes ont réussies que d'hommes – alors qu'ils sont plus nombreux à l'avoir tentés).

• M : Bien sûr, ça fait partie d'un grand nombre de préjugés qu'il fallait abattre, et des valeurs de Respect à s'approprier. Idem par rapport au Respect que l'on doit à son environnement et à la nourriture qu'on ne gâche pas ou qu'on ne jette pas (même si à présent, et heureusement, il n'y a plus de crèves la faim, mais quand même, c'est une question de principe par rapport aux Participants producteurs d'aliments).

• E : Voila une bonne chose, plus ça s'apprend tôt, mieux c'est retenu.

• M : C'est pour ça aussi qu'on fait en sorte que les enfants travaillent ensemble, échanges des idées, des points de vue, justement pour que le meilleur de l'humain s'exprime et que l'on puisse « corriger » les négligences des règles de bonne conduite en société. Ainsi, toutes les Communes possèdent des Centres de Loisirs Associés à l'Ecole (CLAE) pour vérifier que les gamins fassent bien eux-mêmes les exercices et qu'ils s'entraident, chacun selon son domaine de prédilection. En plus ça permet la Responsabilisation des enfants les uns par rapport aux autres car ils s'apprennent entre eux et font de leur mieux pour que l'autre réussisse. En outre, nous avons également des CLSH (Centres aérés) pour que les parents se retrouvent en tant que couple pendant que la petite joue avec ses copains/copines.
       
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21 janvier 2005 5 21 /01 /janvier /2005 21:18

 

Faire de l'humain un animal civilisé
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• M : Donc vers deux ans les enfants vont à la crèche. Parce qu'ils ont besoin de survivre dans ce nouveau monde, dès cet âge là, ils posent beaucoup de questions pour comprendre dans quel environnement ils évoluent et surtout comment s'y adapter. Ils ont donc à la crèche à leur disposition tout et tous ce qu'il leur faut pour s'éveiller, s'épanouir et se développer sereinement en s'amusant, découvrant les plaisirs des sens en jouant à faire la cuisine, en peignant (plutôt gribouillant, mais l'important est de créer, pas de faire du beau [et qu'est-ce que le beau puisque tout est relatif à chacun, un collier de nouille est une œuvre magnifique d'autant plus qu'elle vient du cœur]), en produisant des sons avec toutes sortes d'instruments classiques ou rigolos fait de récup'. Au passage, on détecte les retards ou troubles du développement pour intervenir le plus rapidement possible et donc limiter autant que faire se peut les conséquences à venir. Ensuite, la mission de ces lieux autant d'accueil que d'éducation à la vie en société, est de favoriser l'affirmation et la compréhension des Individus (même si ce sont des enfants, ils n'en restent pas moins des Individus et des Citoyens à part entière) tout en canalisant (sans pour autant brimer, là est toute la difficulté) leur énergie pour ne pas indisposer voire nuire à autrui. On essaye d'inculquer la gestion, plutôt que la maîtrise (demandant un travail sur la durée), des pulsions. On fait se qu'on peut pour calmer le vice et développer/protéger la vertu.

• E : C'est pas de l'embrigadement ton truc ? Ça me fait penser un peu aux jeunesses totalitaires.

• M : N'importe quoi toi, même si je comprends ton appréhension, vu le siècle manipulateur des esprits duquel nous venons. Mais ne t'inquiètes pas pour les Jeunesses Utopiennes ! Même si du passé Utopia a fait table rase, les habitants ont tout de même bien su tirer les leçons de cet insupportable passé (que l'on rejette mais que l'on n'oublie pas). Les crèches sont pourvues de professionnels en nombre suffisant et les parents viennent régulièrement prendre l'ambiance même si ils Participent directement lors des réunions à l'élaboration du projet pédagogique (certains d'ailleurs s'occupent également d'enfants, mais jamais des leurs, souci de mixité éducative oblige).

• E : Alors comme ça c'est cool !

• M : Oui, mais tu sais, même si les crèches ne sont pas là pour remplacer le rôle éducatif des parents (surtout pas, chacun à sa place et les mômes seront bien « gardés »), elles ont quand même comme prérogative de « recadrer » les enfants tant qu'il en est encore temps en leur disant pourquoi ce qu'il font est bien et les encouragent mais surtout en expliquant ce qui ne va pas (plutôt que de fermer les yeux ou pire de disputer sans justifier la réprimande). On leur fait comprendre très jeune qu'ils ne doivent pas faire à autrui ce qu'ils n'aimeraient pas qu'on leur fasse, mais qu'au contraire ils peuvent (si ils veulent, rien n'est obligatoire) faire à l'autre (bien sûr si il est d'accord de plein gré et que ça ne nuise pas à sa dignité) ce qu'ils aimeraient qu'on leur fasse.

• E : Vous avez trouvé la bonne proportion entre le Respect de l'Individualité des parents dans leur façon d'éduquer leur enfant, tout en ne perdant pas de vue le nécessaire « lissage » pour faire en sorte que le jeune Citoyen soit intégrable socialement mais en préservant sa personnalité propre.

• M : Bien sûr, contrairement aux despotiques communistes, nous ne voulons pas de clones, bien au contraire, nous voulons des gens différents qui nourriront la Diversité de demain et des débats plus étoffés. Si tout le monde est pareil, tous sorti du même moule, la vie en société devient fade et terne (même si on peut aussi dire : soit différent, … comme tout le monde).

• E : A ça c'est sûr, mais ça complique aussi d'autant plus la chose pour se mettre d'accord.

• M : Certes, mais très souvent il y a plus de choses qui nous rapprochent qu'elles ne nous éloignent !

• E : J'adhère à ce point de vue.

• M : Bon alors je continue. Pour rester dans ce registre de création/consolidation des bases de l'humain civilisé (période de deux à cinq ans), la crèche et l'école maternelle servent également à rapprocher les sexes. Bien sûr, on ne demande pas aux filles de jouer aux gendarmettes et aux voleuses, ni aux garçons de jouer à la marelle ou au sauté à la corde, mais on favorise au maximum les activités et la création de petits groupes mixtes. Même si les enfants ne sont pas encore clairement conscients de leurs différences (même si ils voient bien que les filles font pipi assises et les garçons debout), il n'en reste pas moins que nous inculquons dès ce jeune âge le Respect de la Différence de l'autre, notamment sexuée. De fait, chacun est conscient de l'inégalité des sexes, mais apprend très vite aussi que pour autant les filles ne sont pas nécessairement nulles en football et que les garçons peuvent être très bons en danse.

• E : Ah, enfin la prise en note de capacités différentes mais de possibilités identiques !

• M : Euh, oui mais encore, développe le fond de ta pensée !

• E : C'est juste que les filles ont biologiquement moins de masse musculaire (car moins de testostérone, même si elles en ont quand même), mais que certaines peuvent pour autant arriver, à force de persévérance, quasiment au même niveau que des garçons.

• M : Ok, dans ce sens là, je suis tout à fait d'accord. D'ailleurs, pour info, on considère souvent que les femmes sont plus aptes à l'effort sur la longueur, alors que les hommes sont plus efficaces sur des efforts « courts » : le sexe « faible » est marathonien, le sexe « fort » est sprinter (on voit bien ici que ces notions de sexe faible ou fort ne veulent absolument rien dire, tout dépend quel est l'activité et le type d'effort).

• E : D'autant plus qu'avec un bon entraînement presque tout le monde peut arriver à des performances élevées.

• M : Tout à fait, car même si chacun a un patrimoine génétique différent et plus ou moins « bien doté », tout le monde a des capacités insoupçonnées, qui ne demandent qu'à s'exprimer ! Ainsi, grâce à cette mixité à tous les étages, les garçons et les filles se Respectent d'avantage, ce qui prépare à une vie sociale et éventuellement conjugale plus équilibrée et Egalitaire (même si il n'y aura jamais qu'une fille pour bien connaître une fille et vice-versa [leitmotiv communautariste des homosexuels)]. On apprend ainsi très tôt aux garçons qu'on ne frappe jamais une fille, même pas avec une rose, ce qui atténue les violences conjugales ; on moralise également les futurs mâles sur le statut de la femme, qui après des millénaires ne doit plus être considérée comme un objet à assouvir ses « caprices » sexuels !

• E : Ça fait plaisir à entendre, de voir que vous prenez autant au sérieux le rôle et la place de la femme dans Utopia.

• M : C'est la moindre des choses, elles représentent un peu plus de la moitié de la population mondiale (même si il naît plus de garçons, mais leur mortalité – conduites à risques et pas que au volant – est plus élevée). Mais d'ailleurs, on considère avec autant de Respect et d'Egalité les personnes handicapées. Si notre petit a un handicap, on fait en sorte qu'il puisse Participer le plus normalement possible aux cours. Ça permet aux autres élèves d'apprendre à Respecter les Différences et à comprendre que tout le monde n'a pas la chance (car c'en est une) d'avoir un organisme fonctionnant correctement (même si aucun corps n'est parfait, il n'y aurait pas d'évolution possible sans erreur génétique) et ça rassure l'enfant de pouvoir rencontrer les autres et de se former avec ceux de son âge. Dans le cas où le handicap est lourd, on réunit plusieurs enfants connaissant ce type de problèmes et on leur donne des enseignements adaptés ou juste des activités créatrices et récréatives si ils sont vraiment trop lourdement atteints.

• E : Bonne initiative ! C'est vrai qu'avant, on avait plutôt tendance à les cacher.

• M : C'est bien malheureux. Mais aujourd'hui on reconnaît tous les Individus, quels qu'ils soient et quels que soient leurs capacités, apparence, ou personnalité. Tout le monde à Droit au Respect de son Individualité, car pour une bonne partie elle est subie.

• E : ?

• M : Bin oui, c'est toi qui as choisi la couleur de ta peau ? ta taille et ton apparence ? tes qualités et défauts ? Non, c'est le hasard de la génétique et de tes premiers moments dans ce monde qui t'ont forgé ! Alors c'est facile de s'en prendre à des « imperfections » (la perfection n'existe pas, tout est relatif je vous l'ai déjà dit x fois) mais quand on n'y peut rien, on doit faire avec (même si certaines sont améliorables) et les autres n'ont pas à se moquer, car tout le monde est concerné par les défauts de conception. Ne serait-ce que toi, comme beaucoup de femmes, tu dois avoir un sein un peu plus gros que l'autre.

• E : Peut-être, je ne sais pas en tout cas, car ça se voit pas. Par contre je sais, que tous les visages ne sont pas symétriques.

• M : Exact. Et pour ma part, pour info, j'ai un testicule qui n'est pas à sa place dans les bourses. Comme tous les garçons, mes testicules ont fait une migration du bas ventre (là où se situe chez une femme les ovaires, versions non-testostéronnés des usines à spermatozoïdes) vers le scrotum, mais un testicule s'est arrêté en chemin.

• E : A bon ? J'ai rien vu, et pourtant j'étais prêt, j'avais le nez (la langue plutôt) dessus.

• M : Nombres de défauts ne se voient pas, mais physiquement et psychologiquement ils sont bien présent et se rappellent à nous.

• E : Et si tu revenais à notre petit et à son apprentissage scolaire ?

• M : Mais bien sûr, j'y arrive de suite ! Juste pour finir sur cette notion de Différence, c'est également à la crèche et encore plus à la maternelle, que tous les petits Utopiens apprennent à parler Esperanto. D'une parce que c'est le meilleur moment pour apprendre une langue étrangère car le cerveau est alors capable d'ingérer beaucoup d'informations, de s'en souvenir sans se mélanger les pinceaux. Les enfants n'ont pas de complexe à parler une autre langue : ils apprennent en entendant parler. Mais encore plus parce que ça fait partie de la connaissance des autres et ça permet de se rendre compte que tout le monde est Différent, non seulement physiquement, mais également concernant sa langue d'expression. Ainsi, chaque enfant est conscient qu'il est une infime partie (mais tout de même importante) d'un grand ensemble multi-ethnique/culturel/linguistique, le tout regrouper dans l'unique concept d'Humanité !

• E : Du coup, vous avez reconstruit la tour de Babel !

• M : En quelques sortes oui, car tous les humains peuvent désormais facilement se comprendre via une langue internationale aisément compréhensible et apprivoisable (à contrario du français et de ses complexités grammaticales et ses innombrables exceptions qui confirment la règle).

• E : Mais les gamins parlent Esperanto/anglais avant de savoir écrire ?

• M : Oui, mais ce n'est pas gênant. On leur apprend juste que chat se dit cat (presque comme en allemand katz) en leur faisant comprendre en même temps que bon nombre de langues d'écoulent des mêmes racines. Ensuite, ils apprennent à lire et à écrire. Mais tu sais, c'est aussi à cet âge là qu'on donne des cours de philosophie sur les grands concepts de la vie.

• E : Oh ?!?

• M : Si si !!! Comme je te le disais auparavant, les gamins sont dans une phase où ils ont besoin de comprendre le monde qui les entoure et pour lequel ils doivent s'adapter pour y évoluer le plus sereinement possible. Ainsi, on Débat avec eux de grandes questions telles que la Liberté, la place des humains sur Terre et dans l'Univers, le sens de la vie et donc de la mort, la quête de soi et du Bonheur, j'en passe et des meilleurs.

• E : Mais vous leur mettez la tête à l'envers avec ce genre de masturbation de l'esprit !

• M : Pas du tout ! Figures toi qu'ils sont très demandeurs, car enfin on prend le temps de discuter sérieusement, et surtout de les écouter, sur des sujets complexes qui ne peuvent se traiter à l'emporte-pièce.

• E : Oui, en ça c'est vrai qu'au bout de quelques minutes, les questions étant si perchées mais dans le sens de poussées, que très souvent on baisse les bras devant tant de curiosité bien placée à laquelle on a du mal à répondre et on dit : tu comprendras quand tu seras grand !

• M : Et très souvent ils restent bloqués sur certains thèmes car personne n'a su leur expliquer de façon compréhensible des questions fondamentales que peu de gens maîtrisent. Pour autant, on ne donne pas de vérités absolues, mais on favorise le questionnement comme en psychologie.

• E : Comment ça ?

• M : Beh oui, quand tu vas voir un psychologue, ce n'est pas lui qui te dit comment tu dois penser et évoluer, mais il te pose des questions qui te font réfléchir, ce qui t'amènes à te poser d'autres questions, jusqu'à ce que tu ais fait le cheminement suffisamment loin pour trouver les solutions, et d'autres par la suite, par toi-même. Un psy ne fait jamais que poser les bonnes questions pour qu'on trouve personnellement les bonnes réponses. Là, on fait venir des spécialistes pédagogues pour répondre aux questions et faire réfléchir par eux-mêmes les enfants. De fait, ils développent leur sens critique et réflexif, sans attendre de papa ou maman des réponses toutes faites mais qui sont souvent à côté de la plaque, loin du vrai sens du questionnement. Et en plus ça prépare à l'Instruction, à la phase d'apprentissage des connaissances.
       
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21 janvier 2005 5 21 /01 /janvier /2005 21:17

13 - Utopia, je crois que ça va être possible
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• Esperanta : Maintenant que j'ai vu comment le Grand Soir avait débouché en l'espace d'un an sur une civilisation complètement différente, j'aimerai bien que tu me montres concrètement comment fonctionne Utopia aujourd'hui, avec 50 ans d'expériences qui feront toujours la différence.


• Moa : Avec grand plaisir ! Si ça te branche, je peux te présenter ça de manière didactique en prenant l'exemple d'une vie qui se crée et qui évolue dans ce nouveau monde.


• E : Ouais carrément !


• M : Bon. Alors il était une fois deux personnes qui, à la recherche de charmante compagnie, s'étaient équipées en accessoire de leur carte personnelle d'un dispositif de détection de complémentarité.

• E : Vas-y !, c'est quoi encore ce truc ?

• M : En fait, chacun a donc sa carte personnelle avec son site perso (où on renseigne ses expériences professionnelles, ses capacités et ses envies par rapport à la Participation) et a ensuite la possibilité d'y ajouter tout ce dont il a envie, en précisant qui peut accéder à ces données annexes. En plus de ça, tu peux y greffer un accessoire qui permet de communiquer, selon des critères de partage d'informations clairement définis par le possesseur, ton profil à une autre personne répondant à tes desideratas.

• E : C'est une bonne solution pour court-circuiter l'individualisme pesant qui faisait que les gens se voyaient mais ne se rencontraient pas.

• M : Oui, enfin ça le problème s'est réglé assez rapidement puisque les gens ont compris qu'il ne fallait pas avoir peur des autres. Même si cela n'a pas été si facile pour les proto-Emancipés car depuis leur plus tendre enfance on leur avait bourré le crâne en disant qu'il ne fallait pas parler aux étrangers et aux gens qu'il ne connaissait pas. Aujourd'hui on applique plutôt la règle de la confiance par défaut, sans pour autant oublier toute prudence non plus !

• E : C'est vrai qu'à notre époque beaucoup de personnes étaient comme des zombies où il fallait batailler ferme pour attirer leur attention ou leur arracher un sourire ou de l'aide.

• M : Et oui, c'était le mauvais vieux temps. Pour reprendre le cours de mon histoire, les dispositifs de ces deux personnes signalent discrètement à chacune d'entre elles que l'autre peut potentiellement l'intéresser. L'une d'elle fait alors la démarche de rentrer en contact avec l'autre. Ils boivent un verre, rigolent, discutent sérieusement en échangeant leurs points de vue, se content Fleurette [prénom d'une jeune fille rencontré par Henri IV lors d'un tournoi de tir à l'arc : à court de cible d'orange, le duc de Guise se saisit d'une rose qui brillait au sein d'une des jeunes filles qui assistait au spectacle, et la met en lieu et place de l'orange manquante. Le duc tire le premier, rate la fleur, mais la flèche d'Henri, qui lui succède, atteint son but. Henriot se saisit alors galamment de la fleur par la flèche qui lui sert de tige, et court la rendre à la jolie villageoise, sans la détacher : c'est le coup de foudre ! {dérivé par la suite en anglais sous le mot de flirt}). Bref, ils craquent l'un pour l'autre.

• E : Ah c'est beau l'Amour !

• M : Oui, enfin ne t'emballes non plus, là c'est juste qu'ils se sont mutuellement tapés dans l'œil, ça ne veut pas dire de suite qu'ils vont passer dix ans ensemble. A Utopia, même en Amour (voire encore plus), on prend les choses comme elles viennent pour éviter de se faire du mal en faisant des plans sur la comète.

• E : C'est bien joli tout ça, mais c'est plus facile à dire qu'à faire !

• M : Mais je n'ai pas dit que c'était évident. J'ai juste dit que chacun fait ce qu'il peut pour rester le plus lucide sur les relations avec les autres et attend de voir venir avant de se prononcer. On prend du bon temps et le reste viendra après ou ne viendra pas.

• E : OK. Donc la suite maestro !

• M : Ben je ne vais pas te faire un dessin ! Tu imagines bien ce que peuvent faire deux personnes consentantes qui s'apprécient : elles font du sexe (voire l'amour s'il y a quelque chose de spécial qui passe entre ces deux êtres). Par la suite, soit elles reprennent chacune leur pérégrination, soit elles font un bout de chemin de vie ensemble. Dans ce cas, si elles souhaitent construire un projet à deux et créer de la vie (pas pour elles, pour renforcer leur « union », mais pour donner les meilleures chances à un petit d'humain), ces personnes fusionnent leurs êtres génétiquement parlant. Si il s'agit de personnes du même sexe, elles peuvent faire appel à une banque du sperme pour des lesbiennes ou à une mère porteuse pour les homoandrosexuels (homosexuel étant pour deux êtres du même sexe, homoandrosexuel signifiant « personne du même sexe qui a des relations sexuelles avec des hommes » car les femmes sont « naturellement » androsexuelles).

• E : Quoi ??? A la limite pour des femmes je peux éventuellement comprendre qu'une se fasse inséminer (même si ça doit pas être évident pour la maigre qui regarde les rondeurs et sautes d'humeurs de sa copine l'engrossée) puisqu'elles ont naturellement l'instinct maternel. Mais deux hommes ?! Beurk, ça me dégoûte !

• M : Chacun son opinion, mais chacun fait ce qu'il veut également !!!

• E : Ouais mais là c'est abusé : déjà s'est honteux qu'une femme loue son ventre et en plus les hommes ne sont pas capables d'élever correctement un gamin !

• M : Ce qu'il ne faut pas entendre ! Tu t'es vu quand t'es réac ?!?! Déjà, vu qu'il n'y a plus d'argent, les femmes qui prêtent leur corps le font par Solidarité pour des homoandrosexuels qu'elles savent sérieux et compétents pour éduquer convenablement un enfant, pour aucune autre raison ! Ensuite, il ne faut pas oublier les expériences de l'Histoire. A l'époque, beaucoup de femmes mourraient de fausse couche ou suite à l'accouchement. A part quelques hommes qui pouvaient se payer des domestiques (donc si ils avaient de l'argent, souvent la femme était très bien suivie et rare étaient les accidents de ce type), les autres devaient assumer leur paternité en travaillant dur pour nourrir leur famille puis s'occuper d'elle le soir venu.

• E : Mouais peut-être au temps du Moyen-Age, mais c'était difficilement envisageable à une époque plus proche.

• M : Bien sûr que non ! Même si trop peu d'hommes avaient la garde de leur enfant (alors que la mère n'est pas automatiquement une bonne éducatrice/protectrice, loin s'en faut, et ce chez tous les autres animaux aussi), il n'était pas rare d'en voir devenir complètement papa-coq/poule devant les beautés d'une petite vie si fragile qui a besoin et compte sur le père (biologique ou non, là n'est pas le problème, seul importe celui qui éduque). Et pour finir là-dessus, malheureusement trop de couples ou d'individus hétéros étant naturellement procréateurs, se montrèrent de mauvais parents en passant leurs nerfs sur leurs enfants ou en les torturant psychologiquement !

• E : D'accord, autant pour moi ! T'es chiant à la longue, t'as toujours raison et moi tort !

• M : Ce n'est pas du tout ça, c'est juste que tu es victime de ton époque et que cette remise à niveau Emancipatrice des complexes judéo-c(h)rétino-musulmans (chez les grecs et autres cultures la pédophilie – aimer les enfants et pas forcément pédosexualité – était une étape obligatoire pour intégrer socialement un homme en devenir) n'est pas instantanée. Et d'abord il faut qu'elle soit voulue, donc c'est en argumentant que je te convaincrais, ou pas. Je ne fais pas de prosélytisme/propagande pour Utopia, mon seul but étant de t'expliquer comment nous percevons les choses, après chacun en fait ce qu'il veut.

• E : Ceci étant dit, alors ça me va ! Je t'en prie, continue ta narration.

• M : Une fois la graine semée, la femme et son/sa compagn(on) participe à des réunions sur le déroulement de la grossesse et partage avec d'autres personnes dans la même situation ses questions, craintes et joies. Jusqu'à l'accouchement, les rencontres se multiplient pour préparer la mère et son/sa partenaire à leur futur rôle de parent (biologique ou non). A partir de la venue au monde, l'enfant et ses tuteurs se rendent régulièrement auprès d'établissements d'accompagnement à la parenté où l'on explique les choses à faire et à ne pas faire, les aspects du développement sur lesquels il faut être attentif ainsi que les différents types de structures pouvant être utiles aux parents et à l'enfant. Durant les deux premières années, les parents peuvent bénéficier de réductions horaires de Participation, d'un congé parental complet pour l'un ou alternativement pour les deux.

• E : Ça c'est une bonne idée, parce que c'est vrai qu'un enfant à besoin souvent de ses parents dans les premières années de vie pour se rassurer dans ce monde nouveau et terrifiant pour un pitchoune.

• M : Et c'est important que les deux parents puissent s'occuper pleinement et sereinement de l'enfant, ce qui n'est pas toujours le cas quand on Participe alors qu'on a salement dormi la veille parce que le gamin fait ses dents ou mange toute les trois heures et ne connaît pas la nuit de sommeil réparatrice.

• E : En plus, vu qu'il n'y a plus d'argent, chaque gamin peut profiter de toutes les opportunités qu'offre Utopia, sans retenue, et avoir tous les jouets qu'il veut.

• M : Bien sûr que oui, ce qui est très bon aussi pour son développement car il peut être (et on fait tout pour) stimulé sensoriellement de pleins de façons différentes. D'ailleurs, mais c'est au Libre choix de chacun, on peut assez vite inscrire son enfant dans une crèche (sans plus aucun problème de places, le bien-être des petits étant la priorité d'Utopia pour assurer sa pérennité et son évolution) où il partagera avec d'autres pitchounes ses émotions et apprendra à vivre en société, avec les possibilités et contraintes que cela suppose.

• E : Ça ne peut que faire du bien à tout le monde, vu qu'à deux ans, les enfants rentrent dans l'âge de la confrontation et du test des limites avec les parents. Si ils sont avec d'autres petits et des gens extérieurs, ils comprendront d'autant plus vite que parents et autres humains sont relativement identiques sur pas mal de points et que les règles de vie en Collectivité ne sont pas là pour embêter mais faire en sorte que tout le monde y trouve son compte et s'épanouisse pleinement, en restant en phase avec les autres.

• M : Tout à fait. En somme, on canalise les énergies pour que chacun puisse s'exprimer et vivre sa vie sereinement, tout en n'oubliant jamais qu'on n'est pas seul sur Terre (ni dans l'univers) et donc qu'on ne peut pas faire tout et n'importe quoi selon son bon vouloir.

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21 janvier 2005 5 21 /01 /janvier /2005 21:05

Planète en ruine, nombreux travaux à effectuer
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• M : Après les réformes politico-économico-sociales, le Respect de Dame Nature fut le principal enjeu d’après Grand Soir. Les gens s’asphyxiant littéralement dans les villes, autant que la pollution industrielle et agricole gangrenaient l’environnement extra-urbain et rural.

• E : Surtout que les états avaient un comportement contradictoire : d'un côté, ils proclamaient que l'efficacité énergétique était une bonne solution à la fois pour l'environnement et pour l'économie ; de l'autre, aucun d'entre eux ne voulait ouvrir la voie et s'engager sérieusement.

• M : Et nous devions réagir vite, avant que la Terre ne soit définitivement trop amochée, alors qu’elle était déjà dans un sale, très sale, état. Surtout, la circulation thermohaline risquait d’être fortement perturbée, ce qui aurait de graves conséquences.

• E : C’est quoi ça, cette circulation machin ?

• M : La circulation thermohaline comment ça marche ? Et bien c’est très simple : tous les océans sont parcourus par un gigantesque courant général. Ce « tapis roulant » démarre près du Labrador, où plongent les eaux froides. Elles sont ensuite entraînées vers l'Antarctique et gagnent l'océan Indien et le Pacifique sud, où elles se réchauffent. Elles refont alors le chemin inverse en surface jusqu'à la mer du Labrador. L'ensemble du processus s'effectue en mille ans. Le Gulf Stream se divise en deux flux de retour. Le premier — qui circule dans le sens des aiguilles d'une montre — est constitué d'un courant de surface chaud, qui descend vers les côtes de l'Afrique de l'Ouest pour revenir ensuite vers l'Amérique centrale. Le second monte vers l'Atlantique nord, s'y refroidit et, ayant ainsi acquis une densité supérieure, plonge pour se transformer en courant profond. Ces eaux profondes retournent quant à elles à leur point de départ en descendant le long des côtes nord-américaines. Le problème était que la première boucle de retour a gagné en intensité alors que la seconde a considérablement perdu.

• E : C’est sûr que c’est très sensibles et fragiles ces courants naturels !

• M : Surtout qu’on observait depuis longtemps d'importants changements de salinité dans l'Atlantique nord et la difficulté qu'avaient les eaux profondes à se former. Cette réduction de la salinité dans l'Atlantique nord était généralement attribuée à l'augmentation des précipitations, à la réduction globale de la banquise et à la fonte des bords de la calotte de glace du Groenland — autant de facteurs liés au réchauffement. Moins salée, l'eau est moins dense : elle tend donc à demeurer en surface et à être moins remplacée par les eaux tièdes provenant du golfe du Mexique. Les implications de ces observations étaient considérables. Les relevés paléoclimatiques montraient que les températures de l'hémisphère Nord pouvaient s'effondrer de plus de 10 ºC en quelques décennies et que ces changements abrupts étaient intimement liés à des interruptions de la circulation océanique.

• E : Ah, mais ce ralentissement pouvait-il contrecarrer, en Europe occidentale, le réchauffement de l'atmosphère ?

• M : C’aurait été la vision « optimiste » de la situation. Une autre approche serait de penser que cela ne changera pas grand-chose à court et moyen terme, mais qu'un refroidissement important de l'hémisphère Nord pourrait survenir au siècle prochain. C’est l’effet de « surprise climatique ». Et puisque la température terrestre moyenne augmente inexorablement, un tel scénario impliquerait un très fort réchauffement de l'hémisphère Sud. Alors que les solutions pour éviter le changement climatique existaient. Il restait « juste » à trouver les responsables politiques qui voulaient, de par le monde, les mettre en œuvre.

• E : D’autant plus que la variété des mesures et des procédés alternatifs était très large. Aucun ne pouvait à lui seul résoudre le problème mais leur conjugaison pouvait le permettre, à condition qu'existe une volonté politique. Elle n'était pas ou peu présente. La preuve, dans la quasi totalité des pays développés, les émissions de gaz à effet de serre augmentaient inexorablement au lieu de décroître.

• M : C’est bien pour ça que parmi nos premières mesures, nous avons favorisé l’industrialisation des biocarburants, chose que l’état ne pouvait faire, à cause de ses pieds et poings liés avec les anciens camarades d’HEC ou de Polytechnique qui bossaient chez Total-Fina-Elf et qui donnaient plein de valises sous la table. Comme d’habitude, on a pris le contre-pied des anciennes façons d’agir et de gouverner, on a mis au placard les gens avec les mains tâchées de pétrole, et on a encouragé la production en masse de végétaux à forte teneur oléagineuse. Les avantages furent multiples : les agriculteurs faisaient à nouveau partis d’un vaste projet de société (et même de civilisation à ce niveau là), ils remplacèrent le maïs grand consommateur d’eau en été par des plantes moins gourmandes et plus productives, on économisa de l’argent en achetant beaucoup moins de pétrole à l’étranger (ce qui tombait bien vu qu’on avait moins de devises), et surtout on allait respirer mieux. On fit de même avec les surplus de vin que l’on n’arrivait plus à écouler, en le transformant en éthanol (les Brésiliens roulaient déjà pour beaucoup au « rhum », dans la voiture j’entends). En parallèle à ça, on a manié l’arme fiscale avec dextérité. Elle a permit d'encourager les procédés favorables et de pénaliser les produits trop consommateurs d'énergie comme les gros 4*4 qui ne servent à rien en ville, sinon à se garer comme une merde et à polluer à fond en consommant 15 l/100km.

• E : C’est sûr que c’est dans l’intérêt de tout le monde, sauf bien évidemment des multinationales du pétrole et de tout le système de France-Afrique basé sur les ressources pétrolières (et naturelles au sens large) de notre ancien continent colonie.

• M : Oui, mais dans le même registre, on a fait pareil avec le gaz (notamment algérien) et même l’uranium. On a lancé de vastes programmes pour que le bois redevienne la source d'énergie qu’il a toujours été. Ça a permis de développer à nouveau toute une filière bois qui était aux abois depuis longtemps et d’assainir nos forêts en coupant les vieux arbres malades et en en plantant de nouveaux pour assurer la pérennité des importantes surfaces boisées françaises. Poussières étaient ces arbres, cendres ils retournèrent. Les ressources de la biomasse étaient énormes, et peu coûteuses. La capacité des arbres à absorber le carbone en fait une arme précieuse pour limiter la quantité de CO2 dans l'atmosphère. La conservation de la nature était aussi un enjeu essentiel du changement climatique. Non seulement, on a évité la déforestation (ce qui est un moyen de limiter les émissions de gaz à effet de serre), mais en plus on a lancé de grosses opérations de reboisements.

• E : D’accord, c’est déjà très bien d’avoir fait tout ça, mais est-ce que ça a suffit à vous désintoxiquer du pétrole, qui était partout ?

• M : Pour réussir à ne plus être pétrolo-dépendant, il a bien sûr était nécessaire de rechercher l'efficacité énergétique partout où l’on pouvait. L'idée de base est qu'on peut fabriquer un même produit ou offrir un même service en consommant moins d'énergie. L'objectif peut être posé au niveau global en cherchant à diminuer l' « intensité énergétique » d'un pays, c'est-à-dire la consommation d'énergie requise par unité de produit intérieur brut (PIB). Cela passe par l'amélioration des processus de production, l'évolution des véhicules ou encore l'adoption de règles sur les logements imposant un niveau élevé d'isolation. En Allemagne par exemple, des bâtiments « à énergie positive », c'est-à-dire produisant davantage d'énergie qu'ils n'en consomment, étaient déjà construits.

• E : C’est logique : si on veut consommer moins de ressources énergétiques, il faut les économiser et améliorer leur rendement.

• M : C’est bien pour ça qu’on a beaucoup travaillé sur les maisons, grandes consommatrices d’énergie et qui en perdaient beaucoup trop aussi. A présent, on peut construire son « home sweet home » en bois, en chanvre (très bon isolant phonique et thermique, pas cher et produit sans pesticides), et le concevoir plus en phase avec l'environnement extérieur. On a aussi des maisons en bottes de paille agricole, qui ne sont pas des lubies nouvelles puisque beaucoup d’anciennes demeures paysannes étaient construites ainsi (du moins en torchis, ce qui est pareil), en utilisant les restes de paille dont le bétail ne voulait pas, et en le mélangeant à de la boue que l’on trouve partout (climatisation naturelle avec régulation de température). Les premières ont été construites aux Etats-Unis en 1875, lorsque les botteleuses mécaniques sont apparues. En France, la plus ancienne a été construite à Montargis en 1921. Elle est toujours en parfait état, et décline les avantages de ce matériau naturel, piégé dans des structures de bois, sous un crépi de chaux et de sable : isolant deux fois mieux que les briques alvéolaires, pour un coût sept à huit fois plus faible, il stocke du CO2 tout en redynamisant une filière agricole bio. Seul inconvénient, en ville, l'épaisseur des murs, contrainte par la dimension des bottes de paille.

• E : Ouais, mais ça devait être limité non ? C’est surtout des amateurs de bio, des « auto constructeurs », ou de bobos à la recherche de maisons d'architecte qui devaient habiter ce genre de logement.

• M : L'habitat écologique était à la mode, comme le prouvait l'ouverture de salons qui lui était consacré. Non, les demandes venaient aussi d'acteurs publics soucieux d'économies d'énergie et de protection de l'environnement. On a fait construire deux résidences locatives en paille au tarif HLM. Mais, évidemment comme d’habitude, la France était en retard par rapport à ses voisins, Allemagne et Suisse notamment, où l'habitat est deux à quatre fois moins énergivore. Pour autant, on assistait depuis la fin des années 1990 à la rencontre entre deux mondes, celui des autoconstructeurs, adeptes des techniques traditionnelles, et celui des bioclimaticiens, qui ne se soucient pas forcément d'utiliser des matériaux écologiques. Monomur en terre cuite, solaire thermique, récupération des eaux de pluie, peintures sans solvant, etc., permettent ces performances pour un surcoût modeste. C'est de la qualité environnementale raisonnée, qui ne vise pas à satisfaire les militants : le chanvre est trois fois plus cher que la laine de roche. Mais, comme partout, plus il y aura de demande, moins ce sera cher ! D’autant plus que le chanvre a été déclaré matériau d’avenir pour le IIIè millénaire car il permet de construire ces maisons écologistes, autant qu’il permet la construction de carrosserie de voiture et alimente ces automobiles en tant que biocarburant !

• E : C’est trop de la balle le flower power, et pas que pour les neurones héhé !

• M : Mais y a pas que ça dans la vie. Aujourd’hui, on favorise l'habitat autonome, capable de tirer profit du soleil, du vent et de la pluie, de traiter ses propres déchets. Surtout, le Peuple ayant pris le pouvoir, les grands « donneurs d’ordre », tels que l'Office public d'aménagement et de construction (OPAC), ont signé une charte du développement durable. On a fixé à l'OPAC des objectifs concrets : développer les énergies alternatives (10 000 m2 de panneaux solaires thermiques, deux éoliennes, pile à combustible), réduire de 5 % les émissions de CO2 et la consommation d'eau, diminuer de 30 % la consommation énergétique des constructions neuves. De toutes façons, même dans l’autre monde, il était prévu qu’à compter du 1er septembre 2006, toutes les habitations neuves devaient être dotées d'un conduit à fumées permettant le raccordement d'un foyer à bois ou à biomasse. Le bâtiment (habitat + tertiaire) produisait 19 % des gaz à effet de serre émis par le pays. La maison écolo avait donc de beaux jours devant elle.

• E : De toute façon, quoi que l’on fasse, il fallait faire quelque chose pour sauver la planète, tout en préservant un maximum de confort pour les humains !

• M : Exactement, ensuite on a également modifié les modes de production de l'électricité. Les énergies nouvelles, éoliennes, solaires et géothermiques (on utilise la chaleur naturelle du sous-sol pour réchauffer de l’eau qui repart ensuite dans les tuyaux puis retourne au sein de notre Mère la Terre pour se recharger en chaleur), étaient beaucoup plus avancées et approchaient progressivement du stade de la rentabilité, d'autant plus avec la hausse du prix du pétrole. Grâce à tout ça, on a gardé nos télés et notre confort moderne, tout en préservant notre si belle planète bleue pour la léguer dans un état pas trop pitoyable à nos enfants qui l’auront eux aussi en héritage pour nos petits-enfants !!!

• E : Ouah, que de bonne idées !

• M : Oui, c’est sûr, mais dans ce domaine comme dans tous les autres, nous avons aussi mené une vraie réflexion Collective constructive. Si tôt cette primo Constitution votée et mise en œuvre, nous avons envoyé des émissaires ambassadeurs aux quatre coins du monde, non seulement pour rassurer que nous n’allions pas propager nos idéaux par la force comme le fit Napo en son temps (seules nos capacités et nos résultats parleraient pour notre « modèle »), mais aussi et surtout pour s’informer de ce qui se fait ailleurs (la France n’ayant pas le monopole ni de l’innovation – ça c’est sûr – ni de l’évolution concertée – encore moins).

• E : Bien que tout ne soit jamais directement transposable en l’état !

• M : Bien évidemment puisque nous sommes tous Différents. Mais tous les exemples et contre-exemples sont bons à prendre, à charge ensuite au Peuple de choisir ce qu’il souhaite garder, adapter, améliorer, en fonction des résultats obtenus à droite et à gauche.

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21 janvier 2005 5 21 /01 /janvier /2005 21:04

Société de l'information et la communication
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• M : Un énorme travail fut ensuite entrepris pour donner un grand coup dans la termitière des chiens de garde, les médias à la solde des pouvoirs tant politique que économique (TF1 cumulant les deux, car ils sont en plus des bétonneurs, donc très proche des politiques en matière de dessous par très propres de table).

• E : Tu fais bien d’en parler ! En tant que fille de pub, je trouvais justement que la télé était complaisante envers les dominants et avait la dent (autant que la désinformation) dure envers les petits qui défendent leurs Droits comme ils le peuvent, avec leurs peu de moyens pour se faire entendre si ce n’est par le tube cathodique (mais qui déforme beaucoup la réalité pour la faire entrer de force dans des moules plus attractifs voire racoleurs ou menteurs si besoin est).

• M : Tu m’étonnes. Le cas le plus flagrant est bien évidemment TF1, la chaîne que Chirac a offert en 1986 pour quelques milliards de francs symboliques à son grand pote bétonneur Francis Bouygues (Hachette était aussi en course, normal pour un spécialiste des publications, mais le groupe Bouygues ne négligea aucun détail pour faire valoir le bien fondé et la solidité de sa candidature, préparée comme s'il s'agissait d'un appel d'offres pour obtenir un chantier de construction et en faisant alterner relations personnelles de sympathie avec les membres de la CNCL et menaces de recours auprès du Conseil d'État). Le choix de la chaîne à privatiser, demeura longtemps incertain, et ce fut Édouard Balladur qui trancha en faveur de TF1, alors que le ministre de la Culture s'était prononcé pour FR3 (mais une télé nationale pour faire sa propagande c’est quand mieux). Après un long et tumultueux marathon parlementaire contre le texte, la création de la CNCL (Commission Nationale de la Communication et des Libertés, ancêtre de la CNIL) fut votée, mais sa naissance était assombrie par les nombreuses remises en cause du texte. Mais l'indépendance de l'autorité de tutelle était bridée par la loi, son pouvoir était en réalité ambigu et limité dans les faits. La loi de 1986 apparue vite comme une tentative de libéralisation maladroite et trop rapide.

• E : C’est sûr que du coup, la « moindre » des choses de la part de TF1 était de faire élire son candidat en 1995 et 2002, en jouant à fond sur l’insécurité, comme savent si bien le faire les journaux poujadistes du 13h de Pernaut qui fleurent mauvais le purin des paysans et les arrière-boutiques défraîchies des petits commerçants, ou les reportages terrifiants de Droit de savoir.

• M : Clair et net, d’ailleurs pleins de gens, qui habitaient la campagne où il ne se passait jamais rien chez eux, avaient d’un coup peur que les loubards viennent leur voler leur pauvre C15 ou leur vieille télé pourrie (c’est le mieux qu’il y avait à prendre chez ces tordus qui croyaient encore tout ce que l’on disait à la télévision). L’époque où la police parlait au journal de 20h n’était pas très loin (allusion à un poster de Mai 68).

• E : Vous avez fait quoi alors pour démuseler les chiens de garde ?

• M : On a fait comme dans les autres domaines : on a viré les dirigeants et on les a remplacé par des jeunes stagiaires durant un mois pour inculquer une nouvelle dimension à la télévision qui restait bloquée sur des concepts d’avant Internet ou pire sur des programmes divertissants/abrutissants exclusivement définis pour détendre le téléspectateur, lui faire oublier la dure réalité de travailleur acharné et le faire saliver d’envie sur des biens de con-sommations qu’il ne pourra pas acheter ou dont il n’a pas besoin. Les petits jeunes, enfin multiethniques pour une vraie télé en couleur (et pas juste en blanc et blanc), avaient pleins de bonnes idées à proposer, et cette fois c’était bien à l’utilisateur final (le téléspectateur) de juger, et non plus à des « spécialistes » qui ont tellement le nez dans leur merde qu’ils considèrent que tout ce qui ne vient pas d’eux ne marchera jamais (alors qu’il y a foison de contre-exemples).

• E : Les enfants de la télévision c’est clairement nous. La petite lucarne nous a bercée, nous a éduqué, émerveillé, fait peur, cultivé, et c’est grâce à ses abus de langage marketing/communication qu’elle a formé notre sens très critique.

• M : L’avantage en plus en prenant des petits jeunes, c’est qu’ils n’étaient pas encore complètement formatés par le système télévisuel psychorigide. Du coup, la créativité foisonnait et des résultats surprenants (en « bon » et « moins bon ») virent le jour.

• E : Du genre ?

• M : Par exemple, il y eut nettement plus d’émissions avec une vraie interactivité avec les téléspectateurs/internautes. Les animateurs de débats ou ceux qui interrogeaient des spécialistes n’étaient plus alors que des supports pour poser des questions plus que judicieuses aux invités, interventions qui auraient été jugé politiquement incorrect avant le Grand Soir par
les « professionnels qui étaient censés savoir ce qui nous intéresserait ».

• E : Enfin il n’y avait plus de place pour la langue de bois. Petite, j’aimais bien les débats politique, mais en grandissant j’ai vite compris que les invités ne répondaient jamais aux questions qu’on leur posait (alors qu’elles étaient loin d’être « dérangeantes », les journalistes tenant à garder de bonnes relations avec les puissants pour faciliter leur avancement). Souvent, une question précise était posée, les politiciens voulaient préciser le contexte de la question (chose pas si mal en soi), mais ils en profitaient vite pour s’éloigner du sujet ou de la « polémique » pour glorifier leur action, pas évidente à mener car ils avaient hérité d’une gestion catastrophique de la part de leurs prédécesseurs. Ils venaient de noyer le poisson, mais le journaliste ne relançait pas sur la véritable interrogation, il se contentait de rebondir sur les nouvelles affirmations de l’invité, en profitant pour présenter l’action de ce dernier sous un jour favorable.

• M : Que veux-tu, Georges Marchais a fait des petits. Les journalistes venaient avec leurs questions, lui venait avec ses réponses, mais au moins il précisait d’entrée de jeu ses conditions (comme pour tout communiste qui se respecte, il ne peut y avoir de Liberté de poser de vraies questions : silence, on tourne la page !). Pour ces gens-là, l’information est la partie ingrate de leur fonction, ils préfèrent le met de choix qu’est la propagande. Mais nous avons utilisé ces armes de communication massive pour mettre le feu chez les pyromanes, en faisant exploser le paf (paysage audiovisuel français) à la TNT.

• E : Vas-y, racontes moi concrètement ce que vous avez fait ! Avec toutes les chaînes de merde qu’on avait (encore plus avec la Télévision Numérique Terrestre), il y avait moyen de faire des trucs bien, et pour tous les goûts.

• M : Exactement, en fait on a utilisé les chaînes existantes en adaptant les angles de vues et la typologie des émissions à la segmentation de toutes ces chaînes. Evidemment, France3 nous permettait de relayer les informations des régions, avec la mise en place d’émissions interrégionales plutôt que nationales. Toutes les bonnes expériences (et les moins réussies, tout autant, voire plus, formatrices) testées dans différentes régions avaient leur boîte de résonance/raisonnance au niveau national. La chaîne devenait à nouveau une vraie chaîne de proximité, autant qu’elle remontait les informations intéressantes pour en faire bénéficier d’autres régions. Arte eut pour rôle de développer des théories Emancipatrices en Coopération avec nos sœurs et frères Allemands, alors que France5 nous montrait des documentaires sur leurs applications pratiques. France Ô nous racontait la vie dans les îles et les solutions alternatives mises en place par rapport à leurs spécificités territoriales. Quant à France2 (comme dans tout l’édifice France Télévision), on y a fait le grand ménage du printemps rouge (enfin Noir, de l’Anarchie, pour être plus exact) ! Les gens en avaient marre et ne comprenaient pas pourquoi ils payaient une redevance télévisuelle pour avoir autant de publicité et de sponsoring d’émission que les chaînes privées. Surtout que la qualité des programmes n’allait pas forcément de soi. Donc on a bien évidemment viré tous ces animateurs-producteurs qui se goinfraient financièrement aux frais du « redevanciable », et qui en plus faisaient (eux aussi, comme tant d’autres, trop d’autres) des émissions racoleuses et insultantes pour la masse populaire (dans son expression la plus noble). On a programmé à la place de vraies émissions d’investigation (à la Complément d’enquête ou Envoyé Spécial, mais ancienne mouture, celle avec des enquêtes de fond, pas de remise en forme physico-psychologique). Puis on a développé des programmes plus décalés, propres à la réflexion autant qu’à la satire juste pour rire (même si dans toute caricature, il y a un fond de vérité et donc d’interrogation possible pour moins prêter le flan à la critique).

• E : Et TF1 et M6 ? Vous leur avez laissé la prérogative de lobotomiser les gens ?

• M : Bien sûr que non. Même si c’était des chaînes privées (uniquement par la volonté des politiques), on ne pouvait courir aucun risque, car on savait que la contre-révolution passerait forcément par elles. N’oublions jamais la phrase de Le Lay (il porte bien son nom le boss de TF1) qui disait qu’il ne faisait pas de télévision pour informer et encore moins éduquer les gens, mais plutôt pour vendre à Coca-Cola du temps de cerveau humain disponible. Pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit perméable. Les émissions pourries de TF1 avaient pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Selon lui, rien n’est plus difficile que d’obtenir cette disponibilité (quand on nous matraque de grosses dobes, c’est certain, la zappette s’active vite). C’est là que se trouve le changement permanent. Il faut chercher en permanence les programmes qui marchent, suivre les modes, surfer sur les tendances, dans un contexte où l’information s’accélère, se multiplie et se banalise. Encore un expert qui n’a rien compris à l’humain, puisque tout le monde vous dira que plus il y a de pubs à la con pour des produits qu’on ne peut ou ne veut pas acheter, plus les pauses pipi sont longues.

• E : Et comment vous avez raccourci ces pauses toilette ? Parce que ça devait pas être évident de faire changer complètement TF1 de culture d’entreprise !

• M : C’est clair qu’il y a eu des réticences, pour ne pas dire plus. Mais la télévision c’est nous, les téléspectateurs, même chez TF1 où ce sont les annonceurs qui font la pluie et le beau temps (pas Evelyne Dheliat). Donc, nous leur avons assigné la mission de divertir les Citoyens, mais cette fois de manière éducative et progressiste, mais surtout Respectueuse des intelligences Citoyennes. On disait toujours que TF1 faisait de la merde et que les gens regardaient, mais les gens prenaient ce qu’on leur donnait et quand on était fatigué d’une grosse journée, le bigdil détendait bien. Maintenant que les journées sont moins harassantes, les cerveaux sont plus disponibles et filtrent d’autant mieux la merde télévisuelle. Et surtout, on a fait très fort, en utilisant le projet de Chaîne Internationale d’Information à la Française, comprenant TF1 et France Télévision, pour diffuser dans le monde entier le concept de Révolution Permanente post Grand Soir. Les autres pays nous ont jugé toujours aussi décalé, mais leur Peuple ne nous regardait pas de la même manière. Enfin la France était redevenue ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : le pays des Droits de l’Humain !!!

• E : Effectivement, bien joué, chapeau bas ! Mais côté déconne, j’espère que Canal+ est restée la chaîne décalée qu’elle a toujours été ! Parce que nous étions tous les enfants de Les Nuls, des Guignols, de Groland, de +Clair (Daphné tu y étais si belle), de Carl Zéro (quoi qu’on puisse penser de l’émission et surtout de l’animateur, ses journalistes faisaient un vrai boulot), des Simpsons et de SouthPark. C’est en parti eux qui ont crée notre génération de blasés alterconsommateurs critiques et méfiants face aux courants dominants.

• M : Bien sûr, pourquoi voudrais tu que ça ait changé ? Au contraire, on a encouragé ce terreau propre à la croissance des idées différentes et pas forcément mauvaises (comme non automatiquement bonnes d’ailleurs). Dans le même registre, concernant la TNT, on a redonné un coup de Révolte à Nouvelle Radio Jeune, qui était né de la reconnaissance des radios Libres par Mitterrand (au moins une chose de bien que ce socialiste de droite aura fait dans sa vie), puis s’était embourgeoisée (comme beaucoup) dans le conformisme publicitaire.

• E : En parlant des radios, quels sorts vous leur avez réservé ? Parce qu’elles se cherchaient et tellement, qu’elles repassaient toujours les mêmes chansons, des mêmes artistes (ou de branleurs sortis de nulle part, qu’ils y retournent vite d’ailleurs), et les thèmes des émissions étaient toujours axés sur le sexe ou des sujets tellement bouillant que les interlocuteurs ne pouvaient en parler sérieusement, coupés par des animateurs à la Franz-Olivier Giesbert qui massacrent les interventions intelligentes des invités par des relances à la con.

• M : D’entrée de jeu on s’est concentré sur elles, car elles sont diffusées un peu partout, dans les voitures des gens, à leur boulot comme dans les lieux publics, pour détendre autant qu’informer les Citoyens. Ainsi, on a enfin ouvert la voie des ondes à de vrais artistes, à qui les programmeurs (encore des gens qui savent ce qui est bon pour nos oreilles) reprochaient avant de ne pas être assez dans la tendance (ou sinon complètement noyés dans le moule), et c’est bien ce que l’on recherchait après le Grand Soir. Nous étions à la recherche de nouveaux talents (plutôt que de stars) qui nous feraient découvrir des sons jamais entendus (et pour cause), en vue de nous ouvrir à de nouvelles perceptions sensitives et perspectives créatrices. Ensuite, on a multiplié les émissions de débats avec des spécialistes, et les auditeurs qui peuvent intervenir en direct. Dans le prolongement des ateliers de discussion et autres tables rondes.

• E : C’est bizarre, tu m’as pas encore parlé de la place d’Internet dans tout ça ?

• M : Normal, il y a tellement de choses à dire. Pour faire simple par rapport à Internet, on a complètement ouvert les tuyaux ! Ceux qui voulaient télécharger des œuvres créatrices pour se cultiver ou se détendre payèrent une très modique redevance, comme pour la télévision et la radio publique. Cette somme allait ensuite, enfin, directement aux créateurs et plus à ces charlatans modernes que sont les distributeurs des majors musicales qui nous abreuvaient de dobes sonores et s’engraissaient aux dépens de leurs artistes.

• E : C’est déjà une très bonne chose, mais Internet ne sert pas que à pomper du son !

• M : Bien sûr, mais c’est pour dire que nous avons donné toute son envergure à ce média qui permet véritablement l’information et le divertissement on demand. Ça aussi ce fut un grand projet d’après Grand Soir : développer les sources et canaux d’expression Citoyenne par le biais du réseau pour que tout un chacun puisse être un média à part entière ou au moins un vecteur de ces nouveaux supports d’information. Quiconque possédait une caméra et un micro pouvait alors diffuser ses émissions on line, ajoutant de nouvelles sources créatives et réflexives.

• E : Moi qui bossait dans le milieu de la communication multimédia, je peux te le confirmer : il ne sert à rien d’avoir de bonnes idées si personne ne peut s’en informer et qu’elles restent dans un cercle restreint où l’on prêche souvent des convaincus.

• M : C’est bien pour ça qu’on a fait fonctionner le réseau à fond pour brasser les idées et les confronter auprès d’un public le plus large possible. Au-delà de ça, chose qui était déjà entamée mais qui devait se développer encore davantage, nous avons vraiment virtualisé l’administration en mettant en place des guichets ouverts 24h sur 24, 7 jours sur 7, ainsi qu’en mettant en ligne une profusion de sites informatifs, de portails vers des plateformes d’échanges d’information ou de besoins/offres.

• E : Bref, vous avez connecté les Peuples !

• M : Je ne l’aurai pas mieux résumé ! Internet était un support aussi important que le train et le téléphone à leur époque, qui eux aussi ont modifié en profondeur les rapports humains autant que sociaux, puisque les gens et les informations circulaient dès lors soit par la voie ferrée soit par les fils de cuivre, en court-circuitant les organes d’information traditionnels. Les connaissances étaient physiquement ou oralement proches des gens, ils n’étaient donc plus obligés de prendre pour argent comptant la presse à la solde des puissants !

• E : Avec Internet on combine un peu les deux aspects (sans bien sûr avoir la présence physique) puisqu’on peut se parler en direct (tchat), tout en échangeant instantanément des informations et des fichiers, sans attendre que le facteur sonne trois fois. Vous pouviez dès lors communiquer et partager/travailler avec la planète entière, sans bouger de son fauteuil devant l’ordinateur. Ce qui permet aussi au final d’économiser autant en frais de déplacement (et donc en temps) qu’en particules polluantes !

• M : Là aussi nous avons fait les efforts tant attendus que l’état traînassait à faire, pour nous l’aménagement du territoire, ce n’était pas de bons mots jetés en l’air. De toute façon, vu comme le pays se concentrait autour des grandes villes et délaissait les campagnes, au risque de voir s’asphyxier jusqu’à la mort les deux, nous nous devions de concrètement donner les mêmes infrastructures (en fonction des besoins évidemment) à l’ensemble des populations.

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21 janvier 2005 5 21 /01 /janvier /2005 21:03

De l'Instruction, autant que de l'Education
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• M : Et ce qu’il faut surtout noter, c’est que sans véritable Education Personnelle et Citoyenne, tout ceci n’aurait pas été aussi pérenne. Bien sûr, juste après le Grand Soir, tout le monde n’est pas devenu comme par magie un Citoyen Responsable. Au départ, il a fallu montrer que nous n’étions pas des « sauvages » qui allions brûler l’ancienne société pour mieux reconstruire sur ses cendres fumantes. Il y aurait bien évidemment des changements radicaux, mais sans esprit de vengeance de classe : Utopia devait se construire sur les enseignements des expériences du passé, en Révolutionnant de fond en comble les infra et superstructures, mais en préservant les forces vives de la nation.

• E : C’est vrai que depuis plus de dix millénaires (depuis l’avènement de l’agriculture) que les Peuples étaient soumis aux dogmes de l’état et de l’argent, il fallait élaborer de nouveaux schémas de pensée, non plus basés sur la supériorité hiérarchique ou financière, mais sur le Respect des Différences de l’Autre dans l’Egalité des Droits et Devoirs.

• M : Certes, mais finalement cela s’est fait sans trop de difficultés car les Citoyens n’aspiraient qu’à ça : la Reconnaissance et le Respect dans la Liberté, l’Egalité et la Fraternité. Ce que l’état leur promettait depuis la soi-disant « grande » Révolution de 1789 et qu’il n’arrivait (ou ne voulait) pas à concrétiser (depuis plus de 200 ans, et ce malgré les évolutions économico-sociales), l’Anarchie l’a fait en deux trois coups de cuillère à pot.

• E : Mais concrètement, comment et qu’est ce que vous avez fait ?

• M : La première chose fut d’analyser le contenu des débats des Ateliers de Discussion du lendemain du Grand Soir, puis d’en faire une synthèse. Celle-ci servit à la population pour lancer de nouveaux débats de réflexion, mais surtout aussi à comprendre les attentes et les mentalités des autres Citoyens. Ceci permit à toute la France de mieux cerner les différentes tendances qui l’a compose, et de se positionner par rapport à celles-ci (sans pour autant vouloir rentrer dans des cases prédéfinies, mais plutôt pour voir ce qui se dit ailleurs et ce que l’on en pense ici).

• E : Et après ?

• M : Ensuite, on a organisé des actions de sensibilisation pour faire évoluer les mentalités et transmettre toutes les valeurs humanistes de la primo Constitution. Les universités organisèrent des journées réflexives sur comment s’Emanciper moralement : par de la philosophie individualiste pas trop perchée, de la sociologie pour comprendre les phénomènes de civilisation et des collectivités, de l’éthique et du droit appliqués pour préparer la Justice Populaire en respectant les valeurs des autres (ni meilleures, ni pires : Différentes). Et ensuite, les gens jouèrent comme des gamins, s’exprimant artistiquement (après avoir refait le monde ça fait du bien) et se (re) découvrant des talents d’expression corporelle ou culturelle.

• E : Cool !

• M : Mais tu sais, de toute façon, à part quelques rafraîchissements mémoriels concernant l’Education Civique (la nouvelle, basée sur la Démocratie Participative), les gens savaient exactement quoi faire et comment. C’est en cela que le communisme était une traîtrise absolue, car Marx estimait que les gens étaient cons (ce qui pouvait être éventuellement vrai en terme de politique, en tant que gestion de la Cité, mais pas en tant qu’idées sur l’avenir) et qu’il fallait donc leur imposer par la dictature du « Prolétariat » (plutôt des chefs, petits bourgeois pour beaucoup) l’avènement d’une société nouvelle. Certes, il faut toujours se méfier des réactions en chaîne de la masse (car ce que ferait 1000 fois 1 individu peut être très différent de ce que ferait 1 fois 1000 individus, phénomène de groupe oblige), mais il ne faut pas non plus y voir un ennemi (sinon c’est reconnaître que sans autorité point de salut, alors que dans de nombreux domaines cela fonctionne à merveille – et même que cela ne marcherait plus si il y avait un quelconque chef : du désordre naît l’ordre, alors que de l’ordre naît le désordre). Globalement, les Citoyens étaient responsables (tout comme ils l’étaient avant le Grand Soir, il n’y avait pas de raison que cela change), et dans les cas contraires, la médiation fit rapidement rentrer les choses dans l’ « ordre » (disons plutôt la sérénité).

• E : Mais j’imagine que ça n’a pas été facile de faire évoluer les vieux de la veille !

• M : C’est vrai que ça n’a pas toujours été ni évident ni une partie de plaisir. Mais beaucoup voyaient que les gens étaient plus heureux ainsi et de fait la vie quotidienne paraissait plus enthousiasmante même si on allait aussi loin qu’avant dans la gestion des tâches, mais le cœur léger. Pour ceux qui étaient trop dépassés et qu’on n’arriverait pas à updater, on a viré ces dirigeants et on les a remplacés par des jeunes stagiaires durant un mois pour inculquer une nouvelle dimension. Ils connaissaient aussi bien la théorie (voire même mieux car l’expérience vous fait oublier les bases pour vous concentrer sur la pratique intuitive), mais n’étaient ni sclérosés par le système précédemment en place, ni induits en erreur par des conceptions passéistes largement remises en question depuis.

• E : Vous avez utilisé la fine fleur de l’enseignement pour faire bouger les choses ! La jeunesse est clairement le moteur de l’évolution et de l’innovation, d’autant plus dans ce cadre post-Révolutionnaire !

• M : Oui, parce que souvent, en sortant de l’école, on voit que tout ce qu’on nous a appris à ne pas faire est largement répandu dans l’entreprise ou autre. Alors que ces petits jeunes avaient de très bonnes bases et avaient déjà fait assez de stages sous/non payés pour savoir comment fonctionne ce petit monde et encore plus comment l’améliorer pour qu’il tourne mieux.

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21 janvier 2005 5 21 /01 /janvier /2005 21:02

Du travail ... et donc de l'argent
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• E : Bien sûr, depuis le début du XXè siècle, on a cherché à faire baisser le nombre d’heures travaillées. Mais qu’est ce qui a fait qu’Utopia aille aussi loin ?

• M : C’est l’accumulation d’un ras-le-bol général envers la pression de la rentabilité et de la productivité, et les frustrations engendrées par la loi sur les 35 heures. Si les patrons avaient voulus décrédibilisés la réduction du temps de travail, ils n’auraient pas mieux fait qu’avec l’usine à gaz socialiste.

• E : Je me rappelle effectivement que les ouvriers et les cadres étaient pressés comme des olives pour huiler la machine à dividende actionnarial sans avoir de contrepartie si ce n’est la préservation de leur emploi.

• M : Et en plus, c’était à eux de payer la « bancalité » de la loi des 35 heures. Les patrons étaient mécontents de cette loi (et il faut dire à leur décharge que c’était vraiment mal organisé et qui plus est rigide comme une merde dure), donc ils décidèrent de jouer avec la règle : le temps est réduit hebdomadairement, qu’à cela ne tienne, nous allons annualiser les horaires pour les flexibiliser et en plus on vous fuck en gelant les salaires.

• E : Du coup il y avait des périodes de grand coup de bourre à raison de 12 heures par jour, et des périodes de chômage.

• M : Oui, sauf que lorsque les petites gens ont vu, à force, comment elles étaient jetées comme des mouchoirs après s’être données corps et âme pour « sauver » l’entreprise, soi-disant en péril grave du fait de la concurrence et des conditions esclavagistes des autres pays, la grogne fut sévère et elle ne s’achèterait pas à coup de quelques bonbons sucrés (ils prenaient déjà des bonbons anxiolytiques et anti-dépresseurs pour supporter le rythme et le stress du boulot).

• E : C’est toujours le même chantage : soit vous acceptez des modes de travail pénibles et peu valorisés, soit … il y a plein de monde, ici ou ailleurs, qui attend pour travailler à votre place.

• M : Exactement, depuis 1936 et la semaine de 40 heures et 2 semaines de congés payés, les patrons nous ont toujours fait croire que tout progrès social engendrait de facto des catastrophes économiques (alors que ce sont les patrons anglais qui instaurèrent au début du XXè siècle la réduction du temps de travail, car les machines humaines étaient plus efficaces après un bref repos, plus que bien mérité). Alors qu’il n’en est jamais rien, ni la France ni la Terre ne se sont arrêtées de tourner ! Du coup, la première mesure d’Utopia fut que tout le monde travaille 30 heures, pas une de plus, et de fait il fallait que plus de gens travaillent pour assurer la continuité de production et de service.

• E : Vous avez concrètement réalisé l’objectif final de la loi sur les 35 heures : tout le monde bosse moins, mais du coup plus de monde bosse !?

• M : Exactement. Le seul problème, mais de taille, qui avait bloqué l’application concrète de la loi, c’était que du travail, ce n’est pas ce qu’il manquait, c’est « juste » qu’il n’y avait pas l’argent pour payer ces prestations (ou plutôt qu’on ne voulait pas réduire les marges bénéficiaires ou réorganiser pour plus d’efficacité). Utopia ayant rognée sur les budgets de l’état (et surtout l’armée, deuxième budget, juste après celui de l’Education Nationale, quoique sous la droite il passait régulièrement devant, qui se gavait aux frais de la princesse populaire), l’argent pu être mieux redistribué. On relança également l’économie, déjà en baissant les taxes sur le travail (mais en augmentant en contrepartie celles sur le travail mort, le capital), mais surtout en augmentant massivement le SMIC (Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance : donc comme son nom l’indique, pour que le pouvoir d’achat croît, il fallait bien le rehausser), le faisant passer à 1 500 € nets par mois.

• E : C’est un truc que j’ai jamais compris ça : c’est dans l’intérêt du capitalisme qu’il y ait plus de gens qui puissent consommer. Donc autant monter un peu les salaires, comme ça il y aura plus d’acheteurs et donc au final plus de richesses produites.

• M : Exactement, mais c’est le même type de problème qui s’est posé sur les retraites, où on voulait remettre les vieux au travail (comme si ils n’avaient pas déjà assez trimé sur 40 ans). En 2003, concernant l’histoire des retraites qui coûtaient trop chères, donc il fallait bosser plus et plus longtemps pour avoir un plus gros capital retraite, c’était un énorme mensonge par omission. Ce que les journalistes n’ont pas dit (« normal », ils font leur métier de chiens de garde en [dés] ou sous-informant) c’est que la richesse dégagée (profit pour les actionnaires, après impôts et coûts fixes) s’est envolée depuis les Trente Glorieuses (1946-1973) par rapport aux salaires (donc aux cotisations retraites). Toute la valeur ajoutée produit en plus par le biais de la robotisation et de l’amélioration des rendements humains (sous-traitance, organisations, management, ressources humaines et autres apports des sciences « sociales ») servit à l’augmentation de la masse du capital (investissements futurs pour plus, toujours plus de retours financiers, de rentes) et à l’accroissement du magot des dividendes pour les actionnaires (idem pour les petits patrons), et non à l’augmentation des salaires.

• E : C’est vrai que l’on disait toujours que les Français étaient des feignasses, qu’il n’y avait qu’eux pour penser à travailler moins alors que la concurrence internationale était féroce ; mais on omettait souvent aussi de dire que la France avait une des productivités les plus élevées d’Europe.

• M : Très juste, ce fut d’ailleurs un élément déclenchant dans le processus intellectuel. Peu avant le Grand Soir, quelques pays (tels l’Allemagne) qui avaient également baissé leur temps de travail, plièrent sous la pression des multinationales : soit les usines repassaient à 40 heures par semaine sans augmentation de salaire, soit elles seraient déménagée vers des pays où on laisse exploiter les pauvres par les riches pour le bien de la sacro-sainte croissance (et ces pays candidats n’attendaient que ça à l’Est, ils en avaient grand besoin d’ailleurs). Nos politiques fustigeaient (poussés en cela par le Medef, la secte des grands patrons) notre attitude anti-croissance, en nous assénant l’exemple américain où l’on travaille 50 heures par semaine. Certes les USA sont un pays riche, mais, comme souvent, cela se répartit par une classe aisée très aisée mais peu nombreuse, une classe moyenne médiane en tous aspects, une surreprésentée basse classe qui vivote et la multitude des personnes qui survivent, dans ce soi-disant « rêve américain ».

• E : C’est clair et net que les States étaient d’énormes producteurs de richesse, mais pas si nombreux étaient ceux qui en savouraient les fruits.

• M : C’était exactement notre contre-modèle, l’ « exemple » à ne surtout pas suivre, l’épouvantail à Progrès et encore plus à Emancipation. Nous, ce que nous voulions, c’était sortir du cercle vicieux qui veut que la (sur) consommation engendre la croissance et donc l’emploi. Sauf que le passé nous avait montré depuis 1929 que ce n’était pas aussi simpliste. Car lorsque tout le monde est équipé de tel produit, que les marchés extérieurs ne peuvent (ou ne veulent) écouler notre stock, cette surproduction (ou suroffre) ne correspondant à aucune demande (on ne crée jamais de besoins, à la limite on les révèle) doit être écoulée à tout prix. C’est bien ce que l’on vit dans les dernières années de l’autre système, le dogmatique : certains marchés étant saturés ou monopolisés par des puissants, nombres de petites entreprises durent limiter la production, souvent en faisant de la haute qualité (facteur de forte valeur ajoutée et donc de marge élevées) ou alors en diminuant drastiquement leur masse salariale, celle-ci étant surtaxée, en automatisant ou « rationalisant ».

• E : De toute façon des pays comme la Chine (manufacture du monde), les Indes (sous-traitance de services), le Brésil (grenier à grains), bref les zones à forte croissance de développement (Amériques du Sud et Asie), montaient en puissance sur les marchés internationaux.

• M : Tout à fait, les vieux pays européens se désindustrialisaient massivement (exception notable faite des productions à forte valeur ajoutée où nous avions encore un savoir-faire spécifique et qualitatif), et même les services se délocalisaient vers nos anciennes colonies (qui maîtrisent nos langues aussi bien que nous et qui se sont éduqués suivant nos systèmes et nous ont rattrapés). En somme, nous étions déjà à la veille du Grand Soir dans une situation de rupture économique. Les nouvelles technologies aidant, toute la structure de production et de distribution s’en vit profondément modifiée. Les clients pouvaient ainsi passer commande directement auprès des producteurs. Cela eu pour effet de montrer l’accumulation d’intermédiaires inutiles (comme en politique) entre celui qui produit (même des lois) et l’utilisateur final.

• E : Cool : vous avez alors enfin court-circuités ces nuisibles de distributeurs qui ne font qu’augmenter au maximum leurs marges de vente au détriment du prix d’achat des producteurs ?

• M : Ouaip Dame ! Déjà aux premiers jours d’Utopia, il fut décidé que tout se traiterait directement avec ceux qui produisent (entreprises, coopératives, indépendants), les distributeurs étant considérés comme des métiers non-prioritaires. Ainsi, les producteurs virent enfin leur niveau de vie augmenter, tirant véritablement profits de leurs terres ou de leurs coopératives. Auparavant, ils déversaient des légumes par tonne devant les représentations de l’état, alors que pleins de gens crevaient de faim, pensant naïvement que ce (très cher) état (censé protéger les Citoyens et encore plus les faibles face aux forts) allait les aider à se battre contre les méchantes centrales d’achat qui négociaient comme des hyènes pour avoir des produits moins chers qu’ils ne coûtent à produire, afin de pouvoir faire une marge énorme auprès des clients (qui continuaient de penser que les légumes étaient vraiment trop chers, mais qu’au-delà des supermarchés il n’y avait point de salut – du moins il ne restait presque plus que ce type de « boutique »).

• E : Et vous avez fait quoi des distributeurs ?

• M : On a gardé ceux qui avaient une réelle utilité de conseil, ceux qui faisaient une simple interface de distribution sur tout le pays entre le producteur et le consommateur (les grossistes étant fusionnés avec les vendeurs au détail) en les engageant à Respecter des prix minimaux d’achat pour les producteurs et maximaux de vente pour les clients.

• E : Ça c’est bien, au moins les producteurs couvrent leurs frais et vivent un peu mieux, et les clients ne payent pas la différence puisque c’est la juste réparation du vol organisé depuis une éternité par tous ces distributeurs en col blanc qui pressaient les prix en amont pour mieux les dilater en aval auprès des clients.

• M : Oui, c’était la fin du double bénéfice. Ensuite, les personnes rendues inactives par la fermeture ou la réorganisation des distributeurs, furent employées auprès des producteurs pratiquant la vente directe (en explosion depuis la chute des distributeurs et des contrats d’exclusivité) pour les accompagner dans la logistique d’acheminement des produits, organisèrent et participèrent à des Cahiers de Doléances auprès des consommateurs pour connaître les besoins réels et non marketing / mercatiques afin de redéfinir les structures de production et de nouveaux systèmes de distribution et de logistique. Les autres mirent leurs compétences au service de coopératives, de secteurs prioritaires ou se consacrèrent à des projets de développement.

• E : Du coup, il y avait moins de distributeurs (en tout cas plus de nuisibles intermédiaires ni de centrales d’achat toutes puissantes) et plus de personnes disponibles pour se rendre vraiment utiles ?

• M : Et oui, nombres de distributeurs et de centrales furent remplacés par des marchés genre Rungis (en plus petit bien sûr) pour les Régions et Communautés de Communes, les Communes se servant directement auprès de ces points de ravitaillement. Ensuite, les besoins impératifs manquant de ressources et de mains d’œuvre furent pourvus, selon les envies et capacités de chaque personne rendue inactive.

• E : Et les anciens chômeurs, ceux d’avant Grand Soir, dans tout ça ?

• M : Bien naturellement, ils furent les premiers (et prioritaires d’ailleurs) à retrouver une activité. En effet, ils se mobilisèrent en masse le lendemain du Grand Soir car, l’oisiveté étant mère de tous les vices, ces Citoyens (auparavant de seconde zone) s’ « empressèrent » de Participer à ce grand projet où ils pourraient exprimer leurs talents, sans avoir de chef à la con qui les jugent sans arrêt sur leur motivation, celle-ci étant bien réelle car portée par un exceptionnel sentiment d’appartenance à un Grand Renouveau. Nombre de chômeurs se laissaient vivre en bénéficiant des allocations, préférant se serrer la ceinture en consommant moins (mais mieux) plutôt que de retourner dans la dure réalité du monde économique, sans foi ni loi si ce ne sont celles des propriétaires de capitaux. Avec le Grand Soir ils retrouvaient leur dignité (le travail ne leur étant plus refusé) et ainsi donc leur ardeur pour montrer qu’ils avaient deux bras et un cerveau comme tout le monde. Ils entendaient bien prouver qu’ils savaient s’en servir pour le bien de cette nouvelle civilisation. Auparavant, ils étaient recalés car trop vieux, pas assez instruits, peu expérimentés ; aujourd’hui ils se devaient (et le désiraient profondément) de Participer, à raison de leurs capacités et compétences, sans pour autant négliger leurs envies.

• E : Et vous les avez « occupés » comment ?

• M : En fait, ça faisait une éternité qu’il y avait pas mal de prestations qui n’étaient pas effectuées, car elles coûtaient trop chères, n’étaient pas prioritaires (dans le sens jugées importantes par les grands pontes), ou il n’y avait pas assez d’effectif pour s’en occuper correctement par rapport à l’ampleur de la tâche. Il en allait ainsi de l’assistance sociale (moins d’acteurs sociaux que de flics au centimètre carré), de la santé (manque de personnel soignant par monopolisation administrative), de l’éducation (classe surchargée et trop peu d’activités Emancipatrices), de l’environnement (dépollution et entretien des espaces verts et naturels), de l’aménagement du territoire (routes, connexions internet, transports, …), ou encore de la culture (institutionnalisée et chère). Donc on utilisa la main d’œuvre des chômeurs et des inactifs pour développer tous ces pôles pourtant importants mais laissés en friche faute d’argent, mais surtout de réelle volonté politico-économique.

• E : Vous avez fait du social en somme !

• M : Exactement, mais du social utile. Alors que l’état jetait négligemment chaque mois quelques sous aux chômeurs (façon d’acheter la Paix sociale à défaut de fournir un vrai travail – sachant qu’il dépensait des sommes folles pour co-financer le travail, mais que les entreprises utilisaient ces aides sans créer de postes), après le Grand Soir on remit en route la vieille idée des Ateliers Nationaux et Communaux, initiés en 1848. Le but était non seulement de subvenir aux besoins des chômeurs et autres inactifs du fait de leurs métiers non-prioritaires, mais aussi (et surtout) de faire en sorte qu’ils se sentent et qu’ils se rendent utiles. Ainsi, nombres d’entres eux furent délégués à des projets de Développement, d’Aménagement, d’Emancipation Sociale, bref : de mieux vivre pour l’ensemble de la population. Ils épaulèrent également des porteurs de projet qui n’avaient pas suffisamment de ressources humaines pour les mener à bien.

• E : Nickel ! C’est bien vrai que trop souvent on considérait que les gens au chômage soit ne faisait pas d’efforts pour trouver un travail, soit était incapables de se rendre utiles. C’est sûr qu’au début du chômage c’est cool, tu es Libre, tu t’organises comme tu veux et tout et tout. Mais d’une il faut bien gérer son portefeuille car les allocations ne sont pas si importantes que ça, mais surtout, il est difficile de s’occuper sans (relativement vite) tourner en rond, et encore plus insupportable de rester inactif. Et il faut encore moins sous-estimer l’aspiration de tout humain à s’épanouir dans des activités utiles à soi-même comme aux autres : c’est ce qu’on appelle le besoin de reconnaissance sociale (qui ne passe pas forcément par l’argent, mais sûrement par une activité).

• M : C’est magnifiquement dit ! En complément de ça, je te dirais également qu’on a fait un énorme travail pour que l’ensemble du territoire bénéficie des bienfaits de la Révolution. Quelques jours après le grand Soir, il fut décidé Collectivement qu’une des premières grandes missions de cette nouvelle ère était de développer les régions qui le souhaitaient, par un meilleur système de transport, des communications aisées et rapides (haut débit et fibres optiques là où c’était possible, autres solutions ailleurs). Mais enfin et surtout, last but loin d’être least [le moindre], on a développé le concept d’urbanité villageoise (ou de villagisation urbaine) !

• E : C’est marrant tes trucs ! Et ça consiste en quoi stp ?

• M : En fait, l'accent est fortement mis sur le développement social local (déjà expérimenté au Québec, en Catalogne et en Belgique), qui permet de renforcer les Solidarités de proximité et le lien social. On a mis en place la culture du travail social Collectif qui s'appuie sur les ressources locales (voisinage, équipements de proximité) et s’inscrit clairement dans les pratiques locales. On a crée des structures en fonction des besoins locaux, qu’on a mis en relation avec les attentes extérieures. Du coup, les uns avaient du travail un peu partout sur le territoire, et les autres étaient servis à domicile, à proximité ou non, matérialisé ou non.

• E : D’accord, n’importe quel trou perdu se créait son propre marché en fait, en proposant ses services ?

• M : Oui, tout ça grâce aux places de marché virtuelles qui permettent de mettre en relation aisément l’offre et la demande, et aux nouveaux moyens (et à grande échelle) de communication et transport ! Ce qu’on voulait à tout prix (surtout après la canicule dramatique de 2003), c’était rompre l’isolement social, qui avait de nombreux effets secondaires sur les personnes et était bien souvent à l'origine de la dégradation du comportement des familles. L’idée était aussi (sachant les drames que cela provoquait, et ce à grande échelle), de rompre ce repli sur soi des familles fragiles, pour lutter contre la maltraitance et les violences de toutes sortes (y compris contre soi-même). L’autre aspect fut d’agir contre un autre facteur le plus fréquemment cité dans les débats, celui des carences éducatives des parents, qui renvoie souvent à une immaturité des parents, à une absence de repères, à un repli sur soi encore une fois.

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21 janvier 2005 5 21 /01 /janvier /2005 21:02

De la Sérénité Citoyenne
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• M : La première des choses pour pouvoir s'exprimer Librement et renverser cette civilisation en perdition, fut d'annuler la capacité répressive des forces d'oppression (police, gendarmerie, armée permanente). Ces structures furent dissoutes, d'autant plus facilement que pour beaucoup elles avaient montré leur faiblesse (notamment l'armée, qui n'a jamais été capable de protéger correctement le territoire : défaite en un mois en 1870, troupes ennemies non loin de Paris en 1916, débâcle en un mois en 1940, sans parler des guerres coloniales – tant mieux pour ces pays).

• E : Mais comment apparut le nouveau service de régulation des activités humaines ?

• M : Déjà, il faut savoir que la police était anciennement la représentation du pouvoir. En 1665, après l'assassinat d'un juge en plein Paris, les différentes milices de l'ordre sont regroupées. Colbert pousse le roi Louis XIV (garant de la nourriture et du bien vivre) à créer une lieutenance de police. Dès lors, l'armée et la police tiennent les banlieues Révolutionnaires donc Paris ville. Auparavant la police avait un rôle politique au sens large (gestion de la Cité) : ravitaillement des villes, gestion des espaces, contrôle de qui rentre et sort, renseignement sur les Citoyens. A partir du XVIIIè siècle (auparavant c'était le rôle des seigneurs via la police communale), c'est la police qui effectue les poids et mesure pour éviter la disette et la cherté des denrées. Mais en 1775 Turgot libéralise les poids : les marchands fixent librement les prix. Alors la guerre des farines éclate car la police s'occupe des émeutes plutôt qu'il y ait des prix corrects pour le pain (elle préférait déjà les « joies de la baston » à l'Harmonie Sociale). Dans un autre registre, la police s'occupait aussi des lettres de cachet, qui sur certaines activités (ou juste déjà pour délit de faciès) emmenaient directement à la Bastille. Même l'armée si met : elle a des fiches sur ses soldats. On crée donc des fichiers d'identité car tous les hommes (sauf les riches qui pouvaient se planquer en payant pour qu'un autre prenne leur place) sont passés par le service militaire.

• E : Tu parles d'exemples !

• M : Attend !!! En 1705, Nicolas Delamare écrit un traité de police pour une bonne gestion de la Cité. On trouve des traces de son traité dans l'Europe entière et on s'en est aussi inspiré. Ensuite, Utopia n'a pas inventée grand-chose, on a juste repris et amélioré l'idée de la Garde Nationale. Il existait déjà dans le sud une Garde Nationale. C'était une police d'ordre élue par les Citoyens (un peu comme les sheriffs), pour assurer la Liberté, et où le magistrat était la police judicaire. De même avec la Révolution de 1789. A cette époque, la police était là pour assurer la Liberté et être au service du Peuple, pas du pouvoir. En 1790, le nouvel état, bourgeois, veut surveiller Paris, et la Garde (composée de tous les Citoyens, mais envahie par des bourges, dès lors surreprésentés), à la solde des bourgeois réformateurs (épeurés par cette Révolution faite avec les pauvres mais où ces derniers voulaient aller plus loin, trop loin pour les riches privilégiés) avait malheureusement fait ses preuves quand il s'était agi de mâter les aspirations populaires pour une Révolution plus juste et plus aboutie. A présent, il s'agit simplement de Citoyens (et de nombreux « gentils » anciens flics) triés sur le volet pour leurs qualités d'écoute, de négociation / médiation, formés aux techniques de maîtrise de la force. Le Peuple ayant été exaspéré par ces costauds (souvent fachos) qui se comportaient en toute impunité comme des cow-boys, il fut décidé (comme dans d'autres nombreux domaines) que les Citoyens avaient le droit de choisir par qui ils seraient « gardés » (disons plutôt protégés et servis).

• E : Je suis la première à me réjouir de ce nouveau mode de gestion des populations, mais il y a des risques de copinage comme ça. Les Gardiens de la Paix sont pas très impartiaux dans ce cas.

• M : Il y avait effectivement ce risque, donc on a décidé que les équipes devaient se composer exclusivement de personnes habitants différents endroits de la ville voire d'autres localités. Mais de toute façon, la police est là pour concilier, avec les moyens dont elle dispose, présence rassurante et serviable, prévention pertinente et répression efficace.

• E : Et après, pour les gens qui se sont fait chopés, comment ça se passe ?

• M : Comme tout le reste, la Justice est Citoyenne.

• E : Mais là c'est encore pire, il peut y avoir des sentiments de vendetta ou de rancoeurs qui peuvent influencer le verdict, ce n'est donc plus une Justice Equitable.

• M : Parce que tu crois qu'avant la Justice était plus honnête et juste ? Sans parler des délais d'attente énormes, elle avait de sérieux ratés : elle n'auditionnait que ceux qu'elle voulait bien entendre, le procureur de la république ouvrait des instructions selon son bon vouloir et les avocats cherchaient la petite faille procédurale ou des lois sorties de derrière les fagots, pour faire libérer des criminels dangereux. De plus elle était sévère envers les petits et plus que laxiste envers les dominants. Les Utopiens décidèrent donc d'abolir les tribunaux permanents pour les remplacer par des structures ponctuelles, où la décision judiciaire se prend exclusivement par le Peuple. Les petites affaires seraient jugées auprès d'un petit jury populaire, assisté par des défenseurs du Droit. Les litiges plus conséquents étant plaidés auprès d'un tribunal exceptionnel composé d'une Assemblée Populaire (composée de divers origines communales / régionales pour éviter toute vengeance légale), les avocats de chaque partie furent remplacés par des défenseurs du Droit, communs aux deux parties et observateurs du Respect de la procédure (mais n'intervenant pas sur le fond), et de trois experts judiciaires (nommés par le Peuple en fonction de leurs compétences, psycho, sociales, médicales) pour canaliser l'affaire et synthétiser une vision claire des faits afin de permettre aux Citoyens un jugement serein et éclairé. Ainsi, les débats tournaient autour des faits, le prévenu s'exprimant (continuellement et pas juste à la fin avec le dernier mot du « condamné ») sur le fond, plutôt que son avocat défende la forme autour des subtilités du Droit. Bien sûr les possibilités d'appel et de cassation furent maintenues, mais auprès d'autres Communes afin d'assurer l'impartialité des jugements.

• E : Comme ça, ça me va ! C'est vrai que la France s'était de nombreuses fois faite mettre à l'amende par la Cour Européenne des Droits de l'Humain car sa Justice était non seulement super lente mais en plus moyennement juste, un comble pour le (soi-disant) pays des Droits de l'Humain (époque lointaine très courte, 5 ans max après la proclamation officielle, et bien révolue depuis 1789).

• M : Vamos pour le reste, comme ça tu auras une vue d'ensemble.

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