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Collectif des 12 Singes (Al LU-SINON)


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21 janvier 2005 5 21 /01 /janvier /2005 21:00

Des pouvoirs
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• M : C'est sûr que ce n'était pas tous les jours évident. Surtout que les Utopiens se méfiaient terriblement des anciens cadres politiques et leur avaient donc interdit toute députation ou rôle dans les nouvelles structures du pouvoir populaire (et qui entendait bien le rester !). La période transitoire fut la mise en application de la Démocratie Participative théorisée et testée depuis moult années dans des organismes de tailles variables (notamment les associations et les coopératives), avec pour base le Peuple et comme agents des personnalités reconnues de la société civile (enseignants, cadres, membres d'associations). Pour construire les nouveaux modes de gestion de façon à en assurer le partage social, il fallait mettre en œuvre de nouvelles formes d'exercice de la Démocratie. Nous devions définir un projet politique alternatif qui valorise les ressources et les différences locales, qui cherche à promouvoir l'Autonomie consciente et responsable. En fait, les structures de consultation, de décision, de gestion, qui assistent la Commune (ou l'Union des Communes) constituent une forme intermédiaire entre la Démocratie déléguée et la Démocratie Directe (assemblée, référendum, etc.), même si le Peuple n'est pas loin d'avoir les pleins pouvoirs.

• E : D'accord, donc en fait la nouvelle Commune a redéfinit la composition des nouvelles instances en veillant à l'équilibre entre les acteurs politiques, économiques et sociaux.

• M : Exactement : les nouveaux processus de décision, inspirés, dans la composition des acteurs qui les endossent, des complexités des statuts municipaux médiévaux, sont réinterprétés de façon à donner la parole aux diverses composantes de la société contemporaine dans la définition des lignes d'orientation et le contrôle des mandats autant que celui des résultats impératifs. Les instances de décision de la nouvelle Citoyenneté comprennent ainsi des représentants des principales associations économiques et sectorielles (artisans, agriculteurs, commerçants, industriels, etc.) ; des représentants des principales associations sociales, culturelles, écologistes ; des représentants de comités et de forums, thématiques, territoriaux, multi-professionnels ; des représentants des circonscriptions ou assemblées de quartier, de zone plus ou moins étendue et diversifiée. La nouvelle Commune visait à obtenir que, dans le financement des projets locaux, les collectivités d'ordre supérieur puissent promouvoir des modalités Participatives contribuant à leur définition. Ainsi, l'implication d'une plus grande pluralité de sujets dans les processus décisionnels permet une véritable connaissance du contexte local, par l'appréhension des problèmes qui échappaient à la bureaucratie, autant qu'un Partage accru des initiatives et du retour d'expériences, tout ceci gage de Coopération Solidaire.

• E : Et comment ça marche alors ?

• M : Chaque ville ayant son Assemblée Communale, composée des émissaires des quartiers, les débats se faisaient sur proposition des circonscriptions. Pour chaque domaine de la vie sociale (Alimentation, Activité, Sûreté Générale, Services Publics, Enseignement, Finances, Relations Extérieures), une Commission fut dotée de 7 membres pour définir différentes propositions et les observations s'y rattachant. Ces pistes de réflexion étaient alors discuter par l'Assemblée Communale qui négociait des décisions consensuelles. Parallèlement, une Commission Exécutive pouvait être nommée et composée de 9 membres afin de mener des études précises ou de veiller à faire appliquer les mesures votées. Le Peuple Participait à cette forme de Démocratie en définissant des orientations politiques, en mandatant des représentants pour exprimer ses Volontés Populaires auprès de l'Assemblée Communale (certains points étant impératifs) et en surveillant la conformité des décisions d'avec la teneur des débats dans les ateliers de discussions. Pour faire court, les spécialistes et experts proposaient des solutions aux problèmes exposés par des Citoyens, le Peuple disposait !

• E : Mais il n'y a pas eu de tentatives contre-révolutionnaires par rapport à ce nouveau système institutionnel où il n'y avait plus de place pour les élites ?

• M : Si, mais pas tant que ça, et surtout très peu puissantes et efficaces. D'une, les Utopiens avaient prévus le coup en bloquant les accès des casernes et autres sanctuaires de la force obscure, et de deux les anciens du système étaient très surveillés. De plus, et pardessus tout, il s'agissait d'une Révolution Citoyenne et Pacifique, basée sur l'application concrète de la Liberté, de l'Egalité et de la Fraternité, donc peu nombreux (même et surtout nos sœurs et frères européens) étaient ceux à exprimer un profond désaccord avec le Peuple dans toute sa splendeur. On peut même dire que vu que cette Constitution était valide pour un certain laps de temps, ses détracteurs considéraient que lors des nouvelles élections et de la redéfinition sereine des éléments fondamentaux, le Peuple aurait fini sa « récréation » (mot reprit de De Gaulle après les évènements de Mai 68) et reviendrait aux « choses sérieuses ».

• E : Racontes moi comment les gens ont vécus cette faille politico-temporelle.

• M : Comme je te le disais avant, il n'y a pas grand-chose qui changea, si ce n'est que les gens avaient du temps pour se cultiver, se faire leur propre opinion des choses, aider les autres, exprimer des talents cachés. Bref, toutes les activités qu'une vie perdue à la gagner nous empêchait de faire, par succion de l'énergie de volonté au profit de la force d'asservissement, étaient désormais faisables et même promptement encouragées. De plus, les populations étant très désireuses de s'auto-organisées et s'autogérées, de nombreuses structures virent le jour, sous la forme d'associations impulsées par le besoin et l'envie de se regrouper, l'Union faisant la Force pour faire avancer le schmilblick et créer de nouvelles aspirations.

• E : Du genre les expériences ?

• M : Plusieurs Citoyens se sont associés avec chacun un capital ridicule (mais multiple il était conséquent) afin de développer le concept cher à Proudhon de Banque du Peuple. Les entrepreneurs, producteurs de biens et services utiles, se voyaient prêter de l'argent à taux zéro et étaient directement mis en relation avec des consommateurs : la vente des produits diminuait d'autant le solde du crédit ainsi qu'elle encourageait d'autres personnes à lancer de nouveaux projets (car à taux d'intérêt zéro le crédit est peu risqué pour celui qui le contracte et la mise en relation avec les clients favorise un retour sur investissement rapide, ces deux conditions suscitant des vocations professionnelles). De plus, depuis plusieurs années sous forme limitée, le concept des Systèmes d'Echanges Locaux (SEL ou autrement dit le troc) connu une véritable envolée. Le principe en est simple : une personne ayant besoin d'une prestation (matérielle ou non) se propose d'offrir un autre service en échange. Si deux personnes n'arrivent pas à trouver un terrain d'entente sur des Participations donnant-donnant (l'une n'a pas besoin de ce que l'autre peut lui proposer) alors l'un des services reste à charge. Les dettes et créances de prestations sont centralisées : un débiteur peut intervenir chez une personne tierce, un créancier demander un service à toute personne débitrice d'un échange ; les comptes sont soldés par un système de « chèque-heures » d'activité.

• E : J'avais déjà entendu parler de ça avant : en fait c'était les prémices de votre système actuel de Participation avec le concept de la notion d'argent remplacée par celle d'heures d'activité.

• M : Tout pareil : tu vois bien qu'on n'a rien inventé, mais qu'on a beaucoup analysé la décadence des systèmes étatisés et sociétaux de l'autre monde, synthétisé les expériences Alternatives mises en place par contre-modèle, élaboré de nouveaux concepts et/ou amélioré les anciens en fonction des antécédents et de nos projets d'avenir.

• E : Et concernant les entreprises ? Parce que j'imagine qu'elles étaient pas forcément très contentes des modifications institutionnelles ?

• M : C'est le moins qu'on puisse dire. Déjà, les patrons (des secteurs non-prioritaires) ont moyennement appréciés la proclamation de la Grève Générale pendant un mois (le temps de vraiment se poser pour réfléchir), mais l'état (dissout et remplacé par la Volonté Populaire via les Assemblées Communales et Nationale) les exempta d'un mois d'impôts sur les salaires et gela tous les paiements de factures sur ce mois-là (à l'exception des factures d'import-export, pour avoir bonne presse à l'étranger et faire rentrer des devises).

• E : Normal si on voulait éviter la fronde des patrons, petits en premier comme grands.

• M : Exactement, nous étions contre le capitalisme, pas contre les patrons en tant que tel (sauf ceux émanant de conseils d'administration car plus souvent en charge de structures importantes et donc plus tentés par le despotisme économique et managérial). Du moins pas les vrais entrepreneurs qui se cassent le cul tous les jours pour faire tourner la boîte ! Dans les secteurs prioritaires tels que l'alimentation ou les télécommunications, les employés furent très investis dans leur gestion Participative aux affaires courantes. Depuis le temps où les ouvriers et les cadres se plaignaient de se saigner aux quatre veines pour la performance de leur entreprise sans trop voir de retour sur efforts, à présent ils avaient la possibilité, voire la mission, de cogérer les orientations et les décisions internes. Là où les syndicats étaient devenus incapables, par protection de leurs propres intérêts plutôt que de ceux qu'ils étaient censés représenter, les réunions entre ouvriers-producteurs, cadres-opérationnels et stratèges-(ex)décideurs montrèrent toute leur efficacité. Nous n'étions plus dans un schéma d'opposition entre les possédants du capital qui décident et les employés, n'ayant que leur force ou leur capacité de réflexion, qui subissent et produisent sans pouvoir rien dire. Ces rapports d'exploitation de l'humain par l'humain, identiques aux contraintes martiales chères aux gradés de l'ex-armée permanente, furent remplacés par une gestion concertée, multi-partie et englobant tous les secteurs concernés en amont comme en aval.

• E : Les entreprises étaient alors du coup presque gérées comme des associations ?

• M : Oui, à peu de choses près. Justement, le tissu associatif était très dense en France (en parti pour combler les lacunes de l'état et les exigences contraignantes/sur-rationnelles du secteur privé) et donc la population voulait être associée au politique et à l'économique, puisque c'était elle, la Plèbe, qui étant la plus précaire et dépendante, payait souvent les pots cassés et les conséquences des actes manqués ou insensés des « puissants » impuissants (ou traîtres au Peuple et à l'Intérêt Général). En fait, dans de nombreux domaines, les Citoyens se sont réveillés et ont repris à leur compte les tutelles et autres organes pluricéphales de Participation.

• E : Donc, en somme, au lendemain du Grand Soir, les Citoyens ont pris position et voix au sein des structures étatiques et économiques. Plutôt que de subir des décisions qui influent directement sur leur vie, à présent ils Participaient avec un réel contrepoids à l'organisation et la gestion de leurs Communes, Nation et entreprises.

• M : Exactement, c'était la fin de la délégation absolue, au profit d'une Participation intensive aux débats et décisions finales.

• E : Et par la suite, à la fin de cette année d'essai, des évolutions par rapport au lendemain du Grand Soir furent adoptées ?

• M : Oui, tout plein ! Puisque l'idée de base d'Utopia était dès le départ le principe de la Révolution Permanente !

• E : Ah bon, tant que ça ? Pourtant la première mouture constitutionnelle semblait être plutôt pas mal. Mais pour le reste, genre l'abolition de l'argent ou de la propriété, comment en est on arrivé là ? Parce que perso j'osais à peine en rêver et Utopia l'a fait !

• M : C'est vrai que c'est des décisions fortes, mais ça faisait des siècles que les plus grands penseurs internationaux (preuve que ce n'est pas une question de culture, mais de système) argumentaient sur ces thèmes, clés de voûte de la servitude volontaire et des privilèges des puissants.

• E : Expliques moi ça s'il te plait, ça m'intéresse !

• M : Avec grand plaisir, d'autant que c'est des notions fondamentales !

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21 janvier 2005 5 21 /01 /janvier /2005 20:59

Aspirations Citoyennes Constitutionnelles
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• M : Voici les Aspirations Citoyennes Constitutionnelles prenant effet à partir du Lendemain du Grand Soir. Ces Résolutions émanant de la Conscience Collective, sont réputées évidentes pour tous et présentes à l’esprit de tous :


Résolution 1, des pouvoirs :

• E : Ce que j’aurai aimé avoir été là à ce moment. Ce texte est une bonne première étape, pas trop extrême mais quand même, juste ce qu’il faut pour qu’il n’y ait pas de guerre civile ni de prises de pouvoir inopinées.

• M : En fait, pour éviter que ce soit une Révolution dictatoriale parisienne, et parce que la technologie permet l’échange instantané d’idées et décisions, les Communards de la capitale ont fait comme leurs prédécesseurs en donnant le coup de (dis)grâce au pouvoir, mais c’est toute la France qui s’est exprimée sur son devenir et a réagit en temps réel.

• E : Mais justement, comment ça s’est passé les jours d’après, c’était pas trop la pagaille j’espère.

• M : Et bien non, pas trop en fait : les soignants, pompiers, équipes de Sérénité Citoyenne semi-professionnelles, producteurs d’alimentation, éboueurs, énergétistes, enseignants et personnels des transports et des réseaux d’information / communication continuèrent à aller normalement au boulot, si ce n’est qu’ils étaient épaulées dans certaines tâches par des volontaires rendu inactifs par leur métier non-prioritaire. Pareil pour les agriculteurs et autres producteurs essentiels, ils travaillaient moins car des ex-employés venaient prendre le soleil en les aidant dans les champs ou allaient bricoler en usine.

• E : Oh ?

• M : Oui, en fait les gens se sont vachement intéressés à ce que faisaient leurs voisins ou à des métiers qu’ils n’avaient pas pu voir en fonction si ce n’est à la real-tv. En plus, ils étaient vivement incités à Participer quelques heures par jour à différentes activités dans pleins de secteurs différents (opération porte ouverte), comme des enfants découvrant les productions de la civilisation à laquelle ils font partie, afin de pouvoir définir les activités socialement indispensables. La population s’instruisit beaucoup, prenant véritablement conscience des possibilités et capacités inexploitées mais aussi et surtout des gâchis de la surproduction : cette civilisation perdait son temps à produire du superflu alors que son essence même, sa créativité / ingéniosité, était laissée en friche par la plupart des individus.

• E : J’adore, ça dépasse même mes rêves les plus fous.

• M : Et oui, il ne faut jamais sous-estimé l’euphorie et la curiosité humaine et populaire ; même si il faut tout autant s’en méfier !

• E : Je ne te le fais pas dire ! Mais j’imagine alors que ça devait être la fête : les gens allant donner un coup de main et se renseigner comment telle activité fonctionne, puis se regroupant pour refaire le monde ?

• M : Disons que pendant cette transition, hormis les métiers primordiaux, les gens se levaient comme d’habitude, allaient voir avec les enfants comment on fabrique telle produit tout en y Participant sous forme didactique (la rentabilité / productivité n’étant plus un critère supradominant), se rassemblaient ou échangeaient par télécommunication pour débattre des grandes problématiques et définir les axes de développement ainsi que les moyens alloués pour construire une nouvelle civilisation, plus sereine et Solidaire / équilibrée. Et le soir, ainsi que disséminés partout toute la journée, ils assistaient à des concerts : c’était la fête des arts partout, en permanence, ce qui faisait aussi partie de l’Emancipation culturelle.

• E : Glop Glop, ça devait être trop de la balle !!! Mais, concrètement, comment vous avez assuré la gestion de la vie de la Cité au jour le jour ?

Les Individus ne consentant plus à déléguer leurs pouvoirs sans contrôle, toutes les formes d’autorité, ainsi que les hiérarchies de toute nature, perdent leur emprise de domination / aliénation avec leur raison d’être, tout naturellement. Désormais, le pouvoir réside exclusivement dans le Peuple, exprimé dans le cadre d’une Démocratie Participative. La gestion de la Commune et ainsi de la Nation se fera par la nomination de personnes compétentes, mandatées pour la réalisation pratique d’orientations précises et impératives ; ces délégués sont révocables à tout instant par les Citoyens ;

Résolution 2, de la sérénité citoyenne : Les forces oppressives de l’ordre sont dissoutes. Cependant, en attendant la définition d’une nouvelle forme Libertaire de gestion des populations et pour éviter les agissements néfastes à la Paix Sociale, les Citoyens mandateront 3 des leurs pour encadrer des trios professionnels (choisis parmi les éléments modérés des anciennes structures de police, jamais de gendarmerie car liée à l’armée, elle-même dissoute dans ses prérogatives permanentes) de Protection et Service dans leur quartier ;

Résolution 3, du travail : Après la Démobilisation Générale et l’arrêt total, ne seront ranimés que les services et les productions dont le manque se révélerait intolérable (énergies, alimentation, soin, transports, information / communication, éducation). Les structures des systèmes non prioritaires seront maintenues à l’état de marche jusqu’à décision sur leur sort. Parallèlement à l’ingestion des connaissances utiles à toute décision éclairée, la réflexion créatrice s’efforcera de définir des objectifs cohérents susceptibles de justifier la remise en route de certaines activités et abandon des industries néfastes et non reconvertibles (armement, nucléaire à moyen terme). Toutes les personnes sans activité seront, selon leurs envies et capacités, attribuées aux travaux manquant de moyens humains. Tout comme dans le cadre politique, les employés Participeront à la prise de décision concernant la structure pour laquelle ils travaillent. L’ensemble de la population se devant de Participer aux tâches utiles, le temps journalier de travail ne devra pas excéder 6 heures par personne, afin de pouvoir s’informer, débattre, s’éduquer, s’épanouir culturellement. Les Participants recevront une indemnité journalière (avec un minimum confortable) en fonction de leur engagement ;

Résolution 4, de l’éducation : Le temps d’arrêt sera mis à profit par tous pour acquérir la somme des connaissances indispensable pour pouvoir décider en toute conscience de la suite et du cours à donner, en toute logique, aux actions Collectives futures ;

Résolution 5, de la suite de la procédure : Après l’adoption de cette Constitution basique, aucune force ne pourra modifier cette Charte car la souveraineté réside à présent intégralement dans le Peuple et nul ne peut réprimer son pouvoir. Après une période de transition via des expérimentations et des réflexions / débats, les Citoyens seront appelés localement à définir des projets pour leur Commune, Région (dans le sens de terroir), « Nation » (dans le sens d’espace francophone culturellement et ethniquement varié) et surtout pour leur vision nouvelle des liens avec l’Europe actuelle (même si la France est clairement européenne, elle ne l’entend pas l’être à n’importe quelle condition). Ils auront pour cela les synthèses des Cahiers de Doléances, les conclusions des débats d’ateliers et de la députation régionale, étayées des différents points de vue culturo-régionaux exprimés à la Constituante, le tout servi par la prise de recul et le retour des expériences menées (en France comme à l’étranger, le pays étant loin d’avoir un quelconque monopole des bonnes idées).
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21 janvier 2005 5 21 /01 /janvier /2005 20:58

 

12 - Les Lendemains du Grand Soir
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• Moa : Comme tu le sais, dès le matin du Grand Soir il fut décrété la Démobilisation générale, où tout le monde arrête tout, sauf les services et les productions dont le manque se révélerait intolérable (énergies, alimentation, soins, éducation, transports, information / télécommunication). Le lendemain du Grand Soir, tous les Citoyens furent appelés à s’exprimer sur le projet de civilisation qu’ils souhaitaient mettre en place après la décadence de l’ancien système dogmatique.

• Esperanta : C’est la pure prolongation des évènements de Mai 68 ton truc !

• M : Et ouaip dame ! Déjà en 68, la technologie s’était développée, l’économie se portait à merveille (il n’y avait quasi pas de chômage), mais la société elle-même (surtout les individus) n’avait pas progressée. Avec le carcan de lois issues du parachutage de De Gaulle et sa république dirigiste/colonialiste de 1958 (la Vè avec un régime de président/roi), depuis les années 60 et les Beatles il existait une véritable quête de Liberté et de Progrès Social, à tous les niveaux. Les années hippies (ou faussement appelées beatniks, « ceux qui lâchent tout », mouvement des années 50 contre une société US qui décadait idéologiquement avec son impérialisme guerrier anti-communiste et la déception du rêve américain ; jeunes fuyant cette dure réalité via la picole et l’errance, opposés des babas cool car blasés de la vie, ils les dénigraient en les appelant hippies, signifiant « dans le vent, tendance ») exigeaient de plus une Egalité et Fraternité réelles et plus de façade, mêlées à une efficace et impartiale Justice Sociale. La Liberté des mœurs et du reste fut acceptée (heureusement quand même, on fait ce qu’on veut de notre corps) et entérinée (sexualité, possibilité pour les femmes d’avoir un compte bancaire à leur nom et de travailler sans l’aval du mari – comme quoi la France était encore bien rétrograde à l’époque), ainsi que des progrès économiques concédés (augmentation des salaires de 30% – signe qu’il y avait du pognon mal redistribué, réduction du travail horaire et plus de vacances), mais pour l’Egalité et la Justice Sociale, ça il n’en était absolument pas question ! Dès lors, la France déclina et implosa littéralement, prisonnière enchaînée de ses propres institutions et du poids accumulé de l’Histoire (code pénal des dictateurs Napoléon, lois d’une IIIè république bancale, aspirations nationalistes de Vichy et d’après guerre ainsi que de « décolonisation » officielle – et encore, pas dans les DOM TOM ni départements qui le souhaitaient, ni même concrètement en Afrique avec le copinage de chasse gardée France-Afrique) ainsi qu’avec son cortège d’influences, de pressions et de dirigismes omniprésents. Toutes ses couches superposées et remaniées tant bien que mal, tout en faisant en sorte que tout l’édifice ne s’écroule (ce qui n’est pas évident d’où une machinerie coincée), devaient être Révolutionnées de fond en comble.

• E : Vous deviez du passé faire table rase !

• M : Exactement, mais en gardant le meilleur et en l’améliorant encore. Quant au reste, les anachronismes inadaptés au IIIè millénaire, nous les prîmes comme exemples … à éviter absolument.

• E : Et comment vous avez organisé ça ? C’est un travail énorme, j’imagine que ça se fait pas comme ça.

• M : La France était malade, l’intox en était la tumeur, mais aucun médecin ne lui avait clairement demandé quels étaient ses maux, mais au contraire ils croyaient savoir, bilans à l’appui, quels seraient les traitements magiques. Depuis 68, notre beau pays dépérissait, tant au niveau politique, qu’économique et surtout social. La nation d’après 68 avait mal à la tête et le cul en feu : toute retournée de l’Anarchie Individualiste qui posait de vraies questions en apportant des réponses tantôt extrêmes dans l’idéalisme, elle ne savait trop que faire de ses jeunes et Citoyens ne se reconnaissant plus dans cette société décadente. Les chers politiques qui, grands opportunistes technocratiques et communicants qu’ils sont, surfaient sur le mécontentement sans comprendre les fondements de cette déferlante Emancipatrice, cherchèrent moyennement des solutions durant 40 ans afin de ménager les privilèges des dominants qu’ils représentaient, proposant des sparadraps devant une plaie béante.
Le Peuple se décida finalement (le temps qu’une nouvelle génération reprenne le flambeau avec le recul des leçons du passé) à faire entendre clairement sa voix au jour du Grand Soir. Nous avons alors tout simplement décider de reprendre le bon vieux principe du Cahier de Doléances en vigueur lors de la convocation des Etats Généraux avant la Révolution de 1789. Quand le Peuple n’est pas satisfait, il ne sert à rien (et c’est dominant) de proposer des solutions toutes faites : les Citoyens savaient ce qu’ils ne voulaient plus, mais il était plus difficile de définir ce qu’ils souhaitaient pour l’avenir.

• E : C’est une bonne idée ça d’avoir remis au goût du jour les Etats Généraux. Ça devait être un peu comme les ateliers de réflexion des Forums Sociaux, où tous les sujets sont abordés, par thème, avec des spécialistes qui livrent leurs analyses et synthèses, puis les auditeurs qui peuvent poser des questions pour préciser certaines informations et ouvrir de nouvelles portes d’interrogation.

• M : Oui voilà, un peu dans ce genre là. Puis les Cahiers permirent aux Citoyens d’exprimer Librement leurs constats, analyses et proposaient des solutions à discuter. Avec internet et les traitements logiciels, toutes les remarques furent rapidement synthétisées par domaine (organisation de la vie de la Cité – politique dans le sens noble du terme –, travail, santé, justice, développement durable, éducation, culture, …) et débattues en ateliers de 30 personnes.

• E : Cool, oui, c’est vraiment comme aux Forums Sociaux ! Sauf que là c’est vraiment Démocratique car ce sont les Participants eux-mêmes qui définissent les thématiques et sujets abordés.

• M : Et oui, ensuite l’atelier devint à la fin des débats une Assemblée Locale où l’on détermina les points d’accord et les questions en suspend avec les différentes propositions qui en découlaient. Chaque audience nomma 3 émissaires qui allèrent exposer et débattre avec les autres mandatés des ateliers de la Commune (ou de l’arrondissement pour les grandes villes). Dès lors, chaque ville connaissait ses tendances générales profondes et leurs variantes.

• E : Et ?

• M : Et tous les émissaires s’assemblèrent en députation (selon les limites géosociales, équivalentes aux Communautés de Communes) pour définir un consensus avec toutes les Communes du secteur et noter les points litigieux. Ensuite, les émissaires déterminèrent 5 personnes jugées les plus à même de défendre les points de vues de la députation au niveau national.

• E : Mais c’est le retour du copinage ton machin !

• M : Non, c’est juste que les émissaires donnèrent leur avis sur les plus capables ; les uns ne connaissant pas forcément les autres. De plus, afin d’éviter une contre-révolution et tourner la page, aucune personne ayant effectuée un mandat politique dans l’ancien système ne pouvait se présenter à une quelconque députation. Après, bien sûr ce furent les Citoyens qui nommèrent 3 députés (parmi les 5 proposés) pour exprimer leur volonté synthétisée (et non pas un programme marketing pré-rédigé/prédigéré) auprès de l’Assemblée Constituante à Paris. Dans les bureaux de vote, les électeurs (toute personne résidente permanente sur le sol français, quelle que soit la date d’arrivée) retrouvèrent les grandes thématiques sociales abordées lors des ateliers, sous forme de questionnaire à choix multiples (de propositions synthétisées des débats à la députation) avec possibilité de commentaires (pas comme auparavant avec le bulletin de vote qui devenait alors nul).

• E : C’est clair, moi ça me saoulait toujours de pas pouvoir m’exprimer sur mes idées mais que sur celles des candidats politiques.

• M : Alors qu’il vaut mieux donner le pouvoir à celui qui ne le veut pas !

• E : Tu as bien raison ; tous ces rapaces, ces vautours à l’affût de la moindre faiblesse de leur ennemi politique, plus à l’écoute de leurs bas instincts électoraux que des maux (et mots aussi) des Citoyens, ça me dégoûte !

• M : Mais là, je te rassure, tu penses bien que si le Peuple avait fait le Grand Soir, (cette fois) ce n’était pas pour donner le pouvoir à de nouveaux morfales et autres retourneurs de veste. Les députés partaient à la Constituante avec un mandat impératif (alors que dans les précédentes Constitutions ce n’était jamais le cas), s’agissant de défendre les choix sociétaux de leurs mandataires (et non plus administrés à qui l’on « impose » ses idées, formatées pour être populaires – voire populistes-électoralistes) et d’exprimer les points conflictuels et leurs solutions proposés par les Citoyens.

• E : J’imagine que ça a dû être un sacré bordel, connaissant les Français et leurs propensions à s’enflammer sur la politique (surtout après un ch’ti canon au bar PMU du coin).

• M : C’était animé, pour sûr. Mais pour autant ça c’est bien passé, c’était relativement bon enfant car tous les gens pouvaient s’exprimer, voire se défouler, durant les ateliers débats de 30 personnes, puis les synthèses aidant, les discours devenaient plus fins, plus conceptuels même. De plus, comme très souvent, il y avait plus de points d’accord que de divergence.

• E : Et donc il y a eu une nouvelle Constitution ?

• M : Oui, en fait les députés ont débattus avec un œil rivé sur un écran où il y avait un tchat par internet avec les Citoyens de leur circonscription sur les évolutions du débat. Ensuite, un vote a été fait sur chaque domaine social et chaque proposition Citoyenne à ces sujets. Enfin, le projet de Constitution fut soumit au Peuple qui le valida conforme à ses attentes (il fallait au moins 75% de satisfaits). Les Constitués déterminèrent en même temps les points qui demandaient à être revu pour amélioration assez rapidement.

• E : En fait c’était une étape intermédiaire ?

• M : Exactement, c’était la première expression des aspirations des Utopiens, pour qu’un nouveau système se mette en place et assure la relève, avant de définir plus sereinement et avec le recul des expériences un système flexible dans les évolutions mais solide dans son organisation.

• E : Vas y, fait péter. C’est quoi le système tampon que j’ai loupé ?
       
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21 janvier 2005 5 21 /01 /janvier /2005 20:58

 

11 - Les Trompettes du Jugement Dernier
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• Esperanta : Mais qu'est ce qui m'arrive ? Tu pars en sucette ma fille ! Je ne me reconnais pas dans mes propos d'avant : Utopia m'a fait virer mal, à droite !!!

• Moa : Oui c'est bizarre, tu as eue des pures réflexions de droitière, mais ce n'est pas grave en soi.

• E : Pas grave ?!?! J'ai toujours été une pure Gaucho, attirée au fur et à mesure par les « extrêmes » (je préfère dire les radicalités) parce que les partis institutionnels étaient mous du genou et trop dirigés par certains gourous. Je me sentais profondément Anarchiste, Libertaire, « Communiste » anti-autoritaire à la limite, mais jamais j'aurai crue pouvoir tomber aussi bas qu'en doutant de mes Concitoyens à s'organiser Harmonieusement par eux-mêmes ou qu'en tenant des propos de droite dure.

• M : T'inquiètes pas, l'Anarchie (seule absence de « chef », de supériorité, sur la base de nouvelles organisations – sans structures c'est l'anomie) englobe nombre de concepts qui peuvent aussi plaire à des gens de droite (Respect de la Liberté Individuelle, pas trop d'état ou d'oligarchie omniprésente – abolition de la surpuissance d'une classe qui gère sans partage le pouvoir). Je pense que tu croyais tellement à une Grande Révolution telle celle-ci, que tu y avais placé tous tes espoirs, mais maintenant que la Lutte est finie, tu as besoin de montrer les dangers inhérents aux pouvoirs (même, voire plus encore, lorsque ceux-ci sont aux mains du Peuple, de tous les Citoyens) pour te voir rassurer sur la non répétition des traîtrises passées (communisme autoritaire, fascisme, nazisme, Gaullisme, Mitterrandisme et socialisme réformiste) qui partaient aussi d'un « bon sentiment » mais dont les résultats furent humanicide et liberticide.

• E : Très juste. Je te rejoins complètement là-dessus : je crois bien qu'effectivement, au fond de moi, je souhaitais tellement le Grand Soir tout en ayant peur des dérives, que j'ai préféré fuir devant le risque en me cryogénisant le lendemain de l'avènement du rêve de toute ma (jeune) vie, cette Lutte Finale ouvrant la voie à la Révolution Permanente. Je n'aurai pas supporté de voir l'Avenir de l'Humanité (obligatoire vu la dégénérescence ambiante de notre civilisation, et plus globalement de notre monde) partir une énième fois en couilles par l'accaparation de certains du pouvoir ou de l' « irresponsabilité » des Citoyens.

• M : Je comprends bien, surtout que dans l'autre monde, tu avais toutes les raisons de craindre de telles dérives. Mais heureusement, les Utopiens avaient bien tirés les leçons du passé. D'autant plus qu'ils savaient que l'Histoire les regardait et qu'après la traîtrise du communisme autoritaire, il n'y aurait pas de troisième chance pour des projets de civilisation basés sur la Liberté, l'Egalité et la Fraternité dans leur sens radical : c'était l'Anarchie ou la mort !

• E : Je suis pas bien là, je me sens toute chose ! Comme si j'était une combattante acharnée pour la Révolution, et une fois celle-ci achevée, maintenant je me sens complètement inutile, ne sachant que Lutter et peu créer ou ne serait-ce que vivre.

• M : C'est « normal », c'est le syndrome post-combat. Che Guevara eut la même réaction après la victoire de la guérilla de Castro en 1959. Il devint ministre, mais n'était jamais dans son ministère, toujours au contraire à côté de la population, pour montrer l'exemple dans les dures tâches qui attendaient la Révolution. Mais même au contact de son Peuple frère (il était Argentin mais se battait pour les Cubains), il ressentait le besoin de se battre à outrance jusqu'à la Libération Finale de tous les Peuples. Il partit ainsi pour Révolutionner le Congo colonisé par les Belges, puis pour la Bolivie (piège des Russes et de Castro pour qu'il s'y casse les dents et se calme ; finalement il y fut arrêté puis exécuté en 1967 sur ordres de la CIA pour ne plus jamais à avoir entendre parler de lui et de la Révolution). Sauf qu'encore une fois, le cadavre était à terre, mais l'Idée restait debout (mot de Victor Hugo après l'épuration idéologique de la Semaine Sanglante expiatoire de la Commune de 1871).

• E : Je ressens un peu la même chose effectivement. Je suis une femme musulmane qui a grandie en banlieue parisienne dans les années 80. Ma jeunesse était faite d'intolérance envers les beurs et encore plus auprès des beurettes (même et surtout de la part des mâles de ma communauté, vieux ou jeunes réac). Je me suis toujours battue, d'une pour exister en tant qu'individu (et pas juste fille ou sœur de machin) puis pour vivre (et plus survivre) comme n'importe quelle Française. Je croyais encore innocemment que l'ascenseur social était moins en panne que celui de ma cage à lapin. Je me suis arrachée le cul pour réussir dans un lycée classique (alors que nous avions des problèmes spécifiques, nous « sauvageons ») et j'ai plutôt bien réussie. Mais après mon école de commerce, j'ai bien vu que, malgré les beaux discours des politiques sur l'intégration, il existait un plafond de verre empêchant les générations issues de l'immigration de se faire une vraie place dans cette société à laquelle nous appartenions pleinement, étant pour la plupart nés en France ou culturellement construits par le soi-disant « Pays des Droits de l'Humain ». Mon (seul et vrai) combat dans cette chienne de vie, c'était bien l'avènement d'un monde meilleur. Tout le monde disait qu'un autre monde était possible, et moi j'entendais bien Participer activement à sa création, non pas attendre qu'il vienne comme par enchantement.

• M : C'est tout à ton honneur ! De toute façon il se devait d'y avoir une Révolution, quelle qu'elle soit, car notre civilisation allait droit dans le mur, qui plus est en se marrant naïvement. Soit c'était celle du néolibéralisme soit la nôtre : la Révolution Permanente Humaniste, Démocratique et Sociale.

• E : Aujourd'hui je suis bien heureuse que notre projet civilisateur ait « gagné » et que l'Humanité toute entière vive mieux et en Harmonie avec les Autres et la Nature.

• M : Et oui, et je comprends d'autant mieux qu'ici à présent c'est une nouvelle vie qui commence pour toi. Ici à Utopia, tu n'as pas besoin de te battre, on t'écoute, on débat avec toi. C'est véritablement la Confédération des Egaux (allusion à la Conspiration des Egaux, inspirée par Gracchus Babeuf, premier communiste – au sens large et pas marxiste du terme, qui voulut organiser un coup d'état pour imposer l'Egalité que les parlementaires de 1789 – essentiellement bourgeois ou assimilés – se contentaient de graver sur les frontispices des bâtiments).

• E : Mais je crois bien que mon gros problème par rapport à ça, c'est que je n'y étais pas préparée. Je me concentrais surtout sur la Lutte, hasta la Victoria siempre (jusqu'à la Victoire Finale, mot du Che).

• M : Ah beh si, même toi, tu n'étais pas mise en condition pour Utopia, je vois mal qui le serait ! Tu m'as bien dit que tu allais en teuf techno, paradis de la zone Libre, que tu avais fais quelques évènements de la Contre Culture (Forums Sociaux et alterG8 – réunion des 8 pays les plus riches de planète) dont certains à l'étranger. Tu étais déjà Utopienne avant que nous prenions ce nom !

• E : Oui mais … je sais pas, c'est chelou, ici j'ai trop l'impression … d'être parmi les miens, … mais pas à ma place. Comme si je n'arrivais pas à m'adapter car mon hardware est encore pollué par les préjugés et erreurs de mon époque. C'est déconcertant, mais d'une force : ça me trou le cul !

• M : T'en fais pas pour ça : avec le temps tout va, avec le temps tout s'en va !

• E : Mouais, je suis à moitié convaincue !

• M : Toujours est-il que je t'ais un peu éclairé, il faut donc que tu t'assumes par toi-même à présent. Je ne veux être le gourou de personne : je t'ai donné les enseignements de base, mais maintenant c'est à toi de gérer, même si ce ne sera pas toujours facile, mais tu es bien armée pour affronter tout ça.

• E : Tu m'abandonnes ???

• M : Pas du tout, si tu veux toujours de moi ! C'est juste que j'arrête le traitement de longévité à la Télomèrase.

• E : Quoi, c'est quoi encore ce truc ? Tu ne m'as pas tout dit alors ?

• M : Parce que ce n'était pas si important en soi. La Télomèrase empêche les cellules de diminuer en taille après division, comme le fait le cancer, empêchant ainsi le suicide des cellules. Elles vivent donc éternellement, et le corps plus longtemps et surtout mieux. Je suivais ce traitement pour rester en possession de mes moyens jusqu'à ce que je te trouve et que j'accomplisse ma mission, faire en sorte que ta renaissance ne soit pas trop difficile. Je ne veux pas vivre indéfiniment, ça ne m'intéresse pas, malgré que tu sois là ! Te voilà Indépendante en ce monde, même si je reste à tes côtés !

• E : Excuses moi, Moa, mais je crois bien que je dois faire le vide avec moi-même, ou plutôt avec ce qu'il en reste. Je vais me promener, aller me ressourcer ailleurs !

• M : Tu n'as pas à t'excuser, je comprends. Je suis aussi passé par là, je ne sais que trop bien ô combien ce n'est pas évident de voyager ainsi dans le temps et d'arriver dans un nouveau et complètement différent monde.

• E : Merci pour tout Moa, on se voit chez toi d'ici une heure … enfin … inch Allah (si dieu le veut) !

• M : Ça marche pour moi, à tout à l'heure. Ne te prends pas trop la tête … et n'oublies pas que je suis ton ami, toujours là pour t'aider.

• E : Je tâcherai de m'en souvenir, à plus !


Moa : Je me demande ce qu'elle fait et où elle peut bien être ? Ça craint, je le sens mal cette histoire ! Ça fait déjà une heure qu'elle devrait être là. Je présume le pire. Il n'y a pas moyen, il faut que je la retrouve !!! Mais où a-t-elle bien pu aller ? Je crois avoir ma petite idée à ce sujet, généralement les personnes qui fuguent se rendent dans des lieux qu'elles connaissent, où elles se sentent à l'abri !

Moa se rend sur le lieu présumé.
Personne au Mur, peut-être a-t-elle entendue parler de la tombe de Victor Noir (journaliste assassiné par le frère de Napoléon III en 1870) ? Son meurtre avait soulevé l'indignation et la haine des Français contre l'empereur et sa famille. Et sa fougue de la jeunesse fut représentée sur son lit de mort par une bosse prééminente dans son caleçon : les femmes aimaient à s'y frotter, espérant s'attirer ainsi les bonnes faveurs, fertilisantes, de ce Martyr de la Révolution.
Personne ici non plus ! Peut-être, voire sûrement, là-bas !


• Moa : Je savais que je te trouverai là !
• Esperanta : Coooool ! (dit-elle dans un soupir, dans les vapes)


Moa la regarde avec un visage illuminé, tout autant ravi d'arriver juste à temps que déçu de ne pas avoir réussi à empêcher cela. Esperanta est étendue sur le gisant de l'Enfermé. La contemplant avec les larmes aux yeux, Moa l'embrasse à pleine bouche, tout son Amour se ressent alors dans ce baiser d'une intensité brûlante maculée de l'Emotion de ces frêles chérubins. Telle la Belle au bois dormant, Esperanta ouvre doucement les yeux.


• M : T'as pris quoi ma Belle ? T'as les yeux tout défoncés !

• E : Faut pas me gronder monsieur, je sais que je suis une vilaine fille. J'ai bien écouté le grand gourou et j'ai mis dans ma poche à marsupiaux des jolies fleurs blanches en forme de trompette. C'était super bon en infu (en tisane).

• M : Je ne te gronde pas ma chérie, je souhaiterai juste que tu reviennes parmi nous.

• E : Et si moi je veux pas hihi : la mort c'est pas une punition mon grand, c'est une délivrance.

• M : Peut-être, et même sûrement : la vie ne vaut rien ; mais n'oublie pas que rien ne vaut la vie (puisqu'on a qu'une seule chance) !

• E : Ouah, c'est chanmé ce que tu dis là. Mais tant pis : être malheureuse ou ne pas être du tout, telle est la question ; et j'ai choisi ma réponse !

• M : Si c'est comme ça ! Toi tu pars parce qu'ici tu te sens inutile puisqu'il n'y a plus de Lutte, et bien moi je te suis aussi alors !

• E : Et pourquoi ???

• M : Et pourquoi pas ? Tu crois que pour moi c'est marrant d'essayer d'oublier d'où je viens ??? Je suis comme toi, de l'autre monde, sauf que moi je ne le regrette pas, bien au contraire j'essaie de faire avec, même si je n'échangerai jamais mon baril d'Utopia contre un autre. Ne pouvant totalement renier ma nature de proto-Emancipé, je dois composer avec elle et ses douloureux souvenirs tout en la canalisant pour toujours agir dans le réel intérêt du Peuple et en toute modestie (celle de se comporter presque comme tout individu lambda). Alors que les Utopiens de naissance ont d'origine le sentiment d'Egalité absolue, même et surtout envers les Différences de l'autre (c'est ce qu'on appelle le Respect), je dois me battre contre ma psyché formatée par le culte de fin de millénaire du surhumain. Nietzsche nous aura bien ouvert les portes de la perception sur ce que nous devions cesser d'être, des bêtes à bon dieu, mais sans réel mode d'emploi, les résultats de ce que nous pensions devoir être furent monstrueux (fascisme, stalinisme, nazisme, impérialisme, néolibéralisme, individualisme avec des oeillères).

• E : En tous cas, tu as l'air de bien te soigner, tu gères tes « antécédents ». Mais faut pas non plus en faire tout un fromage : je te rassures, t'es un bon p'tit gars Moa ! Même si tu viens comme moi de l'autre planète, il n'empêche que tu es définitivement de ce monde Utopia. J'imagine que tu n'as plus rien à voir avec le Moa d'avant.

• M : Clair et net ! enfin j'espère. Des fois je doute de mes capacités réelles à m'intégrer dans ce monde.

• E : Eh, qu'est ce qui t'arrive ? Qu'on soit proto-Emancipé, juif, arabe, ou black, ou homo, bref Différent, on nous a toujours regardé de travers, comme si on venait d'une autre planète. Mais à force de dialogues et d'échanges culturelles, nous avons toujours réussi à nous assimiler, même si c'était pas forcément si simple. Alors si en plus maintenant les gens se moquent des Différences pour ne voir que les individus, je vois pas en quoi tu douterais de toi : tu es très ouvert, toujours à écouter et parler avec les gens quels qu'ils soient, à en tirer des leçons, à analyser leurs expériences. C'est pas de la flagornerie, mais t'es un mec bien Moa.

• M : Mouais, merci (soupir et sourire mêlés).


Moa bois lui aussi du reste de l'infusion aromatisée au datura. La scène est surréaliste : c'est Roméo et Juliette (en triolisme), se tenant la main de par et d'autre du gisant de Blanqui.


• Esperanta : Mais si tu es aussi bien ici (quoi que tu en dises), pourquoi me suis tu vers l'Ailleurs ?

• Moa : Parce qu'ici je suis souvent en lutte contre mes propres instincts, hérités de l'autre monde ! Même si je peux les canaliser, le virus des idées périmées sera malheureusement toujours en moi ! Ta présence, toi ma belle qui arrive de notre passé, me donne une nouvelle consistance : pour les Utopiens je suis avant tout un rescapé des Enfers, alors que toi je sais que tu comprends très bien ce que je vis. Nous sommes une symbiose : tu me permets de mieux assumer mes antécédents et de réellement apprécier ce que je suis ici par rapport à avant, alors que j'espérais pouvoir te faire partager toute la quintessence de ce Nouveau Monde si beau et pur ! Maintenant, si tu t'en vas, je préfère les vers de terre que vivre ici seul, avec ton souvenir impérissable.

• E : Minute papillon : moi je suis responsable de mon suicide, mais je veux pas que tu me copies, t'as pas le droit !

• M : Et pourquoi ?

• E : Parce que !

• M : Ce n'est pas une réponse !

• E : Si, c'est la mienne !!!

• M : …

• E : (putain, j'arriverai jamais à me foutre en l'air tranquille) Bon, t'as gagné, je veux pas me prendre la tête et assumer un suicide en duo.

• M : T'inquiètes, je suis responsable de mes actes !

• E : Donnons-nous une nouvelle chance, on verra bien ce que ça nous apportera. Il n'est jamais trop tard pour bien faire !


Moa lui administre l'antidote et en prend aussi ; Esperanta commence à décomater un peu.


• Moa : Je suis ton ami (et j'espère même plus) Esperanta, tu peux me dire ce qu'il s'est passé ?

• Esperanta : J'ai bien écouté mon prof et donc j'ai voulu partir bien, en rêvant, le sourire aux lèvres !

• M : Mais pourquoi avoir pris une infusion de datura ?

• E : Parce que la fleur est jolie et que j'en avais entendue parler : on m'avait dit que c'était surpuissant, que tu sortais de ton corps pour te voir de l'extérieur, que tu revivais (avec une impression de réalité effarante) des scènes du passé avec des êtres chers disparus. J'avais besoin de me ressourcer, de demander conseil à mes proches qui ne sont plus là depuis des décennies !

• M : Et pourquoi cette tombe en particulier ?

• E : Parce que, sortie de mon moi-même, je pouvais me voir, et plus facilement me comprendre avec cet éternel exemple qu'est Blanqui, le professionnel de la Révolution ! Etant perdue, j'avais besoin de comparer nos destinées (l'une gisant à côté de l'autre) !

• M : Je vois bien l'analogie entre vous deux : Auguste Blanqui, le père de « Ni dieu, ni maître ! », passant 36 ans en prison pour n'avoir jamais cessé de défendre (et surtout Lutter pour) la Cause (qui s'est malheureusement souvent dérobée à lui). Je me suis fréquemment demandé comment il aurait vécu si il avait vu l'avènement de son rêve (notamment lorsqu'il fut emprisonné à la veille de la proclamation de la Commune, le 18 mars 1871, mit à l'isolation complète et ne prenant connaissance du drame qui s'est déroulé qu'en 1876 à sa Libération).

• E : Lo no say! Mais sûrement qu'il aurait été dans le même état que moi. C'est bien pour ça que je suis venu lui demander conseil.

• M : Certes, mais je doute qu'il te répondes, il est mort en 1881, soit il y a 175 ans !

• E : Peut-être, mais en tout cas, je ressens son énergie, ses good vibes qui m'inspirent. C'était ça ou directement rejoindre Jim Morrison (tombe à proximité, toujours dans le Père-Lachaise) et prendre ma carte de membre du Club des 27 (artistes morts à l'âge de 27 ans, notamment Ottis Reding, Jimmy Hendrix, Kurt Cobain).

• M : Mais au-delà des commentaires d'outre-tombe, ce que tu as vu ces derniers temps, cela ne te suffit pas à te faire une idée précise sur tes capacités (et avant tout envies) à bien, ou plutôt dans le cas présent mal, vivre à Utopia ?

• E : Beh, c'est super flou ! Bien sûr qu'Utopia c'est de la balle, mais est-ce que je serais capable d'y trouver ma place et de m'y sentir à l'aise, je ne sais vraiment pas.

• M : Raison de plus pour essayer : quand on ne sait pas mais qu'on a envie de (se) découvrir, il faut tenter, tout en gardant à l'esprit que c'est toi qui décide du début comme de la fin du « jeu ».

• E : Bien envoyé ! Mais ce n'est pas évident de trier parmi ses sentiments, et encore moins de canaliser ses peurs !

• M : Je n'ai pas dit le contraire. Mais ça vaut au moins la peine d'essayer. Qui ne tente rien, n'a rien. Je te laisse réfléchir là-dessus !

• E : Après tout, pourquoi pas ? C'est vrai que même si ce monde est complètement différent, il vaut la peine d'être vécu. Surtout avec un tel guide. Notre histoire au fond, c'est que tu es mon Ariane, me tendant un fil conducteur pour sortir de mon labyrinthe de l'esprit où je lutte contre mon propre Minotaure, mon éducation de fin de civilisation.

• M : Je sais trop bien ce que tu traverses en ce moment, je suis aussi passé par là à mon arrivée ici. C'est pour ça que j'ai essayé, tant bien que mal, d'être très pédagogue avec toi, pour te montrer que ce n'est pas si difficile que ça de vivre au Paradis terrestre, même si l'on sort d'un grand voyage à travers le Temps et Soi-Même (toute la durée de la cryo est un rêve ininterrompu).

• E : Pour sûr, j'en ai des séquelles !

• M : T'inquiètes, ça s'estompera avec le temps, et je parle en connaissance de cause !

• E : Tu crois vraiment, et dis le moi en toute sincérité, que je peux me plaire ici ?

• M : Ah ça ma Dulcinée, il n'y a que toi pour le savoir, mais ais confiance ! Même si l'apprentissage et l'élaboration d'un nouveau monde sont difficiles, ça vaut la peine d'être vécu, car c'est Notre monde, comme Nous le voulons !

• E : Ouais c'est clair !!!

• M : En parlant de ça, le mieux serait peut-être que je te montre ce qu'est l'Utopia de tous les jours, à toi après de te faire ta propre idée des choses.

• E : Ça me va, c'est vrai que jusqu'ici j'ai surtout vu la partie émergée de l'iceberg, je suis curieuses de voir ce qui ne saute pas aux yeux (comme dans de nombreux domaines, c'est souvent ce qu'il y a de plus intéressant, du moins révélateur) : la vie quotidienne des Utopiens et leurs moeurs. Mais racontes moi d'abord les évolutions d'après le Grand Soir, pour que je comprenne comment on est arrivé à l'An 01, ça m'aidera à évoluer en comprenant les motivations et avancées des projets pendant que je dormais dans le froid absolu !

       
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21 janvier 2005 5 21 /01 /janvier /2005 20:57

 

Charte de l'Ethique en société Libertaire, Egalitaire et Fraternelle
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Charte de l'Ethique en société Libertaire, Egalitaire et Fraternelle :

• 1) Tu n'attenteras pas ni à l'intégrité ni à la dignité physique et psychique d'autrui !

• 2) Tu ne convoiteras point ce qu'autrui utilise ou les personnes qu'il fréquente ; pour autant tu pourras, à ta convenance, céder aux avances qui te sont faites et aux propositions d'utilisation !

• 3) Ne fais pas à autrui ce que tu n'aimerais pas qu'on te fasse, mais fais plutôt à autrui ce que tu aimerais qu'on te fasse (avec son accord bien sûr) !

• 4) Tu Participeras de manière énergique et engagée, ou tu risqueras en tant que profiteur des efforts d'autrui de te voir retirer les avantages d'Utopia : c'est gagnant-gagnant, sinon rien !

• 5) Participer, c'est apprendre aux autres à avoir envie de Participer ! Personne n'est indispensable, mais tout le monde est utile : De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins !

• 6) L'oisiveté est la mère de tous les vices, Prudence est la mère de Sûreté !

• 7) Les idées toutes faîtes ne peuvent s'apprécier qu'au regard de la Pratique !

• 8) Le sens Critique engendre le Libre choix, qui engage la Responsabilité !

• 9) Pas de devoirs sans Droits, pas de Droits sans devoirs !

• 10) Un bien mal acquis ne profite jamais !

• 11) Un pour Tous, Tous pour Un ! L'Union fait la force, mais il faut savoir garder son Indépendance d'esprit et d'initiative ! On n'est jamais mieux servi que par soi-même !

• 12) Tout un chacun doit assurer la promotion des vertus du Dialogue et du Débat, de l'écoute, de la compréhension d'autrui pour faire face à l'intolérance, les préjugés, la stigmatisation des Différences !

• 13) Ce qui unit est plus important que ce qui sépare ! Unité dans la diversité plutôt qu'équilibre précaire dans la standardisation ! Le Collectivisme c'est l'Unité du Multiple, divers et varié. L'humanité c'est l'Individualisation du nous Collectif !

• 14) Nous sommes tous Egaux, même si nous sommes tous Différents !

• 15) La Résistance de l'ensemble se résume à celle du maillon faible, le moins protégé ou résistant !

• 16) Se faire accepter sans s'imposer, en observant le Respect que chacun attend !

• 17) La Liberté consiste à dire ce que les autres ne veulent pas entendre !

• 18) On a le droit de demander, de refuser, mais on a le devoir de dire ce qu'on pense ! Sans Liberté de blâmer il n'est point d'éloge flatteur !

• 19) La violence et les contraintes sont un aveu d'échec par rapport au Dialogue et à la Libre acceptation !

• 20) Faire comprendre et non faire savoir, inciter à la Réflexion pour développer le sens Critique ! Avoir des idées qu'on ne nous a pas apprises, voir des merveilles qu'on ne nous a pas montrées ! L'imagination est plus importante que la connaissance !

• 21) Comme on ne peut atteindre la perfection, il faut au moins atténuer le mal ! L'humain naît naturellement bon & mauvais, c'est la société multi-individuelle qui doit atténuer le mal et encourager le Bien !

• 22) Mieux vaut ne jamais manquer du nécessaire que d'avoir en abondance du superflu !

• 23) Il faut savoir regarder les problèmes en face, sans se voiler, essayer de les comprendre (sans pour autant excuser l'inexcusable), Dialoguer et Débattre pour trouver des solutions adaptées et acceptées ! La remise en question est nécessaire à l'évolution, pour une meilleure adéquation !

• 24) Aller à l'idéal, comprendre le réel !

• 25) Les mentalités et stéréotypes sont une censure plus forte que l'officielle !

• 26) Le pouvoir est aux Citoyens, le déléguer n'est pas s'en décharger ! Il faut donner le pouvoir à celui qui ne le recherche pas et qui saura qu'en faire pour le bien de Tous ! Ce n'est pas ceux qui savent le mieux parler qui ont les choses les plus intéressantes à dire !

• 27) L'activité matérielle/productrice doit être une récréation aux activités de l'esprit !

• 28) C'est parce qu'on a peur de se dépasser que les choses paraissent impossibles !

• 29) Tout vient à point pour qui sait attendre !

• 30) Pour atteindre la vérité, il faut creuser sous la surface des apparences ! Rien n'est blanc ou noir, tout est dans la nuance de gris !!!
       
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21 janvier 2005 5 21 /01 /janvier /2005 20:55

Sérénité et Justice
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• M : C'est tout con : on débat et on vote, en Assemblée Générale, des règles Collectives. Une fois celles-ci acceptées par tous, celui qui les enfreint est jugé par un tribunal temporaire (il n'y en a plus de permanent, car les problèmes se gèrent par la médiation, et les cas échéants sont trop peu, tant mieux). Celui-ci se compose d'érudits des règles Collectives, d'un jury populaire trié au sort et des avocats du Droit. Il n'y a plus de représentant de la société (mon cul oui, des intérêts et de la morale de l'état plutôt : c'était le boulot du procureur de la république) car il pouvait injustement alourdir les peines ou bloquer des affaires. De même, les avocats sont communs aux deux parties, à charge pour eux de s'en tenir au Respect et à la défense du Droit (plutôt que de chercher des failles juridiques pour sauver leur client). Ici, seul le verdict populaire fait loi. Il se doit bien sûr d'être tempéré (et non pas « la loi est dure, mais la loi est juste », baliverne), très argumenté et surtout unanime.

• E : Et donc, les rares qui sont condamnés ?

• M : La plupart du temps, leur faute est plutôt légère et donc ils payent leur dette à la société en faisant davantage d'heures d'activité que les autres et en étant clairement identifié comme « puni », comme les élèves avec leur bonnet d'âne. L' « humiliation », si elle s'accompagne bien sûr après de gestes de réconfort pour bien marquer la fin de la punition, est la sentence qui marque le plus, sans faire trop mal. Il n'y a que comme ça que certains apprennent. Pour les crimes de sang ou infractions graves aux règles Collectives, très exceptionnels, la sentence est soit la mise à l'écart avec programme de re-socialisation (via des activités artistiques qui adoucissent les mœurs ou d'éveil à se rendre utile – aux autres et surtout à soi-même) ou pour les cas incurables, la punition suprême : la privation de Liberté, l'enfermement. Il faut bien te dire qu'avec toutes les écoles que nous avons ouvertes, nous avons aussi du coup fermé toutes les prisons (transformées pour les quelques « pensionnaires » en centre de re-socialisation où on rattrape les bases et redonne le Respect et le goût des Autres). De toute façon, n'importe quel parent ou juge te diras que l'enfermement n'est pas une solution car il crée des frustrations, déconnecte un temps de la réalité (pour la Paix des autres), mais rend la situation de retour souvent plus délicate qu'au départ.

• E : Mouais, ça me paraît très gentillet tout ça ! C'est quoi vos règles alors ?

• M : Ce sont des règles de bonne conduite en société plutôt que des lois. En fait, on a repris beaucoup d'existant de la philosophie et des dictons/proverbes pour indiquer ce qu'Utopia encourage, tolère et n'apprécie guère.

• E : Ouais mais bon, c'est plus que léger, les gens ont besoins d'être canalisé, sinon ils font vite n'importe quoi, d'autant que vous êtes très permissifs !

• M : C'est bien pour ça qu'on a peu de règles, mais qui sont suffisamment larges pour indiquer (et surtout faire en sorte que réellement nul n'ignore les règles) aux gens les limites de leurs Libertés, pour ne pas nuire à autrui en rognant sur la Liberté des autres :

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21 janvier 2005 5 21 /01 /janvier /2005 20:54

S'éduquer pour mieux s'Emanciper
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• E : Si les valeurs ont changé, les enseignements et leurs méthodes aussi ? J'imagine bien que le système éducatif et de formation en règle générale ne doit plus avoir grand-chose à voir avec nos anciens bancs de l'école !?

• M : Non, en effet, c'est le moins qu'on puisse dire ! En fait, on applique les mêmes principes que dans le monde de la Participation, à savoir favoriser et développer la Coopération des Individus, plutôt que de promouvoir la compétition qui ne fait que créer stress et frustrations. Pour l'école, on a arrêté le système de notation pour encourager les enfants qui éprouvent des difficultés à prendre sur eux et à chercher à se dépasser. Car tout le monde est capable : c'est « juste » une question de confiance en soi, de pratique patiente et méthodique, d'accompagnement avec un peu de bâton (symboliquement bien sûr ; la violence ne sert à rien, sinon à créer de la frustration qui ne présage jamais rien de bon) et beaucoup de carotte.

• E : Mais c'est n'importe quoi ton truc ! Comment les gamins ils font pour savoir s'ils sont bons ou pas, connaître leur niveau, savoir dans quel domaine progresser si il n'y a plus de note ?

• M : Mais on continue les tests et les devoirs ! C'est juste qu'on souligne les erreurs, on les commente pour faire en sorte que l'enfant comprenne, mais on ne juge pas son niveau !!! Certains percutent de suite, d'autres comprennent vite mais il faut leur expliquer longtemps, s'esch a so !

• E : Et ensuite pour changer de classe ? Pour valider un niveau ???

• M : Ben quoi ! Ça prendra le temps qu'il faudra, il n'y a plus d'échelle d'âge avec des connaissances à avoir à chaque étape et liées à son âge ! Les enfants évoluent à leur gré, avec quand même des points de repères pour savoir où l'on se situe, mais les gamins peuvent passer à la classe supérieure si ils savent lire, écrire, compter, puis si ils parlent une langue étrangère, et ainsi de suite, de compétences en compétences. Les classes sont à présent fonctionnelles et non plus basées sur la date de naissance.

• E : Mais c'était pareil avant !

• M : Oui, je sais, c'est fait exprès, c'est juste pour te montrer qu'on ne considère plus le redoublement comme une fatalité ou une punition. Il n'existe plus en fait, il a été remplacé par l'idée que l'on « stagne » à un niveau jusqu'à avoir saisi les bases, puis on peut passer au niveau supérieur, mais sans notion de temps entre les deux (chacun à son rythme, mais tout le monde arrivera à une base minimum). Tout comme la formation professionnelle.

• E : Oui ?

• M : En fait, on se forme quasiment tout au long de sa vie. Pour se tenir informé des dernières méthodes, techniques ou machines, mais aussi pour se remémorer certaines compétences et rectifier des « défauts ». Nous privilégions vraiment la formule de l'alternance, dans tous les domaines. Dans pratiquement toutes les activités, l'enseignement théorique et la mise en application pratique font parties de la même logique d'acquisition des compétences : on apprend d'abord comment c'est censé se passer, et après on fait en sorte que ça marche. Heureusement, à ce niveau là les anciens nous aident en Partageant leurs connaissances et leur expérience. Dans l'autre sens, les petits jeunes apprennent aux vieux l'utilisation des nouvelles technologies. Ainsi le savoir du passé reste utile au présent, et l'appropriation des nouveautés peut se faire aisément par toute la société, surtout ceux qui ont du mal à s'adapter à la Révolution technologique. La transmission des savoirs est très importante et même primordiale à Utopia. La connaissance est une vraie richesse, à contrario des cailloux qui brillent.

• E : Tout ça c'est bien vrai mon p'tit gars ! Ça parait tellement beau. Mais comment vous tenez les gens, quelles sont vos lois, comment gérez vous les rapports humains ? Si quelques uns déconnent, il doit bien y avoir une Justice. Comment vous l'avez organisé ?

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21 janvier 2005 5 21 /01 /janvier /2005 20:53

… ET DONC DE l'argent !!!
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• M : Très bonne question, merci de l'avoir posée !

• E : Mais encore ??? Si vous vouliez vous Emanciper, il fallait arrêter l'égoïsme ambiant de fin de millénaire. Dans l'autre monde, c'était vraiment chacun pour sa gueule et Dieu pour tous !

• M : Ouais, sauf que dieu était surtout pour que le meilleur gagne ! Mais sinon c'est vrai que nous étions, même en matière de mieux-vivre, en compétition totale et absolue entre groupes humains. Ceux qui trouvaient un truc utile s'empressaient d'y apposer un brevet pour que personne n'en profite, sauf moyennant finance.

• E : Ça me faisait vomir quand je voyais que l'Afrique et autres contrées assistaient, impuissantes, à la décimation de leur jeunesse (et autres forces vives, c'est toujours les meilleurs qui partent les premiers). Alors que les nordistes étaient plutôt bien soignés, les sudistes pouvaient crever la gueule ouverte ; ils n'avaient pas assez d'argent (« normal », depuis le temps où les pays du Nord pillaient les ressources à leur profit et pour les dictateurs qu'ils avaient mis en place pour assurer la stabilité – plutôt le chaos vu les tensions exacerbées – des pillages) donc ne méritaient pas de vivre (vision des industriels pharmaceutiques, épaulés par les politiques qui ont laissé faire).

• M : C'est sûr qu'avec tout le pognon que les oligopoles pharmaceutiques engrangeaient, ils auraient pu faire un geste : mais le capitalisme ne fait jamais de social, c'est sa règle d'or, quoi qu'il en soit et qu'il en coûte : rien à foutre des autres, t'as qu'à payer ; si tu ne peux pas tant pis pour toi, c'est ton problème ! C'est bien toute la cruauté des brevets !!!

• E : Oui, enfin, je me rappelle aussi que par rapport à ça, il y avait pleins de gens qui contournaient le système (autant que possible) en brisant les brevets et autres propriétés intellectuelles pour les mettre à disposition de tous !

• M : Tout à fait, heureusement que ces gens étaient là ! Vive les Indisciplinés qui font tomber les disciplines non seulement absurdes mais aussi inhumaines ! Ton exemple avec les médicaments était très bon, car il révèle pour des questions morales (de santé) des positions amorales (seul l'argent permet de se soigner). Et c'est tout aussi applicable à d'autres brevets, moins sensibles mais aussi importants : les technologies liées au développement durable (car la propreté et le Respect de l'Environnement ne sont pas négociables), la Culture (si les philosophes Grecs avaient breveté leurs idées, peut-être que la Démocratie Athénienne n'aurait pas vu le jour, et sûrement pas sous sa forme si épanouie). En somme, toutes les innovations, tant technologiques qu'intellectuelles, devaient profiter au monde entier et non aux seuls possédants et personnes suffisamment bien pourvues.

• E : Hum, je comprends bien là le choix de civilisation : soit une société égoïste où ceux qui trouvent génèrent de l'argent pour leur pomme au détriment de l'Intérêt Général, soit un Mutualisme où tout ce qui peut être utile à l'Humanité est mis gratuitement à sa disposition pour le Bonheur de Tous (la contrepartie, non financière, étant assurée par un total Libre Accès à ce qu'on fait les Autres).

• M : Très juste, et c'est en cela que l'autre monde à basculer vers l'Anarchie Collective et Mutuelle, justement parce que devant l'urgence de notre civilisation qui détruisait plus qu'elle ne construisait, il fallait que toutes les bonnes idées et intentions se Fédèrent et se complètent pour trouver des solutions adaptées. Chose possible que s'il n'y a pas de barrière entre ceux qui cherchent, ceux qui trouvent, ceux qui utilisent et ceux qui éliminent / recyclent. Ainsi, la notion d'argent était d'elle-même remise en cause. Obligatoirement, pour que notre nouveau système d'échange fonctionne (sans contrepartie financière), il fallait non plus que les uns travaillent pour les autres, mais que les uns Participent avec les autres : l'un produit des médicaments, l'autre du pain, un troisième des machines, un quatrième de la musique et tous bénéficient des produits/services de chacun. La Coopération a toujours été plus avantageuse sur le long terme que la compétition. Les uns bénéficiant des bienfaits de tous les autres, il n'y a plus de notion d'égoïsme de l'intellect (il ne faut d'ailleurs jamais oublier que l'on est « intelligent » que grâce et par les autres, car tout ce que nous savons est une évolution de la pensée Collective depuis l'aube des Temps) et tout le monde profite des progrès de chacun.

• E : Tu peux rentrer dans le détail de ce monde sans argent, parce que même si je pouvais le souhaiter, je n'avais jamais réfléchi à son éventuelle mise en place.

• M : Beh quand tu sais que l'argent coûte cher à gérer et qu'il faut beaucoup de monde pour vérifier que la monnaie sonnante et trébuchante soit encaissée (alors qu'il y a tellement de choses plus utiles à faire), tu te dis qu'on peut faire mieux ! C'est relativement simple en fait : si on considère, à juste titre, que le temps c'est de l'argent, Utopia a donc pris le problème par l'autre bout en définissant que l'argent c'est du temps.

• E : Pour l'instant je te suis !

• M : Bon, alors je continue. Donc, comme l'argent c'est du temps, il suffit que tout le monde travaille comme avant (en terme de temps) pour avoir accès à une quantité définie de biens et services en relation avec le temps de production effectué.

• E : Jusqu'ici tout va bien, mais plus dure pourra être la chute. Développe, je t'écoute !

• M : La vraie différence à Utopia, c'est que tout le monde doit Participer, non pas en échange de la stricte valeur marchande du temps passé, mais pour avoir Librement accès à l'ensemble des prestations produit par les autres Participants !

• E : Je comprends pas là.

• M : Pour revenir à notre autre monde, tu bossais 8 heures à raison de 8 € de l'heure et tu pouvais donc t'acheter pour 8*8 = 64 € de biens de consommation. A Utopia, tu Participes 8 heures et tu prends en échange ce que tu veux puisque tout est en Libre accès en contrepartie de l'effort de Participation fourni !

• E : Mouais, mais du coup c'est la razzia et on passe dans un système d'hyperconsommation !

• M : Beh non, c'est pas parce que tout est gratuit (en échange d'heures de Participation) que tu vas mettre une télé dans les toilettes ou que tu achèteras 3 baguettes de pain si tu n'en manges qu'une !

• E : Beh si, pourquoi pas ?

• M : Bien sûr que tu peux le faire, personne ne l'interdit, mais il n'y a eu que quelques abus au début, justement parce que tout était à profusion et que tout le monde souhaitait en profiter, mais maintenant que les choses sont installées, les gens font vraiment en fonction de leurs besoins puisqu'ils savent qu'ils peuvent se resservir et prendre du rab autant de fois qu'ils souhaitent !

• E : Peut être que les gens n'abusent pas en quantité, mais alors ils le font en qualité !

• M : Complètement !!! Mais pour autant ils n'en abusent pas. J'imagine que tu sous-entends que tout le monde voulait, par exemple, avoir une Ferrari. Bien sûr, tout le monde veut en profiter et avoir une belle voiture, mais aller tous les jours au boulot en Ferrari ça casse le dos et ce n'est pas pratique. Du coup, seule compte la dure loi du capitalisme : seule les meilleurs restent, non plus par rapport à des prix pas chers, mais uniquement en se basant sur la qualité. On achète plutôt une class A qu'une twingo, vu qu'il n'y a plus de différence de prix.

• E : D'accord, donc soit la twingo évolue pour être compétitive en termes d'attraits, soit ?

• M : Soit l'usine s'adapte pour produire, de manière Indépendante, des class A. Les Utopiens s'en fichent du modèle de leur véhicule, seul compte son adéquation avec la demande. En fait, il n'y a plus de compétition entre marques ou autres, mais juste entre différents projets, où ce n'est plus le puissant qui gagne (car il investit à fond en marketing ou casse les prix) mais véritablement le plus efficace et adapté ! La même meilleure preuve que l'Anarchie marche, c'est le capitalisme !

• E : Hein, tu peux me la refaire celle-la ?

• M : En fait, les deux fonctionnent sur la totale Liberté (l'origine des Libéraux se trouvent dans les Contestations du XIXè siècle, à Gauche et au centre droit) Individuelle, sauf que le capitalisme sanctionne par l'argent et le pouvoir, là ou l'Anarchie laisse faire tant que cela correspond à un besoin (« rentable » ou non) et répond aux valeurs de la société (humaine s'entend bien sûr). Les deux systèmes visent l'efficacité optimale en répondant au mieux aux besoins (exprimés ou non). La différence de taille c'est que le capitalisme est sans foi ni loi et que sa devise est « que le meilleur gagne », là où l'Anarchie permet même au petit de s'épanouir avec pour leitmotiv que « l'important est de Participer ».

• E : Et tout ça tient comment ?

• M : Par le fait que tout le monde (en tout cas ceux qui souhaitent bénéficier du système) Participe, à son niveau, en fonction des ses compétences/capacités et de ses envies !

• E : Mais du coup tout le monde veut être artiste ou faire ce genre de métier attractif.

• M : Non, d'une parce qu'être artiste ça ne s'invente pas et que la sanction du public peut être radicale. Si tu veux, il n'y a pas d'organisme qui sanctionne l'utilité ou non de la Participation de chacun. C'est à tout le monde de savoir si il est utile à la société et si son activité l'épanouie autant qu'elle devrait, sinon il change ! En plus, vu que nous sommes dans une civilisation de Solidarité, et non d'assistanat, les gens veulent bien s'entraider, mais pas au profit de crevards qui ne rendraient pas la pareille. Au-delà de ça, on a remplacé partout où c'était possible les humains par des machines (caissières remplacées par un lecteur de code barres pour gérer le stock, automates électroniques à la place des travailleurs à la chaîne), afin d'employer les personnes a des tâches plus intéressantes (et moins fatigantes) pour elles et utiles à la Collectivité. On retrouve ainsi davantage de personne pour s'occuper des enfants et des vieux, entretenir les espaces verts, effectuer des travaux d'aménagement ou de réparation.

• E : Peut-être, mais il doit y avoir pleins de boulots que personne ne veut faire !

• M : Bien sûr, mais déjà vu que tout le monde Participe, le temps de Participation a été ramené à 20 heures par semaine (à organiser comme l'on souhaite, en fonction des besoins et de ses collègues) et les métiers contraignant ou nécessitant de grandes compétences ont vu leurs horaires ramené à 16 heures hebdomadaires, justement pour encourager les vocations. Si tu trouves qu'ils sont privilégiés, rien ne t'empêche de le faire aussi ! En plus, on amplifie la motivation de tous les Participants avec des points retraite pour partir plus tôt du monde actif pour profiter davantage du monde récréatif.

• E : Par contre, je suis sûre que vous devez galérer pour trouver des entrepreneurs, des gens prêts à prendre des risques pour lancer des projets !

• M : Même pas !!! D'abord parce que tout est fait (notamment d'un point de vue administratif) pour faciliter la vie à ceux qui tentent des expériences (qu'elles marchent ou pas, elles enseignent beaucoup de choses et à tout le monde) car les bienfaits pour l'individu comme pour la société peuvent être importants. En plus, preuve que l'argent n'est pas le moteur essentiel de l'humain, beaucoup d'entrepreneurs connaissaient de terribles difficultés (surtout au démarrage) et le fait de vivre correctement de son activité était loin d'être garanti ! En outre, c'est souvent dans les associations ou autres structures, que les gens se donnent à fond … en tant que bénévoles. Pour les gens, le plus important était : la sécurité de l'emploi (fonctionnariat), l'intérêt pour son travail, la rémunération (25%), le temps Libre. Et l'autre chose, c'est que toute la Collectivité peut aider et que vue qu'il n'y a pas de crainte à avoir sur ses moyens de subsister si on Participe à une quelconque réalisation (matérielle ou non), n'importe qui peut s'Associer à des porteurs de projet (et on verra bien ce que ça donnera, si ça marche c'est bien, si ça marche pas tant pis, on n'en fera pas une maladie). Le plus important dans tout ça, c'est d'accompagner les gens, de leur donner toutes les connaissances dont ils ont besoin.

• E : Et au final t'as pas répondu à ma question : si il n'y a plus de propriété privée, au profit d'une propriété d'usage, est-ce qu'on peut dire du coup qu'il n'y a plus de riches car tout le monde est devenu riche ???

• M : En fait ce que je voulais dire c'est que de la propriété privée découlait la totalité des rapports hiérarchique et de soumission, entre celui qui possède et ceux qui n'ont qu'eux-mêmes comme marchandise d'échange (de par leur force, leur habileté, leur intelligence, …, bref selon leurs compétences et capacités). Aujourd'hui les choses sont différentes car vu que tout le monde « possède » ce qu'il utilise et que tout un chacun se rend utile sur le marché de la Participation, n'importe qui a des conditions matérielles de vie correctes. Tout le monde n'est pas devenu riche (vu que tout est gratuit), mais plus personne n'est pauvre !!!

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21 janvier 2005 5 21 /01 /janvier /2005 20:52

De la propriété privée… et donc de la répartition de l'argent
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• M : Dans toutes les constitutions, depuis que la civilisation est monde, la propriété privée a toujours été inaliénable … jusqu'à Utopia ! Par contre, il faut bien comprendre que la propriété privée est clairement à la base de toutes les inégalités et aliénations sociales !!!

• E : En quoi ?

• M : En quoi ?!?!?! En que beaucoup possédaient des terres, des droits de passage, des accès à l'eau et autres privilèges hérités de leurs ancêtres mais qui étaient complètement injustifiés !

• E : Ben non, pourquoi ? Puisque ça venait du passé, ça veut juste dire que d'autres c'étaient cassés le cul pour obtenir tout ça !

• M : Non, parce que la Révolution, bourgeoise de 1789, a abolie les privilèges (du moins pour les deux états possédant – noblesse et clergé –, cette autre classe s'en étant alors crée sur-mesure de nouveaux) mais s'est empressée (car les bourgeois étaient aussi de grands propriétaires terriens) de maintenir et même de sacraliser la propriété privée, vol du bien commun au profit des intérêts particuliers comme disait Proudhon !

• E : Peut-être, mais je vois pas ce que ça à voir avec les problèmes du IIIè millénaire !

• M : Ça a à voir déjà avec la spéculation immobilière et foncière !!! Non seulement une usine pouvait s'implanter n'importe où sans considération des attentes et réflexions des Citoyens riverains puisque n'importe quel propriétaire pouvait vendre à n'importe qui, mais surtout ça alimentait la pénurie de terrains et des logements. Dans le cas des terrains, beaucoup de jeunes qui souhaitaient vivre de la terre (directement ou qui en avaient besoin dans le cadre d'activités annexes) éprouvaient de grandes difficultés pour s'installer. Leur motivation était là, mais il suffisait qu'un plus riche qu'eux, qui voulait également produire ou juste attendre que les prix continuent à flamber (genre Depardieu dans le vignoble languedocien), surenchérisse pour que celui-ci qui avait déjà un patrimoine s'enrichisse, au détriment du pauvre qui voulait juste vivre un tant soit peu décemment de son activité.

• E : C'est ce qu'on appelle la loi du marché, que le plus fort ou le mieux pourvu gagne !

• M : Et que les autres marchent derrière lui ou crèvent ! Justement on n'en voulait plus de ce genre de système. Ce qu'on voulait c'est que chacun ait sa chance pour créer son activité et pas que les faibles travaillent tous pour les forts, comme avant. D'autant plus qu'avec l'aménagement du territoire en infrastructures de communication et de transport rapide (avions et TGV), bon nombre de gens du cru éprouvaient le plus grand mal à se caser à juste prix.

• E : C'est la rançon de la gloire quand on habite une belle région, il faut du soleil pour tout le monde !

• M : Bien sûr, je n'ai pas dit le contraire, mais comprend bien aussi (sans faire de préférence régionale) que les locaux qui travaillent dans le coin ont un intérêt prioritaire à se loger décemment et ce à des prix corrects, que des Parisiens ou autres qui ne vont dans leur belle maison qu'une fois de temps en temps (maison secondaire, ça veut dire ce que ça veut dire). Surtout qu'encore une fois, beaucoup avaient repéré le bon filon et avaient acheté au ras des pâquerettes des quasis ruines pour les retaper et les revendre avec une très belle plus-value.

• E : Normal si ils ont sué sang et eau pour refaire à neuf un bâtiment délabré !

• M : Oui, sauf qu'ils faisaient encore une énorme bascule commerciale, juste parce que pendant qu'ils rénovaient, les prix grimpaient tout seul, donc à la vente, au prix justifié de la remise en état s'ajoutait celui de la flambée spéculative. Du coup, les locaux devaient essayer (chose peu évidente, car il n'y avait pas des masses de maisons habitables, à des prix corrects, puisque c'étaient elles qui étaient parties en premier) de se débrouiller pour se loger là où ils pouvaient, quitte à faire des bornes dans la montagne pour aller sur leur lieu de travail. Je me souviens d'ailleurs qu'il y avait un éleveur de brebis qui ne pouvait louer de terrain (pas de sou) pour faire paître son troupeau, chose qu'il fit sur la propriété d'une dame de la haute qui avait hérité de ces terres. Elle ne venait jamais en province, n'utilisait pas son terrain, mais elle gagna en procès contre cet honnête travailleur, alors que le code agricole précise bien, depuis 1945, que des terrains agraires laissés en friche peuvent être réquisitionné. Tout comme les appartements, sachant que presque 10% étaient dans ce cas à Paris, alors que les gens avaient du mal à se loger correctement.

• E : Et comment vous faîtes vous alors ?

• M : On y est allé avec des pincettes, parce que dès qu'on souhaitait parler sérieusement de remise en cause de la propriété privée, tous les boucliers se levaient, alors que c'était la base même de l'exploitation de l'humain par l'humain, sur le fondement aussi injuste que l'héritage du passé. La Révolution de 1789 avait bien réussi à exproprier l'église de ses bâtiments (que le Peuple avait construit) et de ses biens (que le Peuple avait financé). En fait, on a organisé beaucoup de débats pour prendre les points de vue de différents interlocuteurs et types d'acteurs sur ce genre de sujet. On s'est alors rendu compte que les gens avaient peur car ils pensaient qu'on allait les virer de chez eux pour installer d'autres personnes, comme ça, du jour au lendemain. Alors qu'en réalité, ce que nous souhaitions c'était redéfinir civilisationnellement la notion de propriété !

• E : Justement, c'est quoi alors votre point de vue à ce sujet ?

• M : Notre point de vue c'est que tout ce qui n'est pas utilisé par autrui appartient à tout le monde !

• E : Je vois le genre, du coup rien n'appartient à personne, tout appartient à tout le monde. Mais si tout est donné comme ça, pourquoi se faire chier dans la vie ?

• M : Parce que tout n'est pas donné comme ça, comme tu dis, c'est plutôt prêté avec obligation de maintenance et qu'on se doit de garder une certaine logique entre ses envies et ses besoins ! Et puis on pratique quand même une certaine forme de méritocratie (autant que de Solidarité) pour départager plusieurs demandes sur une offre. A présent, les logements sont distribués en fonction du nombre de personnes qui souhaitent y habiter et de leurs caractéristiques (célibataire, couple sans enfant et qui en veut ou pas, famille recomposée, famille nombreuse, personnes âgées). L'offre de logement s'adapte à la typologie des demandeurs et à leurs besoins. Du coup, on ne voit plus de couple sans enfant et qui n'en veut pas habiter un F5 alors qu'une famille nombreuse s'entasse dans un studio. C'est juste une question de logique et d'équilibre entre l'offre et la demande. Dans d'autres domaines, des objets sont à la Libre disposition des personnes, dont elles ont la charge et la responsabilité, jusqu'à ce qu'elles ne les utilisent plus. Plutôt que de faire comme les sales gosses qui braillent parce qu'un autre joue avec leur jouet alors qu'ils ne le regardaient même plus (on veut toujours ce qu'on n'a pas, on ne veut jamais ce qu'on a déjà), maintenant les jouets appartiennent à la Collectivité (c'est-à-dire à tout un chacun) et n'importe qui peut s'en servir tant qu'il en a besoin (en préservant et garantissant la future utilisation par d'autres, autrement dit, en prenant soin des biens de la Collectivité), ensuite ça tourne ! Pour les terrains c'est pareil : c'est la Collectivité qui vit autour de ces terres qui en a la charge, à elle de choisir les bons projets pour le Respect de son environnement et de son développement. Et encore une fois, celui qui construit possède, du moins tant qu'il en à l'usage.

• E : Mouais, en tout cas, ça n'engage pas les gens à produire, si le fruit de leur travail peut leur échapper !

• M : Mais tu crois que c'était comment avant, faut que t'arrêtes de déconner ma belle !!! Tu crois que les artistes faisaient quoi quand ils signaient avec une major ? Ils cédaient leurs droits d'auteur pour récupérer les miettes des ventes, après les coûts exorbitants du rouleau compresseur du marketing/communication. Idem pour les inventeurs et autres découvreurs de toute sorte. Je comprends bien ta réflexion, elle témoigne des errements d'une époque sombre. Mais ici nous appliquons le Collectivisme, pas le communisme autoritaire. Même si la propriété est à tous, chacun gère ce qu'il fait de son bien d'usage (dans le Respect de règles contractuelles) : la mise en commun signifie que tout est figé dans un moule normé, alors que nous privilégions l'esprit d'innovation et d'engagement par une réelle Indépendance.

• E : Mais tout ça, c'est des cas très particuliers. Et dans l'économie de tous les jours et de monsieur/madame tout le monde ?

• M : Ce n'était pas mieux. Un patron monte sa boîte, il en chie des ronds de chapeau, puis il commence à employer et fait alors comme le bizutage : j'en ai chié pour que ça marche, maintenant que c'est le cas, je t'embauche, mais ne crois pas que les choses seront plus faciles pour toi que ça ne le fut pour moi !

• E : Ce qui est normal, car les employés arrivent dans une entreprise qui tourne correctement, justement parce que d'autres ont essuyé les plâtres auparavant. En soi, ça ne me choque pas plus que ça !

• M : Mais c'est clair que certains ont fait d'énormes efforts et de sacrifices pour que l'entreprise fonctionne, mais après il faut bien comprendre aussi que c'est les employés, leur motivation et leurs compétences qui font que la société peut se développer et gagner des parts de marché. Malheureusement, très et trop souvent, l'employeur effectue de nombreuses pressions sur le travail bien fait (normal, pour ne pas casser les efforts de celui qui a monté la boîte, mais quand même), crée du stress à l'efficacité (j'ai travailler comme un fou sans compter mes heures, tu dois faire sinon pareil, au moins aussi bien dans la motivation), le tout avec un comportement de grand manitou-patron (j'ai réussi, je suis le plus fort, c'est moi le boss). Si tu pimentes le tout d'une différence énorme de salaire (alors que si l'entreprise est là où elle en est c'est grâce à celui qui a monté et lancé sur les rails la boîte, mais pour qu'elle reste bien positionnée et s'améliore, c'est aussi grâce au travail des employés, où leur salaire est une infime miette de la valeur – et donc du bénéfice – produite : le boss roule en Mercedes, les employés qui font que la boîte tourne et se développe, en Fiat), tu comprends bien que le fonctionnement n'est pas juste, du moins dans la pensée utopienne.

• E : Beh ouais mais bon, qu'est-ce que vous proposez vous alors ?

• M : Déjà, on favorise à fond la création de Coopératives, où il y a plusieurs associés à un projet, et où tous les employés peuvent à terme faire parti des actionnaires. Non seulement ça facilite la création d'activité car les risques mais aussi, et surtout, les compétences sont associés pour plus d'efficacité, mais en plus ça motive d'avantage les porteurs de projet car ils savent que leurs Partenaires (plutôt qu'employés) seront véritablement engagés dans la réussite de l'expérience.

• E : Et pour ceux qui veulent monter leur boîte tout seul ? Parce que autant c'est difficile et exigeant de porter à bout de bras un projet mais au moins on le fait comme bon nous semble, autant être à plusieurs peut ralentir le développement par la prise de décision stratégique en débats !

• M : Certes, mais ceux qui veulent partir seul à l'aventure peuvent le faire, rien ni personne ne les en empêche. Par contre, une fois l'entreprise lancée, il faut bien que la personne comprenne que si elle a beaucoup à gagner en embauchant des gens, en tant que créateur de développement, elle doit les considérer non pas comme ses esclaves à sa solde, mais bien comme des Partenaires dans la réussite du projet. Tout seul, même le plus grand génie n'est pas grand-chose : l'Union fait la force, mais les Participants doivent être considérés comme des Partenaires et doivent en cela voir leurs compétences et leur motivation clairement reconnus. Ceux qui restent dans le navire ne doivent pas être considérés comme des mousses, mais bien comme des coéquipiers du capitaine, qui ne peut pas jeter son bateau sur les rochers en prenant des décisions à l'emporte-pièce contre l'avis de son équipage !

• E : Je suis déjà un peu plus d'accord avec ta vision des choses. Mais tout ça concerne plutôt la redistribution de l'argent que la propriété privée en tant que telle.

• M : Oui, sauf que l'un découle conceptuellement de l'autre !

• E : La richesse des uns provient de l'usurpation privée de la propriété de tous ? C'est ça que tu veux dire ??? Donc s'il n'y a plus de propriété privée, au profit d'une propriété d'usage, est-ce qu'on peut dire du coup qu'il n'y a plus de riches car tout le monde est devenu riche ???

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21 janvier 2005 5 21 /01 /janvier /2005 20:50

De la Fédération en Démocratie Directe
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• Esperanta : J'imagine que vous avez utilisé les leçons du passé sur la mise en place des dogmes et de leur Contestation tout au long de l'Histoire, pour définir comment vivre sans contraintes autres que celles Librement déterminées et acceptées par la société ?

• Moa : Je n'aurai pas dit mieux ! Bien évidemment, si tu veux combattre quelque chose efficacement, il faut déjà connaître son ennemi et encore mieux son histoire pour définir ses points faibles. Une fois qu'il est terrassé, il est bon de se souvenir des conditions de naissance du système que l'on a rejeté pour en développer un nouveau et s'assurer que celui-ci sera meilleur pour le genre humain et les autres animaux qui nous entourent, tout autant qu'il sera maîtrisable dans ses toujours possibles dérives.

• E : Alors, maintenant que tu m'as expliqué en long, en large et en travers toutes les péripéties de l'autre monde, tu vas peut-être enfin pouvoir me dire comment fonctionne Utopia, cette civilisation du Bonheur Universel pour tous les êtres vivants sur cette si belle planète bleue !

• M : Maintenant je peux, en effet ! Mais tu comprends bien que j'étais obligé de te faire ce rappel en masse de l'Histoire de l'autre monde pour bien saisir le besoin de changement radical attendu par l'humanité depuis des millénaires (et très mal raconté dans les livres scolaires, et pour cause, les états ne voulant pas que nos chères petites têtes en sachent trop et deviennent Contestataires) et comment procéder à la mise en œuvre d'un système fondamentalement différent en quelques temps.

• E : Oui, mais maintenant j'aimerai bien qu'on passe aux choses sérieuses, que tu m'expliques le monde tel qu'il est aujourd'hui, le passé c'est le passé comme tu le disais si bien toi-même.

• M : Ok d'accord ! Bon, beh je crois que le mieux c'est d'attaquer d'entrée de jeu par le gros morceau ! Je m'en vais donc t'expliquer comment nous sommes passés en l'espace d'un an et une nuit d'une république élitiste néocoloniale centralisée à une Démocratie Directe(ment) Populaire Humaniste et Fédérale, en faisant une transition par une Démocratie Participative !

• E : Ça peut effectivement être une bonne entrée en matière !!!

• M : Oui, d'autant plus que tout le reste découle (normal puisque ce fut la décision du Peuple) de cette vision en réseau réactif (et inter-actif, dans le sens où toutes les structures s'élaborent en Partenariat avec les autres) plutôt qu'en pyramide lourde de psychos rigidités. Aujourd'hui, nous appliquons strictement la Démocratie dans le sens où le pouvoir du Peuple est géré par le Peuple et pour le Peuple !

• E : Qui est loin d'avoir toujours raison. Comme disait Coluche, c'est pas parce qu'on est les plus nombreux qu'on a forcément raison et les autres torts !

• M : Entièrement d'accord !!! Mais déjà, ici, les gens sont informés dans les moindres détails concernant les aspects liés, directement ou indirectement, aux décisions qu'ils doivent prendre. Toujours dans cette idée de ne plus forcément suivre ceux qui sont censés savoir pour les autres, le Peuple ne se positionne plus qu'en fonction de son analyse, éclairée !

• E : Ouais, d'accord, je vois le genre ! Tout le monde se met dans un rôle d'expert qu'il n'est pas et du coup ça peut devenir n'importe quoi avec des choix impulsifs plutôt que mûrement et conséquemment réfléchis.

• M : Mais non ! D'une, comme je te le disais auparavant, les Citoyens sont informés de manière contradictoire pour qu'ils puissent se faire une idée, en amont même de toute considération décisionnelle.

• E : Beh du coup ça embrouille encore plus les esprits, puisque rien n'est jamais ni complètement bon ni absolument mauvais, tout est toujours dans la nuance. Et connaissant les pochetrons qui déblatèrent sur la politique au bar PMU chez Yvonne du coin, la finesse d'analyse politique est pas franchement au rendez-vous des soifards !

• M : Et non, parce qu'en fait, une fois qu'ils ont tergiversé sur le blanc et le noir d'un sujet, ils Participent à un débat animé par de vrais experts et spécialistes de toutes les disciplines concernées par la préoccupation du jour. Même eux ne sont pas forcément d'accord entre eux, ce qui fait qu'on ne pourra pas accuser le Peuple d'avoir pris une « mauvaise décision » puisque même ceux qui savent n'ont pas tranché. Ensuite il y a la séance des questions/réponses, où très souvent des interrogations qui pourraient paraître naïves s'avèrent être lourdes de sens. Enfin, on procède à des ateliers en petit groupe où les esprits se tempèrent mutuellement (autant qu'ils peuvent s'exalter), mais toujours avec la présence d'un spécialiste là pour rétablir la réalité des faits (si besoin est, ce qui n'est pas souvent le cas puisque les gens sont informés en amont et que le net est toujours à disposition). Le vote de la décision ne se fera lui qu'avec une nuit (qui porte souvent conseil) et un jour d'écart, pour éviter les jugements et pressions à chaud. Chez nous, les choix se mûrissent et se définissent à froid, comme les meilleures huiles. Au pire, si 60% des spécialistes jugent que le Peuple réagit de manière démesurée, la décision peut être bloquée jusqu'à ce que les débats permettent de trouver une solution plus juste et équilibrée.

• E : Mouais, mais tu m'ôteras pas de l'idée que tout le monde n'est pas à même de prendre en toute connaissance de cause des choix cruciaux, en utilisant sa raison plutôt que ses sentiments !

• M : Mais je n'ai jamais dit le contraire. Pour autant, à partir du moment où les Citoyens sont informés de façon contradictoire sur différents aspects et conséquences d'un même problème à trancher, chacun est capable de prendre une décision éclairée par des spécialistes et motivée par son intime conviction. Pour info, ça ne se passait pas très différemment dans les anciens tribunaux avec le jury populaire.

• E : Oui, c'est sûr. Mais la politique ne passionne pas tous les gens, à contrario des faits divers qui reflètent l'être humain, sa bassesse et la société qui l'a engendré !

• M : C'est clair, mais tout le monde fait de la politique, et souvent, sans même le savoir ! Gérer un budget mensuel pour payer son loyer et faire des choix d'achat, tenir un portefeuille boursier ou un compte bancaire en bon père de famille (comme disait l'autre, p'tite crotte), manager sa famille selon les besoins et envies (voire caprices) de chacun, vivre et travailler avec les autres en composant selon la personnalité de chacun, ses propres intérêts et son mode de fonctionnement ! Tout ça demande beaucoup d'analyse, de réflexion, de compromis et finalement de décision pour définir un choix, qui lui-même devra potentiellement être imposé (ce qui veut dire que la méthode n'a pas été forcément la bonne, car toute décision doit, au moins, avoir un minimum de consentement de la part de chacun, ou au moins du plus grand nombre, sinon ça ne peut pas marcher sur le long terme).

• E : D'accord, mais c'est impensable que les Citoyens suivent tout le processus de décision, du vote jusqu'à la validation de la mise en œuvre !

• M : Ça oui !! En fait, les votants définissent les orientations à prendre, suite à des débats contradictoires, puis ils désignent, sur la seule base des compétences avérées et des mérites envers le Peuple, une commission chargée de mettre en pratique les choix entérinés par l'Assemblée Générale. Ensuite, il y a toute une série d'aller-retour pour analyser les évolutions et adapter les attentes si besoin est.

• E : Oui, ça se tient, mais faut pas oublier non plus que tout le monde n'a pas envie de s'exprimer !

• M : A ça c'est sûr ! Mais au moins tout le monde à la possibilité de le faire, et en permanence. De notre temps ce n'était qu'une fois tous les 5 ans, maintenant c'est quasiment tous les jours. Mais on n'est pas en Scandinavie où le vote est obligatoire : ici on dit que la parole est aux gens, ils n'ont qu'à la prendre. Si ils ne veulent pas s'exprimer et faire entendre leur voix Citoyenne, tant pis pour eux. Ici on rappelle bien aux gens qu'en l'autre monde on ne leur demandait pas leur avis mais juste de valider un plan de communication politique (même pas forcément des idées ou orientations), leurs opinions ils les donnaient de toute façon, mais au comptoir ou au cours des repas. Alors qu'à Utopia, on demande l'avis des gens qui auront à vivre avec les décisions prises, ensuite si ils n'ont pas envie de donner leur point de vue, libre à eux, mais ils ne pourront pas dire qu'on a décidé à leur place ou dans leur dos. On n'est pas là pour juger, mais juste pour que chacun Participe, à la hauteur de ses motivations et engagements, à définir la vie de la Cité et de la Fédé !

• E : Beh parlons en de la Fédération. Comment ça marche ton truc ? Parce que depuis que la France est France, le pays a toujours été centralisé à fond que je sache !

• M : Depuis le roi « soleil » (qui ne brillait pas par son amour du Peuple, mais plus de ses nombreuses maîtresses) ! Sinon les autres rois avant lui avaient galéré pour instaurer et surtout crédibiliser un pouvoir central fort.

• E : Sûrement, mais si la république a toujours été déclaré une et indivisible, c'est bien pour une raison !

• M : Oui, rassembler pour mieux régner ! Comme chez les cocos, le pouvoir central de l'état n'a jamais pu supporter l'idée de partager ses prérogatives et ses compétences décisionnelles ! Ç'aurait été l' « amoindrir » selon la pyramide jacobine en place depuis 1789, alors qu'on a bien vu par la suite que le système centralisé se sclérosait de lui-même, tout seul comme un gland ! Il est vite devenu psychorigide car éloigné du réel, dans ses hautes sphères où nos dirigeants sont censés tout savoir, mais où ils ne peuvent rien faire car ce n'est pas eux qui décident mais c'est toujours l'échelon supérieur. Jusqu'à arrivé au sommet de l'édifice, où l'on a tellement de choses à gérer que tout prend énormément de temps et les décisions sont souvent reportées aux calendes grecques (décaler l'échéance à une date si improbable que cela n'arrivera jamais) car il faut sans cesse un complément d'informations que seuls des experts nommés par une xième commission, coquille au sens vide (juste crée pour l'occasion et donner du travail aux amis des bancs de l'ENA ou autre école prestigieuse), peuvent mener « à bien ». Cela a toujours donné des tonnes de rapports, souvent très constructifs, mais tout aussi régulièrement rangés au fond d'un tiroir car jugés trop dérangeants ou allant à l'encontre des mauvaises vieilles habitudes !

• E : C'est un peu vrai ce que tu dis, mais au moins, chaque région et département de France étaient logés à la même enseigne !

• M : Que tu crois ! Demande aux gens de la Corrèze comment ils perçoivent l'aménagement du territoire depuis 1789 et même depuis que Chirac, l'enfant du pays, était devenu président ! Peu te diront que le fait que le pouvoir soit à Paris et centralise la France, a permis de véritablement aménager la région et de la sortir de son isolement (je ne parle pas de l'autoroute Clermont-Ferrand-Béziers, mais de structures et infrastructures globales permettant de développer en profondeur les activités).

• E : Et comment ça fonctionne ici alors ?

• M : Chaque Région, Collectivité de Commune et Commune, est Autonome dans le cadre d'une Charte Fédérale Librement acceptée par les habitants ! Cette charte garantie des Droits, autant qu'elle engage des Devoirs !!! Au sein de chacune de ces structures, l'accent est mis sur le principe de subsidiarité, c'est-à-dire que les régions et Collectivités locales qui sont bien pourvues et qui fonctionnent bien, aident financièrement et transfèrent des compétences et savoir-faire à celles qui sont moins bien loties ou qui connaissent des difficultés. Le but du jeu est de faire en sorte que chacun trouve sa place dans une France multiple, où l'Île-de-France (avec la plus forte densité de population) n'est en rien supérieure à la Lozère (le « désert » verdoyant français). Si tous les coins perdus de notre beau pays ont la possibilité matérielle d'être dynamique, il y a moins de disparités dans l'aménagement du territoire, et il y a d'autant plus de néoruraux (des gens qui sont issus de villages, mais pas du milieu rural … mais qui s'y installent quand même, par plaisir) et de rurbains (citadins ayant fui la pollution et le stress des villes) pour faire vivre et animer nos campagnes qui étaient en voie de désertification. Ça évite d'avoir des mégalopoles d'un côté, avec tous les risques et tensions que cela engendre, et des villages morts de l'autre (où les rares derniers habitants sont livrés à eux-mêmes).

• E : C'est bien beau tout ça, mais comment vous faîtes si tout le monde est maître en son royaume, pour prendre des décisions Collectives ?

• M : Bin c'est simple, on agit local mais on pense global ! Les Montalbanais décident de ce qu'ils veulent faire de Montauban, mais ça ne les empêche en rien de dire comment ils souhaiteraient que la France évolue, puisqu'ils font partis d'un grand tout nommé Fédération.

• E : OK, mais comment vous gérez après avec les basses querelles de voisinage ? Parce que, genre en matière de traitement des déchets, tout le monde veut que le problème soit traité, mais NIBY !

• M : ? NIBY ???

• E : Not In my Back Yeard (pas dans mon jardin) !!!

• M : Ahhh ! C'est effectivement le genre de point délicat. Mais les gens ont appris à faire des concessions. Si on installe une usine de retraitement ou quoi que ce soit d'autre qui puisse être perçu comme une nuisance, les populations locales savent pertinemment que chacun de ses voisins a également eu son lot de merde à gérer ! C'est donnant-donnant, on fédère (mise en commun) ce que personne ne veut et on le mutualise (répartition à parts égales pour ne pas faire de jaloux) pour que tout le monde Participe et se rende bien compte de la gestion (surtout la fin de vie, mais la fabrication aussi bien évidemment) des productions humaines. En plus, ce genre de décision était auparavant imposé par le préfet ou une obscure assemblée de notables qui louvoyaient pour que ce soit les petites entités locales qui hébergent ces structures dont personne ne voulait, au prétexte que eux n'avaient pas la place et que ça rapporterait de la taxe professionnelle au patelin. Ce en quoi les maires concernés voyaient des dollars dans leurs yeux, en se disant qu'ils pourraient baisser les impôts locaux tout en améliorant les services à leur population, ce qui leur permettrait d'être plus facilement réélu. Mais justement, les Citoyens en avaient assez que des décisions aussi importantes ne soient pas soumises au vote des habitants concernés. A présent, tout le monde gère un peu des merdes des autres (d'autant plus qu'avec les nouveaux modes de consommation et procédés de recyclage, il n'y a plus grand-chose à jeter, mais beaucoup à transformer, de manière plus écologique et moins voyante), plutôt que quelques-uns deviennent les décharges à ciel ouvert des grandes villes.

• E : Mais tu vois comme c'est déjà problématique de gérer des décisions locales, comment veux tu que tous les Français s'entendent pour définir et mener à bien des projets communs ?

• M : En fait, ça fonctionne à deux niveaux : celui du Peuple, et celui de ses Mandatés ! Lorsqu'une Assemblée Locale prend une décision, elle nomme en même temps trois Mandatés pour aller informer l'Assemblée du niveau global supérieur des orientations prises. Déjà à ce niveau, les Assemblées Régionales peuvent suspendre un vote des Collectivités de Commune ou des Communes, si elles ne Respectent pas la Charte Ethique de la Fédération ou si elles bafouent des Contrats Sociaux pris avec d'autres structures et qui n'auraient pas été préalablement dénoncés par les deux parties d'un Commun Accord. Ensuite, l'ensemble des trinômes d'ambassadeurs, Mandatés pour délivrer les résultats des séances internes et en débattre dans un cadre défini, se réunis pour échanger les points de vue de chaque section locale et développer de nouveaux concepts en fonction des expériences, arguments et orientations de chacune des entités représentées. Finalement, les Mandatés retournent aux bercails et font une synthèse de ce qu'ils ont vu et entendu à l'instance supérieure afin de favoriser le brassage des idées et développer la remontée et la redescente d'informations. Puis le cycle recommence, avec d'autres personnes selon les missions à effectuer. Mais au-delà de tout ça, chaque structure est clairement Indépendante et Autonome !!!

• E : Justement, si chacun est Autonome, la France étant un pays multirégional, le pays a dû imploser avec ce mode de fonctionnement, il ne doit plus rester grand monde dans votre Fédé !

• M : Figures toi que non, même si ça aurait pu être le cas, vu comment la France avait été découpée n'importe comment sous la Révolution bourgeoise de 1789 (taillée à la serpe afin d'éviter les conglomérats régionaux identitaires et donc potentiellement Contestataires voire Frondistes/Sécessionnistes) !!! A part les Basques (avec qui nous, et les Espagnols, avons de très bons rapports) qui ont instauré une entité purement Indépendante de leur marteau et de leur enclume, même les Corses sont restés dans le giron de l'ancienne France. D'une, on leur a demandé leur avis, ce qu'aucun gouvernement n'avait jamais fait mais qui aurait tant clarifié et apaisé les choses, et ils ont massivement déclaré leur Amour à la Fédération, et de deux vu que les insulaires ont enfin le pouvoir qu'ils méritent, la Corse est redevenue l'île de beauté, sans grains de plastiques explosifs ni cagoules. Pour bien comprendre, il faut se dire que l'Autonomie et la Liberté sont la base de tous rapports humains Equitables, mais que si c'est fait pour rester seul dans son coin, leur intérêt est nul !!! Une île, ou autre, isolée car trop fière de jouir sans entraves ni concessions qui découlent de la vie dans un cadre commun, devient vite une prison « dorée ». Quiconque te dira que le repli sur soi ou les siens est un pur bonheur car on y est mieux compris, est un menteur ou quelqu'un qui n'a pas vécu cette situation relativement longtemps (car on a vite fait de toujours parler des mêmes sujets, d'avoir des avis qui n'évolueront jamais, ce qui amène à l'ennui puis la frustration de ne pas connaître d'autres choses) ! Ainsi, nous Respectons les Différences (voire nous les encourageons pour enrichir les débats) tout autant que nous arrivons avec succès à trouver des centres d'intérêts communs pour continuer à vivre en Harmonie et bonne intelligence !!!

• E : En reprenant l'exemple des Basques, qui ont toujours été à cheval entre deux nations et différents des indo-européens, comment vous gérez les relations entres Membres et non-Adhérents à la Fédération et à ses engagements ?

• M : C'est le moins compliqué en fait. On établit des Accords, des Partenariats, un Contrat Social (ou de Développement ou que sais-je encore) dans le but de Fédérer les besoins concernant les projets qui incluent plusieurs entités, affiliées ou non à une structure commune, afin de Mutualiser les efforts. Ils échangent alors des compétences, les résultats de différentes expérimentations menées chez chacun ou ailleurs, ainsi que des points de vue selon les experts et spécialistes accrédités au sein de leurs organisations. Pour les non-Adhérents à Utopia, le Respect des choix de chacun suffit à assurer la Paix civile, sachant qu'il n'y a pas de barrière absolue car les portes restent ouvertes, et que l'on voit des non Utopiens travailler (moyennant finance puisqu'ils n'adhèrent pas à notre système de Participation).

• E : Mouais, mais je suis sûr que ça a crée une France à plusieurs vitesses et niveaux de Libertés, Droits et devoirs !

• M : Pas tant que ça ! D'une part parce qu'il y a un minimum légal à Respecter, à savoir la Charte Ethique qui a été définie et Librement Acceptée par les populations concernées qui souhaitaient intégrer la Fédération, avec tout ce que cela comprend comme Droits et devoirs, et surtout parce que ce qu'une Région met en place et qui peut satisfaire une autre entité, se sait très vite grâce à des rapports de synthèse et d'analyse disponibles sur les sites internet des e-stitutions. Ainsi, même les non-Adhérents copient nos meilleures idées. Alors qu'avant, les Citoyens n'avaient aucun moyen, si ce n'est de patienter 5 ans minimum pour espérer qu'un candidat ait repris l'idée, d'interpeller leurs soi-disant représentants (qui ne représentaient qu'eux-mêmes et leur cour versaillaise locale) pour leur exprimer ce qu'ils voulaient qui soit mis en place ! A présent, si une entité fait des choses jugées intéressantes, ça se répand comme une traînée de poudre et si d'autres populations souhaitent faire de même, elles n'ont plus qu'à le voter : sitôt décidé, sitôt exécuté !!!

• E : Et vos rapports avec les restes du monde ? Parce que j'imagine que les autres ne voient pas les choses sous le même angle que vous !

• M : Bien sûr que non, puisqu'ils n'ont pas la même culture ni la même Histoire !!! Pour autant, tous les pays fonctionnent sur le même principe, à savoir le pouvoir directement au Peuple. Surtout, on a privilégié, notamment au niveau européen, un fonctionnement en réseau où chacun est Autonome mais doit Respecter des engagements précis. Nous avons par exemple crée la Fédération Uni d'Europe, où l'on Respecte les positions de chacun, tout en s'efforçant de créer une certaine Harmonie dans un ensemble ethnico-politico-éco-culturel aussi complexe.

• E : Mouais, autant dire que vous avez redonné toute leur place aux états et aux nationalismes étriqués !

• M : Non, nous avons pris en compte les Différences et spécificités de chacun quant à leur développement et à leur évolution, tout en favorisant les échanges culturels et le partage des expériences. Ce que l'Europe n'avait pas réussi à faire, en-dehors de l'économie, en forçant des Peuples différents à rentrer dans un même moule défini par les vainqueurs de la seconde guerre mondiale, nous l'avons achevé en définissant un cadre commun suffisamment large pour laisser des marges de manœuvre aux pays selon les habitudes et modes de pensée, tout en précisant des points incontournables pour le fonctionnement serein et équitable des sociétés membres.

• E : Beh c'est ce qu'avait fait l'union européenne en son temps !?

• M : Oui et non, car elle était intransigeante sur des points de détail, mais trop laxiste sur des axes cruciaux. A sa décharge, il faut dire, encore une fois, que c'était surtout de la faute des dirigeants nationaux qui ne voulaient jamais rien lâcher, alors que les Peuples étaient plus ouverts au dialogue (même si ce n'était pas forcément le cas en terme d'orientation) !

• E : OK d'accord, et pour la propriété privée alors ? Parce que ça aussi c'est un sacré morceau qu'on se trimballe depuis des siècles !

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