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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 17:35
Diaporama de la représentation de la femme dans la préhistoire : http://www.gvep.fr/documentation/diaporamas/Femme_Prehistoire.pdf

Diaporama de la représentation de la femme dans la préhistoire : http://www.gvep.fr/documentation/diaporamas/Femme_Prehistoire.pdf

C'est avec l'humain de Cro-Magnon que l'on a enfin des images de la femme et de l'homme préhistorique, grâce à l'épanouissement de l'art figuratif dès -40 000 ans environ, même si les représentations humaines restent rarissimes. Après l'apogée des organes génitaux à l'Aurignacien, au Gravettien la situation change radicalement. On assiste à une production standardisée de statuettes anthropomorphes féminines stéréotypées : ces fameuses Vénus paléolithiques, statuettes « transculturelles » étant donné leur répartition chronologique et géographique. Les représentations de la femme en statuettes sont d'une facture et d'un style très différent de celles de l'art pariétal. Les Vénus ne sont pas réalistes, les traits sexuels sont accentués, elles sont souvent inexpressives, sans mouvement, d'une symétrie presque parfaite. L'art mobilier s'observe pendant la même période que l'art pariétal, de l'Aurignacien à la fin du Magdalénien et, en gros, sur le même territoire. Les Vénus font cependant exception : l'aire de répartition est extrêmement vaste, plus vaste que celle de l'art paléolithique. Elle comprend : la France (Pyrénées et Dordogne), l'Angleterre (un seul exemplaire), l'Italie, l'Allemagne, plusieurs ex pays de l'est, la Russie y compris la Sibérie. Une exclusion importante est à noter, l'Espagne, qui jusqu'à présent n'a donné qu'une ou deux statuettes (douteuses de surcroît). Le nombre de Vénus paléolithiques connu est très important, voisin de 250. Partout en Europe, d'Ouest en Est, de l'Atlantique à l'Oural, on retrouve ces caractéristiques : hanches larges, seins pendants, visage lisse et formes amples. Deux exceptions confirment la règle quant à la non-représentation des traits du visage :

• Dolni Vestonice en Moravie (en terre cuite : malgré la distance, les pièces russes montrent la même opposition entre celles qui entrent bien dans le schéma Leroi-Gourhan et celles qui s'en écartent manifestement),
• la « Dame à la capuche » de Brassempouy (elle représente, dans un style réaliste en contraste total avec la Vénus de Lespugue, une tête de jeune femme, soigneusement coiffée, presque un portrait si la bouche n'avait pas été omise. Et cette omission, compte tenu de la virtuosité du sculpteur, n'est pas un oubli).
 

Ces Vénus sont accompagnées d'un cortège de statuettes zoomorphes basé plus ou moins sur l'association mammouth, félins et ours. Les thèmes, empruntés à la nature environnante, faisaient l'objet d'une sélection qui accordait une nette préférence aux animaux forts et imposants, ainsi qu'aux femmes. Ensuite, les symboles sélectionnés étaient intégrés dans une action rituelle qui se déroulait au centre du campement et à laquelle l'ensemble de la communauté assistait, y compris les enfants, ces rituels englobant une mythologie développée.

On distingue deux styles, deux époques dans les représentations de femmes : au Gravettien, les figurations féminines sont réalistes (ce sont les Vénus et les reliefs, et des symboles sexuels simples), au Magdalénien elles seront plus schématiques.

Pendant le Gravettien (-27 000 à -20 000), les représentations féminines deviennent plus fréquentes car elles se retrouvent dans toute l'Europe (disons même Eurasie), jusqu'à la Russie et même la Sibérie (Asie de l'extrême Nord-Est) : la période de -23 000 à -20 000 pourrait s'appeler l'âge des statuettes. Ces statuettes sont loin de suivre un canon unique exaltant les formes généreuses de femmes, peut-être enceintes : il y en a aux belles fesses (callipyges), d'autres aux fesses et hanches grasses (stéatopyges) et certaines plus longilignes. Elles ont dans l'ensemble une attitude figée, leur visage est rarement figuré alors que le corps est assez réaliste. En fait, ces statuettes n'ont qu'une seule caractéristique commune, leur absolue nudité (seuls un bracelet ou un collier venant quelquefois parer le corps de la muse) ! De nombreuses statuettes ont été volontairement brisées, les morceaux étant ensuite dispersés dans l'habitat, certainement lors de rituels (la « Dame à la capuche » de Brassempouy fut retrouvée avec pas moins de neuf fragments de statuettes féminines en ivoire de mammouth). Le fait que des objets rituels et des figurines humaines aient été trouvés aux mêmes endroits que des objets d'usage quotidien brisés ou rejetés démontrent qu'ils perdaient toute valeur dès le rituel accompli : seule la pratique magique et spirituelle leur prêtait un sens, l'art restant un art populaire, artisanal, tandis que la spiritualité était réduite au respect d'un grand nombre de forces élémentaires (le foyer, le sol des ancêtres). Les formes artistiques ne sont alors que des symboles aux significations diverses sans liens avec des mythes précis ou des idées spirituelles définies. Pour autant, la diversité thématique artistique et le développement de leur style depuis les formes naturalistes jusqu'aux formes abstraites en passant par les formes réalistes témoignent que la magie primitive a été dépassée, autrement dit que des idées spirituelles précises se sont formées (nombre d'idoles féminines qui incarnent la fertilité portent une ou deux marques gravées sur la face arrière, le plus souvent au niveau des hanches, avec un triangle ou un méandre caractéristique de la fécondité du triangle pubien, par analogie avec l'eau).
Certaines d'entre elles recevaient des offrandes (pattes de bison, outils), tandis que d'autres étaient ensevelis dans des petites fosses qui leur étaient destinées souvent non loin du foyer, point vital du groupe : autels privés pour un culte rendu à des entités particulières - ancêtres, forces, esprits -, actes d'intention prophylactique - « veiller sur », qui préserve de tout ce qui pourrait être nuisible, en particulier en ce qui concerna la santé -, dépôts de fondation pour porter chance aux habitants d'une nouvelle habitation, sacralisation de l'espace, .... Le feu, maîtrisé vers -400 000 ans, a considérablement influencé le développement des échanges humains et sur leur convivialité. Le foyer est un lieu de resourcement, de réconfort, d'échange et de protection, il réunit tous les ingrédients de la sacralité, là où précisément la matière se transforme au service de la volonté humaine, sous une forme collective et ostentatoire. Le feu est l'épreuve, la marque du pouvoir humain étendu à la Nature, ou à l'humain lui-même, là où sa dignité fut bafouée.

Ces émouvantes représentations exaltent le mystère de la fécondité et de la vie humaine, que porte la femme. Elles peuvent également indiquer l'appartenance à un groupe, sachant que certaines cultures pratiquent la matrilocalité (la constitution du foyer domestique au lieu même de l'habitation des femmes, les hommes étant alors des pièces rapportées, provenant d'un groupe extérieur - notamment pour éviter les problèmes de consanguinité et favoriser les alliances, l'homme pouvant partir quand il le souhaite puisque la femme reste sur place, chez elle), voire la transmission matrilinéaire du statut ou du rôle social.

Les figurations partielles masculines (pariétales ou mobilières), n'appartiennent qu'à un seul type, le phallus, et ne sont pas très nombreuses (même si elles le sont plus que les représentations globales, le corps en totalité ou presque). Elles n'en constituent pas moins un ensemble qui est loin d'être négligeable. Un rapide décompte montre une quarantaine de représentations pariétales ou mobilières. Depuis l'Aurignacien elles couvrent tout le paléolithique supérieur sur la majeure partie de l'Europe : France, Espagne, Moravie, Autriche, Pologne. Ceci marque nettement l'intérêt exceptionnel porté au sexe masculin. Point remarquable, le sexe est ainsi au Paléolithique la seule partie du corps masculin à mériter un traitement artistique (contrairement aux fesses et seins féminins). Ces images trouvent leurs exacts correspondants du côté des images féminines sous la forme d'un intérêt soutenu pour la représentation du triangle pubien.

En Moravie, au Gravettien, de nombreuses petites statuettes sont ornées de deux protubérances ovales : certains y voient des seins de femme montés en collier quand d'autres estiment que ce sont des représentations phalliques. Quelques statuettes masculines ont aussi été découvertes sur le même site ; cette association est exceptionnelle pour l'époque mais deviendra plus fréquente au Magdalénien. Les enfants ne fabriquaient pas ces figurines mais ils avaient un rôle actif dans le processus.
La comparaison avec d'autres statuettes paléolithiques baptisées « sculptures sur supports suggestifs », conduit à considérer la statuette phallo-féminine « Vénus des Milandes » (commune de Castelnaud-la-Chapelle, Dordogne) comme attribuable au Gravettien-Protomagdalénien, de par l'expression d'une combinaison synthétique associant intimement deux formes, l'une féminine, l'autre phallique.
Les Paléolithiques du Périgord ont employé comme support des galets à forme suggestive dans lesquels ils ont vu le potentiel plastique. La tête, de forme nettement phallique, est dégagée du corps par un sillon sub-horizontal. Ce dernier marque le cou (en cas de tête) ou la limite proximale du gland (en cas de phallus). La tête-phallus a une surface lisse et aucun détail du visage n'est visible, ni d'un côté ni de l'autre. Une face de la tête est plate, celle opposée est convexe. Les bras et les seins ne sont pas représentés.
Sur les surfaces du support qui étaient concaves à l'origine, les traits possèdent souvent un profil en V, plus ou moins symétrique. Sur les surfaces convexes du support, mais aussi parfois sur les surfaces concaves, les traits présentent un profil en V-asymétrique qui confère un faux relief. Le bord le plus oblique de ces traits asymétriques est, à plusieurs endroits, adouci par un grattage. Il s'agit là d'une technique remarquée pour la « femme à la corne » de Laussel.
Certains sites du Paléolithique supérieur, en Périgord (dès l'Aurignacien, mais surtout au Solutréen), ont livré des dizaines de petits galets dont on ignore totalement la fonction et les processus de polissage.
Un objet protomagdalénien de l'abri Pataud trouvé en place non loin de restes humains féminins, interprété comme une sculpture en forme d'animal, offre une autre lecture parallèle qui semble même plus convaincante. Il s'agirait en fait d'une statuette féminine. Si l'objet est tourné de 90 degrés, une image féminine semble évidente, image qui montre certaines ressemblances de conception avec la statuette des Milandes. Encore une fois, il s'agit d'un objet naturel, légèrement aménagé en représentation féminine. Il y a un minimum de travail de mise en forme pour mieux dégager la tête, les seins, le ventre et les jambes.
L'abri du Facteur (Tursac, Dordogne) a livré un galet de calcite ambrée, transformé en représentation féminine. Cette statuette, précisément datée du Gravettien (-23 000), est haute de 8,1 cm, donc à peu près la même taille que celle des Milandes. Elle présente les mêmes contours lisses, en partie naturels, et le même dos arqué. Les fesses et les cuisses ont été soulignées par un trait gravé qui marque la taille ainsi que le pli entre le ventre et les cuisses. Certains chercheurs ont voulu voir une évocation phallique dans le piédestal qui descend entre les jambes repliées.
À Monpazier, on a trouvé un galet naturel (limonite-quartz) de forme curieuse, transformé en figure féminine. Comme la statuette des Milandes, cet objet a été trouvé dans un champ cultivé.
À part le support en galet naturel, la seule similitude avec la statuette des Milandes est la posture, le dos arqué et ventre projeté en avant. Comme la Vénus de Sireuil, celle de Monpazier est nettement plus élaborée, avec des seins, des jambes et une vulve bien indiqués. L'état de grossesse très avancé n'est pas discutable, la taille extravagante de la vulve serait une allusion à un accouchement proche.
Concernant la statuette des Milandes, hormis la tête-phallus qui semble assez évidente et pertinente à l'interprétation, au moins trois lectures de cet objet sont possibles en raison de l'ambiguïté de la forme que l'on retrouve pour d'autres statuettes féminines du Paléolithique supérieur comme certaines de Grimaldi, et surtout celle de Lespugue.
En cherchant à comprendre cette étrange sculpture et en la comparant à une centaine d'autres statuettes, on constate que la ligne formant la taille est concave... sur les deux faces. Cette manière de représenter la taille avec une ligne continue gravée est typique des statuettes gravettiennes et épigravettiennes... mais exclusivement pour la vue du dos. Donc l'objet des Milandes représente deux vues de dos opposées, tout en admettant que cette lecture est une approche représentative peu habituelle. En effet, si l'on accepte cette perspective, on est en présence de deux demi-statuettes qui correspondent bien à ce que l'on voit de dos sur la plupart des autres statuettes féminines paléolithiques.
L'absence des seins ajoute encore un autre élément d'ambiguïté étant donné l'aspect phallique de la tête. Au regard de la morphologie fessière (celle d'un adulte), il est peu crédible d'expliquer l'absence de seins par le fait qu'il s'agit d'un sujet adolescent.
Les statuettes féminines sont souvent anatomiquement ambiguës, disons polysémiques (à plusieurs interprétations) : la Vénus de Lespugue observée de dos, peut être tournée à 180 degrés pour révéler une deuxième femme avec une chevelure différente. Vue de dos, la Vénus de Lespugue montre une sorte de pagne et surtout à la base du sillon inter fessier une protubérance triangulaire assez incongrue. Il suffit de retourner la pièce le pagne devient une chevelure la protubérance le sacrum. La Vénus serait ainsi une sorte de carte à jouer en relief présentant la même image féminine de face et de dos après retournement
À Grimaldi, trois des statuettes montrent cette tendance. La femme au cou perforé a deux visages et un seul corps. La femme au goitre a un seul torse et une seule tête, mais en dessous, elle a deux triangles pubiens et deux cuisses opposées. La femme à deux têtes, comme l'indique son nom, a deux têtes opposées mais un seul corps. Enfin, la figurine double oppose dos-à-dos le devant d'une statuette féminine typiquement grimaldienne à une image animalière. Un dernier exemple existe à Avdeevo en Russie où deux statuettes en ivoire, de conception très différente, furent trouvées emboîtées tête-bêche. La gravure dite « la carte à jouer » de Laussel (avec deux personnes - dont une femme - allongées face-à-face, jambes pliées et décalées) est un exemple de cette ambiguïté, mais l'originalité de la Vénus des Milandes réside dans la forme phallique flagrante de la tête (la statuette des Milandes est la seule à être franchement phallique, même si la Vénus de Tursac a été interprétée comme androgyne).
Il n'y a pas d'exemplaires magdaléniens ou solutréens semblables, même si l'aspect phallique est plus marqué pour les sculptures de ces périodes que pour le Gravettien. Le seul caractère que toutes ces statuettes ont en commun est la posture à dos arqué et ventre projeté en avant, une posture peu fréquente parmi les statuettes féminines d'autres régions d'Europe.

Les représentations féminines sont comme leurs homologues masculines, soit globales soit partielles. A l'inverse des images masculines, les féminines sont variées : leur nombre et leur structure sont des indices parlant de l'évident attrait exercé par la femme. La qualité est également parlante, alors que les représentations masculines sont toutes sommaires, réalisées sans le moindre souci du réel et sans la moindre préoccupation artistique. La femme s'inscrit ainsi avec les grands mammifères parmi les thèmes artistiques majeurs de l'art paléolithique.
Les figurations féminines se répartissent en deux groupes. Le premier (de loin le moins nombreux), se compose de figures partielles et sommaires tout à fait comparables à ce qui s'observe du côté masculin. Le second groupe est constitué par des sculptures et des gravures réalisées avec un souci assez évident de reproduire la réalité de façon à la fois satisfaisante et artistique. Cette tendance s'exprime de manières différentes : formes gracieuses, harmonieuses, équilibrées ou stylisées, voire normalisées.


L'élément le plus marquant et le plus émouvant de l'art paléolithique est représenté par les célèbres Vénus, que l'on trouve sur une période de vingt millénaires et sur une étendue de neuf mille kilomètres (mais surtout au Gravettien, entre environ -29 000 et -19 000 ans). La plupart des Vénus sont sculptées en statuettes dans les matériaux les plus nobles (ivoire, os, pierre, argile ; pour créer l'une des Vénus de Moravie méridionale, les peuples d'il y a plus de 24 000 ans ont même inventé la technique de la terre cuite - uniquement dans le cadre des statuettes votives, jamais pour des ustensiles pratiques -, procédé qui sera perdu pour être redécouvert au Néolithique), mais certaines sont gravées ou sculptées en bas-relief.

Sur l'immensité du territoire russe, l'art paléolithique se manifeste en deux groupes géographiques distincts : la Russie européenne (c'est-à-dire la plaine russe) et la Sibérie orientale.
À Kostenki sur le Don vers -24 000 / -18 000 (Gravettien), les statuettes féminines sont généralement bien proportionnées et réalistes (bien que certains détails soient exagérés à outrance : seins volumineux et pendants, énorme ventre gonflé, des bourrelets de graisse dans la région du bassin et des hanches : femme-mère). Sans compter de nombreux fragments, on connaît actuellement près de trente figurines en ivoire complètes ou presque, ainsi qu'une dizaine en marne calcaire (une gravure sur une plaquette en marne calcaire). Les statuettes de l'Europe de l'Est portent deux ceintures, l'une au-dessus des seins, l'autre en-dessous du ventre. La lanière passée autour de la taille et des poignets a pu être interprétée comme un procédé pour faciliter l'accouchement. Les mains reposent souvent sur le ventre.
Sur le site de plein air de Zaraysk, à 155 km au sud-est de Moscou (site le plus septentrional connu), on a trouvé des œuvres qui, par leur beauté et leur qualité artistique, sont à relier à d'autres, plus au sud, dans les régions ukrainiennes d'Avdeevo et Kostenki, dans la vallée du Don. Au-delà de plaques d'ivoire gravées et de décorations géométriques, le site livra des statuettes de femmes aux hanches larges (taillées dans de l'ivoire de mammouth), des figurations de grands mammifères. Ainsi, une tête de bison sculptée avec grande maîtrise ainsi qu'un beau collier confectionné à partir de 41 dents de renard arctique furent déposés avec soin au fond de petites cavités intentionnellement creusées (dépôt de sable vers le sud, dépôt d'ocre rouge vers le nord), recouvertes par des os de mammouths.

En Russie occidentale, on signale des figurines humaines stylisées en forme de tiges, parfois couronnées d'une tête. On les suppose masculines (bien qu'elles soient dépourvues d'attributs masculins primaires ou secondaires), dans le sens où chacune de ces figurines se distingue à sa manière des statuettes nettement féminines. Il faut remarquer que des représentations masculines nettement marquées sont très rares dans l'art paléolithique.

Tandis que les statuettes de l'Europe de l'Est ressemblent à celles de l'Europe centrale (comme Willendorf et Dolni-Vestonice) et de l'Ouest (spécialement les spécimens de Brassempouy, Lespugue et le bas-relief de Laussel), celles de Sibérie en sont bien distinctes.
Alors que les statuettes européennes représentent des femmes aux formes opulentes (pour autant, la première statuette humaine découverte en France en 1864, la « Vénus impudique », a des formes assez loin des critères de Leroi-Gourhan : ses hanches sont peu marquées, la poitrine très peu développée...Filiforme, elle représente certainement une adolescente ou une jeune fille, dont la netteté du sexe lui a donné son nom de Vénus « impudique »), même quand il s'agit de statuettes allongées et assez sveltes, les statuettes sibériennes n'indiquent jamais ces formes d'une façon claire. Les seins sont le plus souvent marqués par un faible relief ou une rainure peu profonde, les hanches sont à peine accusées, les fesses ne s'élargissent pas, ni à l'arrière ni sur les côtés, mais en même temps elles sont relevées, parfois considérablement.
Quant à leurs proportions, contrairement aux statuettes européennes dont les têtes sont toujours réduites par rapport au torse, les figurines sibériennes ont une grosse tête (souvent ornée, mais le visage n'est jamais décoré), une petite cage thoracique, tandis que la partie inférieure du torse et les jambes sont parfois démesurément allongées.

Certaines des statuettes féminines ont un visage bien individualisé et, sans être de réels portraits, il existe des représentations concrètement différenciées, ce qui incite à y voir des femmes réelles plutôt que des déesses. Presque toutes les femmes représentées sont enceintes, quelques-unes au stade ultime de leur grossesse ; prêtes à accoucher, elles témoignent d'une symbolique forte de la femme-mère. Les statuettes féminines présentent le principe de la fertilité, le miracle de la naissance, la source de la vie : le centre du corps est privilégié, l'important est le ventre. La femme à la corne de Laussel ressemble aux statuettes : la corne portée dans la main peut représenter la lune ou la fertilité (bovine ?).

Les statuettes féminines gravettiennes, qu'elles soient françaises, rhéno-danubiennes, russes ou sibériennes, présentent presque toutes un corps plus ou moins complet. Les régions ou organes représentés répondent à un schéma unique et de ce fait significatif (organisation schématique avec inscription des seins, de l'abdomen et des fesses hypertrophiées dans un cercle, et de l'ensemble dans un losange à grand axe vertical). Cette formule si elle s'applique effectivement à nombre de statuettes ne peut pas être généralisée. Un certain nombre de caractères généraux peut cependant être dégagé : sur la partie centrale du corps, seins, abdomen et tissus adipeux de la ceinture pelvienne, fesses, cuisses et sexe sont toujours sur représentés (toutes régions ou organes dont le caractère sexuel ne fait aucun doute, le volume des seins, des fesses, de l'adiposité pelvienne est en outre souvent exagéré) ;•les mains, les pieds, les membres supérieurs et, à un moindre degré, les jambes sont négligés ; les traits du visage ne sont pas représentés (sauf deux exceptions : la Dame de Brassempouy et la tête de Dolni Vestonice). Dans la plupart des cas, la fente vulvaire n'est rendue visible que par une distorsion majeure, les artistes tenant à faire figurer le triangle pubien et à montrer la fente vulvaire, privilégiant la réalité fonctionnelle sur la vérité anatomique (montrant bien tout l'intérêt qui lui est attaché).
Les fesses paraissent un autre point à prendre en considération dans la mesure où, comme la fente vulvaire, elles ont retenu l'attention des Paléolithiques au delà de toute mesure (importance donnée au massif fessier ; vu par les premiers sapiens, il est plus que généreux quand il n'est pas franchement disproportionné).
Ce sont généralement des femmes enceintes, Vénus opulentes, aux formes généreuses (Vénus stéatopyges) à l'origine du supposé culte de la « déesse-mère » pratiqué par les Gravettiens et leurs descendants.
On peut distinguer deux types de figures féminines, presque aussi répandues l'une que l'autre. Les unes sont adipeuses, avec un bassin très développé, des hanches débordantes et donc une disproportion entre le haut et le bas du corps ; on utilise à leur propos le terme de stéatopygie (« à grosses fesses » : ces réserves se constituent dans l'enfance et atteignent leur niveau de développement maximal au cours de la première grossesse, pouvant s'accompagner d'une hypertrophie des petites lèvres ; ces formes pouvaient être considérées comme une marque de beauté et de fertilité). D'autres sont sveltes, ont la taille fine et les seins menus. Face à ces deux types de femmes, certains préhistoriens affirment qu'il ne s'agit pas de la réalité des femmes de l'époque, mais d'une exagération, de l'objet de fantasmes (masculins ?) et de rêves économiques (les femmes opulentes signifiant une richesse de l'alimentation et donc de la cueillette et de la chasse). Toujours est-il que les fesses constituaient au Paléolithique une zone érogène très privilégiée.

La réduction du corps humain aux parties médianes (privilège abdominal) conduit finalement à résumer l'individu à un sexe.
L'identité physiologique est essentiellement donnée par la région abdomino-pelvienne ; c'est en effet le moyen de déterminer le sexe d'un humain et de dire quelle a été l'histoire physiologique de cet individu : la femme a-t-elle eu plusieurs enfants, est-elle enceinte, quel est son âge ?... Les représentations féminines sont donc des représentations « fonctionnelles » (fonctions de génitrice, de nourrice, de partenaire sexuelle, ...).
Ce réalisme biologique est l'expression de l'identité biologique de la femme dans son vécu fonctionnel, dans les grandes fonctions du corps féminin : grossesse, accouchement, allaitement. Ces fonctions ont un retentissement sur la morphologie féminine (l'adiposité caractérise la féminité car la fécondité nécessite une certaine masse graisseuse).


L'art paléolithique, rupestre et mobilier, peut fournir les éléments d'une riche réflexion sur la place de la femme dans la préhistoire : reproduction sociale, fécondité, relations humaines, affectivité, valeurs exprimées incluses dans la notion de féminin. Les sites du Paléolithique supérieur ont livré des images de femmes d'une grande variété et souvent d'une grande beauté.
Dès ses origines, l'art pariétal donne une place aux figures féminines. La plus ancienne des grottes ornées aujourd'hui connues (la Grotte Chauvet, -30 000 ans avant le présent), livre en effet, à côté des thèmes habituels du bestiaire, des symboles et des images évoquant les formes féminines, et qui constitue comme une « matrice » des thèmes que l'on retrouvera, inlassablement répétés, tout au long de la préhistoire. Des vulves stylisées sur les parois des grottes, des silhouettes féminines gravées dans la roche, des corps graciles ou plantureux sculptés dans la pierre ou dans l'ivoire, modelés dans l'argile, sont connus depuis le début du Paléolithique supérieur. Les Vénus de Laussel, de Lespugue ou de Brassempouy en France, de Willendorf en Autriche, de Dolni Vestonice en Moravie, d'Avdeevo et de Kostienki dans la plaine russe, nous donnent sous la forme de statuettes d'ivoire, d'os ou de calcaire, les versions les plus anciennes de ces portraits de femmes (plus tard, ce seront les silhouettes gravées en bas-relief de Laussel, ou celles, plus lascives, de la Magdeleine et d'Angles sur l'Anglin). La plupart de ces figurations paléolithiques exhibent seulement la partie centrale de leur corps : les traits du visage, le dessin des bras, des mains ou de l'extrémité des jambes n'importaient pas.
Certains y ont vu l'expression de rites de chasse ou de fécondité, voire même l'expression sans détour de la libido masculine, l'équivalent préhistorique de notre pornographie. D'autres y ont vu la preuve d'un matriarcat primitif ou d'une religion de la Grande Déesse.

L'abbé Breuil voulut voir dans l'art pariétal paléolithique une expression religieuse et magique, liée au mode de vie des grands chasseurs. L'image de la femme (ou la vulve qui la représente) exprimerait la notion et le désir de la fécondité ou serait liée aux rites de la chasse, c'est-à-dire aux préoccupations d'une survie immédiate. Prenant pour point de comparaison les rites africains de fertilité et de fécondité, les coutumes des Esquimaux ou des Australiens, Breuil interprète les figurations d'animaux-bisons de Dordogne (aux bosses cervicales exagérées, mâles suivant de près les femelles, parfois gravides) comme traduisant une « magie de reproduction du gibier » ; la représentation particulière des figures féminines, qui magnifie les caractères sexuels, et qui figure parfois des femmes enceintes, serait elle aussi liée à la magie de fécondité.
Pourtant, cette hypothèse qui peut valoir pour les images des animaux, dont la reproduction est la condition inéluctable de la survie du chasseur, est discutable en ce qui concerne les figurations humaines : au point de vue économique, la multiplication des chasseurs accroit la concurrence pour la nourriture dans une plus large mesure, semble-t-il, qu'elle ne facilite la chasse par l'entraide, et d'ailleurs les enfants ne deviendront utiles comme chasseurs qu'à échéance lointaine et resteront pendant de longues années des bouches inutiles. Ainsi, pour le psychanalyste Henri Luquet en 1926 (idée d'abord émise par Freud en 1917) « ce n'est pas le caractère générateur de la femme, mais son caractère voluptueux qui avait éveillé les auteurs de ces œuvres ». Il y aurait selon lui dans ces représentations une forme d'érotisme gratuit (silhouettes de femmes aux attributs sexuels exagérés, femmes « ployées » ou lascives, innombrables vulves dessinées sur les parois des grottes), essentiellement masculin, peut-être lié à la frustration sexuelle, induite par la dureté de la vie et le manque de ressources alimentaires en certains moments de l'histoire humaine (l'époque glaciaire).
Les statuettes féminines du Paléolithique supérieur seraient l'extériorisation des besoins et des désirs des hommes de ce temps, les auteurs des figurations rupestres paléolithiques étant pour l'essentiel de jeunes chasseurs, de très jeunes hommes.
Des modèles ainsi proposés, il faudrait conclure que l'art paléolithique est dans sa totalité (et plus spécifiquement dans les figurations féminines qu'il propose), un art viril, fait par et pour les hommes, qui traduit la dominance mâle dans les tribus des grands chasseurs paléolithiques. La femme paléolithique serait ainsi une reproductrice dont seule la grossesse importe, ou un objet sexuel, incapable de subvenir à ses besoins, et dont les faveurs s'échangent contre le butin de la chasse.

Le caractère plus ou moins érotique d'une figure nue peut être en grande partie déterminé par le contexte et tel était le cas semble t-il au Paléolithique, en particulier pour les statuettes Gravettiennes. En outre une figuration féminine nue peut fort bien être érotique tout en étant belle (les premières sculptures de la femme sont des statuettes et statues exprimant la séduction de l'être désiré, la beauté de son corps, l'érotisme de ses attraits, la fascination de son sexe) et avoir pour les paléolithiques une résonance franche dans l'opposition humain-animal. En effet, la femme dans l'art paléolithique, souvent présente, se veut discrète et n'essaie pas de rivaliser avec les grandes fresques animalières des grottes : elle prend la forme de petites statuettes, de gravures, de bas-reliefs ou de peintures dans les endroits confidentiels des sanctuaires souterrains.

De fait, l'art est bien une expression des modes de vie et de la conscience sociale, d'où prédominance d'animaux (production) et de femmes (reproduction) de l'économie politique. La condition des femmes est toujours - plus ou moins, voire assez peu - inférieure à celle des hommes. Chez les chasseurs-collecteurs, tout ce qui met en jeu un écoulement de sang ou l'évoque relève du domaine masculin. Il existe ainsi une division sexuelle du travail réservant la chasse active, sanglante (pour autant, les femmes participaient très souvent à la chasse mais le faisaient toujours sans employer aucune arme typique de la chasse, plutôt en rabattant le gibier, ou en le prenant dans des filets, voire mettaient à mort leur proie mais sans effusion de sang), et l'équarrissage, aux hommes, quelques heures par jour : force est alors de conclure que les grands peintres et graveurs étaient des hommes plutôt que des femmes. Et ils disposaient sans doute de plus de temps libre que leurs compagnes. Au Paléolithique le plus ancien, les activités féminines étaient sans doute liées au charognage, au dépeçage, à la transformation et au transport des animaux morts. Mieux que les autres singes, les humains vont pouvoir nourrir leur cerveau des acides aminés et du phosphore de la chair des animaux charognés ou chassés. Ces activités ne requièrent pas une force physique particulière et la femme a parfaitement pu y participer. Dans des environnements où la chasse et la cueillette sont à peu près d'égale importance, la répartition des tâches entre les sexes correspond exactement au partage animal et végétal. Il est à noter que les végétaux (graminées sauvages ou tubercules) représentent souvent la moitié de l'alimentation des chasseurs-collecteurs : la collecte est bien plus régulière et abondante que la chasse, risquée et à l'efficacité assez faible compte-tenu du temps passé. Bien que les femmes emmènent avec elles les enfants en bas-âge, les expéditions de cueillette conduisent les femmes à effectuer des déplacements beaucoup plus importants que ceux qu'effectuaient les hommes au cours de la chasse. Ces « compléments alimentaires » féminins devaient souvent être la seule source de nourriture pour le clan : l'apport végétal devait constituer de 20 à 50% des 3 000 kcal de leur ration énergétique quotidienne, suivant que le climat était froid ou tempéré. Chez l'adulte, les besoins réels en protides amenés par la viande sont en réalité assez réduits : moins de 200 grammes de viande maigre par jour (juste ce qu'il faut pour le maintien de la masse musculaire et des autres tissus, car nous n'avons pas de réserve en protéines, le rôle des protides est donc très secondaire). Le vrai rôle de carburant revient aux lipides, dont la chair du gibier n'est pas très riche, et surtout aux glucides des plantes, indispensables aux muscles et au cerveau (sachant que les chasseurs-collecteurs étaient plus sédentaires qu'on ne le pensait).

En Russie, sur la surface des sols d'habitation (ou plus souvent ensevelies dans des fosses de détritus et en partie brisées), on découvrit nombre de figurines d'ivoire ou de calcaire sculptées. Ces statuettes féminines avaient les mêmes formes opulentes que certaines des Vénus Paléolithiques d'Europe occidentale.
Pour certains, les représentations féminines caractéristiques de cette époque incarnent à la fois le rôle social et économique de la femme, mais aussi son rôle spirituel, comme support iconique d'une idéologie dominée par les femmes-mères, au sein d'une organisation sociale de type matriarcal. Pour eux, l'image de la femme, fixée par les statuettes, montre le rôle important qu'avait la femme-mère dans la communauté du Paléolithique supérieur. Elle représentait à la fois la femme-maîtresse de maison, du foyer et du feu dynamique, et la femme-ancêtre à laquelle se rattache l'idée de la femme gardienne d'une puissance magique capable d'assurer le bon déroulement d'une des principales activités de subsistance, la chasse.
En Russie, les statuettes féminines sont toujours trouvées à proximité de grandes quantités d'ossements. Les figurines animales conventionnelles symboliseraient le besoin de chasse, base économique de l'homme préhistorique. La femme représenterait donc la structure sociale et les valeurs économiques d'une société où le mammouth joue un rôle à la fois économique et symbolique de premier plan.
Pour autant, il ne faut pas confondre matriarcat avec l'existence de groupes sociaux à transmission matrilinéaire ou pratiquant la matrilocalité, c'est-à-dire la constitution du foyer au lieu même de l'habitation des femmes. Le mythe du matriarcat primitif peut être un moyen de reléguer le pouvoir des femmes dans un passé perdu, d'inventer une mythologie dont la fonction n'est autre que de cautionner l'état présent des rapports de hiérarchie et de domination des femmes par les hommes. Le matriarcat primitif est maintenant abandonné au profit d'un système matrilinéaire : c'est par la femme que se créé la famille, sans pour autant lui donner un pouvoir hiérarchique ou politique. Beaucoup de peuples sont matrilinéaires (appartenance à un groupe, à un clan ou à un lignage en fonction de la mère et sans considération du père), mais la condition des femmes n'y est pas meilleure qu'ailleurs, les fonctions et les pouvoirs du père y étant tenus par l'oncle maternel. La seule situation qui confère un certain pouvoir, ou tout au moins une grande autonomie, aux femmes est celle de la matrilocalité, le fait que les femmes résident ensemble de mères en filles dans le même lieu où viendra s'installer le mari. Partout les hommes payent pour avoir une épouse, dot qu'ils payent au père de la future femme : les hommes font des transactions entre eux dont les femmes sont les enjeux. Les chasseurs-collecteurs, n'ayant en général pas de biens valorisés à fournir au beau-père, payent de leur personne en se mettant au service du beau-père pendant un certain temps (plusieurs mois voire plusieurs années).
Chez les Aborigènes australiens, une fille est promise à un homme et engagée vis-à-vis de lui dès avant sa naissance. La différence d'âge au premier mariage est en général d'une trentaine d'années et le taux de polygamies est extrêmement élevé (jusqu'à treize femmes). D'un autre côté, toute femme est libre d'avoir des amants pourvu que cela n'interfère pas avec son activité de cueillette dont le produit doit revenir au mari ; un enlèvement, au contraire, qu'il s'agisse d'une femme mariée ou d'une fille promise, déclenche la vendetta qui doit se solder normalement par mort d'homme ou, ce qui revient au même, remise d'une femme en tant qu'épouse. Les filles se marient à la puberté, quelques fois après des rites de puberté, improprement appelés rites d'initiation (même si les filles sont déflorées et violées par plusieurs hommes de la tribu).

Si beaucoup de peuples racontent dans leur mythologie qu'autrefois les femmes avaient le pouvoir et tenaient les hommes sous leur joug, si les mythes parlent d'un temps où les femmes avaient été les seules à connaître les secrets des objets sacrés, ce n'est que pour justifier la domination actuelle des hommes, liée au fait qu'ils soient les seuls, depuis toujours puisque les femmes ne sont jamais initiées au spirituel, à connaître et à manipuler ces objets sacrés. Étant séparées des armes, les femmes sont exclues de la guerre. Tout pouvoir politique étant en dernière analyse fondé sur la possibilité d'un recours à la violence, les femmes sont également exclues du pouvoir politique (au mieux elles n'ont qu'un pouvoir d'influence sur les décisions, même si celui-ci peut être important). Bien que les religions de chasseurs-collecteurs nomades ne mettent jamais en œuvre le sacrifice, elles sont centrées sur le sang symbolisé par les objets sacrés, d'où les femmes en sont totalement exclues.
Les conditions de vie étaient d'une telle dureté, aux temps préhistoriques, que toutes les ressources humaines devaient être utilisées et complémentaires. Cela n'induisait pas forcément un rapport de force entre les individus et les sexes, mais plutôt de la coopération. Même si l'on se limite aux conceptions traditionnelles qui assignent aux femmes les soins du foyer et des enfants, elles peuvent exercer, dans ce cadre, un certain nombre d'activités, à condition qu'il s'agisse de taches non dangereuses, qui n'exigent pas une grande mobilité, et peuvent être souvent interrompues. De fait, de nombreuses activités répondent à ces critères. Si l'on admet par exemple que les activités de tissage et de filage sont dans beaucoup de cultures le domaine des femmes, il se peut bien que ce soient elles qui aient inventé, il y a quelque 20 000 ans, la corde et l'art du tissage de fibres végétales, dont témoignent les parures et les vêtements qui ornent certaines statuettes paléolithiques : ainsi, la résille qui coiffe la « dame a la capuche » de Brassempouy, le « pagne » de la Vénus de Lespugue, les « ceintures » des Vénus d'ivoire de Kostienki, qui sont peut-être des moyens de portage des bébés. Contrairement aux idées reçues, les femmes préhistoriques ont pu être techniciennes, fabricatrices et utilisatrices d'outils : la gente féminine, moins mobile que les mâles chasseurs, pouvait se consacrer à des ouvrages manuels tels que la fabrication d'outils, d'armes ou le tissage (en fibres végétales : plusieurs statuettes anthropomorphes représentent des « vêtements » ou des parures).

L'étude des traces de pas dans les grottes ornées et des empreintes de mains positives ou négatives sur leurs parois, les techniques utilisées, ne permettent pas d'exclure que des femmes aient pu participer à l'élaboration des figures rupestres ou des objets de l'art mobilier.
La série des statuettes de Grimaldi, est plus convaincante (la station de Grimaldi près de la frontière française a produit une dizaine de statuettes féminines). Ces figurines sont toutes de petite taille, et certaines comportent un trou en anneau à la partie supérieure qui permet de les porter en pendentifs, tandis que d'autres, terminées en fuseau, pouvaient être tenues dans la main ou fichées en terre. Il pourrait s'agir d'amulettes destinées à protéger la grossesse ou l'accouchement : un usage féminin par excellence, qui ne fait pas intervenir l'idée d'une magie de chasse ou de fécondité, qui ne requiert pas plus la mythologie du matriarcat ou de la « grande Déesse », mais qui met en avant la nécessité pour les femmes de se protéger en un épisode de leur vie lourd d'émotions et de périls. On peut imaginer que ces objets ont pu être fabriqués par des femmes pour leur usage personnel ou pour celui de leurs semblables.
L'idée que l'art rupestre et mobilier préhistorique a pu être réalisé ou utilisé par des femmes trouve d'autres arguments dans le comparatisme ethnographique : chez les Aborigènes australiens, il existe un art sacré réservé aux femmes, qui ne peut être réalisé que lors de circonstances particulières, à un moment et dans un lieu particuliers. Si on admet que l'art paléolithique a pu avoir une fonction rituelle ou spirituelle, certaines images et certains objets étaient peut-être destinés aux femmes ou à l'initiation des adolescentes, plutôt qu'à un usage exclusivement masculin. D'autres analyses ont mis en évidence sur certains sites (par exemple dans le site mésolithique de Lepenski Vir) plusieurs formes artistiques de taille et de facture distinctes qui traduisent peut-être une expression féminine différente de celle des hommes, voire même peut-être opposée à elle. De même, les techniques de fabrication de la poterie pourraient révéler une distribution sexuelle des lieux et des rôles, selon que ces objets sont destinés à un usage domestique ou à des échanges à une échelle plus large, l'importance d'activités de production et de subsistance qui tout au long de la préhistoire pouvaient être pratiquées par des femmes : ainsi, la chasse du petit gibier, la cueillette, la fabrication d'outils de pierre sur éclats, le tissage ou la poterie, la production d'images, figurations gravées ou peintes, de figurines sculptées. On voit alors une femme productive, inventive, artiste ! En parallèle, du point de vue physiologique, les femmes sont les associées sexuelles, les mères de soins et les partenaires sociaux.

Il ressort de tout ceci des expressions directes et réalistes, sans pudicité ni interdit : la statuaire féminine séduisante, sexuellement désirante. C'est la sculpture première des humains, la première venue et la prédominante jusqu'à nos jours (sauf quelques interruptions). Nous devinons ici la tradition par excellence de la sculpture. Venue du fond des âges, précédée et attisée par la taille d'outils de plus en plus efficaces et beaux, elle rend clairement la femme et seulement elle, la femme désirée, la femme sexuée, et cela de préférence aux rendus sculptés d'hommes, d'animaux ou autres... Autant d'expressions de la vie, du goût de vivre, de l'espoir de vie. Autant de créations dans la terre, la pierre, le bois, puis le bronze, le verre... qui sont venues et qui viennent avec volupté aux mains des sculpteurs, avec goût d'excellence, avec désir de beauté. Autant de sculptures dont la vue et le toucher ont procuré et procurent du désir et de l'agrément sensible et qui, par là même, Vénus propice à la fécondité, furent probablement favorables aux générations humaines, en tous cas à leur bonheur sur terre (hormis le risque que la femme y soit réduite à un objet de plaisir, ou de culte d'idolâtrie). Le statut important accordé aux femmes peut s'expliquer par leur rareté liée à une forte mortalité infantile et maternelle, mais aussi par leur rôle dans la conception (et la méconnaissance de celui des hommes à cette époque). Ainsi, les représentations féminines préhistoriques ne seraient pas des femmes désirées, mais des femmes sublimées et mythiques. Les statuettes étaient finalement enterrées, souvent à proximité des foyers, lieu du feu et espace social par excellence. La fonction exacte de ces statuettes n'est pas connue. Quelques une présentent un trou de suspension au niveau de l'extrémité de membres inférieurs et ont été employées comme objets de parure. D'autres ont été trouvées dans un contexte archéologique évocateur de rituels. Il pourrait très bien s'agir d'objets de parure et/ou de culte.

 

La période Solutréenne (-20 000 à -16 000), contemporaine au maximum glaciaire, voit apparaître une des cultures les mieux circonscrites dans le temps et l'espace (France et Espagne). Les lames de silex sont extrêmement fines (pièces bifaciales « feuilles de laurier ») et le silex est préalablement chauffé à 300°C. L'outillage osseux semble peu développé, mais ils ont inventé l'aiguille à chas (pour coudre plus facilement les vêtements) et le propulseur en bois de renne (pour envoyer plus loin et avec plus de force une lance/sagaie : ils ont provoqué des créations artistiques savantes parce que l'efficacité des propulseurs dépend du rapport entre la morphologie et le poids, et que la forme du bois de renne dont ils proviennent limite les volumes disponibles pour le décor). Il est à noter que nombre de propulseurs portent à leur extrémité une tête de cheval dont le toupet forme crochet. Les propulseurs apparaissent à la fin du Solutréen et disparaissent au Magdalénien supérieur.


Comme les humains ont, depuis les débuts du Paléolithique supérieur, autant fréquenté des cavernes que des sites de plein air, les parois des grottes ou abris-sous-roche ne sont pas les seules ornées. L'art solutréen fait exception dans le sens où il est souvent pratiqué en plein air (sculptures en bas-reliefs : la sculpture apparait sur des supports mobiliers au début du Paléolithique supérieur et gagne les supports pariétaux au Solutréen), sur des sites en Espagne, au Portugal et en Italie du Sud.
Sur un rocher de Penascosa à Foz Côa (Portugal), on trouve l'image profondément gravée d'un étalon à trois têtes chevauchant une jument, séquence comportementale exceptionnelle dans l'art paléolithique. À quoi correspondent ces trois versions de l'encolure et de la tête tracées par piquetage ? Il ne s'agit en rien d'une correction, car les trois versions sont exécutées avec sûreté (le piquetage est long à exécuter) et matérialisent trois positions distinctes, équidistantes, décomposant de manière éclatante le mouvement de haut en bas d'un animal excité redressant tour à tour l'encolure ou mordillant celle de sa partenaire comme on peut le voir chez les équidés qui copulent. Si on ne trouve des copulations que gravées en plein air, on peut se demander si cette expression de la vie, souvent détruite car exposée, n'est pas en opposition aux grottes, qui seraient alors consacrées à la mort !
Toujours est-il que ces personnes devaient penser comme des humains observant à longueur de journée leur environnement, les animaux qui les entourent et dont ils perçoivent le moindre mouvement. Une fois ces individus réunis, il leur était demander de représenter un animal observé dans la nature et non de copier un travail existant, de traduire une allure ou un comportement en décomposant son mouvement. On voit ainsi plusieurs dizaines de cas (52 figures) de décomposition du mouvement par superposition d'images successives. La multiplication des contours observée sur ces 52 figures traduit la quatrième dimension, à savoir le temps, et pas obligatoirement l'expression de maladresses ou de repentirs : la multiplication des contours des membres, en raison même de leur organisation, témoigne plutôt de la dextérité d'un artiste maniant avec sûreté son silex pour créer un véritable flou dynamique, reflet des limites de notre perception visuelle (persistance rétinienne) confrontée à l'observation des mouvements rapides (allures) dans la nature. On peut ainsi véritablement parler de « réalisme photographique », voire « cinématographique ».Bien des millénaires plus tard, les animateurs de dessins animés et les dessinateurs de bandes dessinées utiliseront le même procédé.
À une distance d'approximativement 25 km de la vallée du Côa, on trouve une gravure représentant un cheval mesurant 62 cm de longueur. Le complexe de la vallée du Côa est donc le troisième site d'art rupestre paléolithique connu au Portugal jusqu'à ce jour, avec la différence toutefois qu'il ne s'agit pas d'une roche avec une gravure isolée, mais de centaines, peut-être de milliers de gravures distribuées le long d'une vallée.
S'il est vrai que l'on connaît aujourd'hui près de 280 grottes ornementées de peintures dans toute l'Europe Occidentale, il est également vrai que l'on ne connaît que quatre autres sites d'art rupestre en plein air : Mazouco (Portugal), Fornols-Haut (Campôme, France), Domingo Garcia (Segóvia, Espagne) et Siega Verde (Ciudad Rodrigo, Espagne), dans la vallée du Águeda, à quelques dizaines de kilomètres de la vallée du Côa.
La découverte dans la vallée du Côa de centaines, voire de milliers de gravures, nous permet aujourd'hui de penser que l'art paléolithique était initialement représenté surtout en plein air. Cependant, étant plus exposées aux phénomènes naturels de dégradation, les représentations en plein air sont aujourd'hui minoritaires relativement aux gravures et peintures des grottes. D'un autre point de vue, la distribution des gravures le long de presque une vingtaine de kilomètres nous porte à croire que nous sommes en face d'un authentique sanctuaire en plein air. L'exposition préférentielle des gravures à l'Orient et la proximité des représentations d'animaux par rapport à l'eau, suggère une vénération de la rivière (mais surtout de l'eau), qui serait sacrée.


Le maximum de froid est atteint entre -23 000 et -13 000. A cette époque, une énorme calotte de glace s'étend jusqu'au centre de l'Écosse, au nord de l'Allemagne et au nord-ouest de la Russie en englobant la Scandinavie et la Pologne. A sa périphérie, les températures moyennes annuelles sont parfois inférieures de 10 à 15°C à celles d'aujourd'hui. Entre -23 000 et -13 000, la banquise descend jusqu'à Londres, les glaciers sont au maximum de leur extension (en France les glaciers pyrénéens et alpins descendent bas dans les vallées ; Lyon est complètement englacée), des vents glacés et secs provoquent un froid sibérien sur les zones périglaciaires. Chassés par ces langues de glace, les humains et les animaux abandonnent les latitudes septentrionales de l'Europe et les régions dont l'altitude dépasse 500 mètres. En Europe occidentale, les hivers sont longs et rigoureux (minimum -20°C en janvier) et les étés courts et doux (maximum 17°C en juillet). La mer est 120 mètres plus bas qu'aujourd'hui : la Manche et la mer du Nord disparaissent, la Méditerranée se résume à deux petits lacs. Ces nouveaux espaces libérés sont des zones de passage privilégiées des troupeaux lors de leurs migrations saisonnières.
Ces changements climatiques à l'échelle du continent ont influencé la végétation et les déplacements des herbivores, sensibles au froid et tributaires du couvert végétal. Les carnivores (dont les humains), pour survivre, ont dû suivre les grands troupeaux le long des axes fluviatiles et des vallées, de tout temps des voies de migration et de peuplement humain et animal.


Au Magdalénien (-16 000 à -9 500), l'outillage en silex est moins soigné, mais l'industrie sur os, ivoire et surtout bois de renne est abondante et variée. A l'aube du Magdalénien, on semble assister dans toute l'Europe a une véritable explosion démographique. Avec la dernière période de récession du froid (de -16 000 à -9 000), plusieurs écosystèmes successifs ont été mis en évidence, chacun avec leur propre biomasse d'ongulés. Du système le plus contraignant (autour de -16 000) au système le plus favorable (vers -11 000), la biomasse augmente dans un rapport de 1 à 23 ; elle chute brutalement ensuite. Il a été retenu que la densité des prédateurs humains a varié de la même façon partant d'une valeur proche de 0 vers -16 000, atteignant plus de 17 habitants par 100 km2 vers -11 000 et chutant fortement ensuite. L'effectif maximum de la population humaine d'Europe habitant le nord de l'arc alpin de la Pologne jusqu'aux confins ouest de la péninsule a pu être estimé à près de 250 000 individus.

Lors du maximum glaciaire, la densité de la population d'Europe centrale et du Nord a décru de façon marquée, plusieurs régions telles que l'Allemagne méridionale et la Grande-Bretagne (alors rattachée au continent) furent presque totalement désertées. Seules deux zones ont constitué des refuges avec une densité de population importante : la zone franco-cantabrique à l'ouest et l'Europe orientale périglaciaire. Les conditions rudes du maximum glaciaire étaient adoucies dans la zone franco-cantabrique par la présence de l'océan Atlantique, sachant que certaines régions de la plaine d'Europe orientale particulièrement bien pourvues de vallées fluviales et de lacs couverts de glace aux ressources variées attiraient davantage encore les animaux et les humains, d'où des migrations progressives de groupes d'humains modernes lors de la première étape du maximum glaciaire, depuis la haute Autriche et la Moravie en direction de l'Est. On assiste alors à une augmentation considérable dans la densité des sites ornés vers -16 000 ans (maximum principal) et -13/-12 000 ans, l'âge du maximum principal étant proche de celui du maximum de la dernière période glaciaire : le nombre de sites ornés décroit de façon considérable après -16 000 au début de l'amélioration climatique du dernier glaciaire, s'accroit à nouveau vers -13/-12 000 ans lors du stade froid Vespien, et disparaît complètement après -9 000, au commencement de l'interstade Allerod.
Ainsi, à l'époque du maximum glaciaire, la « nébuleuse aurignacienne » est interrompue : deux régions sont fixées, l'une au nord-est, qu'on appelle périglaciaire, et l'autre au sud, qu'on nomme méditerranéenne.

C'est à cette époque que l'humain invente le harpon à barbelures qui sert à la pêche et à la chasse. Les peintures et les gravures se comptent par milliers et sont souvent impressionnantes de réalisme. Quant à l'art mobilier, il est remarquablement diversifié, avec des milliers d'objets en os, ivoire, pierre. Par la découverte d'une flûte, on sait que les sociétés étaient organisées et les membres avaient le temps de pratiquer des loisirs ou de s'adonner à d'autres arts que graphiques (même s'ils devaient déjà utiliser des éléments naturels comme percussions).
Les armes et objets de la vie quotidienne sont souvent décorés de motifs géométriques ou de représentations figuratives. Il en est ainsi des bâtons perforés (servant de levier pour redresser les baguettes et sagaies extraites des bois de cervidés), apparus dès l'Aurignacien mais qui ne se sont enrichis de gravures complexes et de sculptures qu'à partir du Magdalénien (auparavant, on en connaît gravés de lignes simples et parfois avec le manche terminé en phallus). La forme particulière de cet objet, qui doit posséder un manche pour le tenir fermement et un trou dans la partie élargie pour y insérer les sagaies, offrait d'ailleurs des possibilités de décor bisexué.

Il est difficile de suivre le tracé des phallus dont peu sont réalistes. Les plus évidents sont les manches de bâtons percés et quelques sculptures mobilières, sachant que dans l'art pariétal les phallus réalistes sont encore plus rares.
Le bâton percé apparaît dès l'Aurignacien et persiste jusqu'à la fin du Magdalénien. Ces pièces sont taillées dans du bois de renne, le trou étant percé au niveau d'une enfourchure. Ils servaient à redresser à chaud le bois de rennes naturellement coudé, dont les chasseurs faisaient des sagaies. Leur décoration parfois absente ou rudimentaire devient, au Magdalénien, très élaborée parfois originale. Il s'agit d'animaux : chevaux, bisons, cerfs, rennes, bouquetin, mammouths, poissons...mais aussi souvent phallus et plus rarement vulves (bâton orné d'un triangle pubien gravé à Peyrie - Dordogne). Ces nombreux bâtons phalliques sont-ils de simples outils, des objets rituels, voire sont-ils destinés au plaisir sexuel de la femme (des godemichés) ?

Les représentations masculines globales sont relativement peu nombreuses, au paléolithique : il n'en existerait que 73. Il s'agit toujours de figures assez sommaires, incomplètes et sans caractère artistique bien affirmé. Le beau comme le vrai ne faisaient pas, à l'évidence, partie des préoccupations des artistes préhistoriques quand ils cherchaient à représenter l'homme, si tant est qu'il soit fondé de parler d'artistes dans ces cas. A l'inverse de ce qui existe pour les représentations féminines, les figurations partielles masculines, pariétales ou mobilières, n'appartiennent qu'à un seul type, le phallus, et ne sont pas très nombreuses. Elles n'en constituent pas moins un ensemble qui est loin d'être négligeable, l'aspect phallique étant plus marqué pour les sculptures magdaléniennes ou solutréennes semblables que pour le Gravettien. Ceci marque nettement l'intérêt exceptionnel porté au sexe masculin. Le fait que le pénis de l'homme soit parfois représenté de façon démesurée nous permet-il de parler d'obscénité ? Un point est très frappant : la fréquence de l'érection (28 cas soit 38%). A ces cas il faut maintenant ajouter les ithyphalliques de Saint-Cirq du Buge, de Pergousset et de Foz-Coa découverts plus récemment. Depuis la fin du paléolithique l'érection ne sera jamais plus représentée avec une telle fréquence. On ne saurait nier qu'il s'agit là d'une manière d'affirmer le caractère masculin d'une figure qui est en règle des plus sommaires, très souvent d'ailleurs il s'agit du seul indicateur de sexe retenu alors que les figures féminines sont en général surdéterminées. Mais ce choix exclusif n'est pas innocent, d'autres critères anatomiques auraient pu êtres employés, épaules larges hanches étroites ou thorax épais par exemple, ils étaient connus et ne posaient aucun problème technique. On note également le contraste frappant avec les représentations animales dont le sexe est en général éludé malgré leur extrême précision anatomique.

Depuis l'Aurignacien, la quarantaine de représentations masculines couvre tout le paléolithique supérieur sur la majeure partie de l'Europe : France, Espagne, Moravie, Autriche, Pologne. Il faut surtout noter l'existence de quelques pièces soignées, réalistes quand elles ne font pas preuve de créativité ou d'une surprenante fantaisie : petit phallus pendeloque de Saint Marcel (symétrique exact d'une minuscule pendeloque du même site dont la face gravée représente de façon schématique un périnée), Double phallus de Gorge d'Enfer, Phallus à tête humaine du Roc de Marcamps. Il faut également souligner la Vénus de Weinberg, taillée dans un calcaire dur, recouverte d'ocre, formée par une paire de fesses surmontée d'un phallus, la vue supérieure montrant nettement le méat urinaire. Cette pièce assez extraordinaire n'est cependant pas tout à fait unique. Plus que des célébrations de la maternité/paternité, ces sculptures expriment vraisemblablement une sorte de fascination pour le plaisir sexuel. Dans ce contexte, la Vénus de Weinberg cesse d'être vue comme une image sexuelle ambigüe, mais comme un condensé fort du point de vue des paléolithiques sur cette question, d'un côté le phallus, de l'autre les fesses.

On range traditionnellement dans la catégorie des pendeloques, des objets à suspendre dont la seule particularité est de n'être ni des contours découpés ni des rondelles.
On peut penser à certains objets traditionnellement identifiés comme des pendentifs en forme de seins de femmes (collection des terrasses gravettiennes de Dolni Vestonice/Pavlov en Moravie), ou à ces longs bâtons d'ivoire de Dolni Vestonice et du Placard, naguère donnés pour des figures stylisées de femmes lus comme des « symboles de fertilité », qui ont été récemment réinterprétés comme des figures stylisées d'organes sexuels masculins : suspendu de manière à être vu, cet objet apparait comme un pénis humain en érection avec ses testicules (la « Vénus » de Dolni Vestonice, petit objet en ivoire de mammouth, habituellement décrit avec les Vénus, est une pendeloque ; il présente au revers un anneau de suspension et a l'étrange particularité de se prêter à une triple lecture : deux cuisses, un triangle pubien et sa fente traditionnelle à l'époque surmontés par un torse minuscule ; deux seins et un torse ; enfin deux testicules surmontés d'un phallus).

Dans la grotte espagnol de Praileaitz I, on remarque plusieurs groupes de pendeloques, distribués aussi bien dans le vestibule (premier des ensembles sur le côté gauche du vestibule : situé près de l'entrée, à proximité du siège et du foyer, il se compose de trois éléments, aux faces et angles arrondis ; les formes dominantes allongées de deux d'entre elles contrastent avec la forme de la troisième, de tendance subrectangulaire ; la texture et la couleur de cette dernière, plus brillante et plus noire, est également différente de celles des deux autres. Seul l'une d'elles présente un décor) que dans un espace exigu situé derrière le siège et non loin de la galerie qui donne accès aux parties les plus obscures et les plus secrètes. Dans la salle intérieure, tout est encore plus exceptionnel. Presque magique. C'est comme si l'espace circulaire avait été balayé, éliminant os et ustensiles. Comme si tout ce qui n'est argile du sol et quelques pierres avait disparu.
Au centre de cet espace, une vingtaine de remarquables pendeloques de pierre noire, la plupart décorées, forment plusieurs colliers. En particulier, un collier d'un mètre cinquante de long formé de quatorze pièces de pierre noire, déposées intentionnellement sur l'argile. Ses pièces, pour la plupart décorées et de formes allongées, sont disposées d'une manière soigneusement ordonnée, équidistante. La symétrie, que l'on distingue parfois dans les décors des pierres, se retrouve dans leur disposition sur le collier : deux limonites discoïdes (coloration dans les tons verdâtres et rougeâtres, qui contrastent avec les couleurs plus uniformes du reste des pendeloques du collier) de forme et de dimensions très semblables, placées aux deux extrémités, dénuées de tout décor. Parfois, intercalés entre quelques uns de ces éléments, on peut également trouver insérées des verroteries de taille inférieure, ainsi que des graines, voire des plumes de différentes couleurs. En effet, on utilisait par ailleurs des plumes de différents oiseaux, des graines et des fruits des couleurs vives pour la parure des corps : plumes de pic vert, grive mauvis, canard colvert, bécasse des bois, geai des chênes et pie bavarde, gland de chêne, fruit du gui et fruit de rosacée. Dans cette même salle, à un peu plus de quatre mètres de l'ensemble précédent, on en trouve un autre, composé de deux pièces.
Au total, vingt-trois pendeloques groupées en cinq ensembles. Sans compter six autres, brisées par leur zone de perforation et localisés, pour trois d'entre elles, sur l'un des côtés de la salle intérieure.
Hormis trois incisives décorées de bouquetin, l'une présentant des taches d'ocre rouge (présence à l'occasion des rites funéraires, puisque traditionnellement sa couleur est considérée équivalente à celle du sang, de la santé et de la vie ; sa capacité à obscurcir est connue), toutes les autres pièces sont de pierre de couleur noire, et beaucoup sont de forme allongée. Dans la zone qui s'élargit en une salle intérieure, dans un espace d'environ quatre mètres carrés, délimité par des blocs, on trouve cinq autres pendeloques. Trois sont fabriquées dans des incisives de bouquetin et décorées. Elles apparaissent tout près les unes des autres. Mais considérant toutes les pièces, on ne peut qu'être frappé par la beauté de l'une d'elles, confectionnée à partir d'un fin galet de couleur noir sombre, troisième collier formé d'une seule pierre perforée aux courbes douces dont l'unique décor se réduit à plusieurs lignes parallèles transversales, dont la silhouette naturelle n'est pas sans rappeler diverses Vénus paléolithiques classiques (tout près de cette pendeloque, on en trouve une seconde, de couleur noirâtre, qui ressemble à s'y méprendre à une canine atrophiée de cerf, de forme phallique, quoique de dimension notablement supérieure ; elle est décorée sur toutes ses arêtes, ainsi que sur l'une ses faces latérales de traits transversaux disposés de manière régulière et compte également un décor sur le périmètre du grand côté de base).
Probablement furent-elles récoltées de manière sélective dans les eaux toutes proches du Deba. Pas forcément pour des motifs esthétiques mais au nom d'un symbolisme que devait revêtir certains de leurs volumes et de leurs contours. La douce texture du galet, ainsi que son aspect brillant, que lui procure l'humidification ou l'entrée en contact avec la transpiration de la peau, purent être également la cause de leur choix.
La personne qui les ramassa en décora la plupart. Sur plusieurs faces et sur les bords, cette personne entreprit de graver des incisions transversales de manière insistante. Toutefois, on apprécie sur chacun des rythmes différents, des groupes de traits, des espaces vides. Offrant de petites incisions plus ou moins profondes, la plupart des pendeloques sont décorées différemment (même si les petits traits parallèles sont pratiquement généralisés sur beaucoup de pièces). Parfois, de rares marques affectent l'un de leurs plus grands côtés; d'autres fois, la totalité d'un côté ou même les deux sont gravés à des distances quasiment égales. Fréquemment, les espaces vides, les rythmes ou les juxtapositions de lignes dessinent des dessins capricieux.
L'utilisation de pièces dentaires d'animaux herbivores ou carnivores pour la fabrication de pendeloques est courante au cours de la Préhistoire. On les perfore, on les décore de différents motifs. Les parallèles de ces dents à plus d'un orifice ne sont pas très abondants, quoique l'on ait connaissance d'incisives de cheval et de cerf, décorées et à double perforation (parfois même à quintuple perforation) à différents niveaux magdaléniens de la corniche cantabrique et du territoire situé au nord des Pyrénées comme à Ermittia (Deba, Gipuzkoa), Arenaza (Galdames, Biscaye), Isturitz (Izturitze-Donamartiri, Basse-Navarre), Mas d'Azil (Ariège) et Tito Bustillo (Ribadesella, Asturies). Effectuée avec une grande précision sur chacune des incisives, la double perforation devait servir à passer deux fines lanières parallèles confectionnées à partir de matières premières animales ou végétales, en fixant la position de la dent, de manière à rendre visibles les incisions décoratives. Une pendeloque est décorée sur toutes ses faces. Mais on en observe mieux sur l'une des faces principales le développement complexe. Des signes quadrangulaires cloisonnés ou bandes horizontales parallèles de différente largeur alternent en respectant un certain rythme. Les plus étroites ne sont pas décorées et s'intercalent par une ou deux entre les bandes décorées. Parmi ces dernières, celles des extrémités présentent des incisions en oblique très serrées, tandis que sur les autres est représenté un motif réticulé créé à partir de lignes obliques tracées dans les deux sens. Diverses pendeloques présentent sur une ou deux de leurs grandes faces de fines lignes parallèles formant des bandes, généralement symétriques. Ces lignes occupent souvent la plus grande partie de la surface. Contrairement aux côtés plus étroits, l'incision pratiquée est très superficielle.
Les canines atrophiées de cerf, ont été très appréciées dans les différentes cultures depuis les débuts du Paléolithique supérieur, même si toutes n'étaient pas transformées en pendeloques. Depuis le premier jour aussi, des imitations ont été réalisées en ivoire ou en pierres de couleurs plus ou moins vives (Gatzarria, El Pendo, etc). La plupart des exemplaires naturels ou imitations sont lisses, encore que certains sont décorés, en règle générale de traits courts.
Ces images trouvent leurs exacts correspondants du côté des images féminines sous la forme d'un intérêt soutenu pour la représentation de la vulve. Sur une des pendeloques, un losange aux fines incisions était représenté. Comportant parfois à l'intérieur un trait longitudinal, ce motif vulvaire se retrouve également sur des sagaies du Magdalénien. Dans ce même ordre d'idées il y a lieu de signaler une petite pièce, connue sous le nom de « coccinelle » de la Laugerie-Basse mais qui est généralement considérée comme figurant une vulve, ainsi que la pendeloque vulvaire d'Enlène.
La découverte d'une série de pendeloques brisées, dans la plupart des cas au niveau de la perforation, est un fait remarquable. Au cours de la Préhistoire, fréquents sont les objets brisés ou détruits localisés dans différents contextes d'habitats et de rites funéraires ; ces bris feraient partie de pratiques rituelles.


Du Solutréen (-20 000) au Magdalénien moyen (-14 000), la femme sera représentée de manière irrégulière, parfois spectaculaire.
Après l'Aurignacien et son cortège de triangles pubiens, après le Gravettien où les figurations féminines sont réalistes (ce sont les Vénus et les reliefs, et des symboles sexuels simples), une troisième étape s'individualise au Magdalénien avec la production de statuettes stylisées à forte charge symbolique. Les représentations féminines se limitent alors à la mise en relief de l'exubérance des fesses et deux petites proéminences symbolisent les seins, le reste de la statue étant plat et sans motif. La tête n'est plus représentée.

Les Vénus sont plus nombreuses à la fin du Magdalénien et dans le quart sud-est de la France, mais exprimées sous la forme de profils fessiers type Lalinde et claviformes (en forme de clé). Typiquement, des figurines de Vénus sont découpées dans de l'ivoire, de la serpentine, du schiste, de la pierre à chaux, de l'hématite, du lignite, de la calcite, de l'argile mis au feu, de la stéatite, de l'os, et de l'andouiller. Les excavations récentes de Wilczyce (Pologne, entre -12 et -14 000), ont également révélé une collection de silex travaillés interprétée comme des figurines de Lalinde/Gönnersdorf. Ces objets en pierre se rapprochent d'un outil long du paléolithique supérieur (silex à « lame étranglée »), mais clairement ces objets façonnés inutilisés soutiennent une ressemblance saisissante avec le modèle des statuettes d'os et d'ivoire (chacun a les fesses voluptueuses caractéristiques et le long tronc l'identifiant comme figurine de Lalinde/Gönnersdorf).
Pour information, on trouve dans l'art rupestre égyptien des dessins délibérément laissés incomplets qui, au regard du style et d'un certain nombre de particularités iconographiques, permettent d'affirmer que cet art rupestre du Paléolithique supérieur montre des affinités étonnantes avec l'art magdalénien récent en Europe. Ce constat est particulièrement évident en ce qui concerne les figures humaines. La plupart d'entre elles sont très similaires aux figures anthropomorphes du type Lalinde/Gönnersdorf. D'autre part, certains des bovinés les plus élaborés de Qurta rappellent les représentations d'aurochs du Magdalénien récent, comme ceux de la grotte de la Mairie à Teyjat (Dordogne, -9 000 : figure centrale de la composition, un aurochs est entouré de deux vaches, et en-dessous se trouve un cheval). Tant les figures de type Lalinde-Gönnersdorf que les bovinés susmentionnés sont datés d'environ -11 000/-10 000.
Les profils fessiers type Lalinde-Gönnersdorf sont la résurgence, au Magdalénien, de l'attrait pour les fesses qu'exprimaient déjà au Gravettien les statuettes Vénusiennes. En évoluant dans le temps, les Vénus devinrent stylisées, plus schématiques, et parfois seule la stéatopygie est marquée : au Magdalénien final, les fesses tendent à devenir le caractère sexuel féminin essentiel sinon unique. Plus l'art paléolithique évolue, plus l'image féminine (et masculine) est simplifiée, voire caricaturée.

 
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24 février 2012 5 24 /02 /février /2012 11:47

Etant donné la quantité d’informations mythologiques/historiques/astronomiques que nous devons synthétiser pour donner une vue précise de tous les tenants et aboutissants de ces célébrations, l’article complet sera mis en ligne au fur et à mesure.

 

Le carnaval, héritage des Saturnales, des Bacchanales, des Lupercales des Anciens, de la fête des Fous ou de l'Âne, a toujours été jugé scandaleux de par ses travestissements et excès de tous genres, mais il n´en a pas toujours été ainsi dans le monde antique. Ce n´est que sa dégénération qui obtient comme résultat d´être interdit maintes fois dans l´Histoire.

Le carnaval est une tradition archaïque liée aux cycles saisonniers et agricoles. On fait dériver le mot carnaval de carne (pour caro, chair) et levare (lever, enlever, ôter) pour se dédommager de l'abstinence imposée pendant le Carême.

 

L’historien des religions Mircea Eliade écrit : « Toute nouvelle année est une reprise du temps à son commencement, c’est-à-dire une répétition de la cosmogonie. Les combats rituels entre deux groupes de figurants, la présence des morts, les saturnales et les orgies, sont autant d'éléments qui dénotent qu’à la fin de l’année et dans l’attente du Nouvel An se répètent les moments mythiques du passage du chaos à la cosmogonie »8. Eliade écrit encore : « Alors les morts pourront revenir, car toutes les barrières entre morts et vivants sont brisées (le chaos primordial est réactualisé) et reviendront puisqu'à cet instant paradoxal le temps sera suspendu et qu'ils pourront donc être de nouveau contemporains des vivants »8. Eliade souligne que les peuples ont « d’une manière profonde le besoin de se régénérer périodiquement en abolissant le temps écoulé et en réactualisant la cosmogonie »8.

Dans l’essai Le Sacré et le Profane Mircea Eliade écrit : « L'abolition du temps profane écoulé s’effectuait au moyen des rites qui signifiaient une sorte de « fin du monde ». L'extinction des feux, le retour des âmes des morts, la confusion sociale du type des saturnales, la licence érotique, les orgies, etc. symbolisaient la régression du cosmos dans le chaos »9.

 

 

Les coutumes sociales extravagantes du carnaval rappellent les célébrations de l’équinoxe du printemps, dont les Sacaea babyloniennes (akitu assyrien) et le Norouz iranien : on y célèbre la victoire du nouvel an sur l’ancien.

 

La fête akitu apparaît dans des textes relatifs à plusieurs des villes majeures du pays de Sumer, dans la seconde moitié du -IIIe millénaire. Elle est notamment attestée à Ur, Uruk et Nippur. La première est peut-être la cité d'où est originaire cette fête, qui s'y déroulait alors deux fois dans l'année, aux deux équinoxes (à l'équinoxe jour/Vie et nuit/Mort ont une durée identique, la variation journalière de la durée du jour et de la nuit est la plus grande, et le Soleil se lève à l'Est/naissance et se couche à l'Ouest/décès). La date de l'équinoxe peut se déterminer en observant le lever du Soleil, par rapport au point situé plein Est (ou plein Ouest pour le coucher) : l'équinoxe de printemps a lieu le jour où le Soleil cesse de se lever au sud de ce point, pour se lever au nord (et inversement pour le coucher du Soleil, et/ou pour l'équinoxe d'automne). L'instant exact peut s'apprécier à partir de l'azimut solaire à ces deux levers consécutifs, en interpolant le moment où le Soleil passe à l'azimut 90° (ou 270° pour le coucher).

L’Akitu était à l’origine la fête du printemps sumérienne consacrée au couple Inanna/Ishtar (déesse de l’Amour et de la guerre, identifiée à la planète Vénus, Étoile du matin) et Dumuzi (dieu-pasteur et dieu de la fertilité, berger-roi – le cinquième roi légendaire antédiluvien qui régna avant -2 900 sur Bad-Tibira ‑ uni à Inanna) dans un très ancien rite de mariage sacré.

 

Dans la Descente d'Inanna aux Enfers, il est choisi par sa parèdre (« qui est assis à côté de : divinité souvent inférieure en prérogative, habituellement associée dans le culte à un dieu ou une déesse plus influent, ici Inanna) pour la remplacer aux Enfers. Inanna remonte sur Terre, accompagnée de démons envoyés par les dieux des Enfers pour la surveiller et pour trouver une victime de substitution. Elle se rend d'abord à Umma et à Bad-Tibira, dont les divinités tutélaires se prosternent devant elle, échappant ainsi à la mort. Elle visite ensuite Kullab, où réside son époux Dumuzi, qui lui l'accueille sur son trône, dans ses plus beaux vêtements. Inanna, furieuse de le voir aussi peu respectueux, dit aux démons de s'emparer de lui, et de l'emmener aux Enfers à sa place. Il est donc mort (ce qui a donné naissance à des textes de lamentation), et est alors considéré comme une divinité infernale. Il se fait cependant remplacer une moitié de l'année par sa sœur Geshtinanna. Ainsi le passage des saisons trouvait une explication dans la vie des dieux, le retour de Dumuzi sur terre étant vu comme le début du renouveau de la nature. Cela est notamment marqué dans les rituels mésopotamiens par le mariage sacré (hiérogamie, cf. Institutionnalisation et encadrement de la masculinité dans la reproduction), dans lequel les rois sumériens interprétant Dumuzi s'unissaient rituellement à la déesse Inanna (la scène se terminait par un coït avec la grande prêtresse de son temple, consommé devant la multitude), pour marquer le retour du printemps. Le cours de la nature dépend donc du roi (« Souveraineté et Fécondité sont des puissances solidaires », dit Dumézil), son affaiblissement et la mort naturelle qui s'ensuivraient compromettraient la vigueur de tous. On tue donc le roi quand il commence à décliner parce qu'il ne faut pas que sa maladie se communique à son peuple. D'autre part, on renouvellera périodiquement sa vigueur (par exemple au moment de l'année où tout est censé repartir à zéro) en le supposant mort, puis ressuscité. Pendant son éclipse, un autre prendra sa place ‑ c'est ainsi que Phaéton se substitue au Soleil ‑ et périra aussitôt, laissant le roi recommencer un nouveau règne avec l'appoint des forces libérées par la mort de la jeune victime.

 

Ainsi, une cérémonie des mystères encore plus importante que celle de la noce sacrée était celle de la mort et de la résurrection de Marduk. On récitait l'Enuma-Elish, la représentation rituelle de la mort et de la résurrection du monde. Marduk étant aux Enfers, le monde était ramené au temps du chaos primordial symbolisé par Tiamat comme serpent gigantesque (à qui l'on opposait Marduk, le dieu du renouveau). La mort de Tiamat signifiait l'émergence d'un monde nouveau.

La mort du dieu était célébrée par une inhumation rituelle, où le corps était déposé dans un caveau. Pendant ce temps, l’annonce de la mort de Marduk suscite une émeute dans la ville ; les désordres sont considérables. Si l’on en juge d’après certaines données sumériennes, en partie chez les auteurs grecs des époques avancées, ces troubles auraient dégénéré en une sorte de carnaval : le souverain de la terre et des cieux n’étant plus là, tous les liens sont rompus, les serviteurs deviennent les maîtres, les esclaves prennent toutes les libertés. Le roi, dont la présence est nécessaire aux mystères, est remplacé par un souverain de mascarade, un criminel condamné à mort, que l’on revêt des vêtements royaux et des insignes régaliens, le sceptre et la couronne. Il lui est permis ces jours-là d’en agir à sa guise et de faire ripaille ; mais sa fortune est de courte durée, car dès la fin de la fête il est battu de verges et pendu. Il apparaîtrait que le Zoganes (le substitué), durant les cinq jours de son ministère, personnifiait non seulement le roi, mais le dieu babylonien Marduk lui-même. La réunion des caractères divin et royal en une même personne est si commune qu’il ne faut pas nous étonner de la rencontrer dans l’antique Babylone. Il n’est pas non plus nouveau de voir le faux roi des Sacaea mourir, en qualité de dieu.

 

 

Le rituel des Sacaea babyloniennes est connu par des auteurs grecs. Dans le IVe discours de Dion Chrys. sur la royauté (ch. 69), Diogène raconte l'histoire à Alexandre pour lui montrer la vanité des attributs royaux.

Ces fêtes se déroulaient entre la nouvelle lune et la pleine lune de printemps. Elles mettaient en scène la mort du dieu Marduk (à l’origine dieu agraire, il symbolisait au départ l'action fertilisante de l'eau car, fils de Enki/Ea, il est issu de l'Apsû : il fait croître la végétation, mûrir le grain), son séjour au royaume des morts où son combat contre les puissances du Chaos (menées par Tiamat) allait assurer le triomphe de la vie, et recréer le monde. Tiamat est la mère de tout ce qui existe, incluant aussi les dieux eux-mêmes. Son époux est Apsû, la personnification des abîmes d'eau douce qui gisent sous la terre. De leur union, de l'eau salée de la mer et de l'eau douce des abîmes, naissent les deux premiers dieux : Lachmu et Lachamu, parents d'Ansar et de Kisar, grands-parents d'Anu et de Ki qui enfanteront Enlil et Ea ainsi que les autres dieux de l’époque historique.

 

Marduk, après sa victoire contre Tiamat, devient le dieu unificateur car toutes les vertus divines fusionnent en lui : il supplante son oncle Enlil comme dieu suprême du panthéon. Dieu de la cité de Babylone, c’est lui qui organise l’univers, qui établit les demeures des dieux, qui fixe le cours des astres ; c’est lui qui crée l’humain de son sang : il est le maître de la vie, le grand guérisseur et prend la place de son père Ea dans les incantations magiques.

Chaque hiver, on pensait que Marduk était obligé de vaincre les monstres du Chaos pour renouveler le monde. L'humain devait aider son dieu créateur dans ce combat et pour cela les Mésopotamiens tenaient un festival du nouvel an, appelé Zagmuk (en sumérien et Akitu en akkadien, signifiant « commencement de l'année »), durant les douze premiers jours du mois de nisan (« premiers fruits » : avril). La fête célébrait la victoire annuelle du Soleil et commémorait aussi le premier Zagmuk, celui qui vit la première victoire de Marduk sur les divinités chaotiques. Prières et incantations, purifications et offrandes rythmaient la cérémonie qui se déroulait en plusieurs parties. Les cérémonies commençaient le premier jour de nisan coïncidant avec l'équinoxe du printemps.

 

On ôtait son pouvoir au roi en lui retirant ses symboles royaux. Il devait ensuite mourir avant la fin de l'année pour rejoindre Marduk dans les ténèbres souterraines et l'aider dans son combat. Un nouveau roi le remplacerait sur son trône. Pour sauver sa vie, le vrai roi cédait sa place à un substitut qui était sacrifié pour la cause. On choisissait un criminel et on l’habillait des vêtements royaux, lui accordant le respect et les privilèges dus à un roi véritable. 

Pendant la durée de ces fêtes dites saquaïques (ou fêtes des tentes), tout esclavage disparaissait pour faire plaisir à la déesse. On retournait au chaos primordial. « Toutes les distinctions de rang que la hiérarchie sociale a mises à la place de la fraternité primitive sont supprimées. Ishtar, représentée par une courtisane, préside la fête. Ses yeux sont noircis au stilbium, ses membres chargés de joyaux. Elle se prélasse sur un divan magnifique, à l’ombre d’une haute tente. Devant elle s’étalent des tables chargées d’huile et d’encens. Elle attend l’arrivée de l’amant divin et de sa suite [1]… ». Ainsi la décrit Ezéchiel : « Tu t’es assise sur un lit d’apparat, devant lequel une table était dressée où tu avais mis encens et huile. On entendait (devant toi) la voix joyeuse d’une foule insouciante, à cause de la multitude des hommes amenés du désert (XXIII, 41). »

Le conjoint qu’on lui destine et qui est appelé Zoganes prend place sur un trône. Les insignes de la royauté marquent son nouveau rang. Pour le peuple, il incarne Hercule, comme la prostituée représente Ishtar. Lui a revêtu la robe transparente et les bijoux des prostituées lydiennes et il s’occupe à carder la laine comme Sardanaple ou Hercule aux pieds d’Omphale. Toutes les concubines du souverain sont à sa disposition.

Ainsi s’écoulent fête à la fin desquels, est brûlé vif sur un bûcher. Comme Hercule sur l’Œta. Alors le pouvoir du roi qui avait abdiqué en faveur de l’esclave est restauré.

À la fin des cinq jours de festivités, après que le Zoganes se soit uni à la prostituée, on arrachait ses habits à ce faux-roi et on l’exécutait, épargnant ainsi la vie du vrai roi. Le feu (pyra) dévore le Zoganes, roi de la fête qui devait porter tous les bijoux dont les courtisanes rehaussaient leurs charmes. Cette immolation en l'honneur de Marduk assurait la fertilité des champs.

Le jour du nouvel an assyrien, le roi ayant abdiqué, celui-ci ne retrouvait sa puissance qu’après être passé dans le lit d’Ishtar. On a trouvé à Tell Asmara des figurines de plomb qui représentent l’union du roi et de la déesse. L’homme est debout et la femme à moitié étendue sur l’autel. Le roi se glorifie de ses heureuses amours avec la déesse. « Il lui avait dressé un lit de cèdres et alors la déesse l’a embrassé… ». L’origine sexuelle du pouvoir et sa restauration solennelle par des rites sexuels ne sont pas si exceptionnels, même s’ils ne s’entourent pas de tout le décorum et de toutes les résonances mythiques des fêtes saquaïques. Puisque le souverain est d’abord tenu pour responsable de la prospérité de son peuple et que cette prospérité est surtout agricole, il faut que le souverain participe au pouvoir du féminin. C’est pourquoi le coït pratiqué avec la grande prêtresse est souvent un instrument juridique d’accession ou de conservation du pouvoir. Pour célébrer la victoire de Marduk, on organisait des défilés dans la rue principale et des régates sur l'Euphrate. On se rendait des visites et on s'échangeait des cadeaux.

 

Les Perses avaient une fête similaire à Zagmuk qui s'appelait Sacaea (qui proviendrait de « cerf », animal puissant qui renouvelle chaque années ses bois, ou du chien qui est lié à la Mort et à la guérison ; voire de « être puissant » ou « bouger » au sens de mener une existence nomade). Durant celle-ci avait lieu aussi un échange de rôles, mais au niveau des esclaves qui devenaient les maîtres et les maîtres qui devaient obéir. Les inversions des rôles, l'élection du roi d'un jour et les mascarades faisaient parti de cette fête.

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2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 16:35

Chap 7-Le pire du x pour x raisons

 

C’est facile, mais pas classe, de (se) décharger sur les autres (éjac faciale)

Stanley Lubrick

Blanches fesses et les sept mains

La botte Florentine désigne la sodomie ou rapport anal.
En effet, c’est ainsi qu’on la nommait, évoquant ainsi un coup spécial, particulier, comme au fleuret dont les Florentins semblaient experts, celui de la jouissance anale.
 

Je vais mettre sa petite fleur au bout de mon fusil d’assaut

Prend ta cartouche

J’en ai ras la touffe, le bol et le cul 

 

Chap 8-L'Amazone démonte Jésus

 

Trop de x tue le x (euh non, ça c’est l’exception qui confirme la règle, quoique les nymphomanes sont rarement heureuses, ou -x, de leur sort).

Je ne suis pas l’homme d’une seule femme

 

Sacré toi, t’en perds pas une ! Non, je les chope/gagne toutes !!!

J’y vais bite en tête car je touche ma bille/bite

Moi je m’échange, mais elle je la prête pas

Ce n’était pas X qui m’inquiétait ou en qui j’avais pas confiance, mais les autres hommes qui lui tournaient autour 

aller à vau-l’eau : partir à la dérive, emporté par l'eau sans rien pouvoir contrôler
traduction moderne : cela part en couilles
 

Enfoncer le clou

Une perd la pudeur

Guère pudique, tu niques

Vierge Marie Vs mari vierge à verge

Mari volage porté sur le marivaudage : Le nom de Marivaux a donné naissance au verbe marivauder qui signifie échanger des propos galants et d’une grande finesse, afin de séduire un homme ou une femme. Par extension a été créé le mot marivaudage, « le mélange de métaphysique, de locutions triviales, de sentiments alambiqués et de dictions populaires le plus subtil ». Il se rapporte également à d’autres termes tels que le libertinage et le badinage. il créait même des mots nouveaux comme cette locution verbale qui nous paraît maintenant si courante, mais qui n’existait pas encore à l’époque, tomber amoureux (avant, on disait se rendre amoureux).

"exprimer de manière raffinée et compliquée" des
sentiments, en général amoureux.
"Marivaudage" est attesté aussi dans la correspondance de Diderot en 1760, il
signifie "style raffinant le sentiment et son expression" (A. Rey). Par
extension, il signifie "badinage spirituel" (on parle de marivaudage
sentimental).

"Badinage" : le mot vient du provençal "badin = nigaud". Il a désigné
longtemps un personnage niais, un fou puis le bouffon des comédies.
Personnage folâtre, enjoué, un peu frivole. On retrouve encore ce sens chez
Courteline qui nomme un de ses personnages, Monsieur Badin.
Cela a donné badinage qui signifie "sottise", encore au XVIIème siècle
chez Molière, avant de devenir le substantif du verbe badiner =
"plaisanter avec enjouement".
Le mot renvoie plus directement aujourd'hui à l'idée d'un bavardage,
souvent superficiel, autour des sentiments. Voir le titre d'une pièce de
Musset "On ne badine pas avec l'amour".

3- "Libertinage" : le mot vient de libertus qui en latin signifie "affranchi".
La diffusion du mot fait référence à un courant de pensée du début du
XVIIème siècle qui prétend s'émanciper de toute croyance religieuse. Par
extension, le mot désigne une personne à la morale flottante, considérée
comme débauchée ou simplement adonnée à la recherche du plaisir sans
contrainte. A l'époque de Marivaux, des écrivains comme Crébillon et un peu
plus tard, Laclos mettront en scène des libertins en ce sens.
Le "libertinage" diffère du "marivaudage" qui est avant tout un jeu avec les
sentiments et les mots. Il suppose une volonté plus affirmée de refus des
conventions morales et une manière de vivre délivrée de toute contrainte.
Néanmoins, le "libertinage" est encore une façon d'user du langage pour
séduire, une forme d'expression ludique, mais moins enjouée que cynique.
 

Epouse délaissée et esseulée

Pisse-froid qui a chopé la chaude-pisse

Manche à balai dans le cul

Croqueuse d’amants

Copains coquins comme cochons qui partagent le pain, et leurs copines qui partagent la pine

Rouler ma bosse de l’amour dans tous les ports USB (Ultra Sexy Bimbos) et pourtours, méditerranéens et africains, mais de préférence caucasiens. 

Je vais te la faire courte ! Perso, je préférerai longue !

T’as besoin d’un coup de main ? D’un coup oui, mais pas demain !

C’est parti mon kiki (pas riquiqui) pour le coup de rein !

 

gaudrioles ! Ne connaissant pas le sens de ce dernier mot, M. Mackey le définit comme des. Quand ses parents arrivent, M. Mackey disputait justement leur fils pour ses gaudrioles ! Le père ne comprend pas non plus ce terme, qui est un croisement du terme vieilli gaudir (« manifester sa joie ») et de cabriole : donc ce sont des propos licencieux, généralement avec une valeur érotique.

Toison d’or (enfin, avec l’âge, plutôt argentée), je n’étais pas comme Ulysse qui l’avais conquise, elle m’a été imposée

 

Nymphomane et l'hypersexualité est aussi appelée satyriasis (de satyres, créatures de la mythologie grecque, qui incarnent la force vitale de la nature).

Le concept d'hypersexualité remplace aujourd'hui les anciens concepts de nymphomanie et de satyriasisme. À ces anciens concepts était associé un trouble psychologique caractérisé par une obsession vis-à-vis du sexe entraînant une libido considérée comme trop active. Je suis un satyre sur tout ce qui bouge les oreilles et la queue (essentiellement de bunny girl, les filles de Playboy)

Syndrome du membre fantôme que l’on a besoin d’activer pour se rassurer qu’il marche toujours bien 

Sans mon beau body je serai nobody

Je n’ai « confiance » qu’en moi, mais c’est trop pour un seul homme ! C’est difficile d’avoir confiance en autrui quand on en manque pour soi

Faut aller au charbon, je descends à la cave

Avec tout ce (et tous ceux / toutes celles) qui tourne(nt) / traîne(nt), obligé je chope quelqu’un(e) / quelque chose

Il est libre/libertin Max, mais y en a quand même qui disent qu’ils l’ont vu convoler en juste noce

Je suis venu, je l’ai vu, elle l’a eu dans le cul !

Ça m’est parvenu aux (et ça m’a échauffé les) oreilles par joui dire

J’ai pour principe de ne pas avoir de principes

Ce n’est pas moi qui me trompe, c’est lui qui me trompe

Je suis reparti la queue entre les jambes

Tu connais mon mari ? Oui, mieux et plus en profondeur que toi !

Je lui ai tout donné, encore et encore

J’en ai marre de ses sexcapades 

turlupinades (référence à la secte des Turlupins dont les membres soutenaient qu’on ne doit avoir honte de rien de ce qui est naturel. Aux XIIIe et XIVe siècles, les Turlupins dansaient facétieusement et nus autour d’un chêne dans la forêt : le mot signifie aujourd’hui plaisanterie vulgaire, mauvais jeu de mots) 

j’ai oublié de vivre et de jouir sans entrave 

 

Chap 10a-Plus on est de fous plus on jouit

 

J’ai le sexe aphone, il n’entend plus rien de mes ordres de se calmer 

La bite tousse (l’habitus étant une manière d'être; une allure générale; une tenue; une disposition d'esprit) : elle toussote mais ne crachote plus ! C’était mieux avant

Purpurapsychogène: manifestation psychosomatique où le corps manifeste les maux de l'esprit il arrive que le corps crée des manifestation physique de souffrance pour exprimer ce que le cerveau est incapable d'exprimer."

faire affleurer à la surface de son épiderme sa culpabilité profonde.

"la culpabilité, la honte..."

Pour une série qui se base sur la chirurgie esthétique, et donc le mensonge du corps, voici soudain que la réalité médicale montre les limites de cette pratique. Le remord s'incarne à la surface: le lifting ne peut rien contre l'esprit.

J’avais des conditions de vie/nuit d’épouvante car éprouvantes

La klysmaphilie est l’attirance sexuelle pour les lavements
Réponse 2 : L’harpaxophilie désigne l’excitation sexuelle à l’idée d’un vol.
Réponse 3 : La pédiophile est l’attirance sexuelle pour les poupées, les ours en peluche et autres jouets zoomorphes ou anthropomorphes.
Réponse 4 : L’exobiophilie est l’attirance sexuelle pour les extraterrestres et leurs représentations.
Réponse 5 : Les femmes enceintes sont l’objet d’attirance sexuelle pour les maïeusophiles.
Réponse 6 : L’attirance sexuelle pour les pubis rasés se nomme l’acomoclitisme.
Réponse 7 : l’acrotomophilie est l’excitation par l’idée d’avoir des relations sexuelles avec une personne amputée.
Réponse 8 : Les statues ne laissent pas de marbre les pygmalionistes.
Réponse 9 : Le fétichisme du pied se nomme la podophilie.
Réponse 10 : La trichophilie est l’attirance sexuelle pour les poils et les cheveux.

 

MMS : matin midi, soir ; puis mardi, mercredi, samedi ; puis mars, mai, septembre ; puis Mes Meilleurs Souvenirs 

 

emportée par la fougue qui la traîne et l’entraîne

la musique de l’amour, c’est : Une symphonie, Un solo, De la musique de chambre 

Je me détourne de toi pour me tourner vers lui 

Tourne le bouton, le bouton tout rond/rose, et je te couinerai une chanson (couinement : cri de la lapine lorsqu’elle est prise en chasse)

Tripoter l’andouillette, à trois

Rencontre du troisième slip : normal, on m’appelle l’homme qui ton a pic, en slip  

Déshabiller du regard

Je te ferai remarquer que j’ai remarqué que tu m’as remarqué 

 

Chap 10b-Donneuse d'orgasmes bons pour la santé

 

Joyeux festin où la liberté est de règle. Ne s’emploie plus guère que dans l'expression être en goguette: être excité, être de joyeuse humeur, souvent grâce des libations un peu trop abondantes.

Il y a de quoi rester coi après un tel coït

C’est un peu fort au début, mais plus t’en prends, mieux ça passe (sodo)

Je lui ai mis le 7è ciel, pendant des heures

Je te demande ta main ! Prend-là comme je prends mon pied, mon corps tout entier est à toi, fais en ce que bon te semble

Oups, j’ai la bite trop molle, c’est trop dur

Il toque à la porte des perceptions délicieuses/ « délictueuses » avec son doigt donneur d’orgasme

jeu de mains, jeu de câlins

descend jusqu’à l’entrejambe afin de tâter l’effet qu’elle lui fait. Force est de constater que Moa a les corps spongieux méchamment dilatés : il arbore un joli gourdin sous son caleçon.

Je bois sans soif, goulûment, au goulot de cette femme-fontaine, petite lichée après grosses léchées

Il est tout content, il remue la queue

Je lui rabote, avec ma langue (qui n’est pas de bois), son rondin qui ne reste pas de marbre

quitte l'épicentre cause du séisme dans son slip

Je t’ai réservé une surprise !

Ah bon, quoi ?

Tac dans ton cul ! Surprise dans ta prise !!!

sentant la chaleur du « vice » qu’elle a dans la peau (mais au moins elle se l’avoue), ne peut plus supporter ce t-shirt qui l’étouffe de chaud

Sacrée soirée, on n’a pas fait que sucer des glaçons / garçons

Droit dans mes capotes

Je me trémousse pour l’émoustiller 

Faire des gorgées chaudes

Je me sens tout chose/chaud

Lécher les flancs de colline

malaxer les testicules comme des boules chinoises (pour calmer l’impatience) 

affolent Esperanta de plaisirs et de gémissements torrides 

Esperanta est totalement submergée par ces sensations bilatérales : s’envolant de jouissance, elle saisit l’ancre du meneur de barque directement dans son caleçon pour s’arrimer au sol.

contre attaque en lançant une offensive pacifique, un tir ami, vers le triangle des Bermudes de la forêt humide. En phase d’approche, le pouce frôle délicatement la grande lèvre supérieure, la première de la zone pubienne. Progressant vers son objectif, la petite lèvre supérieure est mise à l’index, doigt qui la cajole doucement pour montrer son attitude bienveillante envers elle.

transe chimique hormonale des neurones, déploie son pouce et décapuchonne le clitoris

l’antre du plaisir

En faisant patiemment de petits cercles, le sphincter vaginal (le petit muscle dont il faut se faire l’ami pour pouvoir entrer en l’autre) se détend et autorise à plus si affinité. Les « bulbes du vestibule » (structure symétrique autour du vagin) se gorgent également, pour d’autant plus de plaisirs clitoridiens.

Esperanta n’en peut plus, elle arrache le caleçon afin de pouvoir saisir toute l’ampleur du phénomène, jusqu’aux boules. 

s’accroche aux draps pour rester sur terre avant de vraiment s’abandonner au 7è ciel.

En y allant très doucement, par petits cercles concentriques, et avec des rentrées-sorties pour surexciter tout le rectum, Moa continuant à masser le clitoris et le reste de la vulve, Esperanta ressent une profonde chaleur agrémentée d’intenses plaisirs. 

Nos deux comparses sont, en même temps, au firmament de leur jouissance et de leurs extraversions. Quel feu d’artifices ce fut !!! Ils se couchent l’un à côté de l’autre, Moa mettant sa tête sur la poitrine d’Esperanta, se faisant de petits baisers de fatigue mais de grands sentiments, caressant en effleurant délicatement les mains ou autres peaux sensibles de l’autre.

préservatif à striures réputé pour booster le désir

J’ai besoin d’avoir de l’attention ! T’inquiète, je vais t’en donner de la tension, tu vas en être survolté, proche de disjoncté et de péter un fusible !!!  

 

Epilogue

 

Je vivais dans le déni/le refoulé, cherche pas, ce n’est pas sur une carte

Il parait que j'ai mauvais genre ! C'est pour cela que je ne vous dirai pas de quel genre je suis.

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2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 16:26

 

Chap 0 : L'innocence de l'enfance face à la montée du besoin/envie de jouissance

 

Jouer à touche pipi

Se branler la nouille

Le test du miroir  

 

Chap 1a : 1a-Contons fleurette à la belle des champs

 

Je lui défrise la salade

amours adolescentes

Découvrir son poteau rose et introduire mon bâton rouge dans son pot aux roses { équivoque sur découvrir, « soulever le couvercle et trouver (un secret) », appuyée sur le pot (nom du plus banal des récipients), et renforcée par aux roses, évoquant une préparation particulièrement rare (ou un secret, auquel les valeurs érotiques de rose (virginité, hymen) ne sont peut-être pas étrangères)}  

 

Chap 1b : 1b-le boum-boum zen dans sa benz

Pomper le carburant

Prendre les chemins de travers  

 

Chap 2 : 2-Qui se ressemble s’assemble

Teste ton sexe à pile avec un vibro

Oh my gode, c’est énorme

Le sourire aux lèvres

tribadisme peut être : un synonyme de lesbianisme, une position sexuelle pratiquée par deux partenaires femmes, dite aussi position du ciseau 

 

Chap 3-Une belle brochette de fruits des fondues au chocolat

Fourrer la dinde jusqu’aux marrons

Manger la pomme d’amour d’Adam jusqu’au trognon, mais sans les pépins

Une flûte de pine (de pain), un sac à pain (pine)

Je suis obsédé par ses brioches comme Marcel par ses madeleines

peinture sur soi

Gâteries

Son éveil à la chair, à pas trop cher

C’est hot dog, chaude saucisse  

 

Chap 4-Quand Eros rencontre Thanatos

Tu es un terroriste de l’amour avec tes attentas à la pudeur sentimentale : tout ce que tu touches devient vulgaire

séducteur invétéré avec l’apparition de l’expression “faire le joli cœur”

Les trois petites cochonnes ont le loulou aux fesses (jeune homme qui ne s'encombre d'aucun préjugé et vit pour l'amour et le plaisir. Il est le maître de plusieurs femmes, dont il fait le malheur à tour de rôle : Loulou (Die Büchse der Pandora) est un film allemand réalisé en 1929, dont le personnage de la comtesse Anna Geschwitz est considérée comme le premier personnage lesbien de l'histoire du cinéma.

 

de toi je ferai ce que je voudrai

pédagogie + démagogie = propagande

approche en agneau mais loup au fond

suicide par amour : elle s’est loupée, mais c’est le geste qui compte

Je laisse aller le sort, je n’ai aucun remord

Tu prends tout au pied de la lettre Q

Je comptais les minutes pour voir le soleil se lever et ainsi pouvoir me débarrasser d’elles

besoin de rien, envie de toutes plutôt que de toi

La laideur résiste, la beauté se donne ou se prend

Merci ! Je t’en pris, tout le plaisir fut pour MOI !!!

Je veux papillonner, sortir de ma chrysalide, butiner de fleurs en fleurs

Courir les jupons

Chercheur d’or…gasme

Plutôt que des gros coups pas sûrs, je préfère des petits coups sûrs : une tienne chienne vaut mieux que deux tu l’auras

Au bonheur des dames 

à l'ombre de jeunes filles en fleurs

Tireur d’élite, tir couché comme tir groupé sur tout ce qui bouge

Penthouse, loft de love, garçonnière à femmes

Tu as eu tort, et le tort tue ! 

Amener ses cheveux aux burnes

Quand ça gémit, moi je m’introduis dans la frange profonde 

 

Chap 5-Heureusement qu'il y a l'Amour ! Enfin …

On ne retient pas une amie par la force, ni par la manipulation (du moins pas à long terme)

Tu m’aimes ? Ne pose pas la question quand tu ne veux pas entendre la réponse

Je déteste chez toi ce qui t’excite chez moi

Ça me surprend que tu sois surpris

Je suis comme un aveugle dans la nuit, je bloque sur l’écran noir de mes nuits blanches

Si tu fais un pas vers moi, j’en ferai deux vers toi, et non un pas en avant deux pas en arrière, ce n’est pas ma politique en tant qu’amant aimant

Si je m’abandonne à toi, ne m’abandonne pas

Je ne suis pas de celle que tu ensorcelle/ensarcelle

Son côté froid me met en chaleur

Tu es tellement froide que quand je te touche j’ai des engelures

Qui m’aime me suive, mais suis moi je te fuis et fuis moi je te suis

Mais mais, tu m’aimais non ???

Je t’aime profond …dément tout ça

Un accès de tendresse ? Non, un excès d’ivresse

J'ai oublié ce que j'ai fait la veille, mais c'était sûrement des merveilles

Un peu plus tard après la nuit, je n'ai pas encore dormi, un peu plus tard après la fin de l'aurore, mais est-ce que je t'aime encore ; et pourquoi je l'ignore ! Mes larmes s'évaporent et le silence est d'or.

C’est moi qui te fais rire ? Non, sûrement pas, plutôt le contraire d’ailleurs

Nous partageons tous les deux un gros problème : TOI !!!

Je dis ça, je dis rien ! Justement, ne dis rien alors !

J’ai une question que me brûle les lèvres, je l’ai sur le bout de la langue

C’est si chaud à dire que je préfère donner ma langue à ta chatte

Je ne suis pas une fille facile ! Je ne te le fais pas dire

Je dois m’en aller, je ne veux plus t’aimer, il faut tout oublier

Parle-moi d’amour, je veux des baisers de velours

Je suis patient, à condition que ça ne dure pas trop longtemps

Avec une petite amie comme ça, on n’a pas besoin d’ennemi

Tu me rends folle, c’est vraiment trop

L’un dans l’autre, ça balance pas mal entre nous

Tout est possible entre nous, mais rien n’est probable

La nuit porte conseil

Mieux vaut avoir des remords (sentiment douloureux, accompagnée de honte, que cause la conscience d’avoir mal agi) que des regrets (mécontentement de soi ou chagrin de n’avoir pas fait quelque chose).

Dans notre histoire d’amour, il y a plus d’histoires que d’amour

Ni le soleil ni l’Amour ne peuvent se regarder en face

Je t’aime aussi, mais à ma façon, différente

Comment garder la tête froide dans un corps brûlant de passion ardente

La raison seule ne peut rien, elle doit être combinée aux émotions

Tu étais prêt à tout mais je n’étais pas préparée à toi

Va te faire foutre ! Avec plaisir, mais pas par toi !!!

Va faire le tri du vrai / du faux, du laid / du beau

Pays merveilleux où ceux qui s’aime vivent à deux, heureux

Y a rien là, c’est en tout bien tout honneur ! C’est bien ce qu’il ne me convient pas

Mon amie, mon amour, mes emmerdes

Je sais que tu es très aimable, mais pas par moi

Putain la pute ! Putain de toi, pauvre de moi

Je te pompe (l’air comme un vacuum, une machine à vide) ! Tu fais plus de bisous-bisous filous que de bisous doux, tu me les gonfles, je m’hyper barre !!!

Il n’y aura pas de prochaine, sinon elle prendrait pour toi !

Quand je vois tes yeux je suis amoureux, si j’étais dans ton cul je le serais encore plus.

l’ange de l’amour n’était que le Satan (tentateur/accusateur) des sentiments

Je fais aimant honorable

Je voulais la mettre à genoux, cela dit c’est sa position préférée

Toi et moi, c’est je tu, l’amour c’est nous !

Ce n’est pas tant que je l’adore, mais plutôt que je l’abhorre

C'est comme ci ou comme ça

Ou tu veux ou tu veux pas
Tu veux c'est bien
Si tu veux pas tant pis
Si tu veux pas
J'en ferai pas une maladie

Toi tu dis noir et après tu dis blanc

Mais ce n'est pas noir et blanc

La vie, oui c'est une gymnastique
Et c'est comme la musique
Y a du mauvais et du bon
La vie, pour moi elle est magnifique
Faut pas que tu la compliques
Par tes hésitations

Tu veux ou tu veux pas? hein!
Quoi? Ah! tu dis oui
Et ben moi je veux plus!

Avant l’heure c’est pas l’heure, après l’heure c’est plus l’heure du bonheur

On a loupé le coche comme deux cloches

Je te laisse le choix dans la date (même si je préférerai te laisser le doigt dans la chatte)

J’en ai marre de jouer au yo-yo sentimental avec toi, de passer des cimes ensoleillées aux abysses obscurs

Tu prends ce que je veux bien te donner, c’est déjà ça !

A force de vouloir tout ou rien on obtient souvent rien

Prend sur toi car tu ne me prendras pas

Je ne cracherai pas dessus mais je cracherai bien dedans

On a eu une liaison ensemble, enfin surtout moi avec elle !

C’est facile de m’allumer, mais quand je suis chaud, c’est difficile d’éteindre mon feu follet ardent

D’abord je l’allume, ensuite je la lime !

Ce n’est pas nous là, qu’est-ce qu’on devient / nous arrive, c’est un cauchemar, on va se réveiller

Je te ai…me !

Il suffit que tu m’aimes ! ça m’est compliqué de faire et de penser aussi simplement !

Tu n’éprouves que du désir pour moi, et ça ce n’est pas de l’amour !

T’as encore mal à la tête, je vais encore me la mettre sur l’oreille, et un non de plus. Non, je dis rarement non, non mais, dis donc !

Sucer des capotes, ça rend aimable et baisable 

Etre enlacé puis embrassé sans se lasser 

Amour vache

Faire une mise au point G

manipulation (senti)mentale

Les catiminis désignaient les règles au XVIème siècle.
L’expression « en catimini » a été construite en référence au caractère intime et secret des règles .
On dit qu’une femme à ses ours pour parler de ses règles.
Ce terme traduit l’irritation que vivent certaines femmes au moment de leurs règles. Elles grognent…
 

J’ai tellement flashé sur elle que j’ai confondu vitesse et précipitation dans l’éjaculation

Elle a trouvé les mots contre mes maux

Laisse tes mes sur TES hanches 

Va comprendre Charles ! Ça fait longtemps que je ne cherche plus à comprendre, je subis et ça suffit ! 

 

Chap 6-Ulla glisse vers l'Enfer de ses Cerbères

 

Les putes apportent un peu de douceur dans ce monde de brutes

Vieux tout puissants

Gros melons et bottes de cuir

Lâche la cochonne sale cochon

C’est elle qui trime et prend, mais moi qui encaisse

En prendre plein le cul pour pas un rond

La poule à mes œufs d’or

Se faire porter pâle après s’être faite empaler (Le pal, pieu en bois servant à l'exécution de ce supplice, était enfoncé dans le fondement, anus ou vagin).

confrontée aux dures lois du refus de la différence et du qu’en-dira-t-on

 

avec les putes on risque de manger des escalopes (de salope) aux champignons, la dame au chlamydia

passer du trottoir au boudoir (petit salon orné avec élégance, à l'usage particulier des dames, et dans lequel elles se retirent, lorsqu'elles veulent être seules ou s'entretenir avec des personnes intimes).

 

Aller au turbin du tapin (·  (Désuet) Celui qui bat le tambour.

·  (Par extension) Racolage sur la voie publique.

 

Faudra me passer sur le corps ! C’est bien prévu comme ça !!!

Je te prends, je te retourne, je te casse en deux 

Ils ne faisaient pas grèves dans leurs sévices publics

Maître d’hôtel et Maître Queux (chefs de cuisine ; (mettre queue)) Le mot queux vient du latin cognus, de coquere, cuire. Chez les citoyens romains, un cuisinier était appelé un queux. Plus tard, l’officier qui commandait à tous les officiers de la cuisine et de la table fut nommé “Grand Queux de France”. Plus près de nous, il devint “Officier/Chef de bouche”

Je vais t’introduire dans le milieu interlope (frauduleux) des nyctalopes (faculté de pouvoir voir dans la pénombre. Étymologiquement, le terme désigne en fait l'incapacité contraire, c'est-à-dire la cécité nocturne (en anglais, par contre, nyctalopia signifie, comme dans l'antiquité, mauvaise vision nocturne)

Les termes « salle de jeu » ou « boîte à ouvrage » sont employés pour nommer le sexe de la femme, lieu des réjouissances.

Poker : je me couche ! moi je vais sur le tapis ! As des ass Vs belle paire ! Ah, je la sentais venir

le croupier lui mange le croupion

j’ai joué (à pile ou poil) et joui avec elle

jeu de dames (le roi des jeux) : But du jeu : Capturer ou immobiliser les pièces de son adversaire.

Lorsqu'une case voisine sur la diagonale est occupée par un pion du joueur adverse, et qu'il y a une case libre derrière, ce pion peut être sauté. Il est ainsi pris

Une prise peut s'effectuer vers l'avant ou vers l'arrière.

La règle « souffler n'est pas jouer » a été abolie en 1911: quand vous pouvez prendre, vous devez prendre, quelles que soient les conséquences. S'il y a plusieurs façons d'effectuer une ou plusieurs prises, la règle de la quantité doit être appliquée : il faut effectuer le maximum de prises possible.

Il est d’usage de superposer deux pions pour représenter une dame. prise multiple

piège dit « coup turc », permettant de prendre la dame adverse.

Le joueur a perdu la partie lorsqu'il ne lui reste plus aucune pièce en jeu, ou bien si c'est à lui de jouer et que toutes ses pièces sont bloquées, c'est-à-dire dans l'impossibilité de prendre ou de se déplacer.

Un tiret « - » représente un déplacement simple et une croix « x » représente une prise. Comme aux échecs, on peut annoter un bon coup d'un point d'exclamation et un mauvais d'un point d'interrogation.

Souffler, forcer, laisser faire 

Tu peux te la mettre derrière l’oreille, ton cigare tu le fumeras plus tard !

Sa bite me reste en travers de la gorge

Les termes sadisme et masochisme ont pour origine les noms de deux écrivains du 19ème siècle : l'écrivain français, Donatien Alphonse François de Sade mieux connu sous le nom de marquis de Sade et l'écrivain autrichien Leopold von Sacher-Masoch.
 Kraff-Ebing , médecin qui a décrit les sexualités atypiques au 19ème siècle, a utilisé le nom de ces deux auteurs pour nommer ces particularités de jouissances sexuelles. Ils se sont tous les deux faits remarquer par leurs romans qui reprenaient leurs goûts sexuels particuliers : pour l'un le goût d'infliger de la douleur, de dominer l'autre ; pour l'autre le goût d'être battu, soumis.

 

Le sadomasochisme est interdit pas la loi.
 Toutes pratiques sexuelles entre adultes consentants se déroulant dans des lieux privés, ne relève d'aucune loi, du moins en France. La législation n'intervient pas dans la sexualité privée entre adultes.

Question n°3 : Dans les scénarios sadomasochistes les hommes sont toujours les dominants, les femmes les soumises.
 Les enquêtes récentes sur ce sujet indiquent que les dominants peuvent être homme ou femme contrairement à ce qui fut décrit de ses sexualités atypiques à la fin du 19ème siècle. A cette époque, on pensait que les hommes étaient plus enclin à aimer infliger de la douleur (sadisme) et les femmes à la subir (masochisme).
Question n°4 : Les pratiquants du SM peuvent changer de rôle, parfois ils sont celui qui domine parfois celui qui est soumis.
 Des enquêtes menées dans les clubs de sadomasochistes Outre-Atlantique ont montré que 50% des répondeurs aux questionnaires avaient joué les deux rôles : sadique et masochiste.
Question n°5 : Un Donjon est un lieu où sont enfermés des hommes.
 On appelle donjon le lieu où se déroulent les rituels sadomasochistes.
 

Toute personne qui a des fantasmes de viol pourrait prendre du plaisir dans des pratiques sadomasochistes.
 Du fantasme sexuel à la réalité, il y a un grand pas. Même si vous avez plaisir à évoquer certains fantasmes, rien de moins sûr que leur réalisation vous apporte de la jouissance. Le fantasme est en lien avec des éléments profonds et cachés de vous même. Si la réalisation de fantasmes vous paraît incongrue et sans intérêt, rien d'étonnant ; ce qui est caché, souhaite rester hors de portée.

Question n°9 : 12 % des français ont des pratiques sexuelles SM.
 Moins de 5 % des français se prêtent à ces jeux érotiques.
Question n°10 : On trouve à Paris 20 donjons.
 Il existe deux donjons à Paris, lieux mythiques où se retrouvent hommes et femmes pour se livrer à leurs plaisirs SM. Les soirées SM ont le plus souvent lieux dans des appartements privés.
 

 

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2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 16:23

Expressions directes

 

On croit connaître les gens !

Eh ouais … !

Beh non !!!

 

Chercher, c'est trouver en permanence, mais ne jamais se satisfaire de ce que l'on trouve

 

En route mauvais(e) troupe(au)

Bienvenue aux nouveaux venus

Se monter le bourrichon

Faut en vouloir dans la vie ! Moi c’est bon, j’en veux pas !!!

Quand un vieux meurt, c’est une bibliothèque qui brûle

Là où il y a de la volonté, il y a de l’avenir

J’utilise mon cerveau pour le détruire

Ni dieu ni maître sauf Maître Kanter

Même si ce n’est pas recommandé, je veux en re-commander une

Je bois avec excès, il est vachement plus sympa que modération

je passerai mon temps perché pour pas le voir passer

se rendre des comptes à soi-même, c’est exactement ça qui est usant

On se pose bcp de questions sur soi en fait

les réponse ne font pas forcément plaisirs, mais bon si au moins ça peut aider à s'améliorer et faire mieux avec peu d'ici peu

c pas les réponses qui m'emmerdent, c les mauvaises surprises!!

la vie ns facilite pas la vie ;-(

qui fait le bien reçoit du bien, qui fait le mal reçoit de l’argent

on désespère d’espérer

 

Droit au but entre ses perches

 

Je préfère avancer dans le chaos plutôt que piétiner dans l'ordre

La vie est un long torrent tumultueux !

Oublier le passé, vivre intensément le présent, sans penser à l'avenir !

La vie, c'est aller vite, ne jamais se retourner et éviter les pièges !

La dignité de l'humain, c'est d'assouvir ses passions !

Serre ton bonheur, va vers ton risque, à te regarder ils s'habitueront.

Les absents ont tjs torts, mais l'absinthe a tjs raison !!!

La danse est l’expression verticale d’un désir horizontal !!!

Chaque problème a sa solution, mais tte solution pose problème !!!

Si tu aimes le soleil, cours plus vite que les nuages afin de retrouver l’arc-en-ciel : Si tu aimes le (#), cours plus vite que les (st) (li) afin de retrouver l' (r)

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5 mars 2009 4 05 /03 /mars /2009 16:39
Au Magdalénien tardif et final (-14 000 à -12 500), une nouvelle forme de représentation féminine correspond à l'émergence d'un nouveau message, un art de l'instant, pas fait pour être vu, pas élaboré pour être conservé puisque gravé sur des plaquettes de schiste.
D'assez nombreux sites produisent des plaques ou des plaquettes de dimensions variables, porteuses de décorations gravées. Les supports sont en calcaire, en grès ou en schiste pour les plaquettes, en quartz pour les galets. Trois sites ont produit ces pièces en nombre considérable, plusieurs centaines voire plus du millier : La Marche en Haute-Vienne, Enlène en Ariège, Le Parpallo en Espagne (Valence) qui détient le record de 5 000 pièces sur une période de 13 000 ans.
Les femmes sont représentées sans tête et les jambes ne se terminent pas. Les silhouettes ne présentent aucun embonpoint, les formes sont fines et ne laissent jamais supposer une grossesse. Pour autant, pour illustrer des accouchements en cours (dans un cas, la tête, le cou et les épaules d'un bébé émergent du fessier), plusieurs fines gravures existent à la Marche (Vienne) : ce sont des femmes assises, grasses et gravides, bras levés. L'ensemble évoque un accouchement avec une présentation de la tête, l'accroupissement étant bien la plus naturelle des postures d'accouchement.
Rarement représentées seules, les femmes sont en groupe pouvant compter jusqu'à une dizaine d'individus, le plus souvent en file indienne. Ces femmes ont des tailles différentes pour créer une perspective et rendre plus vivante la danse en forme de ronde. Toutes les femmes sont jeunes et ont la même attitude. Dans la frise sculptée sur la paroi de l'abri rocheux du Roc-aux-Sorciers à Angles-sur-l'Anglin (Vienne : les « Trois Grâces », -13 000), se lisent quatre silhouettes stylisées de femmes grandeur nature. Seule la partie médiane de leur corps est représentée. La sculpture est réduite à quelques traits stylisés et le relief naturel de la paroi a été utilisé pour figurer l'arrondi du ventre et le dessin du sexe. La frise inclut aussi des représentations animales : bouquetins, bisons, chevaux.

Nous supposons que les artistes paléolithiques ont dépeint des femmes (et des hommes) à partir de modèles autour d'eux. Si cette acceptation de représentations réalistes est correcte, leur art devrait montrer la diversité de leur vie, dépeignant les variations physiques des deux sexes et à chaque âge. L'art animal présente en effet une telle diversité (par exemple, les bouquetins du Panneau des Bouquetins de l'abri de Bourdois, à l'Angles-sur-l'Anglin, qui montre sept sujets, trois mâles et une femelle précédant son veau, puis un mâle suivant sa femelle).
Dans l'art paléolithique c'est une erreur que de maintenir l'image commune d'une représentation exclusive des femmes ou des mères obèses, parce qu'elles ne sont pas la règle générale. Si les représentations humaines sont rarissimes, tous les sujets (de tout âge) de la société sont représentés : on trouve un nombre significatif de sujets masculins, des enfants (et des humains au sexe indéterminé), des vieillards, des nouveau-nés et bien sûr beaucoup de représentations de femmes, sveltes ou obèses (certaines d'entre elles sont enceintes : l'adiposité est généralement lié à cette condition). Cette diversité est une caractéristique essentielle. L'art figuratif humain paléolithique (Gravettien ou Magdalénien) reflète ainsi la diversité morphologique vivante et est à cet égard réaliste. Cependant, on compte une majorité apparente de femmes et d'adultes et une minorité d'enfants (les enfants prépubères, indépendamment des organes génitaux, sont indifférenciés dans leur aspect : ainsi, il est probable qu'un certain nombre de sujets indéterminés soit des enfants).

L'art paléolithique supérieur a montré des femmes enceintes ou des parturientes, ainsi que des scènes de reproduction. Quelques scènes d'accouchement sont représentées, ou du moins on peut imaginer que cet état a voulu être représenté : on soupçonne une femme en train d'accoucher en ce qui concerne « les deux personnages tête-bêche » de Laussel, ou bien est-ce deux personnes qui font l'amour dans la position dite de « la carte à jouer » (face à face allongé, jambes imbriquées) ?
Logiquement, il doit y avoir eu des enfants. À Gönnersdorf, quatre figures sont l'une derrière l'autre, une petite forme tournée vers l'arrière est gravé derrière le dos de la seconde du côté droit : c'est la représentation d'un bébé porté et attaché au dos d'une femme. L'attention devrait être appelée sur un détail physiologique : seule cette femme, assumée pour être une mère, est dépeinte avec les seins arrondis, alors que les autres femmes, sans bébés sur leur dos, ont des seins pointus. Une deuxième plaquette montre une figure rudement anthropomorphe, sans membres ou organes génitaux, liée par des lignes à un fessier féminin voisin, avec un abdomen plat et de petits seins. Les préhistoriens voient ceci comme un fœtus attaché à sa mère par le cordon ombilical. À Brassempouy, à la « Grotte du Pape » (à une courte distance de l'endroit où le « Torse » avec l'abdomen enceinte a été trouvé) on a découvert un ensemble « berceau ». Il se compose de deux objets d'os, apparemment sans traces de travail et trouvés en association étroite, l'un ressemblant à un berceau, l'autre à un enfant reposant dedans. On voit aussi un « Nouveau-né » à La Marche : le contour « de doigt de gant » devant le genou était considéré comme un pénis semi-érigé, mais il s'agit plutôt d'un cordon ombilical ! Les membres inférieurs sont légèrement pliés, ce qui est la persistance d'une position de naissance en maintien fœtal. Nous le voyons encore sur le sujet de Fontanet (enfant nouveau-né fille : membres inférieurs fléchis et séparés, fente vulvaire linéaire et frontale, et grande largeur des membres comparés à leur longueur).
Sur une grande galette triangulaire rompue en trois morceaux assortis (La Marche), on trouve de jeunes individus, adolescents ou enfants (le premier a un visage de bébé). À la Laugerie-Basse et à Bruniquel, on voit une « jeune fille » : seuls les organes génitaux permettent l'identification en tant que femme, à moins qu'elle soit une jeune fille. En fait, ce sujet mince, sans marques de maternité ni seins, expose une fente vulvaire droite, étroite et verticale, ce qui est un dispositif infantile (même aspect sur la deuxième figure de Bruniquel). Dans les Angles-sur-l'Anglin, la deuxième figure (avec un abdomen très enflé) est classifiée parmi les jeunes et pré-reproductrices femelles.
Ces femmes doivent être considérées comme des femmes adultes qui ont des seins et/ou un abdomen enflé, et/ou un monticule pelvien en avant, puisque ces caractéristiques sexuelles apparaissent seulement après la puberté. Ce groupe, naturellement, inclut « les figures fessières » découpées ou gravées avec précision, les fesses prononcées étant un attribut féminin d'une femme en post-puberté.
Les femmes enceintes sont celles avec l'abdomen enflé (avec bien plus de certitude que lorsque l'adiposité est normale). Quand leurs seins ne fléchissent pas, elles auront eu quelques enfants (paucigestes : deux à quatre grossesses) et quand ils le font, elles ont probablement eu beaucoup d'enfants (mères multigestes : cinq à six grossesses).
Ces figures féminines ne sont pas des représentations de maternité, on trouve seulement 17% de sujets enceintes. En France, cependant, il y en a un plus grand nombre : 68% au Gravettien et 36% au Magdalénien. Ce pourcentage dépend de la période (c'est-à-dire un facteur chronologique) et également de l'endroit (facteur géographique) : à La Marche, datée du Magdalénien III, le pourcentage des femmes gravides égale toute la période du Gravettien. Il est possible, d'ailleurs, que le pourcentage des femmes gravides soit plus élevé que les abdomens enflés ne l'indiquent : la présence d'un geste abdominal (bras dirigé vers l'abdomen) peut être une attitude de remplacement et peut indiquer la grossesse. Ainsi, les femmes avec un abdomen plat doivent être considérées comme étant enceintes, si représentées dans un modèle descriptif ou schématique. L'importance du monticule pelvien devrait permettre la distinction entre les femmes pré-reproductrices et reproductrices. Ces femmes (particulièrement celles avec un bas ventre triangulaire) sont des mères si les seins tombent, principalement si leur adiposité est augmentée.

S'il n'y a qu'une vingtaine d'humains « entiers » (sur une centaine de figurations de bipèdes), très schématiques, bien plus nombreuses sont les figurations de segments corporels, avec un intérêt flagrant pour les parties sexuelles. Au total les figurations humaines paléolithiques montrent des humains nus, des hommes peu nombreux, maladroitement dessinés, chétifs mais souvent en érection, des phallus assez nombreux parfois décorés, des femmes en grand nombre, souvent élaborées ou schématisées, dont seule la partie centrale du corps est retenue (triangle pubien, seins, fesses, abdomen, cuisses). A côté de ce schéma existent des figurations féminines partielles, elles aussi sexuelles : triangle pubiens fendus à l'extrême (il serait presque plus juste de parler de fentes vulvaires entourées d'un triangle), multiples profils fessiers type Lalinde/Gönnersdorf ou claviformes soulignant la persistance à travers tout le Paléolithique d'un attrait majeur pour le massif fessier. Les préhistoriques éludaient tout ce qui était banal à leurs yeux (les mains, les pieds, les traits du visage, la ligne d'horizon ou la vie quotidienne etc.), et s'ils ont figuré des érections, des femmes réduites à la partie centrale de leur corps, des fentes vulvaires et des massifs fessiers, c'est bien parce que la sphère sexuelle était pour eux un centre majeur d'intérêt.
La grotte Cosquer abrite ainsi un phallus gravé dont le gland, marqué par un trait transversal, est rehaussé d'un autre trait perpendiculaire délimitant le méat (canal urinaire mais aussi spermatique) et deux cercles figurant les bourses. L'abri de la Ferrassie présente moult vulves (ou plutôt triangles pubiens féminins) gravées sur bloc, à la grotte de Bédeilhac on trouve la même intimité modelée en argile. Ce thème persistera d'ailleurs durant tout le paléolithique supérieur, jusqu'à l'extrême fin du magdalénien. Les triangles pubiens et phallus traités de façon réaliste sont plus fréquents dans les phases anciennes, aurignacienne et gravettienne, que plus tard. Les triangles pubiens acquièrent rapidement un contour simplifié en forme de triangle ou d'ovale enfermant un trait vertical, graphisme utilisé dans les nombreux cas de signes isolés, sans support du corps humain. Utilisé couramment par les aurignaciens sur les blocs gravés, il évolue rapidement vers des stylisations de plus en plus géométriques et rentre alors dans la catégorie des signes abstraits. C'est la magnification même de la fertilité et de la maternité.

Les organes sexuels masculins sont loin d'avoir la même signification que les organes féminins. Les caractéristiques des organes masculins ne semblent compter ni pour les hommes, ni pour les femmes (seule l'érection importe).
Depuis que les humains sont habillés pour l'hiver permanent, un plaisir très prisé (quoique interdit, même avec une femme consentante) est la vue des organes génitaux. Les organes génitaux féminins sont la source la plus précieuse du plaisir et sont le symbole du sexe.

Les organes féminins sont un objet de souci qui touche aussi bien les hommes que les femmes. Cette préoccupation se comprend aisément quand on découvre ce que cache cette partie du corps féminin. Pour les hommes, c'est la partie du corps des femmes la plus désirable. On peut même dire que c'est la seule partie auquel l'homme porte réellement son attention, sachant que la préférence pour cette partie n'est pas inconditionnelle : le désir des organes génitaux d'une femme dépend de plusieurs aspects, comme la taille des petites lèvres (il existe une technique pour les agrandir).
Ce fait est confirmé par le tabou de l'inceste. Les règles qui régissent la distance entre les gens qui doivent éviter toute relation sexuelle sont liées aux organes féminins. Le comportement général des femmes est conditionné par la continuelle préoccupation qui consiste à cacher cette partie de leur corps de façon à ne pas exciter les hommes de la famille. Si les organes génitaux féminins sont bien le symbole du sexe, ils représentent aussi l'identité de la femme sous deux formes opposées : premièrement, sous l'identité de la sœur, de la femme de la famille qui est en dehors du sexe (et sous le tabou de l'inceste) ; et deuxièmement, sous l'identité de la femme sexuée, de la femme qui est en dehors de la famille et qui n'est pas touchée par le tabou de l'inceste. Dans les deux cas, les organes génitaux peuvent être considérés comme le paroxysme des deux identités. Dans le premier cas, ils sont ce qui la définit en tant que sœur en l'obligeant à suivre certaines conduites vis-à-vis de son frère, comme à respecter une certaine distance sexuelle. Dans le second cas, ils représentent la partie du corps la plus prisée parce que la femme porte en elle le véritable symbole du sexe. Tout se passe comme si ces significations n'ont pas assez d'espace pour prendre place sur les organes génitaux de taille normale, raison pour laquelle les organes génitaux doivent être grands : leur grandeur témoigne de la place privilégiée qu'ils occupent.

Les élégantes silhouettes des « Dames de Gönnersdorf » (Allemagne), au corps de profil, à la cambrure bien marquée, se retrouvent dans d'autres figurations féminines pariétales de la fin du Paléolithique supérieur (voir par exemple les « femmes ployées » de la Roche de Lalinde). Cette posture évoque-t-elle des conventions culturelles, des choix esthétiques, ou des pratiques sexuelles ?
Dans l'art paléolithique, malgré la surreprésentation des femmes, et tout particulièrement des femmes opulentes et souvent enceintes (du moins au Gravettien), les allusions à l'activité sexuelle sont rarissimes et presque toujours discutables. Au premier tiers de l'époque préhistorique, l'érotisme et les scènes sexuelles y sont quasi inexistantes. Aucune scène d'accouplement humain n'est démontrée dans tout l'art de l'époque. Ce n'est qu'au deuxième tiers de la préhistoire que quelques scènes de coït sont représentées, la plupart étant dans la position de la levrette (homme derrière la femme). Cette rareté ne témoigne pas d'un manque d'intérêt pour l'acte sexuel car on sait que les scènes vraies sont rares dans l'art pariétal (les Paléolithiques n'ont tracé des scènes de chasse que de façon très exceptionnelle alors que la chasse aux grands mammifères, même si elle ne constituait pas la principale ressource alimentaire, ne parait pas avoir été pour eux une préoccupation secondaire).
Une seule représentation de coït est indiscutable, celle figurée sur la grande plaquette d'Enlène. Elle représente deux personnages, intimement mêlés, l'homme derrière, en position haute et dominante, enserrant la femme aux cheveux vers l'avant. Il s'agit là d'une position de mammifères tout à fait cohérente avec le rôle de zone érogène privilégiée que nous avons vu se dessiner pour le massif fessier. La femme tire la langue (signe d'extase ou de souffrance lors du coït ?), alors que deux traits verticaux tombant du gland de l'homme pourraient signifier une éjaculation.
Même si la sexualité dans l'art paléolithique est très rare, elle est néanmoins latente dans les esprits, et ses représentations sont le prélude à la douceur et à la tendresse pour certaines d'entre elles.

Étant donné le nombre, la qualité d'exécution et la situation des représentations ayant trait à l'humain et au sexe par rapport aux graphies animalières (les figures humaines sont peu nombreuses, justes esquissées, minimalisées, placées au fond des cavernes), on peut difficilement dire que les tabous sexuels n'existaient pas au Paléolithique Supérieur.
Toutes les sociétés ont créé des normes et des interdits dans le domaine de la sexualité, sources de limitations et fondements de structures de parenté. De plus, à partir de la puberté, la disponibilité sexuelle fait des humains des « amoureux permanents » (la fécondation, comme la grossesse et l'accouchement, peut se produire à n'importe quelle saison), ce qui donne tant d'importance à la sexualité, lato sensu (au sens large), dans notre vie de tous les jours, et ce à toutes les époques.
Quand le sexe demeure dans le monde auquel il appartient, c'est une force positive qui donne du plaisir et de la joie aux humains. Quoi qu'il en soit, l'acte sexuel est toujours exempt de tout jugement moral négatif. Ce qui peut être jugé négativement, c'est l'usage qui en est fait dans un contexte inapproprié. Ainsi, le jugement négatif est davantage lié au danger que représente le sexe, plutôt qu'à l'appréciation morale portant sur l'acte sexuel.
Le sexe équivaut au danger, il est une force destructrice qui peut menacer l'ordre social lorsqu'il envahit l'univers familial qui représente justement en grande partie l'ordre social. Le sexe doit être à sa bonne place, dans l'obscurité, dans le silence, il doit être caché et clandestin ; sinon il est danger, inceste et chaos.
En brisant le tabou de l'inceste, les frontières qui définissent les liens de parenté sont transgressées, parce que les liens de parenté sont définis par une absence de contact sexuel. L'inceste peut être perçu comme l'invasion d'une entité par son contraire : là ou règne la famille, il n'y a pas de sexe et, vice versa, l'intrusion du sexe annihile tout lien de parenté. Cet aspect du sexe n'est pas confiné à l'espace familial mais s'étend à tout le social (la sphère du social étant largement influencée par la parenté). Les frontières entre la famille et le sexe doivent être sérieusement préservées et cela n'est pas une tâche aisée. Le sexe devient censuré et confiné à la clandestinité, privé de toute expression socialement reconnue. C'est la raison pour laquelle le sexe, et même le sexe licite, doit être hors de portée de vue, il doit être clandestin. Le sexe représente une limite à la fois stricte et dangereuse mais aussi essentielle et nécessaire, puisqu'elle sert à définir les liens de parenté et l'ordre social. Il existe un parallèle entre la division de l'ici et de l'au-delà, du social et du clandestin (ce qui peut être accepté dans l'ordre social et ce qui doit être caché). Le monde humain, l'ordre social, la famille, l'espace domestique, le temps journalier et la vie peuvent être associés et opposés à l'au-delà, au clandestin, au sexe, à l'environnement, à la mort et à la nuit. Si le sexe appartient au dernier groupe, il est aussi présent dans le premier en tant que menace, danger, intrusion, mais aussi en tant qu'élément autorisant l'établissement d'une ligne frontière entre ce qui appartient à un monde ou bien à un autre. Le sexe devient alors un jeu, ce qui est bien représenté dans les mythes, avec des tours, des obstacles et des dispositifs surnaturels. Il est nécessaire de connaître les règles et de maîtriser le jeu pour en éviter les dangers et en profiter tout à la fois. C'est surtout la question de savoir et de respecter les limites qui définissent l'ordre social, ce dernier semblant pouvoir être perturbé par la seule présence du sexe.
La morale des mythes est alors de résister à l'attraction exercée par le joli vagin et de ne pas perdre sa raison (l'ignorance qui mène à l'inceste représente lui aussi un danger latent lié au sexe et duquel il faut se méfier).

Un comportement à connotation sexuelle est permis uniquement entre gens de même genre sexuel et de même âge, ou bien entre les amoureux. À l'exception de ces contextes, la simple allusion au sexe doit être évitée. Ce comportement est lié à la peur de l'inceste. En évitant toute connotation sexuelle, l'espoir est de ne pas réveiller les appétits sexuels entre gens incompatibles, en particulier entre les frères et les sœurs. C'est ce qui cantonne le sexe à la clandestinité, ce qui ne veut pas forcément dire à l'illicité, mais rend tout contact sexuel très difficile (même les épouses doivent se cacher). Les couples mariés, comme les amoureux, craignent d'être découverts, même s'il ne s'agit pas d'un adultère. Le sexe est toujours clandestin et les conditions doivent être arrangées pour que les gens soient bien cachés.
Le risque d'être découvert lors d'une rencontre sexuelle est ainsi vécu comme inhérent au danger du sexe.
Le sexe est dépeint comme une force irrésistible et lui succomber cache de grands dangers, sachant que les esprits peuvent utiliser le sexe comme un leurre pour éveiller la colère au sein du groupe. Le sexe implique aussi d'autres types de dangers qui ne sont pas toujours liés au monde surnaturel mais plutôt à des sanctions sociales ou à des troubles personnels. C'est le cas par exemple des femmes adultères et des maris qui sont confrontés à l'opprobre public à cause de leurs déviances.

Comme le sexe est clandestin, il n'y a pas d'espace ni de temps consacré au sexe. Les occasions doivent être capitalisées et cela requiert de l'intelligence, de la futilité et de la supériorité. Les endroits et le temps sont improvisés et les rapports sexuels se déroulent en secret, la nuit ou pendant de courts instants volés à la routine.
Les arguments développés dans les mythes érotiques sont en total accord avec les difficultés auxquelles les humains sont confrontés dans la vie réelle. Le sexe pré-marital est autorisé et largement pratiqué, si bien qu'il n'y a pas de transgression lors d'un rapport sexuel entre une femme et un homme célibataires, ce qui importe étant le consentement de l'un des partenaires (le plus souvent celui de la femme). Dans ce contexte où le sexe se bat pour se réaliser, les tours surmontent les difficultés (au moyen de la magie des esprits, ou des qualités humaines) et acquièrent une grande importance. Cet aspect clandestin du sexe, produit chez les hommes de l'anxiété : ils sont très concernés par « l'accès » à une femme désirée, par les obstacles qu'ils vont devoir surmonter (comme le fait d'être obligé de se faufiler dans une habitation la nuit sans être vu, entendu ou découvert) mais aussi tout particulièrement par le refus de la femme. Ce refus est sans doute l'obstacle principal et doit être résolu par n'importe quels moyens, notamment le « vol astucieux ». Ce qui compte, c'est le tour qui a permis d'accéder au corps désiré et le sexe des personnages présents ne varie pas : le rôle actif est tenu par un homme et l'objet sexuel est toujours une femme. Ce thème principal du tour qui rend possible l'accès à la femme désirée reflète l'une des préoccupations majeures des hommes qui essayent de la même façon de passer outre le refus ou la résistance de leurs femmes, ou qui évitent d'être confrontés à leur volonté.
Le terme de vol évoque ainsi le procédé qui consiste à aliéner quelqu'un par la séduction et/ou accéder à son corps sans son consentement.


Dans le domaine de la sexualité, on ne compte que deux ou trois scènes de préliminaires de coït véritable, ainsi qu'une demi-douzaine de femmes en train d'accoucher. Un petit bloc de calcaire de Terme Pialat (Dordogne) montre une femme de profil, fessue, au sein tombant, et un personnage de face, massif et semblant arborer un sexe masculin allongé, renflé à sa partie supérieure (au gland donc) « en bilboquet ou en massue ». Ce serait une des rares images de couple, avec celle d'un bâton percé de la Vache (Ariège), orné en bas-relief d'un homme mince à fort thorax, porteur de sagaies, d'une femme au fessier rebondi et d'un troisième personnage d'allure masculine. Cette discrétion fait partie du non-dit de ces graphismes qui en est le quatrième thème de l'art paléolithique, après les animaux, les humains et les signes.

Une question se pose à laquelle seule une réponse prudente et nuancée est possible. Il s'agit de tenter de faire la part entre le désir de reproduction et la recherche du plaisir sexuel, les images de maternité et les images de féminité.
Au départ, seule la première fonction a été envisagée par les préhistoriens, d'où l'hypothèse des déesses-mères et la recherche obstinée d'indices en faveur d'une éventuelle magie de la fécondité. En faveur de la reproduction, un argument fort : le nombre de grossesses représentées mais quasi-absence de représentation de l'accouchement. Rappelons qu'il existe une évolution dans le temps de ces représentations féminines et deux grands courants qui ont produit de nombreuses statuettes de femmes : le Gravettien, puis le Magdalénien. Au Gravettien, soixante-dix pour cent des femmes représentées étaient enceintes, avec d'importants dépôts graisseux ; plus que quarante pour cent au Magdalénien. De même, l'artiste insistait davantage sur la représentation des seins (de nourrice). Au Magdalénien, ce sont les figurations vulvaires et fessières qui prédominent.
Un important argument contre : tout au long du Paléolithique les fesses paraissent avoir eu une grande importance mais il s'agit, parmi les zones érogènes majeures, de celle qui est la moins concernée par la reproduction. Si la sexualité avait été centrée principalement sur cette fonction, les seins auraient dû occuper la première place. À cet égard, une évolution semble se dessiner : au Gravettien l'importance donnée aux seins et aux fesses est à peu près égale, au Magdalénien les fesses prédominent, tendant à devenir le caractère sexuel féminin essentiel sinon unique. On relève également une diminution des grossesses représentées.
Autre argument en faveur de la sexualité pour le plaisir : la rareté des représentations d'enfants et l'absence de toute scène associant mère et enfant, de figuration d'allaitement par exemple (la même situation se retrouve d'ailleurs pour les figurations animales). Les enfants isolés sont eux-mêmes très rarement représentés, ce point est d'autant plus remarquable que l'étude des empreintes de pas montre la présence d'enfants aux côtés des adultes dans les grottes ornées. Pourtant la pénétration en grotte profonde ne devait pas être une opération de tout repos et sans danger pour un adulte et encore moins pour un enfant. Dans cette perspective il faut également citer les mains d'enfants négatives de Gargas et les nombreuses sépultures d'enfants. Si les enfants que l'on sait par ailleurs très présents aux côtés des adultes sont éludés ce n'est pas sans raison : ils étaient hors sujet. Les enfants n'étaient pas, pour autant, négligés. Ils étaient de façon courante aux côtés des adultes. Mais banals à leurs yeux, ils n'étaient que peu ou pas représentés. Il est aussi possible que, comme dans les peuplades où la mortalité infantile est très élevée, les enfants n'aient commencé à exister réellement aux yeux des adultes qu'après avoir franchi le cap dangereux des premiers mois, voire des premières années.

Il paraît tout à fait possible que la reproduction n'ait pas été au Paléolithique une préoccupation de premier rang. La sexualité pourrait donc avoir été beaucoup plus largement tournée vers la recherche du plaisir. En témoignent les statuettes, dites Vénus, chez qui les éléments sexuels (triangle pubien, seins, ventre, fesses, cuisses) sont majorés alors que tout ce qui n'est pas sexuel est éludé sans pitié. En témoignent également les multiples représentations féminines partielles : triangle pubiens fendus, profils fessiers et claviformes, comme, sur le versant masculin, les ithyphalliques et les phallus sculptés ou gravés.
Les représentations humaines paléolithiques montrent ainsi clairement la place centrale qu'occupait la sexualité dans l'univers psychique des premiers sapiens. Si l'intérêt qu'ils portaient aux grands herbivores, bisons et chevaux, est toujours en grande partie mystérieux, leur traitement de l'image humaine est clairement dirigé par la pulsion sexuelle. Dans ce cadre, les fesses apparaissent assez nettement comme une zone érogène privilégiée. Plus que des célébrations de la maternité, ces images expriment vraisemblablement une sorte de fascination pour le plaisir sexuel.

La sexualité préoccupait fortement nos ancêtres : ainsi, le sexe était tout ce qui touchait particulièrement la vie de l'homme, celle de la femme et celle de l'enfant, mais la sexualité ne concerne pas que la vie quotidienne. Le sexe intervient également dans les religions de la Préhistoire, en positif ou négatif (toutes les sociétés ont créé des normes et des interdits, sources de limitations et fondements de structures de parenté). Rares sont les activités qui ne sont pas liées au surnaturel, qui ne requièrent ni rituels ni chants et qui n'invoquent pas les esprits ou la magie. Le sexe semble être une force de l'entre-deux : il est humain pas essence, mais son lien avec le monde surnaturel montre combien la nature humaine n'est pas suffisante à sa définition.
C'est, dans une certaine mesure, le point qui relie les habitants de la terre et ceux de l'au-delà, aussi bien les esprits que les ancêtres, une porte entre deux mondes complémentaires et opposés : l'ici-bas et l'au-delà. Si nous nous penchons sur l'ordre social mortel, nous trouvons que le sexe joue encore un rôle liminal (stimulus qui est juste au niveau du seuil du perceptible) entre deux sphères opposées (la famille et le groupe). Et si les tabous sexuels ont été et sont encore prescrits pour toutes ces actions, c'est bien parce que le sexe est considéré comme une force gênante qui peut venir gâcher les autres activités.

On assisterait au cours du paléolithique supérieur à une socialisation de la sexualité, notamment grâce à une meilleure compréhension de la relation qu'il y a entre le sexe et le monde surnaturel, ces forces non humaines qui font que le sexe est dangereux. Cette relation particulière modèle la conception de la sexualité où le sexe, aussi humain puisse-t-il être, est en quelque sorte enraciné dans un monde non humain.
Les esprits sont rendus responsables de très nombreuses maladies, et quand ils provoquent des maux, le sexe en est la cause première. Les gens qui s'approchent de lieux habités par les esprits après avoir eu des relations sexuelles, des pensées sexuelles, en chantant des chants d'amour ou en pensant à leur bien-aimé, sont des victimes toutes désignées.
Le sexe est comme une porte que les humains ouvrent sur un monde ténébreux.
Il existe des esprits dont le désir d'avoir des rapports sexuels avec les humains est grand, souvent les personnages les plus populaires des légendes, en particulier des légendes érotiques. Leurs relations avec les gens d'ici-bas n'ont pas toujours d'heureuses conséquences pour les humains. Il s'agit d'esprits escrocs, qui aiment montrer leur supériorité sur les gens et les autres esprits, en leur jouant des tours et en ayant un comportement malin. Mais ils apportent aussi aux gens de nouvelles techniques, comme le tatouage (nature sexuelle du tatouage, qu'ils considèrent être « un véritable leurre d'amour ») ou les aident pendant les périodes difficiles, lorsqu'une intervention surnaturelle est requise. C'est leurs relations avec le monde des humains qui les rendent si proches du sexe : c'est la meilleure représentation du sexe, qui peut être pensé comme à la fois enraciné dans le monde des humains et dans le monde surnaturel.

Les légendes érotiques nous donnent une représentation exagérée des idéaux du sexe. Deux aspects principaux dans les légendes érotiques sont intéressants si l'on veut comprendre la sexualité préhistorique : d'une part, le parallélisme ou la continuité qui existe entre le sexe des légendes et le sexe de la vie réelle et d'autre part, l'expression de la relation entre le sexe et le monde surnaturel. Je vais discuter de la continuité entre la vie et les légendes, où les aspects qui préoccupent les humains sont les plus représentés. Dans ces légendes, les solutions aux préoccupations des humains sont données par la magie. Ce sont des solutions auxquelles les humains n'accèdent qu'en rêve.
Dans ces légendes, il y a peu de romantisme lié à la séduction et le but principal est de supprimer toute résistance pour accéder aux demandes sexuelles. Les séducteurs utilisent la magie ou les pouvoirs surnaturels qui ont pour effet d'annihiler la volonté de la personne séduite ou qui permettent d'avoir accès à son corps sans être remarqué. Ces types de pratiques trouvent aussi une justification au simple fait d'avoir un rapport sexuel avec une femme. L'intérêt du mythe n'est pas d'éveiller le désir sexuel de ceux qui écoutent, mais de les amuser grâce aux tours astucieux qui ont été mis en œuvre pour provoquer la rencontre sexuelle illicite ou découvrir l'objet du délit. Les personnages féminins ne sont pas toujours les victimes des tours, il leur arrive d'être satisfaits des rapports sexuels autant que l'escroc lui-même. Le rôle joué par les femmes est alors un rôle passif, celui qu'on attend généralement de leur part. Elles peuvent désirer nouer une rencontre sexuelle, mais elles ne prendront pas (et ne sont pas supposées prendre) l'initiative pour autant.
Les légendes ne sont pas simplement un reflet de ce qui se passe dans le monde des humains. Elles sont, avec les mythes et les récits qui concernent les êtres surnaturels, une fenêtre sur le divin et le monde ténébreux. Dans ce cas particulier, ils nous permettent d'avoir un aperçu de ce que les humains ont imaginé à propos du sexe en dehors de la chair et de sa dimension non humaine. Ils nous renseignent aussi sur ce qu'ils pensent être implicite à propos du sexe. Le sexe semble toujours représenter une tension liminale entre deux sphères opposées. Le sexe est le point liant le monde des humains et le monde des non-humains : c'est ce qui attire les esprits et est un leurre pour les humains. Les esprits connaissent les secrets de la force du sexe et les humains ne le maîtrisent pas assez pour pouvoir y résister. La maîtrise des esprits peut seulement être comparée dans le monde des humains à la magie. Dans tous les cas de figures, une intervention surhumaine est nécessaire pour contrôler la force du sexe comme pour y résister. L'amour (l'amour sexuel) est considéré comme une aliénation, comme un sort magique, non comme étant de l'ordre de la nature humaine. Être attiré sexuellement par quelqu'un (de manière passionnée) ne peut pas être pensé sans faire référence à la manipulation de l'esprit de la victime par la magie.

À moins que le sexe ne soit confiné dans sa propre sphère, parmi les gens appropriés, dans des endroits adéquats et au bon moment, le sexe n'est jamais anodin et doit être savouré avec attention. Les restrictions sont nombreuses : il ne faut jamais éveiller la colère et toujours éviter les sanctions des esprits comme des ancêtres.
Si le sexe humain est pensé comme étant en relation avec le monde surnaturel, le sexe divin semble également toujours lié aux humains. Il est une figure liminale dont le lien avec les humains est souvent le sexe. En tant qu'esprit, il maîtrise les énergies surnaturelles qu'il utilise pour son bénéfice et son plaisir ; en tant qu'homme, sa conduite sexuelle est le moteur de ses actions. Il est la combinaison idéale du désir sexuel et de la supériorité, ce qui l'aide à accomplir ce que les humains ne peuvent pas : avoir aisément accès au sexe et ne pas rencontrer d'obstacle ; les conséquences de ces actes ne sont pas dommageables.


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Published by Collectif des 12 Singes - dans B(r)ouillons de culture
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15 janvier 2009 4 15 /01 /janvier /2009 17:58
Chez les êtres vivants qui ont besoin d'un congénère pour se développer (les oiseaux, les mammifères - donc les humains), la présence de cet autre être rassure et s'imprègne dans sa mémoire. L'être vivant en développement est alors à même de tenter l'aventure de la découverte de l'inconnu et d'y éprouver du plaisir. Son psychisme préverbal aura été imprégné d'une base de sécurité : il aura acquis une confiance primitive, un « attachement sécurisant ».
Les premiers humains avaient peur de la nature : ils avaient froid, faim, craignaient d'être dévorés par d'autres animaux... Bref, tout leur faisait peur car ils ne contrôlaient rien ! Il y a 2 millions d'années, leur premier tranquillisant a été le silex, qui leur a permis de tuer les autres animaux et de découper leur viande : ils ont commencé à contrôler le monde extérieur. Avec l'apparition de l'outil, l'humain va devenir aussi culturel au lieu de n'être que naturel ! Ils avaient ainsi le moyen d'agir sur le réel, puis ils contrôlèrent le monde avec des mythes, des explications magiques et des rituels : ils géraient l'angoisse, sans forcément agir sur le réel, mais ils créaient déjà notre base de sécurité. Avec la domestication du feu (vers -400 000), nous avons d'autant plus affirmé notre contrôle du réel (meilleure nutrition et digestion par l'alimentation cuite, meilleure protection contre les autres prédateurs et le froid), ce que l'agriculture et la domestication de certains autres animaux a encore augmenté ! La démarche de connaissance est un jeu, où l'on perd ou l'on gagne, où l'on érotise l'inconnu car la découverte de la vérité (ou de la justesse de ses observations sur le long terme ou dans des conditions difficiles) est excitante (même si, comme en amour, il faut aussi accepter de se tromper) !

Ceux qui vivent en ayant acquis un « attachement sécurisant » aiment se sentir responsables : c'est souvent angoissant, mais ces personnes apprécient cette angoisse, car elle leur laisse une part de liberté qui leur procure du plaisir !
Cette évolution correspond à un besoin psychologique des humains de contrôler le monde extérieur pour se sentir mieux. Peu à peu, le statut va se transformer au profit d'un humain qui ne va plus subir mais tenter de conquérir la Nature. Cette bascule de l'acquis sur l'inné, ce moment où la culture prend le dessus sur la Nature, se situe vers -100 000.
La lignée humaine accède à la pensée symbolique aux alentours de -100 000 sous une double forme : les premières traces de spiritualité, le respect et le traitement du corps des défunts par inhumation ou pratiques funéraires plus complexes précèdent de plusieurs dizaines de millénaires les premières manifestations graphiques, d'abord sous la forme d'art mobilier, puis pariétal. L'émergence culturelle, marquée par des comportements techniques modernes et une expression symbolique, est globalement contemporaine de la période de coexistence avec Neandertal (pour ce dernier, quelques rares vestiges suggèrent des préoccupations symboliques, tels des blocs de pierre à cupules ou des curiosités naturelles comme les coquillages, les deux suggérant des réceptacles, des matrices de l'origine du monde). Au contact de Neandertal, les artistes ont adopté des croyances ou des rites nouveaux inspirés de ces derniers, ou syncrétisé les mythologies ou rites existants avec ceux qu'ils découvraient au contact de cette « nouvelle culture », avant de les incorporer dans leur symbolisme. Les pratiques funéraires apparaissent au Proche-Orient, fruit d'une humanité plurielle où cohabitaient vers -100 000, au sein d'un territoire et d'une technologie partagés, notre ancêtre Homo Sapiens archaïque et Neandertal. Si ces derniers bénéficient, sous nos latitudes, d'une présomption de paternité pour cette innovation, l'expression graphique artistique paraît en revanche l'apanage exclusif des populations d'humains modernes à partir de -80 000 (voire avant en Afrique du Sud sur des sites exceptionnels tels que Blombos : bâtonnets d'oxyde ferrique mis en forme, qui devaient servir pour décorer les corps et autres peaux vestimentaires).
Parallèlement à cela, l'évolution humaine amena à une augmentation du volume cérébral, qui aurait par ailleurs permis l'émergence du langage, tant articulé que figuratif (à travers l'art paléolithique, déjà balbutiant vers -80 000 avec les peintures et parures corporelles). Le langage pourrait avoir été favorisé par l'acte sexuel qui implique lui-même le rapprochement entre les individus et l'introspection, sachant que le langage est le moyen d'accroître le plaisir sexuel par l'empathie réciproque des partenaires (émergence de la notion d'amour et naissance des sentiments). Aujourd'hui, nous pouvons affirmer que le langage est le moyen d'imaginer, et que l'imagination est à l'origine des différentes conceptions du sexe selon les sociétés.


La dispersion des humains modernes à partir d'Afrique s'est produite sur fond d'importants changements dans l'environnement naturel au cours du dernier interglaciaire Eemien ou Mikulino, vers -126/-114 000 ans. Durant plusieurs dizaines de milliers d'années, les Néandertaliens et les Homo sapiens ont cohabité au Proche-Orient en réalisant des outillages identiques (cohabitation de plusieurs millénaires jusque vers -32 000 en Europe : cultures de « transition » entre le paléolithique moyen et le paléolithique supérieur, vers -34 000, dans une Europe exclusivement néandertalienne, telles que le Châtelperronien dans le grand sud-ouest de la France). Les groupes d'humains modernes et les Néandertaliens vivaient côte à côte, étaient impliqués dans certains types d'interactions (comme en témoignent des éléments culturels communs), mais ne se sont pas mélangés sexuellement car ils n'avaient pas le même patrimoine génétique (deux espèces différentes, donc progéniture - si viable - stérile).
Après Homo sapiens sapiens en Israël/Palestine (respectivement -97 000 et -80 000 ans), les plus anciens établissements de type aurignacien en Bulgarie se situent entre -41 000 et -38 000. La première répartition des sites du Paléolithique supérieur se déroule au cours d'un épisode climatique tempéré de -40 à -28 000 ans. La pénétration des premiers humains modernes en Europe survint pendant le méga-interstade prolongé (OIS3, vers -38/-22 000 ans), période sans glace jouissant d'un climat froid et instable et de petites oscillations répétitives : interstade chaud Krasnogorsky (vers -46/-43 000 ans), épisode froid Shapki (sur 200 ans vers -43 000 ans), interstade Grazhdanski (vers -43/-40 500 ans), épisode froid Lejasciems (vers -40 500/-30 000 ans), interstade Dunaevo-Bryansk (vers -30/-23 000 ans).
Le climat est rude sous nos latitudes : 200 000 ans marqués par de longs épisodes de grands froids, entrecoupés de courtes périodes de réchauffement. Plantes, animaux, humains sont soumis à la loi de ces cycles qui ont pour effet de redistribuer les ressources alimentaires, d'où migrations et redéfinition des territoires. Jusqu'aux environs de -40 000 ans, l'Europe est peuplée de Néandertaliens, puis arrivent les humains modernes qui, pour survivre, ont dû s'adapter à des conditions extrêmes, dans des paysages glacés, immenses et désertiques. Pas moins d'une vingtaine d'épisodes glaciaires, étalés chacun sur environ 10 000 ans, se sont succédé, entrecoupés de phases plus tempérées de 10 000 ans. A l'intérieur de chaque cycle, de brèves sautes de température se produisent, qui à chaque fois modifient le climat et la géographie (et donc la répartition des ressources animales). L'environnement des humains qui peuplaient l'Europe au Paléolithique supérieur (entre -35 000 et -15 000 ans) se partageait en trois régions distinctes : le nord de l'Europe, l'Europe centrale et orientale, et l'Europe de l'Ouest.
Au nord de l'Europe, le sol, qui ne dégèle pas, et la couverture neigeuse ajoutent à l'inhospitalité des lieux : ici ne pousse qu'une végétation de toundra (des mousses et des lichens).
A la frontière sud de ces espaces quasi déserts s'étend une taïga, englacée l'hiver et dégelée par endroits l'été. S'y développe alors une végétation éphémère (proche de celle actuelle du Nord canadien ou de la Sibérie, composée de rares pins et de bouleaux nains) et quelques animaux, adaptés aux climats rigoureux y vivent, comme le bœuf musqué ou le renne. Leurs prédateurs sont les bandes de loups et les renards polaires (ou isatis, dont la belle fourrure blanche est convoitée par l'humain).
En Europe centrale et orientale, les grandes plaines froides et les plateaux calcaires sont recouverts par la « steppe à mammouth », formée de graminées, d'arbustes, de lichens et de rares bouleaux. Ce paysage était très semblable aux steppes actuelles de Mongolie : d'immenses espaces où graminées sauvages ondulent avec le vent. Le sud de la Russie bénéficie d'un climat moins rigoureux que le centre de l'Europe : on y trouve une steppe arbustive composée d'herbacées et de bouquets d'arbres (pins, bouleaux, genévriers).
La biomasse fournie par la steppe est quatre fois supérieure à celle fournie par la forêt, grâce aux grands troupeaux qui y vivent.
L'Europe de l'Ouest, la moitié sud en particulier, constitue une zone bien plus hospitalière. Le climat, océanique, y est moins rigoureux et plus humide. La végétation combine une prairie parsemée de pins sylvestres et de bouleaux, où les chevaux pâturent lors des périodes froides, et une forêt clairsemée d'arbres apparaît à chaque réchauffement. La vallée de la Vézère (qui abrite nombre de grottes ornées), dans le sud-ouest de la France, constitue une véritable zone refuge pour les animaux et les humains, avec des bosquets de conifères comme le pin et des arbustes de type genévriers, où les cerfs, les chevreuils et les sangliers se côtoient.
Vers -35 000 ans, une amélioration relative du climat permet l'arrivée de l'humain moderne en Europe. En revanche, une nouvelle détérioration s'amorce 2 000 ans plus tard, laissant place à des pulsations climatiques plus rigoureuses. Parallèlement à cela, on observe un grand nombre d'éruptions dans la chaîne des Puys en Auvergne, avec un pic d'activité vers -28 000 ans.

L'apparition de l'Aurignacien en Europe occidentale se situe autour de -33 000 ans mais certaines datations font parfois remonter cette période aux alentours de -38 000 pour le Protoaurignacien. Le résultat de cette expansion relativement rapide des humains modernes est que l'Eurasie était uniformément couverte de sites clairsemés qui formaient une « nébuleuse aurignacienne ».
Cette industrie venue du Proche-Orient se répand d'abord en Espagne, puis en Dordogne 5 000 ans plus tard. Elle apporte une innovation technique avec le débitage laminaire des silex : production, à partir d'un même bloc, d'un grand nombre de lames régulières et standardisées, autant débauches à partir desquelles il est possible de faire varier l'outillage de base. Pour la première fois, les paléolithiques utilisent les matières dures animales (os, ivoire et bois de cervidés) pour créer notamment des sagaies, des grattoirs et des poinçons pour le travail des peaux et la confection de vêtements. Cette nouveauté transforme profondément les modes économiques et les activités de subsistance (chasse, pêche, collecte), autant qu'elle provoque un choc entre deux systèmes de valeurs, entre deux univers métaphysiques distinctes voire inconciliables. Jamais les Néandertaliens n'utilisèrent les armes d'origine animale ; tout à coup, les humains modernes (Homo Sapiens Sapiens arrivé il y a peu en Europe) commettent ce sacrilège et tournent les défenses naturelles (ramures et « cornes ») contre les proies elles-mêmes.
Le monde du mythe éclate tout à coup : à la place des ramures symbolisant la nature dans les sépultures des Néandertaliens, Sapiens passa aux représentations de la nature, sous la forme d'images, donc artificielles cette fois, disposées au fond de grottes sanctuaires où leurs agencements se déploient. Dans le cas européen (et peut-être seulement là), cette histoire semble enclenchée par la mise en cause des vérités fondamentales d'une population par l'autre : mises en danger, sinon en concurrence, les mythologies, fondées sur des récits abstraits, durent se matérialiser, se donner des formes afin d'acquérir un surcroît de réalité et de permanence. Statuettes et grottes ornées furent alors réalisées, précisément aux marges de cette extension moderne : tout l'ouest, resté néandertalien (culture de Châtelperron), forma le réservoir densifié des traditions antérieures ; aux limites de ce territoire culturel, l'œuvre d'art spirituel apparaît, sanctifiant l'espace là où il doit être marqué de symboles, délimitant les aires spirituelles récentes.
L'image, accédant au statut symbolique, se substitue à la nature véritable. La distinction fondamentale entre Neandertal et Sapiens résiderait ainsi dans l'habileté des humains modernes à connaître et à s'exprimer par des symboles qui sont à la base du discours humain (même si Neandertal pouvait parler, il n'aurait pas conceptualisé un langage symbolique).
Les sociétés font preuve de comportements symboliques nouveaux : les premiers éléments de parure voient le jour (perles en os ou ivoire, bandeaux ou diadèmes, pendeloques taillées et polies en ivoire et pierre, coquillages percés), les petites statuettes animales et les manifestations artistiques pariétales font leur apparition (en Europe de l'Ouest, en France en particulier, dessins et gravures apparaissent vers -32 000 sous une forme tellement parfaite qu'ils pourraient constituer l'aboutissement de pratiques plus anciennes). De telles merveilles sont l'indice de groupes humains fortement structurés, apparemment hiérarchisés et pratiquant déjà une certaine forme de division du travail (la qualité des œuvres mobilières puis pariétales, l'unité stylistique dont témoigne leur découverte sur des sites éloignés suggèrent un certain professionnalisme). Ces modifications entraînent des changements de représentation et de communication dans les relations sociales.
Ces manifestations graphiques (sculptures, peintures, gravures) constituent un corpus multiforme d'images souvent (mais pas exclusivement) animalières, un espace abstrait, un univers imaginaire et symbolique avec référence narrative.

Par cette nouvelle emprise, l'humain s'attaque alors à la nature du mythe en lui donnant une consistance visuelle, mise à son service : la nature du monde y est spirituellement maîtrisée via sa représentation. Ceci entraîna un bouleversement conceptuel radical : la création d'icônes permit d'étendre infiniment le champ d'actions mythiques. Pour les humains de la préhistoire, l'image dessinée sur les parois des grottes fut un moyen de donner vie à l'invisible et au surnaturel. Selon la pensée structuraliste, les contes et les mythes (racontées souvent quand les enfants étaient partis se coucher) évoquent un monde révolu, passé. Les mythologies et croyances des peuples chasseurs restent dominées par le monde naturel : l'animalité y tient la place principale. L'animalité, si proche de l'humanité dans son comportement, forme le véritable symbole du défi inaccessible, lancé par la partie biologique à sa propre conscience : d'innombrables récits mythologiques s'articulent donc selon cet axe où l'animalité règne absolument.
En effet, les chasseurs ne pouvaient s'assimiler aux autres animaux, chassant à pattes nues : les chasseurs n'étaient pas des pilleurs de la Nature, puisque ce serait oublier que la chasse humaine suppose toujours un équipement technique. Le milieu a eu une importance significative, mais ce sont les groupes humains eux-mêmes qui ont été capables d'organiser des stratégies socio-économiques très claires de production et de travail. L'appropriation explique la manière d'obtenir des aliments par le moyen de la chasse, de la pêche et de la cueillette/collecte. Cette base définit le mode de production et le contrôle social sur la Nature par le développement de quelques techniques, d'un travail et de quelques relations sociales spécifiques. Ainsi, il n'y a pas d'adaptation au milieu, mais, par une technologie développée, les humains ont réussi à transformer et surmonter ce milieu qui fut hostile dans les nombreuses étapes du Quaternaire : le contrôle de la Nature est arrivé par le biais du travail en société.
Ainsi, lorsque l'humain moderne débarque en Europe, les témoignages de ses activités spirituelles se multiplient, principalement par le biais de l'art mobilier (portable : statuettes, objets légers) et pariétal (peintures ou gravures sur parois, en grotte ou sur rocher).
Lorsque l'humain se met à dominer le monde environnant (notamment par ses techniques de chasse, bien que calquées sur celles de ses concurrents prédateurs, et ses armes), il montre que la nature est très effrayante, mais qu'il est capable de la conquérir et de la dompter/dominer. C'est ainsi que cet art paléolithique sophistiqué (les principales techniques artistiques étaient pleinement maîtrisées dès le début), présente la caractéristique rarissime d'être en grande partie un art de l'obscurité, le feu maîtrisé permettant aux humains de se rendre au plus profond des entrailles de la Terre, là-même où nombre de carnivores ont élu domicile (ours et lions des cavernes, hyènes, loups). Dans une grotte, on se trouve dans un monde souterrain de terre et de pierre, clos, sombre et mystérieux, dans le lieu même où l'œuvre a été peinte : seuls comptent l'œuvre elle-même et celui qui la regarde, avec ses valeurs culturelles et cultuelles. Il pouvait y avoir des participants multiples ou au contraire des pratiques individuelles de recherche spirituelle dans l'isolement, dans le but de pénétrer un monde surnaturel pour bénéficier des forces qui s'y trouvent.
L'humain tient ainsi à montrer une image exacerbée de l'opposition entre le « dedans » (campements bien organisés et grottes ornées) et le « dehors » (redoutable habitat du monde sauvage).
Toutes les religions placent le surnaturel là où l'humain ne vit pas : dans le ciel, sur les hautes montagnes, dans le monde souterrain dont les portes sont les grottes. La localisation de l'art pariétal n'est pas due au hasard. Généralement, les sites ornés ne sont pas associés à des restes d'habitat, ce qui accentue le choix symbolique de leur implantation, et tous les espaces investis sont des sites exceptionnels, naturellement grandioses, souvent proches de l'eau (pendant la glaciation du Würm, l'essentiel des œuvres est situé dans les massifs calcaires de l'Europe du Sud, dans lesquels les rivières ont creusé des cavernes). L'intérieur de la roche renfermait un autre royaume, celui des esprits, notamment accessibles par le rêve (voire la transe), ainsi que par les peintures magico-spirituelles. L'idée de base devait être de capter la puissance surnaturelle des lieux, notamment lors de rites de passage comme ceux de la puberté ou d'actions pour favoriser la chasse (même si le bestiaire consommé est très minoritairement représenté).

A l'Aurignacien (de -38 000 à -26 000), ce sont les animaux dangereux (rarement consommés, chassés parce que craint et donc sources de fierté) qui dominent. Ces prédateurs ou concurrents immobilisés sur les parois, sont les symboles de la force assimilée par l'Initié qui a su maîtriser la bête et dompter sa puissance, choisissant ainsi de capter et réguler son énergie jusqu'alors destructrice, plutôt que de la tuer et de s'affubler de sa dépouille : symbole, en somme, de la Force mise au service de la Sagesse. On voit ainsi un grand ours des cavernes dessiné à l'ocre dans une rotonde, accompagné par un ours plus petit (équivalent de l'humain - car rare animal à pouvoir se tenir droit -, capable de s'accoupler avec des femmes et de donner naissance à des petits d'humains, même s'il est considéré comme un symbole féminin de part sa fourrure chaude, sa couleur brune comme la terre et l'éducation attentionnée qu'il donne à sa progéniture) ; des félins (le lion est un symbole masculin, lié au soleil, de domination : il détient une grande énergie, qu'il maîtrise cependant de manière souveraine, sans avoir besoin de faire montre de sa force ; mais on ne peut pas contrer celle-ci quand elle rentre en action, faisant du lion un adversaire redoutable) ; des rhinocéros (dont celui de la Salle du Fond dessiné en noir avec de nombreux traits rouges soulignant ses cornes, sortant de sa bouche et marquant son flanc) ; des mammouths et mégacéros.

Les thèmes, empruntés à la nature environnante, faisaient l'objet d'une sélection qui accordait ainsi une nette préférence aux animaux forts et dangereux, ainsi qu'aux représentations sexuelles féminines (de manière beaucoup plus discrète, sans tenter de rivaliser avec les grandes fresques animalières des grottes - on trouve plutôt leurs peintures dans les endroits confidentiels).
Après la bipédie, la deuxième grande révolution pour la sexualité est la mise en place de tous les systèmes de représentations pour le corps, lien social par excellence. Au sein même des sépultures, la différenciation des sexes est essentielle pour le groupe (les hommes apparaissent plus nombreux à avoir été enterrés que les femmes). Dans l'art, le corps est segmenté : la main, les parties sexuées. Or l'image sexuelle n'est pas neutre, puisque l'effet d'image a modifié la sexualité en créant l'émotion, les réactions, la séduction. Ainsi, quand l'humain a mis en place des systèmes de communication, il s'est affirmé comme étant différent de tous les autres animaux et dans cette différence, l'expression de la sexualité est très active.
Chez les humains, la perte de l'œstrus (ensemble des phénomènes physiologiques liés à l'ovulation et à la fécondité) permit une disponibilité sexuelle absolue (non soumise à des périodes de rut). C'est ce qui fût la raison d'être des normes et des interdits qui, dans toute société humaine, limitent les usages et les pratiques de la sexualité (la mauvaise utilisation du sexe à l'intérieur d'un groupe de parenté peut être la cause de sanctions surnaturelles, lancées par les ancêtres pour qui l'inceste est une transgression capitale, la maladie et la mort étant le résultat du non-respect d'un tabou sexuel), notamment l'inceste qui est à la base du fondement de tout groupe social (comme le disent les Jivaros : « L'incestueux est comme le ver de terre, il rentre dans le premier trou venu »). L'inceste (du latin incestus : « impur ») désigne une relation sexuelle entre membres de la même famille et soumise à un interdit. Toute la difficulté réside dans la définition de ce que sont des parents trop proches (l'inceste sœur-frère est le plus craint parce que cette relation est à la base de l'organisation familiale comme du système de parenté), et il y a de grandes variations selon les sociétés et les époques, et même selon les circonstances (la Bible, par exemple montre l'inceste, normalement interdit, comme un impératif pour sauvegarder une lignée vouée sans cela à l'extinction). Il y a ainsi une typologie de l'inceste fondée sur le discours social à propos du degré de proximité et le genre de parenté biologique, imaginaire et symbolique, discours social d'où découle le sentiment incestueux.
Cela n'est pas un hasard, car ce qui est en cause, c'est ni plus ni moins ce qui nous distingue des bêtes. C'est en effet une évidence de l'anthropologie universelle et du sens commun de dire que nous autres, les humains, à la différence des bêtes, vivons sous le règne de la Loi, le mot culture signifiant distinction et discrimination. La prohibition de l'inceste symbolise et focalise la conscience que nous partageons tous de vivre sous le règne de la norme et non selon les nécessités de la nature, elle est donc fondatrice de l'identité de l'individu dans son rapport aux autres.
Pour autant, s'il était vrai que c'est la prohibition de l'inceste qui distingue la nature de la culture, il faudrait considérer que les autres animaux sont beaucoup plus cultivés que nous car l'inceste est rarement pratiqué chez les autres animaux (en milieu naturel - même s'il peut y avoir initiation sexuelle par un parent, mais jusqu'à un certain âge seulement -, autrement la domestication a sélectionné et forcé les individus les moins regardant sur l'inceste afin de favoriser la transmission de certains caractères), alors qu'il est relativement souvent consommé chez les humains. Il en est ainsi de l' « aversion » de l'étalon à l'égard de l'inceste. On lit ainsi dans l'Histoire des Animaux d'Aristote : « Les chevaux ne couvrent pas leurs mères, et même si on les force, ils s'y refusent. En effet, il arriva qu'un jour, manquant d'étalon, on recouvrit la mère d'un voile et on lui amena son rejeton. Pendant la saillie le voile tomba : alors le jeune mâle consomma l'accouplement, mais peu de temps après, il mordit l'éleveur et le tua. On raconte aussi que le roi de Scythie avait une jument de race dont tous les poulains étaient bons : voulant avoir un produit du meilleur de ces poulains et de la mère, il la fit amener pour la saillie. Mais le poulain ne voulait pas. On couvrit la mère d'un voile et il la monta sans la reconnaître. Mais après la saillie, on découvrit la face de la jument, et le poulain à cette vue prit la fuite et alla se jeter dans un précipice. Les chevaux, en effet, conclut Pline, ont aussi le sens de la parenté. Ces observations et ces jugements ont précisément la domestication pour origine, l'idéal domestique étant ainsi défini par Aristote : « Les étalons couvrent même leurs mères et leurs filles, et le haras est considéré comme parfait lorsqu'ils saillissent leur progéniture » ; quand la nature résiste à la pression de l'éleveur dont l'objet est la sélection et la reproduction de caractères utiles et non le polymorphisme de la reproduction sexuée.
Dans les populations naturelles, l'inceste n'est la règle, pour d'évidentes raisons, que chez certains vers parasites dont l'écologie interdit la reproduction exogame. On constate, d'ailleurs, chez certains hermaphrodites qui ont la faculté de s'autoféconder, que la « préférence » va à la fécondation croisée, l'autofécondation, dernière chance de la reproduction, n'ayant lieu qu'en situation d'isolement. L'intérêt de l'exogamie sur l'agamie (reproduction asexuée, division), sur l'autogamie et sur l'inceste serait donc un intérêt sélectif. La description des structures sociales de populations naturelles de mammifères fait apparaître l'existence de mécanismes qui ont pour effet de limiter ou de prévenir les contacts sexuels entre individus apparentés. Chez les animaux supérieurs, les plus importants de ces mécanismes sont : le changement d'objet, la répression de la sexualité et, du point de vue de la femelle, la réaction de rejet, enfin l'émergence de revendications d'autonomie qui entraînent l'expulsion.

On a écrit qu'il pouvait y avoir des accommodements même avec le ciel ; en fait, la culture permet des accommodements même avec la génétique [la pathologie culturelle, avec ces incestes si peu exceptionnels chez cette exception naturelle qu'est l'humain, démontre aussi, et de manière critique, sa liberté quant aux injonctions de la nature et la « variabilité de l'humeur » (labilité : instabilité de certaines composantes de la personnalité, en particulier l'attention et l'affectivité) humaine par rapport à la règle de l'inceste, universelle par excellence]. Il y a ainsi des écarts entre les règles de la culture et les pratiques réelles, l'inceste ayant lieu dans des sociétés qui ont des interdits de l'inceste.

Le mariage et l'exogamie (chercher son partenaire dans un autre groupe) sont donc les deux noms d'une même réalité, le refus de l'inceste, et si l'exogamie constitue une loi générale de la reproduction, il n'est nullement absurde de rechercher la trace de dispositifs génétiquement fixés, hérités de la sélection naturelle, qui seraient perceptibles dans la constitution émotionnelle de l'humain avant d'être relayés et systématisés par la loi (ce tabou étant une norme établie par la société, par l'accord régulier des individus, cela implique donc que la société existe avant la prohibition).
On définit en effet la liberté de mariage à partir du seuil où « s'éteint l'odeur de la parenté », souvent bien au-delà de la « zone d'horreur » (« inceste absolu »), c'est-à-dire entre parents et enfants ou entre frères et sœurs. Tout un programme auquel les travaux récents sur la communication chimique dans le monde animal (sur les phéromones qui véhiculent les messages chimiques de la communication animale), donnent consistance. On sait en effet que l'humain ne possède pas seulement un nez « conscient » chargé d'identifier les odeurs, mais aussi un organe qu'on croyait fossile et inactif, l'organe voméronasal, véritable « nez sexuel » (certaines traditions, coutumes ou proverbes attribuent à la sueur, par exemple, un grand rôle dans l'empreinte sexuelle et dans la séduction). Le jugement relationnel est affaire de nez, dit-on, ce qui témoigne de manière empirique du rôle de l'odeur dans la régulation de la proximité et des engagements affectifs : « Cette personne, je ne la sens pas, je ne peux pas la blairer ! » (un blair étant un nez, comme le blase - à rapprocher de nom/surnom et de blason, identité d'un clan ?). L'appareil olfactif se signale en outre par une exception qui le distingue des autres systèmes sensoriels : l'absence de relais thalamique ; l'information est directe de la muqueuse olfactive au paléocerveau, dénommé rhinencéphale (cerveau-nez), intéressant à la fois l'olfaction, l'émotion et la mémoire (circuit de Papez). Ainsi, la perception olfactive équivaut à la lecture d'une carte d'identité génétique. Cette reconnaissance s'opère vraisemblablement par l'interprétation des gènes d'histocompatiblité que le système immunitaire exprime pour reconnaître le soi et le non-soi. Ces signaux moléculaires sont évidemment des indicateurs de la proximité génétique (toutes les cellules d'un même organisme doivent savoir qu'elles sont « sœurs ») et ce sont des protéines issues de ces signaux qui, en passant dans les odeurs corporelles, transmettent aux humains l' « odeur de la parenté génétique ». De fait, on s'accouple préférentiellement avec des partenaires génétiquement dissemblables car c'est le non-soi qui est sexuellement intéressant, parce que conforme au plan de la reproduction sexuée.

Pour autant, l'idée que le respect du tabou réduirait le taux de défauts congénitaux causés par les relations sexuelles entre parents trop proches, n'est pas valide : premièrement, la proximité des parents n'implique pas directement des défauts congénitaux (elle augmente la fréquence des gènes homozygotes, avec pour effet la réduction de la fréquence du gène défectueux dans la population), deuxièmement, l'interdit contre les relations ne repose pas sur des préoccupations strictement biologiques/génétiques. Effectivement, cela ne se limite pas à la parenté directe : en effet, une tendance croissante à la gêne, plus marquée chez les filles, fortement teintée d'antagonisme à l'égard de l'autre sexe, se développe au seuil de la puberté envers des sujets du même groupe (mais non apparentés). Les filles tentent de cacher leur nudité aux garçons ; leur intérêt se tourne alors vers des jeunes gens de l'extérieur. La raison invoquée par les adolescents eux-mêmes serait qu'ils se sentiraient comme « frères et sœurs ». Cet exemple constitue un parallèle évident des mécanismes de rejet et d'inhibition des relations sexuelles engendrés par la familiarité (par la proximité et non par la parenté). La préférence va donc à l' « étranger », car l'herbe est toujours plus verte ailleurs.

Pour Freud, la frustration sexuelle, née de la nécessité de limiter la sexualité pour notamment éviter/limiter l'inceste, est à l'origine du langage, de l'intelligence, de la magie, de l'art et de la structuration de la société.
Les plus anciennes figurations féminines connues (et donc humaines puisque les hommes ne seront que plus tardivement représentés, alors que c'est eux qui pratiquaient la mise à mort à la chasse - activité en contact direct avec les autres animaux et donc les forces de la nature -, les femmes s'occupant essentiellement de la collecte - part importante de l'alimentation, car régulière et non soumis à la chance -, du feu et du foyer au sens large) remontent à la culture aurignacienne (de -38 000 à -26 000), mais elles ne concernent qu'une zone géographique limitée au Jura Souabe (Allemagne), à la Basse-Autriche et au Sud-Ouest de la France. La Vénus du Galgenberg (Autriche), surnommée « Fanny » ou « la danseuse », serait la plus ancienne statuette féminine connue à ce jour : il s'agit d'une petite figurine de schiste vert, maladroitement parée d'un sein sur le côté gauche du corps, et qui est âgé d'au moins 30 000 ans. Elle est montrée dans une attitude dynamique (ce qui est très rare dans l'art paléolithique), un bras levé contrebalancé par une jambe fléchie. A la même époque, dans le Sud-Ouest de la France, on ne trouve pas de statuettes féminines (alors qu'on a trouvé à Chauvet un phallus en os, daté de -29 000), mais des « vulves » (triangles pubiens) gravées dans la pierre, exprimant l'apogée des organes génitaux à l'Aurignacien : ainsi, dès la naissance de l'art, l'humain grave sur le rocher des séries rythmées (cupules - signes pleins féminins ; bâtonnets - signes minces masculins), mais il représente aussi des triangles pubiens ou des phallus. La tendance au réalisme et au naturalisme ne se rencontre pratiquement jamais chez les premiers peintres ou graveurs aurignaciens, pour autant, les triangles pubiens (graphisme utilisé couramment par les Aurignaciens sur les blocs gravés) et phallus (bien plus rares) traités de façon réaliste sont plus fréquents dans les phases anciennes, aurignacienne et gravettienne, que plus tard, où ils se transformeront en signes géométriques plus ou moins explicites.
Les triangles pubiens constituent un thème tout à fait particulier de l'art paléolithique, figure banale et fréquente. L'extension dans le temps et l'espace est également très importante : les triangles pubiens traversent sans variations notables les époques et les cultures préhistoriques. Jamais plus cette partie du corps féminin ne sera représentée aussi souvent et avec un tel soin. Même si spectaculaires, ces représentations élémentaires du sexe féminin ne sont pas fréquentes : actuellement, on compte en moyenne un triangle pubien par millénaire.
La forme des images pubiennes est dans l'ensemble assez simple : un triangle dont la pointe est marquée par une bissectrice plus ou moins étendue. Une fente modeste serait à l'évidence suffisante pour marquer le caractère sexuel d'une figure qui autrement ne serait qu'un triangle plus ou moins arrondi. Bien au contraire la fente vulvaire paléolithique est toujours très marquée voire disproportionnée. Fente ou béance, cette déformation constante qui rend visible ce qui ne l'est pas normalement n'est pas le fruit du hasard. La fréquence de ces images témoigne de l'attention portée au sexe de la femme dans ce qu'il a de plus secret, et peut-être, de plus passionnant. Cette outrance représentative est le juste pendant de l'ithyphallisme (phallus dressé).
À l'exception de ces contextes, la simple allusion au sexe doit être évitée. Ce comportement est lié à la peur de l'inceste. L'inceste est une menace permanente et toujours présente à l'esprit de chacun, si présente que cela devient l'un des facteurs les plus importants dans les conduites à avoir et concerne tout particulièrement les femmes. L'inceste est l'un des pires événements qui puisse advenir à une famille puisqu'il peut avoir pour conséquence la rupture des liens de parenté qui structurent l'ordre social. La mauvaise utilisation du sexe à l'intérieur d'un groupe de parenté peut être la cause de sanctions surnaturelles, lancées par les ancêtres pour qui l'inceste est une transgression capitale. En brisant le tabou de l'inceste, les frontières qui définissent les liens de parenté sont transgressées, parce que les liens de parenté sont définis par une absence de contact sexuel. L'inceste peut être perçu comme l'invasion d'une entité par son contraire : là ou règne la famille, il n'y a pas de sexe et, vice versa, l'intrusion du sexe annihile tout lien de parenté. En évitant toute connotation sexuelle, l'espoir est de ne pas réveiller les appétits sexuels entre gens incompatibles, en particulier entre les frères et les sœurs. C'est ce qui cantonne le sexe à la clandestinité.
L'ignorance qui mène à l'inceste représente un danger latent lié au sexe et duquel il faut se méfier. C'est le cas de « l'ignorance des organes sexuels » : un père et sa fille commettent un inceste suite à l'ignorance inhabituelle du père vis-à-vis de l'utilisation et de la nature des organes sexuels de sa fille. Le plus souvent il s'agit d'un couple formé par un frère et une sœur, l'inceste frère-sœur étant le plus dangereux des incestes, parce que la relation frère-sœur est la relation de parenté principale. L'ignorance des enfants s'explique par leur jeune âge, d'où l'importance de les instruire et des les éduquer aux besoins nécessaires de la reproduction tout en prenant en compte les dangers de la sexualité mal maîtrisée. Le danger se trouve dans le corps même des humains et les esprits surnaturels ne sont pas nécessaires pour rendre le sexe dangereux (même dans le « simple contact incestueux », qui n'implique pas nécessairement une relation sexuelle). Le danger émane du corps des femmes plutôt que de celui des hommes : ce sont les organes génitaux féminins qui provoquent le désir des hommes et mènent à une situation catastrophique, d'où les règles qui régissent la distance entre les gens qui doivent éviter toute relation sexuelle sont liées aux organes féminins. Le comportement général des femmes est ainsi conditionné par la continuelle préoccupation qui consiste à cacher cette partie de leur corps de façon à ne pas exciter les hommes de la famille.

Ainsi, les représentations sexuelles féminines ne tentent pas de rivaliser avec les grandes fresques animalières des grottes : elles sont beaucoup plus discrètes, on trouve plutôt leurs peintures dans les endroits confidentiels.
La grotte Chauvet est un grand sanctuaire Aurignacien situé en face du Pont d'Arc (Ardèche), merveille naturelle, voie de passage primordiale perçue comme un signal ou un symbole par les préhistoriques. Alors qu'on y note encore la présence de l'ours à -35 000 puis lors de deux phases (entre -30 000 et -28 000, puis vers -27 000), que le site avait servi voire servait encore de repaire aux loups, lions, renards, hyènes, deux grandes périodes artistiques y sont représentées : la plus ancienne se situe entre -31 000 et -27 000 (court épisode froid : végétation steppique avec zones protégées plus humides près des falaises), la seconde entre -25 000 et -23 000, éventuellement une troisième période vers -21 000. Le secteur du Panneau des Chevaux est l'une des zones les plus denses de la cavité, avec de nombreux chevaux et bisons regardant dans le même sens, ainsi que deux rhinocéros affrontés. Sur un ensemble de points-mains (grosses ponctuations rouges par l'impression de paumes de mains enduites d'ocre, technique pour la première fois mise en évidence dans une grotte ornée), les mains de chaque panneau n'appartiendraient qu'à un seul individu, tantôt une femme, tantôt un homme, assez grands (1,80m) ; on constate également de nombreuses empreintes de pied d'un individu jeune dans la Galerie des Croisillons. On trouve en outre un tas de pierres aménagé en face du Panneau des Mains positives.
Dans la Salle du Fond, sur la paroi droite, on voit des signes de type Chauvet, faits de deux demi-cercles accolés. A la fin de la galerie, à côté du panneau des lions, il existe un dessin qui épouse le contour d'une stalactite, pendant rocheux de forme phallique : cette composition inclue un bison à main et bras humain, penché vers un être à tête de lionne qui a un triangle pubien et des cuisses de femme. Il s'agit du premier « nu » féminin, réalisé il y a environ 33 000 ans, suggérant un esprit femme-lionne important dans la mythologie de cette époque.

Vivant dans la nature, les humains ont eu besoin d'invoquer des esprits protecteurs, domiciliés au fond des cavernes, royaume des lions des cavernes et des ours en hibernation. De par les formes de la roche sous la lumière vacillante des torches, ils pensaient que les esprits des animaux vivaient dans les grottes. La peinture agissait alors comme médiateur entre le monde réel et celui de l'au-delà (dessins si expressifs qu'on les croirait bouger), l'univers étant divisé en trois parties : étage inférieur des esprits, sol d'habitation intermédiaire, étage supérieur du ciel.
L'ours et le lion (notamment la femme-lionne) sont beaucoup présents à Chauvet.
L'ours est considéré comme l'équivalent de l'humain car il est un rare animal à pouvoir se tenir droit, capable de s'accoupler avec des femmes et de donner naissance à des petits d'humains, même s'il est considéré comme un symbole féminin de part sa fourrure chaude, sa couleur brune comme la terre et l'éducation attentionnée qu'il donne à sa progéniture (à Chauvet, grand ours des cavernes dessiné à l'ocre dans une rotonde, accompagné par un ours plus petit). En cosmologie, on voit dans la constellation du grand chien (qui dessine, appuyée sur deux étoiles écartées, une ligne oblique qui monte de l'horizon vers Orion, et se termine par Sirius, le phare stellaire blanc-bleuté le plus remarquable du ciel entier) un animal dressé sur ses pattes arrières dont Sirius constitue, bien logiquement, la « tête ». Par son éclat exceptionnel et sa position au pied du grand alignement, au bord de la Voie Lactée, Sirius, tête du Chien d'étoiles, s'érige, dans tout l'hémisphère nord, en repère saisonnier sans rival. L'Inde garde les traces d'un ours, Riksha, maître du royaume de la nuit que parcourt la « Vierge lumineuse » conductrice des âmes. Riksha est détenteur du joyau le plus brillant du ciel, la Syamantaka : or Syama est un des noms de Sirius. Cette silhouette d'ours redressé, gardien du flot des âmes, qui correspond assez bien aux lignes de la constellation, peut être une des clefs de l'apparition de l'image de l'ours dans bon nombre de mythes et de cultes eurasiens, en accord avec l'hibernation saisonnière si remarquable de l'ours qui s'endort en Automne pour s'éveiller à la Pleine Lune voisine de l'Équinoxe de Printemps.
L'ours se manifeste comme un signal ambiguë, à la fois porteur de passage par la mort et riche d'espoir en la renaissance de la Vie : à travers la tradition orale, sa silhouette paraît se confondre avec celle de l'ancienne « déesse-mère » qui a présidé aux origines de la tribu ou du clan et aux grands rites saisonniers, telle la rencontre avec les âmes à la Pleine Lune voisine de l'Équinoxe d'Automne (danses de transe d'automne, saison du Passage des Ames). Pour autant, on note l'extrême rareté de témoignages relatifs à des pratiques funéraires pendant l'Aurignacien.


Parallèlement à cela, on voit à Chauvet des clans entiers (dont des couples) de lions des cavernes (félin rarement représenté ailleurs). Il s'agit de peintures pour s'approprier la puissance de l'animal ou sa fertilité en le multipliant sur les parois. Le lion est un symbole masculin : il détient une grande énergie, qu'il maîtrise cependant de manière souveraine, sans avoir besoin de faire montre de sa force ; mais on ne peut pas contrer celle-ci quand elle rentre en action, faisant du lion un adversaire redoutable. On note toutefois la présence d'êtres anthropomorphes à tête de lion, mais en tant que femme-lionne. Comme l'aigle, le lion est un animal symbole de domination, dont la constellation est liée au soleil (force de l'animal, pelage brun-roux et crinière qui semble rayonner), puisqu'il peut le regarder sans ciller, même si plus largement, il peut aussi symboliser le ciel tout entier, qui engloutit chaque soir le soleil.
Au centre de la salle située au fond de la grotte Chauvet, se distingue, peinte sur une stalactite, la moitié inférieure d'un corps de femme qui épouse la concavité de la roche. Le sexe (triangle sombre, coloré de pigment noir, est creusé en sa pointe inférieure d'une fente profonde de 4 cm) est entouré de hanches rondes prolongées par deux cuisses charnues et une ébauche de jambes en fuseau (le corps est représenté dans sa moitié inférieure, en partie effacée par l'image d'un bison qui lui est superposée). Un corps de femme sans visage, réduit au ventre, au sexe, à la fente d'une vulve, à la courbe d'une hanche : cette « Vénus » de la grotte Chauvet est située au centre d'une composition qui associe symboles masculins et féminins : au-dessus d'elle, deux félins, un mammouth et un petit bœuf musqué, tandis qu'un bison lui est apposé sur sa droite (ce dernier, être composite dont la patte antérieure ressemble à une main humaine, a pu être interprété comme un « sorcier »).
Lorsqu'on trouve à Chauvet cette composition avec un bison, un triangle pubien et une tête de lionne : le bison exprime le principe masculin (alors qu'en astrologie il est féminin car lunaire par ses cornes), la lionne le principe féminin (alors qu'en astrologie il est masculin car solaire par son pelage) ; au milieu, le triangle pubien représenterait un esprit maternel de la fécondité entouré de ses deux créations.
C'est la différence sexuée observable et le privilège détourné de l'enfantement des deux sexes par les femmes qui constituent le socle dont tout le reste de la réflexion humaine est issu. La plupart des groupes humains se signalent par une forte domination masculine et perçoivent les femmes comme des êtres potentiellement dangereux et polluants (craintes liées au sang -notamment menstruel, puisqu'une femme saigne régulièrement sans en être affectée, à contrario des animaux blessés - et ses inquiétants pouvoirs, d'où des pratiques rituelles homosexuelles), leur accordant une place limitée dans leur conception de la génération et de la reproduction sociale, se contentant de ritualiser la valorisation des liens utérins et le rôle essentiel que joue la figure maternelle dans les représentations de la procréation. Ainsi la valence différentielle des sexes, moteur interne de l'organisation des systèmes-types de parenté est-elle étroitement liée à un ensemble global de domination du masculin sur le féminin (donc du paternel sur le maternel) dû à la domestication du privilège qu'ont les femmes d'enfanter les deux sexes. En quelque sorte, un système de parenté est un artefact uniquement établi pour rendre compte du fait que les femmes font des enfants ... des deux sexes.
Mais il est cependant permis de se demander en quoi la réflexion primordiale des humains originaires sur la nature même de l'être sexué, dans ses substances et dans sa chair (ce qui est une donnée universelle irréfutablement constante dans le temps et l'espace), entre en ligne de compte dans la mise au point de l'interdit sexuel. Dans la forme universelle de dominance du principe masculin sur le féminin, on retrouve évidemment les notions principielles d'identité et de différence. Mais ce qu'il convient de bien comprendre à ce niveau est que ces ressorts essentiels de toute pensée classificatrice, et donc de toute pensée, sont issus directement de l'observation originelle par les humains de l'inébranlable différence sexuée et peut-être aussi de quelques autres oppositions naturelles, tout aussi peu manipulables par l'humain, comme l'opposition alternée du jour et de la nuit. Nous penserions peut-être différemment et d'une manière que nous ne pouvons même pas soupçonner si l'humain et le monde animal le plus visible n'étaient pas sexués.
Matrice de toute forme de pensée en tant que source du système de catégories binaires opposables qui gouverne nos raisonnements, et argumentations tant profanes que savantes, la différence observable par le seul truchement des sens se fonde sur les appareils anatomiques et les fonctions physiologiques si nettement différenciés selon les sexes. Mais si cela suffit pour comprendre l'origine du système des oppositions et même l'affectation (tacite ou explicite) dans chaque culture à une catégorie sexuée de chacun des pôles des catégories traitant du rapport concret aux choses (ainsi dans notre propre culture actif, chaud, sec, haut, fort, rugueux, etc., sont-ils masculins, tandis que passif, froid, humide, bas, faible, lisse... sont féminins), cela ne suffit pas pour comprendre pourquoi ces catégories sont hiérarchisées, le pôle considéré comme relevant du masculin étant positivement marqué et supérieur à l'autre (on ne trouve pas, ou rarement, d'égalité par le neutre).
Derrière le jeu logique entre réciprocité et symétrie, parallèle et croisé, identique et différent, s'observent des représentations locales du corps, de ses substances et de ses humeurs qui sont adaptées non seulement au fonctionnement matrimonial mais plus profondément à l'édiction des règles de la prohibition de l'inceste tant à l'égard des consanguins que des alliés (inceste de deuxième type) et à la domination masculine quasi-universellement observée.
Dans l'ignorance absolue du rôle des gamètes et de la génétique (ignorance qui va durer jusqu'à la fin du XVIIIè siècle pour les unes et au début du XXè pour l'autre) si ce n'est du rôle déclencheur du rapport sexuel, il fallait expliquer et ce privilège et la raison qui faisait que d'une forme puisse sortir une autre forme, que les femmes puissent enfanter des garçons. En outre, si la fécondité était bien l'apanage des femmes, il s'ensuivait logiquement que la stérilité était imputable également à un mauvais vouloir ou à un mauvais fonctionnement du féminin.
Il en est résulté un état remarquable par le retournement qu'il implique : la prise en charge, par le côté masculin de l'humanité, de l'initiative et de la responsabilité dans la procréation, puisqu'il fallait faire en sorte que les femmes acceptent d'être fécondes et d'enfanter des fils. Les riches systèmes de représentations que l'on trouve dans chaque culture montrent le rôle dominant de l'homme dans l'acte procréatif et la genèse d'un nouvel enfant et pas seulement dans l'implantation de fils dans le corps des femmes, celles-ci pouvant ne fournir parfois qu'un espace de développement ou la matière nécessaire au malaxage et au façonnage d'une forme reconnaissable de l'espèce humaine où vont s'insérer le souffle, la vie, l'identité, venus de l'homme (comme on le voit dans le modèle aristotélicien où la naissance d'une fille est déjà en soi une monstruosité, le signe d'un développement non contrôlé de la matière féminine). Si certains systèmes partagent la responsabilité et les apports entre les deux sexes, il est rare, même en régime matrilinéaire, que tout vienne des femmes.

Il faut alors rappeler la distinction opératoire qu'il est nécessaire d'établir entre deux règles généralement confondues : celle qui organise l'appartenance sociale et institutionnelle d'un individu à un groupe (du type lignage), et celle qui commande les représentations de l'identité, de la proximité, et, par là, des interdits sexuels ou matrimoniaux. Si, « socialement » parlant, les sociétés peuvent souvent être qualifiées de « patrilinéaires », ce sont en revanche les femmes qui apparaissent comme les vecteurs essentiels d'une identité commune. Les représentations du corps et des substances corporelles (sang, lait, sperme) nous parlent donc bien dans ce cas d'identité, de « parenté » (avec son inventaire des interdits et empêchements matri-moniaux), mais non de « filiation » et de droits (patri-moniaux, tels l'héritage). De ce registre de « l'identité » découlent les interdits du « trop proche » et de l'incestueux.
Les notions d'identité « biologique » et de réglementation des interdits sexuels et matrimoniaux font la part belle au lien féminin. Le fœtus est explicitement le résultat de la mixtion, dans la matrice, du sang maternel et du sperme paternel. Une fois que le mélange sperme-sang « a pris » (l'apport de l'un et de l'autre se faisant à part égale), l'issue se ferme et les menstrues restent bloquées afin d'assurer une fonction nutritive. Le sang maternel nourrit alors de façon exclusive le fœtus et forme son sang propre. D'autre part, une partie des aliments consommés par la mère se transformera également en sang et passera dans le corps de l'enfant. Le père n'intervient ainsi que durant la phase de la conception, tandis que l'apport maternel non seulement intervient durant cette phase, mais est ensuite le seul agent de la croissance fœtale.
La transmission du sang s'effectue donc exclusivement par voie utérine, et, par la suite, le lait maternel est censé augmenter encore la quantité de sang dans le corps du nourrisson. Un homme et sa sœur sont de la sorte tous deux formés du même sang maternel, mais celle-ci sera seule apte à le transmettre à ses propres enfants. Il s'ensuit que les enfants de la sœur d'une femme seront considérés en tous points comme sa propre progéniture.

La filiation ne joue pas en fait le rôle structurant. C'est plutôt l'analyse du rapport entre paternels et maternels, entre preneurs et donneurs, qui permet de comprendre la structure sociale d'un groupe à travers la diversité des pratiques matrimoniales et des modes de filiation (la relation entre filiation et normes matrimoniales peut être critiquée, il vaut mieux distinguer le « groupe de parenté » du « groupe de filiation »).
Pour contrebalancer l'hégémonie des substances féminines, l'être humain est perçu comme un composé de multiples substances caractéristiques chacune d'une souche agnatique (descendance par les mâles d'un même père), mais d'importance inégale.
Chacun possède donc huit souches sanguines agnatiques : en premier vient celle du sang du père, du lignage paternel, transmise par le sperme, puis en second, transmise par la moelle osseuse qu'on tient de la mère, vient la souche sanguine agnatique du lignage de celle-ci. Ce sont là les deux souches majeures, dominantes. Viennent ensuite de façon moins marquée, récessive, les souches de la mère du père et de la mère de la mère (souches agnatiques, répétons-le), puis enfin, sur le mode résiduel, celles de la mère du grand-père paternel, de la mère du grand-père maternel, de la mère de la grand-mère paternelle, puis enfin de la mère de la grand-mère maternelle.
À sa naissance, chaque être humain dispose de quatre souches provenant de son père et de quatre souches provenant de sa mère, par une redistribution du feuilletage dans l'ordre ci-dessus, avec pour effet le rejet des souches qui étaient résiduelles pour les parents dans un ensemble faiblement différencié. Il suffit ainsi de trois générations pour que s'évanouissent les traces résiduelles des arrière-grands-mères des parents d'un enfant.
La valorisation de l'un des partenaires s'accompagnant nécessairement de la dévalorisation de l'autre, c'est ce double mouvement qui permet de comprendre la composition des groupes.

Les règles sociales d'alliance, qui impliquent très majoritairement l'échange des femmes par des hommes entre eux complètent le dispositif en établissant de façon sûre non seulement le social, la solidarité et une entente relative entre les groupes humains, mais aussi une sorte de redistribution des capacités reproductrices féminines, de la vie. En regard de leur descendance masculine aussi bien que féminine, les hommes exercent une tutelle qui prolonge leur capacité de former des alliances en échangeant les filles. Du côté des mères, cette maîtrise est impensable : entre une mère et la progéniture issue de son corps, il y a une familiarité aussi irremplaçable qu'anonyme. Ainsi, du côté paternel, il est possible de faire et défaire la filiation, alors que la lignée utérine est au contraire le lieu d'une transmission ne pouvant ni être altérée ni être transgressée. L'analyse des unions consanguines montre que si la règle d'exogamie lignagère est parfois transgressée, celle qui suppose la prohibition du mariage entre individus apparentés en ligne utérine ne l'est jamais. En effet, s'il y avait relation sexuelle avec une consanguine à sa mère, cet inceste serait une manière d'épaissir le sang de la lignée, sorte de revanche de l'ethnie sur la filiation, de la femme sur l'homme. On se trouve donc en face d'un système matrimonial où l'identité née des femmes semble plus forte (puisqu'elle interdit toute conjonction d'individus la partageant) que celle née des hommes, dont la conjonction est, sinon permise, du moins possible puisque parfois réalisée. Il serait excessif cependant d'en conclure que la relation paternelle serait purement « sociale » tandis que la relation maternelle serait « naturelle ».

Ainsi, l'inquiétude que de façon générale les hommes manifestent à l'égard de la filiation n'a peut-être pas d'autre origine que cette prééminence accordée aux « vieux liens du sang » dont la femme n'est, au fond, que le relais, le lieu de passage, et que, dans cette société-là, on aimerait ne pas penser obligé. Le problème est tout aussi classique : ravir en somme à la femme la transmission du sang, et par conséquent, l'hérédité de l'ethnie (le nom n'y suffit pas).
On en déduit que la relation entre le père et le fils est presque toujours interprétée en termes d'ambivalence et de rivalité. En effet, voulant préserver son ethnie par la transmission du nom (par lequel se répète la destinée), le père voudrait que le fils garde sa fille (et donc sœur), voire prenne sa femme (et donc mère). De cet antagonisme « naturel » entre le père et le fils, de cette tension entre le nom qui se transmet en ligne agnatique (par les paternels) et l'ethnie qui se perpétue en ligne utérine, résulte probablement la tentation de l'inceste entre frère et sœur. C'est la tentation de l'inceste « pur et parfait » : le frère, se rendant compte que la virginité de sa sœur doit être détruite afin d'avoir réellement existé, détruit cette virginité par l'intermédiaire de son beau-frère, l'homme qu'il voudrait être s'il pouvait par métamorphose devenir l'amant, le mari ; par qui il voudrait être ravi, qu'il voudrait choisir comme ravisseur, s'il pouvait par métamorphose devenir la sœur, la maîtresse, l'épousée.

L'inceste se place ainsi dans un ensemble complexe liant les représentations du corps et de la personne, les rituels du cycle de vie, le système de parenté et la construction sociale de la différence des sexes.
Dans les sociétés de chasse au Paléolithique, les relations humaines entre les peuples étaient paisibles (aucune trace de guerre n'a encore été fournie). Les blessures observées sur les ossements n'étaient jamais dues à des pointes en silex, mais étaient, au contraire, souvent consolidées : les blessés étaient donc pris en charge par la société, ce qui implique la coopération. En fait, le climat de paix de cette époque peut s'expliquer par la constitution d'alliances entre les tribus paléolithiques, avec échanges de femmes (ou d'hommes), l'exogamie étant le moyen d'éviter les guerres endémiques (l'échange des jeunes géniteurs d'un groupe à l'autre - constaté également chez d'autres primates - créant des alliances) tout en permettant l'évitement de l'inceste.
Les populations du Paléolithique supérieur étaient constituées d'unités sociales isolées au sein desquelles il y avait plusieurs familles apparentées par les liens du sang, et dont le nombre fluctuait périodiquement entre 5-10 et 15-20 familles. Dans plusieurs cas on peut noter l'installation de groupes « co-résidents » qui comprenaient plusieurs unités sociales distinctes avec des habitats semi-permanents dans une région limitée, très riche en ressources naturelles (animaux et/ou matières premières). La stabilité des grands groupes sociaux n'a jamais été absolue : leur style de vie nécessitait des déplacements saisonniers considérables au sein d'une « zone d'exploitation », ce qui impliquait des rencontres institutionnalisées avec d'autres groupes résultant de l'établissement d' « alliances négociées » et de réseaux d'unions (matrimoniales ou autres). Ces derniers comportaient un ensemble de relations sociales marquées par une circulation régulière des personnes et des biens (apparition d'un réseau complexe d'échanges relié au système hydrauliques des grands fleuves), et par des liens d'intensité et de durée limitée.

A partir de cette époque, les hommes se défient pour prendre la tête d'un petit groupe (au sein d'une plus grande communauté) composé de plusieurs femmes. Il y a un peu moins de 40 000 ans, les variations individuelles étaient fortes, ainsi que le dimorphisme sexuel, toutes proportions gardées : durant l'Aurignacien et le Gravettien (-40 000 à -30 000 et -30 000 à -22 000), les hommes se distinguent des femmes par le degré de robustesse et par une morphologie plus archaïque qui évoque certaines formes anciennes d'Homo sapiens.
Des études génétiques montrent ainsi que les femmes auraient connu une expansion démographique importante entre -70 000 et -20 000 alors que l'expansion démographique des hommes serait beaucoup plus tardive.
Cela ne signifie pas qu'il y avait plus de femmes que d'hommes durant cette période, mais qu'un petit nombre d'hommes donnait naissance à beaucoup d'enfants. Cela laisse à penser qu'ils vivaient et se reproduisaient avec plusieurs femmes, alors que les autres hommes n'avaient pas ou peu de descendance.

Des « entités ethniques » se sont donc développées, cela se marquant par des comportements rituels et stylistiques d'une part, par des interactions génétiques et culturelles intenses entre les groupes d'autre part. Les provinces du Sud-Ouest de l'Europe correspondaient au degré le plus élevé du « réseau d'alliance ». Malgré leurs distinctions locales, les groupes culturels composant chaque province présentaient beaucoup de similitudes fondamentales dans le mode de vie et le symbolisme.
Les groupes établirent des relations actives avec des groupes économiquement et socialement semblables, interactions documentées par la dispersion des matières premières sur de longues distances (200 km, mais aussi des trouvailles isolées à 500 voire 800 km), échanges actifs dans une région considérée comme correspondant aux migrations saisonnières des groupes ou aux réseaux d'intermariages (le décor de grottes dans l'Yonne est fortement influencé par celui des grottes de l'Ardèche, style venu avec des personnes depuis le Sud par la vallée du Rhône).

Les interdits matrimoniaux se définissent ici en termes négatifs, règles négatives énoncées et connues par tous. L'inceste est absurde socialement, les individus s'entendant à ne pas mettre au contact l'identique à lui-même (sachant qu'au-delà de la consanguinité biologique, la consanguinité sociale est souvent arbitrairement et variablement définie par la lignée paternelle).
L'idée sous-jacente nous amène à la problématique centrale de l'identique et du différent : trop d'identique nuit et tout « cumul d'identique » est préjudiciable à l'entourage comme à la descendance en raison d'effets supposés d'assèchement, de dessiccation et de dépérissement qui accompagnent la stérilité des unions provoquée par ce cumul ; mais trop de différence est également néfaste (comment rendre compatibles l'un avec l'autre des sangs qui ne se connaissent pas, qui ne se sont pas déjà mêlés ?). L'idéal se trouve donc quand les sangs sont déjà quelque peu familiers l'un avec l'autre, mais à bonne distance tout de même.
À chaque fois qu'une ligne a été sélectionnée pour fournir un « conjoint » (définition neutre et asexuée) à un membre d'une autre ligne, tous les individus de la ligne qui a donné sont exclus du domaine du choix pour la deuxième, au moins pendant plusieurs générations. Cette structuration des interdits matrimoniaux permet aussi bien des mariages dans la consanguinité éloignée (6è degré ou plus) que les redoublements d'alliance au sein d'une même génération, en particulier le mariage de deux frères avec deux sœurs (type d'union érigé au statut de règle positive d'alliance).

Si l'interdit de l'inceste entre consanguins est bien fondé sur la crainte et le rejet du cumul de substances identiques en nature, dans le domaine de l'alliance, l'interdit portant sur ces alliés avec qui un individu est apparenté (essentiellement soit par l'intermédiaire direct de son conjoint, soit par l'intermédiaire d'un de ses géniteurs ou parents sociaux), est dû au même refus de mettre en contact des substances identiques, cette fois-ci non de façon directe mais par le biais d'un partenaire commun ; c'est l'inceste de deuxième type (valable tant pour les alliés que pour des individus tiers en relation avec des personnes consanguines entre elles). Si, par exemple, le fils d'un homme couche avec l'épouse de son père (qui n'est pas nécessairement sa mère), il se met par l'intermédiaire de celle-ci en contact direct avec l'essence de la substance de son père, et plus encore, en raison de l'identité substantielle entre le père et le fils, avec la sienne propre. L'interdit, fonctionnant comme un court-circuit, empêche (ou cherche plutôt à limiter) la mise en contact de deux substances identiques. Ainsi, dans le choix du conjoint, l'essentiel est que des notes dominantes et même récessives (où il faut avoir deux porteurs pour que le caractère s'exprime, comme pour les albinos par exemple), ne peuvent pas être présentes en double chez le même individu. C'est surtout entre porteurs des mêmes marques résiduelles (non pas des « tares » récessives, mais des caractéristiques qui se dilueraient trop dans les échanges) qu'il est bon de se marier. Une telle théorie explicative rend compte absolument de toutes les prohibitions énoncées en termes lignagers et de consanguinité.
Le processus se répétant à chaque mariage, le résultat ne peut en être qu'une « turbulence » permanente au rebours des régularités engendrées par le mariage asymétrique.
Cela résulte de l'impossibilité de boucler totalement de façon logique les systèmes, en faisant se correspondre étroitement les points de vue des descendants de frère et des descendants de sœurs entre eux. Une « pesanteur structurale » due à l'effet de la valence fait de l'ensemble des filles du lignage, quel que soit leur niveau générationnel, des équivalents de sœurs/filles pour tous les hommes de ce lignage, quel que soit leur niveau généalogique.
S'il est bien question ici d'un refus de l'inceste, c'est pourtant moins une forme particulière de mariage qui est visée que la répétition outrancière de telles unions car, si l'on n'y prêtait garde, l'inceste finirait par confondre ce qui ne saurait l'être : les lignées, les peuples et les différentes parties du monde. Un groupe est exogame lorsqu'il interdit tout mariage entre ses propres membres, endogame lorsqu'il interdit tout mariage avec un membre d'un autre groupe, ceci défini par les règles de filiation (ou fondés sur la proximité individuelle). Ainsi, le mariage dans un degré rapproché est une négation de l'échange.

Ces logiques d'identique et du différent peuvent expliquer non seulement la pratique de tel ou tel mariage mais aussi l'enchaînement des mariages, les préférences, les évitements mais aussi les prohibitions.
On peut ainsi pratiquer l'alternance de mariages proches et de mariages lointains, de cycles courts et de cycles longs, qui permet ainsi de dépasser l'antinomie endogamie vs exogamie. Il ne s'agit pas, en effet, d'étudier cette alternance comme la simple succession de choix individuels opposés, mais de prendre en compte la dynamique d'ensemble : la valorisation du mariage patrilatéral s'accompagne nécessairement d'autres « stratégies », tandis que l'allongement des cycles ou le mariage avec des étrangers accroissent l'instabilité du système, et donc appellent des « stratégies » opposées pour revenir à plus de stabilité. Ce « jeu » entraîne ainsi une oscillation permanente : si dans les générations antérieures il y a eu des mariages lointains, plus prestigieux, un type de mariage au plus proche suivra, dès lors justifié par la volonté de resserrer les liens entre enfants issus de différentes mères, comme si un mariage d'autant plus lointain avait pour conséquence immédiate un mariage d'autant plus proche.


Tout se passe comme si chaque société pouvait être positionnée à une place qui lui convient et qu'elle peut partager avec d'autres, sur un vecteur orienté allant du plus grand attrait pour l'identique à la plus grande aversion, doublée d'un attrait, pour le différent. Nonobstant les variantes culturelles que l'on observe, il s'agit toujours d'une mécanique où identiques et contraires peuvent soit s'attirer, soit se repousser et entraînent ce faisant de manière automatique des effets considérés soit comme bénéfiques, soit comme maléfiques. Toute pratique dans l'un ou l'autre sens, cumul ou écartement, a toujours pour fondement la crainte ou le désir d'un effet attendu et contraint.

Pour ceux qui pratiquent l'inceste plutôt que le mélange, la tare plutôt que le bâtard, cela signifie à terme l'arrêt de mort de la « maison » (ensemble des liens au sein d'une famille élargie) qui ne peut plus s'accrocher à un sol, ni s'inscrire dans la durée, ni perpétuer une ethnie en danger de s'éteindre à force de se vouloir pure, en peine de se reproduire à force de chercher à cumuler l'identique, en proie à la répétition du Même par crainte qu'il ne soit souillé par l'Autre. Les « maisons » n'auront donc été que de « petites îles », limitées à leur architecture familiale/clanique, symbole ironique d'une communauté qui se voulut homogène - de même ethnie, de même lignée, de même territoire- dans une aire pourtant composite et mouvante, dont les diversités n'étaient pas seulement de l'ordre du décor.

Le concept d'inceste est donc une règle sociale de gestion et de contrôle des relations, ceci visant fonctionnellement à créer une alliance entre groupes distincts. En effet, si chaque famille conserve ses femmes (c'est-à-dire si les femmes d'une famille n'épousent que des hommes issus de la même famille), il n'y a pas d'alliance possible entre familles, donc pas de société humaine. Il n'y a que des groupes. Ainsi, la fonction essentielle de la femme est de maintenir les liens sociaux en étant donnée, échangée, afin que les familles soient alliées, et qu'une société existe.

Pour autant, les communautés maintenaient de façon stricte l'identité des groupes (maintien des connaissances de leur forte continuité avec les groupes des cultures ancestrales des époques précédentes). En effet, si le mélange c'est s'approprier ce qui nous a séduit chez l'autre (progrès palpables - production, technologie, connaissances -, innovations conceptuelles - spiritualité, organisation, gestion des groupes), le mélange est aussi un feu orange envers l'autre : « j'y vais » ou « je n'y vais pas » ? Les marqueurs identitaires sont alors comme des garde-fous pour éviter la dissolution des identités dans un mélange devenant fusion.

Ainsi, l'iconographie aurignacienne perdurera encore au Gravettien dans certaines régions plus isolées des grands centres, comme la Bourgogne (qui fut pour autant un centre de peuplement particulièrement actif à l'Aurignacien et au Gravettien). La culture matérielle des sites regroupant ces entités montre leur continuité culturelle forte avec les périodes précédentes, ces groupes étant moins activement intégrés dans des échanges matrimoniaux et culturels.
À Arcy-sur-Cure (sud du département de l'Yonne, à une vingtaine de kilomètres des contreforts du Morvan), une vingtaine de cavités naturelles furent occupées par l'humain et les autres animaux. L'occupation humaine du site s'étend sur plus de 300 000 ans, mais les structures d'habitat les plus riches témoignent d'implantations répétées au Paléolithique moyen (Moustérien avec Neandertal, entre -200 000 et -40 000 ans) et pendant toute les cultures du Paléolithique supérieur, du Châtelperronien (de -36 000 à -32 000, œuvre des derniers néandertaliens), au Magdalénien.
Deux grottes ornées enrichissent ce grand complexe paléolithique de la France du Nord (de la Loire), un des sanctuaires les plus anciens connus (la phase principale de décoration date de l'Aurignaco-Gravettien, culture bien représentée dans les cavernes voisines). Avec 68% d'animaux dangereux représentés dans la Grande Grotte (développement de 500 m de long, un des sanctuaires majeurs du Paléolithique supérieur), on voit la persistance au Gravettien des thèmes aurignaciens. Le bestiaire étonne : outre deux chevaux et un bison acéphale, des cervidés, un capridé et un rapace en vol, ce sont ici les animaux dangereux qui dominent avec des espèces dont la représentation est considérée comme rare, voire exceptionnelle. A l'encontre des autres grottes ornées de la même époque, peuplées essentiellement de chevaux, bisons ou aurochs, ces espèces redoutables, mammouths (moitié des représentations, avec un style comparable à certaines gravures de Cussac, Dordogne), rhinocéros, ours et félin qui représentent 68% du bestiaire de la Grande Grotte, sont en position centrale dans les compositions pariétales au lieu d'être, comme on le pensait auparavant, reléguées dans les fonds.
Les triangles pubiens, les bâtonnets (masculins) et ponctuations (féminines) digitées alignées ou groupées, signes barbelés ou en spirales, trapèzes à expansions latérales, les mains (sept mains négatives aux doigts complets - dont une main droite d'enfant sur le Panneau des Mains -, une autre aux doigts incomplets, une main positive), les perles en ivoire de mammouth dont la typologie est classique chez les premières cultures du Paléolithique supérieur, le massif stalagmitique largement ocré dans la Zone du Calvaire, l'iconographie à mammouths dominants et les deux mégacéros préjugent de la datation ancienne de ce sanctuaire : période entre -25 000 et -26 000, puis autour de -22 500.


Au Gravettien (-27 000 à -20 000), on assiste à une augmentation considérable dans la densité des sites ornés vers -27/-24/-22 000 ans. En Europe centrale et méridionale, on assiste à une microlithisation de l'outillage : la production lithique principale est faite de petites pointes, de burins et d'outils sur de petites lames et lamelles. En ce qui concerne le travail sur les os, on trouve des pointes de sagaies et des gravures. Des frises gravées ornent les abris sous roches et les grottes. Les parures sont présentes en Europe occidentale, mais les représentations mobilières sont peu fréquentes. Cette période est connue pour ses statuettes aux formes souvent généreuses, surnommées « Vénus ».
Art de gravures, enrichies de peintures, le témoignage artistique gravettien est en continuité de celui des aurignaciens et annonce la suite. Celle-ci se montre créatrice de formes nouvelles et l'art étend son champ d'application. Il s'exprime dans le quotidien sur les objets surtout en relation avec les techniques de chasse, sur les plaquettes de pierre et d'os qui restent dans l'habitation, dans la parure où les grandes pendeloques reçoivent une valeur spécifique à travers un décor particulier. Les perles et pendeloques (pièce de parure suspendue à un anneau, à une chaînette) tendent à évoquer des symboles sexuels, les pendeloques étant plus fréquentes dans les niveaux d'habitats que dans les sépultures (où l'on retrouve nombre de perles).


Si certaines conceptions sont intemporelles et se retrouvent dans toutes les communautés du monde, la majorité des croyances qui ont trait à la sexualité sont en réalité propres à une culture spécifique.
Dans les sociétés préhistoriques, comme dans les sociétés traditionnelles, le plaisir de l'individu n'existait pas de manière autonome. L'expérience du plaisir semble y avoir toujours été liée aux modes d'être et de faire de la communauté à laquelle l'individu appartient. Immédiatement vécu dans ses rapports à la nature extérieure ou médiatisé par les institutions de la vie collective, l'accès au plaisir de l'individu y était déterminé par les représentations symboliques, les croyances et les mythes. On voit clairement se profiler l'importance du sexe et de la sexualité chez l'humain préhistorique, et l'importance qu'ils tiennent parmi les représentations artistiques de l'époque.

On ne peut éloigner l'art de l'idéologie, de l'économie et de la visions globale de ces sociétés. L'art rupestre préhistorique renferme alors une information ethnographique très importante sur les formations économiques et sociales qui l'ont élaboré, sur leurs modes de vie et leur culture.

L'art est l'expression des lieux d'agrégation des bandes de chasseurs-collecteurs dans le cadre des intenses activités sociales qui se développaient en coïncidence avec les parties de chasses communes lors des fréquentations saisonnières. Outre la question économique, les chasses communes comportaient la concrétisation des relations d'exogamie comme développement de la configuration des bandes. Ainsi, les relations sociales de production s'enlacent à l'organisation sociale des groupes, au processus de travail et à la distribution des produits : les modèles de parenté ont une incidence sur l'accès aux moyens de production, sur l'organisation du travail et sur la distribution des produits.
On peut affirmer que les bandes de chasseurs-collecteurs n'ont pas eu de propriété réelle sur les moyens naturels de la production, mais ils avaient bien la disponibilité et la propriété des instruments de production (outils et méthodes) et de leur force de travail. Le fait qu'ils n'aient pas eu une propriété effective sur les moyens naturels de production implique qu'il n'y avait pas de territoires contrôlés en matière de possession consensuelle ou d'appropriations saisonnières. Il s'agit ainsi de sociétés à forme de propriété collective, où les membres de la structure sociale sont copropriétaires de la force de travail et des instruments de production. Les formes de propriétés s'expriment alors par relations de réciprocité, se situent dans un système égalitaire d'appropriation et dans des modèles d'échange et de distribution. Les relations sociales étaient basées sur la solidarité, l'appui mutuel et la réciprocité, bref une idéologie qui favorise la cohésion.
Les bases économiques et les types de mobilité en relation avec les appropriations des ressources comportaient des structures de mobilité-échange inter-bandes de femmes et d'hommes.
La mobilité et le nomadisme expliquent en maintes occasions les caractéristiques et la composition des bandes. En effet, le semi-nomadisme nécessite une stratégie économique d'établissements saisonniers et l'existence de lieux plus grands de concentration de groupes pour le développement de pratiques sociales importantes pour la continuité de la bande et des groupes eux-mêmes rassemblés. La structure de mobilité/échange inter-bandes de femmes et d'hommes, ainsi que l'unité domestique, sont significatives dans ces sociétés, qui de plus est exogamiques, ce qui permet d'atteindre des unités plus grandes, non parentales comme les bandes.
Ces parties de chasse entraînaient une intense vie sociale, elles rendaient possible l'exogamie comme régulation biologique des groupes, elles généraient des processus d'initiation des adolescents à des pratiques sociales collectives, elles assuraient la transmission des connaissances de la technologie, des modes de travail, elles permettaient la distribution des matières premières, des produits élaborés et des objets. Ces systèmes économiques sont des moyens de communication qui en arrivent à forger un instrument de pouvoir et de légitimation de l'ordre dominant. De fait, l'art est bien une expression des modes de vie et de la conscience sociale, d'où prédominance d'animaux (production) et de femmes (reproduction) de l'économie politique.

Ceci nous mène à la notion du mode de reproduction, lié à la superstructure idéologique de ces sociétés.
Depuis l'Aurignacien, notamment sur des blocs rocheux aux environs des Eyzies puis, de l'Espagne à l'Europe centrale, sur les parois des grottes et sur les objets de pierre ou de matière dure animale, ont été représentés de très nombreux phallus ou, plus souvent encore, des triangles pubiens féminins. Peints ou gravés, ils témoignent, dès l'origine, d'une synecdoque (la partie pour le tout).
Les signes géométriques minces (des bâtonnets avec ou sans expansion latérale) sont des schématisations de phallus, les signes pleins (des ovales, cercles, quadrangles, souvent fendus par un trait vertical) des équivalents de triangle pubien. Toutes ces images sont des mythogrammes faisant partie des manifestations spirituelles.

Il faut plus qu'une femme, un homme et leur rapport sexuel pour fabriquer un enfant : l'imaginaire est on ne peut plus important dans le fonctionnement des sociétés ! Ainsi, en plus des géniteurs physiques, il y a toujours l'intervention soit d'ancêtres, soit d'esprits/dieux.
Pour certains, le corps féminin n'est qu'un réceptacle, et c'est le sperme de l'homme qui fabrique l'embryon (pour d'autres, le sperme ne sert qu'à nourrir l'embryon), en lui donnant son ossature, sa chair, son sang ! Mais le fœtus demeure incomplet, jusqu'à ce que les ancêtres ou les esprits/dieux le finalisent dans le ventre de la femme ! Souvent, lorsque le nouveau-né apparaît, s'il possède bien un souffle, il est dépourvu d'une âme. C'est seulement après une période de « viabilité » (plusieurs mois voire trois ans), qu'une âme lui est transmise quand on lui attribue un nom, celui d'un ancêtre (afin de le rattacher à une histoire familiale et au clan par un illustre aïeul). En effet, pour un individu, le lien familial est essentiel à la constitution d'une identité ! Toutefois, c'est par l'initiation (représentations et croyances imaginaires constituant des vérités existentielles qui s'incarnent dans des pratiques symboliques) que tous les individus se retrouvent dépendants les uns des autres, pris dans des liens politico-spirituels concernant tous les lignages, toutes les communautés. Ainsi, au-delà de la souveraineté du groupe sur son territoire, ses ressources, ses habitants, tous les individus s'unissent pour créer des lieux cérémoniels, en faisant appel aux esprits pour en recevoir de la force (dieux astraux et esprits de la nature).

Si le cadre conceptuel est resté le même pendant toute la fin du Paléolithique supérieur, l'importance attachée à tel ou tel thème a changé. Au Gravettien (-27 000 à -20 000), les grands herbivores (chevaux, bisons, aurochs, cervidés et bouquetins) se substituent aux animaux féroces de l'Aurignacien, attestant d'un changement thématique profond dans l'expression spirituelle. Ces animaux font davantage partie de l'alimentation, même si les rennes, la base alimentaire, sont très peu représentés. Les animaux, sexualisés, montrent la présence d'une notion de sélection dans la production, qui impose un contraste avec les pièces chassées et leur contexte historique.
On le voit très bien avec l'abri du Poisson (vallon de Gorges d'Enfer, sur la rive droite de la Vézère aux Eyzies-de-Tayac) : les animaux sont représentés en fonction du moment de l'année où l'abri était éclairé par la lumière du soleil. Le saumon au plafond de l'entrée (représenté grandeur nature - 1,05 m -, il est gravé et sculpté en bas relief, rehaussé de couleur rouge), orienté en direction du soleil levant de l'hiver, avec la mâchoire inférieure recourbée (bécard : attitude du mâle épuisé par le frai), est caractéristique de sa période de reproduction, uniquement en hiver (c'est d'ailleurs seulement à ce moment-là que le soleil est assez bas pour éclairer la gravure au plafond, dans la direction du saumon).

À Cosquer, dans le Massif des Calanques (près de Marseille), si la grotte profonde n'a jamais servi d'habitat, elle a pourtant été assidûment fréquentée, à en juger par les traces d'activité sur les parois, les superpositions de figures, les restes de feux et de torches. Deux périodes principales sont attestées : la plus ancienne entre -27 000 et -22 000, la seconde entre -17 700 et -16 000, correspondant respectivement au Gravettien et au Salpêtrien local. La question de l'abandon de la grotte se pose, puisqu'elle ne fut condamnée par l'eau que des millénaires plus tard et qu'on ne sait pas si elle fut visitée entre les deux périodes majeures de fréquentations ou après.
Au cours de leurs visites, les Paléolithiques sont allés partout : on trouve leurs traces dans des failles en hauteur comme dans des laminoirs, et leurs tracés digitaux sur des voûtes très basses ou hautes. Les zones périlleuses (Grand et Petit Puits, bords de fissures profondes) ont attiré de nombreuses œuvres. Pour ceux qui fréquentaient ces galeries et ces salles profondes, il s'agissait d'un véritable monde de l'au-delà, qui devait leur paraître étrange avec ses concrétions sur les sols et les voûtes, ses puits insondables et ses parois molles et perméables. Ils essayèrent d'en tirer parti d'un point de vue spirituel et matériel. Leurs actions révèlent la signification vitale qui lui était accordée et le rôle qu'il jouait dans les pratiques magico-spirituelles du temps.

Les chevaux, 63 en tout, représentent 36% du bestiaire. Le thème du cheval, dans un cas sur deux (31), est réduit au protomé (tête avec esquisse du poitrail et de la crinière, parfois avec le départ de la ligne de dos). Les rares animaux entiers (14) ne sont qu'exceptionnellement sexués, mais toujours avec un pénis. Les caprinés (28 bouquetins et 4 chamois possibles) et une antilope saïga constituent le second groupe le plus important (33), bien que près de deux fois moins nombreux que les chevaux. Parmi les 24 bovinés, on trouve 10 bisons et 7 aurochs, les autres étant indéterminés (quasiment tous les bovinés étant frustes et fréquemment ambigus, difficile à identifier avec certitude). Contrairement aux autres espèces, aucun ne porte de projectile barbelé ou empenné, et seulement deux sont affectés de traits rectilignes. Parmi les cervidés (17), on trouve 11 cerfs, 4 biches, et 2 cerfs mégacéros. Les signes les affectant sont peu nombreux. Parmi les 16 animaux marins, 3 pingouins noirs représentent, scène unique dans l'art pariétal, le combat de deux mâles pour une femelle. On trouve également 9 phoques au corps effilé qui, à une exception près, sont atteints par des projectiles. Les autres animaux sont peu nombreux, se réduisant à une tête de félin isolée et à trois animaux composites (à un corps et/ou une tête de cheval sont associées soit des cornes de bison, soit une tête d'élan).
On identifie en tout douze espèces animales (chevaux, aurochs, bisons, cerfs, mégacéros, bouquetins, chamois, félin, saïga, phoques, pingouins, élan), alors que l'on en dénombre que six à Niaux et neuf à Lascaux, où pourtant on compte plus de quatre fois plus de représentations animales qu'à Cosquer. Les compositions sont symboliques et ne constituent pas un reflet fidèle de l'environnement (pas d'astres, pas de végétaux, les scènes sont rares). La faune figurée se distingue de la faune consommée (même si un peu de cheval et de bison mangés, plutôt au Magdalénien). Le choix des espèces apparaît donc sélectif et constitue la charpente d'une mythologie complexe.
Le cheval (plus élevé que les bovins) incarne symboliquement la force et la vitalité (il se met à hennir avec concupiscence dès qu'il aperçoit sa jument) : c'est le masculin, souvent associé au royaume des morts. L'aurochs/ « taureau » est l'autre polarité sexuelle, psychique et spirituelle : il est féminin par sa puissance reproductrice et ses cornes « lunaires », à une époque où les humains n'avaient pas encore découvert le processus de reproduction ; par sa puissance, sa stature massive, il évoquait également l'aspect redoutable de la nature. Chez la plupart des cervidés, seul le mâle porte des bois (chez le renne, le mâle et la femelle portent des bois ; toutefois, les bois du renne mâle sont beaucoup plus grands que ceux du renne femelle). Les bois tombent et repoussent chaque année pour atteindre leur plein développement durant la période de rut. Ils jouent un rôle de caractère sexuel secondaire. La croissance se déroule de façon continue sur un an. Au cours de leur croissance qui débute au printemps, les bois sont d'abord recouverts d'un tissu tégumentaire (le velours) qui assure la protection, la vascularisation et l'innervation de ces organes. Ce tissu se dessèche et tombe lorsque la croissance osseuse est achevée (vers la fin de l'été). Les bois, devenus un tissu mort, resteront à nu pendant toute la période de rut. Après la période de rut, à la fin de l'hiver, le bois se détache du crâne et son emplacement reste marqué par un pédicule jusqu'à la croissance des nouvelles pousses.

On recense donc 177 animaux, un humain, 65 mains négatives, 216 signes dont 8 sexes (un phallus gravé sûr, un masculin et 6 féminins possibles). Sur ce phallus gravé, le gland, nettement marqué par un trait transversal, est surchargé d'un autre trait perpendiculaire pour représenter le méat (orifice externe de l'urètre), et bien que schématiques, les bourses sont figurées par deux cercles.
Des bris de stalagmites (surtout) et de stalactites, avec enlèvement des fragments et des prélèvements de mondmilch (ou « lait de Lune » : dépôt blanchâtre, formé d'eau et de calcite, qui ne durci jamais complètement), souvent associés à d'innombrables tracés digitaux, portant des dessins (animaux ou signes) ou des marquages particuliers, sont attestés dans toute la grotte sur des surfaces considérables. Partout où il fut possible de racler le mondmilch (« lait de Lune ») et de prendre ce « liquide quasi sec » blanc, cela fut fait. Comme à toutes les époques et sur divers continents, ces dépôts calcitiques réduits en poudre (ainsi que les stalagmites et stalactites écrasées), provenant de cavernes, furent largement utilisés en médecine pour le carbonate de calcium. Les effets bénéfiques de cette substance ne pouvaient que renforcer la croyance en l'efficacité des pratiques magiques dont elle devait être entourée. Cette pratique a duré très longtemps, ayant commencé et s'étant développé à la Phase I (vers -25 000 / -26 000), puis s'étant poursuivie au cours de la Phase II (vers -16 000 / -17 000).
Des piliers et massifs stalagmitiques furent fréquemment marqués de traits noirs. Une stalagmite cylindrique évoque un sexe masculin : elle est cerclée, à 10 cm sous le sommet, d'un trait noir horizontal dans un rétrécissement naturel de la concrétion.
Des dizaines de stalagmites délibérément tronquées ont subi des percussions violentes. Presque toujours, les extrémités cassées ne se trouvent pas au pied des concrétions tronquées ni dans leur voisinage, pas plus que dans d'autres parties de la grotte (tout comme à Gargas, Hautes-Pyrénées ; à Hornos de la Pena, Cantabrie ; à Cougnac dans le Lot). Il faut en déduire que les fragments brisés ont été sortis de la caverne. Ce fait est à mettre en parallèle avec l'attitude des paléolithiques vis-à-vis de la paroi.

Les points, peu nombreux (14), sont rouges ou noirs. Les signes composés (grande catégorie, 48 éléments) sont formés de traits le plus souvent rectilignes : 15 signes en bandes développée, tous gravés ; les signes ovales (8) et sinueux (5) sont peu nombreux.

Parmi les motifs humains, les empreintes de mains négatives occupent une place prépondérante (quant aux symboles sexuels féminins, ils comprennent des gravures et des dessins noirs, certains autour de creux naturels). Leur total (65) classe le site parmi ceux qui, en Europe, en recèlent le plus grand nombre, derrière Gargas et à égalité avec El Castillo. Les mains noires sont majoritaires (44 et 21 mains rouges), tandis que les mains gauches dominent sur les droites (43 contre 22). Près de la moitié des mains (29) ont des doigts incomplets, comme à Gargas. Une douzaine de mains a été volontairement « annihilée » par incisions, raclages ou grattages. Les 35 mains noires près du Grand Puits ne portent aucune trace de telles actions. Les mains négatives, généralement robustes, appartiennent toutes à des adultes. Certaines, aux doigts effilés et aux attaches graciles, pourraient être féminines. Aucune n'est attribuable à un enfant. Pour autant, un enfant, au moins, eut accès au plus profond des galeries (on lui fit imprimer la main dans la surface molle de la roche, on rechercha pour se faire un endroit élevé et un adulte assez grand le souleva) ; enfant(s) et adultes n'agirent pas de même pour ce qui est de l'impression des mains sur la paroi.
Les tracés digitaux ont été faits partout où la surface des parois et des voûtes le permettait, souvent en des endroits improbables, comme l'extrême fond d'un boyau rampant, très haut sur la voûte, ou encore au bord du vide. Selon ces localisations et leur répétition, ce qui comptait, c'était le geste lui-même : imprimer sa marque sur le support pariétal signifiait aller au-delà des apparences, entrer en contact avec la puissance surnaturelle cachée au cœur de la roche, la libérer en incisant sa surface ou capter de la main une parcelle de son pouvoir.

Dans le groupe espagnol des cavités à gravure extérieure profonde, on a signalé des représentations animales similaires à l'intérieur de quelques grottes, comme le bison acéphale proche du Panneau des Mains du Castillo, sachant que des bovidés sont souvent associés aux couples de traits rouges de La Pasiega D.
Des parallèles entre ce groupe et les peintures intérieures se trouvent au Castillo, où un cheval jaune fut identifié près de bisons de même couleur sur le Panneau des Mains. Nous n'écartons pas non plus les chevaux rouges de Chufín, qui répondent au même schéma que les précédents bien que sans tête aussi rectangulaire, ou les aurochs jaunes de Candamo, au train antérieur surdimensionné et à la tête presque triangulaire, également accompagnés de nuages de points.
La relation entre les signes intérieurs de Chufín et de Llonín (surtout les barres et les rangées de points rouges) est connue depuis longtemps. À Llonín, les signes mentionnés sont associés à un humain de profil et à un signe serpentiforme, dont les seuls parallèles se limitent à un humain en vue frontale à Chufín, à trois humains de profil et à un serpentiforme gravé dans la Galerie des Anthropomorphes de Tito Bustillo, où des représentations de vulves sont également associées aux rangées de points, de barres, de signes laciformes (en forme de lacet) et de mains négatives. Dans la grande grotte ornée il y a une quinzaine de milliers d'années de Tito Bustillo (dans les Asturies espagnoles), un lieu retiré est consacré à un panneau entier tapissé de triangles pubiens (« le Camarin des vulves », un camarin étant une niche religieuse ou une révérence profonde), ailleurs, la caverne est décorée d'animaux (chevaux, rennes). D'ailleurs, ici comme dans quelques grottes (Gargas, Saint-Marcel, Roucadour), des alcôves peintes en rouge ou des fentes rougies évoquent des vulves féminines, la lumière des feux découpant dans le calcaire de couleur claire une entrée aux formes sinueuses et suggestives, ouverture de grotte qui fait penser à l'organe sexuel de la femme. Les vulves sont aussi présentes à l'extérieur de La Lluera II ou à l'intérieur de Micolón.
Les files de points, couples de traits, barres, laciformes, disques et mains négatives sont une constante, répétée à des degrés variables à Cudón, La Lloseta (avec un bison et deux chevaux sur le panneau du fond), Fuente del Salín, La Garma, Balmori ou Calero II. Toutefois, certaines des grottes du groupe à traits ponctués comprennent d'autres figures rouges, qui, comme pour les gravures, suggèrent une relation avec des phases anciennes. C'est le cas de Tito Bustillo avec deux chevaux ponctués dans la partie basse du Panneau principal, ainsi qu'une figure anthropomorphe comme celles de la Niche des Vulves, ou encore d'Altamira avec des mains positives rouges, des séries de points et des couples de traits associés aux chevaux rouges. La thématique de ces ensembles anciens, à mi-chemin entre Aurignacien et Gravettien, est centrée sur les bovidés (surtout bisons), avec une moindre présence des chevaux et des biches, et quelques conventions formelles qui dureront. De même, la position inférieure dans la stratigraphie pariétale des principaux panneaux de Castillo, Llonín, Tito Bustillo, Candamo, La Garma, suggère que les débuts de l'expression graphique, dans le Paléolithique supérieur cantabrique, se caractérisent par des signes (barres, laciformes, couples de traits, cercles, rangées et nuages de points) et des motifs anthropomorphes (en vue de profil et de face, vulves, mains négatives), alors que bovidés et équidés sont les animaux les plus communs. Les anthropomorphes (profils, vulves et main) de Tito Bustillo, associés à ce type de signes, pourraient dater de -31 000. En position inférieure, sur le Panneau principal, on trouve bisons, chevaux et vulves, ces dernières identiques à certaines de la Niche des Vulves.
Les données disponibles changent considérablement nos idées sur les peintures à traits ponctués. Au Gravettien, il semble que les éléments rouges augmentent, associés aux rangées de points et aux signes rectangulaires, alors que les représentations humaines rouges disparaissent quasiment.
La stratigraphie pariétale montre une phase initiale où la thématique humaine (profils, vulves, mains négatives) reste importante jusqu'au Solutréen. Elle est directement associée aux signes mentionnés à La Viña, El Conde, Tito Bustillo, Castillo, La Lloseta, La Garma, Chufín et Llonín.
Seules les rangées de points se prolongent jusqu'au Magdalénien. L'iconographie animale est moins abondante, avec des représentations isolées ou peu nombreuses (Llonín, Tito Bustillo et peut-être Altxerri), parfois centrée sur le binôme bovidé-équidé avec d'autres espèces moins communes (cerfs) et, parfois, avec des « animaux dangereux » comme on en connaît ailleurs à la même époque, tels que félins et ursidés.

On retrouve dans les grottes ornées de Combe-Nègre (dans le Lot, à la limite du Quercy et du Périgord) une impressionnante accumulation de ponctuations majoritairement noires (près de 480) et quelques-unes rouges (15). La première galerie, guère impressionnante mais pas inintéressante (zone ornée à faible distance de l'entrée, dessin d'une petite main négative dans l'axe du conduit fossile), se compose d'un étroit couloir descendant jusqu'à une minuscule rotonde où l'on ne tient qu'un par un, en position incommode. Qu'il s'agisse de l'une ou l'autre des galeries, leur accès devait être réservé à un (très) petit nombre d'individus. Nous sommes ici en contexte difficile, intime, voire individuel. Si la première galerie se range dans la catégorie des sanctuaires mineurs du Gravettien quercinois (-29 000 à -24 000), la seconde interpelle par son extrême pauvreté thématique. Cette profusion d'un signe aussi élémentaire que des ponctuations, isolées ou groupées, alignées horizontalement ou accumulées sur quelque point topographique remarquable (le cône de la première salle), avec des clins d'œil chromatiques qui interpellent (15 points rouges pour 140 noirs des registres horizontaux des deux principaux panneaux). On a affaire ici, dans ce sanctuaire, à une sorte d'appropriation des lieux pour quelque activité spirituelle que cette monotonie picturale rend encore plus énigmatique et plus que jamais cultuelle.
Les panneaux ouvrant et fermant le dispositif pariétal sont réalisés sur un même schéma : lignes horizontales de ponctuations noires associées à quelques rouges. Un panneau de treize ponctuations digitales noires, un petit bison noir, deux représentations de chevaux superposées peintes au doigt ressemblent aux canons et conventions de certains équidés du Pech-Merle.
Avec ces exemples, on voit clairement que les signes géométriques minces (des bâtonnets avec ou sans expansion latérale) sont des schématisations de phallus, les signes pleins (des ovales, cercles, quadrangles, souvent fendus par un trait vertical) des équivalents de vulves. On a ainsi à faire à un dualisme masculin/féminin : bisons, aurochs, triangles, ovales, rectangles et signes claviformes (en forme de clé) seraient « féminins » ; chevaux, bouquetins, cervidés, mammouths, points, bâtonnets et signes barbelés seraient « masculins ».


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6 janvier 2009 2 06 /01 /janvier /2009 15:44
L'attitude à l'égard du sexe résulte de l'interaction complexe des développements physiques et mentaux.
Chez les mammifères, la différence de taille entre le mâle et la femelle (dimorphisme sexuel) est en général associée à l'organisation en harem (comme chez les lions, les loups, les cerfs, etc.). Les mâles combattent entre eux puis le vainqueur devient dominant et s'approprie toutes les femelles du groupe. Pour autant, les femelles opèrent un tri sélectif sur le ou les partenaires, et le ou les élus doivent déployer bien des atours, la force n'étant pas la meilleure vertu. Ainsi, les babouins, à la réputation de mâles dominateurs, se révèlent d'habiles séducteurs : un jeune adulte use de démonstrations physiques impressionnantes pour s'imposer auprès des autres mâles, mais déploie des stratégies d'approche particulières pour séduire une femelle.

Chez les gorilles ou les singes hamadryas, le dimorphisme sexuel est très prononcé et la structure en harem est la norme. Les gorilles forment des groupes polygynes composés d'un mâle reproducteur et de quelques femelles non apparentées. Ce mâle a souvent le dos argenté, signe de maturité sexuelle (un mâle au dos noir - souvent le fils du dominant - peut aussi être présent dans le groupe, mais il ne dispose pas des mêmes privilèges de reproduction que le dos argenté).
Chez les orangs-outans, les mâles adultes occupent un grand territoire qu'ils patrouillent à la recherche de femelles en période de fertilité, les relations entre les mâles et les femelles étant plutôt limitées à la reproduction. Le mâle possède un sac laryngé qui lui permet de faire entendre un long cri puissant. Les mâles subadultes qui habitent le même territoire ne développent pas de caractères sexuels secondaires (comme le long cri) tant que le mâle à qui appartient le territoire y demeure. On a ainsi vu chez cette espèce de jeunes mâles violer des femelles lorsqu'ils sont sans territoire.

Chez les chimpanzés, le dimorphisme est moins fort, ce qui induit qu'un mâle dominant s'assure un accès privilégié aux femelles du groupe. Lorsque les femelles sont fertiles, une période de quelques mois tous les quatre ou cinq ans, elles exhibent alors des enflures sexuelles qui signifient l'arrivée prochaine de leur ovulation.
Toutefois, le mâle chimpanzé dominant n'a pas toujours l'exclusivité sexuelle et, s'il s'efforce de contrôler l'accès aux femelles, celles-ci s'autorisent des comportements parfois audacieux qui, en d'autres circonstances, seraient réprimés. Ainsi, les femelles sexuellement réceptives s'arrangent d'une manière ou d'une autre pour donner des rendez-vous galants au mâle qu'elles désirent, copulant souvent avec plusieurs mâles successivement. La chimpanzé se cache pour tomber dans les longs bras du premier venu qui peut être un second ou un jeunot, pendant que les mâles (tous apparentés père-fils-cousin-oncle-grand-père-neveu) sont prêts à s'arracher les bourses pour devenir « alpha », le premier, le chef. Les femelles chez cette espèce sont généralement exogames, c'est-à-dire qu'elles quittent leur groupe lors de la maturité sexuelle (essentiellement pour éviter la tentation de l'inceste père-fille).


Chez les Australopithèques (il y a quatre millions d'années), le dimorphisme sexuel est encore fort et net, indiquant une organisation sociale proche de celle des grands singes (harem ou droit de cuissage prioritaire), avec vraisemblablement un mâle dominant et une grande importance donnée à la force physique.
Les bonobos, ces « singes kamasutra » (les plus proches représentants des premiers Australopithèques), font usage du sexe dans toutes les circonstances (beaucoup de comportements sexuels en dehors des périodes de réceptivité) et dans toutes les positions (de face - les seuls avec nous à faire ainsi - ou en acrobatie) pour réguler les tensions sociales. On observe ainsi une activité hétérosexuelle entre adultes, des actes de tribadisme (c'est-à-dire des frottements génitaux entre femelles : comme chez le chimpanzé, les femelles changent de groupe lorsqu'elles atteignent la maturité ; afin d'être acceptées dans un groupe, elles approchent une femelle dominante du groupe avec qui elles auront des comportements sexuels et se toiletteront), les mâles pratiquent des joutes de pénis ou de postérieurs, les adultes et les enfants font l'amour ensemble (en fait, les petits sont souvent initiés par leur mère, sachant que le seul tabou s'observe entre mères et fils de plus de six ans). Le sexe est une composante naturelle de l'enfance chez les bonobos, et il va de pair avec les jeux et les soins qui accompagnent la croissance. Le sexe chez les bonobos paraît être une activité rapide, fonctionnelle et décontractée qui sert de ciment social, sachant qu'on a pu observer une synchronisation des cycles menstruels pour que toutes les femelles soient réceptives en même temps, histoire de bien délimiter le sexe-plaisir et le sexe-reproduction. On a d'ailleurs constaté chez eux l'insertion d'objets variés dans le vagin en vue de provoquer le plaisir sexuel.


Concernant la sexualité du genre humain, la bipédie a joué un rôle prépondérant en permettant le face à face (la vision étant fondamentale et modifiant véritablement les comportements) et une première induction de la sexualité (déduire des lois par généralisation des observations).
Concernant la morphogenèse corporelle et organique, rappelons que les lèvres vulvaires sont une innovation des primates les plus évolués, la vulve des quadrupèdes étant des plus « rudimentaire », faite au maximum de deux bourrelets bordant l'orifice vaginal. La position verticale de la femme bipède appelle ainsi le regard masculin sur le milieu de son corps, de dos comme de profil, la vision étant primordiale dans l'acte sexuel. Ni postérieur, ni totalement antérieur, l'organe sexuel externe féminin est donc à cheval sur le bas-ventre et l'entrecuisse dans une situation originale qui permet à la femme d'en montrer une partie tout en cachant le reste. La pilosité du sexe féminin (qui est propre à l'humain) est l'indice optique le plus flagrant chez la femme, sachant que le plaisir visuel, facilité par la bipédie, tient un rôle majeur dans les comportements sexuels.

Par comparaison avec l'humain moderne, les autres singes ont de minuscules organes génitaux mâles, les femelles n'ont pas de seins et sont velues. Mais ils sont facilement en mesure de distinguer les sexes parce que les mâles peuvent peser jusqu'à trois fois plus que les femelles.
L'humain, en revanche, est beaucoup moins facile à distinguer en fonction de la taille. Ainsi, les organes génitaux masculins et les seins féminins ont évolué pour faciliter la reconnaissance de l'autre sexe sur des créatures de taille et de forme similaires.
Si le pénis humain est plus grand et plus visible que celui des autres singes (sachant que chez eux ce sont les testicules qui sont plus gros), cela est dû à la pression féminine et à la volonté de virilité qui auraient permis l'allongement du pénis, mis en valeur par la bipédie et par la présence de poils principalement au niveau des organes sexuels.


L'évolution morphologique entre Singes et Humains, est également marquée par une nouvelle répartition des poils. Si leur perte est un désavantage, car elle induit une déperdition thermique, elle serait compensée par les vêtements de peaux (les premiers humains ont vécu nus tant que le climat le permettait ; il y a 60 000 ans environ, le refroidissement du climat obligea les humains de nos régions à protéger leur corps du froid et, constatant que les animaux qu'ils chassaient étaient mieux protégés par leur fourrure, ils eurent l'idée d'utiliser cette dernière pour en couvrir leur corps), et serait surtout la conséquence de la sélection sexuelle, qui dépend de l'avantage que certains individus ont sur d'autres de même sexe et de même espèce, sous le rapport exclusif de la reproduction. La sélection sexuelle serait à l'origine de la perte des poils chez la femme, dans un premier temps, car en l'absence de poils l'attirance des hommes pour les femmes est supérieure. Dans un second temps, les hommes auraient perdu leurs poils, à moindre mesure, à l'image des femmes. Une pilosité peu développée permet de prouver plus facilement à un partenaire que l'on n'est pas - ou peu - victimes des parasites (poux, puces, sachant que l'épouillage est une activité sociale marque de respect, d'amitié, de hiérarchie et de services rendus), et que l'on incarne de ce fait un reproducteur en bonne santé (la présence de parasites dénotant une mauvaise hygiène ou un manque de partenaires attentionnés à notre égard). Cette évolution ne fut possible que grâce à l'émergence de l'intelligence : l'humain étant capable de résister au froid en faisant du feu ou en se vêtant des peaux de ses proies, sa fourrure avait perdu de son utilité. Sauf en certains endroits précis : les poils pubiens ont survécu car ils servent à transmettre les odeurs à caractère sexuel émises depuis une zone moite et chaude, très riche en glandes émettrices de sueur.
On évoque également un système de reconnaissance du partenaire spécifique par perte des poils, sauf au niveau des organes sexuels (imberbes chez les autres singes), dans le but de faciliter cette reconnaissance. En ce qui concerne les attributs sexuels toujours, la bipédie, en masquant la turgescence (gonflement d'un organe dû à un afflux de sang) de la région génitale chez la femme, aurait induit le développement d'un signal sexuel compensatoire par la nudité des seins et des fesses. Le développement des fesses permettrait, de surcroît, le stockage d'énergie en grande quantité, sans gêner les mouvements bipèdes, le pouvoir reproductif de la femme étant lié à la quantité de graisse dans le corps. Les seins auraient par la suite « imité » les fesses devenues des objets sexuels.


Chez les babouins de savane, comme chez toutes les espèces, les relations sexuelles se limitent aux périodes d'ovulation des femelles, les exceptions étant très rares, comme chez les chimpanzés et les bonobos (ils règlent leur sexualité par leur mode de vie ; néanmoins, leur sexualité est davantage de l'ordre de la civilité).
Ce qui fait la spécificité de la sexualité humaine par rapport à celle des autres grands singes, c'est la perte de l'œstrus (état hormonal de réceptivité sexuelle commun à tous les mammifères). Cette disponibilité des humains a aussi ses limites car, bien que parmi les primates anthropoïdes l'homme soit doté du pénis le plus volumineux et long (le pénis humain est un peu plus important, relativement à la masse corporelle, que celui des autres mammifères), il est le seul à ne pas disposer d'un os périnéal ou pénien (l'anatomie du pénis humain se distingue de celle du pénis de la plupart des autres mammifères par l'absence de baculum, un os qui sert à ériger le pénis, ainsi l'homme ne peut pas rétracter son pénis dans son corps, comme les équidés), et la femme est la seule anthropoïde à connaître une ménopause. Le sexe, dont l'exercice permanent dans notre espèce fut un jour rendu possible par les caractéristiques de la sexualité féminine, a permis la régulation des comportements, rendant possibles d'autres activités (dont le travail).
Les bonobos sont assez pacifiques, leur sexualité, très développée, leur servant à surmonter les crises dans une communauté commandée par les femelles. Chez les chimpanzés, qui passent leur temps en luttes de pouvoir qui se traduisent par des conflits violents, ce sont les mâles qui commandent.


Les premiers couples de courte durée sont apparus avec la nécessité de s'occuper ensemble de la progéniture pendant au moins quatre ans.
Avec la marche debout (plus de 3 millions d'années), les mères ont dû porter leurs enfants dans les bras plutôt que sur le dos. Leurs bras occupés, former un couple temporaire leur serait devenu indispensable. Puis l'évolution s'en est mêlée : le cerveau grandissant, les bébés sont nés plus tôt pour que l'accouchement soit possible, les petits ont été assistés plus longtemps, et le temps de l'adolescence s'est allongé, de quoi inciter à rechercher des partenaires à plus long terme. Chez les autres mammifères, dans la plupart des cas, la femelle est instinctivement attachée au rejeton, le nourrit et s'en occupe jusqu'à l'autosuffisance. Un pas de plus dans l'évolution : le mâle entre en jeu et assume des responsabilités. Dans des sociétés sans médecine efficace, plus qu'à la dispersion sexuelle, le succès reproducteur était lié à la survie des enfants à laquelle la présence du père contribue ! De plus, l'œstrus (période de fécondité) n'étant pas visible chez la femme, la plupart des rapports sexuels n'étaient pas fécondants ! Ceux qui restaient avec les femmes avaient alors plus de chance de les féconder ! Ce qui était avant tout instinctif pour la mère devient maintenant éthique pour le père et le fruit d'un jugement plus ou moins conscient portant sur l'obligation de responsabilité. Nos fonctions psychiques représentent un saut existentiel et qualitatif. La reconnaissance de la responsabilité du mâle se traduit alors par un engagement contractuel et une forme de famille. Il fallait évidemment pour en arriver là comprendre le rapport entre la copulation et la génération, ce que l'homme a saisi assez tôt et a tendance à oublier. L'être humain est polyvalent et a un goût prononcé pour les extrêmes : pour se dépasser, il est près à conquérir l'espace et percer les secrets les plus profonds de la nature. Une fois qu'on eut compris et donc qu'on eut pu couper tout lien entre sexualité et fécondité, tout était permis. On n'eut plus à tenir compte des sexes. La course aux trésors du plaisir était lancée. L'espèce s'est prêtée à ce petit jeu de la versatilité à partir de son agressivité, de son instinct de possession, de son goût de la domination. La pulsion sexuelle, dont il est ici question, n'y échappe pas. La copulation ne suffisant pas, l'humain inventa la sodomie et la fellation, voire tenta ponctuellement la zoophilie. L'exploration est au cœur de l'espèce, pas toujours à son honneur.
Voyant qu'elle semblait plus prolifique, l'homme institutionnalisa assez tôt la copulation. L'acte sexuel avait un caractère spirituel pour le préhistorique, soumettant ainsi le commerce des sexes à de véritables rites, donnant naissance au contrat marital social avec serment, bénédiction, festivités, formes de famille et de mariage. L'idée même d'une réglementation (spi)rituelle exclut l'idée contraire de la promiscuité, du tout mélangé et indifférencié. Le refoulement de la sexualité, qui nous impose ainsi de renoncer à certaines formes de satisfaction pulsionnelle et d'abandonner nos premiers objets sexuels, constitue la mutilation la plus sanglante imposée au cours du temps à la vie amoureuse de l'être humain.
De nécessité, le couple est devenu chez nous modèle social, mais il n'en est pas pour autant un stéréotype obligatoire !
Pour certains, l'homme serait volage car ses ancêtres préhistoriques devaient courir les jupons pour répandre leurs gènes, tandis que les femmes s'attachaient à un mâle protecteur qui subvienne aux besoins de sa progéniture. En réalité, hommes et femmes sont tout aussi volages, toujours dans cet esprit de survie et d'amélioration génétique de l'espèce, mais les hommes aiment croire qu'ils sont plus infidèles que les femmes, et celles-ci sont bien contentes qu'ils y croient !
D'ailleurs, l'adultère aurait constitué un levier puissant d'évolution de l'espèce humaine. La démonstration est à peu près la suivante : si l'on considère dans une société officiellement monogame par exemple trois groupes de fitness (disons par exemple les beaux et forts, les moyens, et les peu gâtés et faibles), chaque groupe, pour des raisons de choix mutuel pratiquera l'endogamie interne, et ces groupes se perpétueront plus ou moins à travers le temps. Si en revanche une tendance à l'adultère se manifeste vers les groupes jugés à tort ou à raison comme plus enviables, alors leurs gènes se répartiront mieux dans la société en question !

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