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Collectif des 12 Singes (Al LU-SINON)


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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 19:45


  • Alors Faudel, comment as-tu évolué depuis notre dernière fois, suite à ta douloureuse "non histoire" amoureuse ?
  • Faudel : « Je suis plus que déçu, écœuré même, de l’amour, ce sentiment trompeur qui te fait prendre des vessies pour des lanternes : on présume qu’il éclaire alors que c’est un lampadaire sur lequel les chiens/chiennes lèvent la patte pour l’inonder d’immondices ! Cécilia avait été comme un aimant pour moi (mais à pôles inversés : plus je la collais, plus elle se décalait), Veronica avait été comme un boomerang où plus je la jetais, loin et fort, plus vite elle revenait. Maintenant, les choses de l’amour, moi je m’assois dessus, au sens propre comme au figuré, car chaque fois que je parle avec mon cœur je me fais défoncer !!! De toute façon, je crois que celui-ci n’existe finalement que par le plaisir provoqué et rien d’autre ! Je compare en fait l’amour à une addiction hormonale dont l’orgasme est le flash du good trip d’une drogue très forte qui ne dure jamais assez longtemps à mon goût (en ce sens, je considère l’amour comme le pire stupéfiant) !!! Trop souvent les gens confondent plaisir de l’amour et amour du plaisir, ce qui amène vite fait à compliquer des choses simples et à simplifier des choses compliquées !!! Et puis, quelque part, la vie est trop longue (ou peut être interrompue totalement ou validement parlant à n’importe quel moment) pour se limiter à une ou quelques partenaires : le plaisir, y a que ça de vrai ; je me marierai jamais, je ne veux être responsable ou redevable de rien envers personne (j’ai assez donné avec ma mère omniprésente !) !!! Pour moi, sur toutes les quatre saisons, la musique de l’amour est soit un duo, soit de la musique de chambre soit une symphonie ! Pour info, histoire d’allier "l’agréable" à l’utile, je me suis même aventuré à être un gigolo [1] pour vieilles peaux ! Mais si l’amour est une drogue, il ne faut pas non plus qu’il soit trop frelaté, car là où il y a de la gêne il n’y a pas de plaisir et seul lui compte vraiment pour moi : j’ai arrêté le cul de la vieille, ça sentait le tonneau à grumeaux, la fermentation de la lie [2] du lit ! De toute façon, je préfère des trous sots à un trou sale ou vieillot ! Pour autant, je tiens quand même à préciser qu’après Cécilia j’ai à nouveau été "épris", moi qui voulais juste prendre, après avoir juré qu’on m’y reprendrait plus ! Toutefois, afin de retrouver et respecter mon besoin instinctif de varier les plaisirs, mais souhaitant établir un compromis avec ma partenaire si récente (car non recherchée mais j’étais tombé nez à nénés avec elle), j’ai opté pour l’échangisme ! Mais Cécilia avait définitivement cassé quelque chose en moi : en permanence sur la route pour mon métier de commercial itinérant et autant peu rassuré/confiant en moi-même que jaloux du charme de MA concubine, j’ai développé le syndrome du VRP, à savoir des crises de jalousie pas possible quand j’étais seul dans ma chambre d’hôtel minable dans une ville que je ne connaissais pas alors que mademoiselle était officiellement chez elle, mais sans moyen de surveillance. Plutôt que d’affirmer ma confiance en l’autre (justement plus qu’ébréchée par Cécilia), base de toute relation se voulant "sérieuse", je psychotais pour le moindre appel sans suite ou retard de rappel de ma belle. C’est difficile d’avoir confiance en autrui quand on en manque pour soi ! C’est pour ça que l’échangisme aurait pu me convenir, pouvant ainsi surveiller les écarts de conduite de ma "promise" (encadrés par mon bon vouloir plutôt que subis en cachette quand je n’étais pas là, sachant qu’au départ ce n’est pas ce qu’elle recherchait : elle était très bien avec moi et ne courtisait personne d’autre, le vrai amour en somme) et vaquer à mes bons plaisirs/désirs. Toutefois, je ne pouvais supporter que MA "propriété" prenne autant de plaisir avec beaucoup d’autres, alors que moi, en tant qu’homme, j’étais tout de même quelque peu limité (ne serait-ce que par mes capacités biologiques). D’autant plus qu’entendant les râles de jouissance de ma compagne, je n’arrivais pas à me concentrer sur ma partenaire, finissant même par lâcher l’affaire alors qu’il s’agissait d’un joli petit lot. En conflit avec les règles du milieu, je décidai que je m’échangerai, mais qu’elle je ne la prêterai pas ! Finalement, trop fier et intraitable sur ma notion de Liberté et de paix de l’esprit, j’ai choisi de couper toute attache sentimentale/amoureuse et je me suis mis à séduire/convoiter toutes les charmantes damoiselles qui passaient à ma portée : tel un marin, je me suis mis à entretenir une relation sexuelle dans chaque port/hôtel/ville que je fréquentais (souvent avec de nouvelles recrues, afin d’éviter le train-train par trop régulier d’une idylle entretenue, et pour l’attrait de la nouveauté). J’avais oublié de vivre et de jouir sans entrave, je me suis enfin rendu compte que je suis ce que j’ai fui : tu me diras que c’est une régression, mais je suis retourné à la case départ, avant Véronica, quand j’étais un serial-sarceur ! D’ailleurs je préfère maintenant qu’on m’appelle Giacomo (ou "Prosper hoplà boum, le roi des pines, des spices girls") !!! Comme Casanova qui pensait que l’homme est fait pour donner et la femme pour recevoir, j’obéis à mon besoin de séduire les femmes, je me plie à la loi du désir !!! En fait, je dirais plutôt que je suis un mélange de lui et de Don Juan, selon les partenaires et les périodes : je ne suis plus une personne mais une personnalité, voire un personnage ! D’ailleurs je voudrais être réincarné en homard, car même mort on lui suce la queue ! Aujourd’hui je recherche et vit dans le plaisir et la jouissance de l’instant présent, en m’opposant aux contraintes, aux règles sociales, morales et religieuses, ainsi qu’en ignorant volontairement autrui. Comme je considère maintenant que si les plaisirs sont passagers les peines le sont aussi, je jouis au jour le jour J !!! J’ai pour principe de ne pas avoir de principes et je ne veux qu’une chose : être aux anges du septième ciel car comme disait Casanova « Qui dort ne commet pas de péché, mais qui a péché dort mieux » ! La vie sans Plaisir serait l’Enfer.... Pourtant il me semble que je suis un être damné et dans mon Enfer virevolte tellement de Plaisirs ! Moralité : La vie sans Plaisir, c’est un Paradis où l’on meurt d’ennui ! Je suis un peu cynique [3], pas "inique" [4] mais "il nique" ! Du coup, mon vrai métier de poinçonneur de Lila c’est forer des trous pour me cacher dedans : comme clepto[man(e)] des clitos, je savoure tous les sept pêchés capiteux... (tout comme le vin qui monte à la tête, qui produit une certaine ivresse, les femmes qui excitent, qui troublent les sens) ! Autant je continue un entretien professionnel en rendez-vous personnel, autant mes hobbys se focalisent sur les larges fermetures qui se dilatent, sur l’amour avec un grand A(rg)h !!! De par mes fréquentations avec l’élite sociale – avec qui je suis à tu et à toi, très proche donc (j’adore la bonne société sur mon lit autant que j’abhorre la lie de la société, sauf la va-nu-pieds qui va seins-nus) – et les autres commerciaux itinérants, je me suis donc mis à fréquenter les boîtes à partouze, mais cette fois-ci en y allant seul (ou plutôt sans être en charmante compagnie : je préfère trouver sur place, autant pour l’effet de surprise que pour avoir une certaine tranquillité d’esprit puisque je veux bien donner – enfin prendre du plaisir – mais pas assumer les relations humaines qui découlent des sexuelles) ».
  • Comment se passe alors ta vie dissolue de noctambule ?
  • Giacomo : « Il faut déjà préciser qu’au départ j’ai versé dans l’échangisme par curiosité et intérêt pour la variété. Mais le libertinage est le dernier legs des aristos, et je ne me retrouvais pas dans tous ses codes (surtout quand on n’a rien à échanger) ! Par plaisir puis par habitude, la vertu libertine versa dans le vice des boîtes à partouze et de l’union libre, cette conjugaison de cœurs solitaires où le seul mot d’ordre est « érotomanes, pornocrates de tous poils, enfilez-vous ! ». Queutard sur le retour, je m’enflamme quand je sens cent femmes, c’est vice et râle : j’ai besoin d’échanger mes sécrétions avec les autres, d’aller au contact pour tirer à tout(es) va (bien) dans un recoin, en rafale et dans tous les coins ! Ma mission est d’enfiler des perles des Antilles avec des boules de Geisha et de rouler ma bosse de l’amour dans tous les ports USB (Ultra Sexy Bimbos) et pourtours, méditerranéens et africains, mais de préférence caucasiens : de port en port, je les prends toutes de part en part, au corps à corps ! Comme il y a toujours de la touffe sur place, j’aime à me dire qu’il va y avoir du taf et du sport en chambre !!! D’ailleurs, tout au long de l’année, on se la souhaite bonne et chaleureuse, avec toujours un mot de bienvenue aux nouvelles Vénus nues ! J’aime vraiment ce genre d’endroit où tout le monde se met à l’envers, ces beaux coins à bons coups et culs où les coquins d’abord forment un cercle d’intimes qui s’enfilent en boucle intime dans le secret des alcôves, là où les corps/cœurs se lovent tout en love and beat-itude ! Surtout quand à peine arrivé on vous dit de prendre place avec un chaleureux « Asseyez-vous sur les jambes de qui vous voulez ! Si vous hésitez et que X n’est pas là, c’est Y qui le/la remplacera, et maintenant on attaque avec Z !!! ». Étant un satyre [5] sur tout ce qui bouge les oreilles et la queue (essentiellement de bunny girls, les filles de Playboy), je prends un vrai panard quand je danse avec les louves du lupanar ! Mes nuits sont plus belles que les jours de qui que ce soit : comme je suis un chaud lapin, j’adore qu’on me râpe la carotte et avec tout ce (et tous ceux / toutes celles) qui tourne(nt) / traîne(nt), obligé je chope quelqu’un(e) / quelque chose ! Alors que l’épée, pas rangée dans le fourreau (vagin en latin), taille de tous les côtés, il faut même faire attention aux re-skieuses en les renvoyant à la queue comme tout le monde pour prendre le tire-fesses ! Surtout que ce qui se fait ici ne sort pas d’ici (et heureusement d’ailleurs car, dans le passage de l’ombre vers la lumière, ce délicat moment coquin où nos voiles inavoués se lèvent un à un dans le mystère sensuel d’un clair-obscur, j’ai déjà rencontré des personnes que j’aurais jamais imaginé y trouver, nous regardant bêtement en balbutiant « Ah, euh, toi aussi tu… ? » « Oui, moi aussi
    je … ! »). On peut donc profiter jusqu’à plus soif de l’happy hour de l’open (slip) barre et nibards, une heure qui dure toute la nuit car ici on dit « Sexe à toute heure, santé bonheur ! » : les compagnes bouteilles de Champagne défilent aussi vite que les soiffards cyprinards se les enfilent, une véritable débauche d’amuse-bouches pour une petite sauterie [6] de bon acabit(e). Et ça tombe bien car j’ai toujours du Melchisédech de Champagne [7] pour les mignonettes [8] de Sauternes qui accompagneront très bien mon doigt gras ! Sortez les gourdasses que j’étanche ma soif !!! Et t’as vite fait d’en repérer une qui tient plus debout ; c’est alors l’heure de la mettre à quatre pattes ! Une fois les quatre fers en l’air, la bête se laisse faire : tu reprends un coup à boire et c’est parti pour lui bourrer la gueule avec ton tire-cochonne !!! Moi j’ai choisi : je veux finir ma vie entre le cul des filles et les culs de bouteille ! J’adore ces ambiances où il suffit de dire « Ça te dit un "petit" coup vite fait bien fait, en passant (un tir à blanc, un coup pour rien) ? », toujours enchaîné par un « Je te paye un coup ? … à boire cette fois ! ». Au moins, après un petit coup à boire, il n’y a pas de risque de grand coup à déboires ! Souvent ce sont d’ailleurs plutôt les femmes qui, t’envoyant un regard de braise qui brise la glace, t’invitent à tremper tes lèvres sur leur croupe à champagne (« Je te remets un coup, derrière le gosier ? Je paye mon cul ! ») : l’oignon fait la force face à la muraille de pines, au billard à trois bandent ! Après ce genre d’invite [9], il est évident que tu descends ça goulûment, ça siphonne dans le gosier : normal, quand le vagin est tiré, il faut en boire la cyprine à grosse rasade, qu’on boirait même sans soif ! Et je suis toujours de service, pour tout ce qu’elles jugeraient utile/agréable ! Il faut dire que toute la semaine on bosse comme des fous, du coup quand j’amène Popol au cirque pour monter le chapiteau on s’amuse comme des folles !!! Ce que j’adore, c’est qu’on est tous entre copains coquins comme cochons qui partagent le pain, avec leurs copines qui partagent la pine : même en plein carême, le bâton de berger, du bon pasteur, y a pas d’heure pour en manger, à déguster avec de grandes ou petites rondelles ; on s’en paye une bonne tranche, en sandwich ! On s’emboîte comme des poupées gigognes qui gigotent, on s’enfile comme on s’empile, à deux ou à plusieurs, mais à trois on tourne comme sur des chaises Muses y calent pas !!! Sacrées BB Brunes, autant "Brigitte Bardot…" que "BimBo…" ou "Baby Blonde mais…" : il y a toujours bonne à prendre puis coup à rendre, avec Suzie et Lipo la polie, les suceuses, avec Annick la niqueuse, la croqueuse d’amants, avec Hélène et les caleçons ou Marie Peau Pine et sa copine Élise à bites ! Des maux de tête ? Des Maud tètent et tâtent ta hâte ! Mais il y a aussi des soirées soft avec Soph’ et même de la simple masturbation mutuelle (surtout de la mano à Manue : j’aime bien regarder les gens habiles de leurs mains) ! Toujours est-il qu’avec elles toutes, pas moyen de la leur faire courte, elles préfèrent qu’en ça tire en longueur, mais sans langueur [10] ! Quand tu proposes « T’as besoin d’un coup de main ? », c’est bien elles qui disposent en répondant « D’un coup oui, mais pas demain ! » ; et là c’est parti mon kiki (pas riquiqui) pour le coup de rein d’Ivan le divin, le terrible du divan !!! À peine t’a fini avec ta cavalière qu’une autre félicite le joli jumper sauteur et cavalier cavaleur, proposant de te faire re-jouir, ce qui me réjouit toujours ! Mais ça marche pas toujours, du moins de prime abord. Après c’est une question de répartie : quand on oppose « Touche à ton cul ! » à ta proposition indécente et que tu réponds « Hum, c’est ça qui est bon !!! », ça détend l’atmosphère et là ça peut le faire ! Pour autant, ça m’est aussi déjà arrivé de dire « Salut, Giacomo, charmé de vous connaître ! » et de m’entendre répondre « Morgane, navrée, désolée, je ne le suis pas de toi !!! ». Et là ça l’a pas fait avec Morgane, magicienne qui perfectionnait son art sous la conduite de Merlin et de sa poutre de perlimpinpin(e) : elle était pas enchantée, j’ai vite déchanté puis déjanté. Heureusement que ma réputation était parvenue par joui dire aux oreilles du grand gourou des turlupinades [11]. Je fus honoré que ce magicien, de la dose, ose « Tu viens ?, elle est bonne ! Elle est bien fraîche et bien pulpeuse, comme tu les aimes ! Vas-y vas-y, jouis jouis mon ami ! Quand il y a de la place pour un, y en a pour deux, voire trois, ou même cinq (partout dans chaque trou plus deux en branlette) ! Ce mec, c’est le must avec son musc [12] ! Tu vas voir Morgane, il est petit mais costaud le hobbite, le korrigland, qui fait du bien aux liliputes ! Dis à chacun, et surtout à chacune : paye ta
    lune [13], c’est full-moon party ce soir, le druide va tailler à la serpe ! ». Ouf, mon honneur était sauf, je pouvais me rassurer en me disant « Sacré toi, t’en perds pas une, tu les chopes/gagnes toutes (même à l’usure) !!! ». J’y suis donc allé bite en tête, car je touche ma bille, et lui ai tout donné, encore et encore, d’autant que j’adore quand ça rentre ça sort, mes va-et-vient (et quand ça vient ça va) entre ses reins me faisant beaucoup de bien … à (en)durer le plaisir ! J’ai donc eu un coup de foudre suivi d’un coup de foutre : la soirée s’est bien éclaircie/dégagée alors qu’elle était couverte au début, finissant par des gaudrioles [14] sous la belle/bonne étoile de Vénus ! J’étais venu, l’avais vu, elle l’avait finalement eu dans le cul ; elle avait mouillé sa chemise, j’avais "souillé" ma promise ! Pour autant, c’est la première fois que je doutais vraiment de moi et de mes performances : elle était du genre gourgande [15] qui aime la vie et la bite, qui gourmande [16] quand ça bande pas assez ! C’était un signal d’alarme, que j’aurais dû plus écouter ! ».
  • Si tu le veux bien, nous allons suivre tes péripéties, toujours avec nos vêtements d’invisibilité et notre analyseur de pensées ! [Pour information, chers téléspectateurs, ce reportage datant de quelques temps, nous avons pu préciser le contexte de tout ceci en interrogeant directement les protagonistes]

 

 

Marie est issue d’un milieu aisé de la bourgeoisie notariale provinciale. Elle a rencontré Joseph dans les années soixante-huitardes : elle adorait son côté Rebelle au grand cœur, sa jouissance de la vie, même si elle ne cautionnait nullement ses vues polygames. Comme bon nombre de personnes, elle croyait pouvoir faire changer cet homme beau comme un Apollon et le faire rentrer sagement dans le rang après que De Gaulle ait sifflé la fin de la récréation qui couvait depuis longtemps et dura intensément tout le mois de Mai. La Révolte partiellement déchue, elle mit le grappin sur Joseph, contre l’avis de sa famille qui ne voyait en lui qu’un échevelé hédoniste. Quant à lui, fou amoureux de cette belle bourgeoise un brin pince sans rire, il pensait aussi pouvoir la convertir à ses doctrines antiques du bon plaisir. Ce à quoi il parvint quelque peu, mais à l’intérieur de son couple formalisé, et encore, sous une forme très sclérosée : on peut certes évoluer, mais on ne change jamais du tout au tout !

Après de nombreuses années de vie commune et quatre enfants, Joseph délaissait de plus en plus son officielle pour aller se régaler dans des expériences interdites à son domicile avec de belles officieuses. Au cours d’une de ces soirées en club échangiste, il rencontre Giacomo. Un soir, lassée d’attendre que môssieur ait fini ses bagatelles et souhaitant avoir des preuves tangibles, Marie se met en planque devant le lieu qui lui semble abriter les effets de manche de son insatiable mari. Elle obtient vite confirmation de ses soupçons lorsqu’elle voit Joseph sortir du donjon, entouré d’autant d’hommes que de femmes.

Elle d’habitude si calme et posée, voit sa colère jalouse et son délaissement se transformer en haine du genre josephien. Elle cerne de suite un charmant jeune homme et son jury réactionnaire proclame une peine exemplaire à son encontre afin de marquer au fer rouge la conscience de son futur ex-mari : Giacomo, sans aucune possibilité de défense, se voit d’emblée condamné à subir ses foudres vengeresses en qualité de comparse du traître à la famille.

 

Attendant que Giacomo s’éloigne du groupe, rejoignant son hôtel d’une nuit, elle arrive à sa hauteur et ouvre sa fenêtre. Elle l’invite à aller boire un dernier verre avant qu’il ne se couche. Giacomo, bien épuisé par cette sacrée soirée où il a comme à son habitude arrosé bien du monde, décline l’invitation. Pour autant, il n’a pas trop le choix : Marie s’est transformée en terrible Marie-Madeleine, armée d’une pique prête à transpercer son flanc comme son cœur à elle l’a été. "Séduit" par tant d’impétuosité [enfin… à cette heure-ci il ne pense plus, il agit (-e sa bite)], ayant une grosse montée d’adrénaline provoquée par le stress et ce qu’il a pu se mettre dans le nez autant que dans le cornet tout au long de cette folle nuit, voire même finalement comblé dans son égo de mâle par cette exigence sexuelle, il se dit « tu me cherches, tu m’as trouvé : tu vas voir, je vais tout te donner ! ». La belle quadra l’emmène dans un silence glacial dans le parc municipal. Elle s’arrête soudain devant un bosquet. Elle si prude même dans son mariage avec Joseph, désire ardemment dorénavant goûter aux plaisirs que sa morale judéo-chrétienne de fille de bonne famille répugnait à envisager. Elle qui veut marquer le coup, entend bien user de symboles : elle attache alors Giacomo sur le banc-public où elle aimait se bécoter avec son amoureux Joseph et sur lequel il lui fit sa demande en non-mariage (qu’elle refusa pour lui imposer un mariage en bonne et due forme, à la mode bourgeoise que rejetait justement Joseph, mais quand on aime on peut renoncer à beaucoup de choses).

Alors que Marie-Madeleine, la sainte mère de famille devenue "putain" par les fautes de Joseph, s’apprête à redresser son tort par le biais de ce bouc-émissaire, une autre femme, Hippolyté [17], reine des Amazones [18] et tenancière du lupanar où Joseph et Giacomo s’en étaient donnés à cœur joie, arrive sur la scène du délit. Voyant que l’homme aux bras en croix n’est autre que Giacomo, dont elle avait repéré le manège machiste et prédateur dans son établissement, elle discute avec Marie-Madeleine pour connaître ses intentions. Plutôt d’accord avec les motivations misandriques (le contraire de misogyne) de cette femme bafouée dans sa dignité, Hippolyté propose d’assouvir le fantasme de nombreux hommes, à savoir une partie fine en triolisme à quatre seins, mais sans que Giacomo ne puisse toucher vu qu’il est ligoté ni même voir (pleins de gens rêvent de le faire mais rien, d’autres l’ont fait et certains regrettent d’en avoir rêvé car ça s’est transformé en cauchemar) : bref, infliger une bonne leçon d’excitation quasi uniquement sexuellement assouvie pour apprendre à ce chasseur que les sensualités tactiles et visuelles sont tout aussi importantes, au moins pour elles les femmes. Marie-Madeleine, déçue des hommes en général et du sien en particulier, sa curiosité piquée au vif par cette proposition indécente, acquiesce et bâillonne les yeux de Giacomo. Reprenant ainsi le dessus sur les malheurs de sa vertu passée, la nymphette [19] qu’elle s’est découverte s’engage dans cette ligue des Justine contre la désinvolture des Jules : comme femme trahie, elle s’arroge le droit d’utiliser Giacomo (pour une fois, les rôles sont inversés) pour se venger de son mari qui la corne dans un club échangiste !!! Marie-Madeleine se joue de Giacomo : la bourge décoincée sent sa jeunesse revenir, elle va faire pine y tance [20] avec ce pauvre bougre [21].

Giacomo attaché, c’est miss la dominatrice et l’instigatrice de tout, depuis le début d’ailleurs, qui impose son bon droit et son rythme. De toute façon elle a toute la nuit devant elle, l’officiel encornant n’ayant qu’à se faire autant du sang d’encre qu’elle lorsque môssieur est censé être en souper clientèle. Bien décidée à faire payer son mari en donnant le meilleur de la gente féminine à son amant d’un moment, elle lui fait tourner la tête !

 

 

  • Marie-Madeleine : « Le mariage est soit la corne d’abondance soit l’abondance de cornes, et comme tu l’as vu j’ai le cul qui est cocu [22] ! Marié vingt ans, fidèle deux ans : d’abord on contracte le mariage, ensuite on convole en juste noce, enfin une autre consomme la chair de ton cher et tendre ! Je suis marri [23] du comportement de mon mari – juste quelqu’un de mal, un homme normal, comme tant d’autres en somme – avec qui je m’étais engagée pour le meilleur et pour le p(lais)ir[e] ! Son crime de lèche-majesté sera puni par un doigt, vengeur de la justice aveugle qui (se) met le doigt dans le cul après s’être crevé les yeux. On dit « malheureux en amour, heureux au jeu » et « avoir une veine de cocue », et bien vérifions et jou(iss)ons derrière le buisson (d)ardent : c’est bientôt les douze coups de minuit, l’heure des cimes, je vais te faire fumer derrière le cyprès ! L’herbe est toujours plus verte dans le chant amoureux du voisin, surtout quand on est dans le désert affectif et sexuel (après sept ans de mariage, les noces de sapin, j’aurai déjà dû partir ou au moins plus fortement réagir) ! Je sais bien que j’ai les fesses qui s’affaissent, mais ce n’est pas une "faiblesse" suffisante pour qu’il me délaisse : avec lui c’est la fête du slip Olympia seulement tous les quatre ans, lors des années bissextiles !!! Le daron reprochait que, coincée de partout, la bourge ne bouge rien, ne lèche rien autant qu’elle ne fait rien lâcher ! Ce soir c’est ce qu’on va voir : c’est fesses-tival, je ne vais pas faire dans la demie-luxure [24] ! On dit que la femme fidèle a des regrets alors que la femme infidèle a des remords, mais pécher n’est pas péché quand c’est bien caché ! J’en ai plus qu’assez de jouer le rôle de l’épouse délaissée et esseulée : le meilleur remède à la douleur, c’est le plaisir ! Ce soir c’est mon soir : j’ai bu et, sans-culotte défroquée [25], je vais faire de l’abus avec toi, jouisseur libertin !!! Tu n’auras que mon corps, mon con et mon cul, pas mon cœur !
  • Giacomo : Pas grave, celui-là je te le laisse, je préfère le copinage au cocufiage (même si c’est agréable ce vent chaud à décorner les cocus ; cocu s’écrit d’ailleurs avec deux c, comme deux cornes – une pour elle et bientôt une pour lui) !
  • M-M : Je suis toute grande ouverte pour en parler ! Tiens, je profite de ma position dominante de dominatrice : ceci est mon corps, mange en tout, bouffe-moi l’hostie [26] ! Tourne le bouton, le bouton tout rond/rose, et je te couinerai [27] une chanson !
  • G : J’adore les incartades [28] de tes écartades ! Vive les touffes chrétiennes !!! {Je vais la baiser à la Française – expression employée Outre-Atlantique pour évoquer le cunnilingus, ils disent même « to french » – et lui réchauffer le bouton gelé du clitoris : faut aller au charbon, je descends à la cave ! Je suis heureux de lui défricher le jardin à la française, de lui brouter le gazon jusqu’à la Toison d’or (enfin, avec l’âge, plutôt argentée), même si je ne suis pas comme Ulysse qui l’avait conquise, car elle m’a été imposée ! J’aime les femmes mûres à point, fruitées, bien charpentées, ronde en bouche avec une belle robe : je lui chauffe le corps comme un bon verre de vin, son liquide a de la cuisse ! Je bois sans soif, goulûment, au goulot de cette femme-fontaine, petite lichée [29] après grosses léchées !}
  • M-M : Je ne suis pas tentée par la suce, mais faut bien se sustenter en protéines !
  • G : T’as tiré le bon bout de bambou, dur et souple à la fois !
  • Hippolyté (reine des Amazones) : Quel fariboleur/frivoleur [30] de "charme", quel opportun inopportun ! Avant je l’ai entendu dire « Elle tient plus debout, c’est l’heure de la mettre à quatre pattes : une fois les quatre fers en l’air, la bête se laisse faire » ou « Je reprends un coup à boire pour lui bourrer la gueule avec mon tire-cochonne » ! On va lui faire payer !!!
  • M-M : Allons ! On n’est pas bien là à la moiteur torride tous les trois ? Et lui le contracté du gland il bandera même s’il n’a pas envie de bander !
  • G : Plus j’en entends et j’en sais, moins je veux déballer : les femmes ont besoin de raisons pour faire l’amour et les hommes d’un endroit, mais cette fois c’est presque l’inverse ! {Surtout quand une Furie [31] de la nuit te cloue au pilori [32]}
  • M-M : T’es plus en état de lever le coude, le bras de levier ?
  • G : Si, mais pas tout seul, il me faut un coup de main bien placé !
  • M-M : Montre-moi ce que t’as dans le slip-barre / calebute (de chaud Mont) !!!
  • G : Si c’est ça que tu veux t’inquiète, tu vas la voir et l’avoir !!!
  • M-M : Hippolyté, goûte le petit jeune comme il léchouille bien ! Moi je lui titille la flûte moite et sent bon ! Seigneur dieu, moi qui n’avais jamais fait cela, voilà que je deviens Lucky Turlutte [33], la femme qui dégaine ton gun plus vite que celui de son hombre [34] ! Je te saute sur le râble [35] et te chope le mât de cocagne [36] pour en déguster le pompon : c’est du long, c’est du bon !
  • G : Euh, je veux pas être désagréable alors que tu me fais des choses agréables, mais souffler dans la flûte de Pan ce n’est pas en jouer, il faut mouvoir les doigts ! Et personnellement je préfère le Sax : c’est une conjugaison bouche et mains qui est particulièrement entrainante... mais bon... faut bien savoir en jouer !
  • M-M : Nom de Dieu !!! Si tu railles [37], je te raye le casque !!! Bon tu m’énerves, de toute façon le but n’est pas de te faire plaisir : tu n’es qu’un jouet que j’utilise pour ma vengeance, point final ! C’est bien parce qu’on n’aime pas ses amants qu’on les baise : je suis déjà un peu bourrée, viens me la bourrer !!!
  • G : T’es vraiment une sacrée perd la pudeur : guère pudique, tu niques !
  • M-M : Si je suis torride c’est pour combler ma peur du vide et des rides ! Les voies du seigneur sont impénétrables ? Le caprice de sauter comme des cabris à deux, un plaisir odieux ??? Non, le plaisir des dieux : viens me propulser vers des cieux qui feraient bien des envieux !!!
  • G : Je vais t’ouvrir les portes de la perception, te défoncer le verrou des plaisirs et les grilles du Paradis !!!
  • M-M : Ta croix m’est tombée des mains au niveau de l’antre jambe, c’est sorti tout seul de ma bouche ! Vas-y, mets-moi ton petit Jésus dans la crèche ! Eh, ta clef de 12 rentre nickel dans ma ceinture d’ex chasteté ! Allez, mets-y du cœur, c’est ton corps qui sexprime : « Turn on, tune in, drop out ! » (« Allume-toi, mets-toi dans le coup, lâche prise ») !!! Ô César au braquemard dépoussiérant les toiles d’araignées, entretiens le bois vivant ! Eh beh, malgré un bon club de golf j’espère que ce n’est pas ton meilleur coup dans le trou !!!
  • G : Je suis meilleur en-dehors du gazon/green, dans la terre battue/boueuse/brown !
  • M-M : Je ne fais jamais ça … ni le concert pour pipeau d’ailleurs, mais aujourd’hui ce n’est pas pareil ! Mon mari dit toujours que j’ai un manche à balai dans le cul, et bien cette fois la pieuvre tente l’encule : je te prends en étau, enserré entre un mètre de jambe, martyrise mon dark side of the moon ! Après l’Angélus déchu ce soir, je ne suis pas là pour faire la sainte : y a pas de finement et doucement qui tiennent, j’ai la marée haute et j’en suis toute mouillée ! Mais attention ! Si on trempette, fais-moi le saut de l’ange … sans plat au contact de l’O !
  • G : Tu vas voir, je vais t’enfoncer mon clou, je vais te cucifier sur place !!! J’ai le sexe aphone : à 69 décibels d’eargasme, il n’entend plus rien de mes ordres de se calmer ! Cette sacrée soirée restera gravée dans l’anale de cette dame !!!
  • Hippolyté : Pfff, alors qu’elle est bonne, lui is not good : un rien, la bite ! Ne bougez pas, je vais chercher un God double share pour que les deux prennent cher ! Le crazy horse de l’herbe folle va aux songes !!!
  • G : Hé ! Même démonté je l’ai défoncée … {oups, c’est le flip du bad-trip, je sens le flop, la fièvre du samedi (qui) foire} [Le canon ne tonne plus avec la daronne : il dé-bite, sa conne rit … jaune] … mais si drogues douces bite dure et bien drogues dures bite molle (sacrée soirée, on n’a pas fait que sucer des glaçons / garçons) !!! T’as bien vu que j’ai défouraillé toute la soirée … euh, dans tous les sens du terme [38] ! Dès le départ j’étais bien morte Adèle !!! Vous avez joué avec le feu, je m’y suis cramé : à force de trop lécher les femmes de l’enfer, je me suis brûlé la langue et en aie eu la queue fourchue !!!
  • M-M : Pour sûr : un gros coup de mou pour un petit dur ! Tu es de la petite bière pour moi et je préfère le champagne : en te voyant c’est lui que je voulais punir, pas moi en couchant avec toi !!! Vivement que tu sois mort … enfin raide pardon !
  • G : Je te refais la même, mais en mieux ! Et puis zut, les mecs ne sont pas des machines pour assouvir vos fantasmes de vengeance !!! Surtout si tu sais pas donner le bon ton, ou si le tempo est mauvais !!! Tiens d’ailleurs, quand on parle du loup, on en voit la queue !!!
  • M-M : Tu connais mon mari ???
  • G : Depuis ce soir, mais mieux et plus en profondeur que toi !
  • M-M : Eh oui, t’es jaune cocu mon connard, euh, mon poussin !!! L’adultère, c’est apprendre que son couple est un trio, avant que son conjoint infidèle n’apprenne que c’était en fait un quatuor ! T’imagine la sale nuit que j’ai passée en pensant à la belle nuit que tu passais ??? J’en ai marre de tes sexcapades !!!
  • Joseph : {Mon histoire d’amour est dans de sales draps, il me faut une couverture !} Écoute chérie, tout dépend ce qu’on met derrière ces maux : c’est juste que j’ai des besoins que je ne te vois pas satisfaire … quoique vu ce que je vois …
  • M-M : T’es un cocu faux-cul ! Il n’est pas question de positions, c’est juste que tu es un mari volage porté sur le marivaudage !!! [39]. Tu aimes séduire et encore plus jouir ! Comme de nombreuses femmes qui aiment leur mari, je n’imaginais pas pouvoir te tromper, mais en m’offrant "une petite aventure" (enfin, mésaventure plutôt pour le coup) j’ai compris qu’on n’avait jamais parlé sérieusement des variétés de la sexualité !!! Tu n’as jamais posé les questions, sûrement pour pouvoir aller voir ailleurs en toute "bonne conscience" !
  • J : Non … ! {enfin, ce serait aussi parce que les hommes mûrissent (enfin) quand les femmes vieillissent (voire décrépissent) : heureusement le temps arrange les choses avec les jeunes et jolies chiantes}
  • M-M : Ce n’est pas moi qui me trompe, c’est toi qui me trompe !!!
  • J : Je le reconnais, mais depuis le début tu n’as jamais été très "fofolle" ! Je ne voulais pas t’imposer mes goûts particuliers ! Tu n’as jamais eu envie de prendre le large, de ne faire des folies que par goût du vice !!!
  • M-M : Non, tu étais ma vertu car, s’il y a pomme de discorde, le ver tue !
  • J : Oui mais l’échange est propice à l’inspiration, et l’échangisme aussi : changer de partenaire enrichi la culture en la matière, sauf que là je n’avais rien à échanger ! Précision pour échapper aux poncifs/clichés de la situation : si j’ai couché avec elles, c’est uniquement au sens technique du terme {mais dans le trompage changement d’herbage réjouit les taureaux} !!!
  • M-M : Tu n’as pas changé, toujours le même obsédé, à jouer "Louis Michel la verge rouge et sa copine la veuve Clito au cordon et capuchon rouges" !
  • J : Eh bien oui : le rouge agité excite les torts hauts ! Et tu vois, ma petite chatte, je ne fais pas le dos rond [40], je trouve ça plutôt excitant !
  • M-M : Eh bien tu vois, moi aussi !!! Je n’ai rien contre, je suis plutôt pour, bien au contraire ! Je pense que ce genre de soirée ne peut que nous faire du bien : plutôt que de subir l’érosion du désir (avec moi tu étais devenu un pisse-froid – homme morose et sans humour –, j’espère que tu n’as pas chopé la chaude-pisse/blennorragie), cultivons l’éros du plaisir ! Pour tout dire, ce n’est pas toi qui m’inquiète ou en qui je n’ai pas confiance, mais les autres femmes et hommes qui te tournent autour ! Mais si je suis là à être une fidèle qui profite en étant infidèle comme son mari, alors ça me va très bien {et puis avoir un amant c’est beaucoup de tourment pour que ça ne se sache pas} ! Assouvissons chacun nos fantasmes, cela ne pourra que nous permettre de briser le train-train quotidien de la bague au doigt boulet au pied, chaîne d’entrave, menottes aux poignets !!!
  • J : Tout à fait : beaucoup de couples "installés" en souffrent et se retrouvent ainsi au bord de l’impasse. Arrêtons l’opposition basique Vierge Marie Vs mari à verge : pour relancer notre couple, réveiller le désir, rétablir la communication, l’échangisme peut être la solution pour continuer d’animer notre flamme ! Et là tu ne peux pas mieux tomber, j’étais déjà en plein dedans, mais maintenant que tu es là, je serai tout rien qu’à toi !
  • M-M : Sus [41] à l’action, si on se désirait jusqu’au bout ?!? Je n’ai jamais vu ça, autant mater pour en profiter : allons nous acoquiner à d’autres [42] ! Pour continuer de te punir, j’aimerais pleinement tester le candaulisme [43] – dont tu n’as vu ici qu’une triste fin – où j’espère bien te voir excité alors que j’ai des relations sexuelles avec une autre personne, l’amant n’étant lui aussi qu’un instrument au service de la satisfaction sexuelle de l’épouse bafouée que je suis (je ne recherche pas pour autant le cuckolding, qui nécessite l’humiliation du partenaire voyeur), avec interdiction (au moins pour cette fois) de réciprocité de la pratique de l’échangisme. Faisons une sacrée virée à
    l’aigre [44] allègre [45] !!!
  • G : Décidément, je serai toujours surpris par la rapidité de franchissement de la ligne entre ce qu’elles croient être et ce qu’elles acceptent d’être !

[1] Jeune homme qui est l’amant d’une femme, souvent plus âgée que lui, et qui se fait entretenir par elle ; autrefois il était plutôt l’amant de cœur et le compagnon d’une gigolette (jeune fille de mœurs faciles, fréquentant les bals populaires).

[2] Résidu précipité laissé par un liquide ; mauvais éléments d’une population.

[3] École qui tente un renversement des valeurs et propose une autre pratique de la vie, subversive et jubilatoire.

[4] Qui est injuste à l’excès en parlant des personnes.

[5] Créature de la mythologie grecque, qui incarne la force vitale de la nature : le concept d’hypersexualité remplace aujourd’hui les anciens concepts de nymphomanie et de satyriasisme, auxquels étaient associés un trouble psychologique caractérisé par une obsession vis-à-vis du sexe entraînant une libido considérée comme trop active.

[6] Réunion où l’on danse sans cérémonie ni règle sociale.

[7] Bouteille au cul bi qui tonne haut, 30 l : on retourne le fond et on agrandi "le commerce", c’est ce qu’on appelle élargir le cercle de ses amis.

[8] Petites bouteilles en verre contenant entre 2 et 9 cl.

[9] Carte que l’on joue au whist de manière à faire connaître son jeu à son partenaire et l’engager à l’appuyer.

[10] Manque d’intérêt, de mouvement, de chaleur.

[11] Référence à la secte des Turlupins dont les membres soutenaient qu’on ne doit avoir honte de rien de ce qui est naturel. Aux XIIIè et XIVè siècles, les Turlupins dansaient facétieusement et nus autour d’un chêne dans la forêt.

[12] « Testicule » : matière brune odorante que contient une poche située dans le ventre de certains cervidés qui habitent les pentes les plus rapides et les plus sauvages des hauts sommets d’Asie centrale ; parfum préparé avec cette substance produite pendant la période du rut.

[13] En 1640 pleine lune signifiait « gros visage », en 1872 « derrière ».

[14] Croisement du terme vieilli gaudir « manifester sa joie » et de cabriole (mouvement sautillant du corps ; vient de l’italien capriola « femelle du chevreuil »).

[15] Femme légère, fille de mauvaise vie.

[16] Réprimander avec dureté.

[17] « Qui délie le cheval » : reine des Amazones et fille d’Arès célèbre pour la « ceinture d’Hippolyte », l’un des douze travaux d’Héraclès. Hippolyté était sur le point de la lui remettre quand Héra sema le trouble : Héraclès fit prisonnière Mélanippe, l’auxiliaire d’Hippolyté, qui lui remit la ceinture comme prix de sa liberté.

[18] Femmes guerrières des peuples scythes et sauromates, habitant les rives du fleuve Thermodon, en Cappadoce dans l’actuelle Turquie. Les Amazones voyaient leur continuité au féminin : pour assurer la perpétuation de leur civilisation, elles s’unissaient une fois par an avec les hommes des peuplades voisines dont elles choisissaient les plus beaux. La légende dit qu’elles tuaient les enfants mâles (ou les rendaient aveugles ou boiteux, pour ensuite les utiliser comme serviteurs) et n’élevaient que les filles, ce qui paraît difficile pour assurer leur perpétuation. Il est donc plus probable qu’après le sevrage les garçons étaient confiés aux hommes avec lesquels elles avaient enfanté. Cela présuppose davantage un type de société matriarcale, ce dont les Grecs avaient horreur, raison pour laquelle ils blâmaient tant cette population. La légende rapporte également que les Amazones ne gardaient auprès d’elles que des hommes mutilés, estropiés, prétendant que cela augmenterait leur capacité sexuelle, supputant que l’infirmité empêcherait les hommes d’être violents et d’abuser du pouvoir.

[19] Divinité féminine secondaire personnifiant les forces vives de la nature, qui hantait les bois et était poursuivie par les satyres ; replis membraneux placés de chaque côté de l’orifice vaginal sous les grandes lèvres, synonyme de petites lèvres.

[20] De « tendre, faire effort » : gronder, sermonner ; la pénitence étant un regret intérieur et effectif de ses fautes, accompagné de la ferme volonté de les réparer et de ne plus y retomber.

[21] Autant mauvais drôle – comme pervers – que brave homme – comme victime sacrificielle : du bas latin bulgarus « bulgare », les Bulgares étant considérés comme hérétiques notamment en tant que population d’où au Xè siècle sont issus les célèbres Bogomiles de tendance dualiste, adversaires de la hiérarchie ecclésiastique, niant plusieurs sacrements dont le mariage, très répandus et souvent persécutés pendant tout le Moyen Âge dans les Balkans et dans l’Empire byzantin (accusés de sodomie).

[22] Normalement celui dont la femme manque à la fidélité conjugale : variante de coucou dont l’étymon latin cuculus est attesté dès l’époque classique aux sens de « imbécile, niais » et de « galant ». Les coucous ne prenant pas leur progéniture en charge n’ont pas besoin de vivre en couple comme certains autres oiseaux et ont ainsi une réputation d’infidélité.

[23] Affligée, triste, fâchée ; de l’ancien saxon merrian « déranger, empêcher », en ancien français esmeriz « troublé, désolé ».

[24] Recherche, pratique des plaisirs sexuels pour soi-seul ; trois sortes de péchés en chaire : le blasphème (la sacrure, péché sec), l’intempérance (la champlure, péché mouillé : abus d’alcool) et la luxure (la créature, péché poilu ; également très belle femme, voire femme de mauvaise vie).

[25] Qui a quitté le statut de nonne.

[26] Petite rondelle mince de pain azyme que le prêtre con-sacre.

[27] Couinement : cri de la lapine lorsqu’elle est prise en chasse.

[28] Extravagances, folies que fait une personne.

[29] Petite quantité : vient de licher, « Boire, manger, généralement avec excès, avec gourmandise ; embrasser ».

[30] Qui dit ou fait des choses qui n’ont nulle importance.

[31] Divinité ancienne, elle personnifie la malédiction lancée par quelqu’un. Juste mais sans merci, aucune prière ni sacrifice ne peut l’émouvoir, ni l’empêcher d’accomplir sa tâche. Elle refuse les circonstances atténuantes et punit toutes les offenses contre la famille.

[32] Dispositif destiné à exposer un condamné à l’infamie.

[33] Sorte d’engin de pêche ; turlututu, petites flûtes tenues en bouche.

[34] Homme en espagnol.

[35] Partie du lapin qui s’étend depuis le bas des côtés jusqu’à la queue.

[36] Mât glissant car huilé au-dessus duquel sont suspendus des objets qu’il faut essayer d’attraper.

[37] Manifester de l’ironie devant une situation ou un comportement que l’on déplore, dont on remet en cause le bien-fondé et que l’on juge ridicule.

[38] Dégainer, ôter du fourreau donc avoir des relations sexuelles ; également état d’une personne ayant consommé une quantité notoire de stupéfiants.

[39] Marivaux créait des mots nouveaux comme cette locution verbale qui nous paraît maintenant si courante, mais qui n’existait pas encore à l’époque, « tomber amoureux » (avant, on disait se rendre amoureux) ! Son nom a donné naissance au verbe marivauder qui signifie échanger des propos galants et d’une grande finesse, afin de séduire un homme ou une femme. Par extension a été créé le mot marivaudage, « le mélange de métaphysique, de locutions triviales, de sentiments alambiqués et de dictions populaires le plus subtil ». Il se rapporte également à d’autres termes tels que le libertinage et le badinage – on parle de badinage spirituel comme de marivaudage sentimental). Le mot badinage vient du provençal badin, « nigaud » et a désigné longtemps un personnage niais, un fou puis le bouffon des comédies comme personnage folâtre, enjoué, un peu frivole. Cela a donné badinage qui signifie « sottise », avant de devenir le substantif du verbe badiner, « plaisanter avec enjouement », bavardage, souvent superficiel, autour des sentiments (voir le titre d’une pièce de Musset "On ne badine pas avec l’amour"). Libertinage vient de libertus qui en latin signifie « affranchi ». La diffusion du mot fait référence à un courant de pensée du début du XVIIè siècle qui prétend s’émanciper de toute croyance religieuse. Par extension, le mot désigne une personne à la morale flottante, considérée comme débauchée ou simplement adonnée à la recherche du plaisir sans contrainte. À l’époque de Marivaux, des écrivains mettaient en scène des libertins en ce sens. Le libertinage diffère du marivaudage qui est avant tout un jeu avec les sentiments et les mots. Il suppose une volonté plus affirmée de refus des conventions morales et une manière de vivre délivrée de toute contrainte. Néanmoins, le libertinage est encore une façon d’user du langage pour séduire, une forme d’expression ludique, mais moins enjouée que cynique.

[40] Quand on se fait gronder, quand on est penaud, honteux, qu’on subit.

[41] Se ruer à l’attaque de.

[42] Avoir des fréquentations avec quelqu’un en s’installant auprès de lui.

[43] Le terme vient de la légende du roi de Lydie (Asie Mineure), Candaule, dont il existe plusieurs versions. Une première version rapporte que Candaule tua sa femme après que celle-ci eut refusé de marcher nue devant ses soldats. Une autre version, rapportée par Hérodote, diffère sensiblement : selon Hérodote, le roi Candaule trouvait sa femme plus belle que toutes les autres. Sans cesse, il vantait à Gygès, officier de sa garde du corps, les charmes de son épouse et un jour, il l’invita à se convaincre, de visu, de la beauté de celle-ci. Gygès refusa l’offre mais le roi insista. Dissimulé derrière la porte de la chambre nuptiale, Gygès assista au coucher de la reine. Mais, au moment où il s’esquivait, la souveraine l’aperçut. Feignant de n’avoir rien remarqué et persuadée que son mari avait voulu l’humilier, elle jura de se venger. Le lendemain matin, elle convoqua Gygès et lui offrit l’alternative d’être exécuté ou de tuer Candaule, de s’emparer du trône et de l’épouser. Gygès refusa l’offre de la reine, puis, devant l’inutilité de ses efforts, il résolut de tuer Candaule. La reine le cacha à l’endroit où il s’était dissimulé la veille ; Candaule mourut, poignardé par Gygès durant son sommeil. Quand il fut installé sur le trône, Gygès se heurta à des adversaires. Ceux-ci acceptèrent de soumettre le cas à l’oracle de Delphes. L’oracle confirma Gygès dans sa royauté. Le recours à l’oracle delphien est historique : on sait qu’en témoignage de reconnaissance Gygès fit don au sanctuaire de Delphes d’objets d’or et d’argent.

[44] Dont les parties ne sont pas liées et se séparent facilement les unes des autres ; les outils sont aigres quand ils sont trempés trop dur.

[45] Plein d’entrain, joyeux.

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10 janvier 2010 7 10 /01 /janvier /2010 20:08
  • L'idéal est une fleur dont les conditions matérielles d'existence constituent la racine. Proudhon
  • Suggérer, c’est créer. Décrire, c’est détruire. Doisneau
  • la vie ne vaut rien, c'est tout le reste qui coûte
  • « L’intelligence sert à tout et dessert l’essentiel ! »
  • Confronter aux dures lois du refus de la différence et du qu’en-dira-t-on
  • j’ai un affreux doute sur cette (herma)Aphrodite
  • garder une bonne poire pour le dessert
  • prendre la tangente de la branlante
  • Ne te caille pas le lait
  • Amer thunes
  • encore et en corps tordu de "doux" leurres
  • " Les mots savent de nous des choses que nous ignorons d'eux" René Char
  • Je me vends pour acheter ce qui fait me vendre
  • délie-moi du délit d'envie
  • comme pour tout, faut séparer le bon vin de l'ivresse
  • Quand on demande à l'homme de prendre son courage à deux mains, bien souvent il l'étrangle
  • Les choses qui ne sont pas faites font beaucoup parler, les choses qui sont faites sont passées sous silence
  • "La cruauté est la force des lâches."
  • "L'homme est sage tant qu'il cherche la sagesse, mais dès qu'il croit l'avoir trouvée il perd la tête."
  • En matière de sexe, la plupart des hommes se prennent pour des dieux. Manque de pot, en matière de sexe, la plupart des femmes sont athées. (Lherbier)
  • Choisis ton homme pour ses actes, non pour ses paroles (proverbe arabe)
  • Dis-moi ce que tu penses, je te dirai qui tu hais
  • il y a des silences qui font encore plus mal que les mots
  • «C’est dans vos moments de décision que votre destinée prend forme.» – Anthony Robbins
  • Il n'y a d'autre enfer pour l'homme que la bêtise ou la méchanceté de ses semblables. Sade
  • L'humour est une disposition d'esprit qui fait qu'on exprime avec gravité des choses frivoles et avec légèreté des choses sérieuses. (Alfred Capus)
  • La culture, c’est comme l’amour. Il faut y aller par petits coups au début pour bien en jouir plus tard. Desproges
  • "N'allez pas là où le chemin peut mener. Allez là où il n'y a pas de chemin et laissez une trace." (Ralph Waldo Emerson)
  • ''En amour, inutile de chercher le bon sentier. C’est lui qui se mettra en travers de votre chemin''
  • Naît-on deux fois ? Oui. La première fois, le jour où l'on naît à la vie ; la seconde fois, le jour où l'on naît à l'amour. Victor Hugo
  • « Ce qui me fascine chez les imbéciles, c’est ce dantesque acharnement à vouloir prouver qu’ils le sont… »
  • ce n’est pas lui qui s’en va, c’est Kenny qui part
  • « Il faut tenir le silence en laisse quand on regarde quelqu’un au fond des yeux, les statistiques sont formelles... Le premier qui parle dit une connerie ! »
  • "Vivre simplement pour que simplement d'autres puissent vivre" Gandhi.
  • «Quand on est aimé, on ne doute de rien. Quand on aime, on doute de tout.» [ Colette ]
  • Déni de grossesse : 1 grossesse sur 500
  • Multiplie par l’infini et ajoute les profondeurs de l’éternité
  • même les plus belles fleurs flétrissent puis pourrissent
  • L'amitié finit parfois en amour, mais rarement l'amour en amitié.
  • L'amitié est lente à mûrir, et la vie si rapide. L'amitié est une fleur que le vent couche et trop souvent déracine.
  • L'homme est un animal raisonnable qui se met régulièrement en colère lorsqu'on lui demande d'agir en accord avec les préceptes de la raison. Oscar Wilde
  • Cherchons nos biens en nous-mêmes, autrement, nous ne les trouverons pas.
  • " S'il fallait être "Aimable" avec tous les imbéciles et crétins que l'on croise dans une journée, ce monde serait cafi d'accordéonistes ! "
  • Les larmes sont le sang du cœur, Quand il n'y a plus de sang dans le cœur, On meurt de chagrin.....
  • " Si aimer est un art, rares sont les toiles de maître ! "
  • «Le silence est une sagesse mais rare sont ceux qui le pratiquent »
  • La femme qui subit des violences se fait violence pour aller se plaindre
  • De temps en temps, il faut se reposer de ne rien faire. Cocteau
  • Il faut, au moins une fois dans sa vie, avoir connu une joie mauvaise, ne serait-ce que pour savoir le goût que ça a. CAVANNA
  • "J'ai regretté des paroles mais je n'ai jamais regretté le silence."
  • "Ce qui est passé a fui ; ce que tu espères est absent ; mais le présent est à toi."
  • "Admire la personne qui te critique car prisonnière de sa propre jalousie, elle ne fait que t'admirer."
  • "Sache que celui qui t'a conseillé t'a aimé, et celui qui t'a flatté t'a trompé."
  • "La femme voilée est comme une perle de corail : quand elle est dévoilée tout le monde veut se l'approprier."
  • Après tout, il faut avoir une jeunesse. L'âge où l'on se décide à être jeune importe peu... (Duvernois)
  • "Le jeun du cœur, c'est se taire."
  • "Le bas-monde est un pont, traverse le et ne compte pas y résider."
  • "La main qui donne est meilleure que celle qui reçoit."
  • "La vérité est amère mais ses fruits sont doux."
  • "Lorsque tu vins au monde, tout le monde était content et toi tu pleurais. Vis de telle sorte que lorsque tu mourras, tous pleureront et tu seras heureux."
  • "L'indigestion du riche est la vengeance de la faim du pauvre."
  • "L'erreur n'annule pas la valeur de l'effort accompli."
  • "N'ouvre la bouche que lorsque tu es sûr que ce que tu vas dire est plus beau que le silence."
  • "Chercher à se justifier quand on n'est pas coupable, c'est s'accuser."
  • prouver que j’ai raison serait vous accordez que je puisse avoir tort !
  • "La beauté est une demi-faveur du ciel, l'intelligence est un don."
  • "Loue ton ami en public et critique-le en tête à tête."
  • « La bave du crapaud n’atteint pas la blanche colombe, et le train de votre mépris glisse sur les rails de mon indifférence ! »
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6 janvier 2010 3 06 /01 /janvier /2010 19:06

  • U : « Après mes expériences traumatisantes dans le domaine du sexe esclavagisé, j’ai décidé de rentrer dans le moule social, moi qui l’avais toujours fui en même temps que mon éducation trop psychorigide ! Toujours autant noctambule, j’ai travaillé dans un bar à hôtesses, voulant privilégier le contact humain, l’ambiance festive et les pourboires (et que pour boire ! … éventuellement pour voir, mais on touche qu’avec les yeux !!!). Malheureusement, je me suis vite rendue compte que le milieu de la nuit est décidément trop propice aux écarts de conduite, tant de la part des clients alcoolisés avec leurs mains baladeuses que des patrons qui affirment leur droit de cuissage pour effectuer leur casting (« Si t’es pas contente, d’autres suivent derrière et seront ravies d’avoir ta place ! »). Toujours est-il que voulant bien gagner ma vie, sans me faire harceler psychologiquement (à l’usine) ou sexuellement (au bureau), j’ai fait le choix d’assouvir mon goût pour le sexe tout en assurant une certaine professionnalisation de mes passions. J’ai alors choisi d’aller au turbin plutôt qu’au tapin, en devenant hardeuse dans l’industrie du sexe. De toute façon, la prostitution de personnes recevant des clients ne représente que 1% du chiffre du travail du sexe, le reste provient en grande partie du porno, qui fait partie intégrante de l’industrie du film et n’est pas considéré comme de la prostitution : pourtant il y a acte sexuel contre une rémunération ! ».
  • Comment as-tu pénétré le 7è art du 7è ciel ?
  • U : « Disons que sans être plombière, j’étais déjà bien introduite dans le milieu à queue. J’ai tout simplement déposé mon CV auprès des grands acteurs du secteur lors d’un salon de l’érotisme, en mettant bien en avant mes expériences professionnelles multi-tâches et mes qualités corporelles ! Mon curri-cul-um (hot & spicy) étant aussi étoffé que ma touffe rasée selon la mode (actuelle) et mes certificats médicaux propres (normal, je suis toujours sortie couvert, avec tous ces pervers, mieux vaut se protéger !, et même autrement, on ne sait jamais !!!), j’ai passé quelques castings où mon professionnalisme a tout de suite été remarqué : porn to be star !!! Je pensais commencer en bas de lèche-elle, mais j’ai eu l’opportunité de tourner immédiatement avec le pape français du porno, alias Monsieur Marc Dorcel, le toucan au bec et aux dicks multicolores ! Moi qui n’avais jamais vu de film porno (si si, je vous assure !), je trouvais l’idée très intéressante de donner de ma personne en vue d’aider à la connaissance et au perfectionnement de l’art de s’étreindre ! Un peu comme le Kama Sutra, qui n’est pas un livre de cul à proprement parler mais qui relève plutôt de la bible de la sensualité et de l’érotisme à destination de ceux qui veulent donner autant de plaisir (et non forcément de la jouissance, même si les deux peuvent être – intimement – liées) à leur partenaire qu’ils en prennent à leur en fournir ! Imprégnée des valeurs fondatrices du cinéma érotique des années de libération sexuelle (la fameuse parenthèse enchantée, de la pilule au SIDA), je me voyais un peu comme une sexorciste des peurs et des agressivités de notre époque de performance à tout/tous crins/craint, une montreuse de bonnes aventures permettant de compléter les cours d’éducation sexuelle (ou plutôt de biologie reproductive de base) et les sexpériences des jeunes (et moins jeunes) adolescents/adulescents/adultes !!! Je sais bien que les enfants sont confrontés de plus en plus jeunes à la pornographie via des sites illégaux et donc que les parents préservent leurs enfants de cette profusion de "zobsession", mettant majoritairement en place sur leur équipement informatique des moyens de protections des mineurs comme des codes d’accès parental ou des logiciels de filtrages. Mais bon, il faut se faire à l’idée qu’ils sont des habitués, qu’ils découvrent le cinéma X (l’appellation X viendrait du fait que l’on barrait autrefois de croix les affiches des films censurés) plus tôt que leurs ainés, vers seize ans (les deux-tiers des moins de vingt-cinq ans, contre la moitié de la population, s’étant initiés tout seuls, un quart avec un ami, un dixième, contre un quart de la population, avec leur partenaire contre 25% pour toute la population : toujours au stade de l’initiation, la plupart se sont contentés pour le moment de ne visionner que des extraits et non l’intégralité de films ; passé vingt-cinq ans, la tendance s’inverse et plus nombreux sont ceux à avoir déjà vu un film en entier). Mais eux considèrent que c’est le bon âge, pas "trop jeune" pour voir son premier film de boules, le rôle de la pornographie dans l’apprentissage de la sexualité étant deux fois plus important pour les hommes (la moitié) que pour les femmes ! Et c’est qu’ils s’accoutument vite les coquinous : ils sont des consommateurs assidus (pas tous, mais un bon quart regarde un film qui leur est interdit – plus du porno que de l’érotico, plutôt des films X aux scènes QQ, à la lettre près – au moins une fois par mois) qui naviguent sur Internet et qui sont habitués aux contenus gratuits que ce soit par le biais de sites et par téléchargement illégal !!! Il faut bien comprendre que haut-débit oblige (et nous sommes les premiers Européens en terme de CGV, Connexion à Haute Vitesse), on peut dater à ces trois dernières années l’explosion du porno gratuit sur le web avec l’apparition massive de plateformes hot voire trash (ce qui marche le mieux). Il faut rappeler que les personnes âgées de plus de cinquante ans avaient difficilement accès à des films X dans leur jeunesse, sachant que jusqu’au début des années 80 – où la diffusion des cassettes VHS et des premiers films X sur Canal+ en a largement démocratisé l’accès –, la diffusion de films pornographiques était limitée à des salles spécialisées auxquelles l’accès était interdit aux mineurs (c’est-à-dire aux moins de vingt-et-un ans jusqu’en 1974) ».
  • Qu’en est-il aujourd’hui ?
  • U : « Au milieu d’une production de niveau très médiocre, ressortent des films de qualité qui s’appuient sur des réalisateurs tels qu’Andrew Blake (ancien photographe), Marc Dorcel (ancien producteur), Pierre Woodman (ancien policier) ou encore Paul Thomas et John Leslie (deux anciens acteurs du X du début des années 80). À la fin de 1990, Berth Milton Senior passa le flambeau à son fils pour la direction de Private (la plus grande collection de DVD pornographiques au monde, dont le classement thématique permet de cibler les différentes catégories de consommateurs), Berth Milton Jr., qui engagea le photographe/réalisateur Pierre Woodman. Ce dernier apporta un nouveau style au sein d'une maison vieillissante (fondée en 1965 en Suède), en allant chercher des modèles dans les pays de l'est de l'Europe et en poussant le jeune patron à faire de la vidéo X haut de gamme. Portée par l'essor du DVD et la qualité de ses productions, Private devint alors rapidement le leader du marché international avec cinquante deux pays distributeurs. Ces dernières décennies, Private Media Group est ainsi devenu le plus important studio pornographique au monde, en glanant plus de deux cent vingt récompenses. Cette société a les meilleures ventes de DVD X au monde (tous studios confondus) avec notamment huit très gros blockbusters : Sex City , Gladiator, Pyramid, Cleopatra, Millionaire, Private Chateau, Robinson Crusoe et X girls. Après avoir transféré le siège de la société en Espagne en 1997, Berth Milton modernisa et diversifia la société, en développant les activités Internet et le marché de la vidéo à la demande. En février 1999, Private devint la première société à vocation pornographique à être introduite en bourse (au Nasdaq). L'industrie de la pornographie s'était toujours jusque-là financée de façon obscure, servant d'exutoire fiscal à certains mécènes puissants. Trois ans plus tard, le magazine économique américain Forbes classa Private Media Group parmi les vingt sociétés les plus prometteuses. D'autres jeunes entrepreneurs se sont construits sur à peu près rien, telle la société Opale Net, réussissant le tour de force de devenir un acteur principal dans le monde du contenu pour adultes en gravissant humblement les échelons. Aujourd'hui cependant, la tendance semble vouloir changer. Les puissants du monde de la finance, s'interrogeant sur le succès de l'industrie du sexe, semblent croire qu'il s'agit d'un secteur d'investissement comme un autre et qu'il faudrait peut-être songer à y faire sa place dès maintenant. Le Business du X connaît une croissance fulgurante depuis quelques décennies. Son ascension ne se dément pas et de plus en plus d'hommes d'affaires, reconnaissant ses performances financières, décident de s'acoquiner avec lui. Argent facile dans un monde où la qualité n'est pas toujours au rendez-vous, le X business n'attire pas que les grosses fortunes qui cherchent à gagner davantage. Après la vague de fonds d'investissements "éthiques", qui favorisaient les investissements dans toute entreprise morale, et que l'on appelle des "investissements socialement responsables", les gens d'affaires s'engagent, depuis le nouveau millénaire, dans l'exploitation des "vice fund". Le fonds d'investissement américain Vice Fund, crée en 2002, a d'ailleurs pour ambition d'encourager les investissements dans tout ce qui est socialement immoral, tout en restant légal. Idem pour la banque US d’affaires AdultVest. Persuadés de la réussite d'investissements dans des "actions du vice", elle propose des fonds dans l'industrie du sexe, exclusivement. Un revirement sans précédent dans l'univers boursier. Cette banque, créée en 2005, en est à 8,4 milliards de dollars d'investissement pour 840 entreprises actives à l'heure actuelle. Plus de 4 000 investisseurs y participent déjà à titre de membres ; un début fracassant ! Partant du principe que l'être humain est régit par divers vices, aucune récession économique ne l'éloignera de ses besoins de satisfaction sexuelle. En clair, l'homme consommera toujours le sexe d'une façon ou d'une autre et il sera toujours prêt à payer pour s'en procurer. Mais tout n'est pas rose pour l'industrie du sexe en bourse. En 1990, Hugh Hefner jubilait devant l'entrée en bourse de son célèbre magazine Playboy. Dix-huit ans plus tard, après avoir atteint des courbes aussi alléchantes que 32.31 $, le titre est tombé en chute libre et n'a jamais retrouvé une cote aussi élevée. Idem pour la société Beate Ushe, une chaîne de sex-shop allemande, qui cotait dès son entrée, en 1999, à 14.20 € et qui s'essoufflait dangereusement tout récemment avec des courbes très décevantes. Pourtant, ces piètres performances n'empêchent pas certains hommes d'affaires de risquer le coup. Après avoir racheté le groupe Montorgueil SAS, dont fait partie Carpe Diem (estimé à 30 millions € de chiffre d'affaires), l'un des principaux diffuseurs de contenu adulte sur le net, Rentabiliweb diversifie ses activités et propose à ses investisseurs le grand saut dans le monde de la pornographie. Or quand on sait qu'un homme tel que Bernard Arnault gravite parmi ces investisseurs de renom, on peut raisonnablement penser que le PDG de Rentabiliweb sait exactement ce qu'il fait. Plus le sexe est visible, plus les consommateurs le réclament. Il reste l'un des sujets favoris dans le monde entier, même dans les sphères religieuses fermées. D'ailleurs, les pays qui procèdent au plus grand nombre de requêtes ayant le sexe pour sujet, précisément sur le net, sont le Pakistan, l'Inde, l'Égypte, la Turquie, l'Algérie, le Maroc et l'Indonésie. Par ailleurs, si l'on tient compte de la démocratisation du sexe en général, que l'on prend en considération l'engouement public pour les sex-toys et autres curiosités en rapport avec la vie sexuelle des individus ordinaires, que l'on estime la tendance à la hausse dans le marché du X via Internet, il reste évident que les investisseurs ont tout intérêt à percer ce marché au même titre que n'importe quel autre. Avec la venue des baby boomers dans les rangs échangistes et SM soft, on peut croire que la chute libre du sexe sur les marchés boursiers n'est pas pour bientôt ! En 2006, le chiffre d'affaires de Private Media Group s'est élevé à 38,4 millions de dollars, le bénéfice net après impôts atteignant plus de 630 000 dollars. De nos jours, les plus grandes chaînes hôtelières de la planète proposent des programmes payants (Vidéo à la demande) pour adultes élaborés par Private, et de nombreux opérateurs tel que Belgacom en Belgique, ou Canal+ en France ont passé des accords avec Private Media Group (tout comme Marc Dorcel, leader européen, qui depuis septembre 2008 distribue en exclusivité, en France, le catalogue DVD des fameuses productions Private). En 2005, la marque commerciale Marc Dorcel est la marque sexy la plus connue en France avec 49% de notoriété. Son logo représentant un toucan qui apparait avant chaque diffusion sur Canal+ a aidé à accroître la visibilité de la marque. Les Hot d’Or, qui récompensent chaque année les meilleures productions X, sont carrément devenus l’un des événements majeurs des festivités du festival de Cannes, jusqu’à s’en faire virer et redémarrer quelques années plus tard, crise oblige, sur Paris. Il faut dire que le cinéma traditionnel fait aussi de plus en plus appel aux comédiens du X : Ovidie dans Le pornographe et Mortel transfert, Raphaëla Anderson et Karen Bach dans Baise-moi, Rocco Siffredi dans Romance. De même, l’année 2000 a marqué la rencontre entre le cinéma traditionnel et le X, même si Baise-moi de Virginie Despentes et Coralie Trinh Thi (ex-hardeuse) s’est vu retirer son visa d’exploitation dans le circuit normal. D’autre part, quinze ans après la fellation de Maruschka Detmers dans Le Diable au corps, celle non simulée du film de Patrice Chéreau dans Intimité ne provoque plus aucune polémique. Enfin, Lars von Trier (Palme d’or à Cannes 2000 pour Dancer in the Dark) a produit un vrai film X, Pink prison, qui contient d’authentiques scènes hard. En 2002, suite à la publication d’un rapport sur l’environnement médiatique de la jeunesse (révélant que 11% des 4/12 ans dont les parents sont abonnés à Canal+ ont vu un extrait, mais seuls 10% d’entre eux ont poussé jusqu’à la moitié du film) et d’une réglementation européenne contraignante en la matière, la diffusion de films X a la télévision française est remise en cause. Il faut dire que le genre s’est démocratisé à la télévision française : plus de cent films à caractère pornographique proposés sur les chaînes du câble et du satellite (XXL, CinéCinéma et TPS cinéma) auquel il convient d’ajouter quatre-vingt titres sur Kiosque et Multivision multidiffusés (achetés entre 1 500 et 10 000 euros contre 25 000 euros pour Canal+). Pour Vidéo Marc Dorcel, la télévision représente 15 % de son chiffre d’affaires (4,2 M€ sur 28 M€). Quant à l’audience de ces films, elle est loin d’être confidentielle : avec près d’un million d’abonnés, XXL représente le quart de Canal+ (sans en avoir les contraintes financières), le film X de Canal+ est vu par 35% des abonnés, et d’après un opérateur 5 à 10% des abonnés aux chaînes cinéma sont motivés exclusivement par les films pornographiques. En France, les films à caractère pornographique sont autorisés uniquement entre minuit et quatre heures du matin, sur des chaînes payantes (abonnement en double cryptage ou Pay per view) avec de nombreuses restrictions par rapport aux films autorisés à la vente et à la location. Les films doivent avoir un scénario, ne peuvent pas se référer aux déclinaisons de pratiques ou de spécialités. En pratique, les chaînes n’ont pas utilisé pleinement cette semi-liberté, ainsi l’homosexualité masculine avant l’apparition de la chaîne Pink TV était absente (hors événement exceptionnel type Gay pride ou le film mensuel de la chaîne XXL) ; quant à l’homosexualité féminine, elle est souvent limitée à quelques scènes (exclusivement lesbiennes ou bisexuelles) dans un ensemble de scènes hétérosexuelles. Enfin, le choix des films privilégie les acteurs et actrices jeunes et en bonne santé (pas de handicap physique, actrice de moins de 35 ans, pas de femmes enceintes, ...).
  • Comment les films pornos sont-ils "consommés" ?
  • U : « Sur le plan de la consommation, les homosexuels achètent et louent davantage que les hétérosexuels et se déplacent également plus dans les sex-shops que les hétérosexuels pour se procurer des films. Ils sont également davantage réceptifs que les hétérosexuels, plus disposés à intégrer la pornographie au sein de leur couple. En moyenne, les homosexuels ont découvert le cinéma X plus tôt que les hétérosexuels, vers vingt-et-un ans, et ils lui attribuent plus facilement un rôle dans la découverte et l’apprentissage de leur vie sexuelle (deux tiers contre un tiers chez les hétéros). Chez les hétéros, le film X n’est plus aujourd'hui limité aux sex-shops et réservé à une minorité de mâles frustrés mais apparaît, au contraire, comme un phénomène de masse, répandu dans tous les milieux, intégré à la vie quotidienne des Français (un dixième des hommes en ont déjà vu sur leur lieu de travail et un tiers dans une chambre d’hôtel). Plus de vingt ans après le premier film X diffusé à la télévision, il n’est plus honteux d’aimer le porno et de le dire. Avec l’émergence des chaînes câblées et la démocratisation d’Internet, l’accès aux contenus pour adultes s’est largement banalisé, un grand nombre de femmes reconnaissant même en avoir déjà vu un (que ce soit dans son intégralité ou seulement quelques extraits). Et chez ces personnes qui ont déjà vu un film X, le visionnage de films pornos est loin d’être exceptionnel voir accidentel…  Au contraire, on note une consommation régulière chez une forte proportion d’entre elles : une sur deux en regardent de manière occasionnelle, près d’une sur cinq en regardent au moins une fois par mois. Cœur de cible du marché de la production pour adultes, les hommes ont déjà, dans leur quasi-totalité, visionné un film X (pour un quart seulement quelques extraits). Principaux consommateurs de films X, un tiers des hommes en ont une consommation mensuelle, cette proportion étant d’autant plus forte que l’on est jeune, consommant pour plus de trois quart en solo (mais les trois quarts aimeraient regarder un film X avec leur partenaire… si celle-ci le leur demandait) ou pour moitié de tous les hommes avec leur partenaire. La moitié des hommes estime d’ailleurs qu’ils ont un impact sur leur désir sexuel, contre un tiers chez les femmes, sachant que près d’un homme sur trois ayant regardé un film pornographique a déjà fait l’amour devant ce type de films (la moitié des hommes ayant déjà essayé de reproduire des scènes ou des positions vues dans ces films, contre un quart des femmes). D’ailleurs, près d’un homme sur dix aimerait tourner dans un film X, sachant qu’ils sont un sur trois à s’être ou à souhaiter se filmer durant leurs ébats (un homme sur cinq aimerait ou a déjà fait l’amour avec sa partenaire via une webcam). Pour autant, les Français maintiennent une distance entre le X et la réalité (tout en exprimant une préférence pour des films esthétisés aux scénarios élaborés). Quelque soit leur sexe ou leur âge, ils considèrent dans leur très grande majorité que la sexualité présentée dans les films X est éloignée des pratiques sexuelles : ça reste du cinéma et ce n'est pas la réalité. Si la majorité des gens trouve les films pornos excitants et "amusants", elle ne les trouve pas moins "ridicules" et "dégradants", ce qui n’empêche pas un quart de la population de les trouver "naturels" et même "sains". Toujours est-il que parmi les principaux critères de satisfaction d’un film X, on trouve la présence de beaux acteurs ou actrices, devant le scénario, la lingerie, le nombre de scènes X et la beauté des décors, les femmes attachant plus d’importance au scénario alors que les hommes sont plus soucieux du nombre de scènes X (et notamment de la présence de scènes de fellation, ce qui est toujours le cas, au contraire du cunnilingus : la moitié des hommes s’enquiert de la présence de scènes de fellation alors que la présence d’autres pratiques est secondaire) ou de la lingerie. Il existe ainsi plusieurs centaines de studios qui produisent des dizaines de milliers de films chaque année, et plusieurs milliers de personnes travaillent comme acteur ou actrice pornographiques. En 2002, on estime que le chiffre d'affaires (au niveau mondial) de l'industrie pornographique s'élevait à 50 milliards d'euros ! Les producteurs de contenu adulte sont conscients que bien souvent c'est l'acte sexuel dans sa représentation clinique qui intéresse le spectateur, le consommateur de pornographie visionnant ce type de produit dans le seul but de s'exciter et d'assouvir ses pulsions. C'est le consommateur pur et dur, celui qui se masturbe devant ce contenu et qui n'a rien à faire des préliminaires. Ce client type, champion toutes catégories de la consommation rapide, achète tout ce qui lui promet l'orgasme. Or il constitue les deux-tiers du volume total de la clientèle de ce genre de films. Cette clientèle cible donne donc lieu à une surproduction de mauvaise qualité, vidéos dont les images, aux couleurs saturées, présentent des scènes très explicites : la scène s'ouvre invariablement sur une femme qui se livre à un strip-tease torride, offrant au regard une plastique largement aidée par les interventions chirurgicales, et des gestes bien souvent vulgaires. L'actrice de toute évidence est là pour inviter le consommateur, elle s'adresse directement à ce voyeur en des termes très directs. Une fois le regard appâté, l'action commence. Un, deux ou plusieurs hommes s'avancent alors vers la femme objet, et lui présentent leur sexe ou elle va le rechercher avidement. Quelques scénarios plus élaborés permettent à l'acteur mâle de procéder à quelques caresses préliminaires. Ensuite, après la fellation "obligatoire" (mais on voit très rarement de cunnilingus), s'enchaîne les scènes de pénétration afin que le film se termine, inévitablement, sur l'éjaculation triomphante. Ce canevas sert de base à presque la totalité des films et vidéos pornos. C'est un standard ! La capacité de production commençant à saturer le marché du film pornographique, les pratiques évoluèrent vers des pratiques jusqu'ici plus confidentielles, comme la sodomie, la pénétration double, le BDSM (sigle de « Bondage – immobiliser le corps de son partenaire généralement au moyen de cordes, mais le terme peut parfois être utilisé pour l'utilisation de tout autre accessoire de contrainte – et Discipline, domination et soumission, SadoMasochisme » : ensemble de pratiques sexuelles marginales, fondées sur une relation consentante de dominant à dominé, la dimension de douleur étant nettement moins présente que dans le sadomasochisme. Cette domination pouvant s'exercer de façon psychologique et/ou par le biais de contraintes physiques, on parle aussi en termes plus modernes de « jeux d'échanges de pouvoir ». Ils sont de deux types : domination, entrave, pour le premier type, et parfois, en plus, lorsque la douleur et l'humiliation interviennent, ils entrent dans le deuxième type. Les partenaires pratiquent ces jeux afin d'obtenir par l'exacerbation de leurs sens et de leurs fantasmes un désir sexuel plus intense), etc. Certaines de ces pratiques furent incorporées aux films pornographiques plus conventionnels, créant une nouvelle norme de pratiques sexuelles. Les acteurs et actrices les plus recherchés devinrent donc ceux qui incorporaient ces pratiques à leur répertoire de jeu d'acteur. D'autres studios se sont tournés vers un système à longue queue (de nombreux produits chacun en petite quantité), se spécialisant dans la réalisation de fantasmes plus spécifiques et ne touchant qu'un nombre limité d'amateurs, mais en diversifiant leur offre afin d'occuper ces niches commerciales (un studio japonais s’est ainsi spécialisé dans ce type de marché, proposant aux consommateurs de signaler les fantasmes qui les intéressent, le studio réalisant les films ensuite). Tantôt l'on mettra en scène des femmes matures afin de les exposer dans un rapport, limite incestueux, avec de très jeunes hommes sans poils. Cette mise en relief pourra même atteindre des niveaux presque inimaginables lorsque la dame est plus que sexagénaire. On pourra également tourner avec des femmes aux seins énormes, histoire de proposer aux voyeurs ce que le milieu appelle une branlette espagnole, c'est-à-dire la friction du pénis entre les seins de la dame (avec éventuellement une fellation, au moins du bout de la langue, si la femme est un peu souple). Un autre sujet abondamment exploité est le sadomasochisme. On verra dans ces conditions une femme (le plus souvent du moins) ficelée ou menottée, parfois même bâillonnée, subir des humiliations, des plus soft aux plus hard, en passant par quelques tortures parfois limite. Le plaisir de la domination exultera à travers ces images choc ».
  • Quelles (r)évolutions le multimédia a-t-il apporté, comme ce fut le cas dans la vie de tous les jours, dans l’industrie du cinéma X !
  • U : « Les usages et les modes de consommation ont beaucoup évolué ces dix dernières années ! Le boum extraordinaire de popularité du sexe est surtout attribuable à l'avènement de l'Internet : sur les moteurs de recherche, les mots-clés les plus souvent tapés sont encore "sex" et "porn", soit un quart des recherches. On estime à environ 29 000 le nombre de personnes consultant un site X à la seconde. Sur un audimat d'environ 60 millions d'Américains sur le net, c'est 50% d'entre eux qui visitent régulièrement des sites à caractère sexuel. C'est pourquoi l'on ne s'étonne plus du nombre de nouveaux sites pornographiques ajouté chaque jour, soit près de 300. Internet est le plus grand diffuseur d'images à caractère sexuel à l'heure actuelle : 42 % des navigateurs comporte une page présentant du contenu érotique, 35 % des téléchargements sont pornographiques, on estime à 12% le nombre de sites tagués pornographiques (soit approximativement 4 millions d'adresses sur le net, sachant que de ces adresses sont échangés près de 3 milliards d’e-mails chaque jour, ce qui constitue environ 9% de tout le trafic de correspondance courriel au quotidien à travers le monde). La pornographie sur le net génère annuellement presque 3 milliards de dollars. Chaque seconde, c'est environ 90 $ qui sont alloués au paiement de ce type de contenu aux États-Unis, pays qui héberge 89% des sites pornographiques. À travers le monde, c'est plus de 2000 € par seconde qui sont dépensés pour des contenus à caractère sexuel. Un nombre grandissant de jeunes font des visites éclair sur les sites de charme mais ce sont en général les plus vieux qui achètent les abonnements et consomment le produit sur de longues durées. Beaucoup d'internautes affirment passer de 3 à 10 heures par semaine sur des sites pornographiques (10% des visiteurs masculins se considèrent accros aux sites coquins). Les internautes les plus facilement monnayables pour le sexe sur le net sont les Asiatiques, de façon générale (20% d'entre eux visitent des sites X sur leur lieu de travail). Les Sud-Coréens dépenseraient en moyenne 394 € par an alors que les Japonais s'en tiennent apparemment à 117 €. Ce sont néanmoins les Chinois qui détiendraient tous les records avec une moyenne annuelle de 20 milliards $. Chez les Européens, ce sont les Finlandais qui dépenseraient le plus avec 86 € tandis que les Français, plus raisonnables, se limiteraient autour des 70 €. En revanche, les Allemands ne lâcheraient guère plus de 6 € par l’année. En France comme ailleurs, l’internet gratuit a pris le pas sur la télévision payante, la moitié des gens ayant déjà vu des scènes X sur un site gratuit, contre un tiers sur Canal+ ! L’accès aux œuvres pornographiques est de plus en plus dématérialisé : les sites Internet gratuits constituent pour moitié le moyen d’accès aux films, devant un gros tiers pour Canal+ et un quart pour les DVD achetés ou empruntés à des proches (sachant que le web est pour moitié le principal outil pour se procurer des DVD, devant les vidéoclubs qui représentent un tiers alors que pour les sex-shops cela tombe à un sixième – cependant, le vidéoclub reste le moyen de distribution privilégié des catégories les plus aisées et les plus âgées de la population tout en faisant jeu égal avec le web chez les personnes en couple). Pour autant, le recours au multimédia dépend de l’âge : chez les hommes, les jeunes se distinguent par un recours plus régulier aux sites web et au téléchargement illégal alors que les plus de cinquante ans ont plus l’expérience des salles de projection ou des films diffusés sur une chaîne cinéma (la consommation à partir de chaînes thématiques est plus limitée que sur Canal+, mais on note qu’elle est presqu’aussi élevée sur des chaînes X spécialisées que sur des chaînes cinéma, à hauteur d’un petit cinquième). Dans le détail, les jeunes se distinguent par un recours plus régulier aux sites web gratuits (au trois-quarts) et au téléchargement illégal (un peu moins de la moitié) mais aussi à des services de type VOD(un cinquième) ou pay-per-view (un dizième). À l’inverse, les 35-50 ans en visionnent, eux, plus par le biais de Canal+ ou de DVD achetés alors que les plus de cinquante ans ont plus l’expérience du film de cul dans une grande sale (euh, salle… de projection) ou, pour un tiers, des films diffusés sur une chaîne cinéma. Ainsi, en janvier 2002, Dorcel a lancé la plateforme de vidéo à la demande DorcelVision.com (suivie en 2006 par Dorcel TV, une chaîne pour adultes disponible sur le câble, le satellite, l'ADSL et sur Internet), qui a atteint en 2007 un chiffre d'affaires avoisinant les 250 000 euros par mois. Et pour dire les choses, on constate que chaque ouverture de ligne ADSL fait globalement baisser le nombre de viols ! C’est donc un moindre "mâle" pour beaucoup de bien !!! D’ailleurs, bien plus ouvertes sur ce sujet qu’on ne pourrait le croire, les Françaises sont des consommatrices et amatrices avérées du cinéma pornographique, quasiment la moitié en ayant déjà regardé dans son intégralité ou presque (et un tiers d’entre elles ont une consommation occasionnelle ou régulière de films X). De plus en plus, la pornographie devient pour les femmes une expérience personnelle et intime, et si plus de la moitié du beau sexe admet les voir avec leurs partenaires, une autre moitié les voit toute seule (sachant que cette proportion croît plus la personne est jeune). Près du quart des femmes, initiées pour un tiers par leur partenaire, estime que la pornographie a participé à la découverte et l’apprentissage de sa sexualité (une femme sur quatre a déjà tenté de reproduire des scènes ou des positions vues dans un film et une sur cinq aimerait filmer ses ébats, sans pour autant diffuser la vidéo). Il existe d’ailleurs des films pornos réalisés par des cinéastes, faits pour les cinéfilles et garçons : « Peep-Show Heros » (Héléna Noguerra), « Le bijou indiscret » (Arielle Dombasle), « Se faire prendre au jeu » (Lola Doillon), « Enculées » (Laetitia Masson) et « À ses pieds » (Mélanie Laurent). Les principaux critères de ces "X-plicit Films" sont une montée progressive du désir, un parti-pris esthétique, des acteurs et actrices naturels et des sensations justes où la libido féminine est au centre de la proposition. Mêlant sexe et sexualité, désir et plaisir, humour et sérieux, ces cinq aventurières réalisent une collection coquine à regarder, seul ou à deux, et qui devrait inspirer tant le public que "les pros" du genre. Pour autant, le porno n’est pas vraiment un truc de femme, car trop explicite (les tentatives d’Ovidie dans la réalisation de pornos féminins n’ont pas été très probantes) ! Si le cœur de cible du marché reste le public masculin avec un tiers des hommes qui visionne un film X une fois par mois (contre la moitié chez les hommes de moins de 35 ans et 5% des femmes) et une consommation régulière sensiblement plus forte chez les personnes insatisfaites de leur vie sexuelle (un tiers) que chez celles qui en sont satisfaites (un quart), le visionnage n’est pas forcément corrélée à un manque d’activité sexuelle puisque c'est chez les personnes ayant le plus fréquemment des rapports sexuels que cette consommation est la plus forte. Ainsi, la consommation occasionnelle de films X est plus élevée chez les personnes en couple (la moitié du public) que chez les célibataires. Offrant aux couples un moyen de casser la routine en redonnant du piment à sa vie sexuelle, la pornographie a changé. Longtemps réservée à un public quasi exclusivement masculin, elle s’est orientée vers un public plus "mixte", voire "conjugal", qui aspire à un contenu plus "haut de gamme". S’adressant aussi bien aux hommes qu’aux femmes cette nouvelle pornographie, plus esthétisée, fait partie intégrante de la sexualité des couples. La moitié d’entre eux relève justement son impact sur le désir sexuel, et un tiers des femmes reconnait que le visionnage de films X augmente leur désir (même si un autre tiers d’entre elles le font seulement pour faire plaisir à leur partenaire). Toujours sur un ratio d’un tiers, regarder ce genre de films peut libérer la parole sur le sexe à propos des scènes ou des positions, inciter à de nouvelles pratiques et nourrir les fantasmes en faisant l’amour devant ce type de films, les effets négatifs (un quart des couples est gênés et un sixième dégoûté) restant minoritaires, y compris chez les femmes. Puisqu’il existe des films acceptables pour les femmes et qui sont plutôt destinés à ce que monsieur et madame Tout-le-Monde consomment, un film de boules social, en quelque sorte, qui aide à faire son devoir conjugal, je cherchais vraiment à me positionner sur ce créneau ! Pour autant, je ne me mettais pas en situation de donneuse de leçon d’orgasme, je m’envisageais plutôt comme une coach vidéo en positions et trucs et astuces, une Véronique/Davina de la "gymnastique" sensuelle et érotique, la pornographie n’étant finalement qu’un coup d’état hormonal du besoin sexuel de l’entrejambe sur l’envie sensuelle du désir amoureux du cerveau !!! Comme tant d’autres avant (et après) moi, je voulais montrer que le sexe n’est pas sale (si il est propre !), du moment qu’il s’agit de fusionner deux êtres, où l’un dans l’autre, imbriqués façon puzzle, le plaisir solitaire et égoïste laisse place à la jouissance mutuelle et partagée !!! Je suis loin d’être candide, mais je dois avouer que dans le cas présent, j’ai été d’une tendre naïveté ! »
  • Si tu le veux bien, nous allons visionner une scène que tu as sélectionnée, qui illustre bien ton désenchantement !
  • U : « Oui, c’est une scène tout à fait symptomatique de notre époque ! Elle est issue du film Prend-moi comme une bête, grand fou !. Play !!! »

 

 

Le décor se situe dans un sauna, un mercredi, jour des femmes. Sergueï, bel athlète, entre dans l’étuve où se prélasse lascivement Ulla, se pensant seule ou en tout cas sans risque de penser à mâle.

 

  • S : « Cette ambiance équatoriale me donne des vapeurs, je suis chaud comme la braise !
  • U : Comme je vous comprends, moi-même j’en suis toute humide mais avec la bouche sèche !!!
  • S [tombant la serviette, l’espace d’un spasme l’homme se dresse] : Tiens, je te tends ma perche, mon bou(bka) saura t’hydrater si tu le manies bien ! Le meilleur sport pour se dépenser c’est le corps à corps, viens faire de la varappe sur mon mur à escapade !!!
  • U : Aucun problème, j’adore les sports sextrêmes et je sais très bien manier les belles queues de billard, tout comme les boules rouges qui vont avec ! Je suis presse-bite et j’adore les athlètes à lunettes, à grosse quéquette !
  • S : Hum, tu as une gorge bien profonde, je vais t’enfoncer mon sabre chibre jusqu’à la garde !
  • U : Je sais que ce n’est pas bien de parler la bouche pleine, mais ça c’est de la batte de baise ! J’adore ton manche de raquette et léchouiller tes balles de pénis !!!
  • S : Justement, parle moins, lâche-toi et lèche-moi plus !!! En position pour prendre le coup, Barbie couche-toi là, je vais te Ken ! Allonge-toi sur le banc, je m’occupe en 69 de ton trou, façon catch, coup du marteau-pilon à l’horizontale !!!»

 

 

Devant le silence exigé par l’hardeur pour se concentrer et pour permettre aux pornophiles de se lustrer le manche en paix, nous reprenons la main pour vous conter les cabrioles et gaudrioles de nos deux performers.

 

Après une longue période de nettoyage et de préparation de leurs équipements sportifs, Sergueï introduit le bout rond de son club dans le golfe d’Ulla, la plaquant ventre à terre dans une prise de lutte gréco-romaine. Rehaussant son bassin, il transforme l’essai en lui mettant bien profond son flambeau olympique entre les deux poteaux, allumant alors le vase antérieur de l’équipe recevant à domicile et déclarant ainsi les jeux ouverts, l’arbitre signalant que l’adversaire est dans la surface de pénétration !

Sergueï effectue une série de petits ponts, passant ses balles entre les jambes de sa compétitrice, drible habillement et calmement, puis se jette à corps perdu dans un sprint jusqu’à se retrouver face à la cage, où il opère une belle reprise de volée qui vient frapper les filets du fond du but suite à un magnifique poteau rentrant. Les supporters vidéomateurs sont autant en liesse qu’Ulla soupire (de plaisir) devant cette action droit au but entre ses perches ! D’autant plus qu’après la remise en jeu, Sergueï lui carre à nouveau son maillet droit dans la lucarne après un tir croisé (ah, play Tex !!!)  !

Loin de se laisser abattre, reprenant le jeu en main, Ulla lance sa contre-offensive en faisant passer le ballon de droite à gauche, l’adversaire restant sans voix devant cette succession de déhanchés ! Envoyant tantôt la balle rose loin en avant, proche du corner, elle joue la montre avec l’équipe invitée en effectuant de nombreuses passes en retrait, non loin de la sortie de terrain, mais le ballon ne franchit jamais la ligne de touche, évitant ainsi la remise en jeu !!!

Chose parfaitement interdite en football mais obligatoire en volley, hand, basket, ou baise-ball, Sergueï met la main au panier dans un superbe dunk [tremper en anglais, cela ne s’invente pas !], le gong indiquant un point et l’atteinte du ciel (comme à la marelle). Souhaitant lui rendre la pareille, Ulla effectue un porté de balles, normalement sanctionné par les fédés, mais ici encouragé par les obsédés !

 

Continuant sur sa lancée, Sergueï se positionne en tandem afin qu’Ulla (toujours dos à lui, mais cette fois sur lui) chevauche ce bel étalon pur sang en Amazone et saute au mieux son gros obstacle. Inversant les rôles, la monture cravache des mains la croupe de sa cavalière, celle-ci partant tantôt au triple galop, puis au trot, mais toujours avec cette montée-descente du bassin afin de canaliser au mieux les coups de reins ! Après plusieurs tours de piste, Ulla lâche la bride de son cheval fougueux, celle-ci estimant que ce mustang sauvage est à présent débourré ! Mais que henni : sitôt la longe et les mords enlevés, que Sergueï s’emballe, rue de l’arrière-train, se cabre, autant qu’elle se cambre !!! Il se lance alors dans une chevauchée fantastique : à présent qu’Ulla a bien les pieds aux étriers, il prend ses coups d’éperons comme autant d’incitations à la cavalcade et aux rodéos sauvages, même si c’est toujours lui qui garde la maîtrise de celle qui le monte, en tirant sur ses nattes comme sur les rênes de son pouvoir de domination sur cette belle pouliche !

Loin d’être désarçonnée, Ulla reste en selle et se met au cheval d’arçon sur ce beau garçon : de par ses connaissances en gymnastique bien rythmique et très sportive, elle conquiert le jury !!! Avec ou sans appuie, elle effectue des figures de style, virevolte dans les airs vers le 7è ciel sans jamais toucher terre ! Cette fille de l’air sait jouer des flûtes et prendre ses jambes à son cou : elle fait de la voltige de haut vol !

 

Maintenant que l’essai vaginal et clitoridien est bel et bien consommé et transformé, Sergueï n’attend plus que de botter en touche (ces fesses) : il a bandé son arc et lui a mis sa flèche dans sa mire qu’il admire, en plein dans le mille, mais il reste à Sergueï encore des coups à tirer car il n’a pas décoché toutes ses flèches et il a d’autres cordes à son arc ! D’un geste technique sûr, il bascule son punching-balls (en anglais : poinçonner/perforer avec les boules) sur le côté, mettant sa cible ultime dans sa ligne de mire et de tir : lui qui ne prenait jamais Ulla de face, voilà qu’il va la prendre de fesses, en chien de fusil, en mettant sa petite fleur au bout de son fusil d’ass-haut !!!

Saisissant son javelot à pleine main, il le plante et effectue des ronds dans l’o d’Ulla afin que sa batte aille bien au fond des choses et qu’il puisse faire son trou, son (h)o(me)-run à loisir ! Une belle partie de boules s’engagent, ses Obut tapant contre le cochonnet d’Ulla : ne sachant trop s’il doit tirer ou pointer, Sergueï décide d’alterner gestes de précision destinés à viser au plus près de là où ça fait du bien et de mettre sa cartouche à Ulla avec sa 22 cm long rifle par des tirs en rafale, lui étant un tireur d’élite en tir sportif couché (tout comme debout et sur le dos d’ailleurs). Jouant tantôt le smash et l’ace sur l’ass, Sergueï monte au filet en écartant les lobes de sa partenaire de simple, joue en fond de cours !

 

À présent que sa c(r)oupe dévisse et que la victoire masculine est imminente, Ulla demande un temps mort, un ti(m)e-break. Sergueï le lui refuse, et, sentant que le jeu, set et match sont proches, accélère ses passes vont et viennent ainsi que ses effets de manche ! Après ces trois sets intensifs marathoniens, Ulla capitule alors que Sergueï finalise l’encule par son coup spécial nommé botte Florentine comme au fleuret pendant qu’Ulla tire sur la queue de détente : ça déclenche la percussion et le coup part ! Tout heureux de sa victoire qu’Ulla ait pris sa cartouche à partir de la gueule du canon, il secoue sa bouteille de champagne et en arrose abondamment le visage défait de sa compétitrice, qui n’en perd pas une goutte, finissant même ce savoureux cru "moite et sent bon" au goulot !!!

 

 

  • Hum, effectivement, ces images peuvent choquer un public non averti !
  • U : « Certes, déjà les séquences ne sont pas représentatives de la sexualité de tout un chacun, mais surtout elles peuvent avoir des conséquences néfastes en laissant des séquelles sur ce qui se fait et ce qui se rêve auprès d’un public en quête d’action ! Moi qui rêvais d’éduquer au cul les jeunes générations en leur apprenant comment bien faire (et du coup se faire) du bien, je me retrouve les quatre fers en l’air à me faire démonter par un bodybuildé défoncé aux hormones et aux excitants ! Sans parler forcément d’Amour ou de sentiments, un peu de tendresse bordel !!! »
  • C’est clair qu’il n’y en a que pour la bestialité, la sensualité reste au vestiaire !
  • U : « Beh oui, carrément ! Le X business est un univers qui sollicite des pulsions primitives chez l'être humain, la qualité de ce qui est présenté est rarement mise en cause. Ce que les consommateurs de X veulent avant toute chose ce sont des scénarios choc, des images crues, des scènes dans lesquels l'acte sexuel, généralement fantasmé, est enfin mené à un aboutissement devant le regard du voyeur. À l'heure actuelle, les producteurs de sites pornos le savent et se soucient peu de ce qu'ils offrent comme contenu. On voit par conséquent une sexualité qui correspond peu à la réalité, une sexualité crade et trash, une sexualité brute qui permet au voyeur d'exulter ses désirs comme ses frustrations. En ce sens le client paye pour se décharger, ni plus ni moins. Les films X (français comme européens ou américains) sont de moins en moins sensuels et de plus en plus trop machos porno-crados : fellation en gorge profonde à en faire vomir par le titillement de la glotte, prises de lutte gréco-romaine avec clés de blocage et tirage de cheveux, aucune attention pour les seins si ce n’est pour les martyriser en tirant dessus ou en les giflant, gros plans longs et médicaux sur les pénétrations vaginales/anales alors que le désir/plaisir est pour l’autre dans son intégrité (caresses des zones érogènes, voire claques sur les fesses, visualisation de positions instructives et enthousiasmantes, beauté des partenaires et de leurs attraits sexuels, etc.) !!! Le porno est devenu trash-core avec ses positions de domination/humiliation, ses manières et son vocabulaire en dessous des ovaires. Je me demande bien quelles générations de sexopathes nous sommes en train de formater en leur donnant en pâture ces injures à la sexualité pure, non en terme de folles aventures mais concernant le consentement et le Respect de l’autre ! Et puis c’est très vite ennuyeux, le porno. Ennuyeux à tourner, avec toutes ses contraintes techniques, ses gymnastiques, ses codes mimiques. Il faut bosser des heures pour une prise, évidemment sous le regard des gens du plateau et sous la chaleur des lampes de la rampe, coupés parce qu’il y a toujours un truc qui ne va pas ! Le porno est même de plus en plus ennuyeux. Au début du XXè siècle, alors que peu de temps après les frères Lumières vinrent de nombreux cousins "ténébreux", il n’était pas rare qu’au gré des galipettes animées papi suçât un gland tout en pinant mamie. Puis, avec l’âge classique, vint la séparation des genres, finie la pansexualité. Dans les années 70, le porno avait des idées, comme dans Exhibition de Jean-François Davy ou Derrière la porte verte des frères Mitchell. Dans les années 90, il y avait des pornstars et des limousines. Maintenant, c’est la dèche (enfin … le X s’est décidé à exploser tous les budgets : après la sortie très médiatique par Marc Dorcel Productions du film français pour adultes le plus coûteux de ses trente dernières années, Casino - No Limit, avec 210 000 euros de budget, ce fut en 2008 le tour de Digital Playground, société leader sur le marché du porno aux États-Unis, avec Pirates II : Stagnetti’s Revenge, un vague remake porno de la saga Pirates des Caraïbes, film X le plus cher de tous les temps avec un budget de 10 000 000 de dollars). La faute au succès actuel du gonzo et aux amateurs, semble-t-il, puisqu’il suffit de se brancher parmi l’embarras du choix pour voir la terre entière se faire tout ce qu’on veut, et gratos en plus ».
  • Avant d’aborder le côté trash du hard, peux-tu nous en dire plus sur ton expérience comme hardeuse "soft" ?
  • U : « Derrière la caméra c’est toujours pareil avec dans l’ordre du minimum syndical la fellation, direct le coït vaginal sans retourner la pareille (génitale) à mademoiselle, sodomie, éjac’ faciale [alors que c’est facile, mais pas classe, de (se) décharger sur les autres], tu parles d’originalité dans l’imagination des comportements alités ! Dans mon cas, certes je paye mon boule et cela paie bien, mais au prix du déni de ma personne : dans le milieu, je ne suis qu’une poupée gonflée comme tant d’autres ! Au moins dans la prostitution la traite des blanches françaises étaient plus limitées car les candidates aussi, alors que dans l’industrie du X on ne vous demande pas de parler (de toute façon ce sera doublé par des gémisseuses professionnelles) et les belles filles avides d’argent tout en restant au chaud ne sont pas ce qui manque ! Certes, le film pornographique, surtout pour ceux qui en tirent profits, n'a pas de vocation artistique. Toutefois, certains réalisateurs comme Marc Dorcel, Andrew Blake et quelques autres, ont choisi de travailler à partir de scénarios structurés, avec des décors considérables, mettant à contribution des moyens techniques, alliant compétence et appareils de pointe. Leurs petites histoires, correctement écrites, sont également bien dirigées par un réalisateur qui a des ambitions esthétiques et qui s'entoure d'acteurs qui ne font pas que se livrer à des actes sexuels. Bien sûr, on est encore loin du compte en terme de performance d'acteurs dans des rôles de composition, mais la volonté de réussir un produit autre que destiné à la consommation rapide est bien réelle. Cela dit, il serait naïf de croire que cette élévation des standards esthétiques et artistiques de la pornographie puisse séduire les grands producteurs de cinéma XXX. Et l'argument numéro un est d'ores et déjà bien prévisible : pour un moindre coût de production, le film de mauvaise qualité rapporte plus. Longtemps et encore majoritairement réalisés par des hommes et pour des hommes, les films pornographiques hétérosexuels véhiculent une conception stéréotypée des rapports sexuels. Les dialogues sont généralement réduits au strict minimum, et se limitent souvent à des avances directes, des exclamations et des soupirs de plaisir. Cela peut s’expliquer par la "réalité" présentée, une réalité inversée dans laquelle l’acte sexuel prend une place très naturelle dans l’ensemble des rapports sociaux humains. En ce sens, la pornographie peut être rapprochée des Saturnales, fêtes d’esclaves à qui on donnait temporairement le droit de renverser les rapports sociaux. Les films pornographiques sont orientés de cette façon dans le but de ne jamais créer de frustration dans l’esprit de l’homme qui le regarde, mais d’en provoquer une libération imaginaire. Tout doit sembler simple et naturel au regard du fantasme de celui qui regarde. Le pire étant bien sûr la monotonie et la maladresse, marquées par la séquence fellation, pénétration vaginale et très souvent ensuite anale, éjaculation hors du sexe de la femme, en général sur son visage, dans sa bouche (la femme doit alors avaler le sperme) ou sur les seins, le tout en un temps raisonnable qui coïnciderait idéalement avec la durée de la pratique de la masturbation par le spectateur. Outre ces scènes, des scènes de "genre" sont de plus en plus représentées, telles que la double pénétration, le gang bang, etc. Pourtant de nombreux garçons abordent la sexualité via le porno et se préparent donc à ne pas savoir comment s’occuper d’une femme, les actrices de films porno montrant des pratiques sexuelles souvent bien insatisfaisantes pour des femmes : cunnilingus très rares et ne durant jamais plus de cinq minutes, aucune stimulation des seins (avec une absence de contact des partenaires hors des zones génitales et une absence d’échange de baisers et de caresses). De toute façon, les femmes sont généralement représentées comme de simples objets pour le plaisir masculin. Il y a ainsi de nombreux gros plans sur la bouche de la femme lors de la fellation, pendant le coït la caméra cadre en gros plan la pénétration, le visage de la femme qui prend du plaisir, parfois également (mais plus rarement, ou surtout lors de l’éjaculation) le visage de l’homme, et enfin le visage épanoui de la femme qui reçoit l’éjaculation, donnant le sentiment que son plaisir dépend de celui de l’homme, ce qui est fort contestable. En outre, les jeunes hommes peuvent être complexés par la taille de leur sexe, le porno montrant toujours des acteurs au-dessus de 20 cm quand la taille moyenne d’un sexe en érection est de 14 à 16 cm. Tout ceci pourrait conduire des spectateurs influençables et peu avertis, parmi les plus jeunes en particulier, à une vision exagérément machiste de la sexualité (même si cette pratique a été récemment remise en cause par des producteurs comme Lætitia ou Lars von Trier, ou Marc Dorcel et Privatebarebacks, "chevauchée sauvage", ils libérent l’imaginaire de ceux qui les regardent qui les trouvent plus excitants). Les studios précisent que leurs acteurs/actrices sont tous séronégatifs vérifiés mais il existe toujours un délai d’incubation de la maladie pendant laquelle la personne parait séronégative. Dans les années 1980 aux États-Unis, le SIDA tua plusieurs acteurs et actrices érotiques. C'est alors que fut créée l'Adult Industry Medical Health Care Foundation. Cette fondation mit en place des tests de séropositivité mensuels et demanda que chaque rapport fût répertorié. Ainsi, aujourd'hui aux États-Unis, un éventuel séropositif peut-il être identifié, contacté et à nouveau expertisé sous trois à six mois. Les taux de transmission du HIV s'avérèrent relativement bas et, entre 2000 et 2004, aucun cas de transmission ne fut relevé. Dès lors, seuls quelques cas ont été recensés, bien souvent en dehors de l'industrie américaine (comme Darren James contaminé lors d'un tournage au Brésil) ou de tous tournage (comme Marc Wallice consommateur de drogue par intraveineuse). En 2004, l'acteur Darren James a été contrôlé positif au VIH. Une de ses anciennes partenaires de scène, Lara Roxx, fut à son tour testée positivement. James aurait eu des rapports avec douze autres actrices. De ce fait, l'industrie du X tourna au ralenti pendant un mois. Depuis 2008, le port du préservatif s’est répandu en France, notamment du fait que le Conseil supérieur de l'audiovisuel prescrive aux chaînes de télévision autorisées à diffuser des programmes pornographiques de ne pas en diffuser qui comportent des images de relations sexuelles non protégées par le port du préservatif, considérant que ce type de programme a une influence auprès des jeunes adultes sur leur comportement sexuel. Concernant d’autres IST, une étude de l'Adult Industry Medical Health Care Foundation fit une enquête auprès de 483 volontaires entre octobre 2001 et mars 2003 : 40% des testés avaient au moins une maladie, 17% avaient des chlamydias, 13% la gonorrhée et 10% l'hépatite B ou C. Bien qu'ils évoluent dans le même univers, devant les mêmes caméras, dans les mêmes scènes, l'implication est complètement différente pour l'acteur et l'actrice. Les acteurs masculins sont depuis longtemps moins nombreux que les actrices, et leur salaire sensiblement inférieur. L'acteur porno, souvent choisi pour la longueur de son sexe (Rocco Siffredi 22 cm, Ron Jeremy 25 cm, Manuel Ferrara 21 cm, Lexington Steele 24 cm), n'a pas réellement de visage précis. Il est d'abord et avant tout un sexe en érection, une verge qui permet l'identification du spectateur tout en lui permettant de se rêver un ego à la mesure de ce sexe hors norme. De plus, l'acteur porno ne bosse pas autant pour le fric que pour le plaisir de se faire plaisir. Le physique chez les acteurs masculins est longtemps passé au second plan, les éléments les plus importants étant leur capacité à maintenir une érection (bon nombre se pique avec des stimulants ou se droguent pour être capable de bander sur plusieurs heures cumulées tout au long de la journée) et à éjaculer sur demande. Les hommes ne doivent pas être émotifs pendant, il ne faut pas qu’ils attendent une réponse de leur partenaire, qu’ils soient attentifs à leurs réactions. En fait, les hommes doivent pouvoir agir comme des machines. Le public hétérosexuel masculin constituant la majeure partie du marché, les femmes au physique agréable, capables de tourner aussi bien avec des hommes qu'avec des femmes, sont les actrices les plus demandées. L'actrice est payée pour servir de réceptacle : objet de désir et d'excitation, elle est le lieu de l'aboutissement du fantasme. Ce sont par conséquent les actrices qui reçoivent les plus gros cachets, même si le salaire reste en proportion avec le type de scénario à exécuter. Bien sûr, les petits tournages rapides font que certaines débutantes bossent pour des cacahuètes. Mais dès que le statut de star est atteint, plus question d'être sous payées. Les stars féminines, par ailleurs, jouent des scènes souvent difficiles dans lesquelles elles subissent parfois même des humiliations douloureuses. Une actrice débutante serait en droit d'exiger au moins de 250 à 500 € par scène alors qu'une star avérée peut varier ses prix entre 1000 et 3000 € par scène. Des superstars gagnent des sommes considérables car leur seul nom garantit le succès de la réalisation. Exceptionnellement dans les annales de l'équité salariale, le milieu cinématographique du X est plus payant pour la femme, le nombre d'hommes qui souhaitent se convertir à la carrière pornographique étant effarant si on le compare au nombre de femmes intéressées par ce milieu. Bien sûr, et heureusement d'ailleurs, il existe des esthètes, des perfectionnistes, même dans les rangs de la pornographie. Certains pornographes consciencieux, on pense alors à Marc Dorcel, Andrew Blake, la société américaine Vivid Entertainment Group par exemple, visent à élever considérablement les standards de leurs réalisations. Dans leurs productions, on constate une réelle volonté de faire du cinéma ou de la vidéo autre que clinique. Ce qui fait à la fois le bonheur des investisseurs qui peuvent acheter ce contenu et le malheur des petits joueurs qui se retrouvent abandonnés par l'audimat, incapables d'offrir autant de qualité. C'est donc à ce niveau que le clivage entre bonne et mauvaise pornographie risque de se faire dans l'avenir. Les consommateurs de pornographie restent plutôt naïfs dans leurs approches des produits qu'on leur propose. C'est d'ailleurs cette candeur qui permet aux bonzes du X business de faire autant d'argent. Par des stratégies d'abonnements difficiles à interrompre, par des promotions mensongères, par des offres bidons, les pornographes arnaquent facilement. Et les acheteurs, en victimes consentantes, souvent dévorées par la culpabilité, sont prêts à tout pour dissimuler leur commerce avec le sexe. C'est le cercle vicieux ! ». qui proposent des films X mettant davantage les femmes en valeur). Outre le fait que la femme ne soit pas respectée, sauf – éventuellement – les très rares super pornstars, le métier est très dur ! La présence de la caméra demande la prise de positions bien peu naturelles pour favoriser la vue des organes génitaux (les positions des acteurs pendant l’acte sexuel doivent donner aux spectateurs une visibilité maximale), les sodomies se font sans délicatesse (les actrices s’appliquant très souvent des gels anesthésiants hors caméra et du lubrifiant pour pratiquer ces scènes) et il existe une mentalité plus qu’égoïste des gens de ce milieu : une fois que t'as tourné ta scène, tu ne vaux plus rien ! D’ailleurs, les films pornographiques filment traditionnellement des rapports non protégés. Avec l’apparition du SIDA, l’usage du préservatif s’est répandu et les films pornographiques gays ont été les premiers à adopter majoritairement l’usage du préservatif. Toutefois, et jusqu’à maintenant, très peu de films pornographiques hétérosexuels ont adhéré à cette politique de préservation de la santé publique (films dit
  • Peux-tu nous parler justement du gonzo, ce phénomène qui a fait couler beaucoup d’encre par ses aspects dégradants pour les hardeuses !
  • U : « Je ne parle pas ici des films S.M, ritualisés, très codés, mais de la pornographie de la pornographie : un être humain, un corps qui parfois saigne entre les scènes, qui s’évanouit pendant les plans coupés, qu’on redresse tant bien que mal pour l’éjac’ faciale. Ce que les féministes reprochaient au porno il y a dix ans, et qui à l'époque n'était pas vrai, est en train d'arriver aujourd'hui. C'est surtout le porno américain (hardcore), qui va toujours plus loin. Les filles sortent des tournages avec des bleus et le sourire ! Le qualificatif de pornographie gonzo est apparu aux États-Unis dans le courant de l’année 1989, par référence au journalisme gonzoPOV : point of view) est donc logiquement l’une des recettes préférées de ce type de cinéma. Apparenté au porno "amateur" par cette volonté d’immersion (nombreux gros plans, mouvements de caméra "au poing"), ce type de films a vu émerger une forte demande aux États-Unis à partir du milieu des années 1990, ce qui amena rapidement la fortune et la professionnalisation du genre. En fait, en raison du grossissement obtenu par cette méthode ainsi que du poids d’une caméra professionnelle, le film n’est pas exempt de sauts et d’imperfections diverses qui limitent l’emploi de ce type de prises de vue et qui sont autant de marques de fabrique supposées être des gages d’authenticité ou de naturel pour le spectateur. Aussi connu sous le nom de All Sex, le gonzo propose une réalisation axée sur le sexe aux dépens des scénarios, décors et dialogues des productions classiques. Le succès foudroyant de ce type de productions américaine est ainsi largement dû à ce sentiment de proximité dans les situations comme dans le casting (la fameuse girl next door ou "voisine de palier" qui contraste avec les bimbos siliconées des productions classiques) ainsi qu’aux pratiques hard [gang bang – « détonation/fracas groupé(e) » : l’individu est seul face à des partenaires multiples (une femme ou un homme pour minimum trois autres personnes, le Gang Bang Reverse étant un homme avec plusieurs femmes en même temps), et il ou elle s’offre à l’ensemble de ceux-ci ; la disproportion "un seul face à tous" est ce qui est symboliquement recherché, se distinguant ainsi de la partouze, où les individus sont plus mélangés (plusieurs hommes, plusieurs femmes) sans qu’un seul individu soit au centre de l’action – ; bukkake – du verbe japonais bukkakeru qui signifie « éclabousser d’eau » et est le plus souvent utilisé en japonais pour désigner un type de plats où l’on verse l’accompagnement sur des nouilles (bukkake-udon et bukkake-soba, par exemple) : c’est une pratique sexuelle dans laquelle un groupe d’hommes éjacule tour à tour sur une personne (homme ou femme), de préférence sur le visage (éjaculation faciale) mais aussi sur les seins ; les films fétichistes de "bukkake forcé" sont célèbres au Japon, où la situation typique implique une écolière naïve en uniforme, ou une timide secrétaire, se retrouvant attachée et aspergée de sperme contre son gré. Des hommes (parfois plus d’une douzaine) s’approchent d’elle un à un et se masturbent jusqu’à éjaculer sur son corps (la plupart du temps sur son visage, et en particulier sa bouche). La "victime" garde le sperme sur elle alors que l’homme suivant se présente et répète le même scénario, alors qu’on peut souvent voir à l’arrière plan des hommes qui attendent leur tour en se masturbant. Le bukkake a été popularisé dans les médias pour adultes japonais par des entreprises de vidéos dans la première moitié des années 1990. Certains pensent qu’un des facteurs du développement des bukkakes est le fait que le paysage pornographique japonais soit très restreint : les réalisateurs n’ayant pas le droit de montrer les organes génitaux sans filtre de censure – flous et mosaïques –, ils ont dû inventer des approches du sexe à la fois nouvelles et attirantes afin de satisfaire leur public sans violer la loi japonaise – ;gokkun – variante du bukkake, il s’agit d’une onomatopée, qui se traduirait en français par gloup, c’est-à-dire le bruit que l’on fait en avalant. Dans l’industrie pornographique japonaise, ce terme fait référence au fait d’avaler du sperme, plus précisément à un bukkake spécifique où les hommes éjaculent systématiquement dans la bouche de la personne, qui avale ensuite tout le sperme. Une variante consiste à recueillir le sperme de plusieurs hommes dans un récipient, afin que la personne le boive ensuite. Comme dans le cas du bukkake, divers sites pornographiques prétendent que cette pratique prendrait son origine dans le Japon féodal : une femme qui avait trompé son mari était selon ce récit mise à genoux puis forcée de subir l’éjaculation de tous les hommes de la communauté. On ne trouve pas de confirmation de cette rumeur par des sources historiques fiables, et elle peut donc être une invention de l’industrie pornographique à des fins promotionnelles. À l’origine, il se présentait sous la forme de vidéos réalisées par de simples particuliers, l’industrie pornographique n’ayant exploité ce marché que plus tardivement. Les films de gokkun sont devenus très populaires au Japon, tant dans le milieu des professionnels que des amateurspuisqu’il n’est pas rare maintenant de rencontrer femmes ou hommes ayant ce fantasme. Le gokkun perd alors son caractère humiliant, pour prendre la forme d’une pratique libertine pouvant être appréciée dans les milieux échangistes– ; ass gaping – pratique purement visuelle consistant à montrer l’anus, et parfois le vagin, dilaté et béant suite à une longue pénétration de quelque ordre que ce soit, il s’obtient plus facilement quand le pénis ou l’objet pénétrant rentre et sort complètement de l’orifice plusieurs fois, les muscles s’habituant alors à rester toujours détendus et à ne pas refermer l’orifice– ; kinky – évoque la fessée, la domination/soumission, le sadomasochisme et le fétichisme sexuel (réunis sous le terme de BDSM). Si ces comportements ne sont pas nouveaux, son utilisation amicale et sa revendication le sont davantage. Désormais de plus en plus de personnes, notamment des femmes, avouent et assument ce penchant. C’est une façon d’accepter ses pulsions et son instinct) qui sont proposées. La durée des films (environ deux heures), le renouvellement constant des starlettes (qui marque par ailleurs le déclin du star system que l’on a connu précédemment), ainsi que la montée en intensité des scènes de sexe garantissent le succès du genre. En raison de son goût pour l’interdit, les individus tentent régulièrement de dépasser leurs limites. Cette forme de pornographie est appelée à s’enrichir de sous-genres concomitamment au développement de l’égalité réelle entre les hommes et les femmes. Le hentaï (dessins animés porno japonais) a lui-même longtemps diffusé des scénarii sur le sadisme, la zoophilie et l’inceste. En fait, le gonzogonzo ou proposent des lignes gonzo en plus de leurs productions habituelles, surtout parce que les tournages sont rapides et peu coûteux (le budget moyen d’une production varie entre 20 000 et 30 000 dollars). Pour autant, si on peut penser que le genre génère une part importante des 13 milliards de dollars de l’industrie pornographique américaine, largement dominant aux États-Unis au début du XXIè siècle, le gonzo connait un essoufflement après une dizaine d’années de progression continue due à la multiplication des studios et des productions ». (littéralement : « dans le feu de l’action »), afin de désigner la production du réalisateur et ancien acteur pornographique John Stagliano. La caractéristique première du genre est une généralisation de l’emploi de la caméra portée au cours de laquelle l’acteur tient la caméra en même temps qu’il interprète la scène, le spectateur voyant ainsi la séquence en plan extrêmement rapproché, en caméra embarquée, cette technique présentant l’avantage d’immerger le spectateur dans la situation filmée. La caméra subjective, qui consiste à voir l’action au travers des yeux de l’acteur (ou donne aux spectateurs une forme de satisfaction narcissique consistant à actualiser des fantasmes d’emprise. De fait, les principaux studios américains sont aujourd’hui dédiés aux
  • Quel est ton point de vue sur ce cinéma "art is anal" qui est une industrie à la déchaine ?
  • U : Il y a 20 000 films pornographiques produits dans le monde chaque année, mais très peu sont des films de genre pornographique, dans le sens où il y a vraiment beaucoup de matériel à branlette : 89% de la production mondiale de porno est issue des États-Unis, plus précisément de San Fernando Valley, en Californie, considérée comme la capitale de la pornographie ; 4% du matériel pornographique mondial serait produit en France et en Allemagne puis 3% en Grande-Bretagne. Toutefois, le Maroc, le Brésil, les pays de l'Est, entre autres, tentent également de se faire une place sur un marché qui devient de plus en plus important. Le budget moyen d'un film porno atteint environ 100 000 euros et ne se rembourse qu'au bout de cinq ans d'exploitation, sur la location et la vente : on vend un peu en DVD avec des making-of amusants mais un film est surtout promis à une carrière en VOD (Video on demand), puisque depuis 2002 c’est ce tuyau qui remplit de plus en plus les caisses. Mais il n'y a pas énormément d'argent à se faire du côté de la production : seul le milieu porno fonctionnant avec ce système, depuis toujours, une fois que les droits sont vendus, le réalisateur ne touche plus rien (il touche des droits uniquement si son film passe à la télévision, mais pas sur les ventes). C’est une profession sucée par les distributeurs et les diffuseurs et donc ce qui rapporte de l'argent c'est la distribution, les rachats de droits des films étrangers. En général, une maison de production essaie d'avoir un grand catalogue de distribution, sur lequel ils se font un maximum d'argent. La création de sites Internet aide parfois, ainsi que la vente de calendriers. C'est à partir de ces retours-là, qu'ils peuvent investir. Et c’est là que l’on voit la tentation de la facilité avec les films gonzo : « petit budget-gros profits » ! En effet, aujourd'hui le public ne veut plus voir de vrais films travaillés, ils veulent du gonzo : le matériel porno a remplacé le cinéma porno, qui était moribond de 2001 à 2004 et carrément mort depuis ; en Europe, il n'y a plus assez d'argent et même aux États-Unis, il n'y en a quasiment plus. Mais le vrai problème est que les films pornos considéré comme hard en 2001 sont aujourd’hui trop soft pour être un gonzo. Les amateurs du genre attendent du vrai hard. Aujourd'hui, les films sont justement trop irréels, toutes les filles ressemblent à Paris Hilton ou Britney Spears. Je suis d’une génération qui assume le X, qui s’est branlée toute sa jeunesse devant des films et qui n’a pas besoin qu’un porno ressemble à du cinéma traditionnel. Mais si le X est jugé ringard, que les filles qu’on voit en boîte ou dans les pubs sont toutes dix fois plus classe que les hardeuses, avec le gonzo on a atteint le niveau zéro ! On n’a plus à faire à des pornographes invétérés, plutôt à des industriels spécialisés, presque par hasard, dans le cochon, attirés par l’argent "facile" ! Aux USA, 75 % des magasins de vidéo vendent des K7 ou DVD pornos, qui leur assurent entre 50% et 60 % du chiffre d’affaires. Quelques pourcent font du hardcore méchant. Et 65% des connexions sur le net concernent des sites pornographiques : les officiels, les X glamour avec contrat de travail, mais aussi et surtout les nombreuses petites productions qui veulent faire de l’argent facile sur les reins des actrices. Ils tournent de la baise boum boum, vite fait mal fait, c’est plus facile, ça coûte pas cher et ça peut rapporter gros. Si, quand on est actrice porno, et contrairement à l'opinion commune, on ne vend pas son corps mais une image – on vend le droit d'utilisation de sa propre image –, d'anciennes actrices du porno classique se sont senties victimes et ont fini par quitter ce milieu. Ovidie, qui se qualifiait auparavant de "travailleuse du sexe", admet que « parfois, il y a des choses qui sont très violentes et qui laissent des marques », elle qui se dit « être sexuellement attirée par les images fortes, de puissance. Par la violence guerrière presque sublime (...) » ! Mais dans le gonzo, dépassée Annabel Chong, qui, en 1995, passait sous 251 partenaires en dix heures devant une caméra : Angela Houston, 30 ans, en 1999, s’est fait 622 hommes en 7 heures, soit un homme toutes les 40 secondes. Le film de Candy Appels a pour sa part été interrompu au 742ème homme par la police de Los Angeles. Toujours plus loin, toujours plus gore ! Rocco Sifredi lui-même a reconnu que certaines "actrices" du porno bas de gamme avaient le sexe et l’anus détruits. Certes, ne pas penser qu’un être humain, doté du même corps fragile que sa sœur, une copine, sa femme, ou sa mère, soit pénétré à la chaîne, saigne, s’effondre, encaisse des baises brutales et humiliantes, soit quelquefois marqué à vie, permet de mieux apprécier le spectacle, d’en jouir plus tranquillement. C'est la logique du spectateur : ne pas y penser ! Le documentaire suédois Shocking Truth (présenté au parlement suédois en 2000 dans le cadre d'une réflexion sur la liberté d'expression et la pornographie, il rassemble des confidences d'actrices, de policiers et de producteurs, et présente une critique acerbe de l'industrie pornographique, sachant que les producteurs, réalisateurs ou acteurs de films pornographiques considèrent généralement que les actrices exercent une activité de spectacle, et donnent en général leurs témoignages dans un but de médiatisation, de commercialisation de l’industrie pornographique), réalisé par une ancienne actrice du X, montre comment certains tournages de l’industrie hardcore tournent parfois à des scènes très brutales, humiliantes, éprouvantes pour beaucoup de jeunes actrices mises sous pression, souvent livrées à de nombreux hommes pas tendres. Le problème est qu'on ne devrait pas demander à des débutantes des scènes très hard ! Mais justement, un cinéma ultra hard tourné à la chaîne, par des sociétés sans aucun respect pour les actrices, décidées à fournir en quantité des DVD et des petits films Internet, a pris des habitudes violentes. Elles rappellent parfois les conditions de travail harassantes auxquelles on soumettait les femmes dans les ateliers du XIXè siècle, quand les jeunes ouvrières s’esquintaient dans les usines, n’avaient aucun droit, payaient de leur physique. Les actrices du X, et les travailleuses du sexe en général, n’ont aucun droit aujourd’hui, peu d’associations les défendent en Europe, et beaucoup d’actrices X n’arrivent même pas à être considérées comme des intermittents du spectacle. Elles morflent, baisent à la chaîne, n’ont souvent aucun droit de suite, aucun contrat valable. Si je n’ai pas fait personnellement de gonzo car je l’avais déjà fait avec des machos crados avant, je peux témoigner de ce que j’ai vu sur des tournages ou entendu en discutant avec des filles qui en sont passées par là ! Prenez une fille sans expérience, loin de chez elle, dormant à l’hôtel ou sur le tournage ! Faites lui faire une double pénétration, un fist vaginal (le poignet enfoncé jusqu’à la garde), agrémenté d’un fist anal, parfois les deux en même temps, une main dans le cul, parfois deux. Tu récoltes une fille en larmes, qui pisse le sang à cause des lésions, et qui généralement se chie dessus parce que personne ne lui explique qu’il faut faire un lavement. De toute façon, c’est pas grave, la merde fait vendre. Après la scène qu’elles n’ont pas le droit d’interrompre, et de toute manière personne ne les écoute, les filles ont deux heures pour se reposer puis elles reprennent le tournage. Après quoi, tu te retrouves sur un set et tu suces, tu cambres, on te traite de salope. Une fille devait tourner une double pénétration. Elle s’est mise à pisser le sang et il a fallu couper. Les producteurs et les autres acteurs lui ont donnée des kleenex pour qu’elle s’essuie, en la traitant de conne parce qu’elle gâchait le film. Après cinq minutes de pause, le tournage a repris et on lui a fait finir la scène. Elle est payée pour ça, n’est-ce pas ? Pourtant, elle avait une hémorragie qui nécessitait une hospitalisation d’urgence. Le matin, tu te lèves, tu te fourres pour la nième fois ta poire de lavement dans le cul et tu nettoies l’intérieur. Tu réitères jusqu’à ce que ce soit propre. Rien que ça, ça fait mal ! Le petit déj’ à peine pris, tu te fais sodomiser sans ménagement par un mec puis par un autre puis par un troisième, faisant la queue sans état d’âme, bite à la main. Mais difficile de confondre les cris avec des cris de plaisir, surtout quand les larmes font couler le maquillage. Entre le deuxième et le troisième type, qui secoue sa "partenaire"/victime comme un sac, l’une d’elle chancelle et ses yeux virent au blanc. Plan coupé. Séquence suivante, nouvelle enculade. Quand son partenaire se retire, elle manque de tomber mais une main "secourante" la redresse par l’épaule et lui plaque le visage sur une bite. Alors que les larmes ne sont pas encore entièrement séchées, la fille me dit avec un sourire caméra, d’autant plus atroce que j’ai encore en mémoire les grimaces de douleur de la scène précédente, « J’adore le sexe, je suis une vraie pute et j’aime ça » ! Elle aime vraiment tomber dans les pommes enculée par tous ces mecs ? Après la servitude volontaire, voici la torture volontaire ??? Rien ne vaut une telle souffrance. Mais je sais que la plupart de ces filles ne se considèrent déjà plus comme un être humain (parlant d’elle-même en disant « elle », comme s’il s’agissait d’un corps étranger, comme si elle ne pouvait pas raconter à la première personne), qu’elles se sentent comme un animal, avec la peur de devenir rien ... et ensuite moins que rien ! Et pour cause, leur enfance les a souvent déshumanisées !!! La réalisatrice du documentaire, Alexa Wolf, y affirme à propos des actrices : « Ce sont très souvent d’anciennes victimes de viol ou d’inceste dans l’enfance.» [...] « Bien sûr, dans ces conditions, on peut se demander si elles choisissent ce métier librement ». Un ancien commissaire qui a enquêté sur de nombreuses prostituées et actrices du porno confirme : « J’ai connu des milliers de filles. En fait, j’ai plus l’impression d’avoir rempli une fonction de travailleur social. Ce ne sont pas les mêmes filles dans le porno et dans la prostitution (même si certaines actrices de films pornographiques ont exercé ou exercent parallèlement, notamment si elles ne font pas une grande carrière, une activité de strip-teaseuse, ou même d’« escorte » ou de « massage »), mais elles ont les mêmes origines : presque toutes ont été abusées dans l’enfance ». Globalement, les milieux défavorisés fournissent un vivier de filles pour alimenter le spectacle d’une pornographie sans moyen qui conquiert le net et les réseaux "amateurs" : d’un côté les gens sont prêts à prendre le risque de tomber aux mains de trafiquants pour améliorer leur vie, et de l’autre, il y a une tendance chez les pays industriels à employer de la main-d’œuvre bon marché, non déclarée, et d’exploiter sexuellement les femmes dans l’industrie de la pornographie. Les culs anonymes passent et crèvent. Qu’importe. Le réservoir à paumés est disponible, à la merci des fantasmes des spectateurs érigés en loi. Ce n’est pas la matière première qui manque. Il est devenu urgent de s’interroger sur le processus de déshumanisation de milliers d’hommes et de femmes engagés dans une pornographie de la démolition, qui prend sur le net un essor industriel. En Australie, beaucoup d’actrices ont recours à des opérations chirurgicales spécifiques. Il ne s’agit plus maintenant de retouches "classiques" (comme augmenter le volume des seins) mais de se faire ôter les grandes lèvres, afin que le vagin soit plus visible à l’écran… Rien qu'un trou. Il faut dire la nullité de ces films, tout en gros plan génital. Le gâchis de toutes ces belles filles, la manière robotique dont on les traite, dans d’interminables scènes mécaniques tournées sans aucun talent. Je ne demande pas la censure, encore moins l’interdiction des films pornographiques. Je demande à sortir de la logique du spectateur où des actrices X de 18 ans sont démolies pour faire le spectacle. Qu’il nous suffise d’écouter notre corps. Il n’y a pas de questionnement sur la pornographie sans un questionnement de la chair, sans empathie, sans compassion. Imaginons ces mêmes images en chair et en os, toute cette violence montrés sur une scène de théâtre. Pour la plus grande majorité, le passage d’une représentation virtuelle à la réalité physique suffirait à ouvrir les yeux sur la souffrance, les corps en souffrance. La compassion est difficile à éprouver pour une pure image, sans souffle ni odeur, pour une fille de pixels sur un écran. C’est à ce stade, et à ce stade seulement, qu’il faut réintégrer le point de vue du spectateur. Qu'il voit les corps réels en action, en jouissance ou en souffrance. Voulons-nous fabriquer des générations d'individus onanistes, passant leur vie derrière les écrans, économiquement performants, faciles à faire jouir, et de l’autre côté, une autre humanité, laborieuse, obligée, mise en image, qu’il sera permis de "démolir" ? Il existe pourtant, et heureusement d’ailleurs, un cinéma porno underground original et sans démolition. Je suis sûre qu’il existe un créneau pour des films porno-sensuels afin d’apprendre à être un bon amant plutôt qu’une simple machine à sarce, mais bon. Si les boutonneux ou les vieux gars préfèrent le « easy/beasty fucking », qu’ils s’en donnent à cœur joie, je ne juge pas (ni eux ni leurs partenaires télévisuelles ou réelles), mais ce sera sans moi : il y a trop de X dans ce X, c’est le problème des sextrêmes ! Là j’arrête, c’est trop dur pour moi, je ne suis pas ! »
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5 janvier 2010 2 05 /01 /janvier /2010 19:00
  • Vas-y vas-y, développe mon amie, tout ceci est fort intéressant ! Peux-tu nous faire un historique du sexe filmé ?
  • U : « Avec grand plaisir, surtout que c’est très instructif ! Commençons alors par le commencement ! Dès 1895, année de la création du cinématographe, la bobine de Annabelle Serpentine Dance créa un certain émoi, au point qu’elle fut détruite quelques années plus tard. Avec ses voiles tournoyant et ses mouvements de fleur, de papillon, de flamme, l’américaine Loie Füller (1862-1928) a été une pionnière de la danse moderne, ayant su renouveler la conception du mouvement et révolutionner la scénographie par son utilisation savante de l’espace et de l’éclairage électrique. Le succès de la Danse serpentine, l’une de ses premières chorégraphies (1891), fut immédiat et inspira les premiers cinéastes, Louis Lumière réalisant également une version en 1896. Le réalisateur de Annabelle Serpentine Dance, William K. L. Dickson (son père, James Waite Dickson, était artiste, astronome et linguiste, et disait être le descendant en ligne directe du peintre Hogarth, et du juge John Waite, l’homme qui prononça la sentence de mort du roi Charles Ier ; musicienne douée, sa mère, Elizabeth Kennedy-Laurie Dickson, était apparentée aux Lauries de Maxwellton et, de façon plus lointaine, au duc d’Athol et à la branche royale des Stuart), travailla étroitement avec Edison au développement du phonographe. En 1888, l’inventeur et industriel américain Thomas Alva Edison eut l’idée d’un appareil qui devait faire « pour l’Œil ce que le phonographe fait pour l’Oreille ». En mars 1889, une déclaration préliminaire à un dépôt de brevet d’invention fut remplie pour l’invention proposée d’un engin capable de produire des images en mouvement, baptisé le Kinétoscope. C’est Dickson, alors le photographe officiel de la société d’Edison, qui fut chargé de concrétiser le projet. Pour répondre à cette demande, Dickson inventa le premier film celluloïd fonctionnel, et décida pour celui-ci du format de 35 mm, un standard qui existe encore de nos jours. Le premier prototype en état de fonctionner fut dévoilé en mai 1891 et la version finale du Kinétoscope fut officiellement inaugurée au Brooklyn Institute of Arts and Sciences le 9 mai 1893. À la fin de 1894 ou au début de 1895, Dickson devint conseiller pour la conception d’images en mouvement auprès des frères Otway et Grey Latham et de leur père Woodville Latham, qui dirigeaient l’une des sociétés les plus importantes proposant au public d’utiliser l’invention. L’équipe formée par ces anciens associés d’Edison développa le système de projecteur Eidoloscope, qui allait être utilisé lors de la première projection commerciale d’un film de l’histoire, le 20 mai 1895. La même année, Dickson réalisa le premier film homosexuel, The Gay Brothers, suivi en France en 1907 par L’Éclipse du soleil en pleine lune, film de Georges Méliès au début du cinéma muet : suivant les évolutions de la société, la représentation de l’homosexualité masculine à l’écran a difficilement passé le cap de la caricature ou du dénigrement. Tout d’abord cachée, mais suggérée en usant de subterfuges pour déjouer les censeurs – même si le français Jean Genet réalisa en 1950 Un chant d’amour, où depuis leurs cellules, deux prisonniers arrivent à communiquer grâce à un trou percé dans le mur qui les sépare et avec la complicité silencieuse du gardien qui les observe par le judas, ils vont établir un contact amoureux et érotique en utilisant divers objets tels qu’une cigarette, une paille, qui fut censuré jusqu’en 1975, elle fut surtout utilisée par le biais de la caricature ! L’année suivante, en 1896, le premier baiser à l’écran dans The Kiss, entre John C. Rice et May Irwin, déclencha la polémique et déchaîna les fureurs de la presse et des ligues bien pensantes à un point tel qu’un journaliste du Chicago Tribune demanda l’intervention de la police « contre cette obscénité ». En fait, les films pornographiques font partie des tous premiers films (et même dessins animés) réalisés suite à l’invention du cinématographe par les frères Lumière : ils étaient fortement marqués d’amateurisme, généralement tournés et projetés dans des maisons closes, mettant en scène des prostituées et leurs clients. Suite au développement du cinéma muet au début du XXè siècle, les tournages de films X furent parfois réalisés en parallèle des films plus conventionnels, l’équipe de tournage utilisant les mêmes décors et parfois les mêmes acteurs (les actrices étant généralement des prostituées ou de jeunes actrices), ces tournages apportant un apport financier permettant de soutenir la production de l’œuvre principale. Des réalisateurs très connus du cinéma muet en noir et blanc ont ainsi réalisé des films pornographiques. Tant et si bien que la censure apparut en 1907 aux États-Unis et en 1909 en Angleterre et en France. À partir de là, la nudité se dévoila dans deux circuits parallèles, le premier, clandestin, avec la confection de bandes érotiques pour une bourgeoisie aisée, le second, grand public, sous forme de suggestion. Pour montrer davantage qu’une épaule dénudée, il fallait un alibi, celui d’une société "décadente" appartenant au passé comme dans Cabiria en 1914, le personnage de la femme fatale apparaissant pour la première fois dans A fool there was (1915) sous les traits de Theda Bara. Pour créer un semblant d’érotisme, les réalisateurs jouaient avec les ombres et les transparences. Ainsi, Erich von Stroheim [qu’Hervé Bazin appelait « le marquis de Sade du cinéma » et qui est considéré comme le premier maître de l’ironie de l’Histoire du cinéma : metteur en scène avec des films muets très ambitieux et visionnaires, sur un mode pessimiste et cynique, dès son premier film, La Loi des montagnes (le docteur Armstrong et sa femme partent faire de l’alpinisme en Autriche. Dans le village où ils s’arrêtent, ils rencontrent le lieutenant von Steuben, personnage porté sur le sexe faible, qui ne tarde pas à entreprendre la femme du docteur. Celui-ci commence à avoir des soupçons et décide d’emmener le soldat faire une ascension à deux), ses obsessions sont manifestes : l’argent, le sexe, les blessés et les infirmes, l’officier de l’armée qu’il joue souvent lui-même. Cela se retrouve dans les rôles qu’il interprète par la suite, tant en France qu’aux États-Unis. Avec Folies de femmes, il brossa un portrait au vitriol d’une société corrompue par l’argent et le sexe. Avec la Veuve joyeuse, il détourne une opérette autrichienne en trois actes de Franz Lehár (d’après la comédie d’Henri Meilhac, L’Attaché d’ambassade, 1861) dont la première eut lieu le 30 décembre 1905 et dont le triomphe fut immédiat partout en Europe, pour en faire un film sur les orgies dans une cour royale avec infirmes, obsédés sexuels et monarques dégénérés. Meilleure adaptation cinématographique de La veuve joyeuse et aussi la plus audacieuse, bien que la moins reconnue des œuvres de Stroheim, c’est pourtant l’une de celle qui est des plus parfaites et qui a subit le moins de mutilations. Loin d’être une version édulcorée de son univers, ce film semble radicaliser son auteur. Stroheim se montre davantage et plus violemment que dans ses films précédents. Il procède ici à une mise à nue presque pornographique et obscène des motivations de toute une société. Le montage a été initié par Stroheim, mais son contrat avec la MGM fut rompu et son travail revisité. Lâché par les producteurs d’Hollywood qui l’avaient affublé du titre de « l’homme que vous aimerez haïr », rapport à ses tournages exigeants qui nécessitaient des budgets faramineux pour l’époque, il abandonna la mise en scène n’étant pas convaincu par le parlant, et se consacra à sa carrière d’acteur] multipliait les scènes d’amour au clair de lune et les viols dans Folies de femmes (1922 : Le faux comte Karamzin est un Don Juan qui vit d’escroqueries avec deux fausses princesses à Monte-Carlo où il a dû s’exiler. Erich joue un officier russe appartenant à la bourgeoisie, le comte Karamzin, en exil avec deux princesses, dans la ville de Monte-Carlo. En fait, ce sont tous les trois des escrocs recherchés par la police. Il courtise la femme de l’ambassadeur américain, et lui soutire une énorme somme d’argent. La servante de Karamzin, amoureuse et enceinte de son patron, l’enferme avec sa maitresse dans une tour et y met le feu. Karamzin, une fois sauvé et désireux d’échapper à la police, se réfugie chez un vieil anarchiste, fabriquant de fausse monnaie et veut violer sa fille. Surpris par le père, il est tué et son cadavre est jeté dans un égout. La censure ne laissant rien passer, les scènes jugées trop scandaleuses étaient retirées du montage final, et à chaque fois le film y perdait. Il fut obligé ici de retirer des séquences trop excessives comme l’éclatement d’un bouton de pus en gros plan, ou encore celle où le comte, habillé en femme, batifole avec les deux princesses), La Symphonie nuptiale (1926), Mariage de prince (1926) et Queen Kelly (1928 : dans un royaume imaginaire, la reine passe son temps à se promener nue, ce qui agace son fiancé et cousin, le prince Wolfram, un soldat libertin. En manœuvre avec son escadron, Wolfram croise un groupe de jeunes filles. Le prince à cheval les salue, elles s’inclinent mais l’une d’elles perd sa culotte. Éclat de rire dans l’escadron. Furieuse, Kitty Kelly ramasse son sous-vêtement et l’offre au prince qui tombe amoureux d’elle). Sa seule erreur est d’avoir réalisé ces chefs-d’œuvre dans l’Amérique puritaine des années 20. Le sexe et l’argent étaient des sujets hautement tabous, et montrer que les êtres humains sont pervertis autant par l’un que par l’autre était une entreprise risquée. Pendant le tournage de Boulevard du crépuscule, Billy Wilder dit à Von Stroheim : « Vous savez pourquoi vous avez été incompris ? Parce que vous aviez dix ans d’avance ». Von Stroheim lui répondit : « non, vingt ans ». D’ailleurs, le démocrate Joseph Kennedy avait dit : « On ne doit jamais plus permettre à Stroheim de diriger un film ». On se trouvait ici dans la lignée des surréalistes qui, en pointant le désir plus que l’acte, donnèrent son vrai sens au cinéma érotique. Pour eux, le désir sexuel comme réalité subversive est au cœur même du cinéma. « Ce qu’il y a de plus spécifique dans les moyens du cinéma, écrit André Breton, c’est de toute évidence le pouvoir de concrétiser les puissances de l’amour ». Pour lui, le cinéma est amour, force du désir ! Dans les années 1920, plusieurs scandales, relayés par la presse populaire, ébranlèrent l’industrie naissante du cinéma hollywoodien. L’acteur Fatty Arbuckle [il avait réalisé la plupart de ses films et courts métrages avec Buster Keaton, son ami et complice de toujours, avait également travaillé avec d’autres stars du cinéma telles que Charlie Chaplin, Laurel et Hardy : un des acteurs les plus populaires de l’époque, les studios Paramount Pictures qui voyaient en lui un tel potentiel lui offrirent un million de dollars par an (c’était le premier acteur à percevoir un tel salaire) pour le garder] fut déclaré coupable de la mort de l’actrice Virginia Rappe, lors d’une soirée "de débauche" à San Francisco, en 1921 (Fatty fut reconnu innocent après son troisième procès, recevant même les excuses du jury, fait sans précédent dans l’histoire de la justice américaine. Cependant, le mal avait été déjà grandement fait : ce scandale avait brisé net la carrière de Fatty, les magnats d’Hollywood ordonnant à leurs acteurs de ne rien faire pour l’aider – seul Buster Keaton, que Arbuckle avait rendu célèbre, fit une déclaration de soutien) ; le décès crapuleux, en 1922, de l’acteur et producteur William Desmond Taylor, sur fond de bisexualité et la mort par overdose de l’acteur Wallace Reid en janvier 1923, firent paraitre Hollywood comme un lieu de perdition et de débauche. D’autant que Reid fut suivi dans la tombe, et pour les mêmes raisons par Olive Thomas, Barbara La Marr, Jeanne Eagels puis Alma Rubens. Cela conduit, en 1922, à la création de la Motion Pictures Producers and Distributors Association (devenue la Motion Picture Association of America en 1945), présidée par l’avocat William Hays. La première mesure de Hays fut de bannir Fatty Arbuckle de tout film et d’imposer un certificat de moralité pour toute personne apparaissant à l’écran. Pour autant, les films des années 1920 et du début des années 1930 reflètent l’attitude libérale de l’époque : ils pouvaient inclure des actes sexuels sous-entendus, des références à l’homosexualité ou au métissage. D’ailleurs, les rôles populaires de l’époque incluaient souvent une prostituée. En 1927, William Hays dressa une liste de sujets et de thèmes que les scénaristes devaient éviter. La même année, l’avènement du cinéma parlant appela à la révision ou la précision des règles d’autocensure : aucun film ne serait produit qui porterait atteinte aux valeurs morales des spectateurs, la sympathie du spectateur ne devait jamais être jetée du côté du crime, des méfaits, du mal ou du péché, et la loi, naturelle ou humaine, ne devait pas être ridiculisée et aucune sympathie ne serait accordée à ceux qui la violent. Seuls des standards corrects de vie soumis aux exigences du drame et du divertissement seraient présentés. C’est l’époque du Pré-Code : un code de conduite pour l’industrie cinématographique écrit par un prêtre jésuite, le père Daniel A. Lord, fut officiellement adopté en 1930. Beaucoup le trouvant trop censeur, il fut largement ignoré et son application ne fut que peu enthousiaste, son refus étant en partie dû à l’attitude libertine des années folles, comme on pouvait encore le voir en Europe : dans Un chien andalou (Bunuel, 1928), Pierre Batcheff malaxe les seins nus de Simone Mareuil ; L’âge d’or (1930), interdit pendant un demi-siècle car la femme y est non seulement consentante, mais désirante, donc scandaleuse (Lya Lys suce avec frénésie le doigt de pied d’une statue : c’est là « l’exaltation de l’amour total » selon André Breton), est traversé par l’irrésistible pulsion du désir, la volonté de s’accoupler dans la boue malgré la présence des ecclésiastiques et autres notables ; dans La coquille et le Clergyman (Germaine Dulac, 1928) Antonin Artaud identifie l’érotisme à la cruauté (« il se jette sur elle, écrit-il dans le scénario, et lui arrache son corsage comme s’il voulait lacérer ses seins. Mais ses seins sont remplacés par une carapace de coquillages »). Mais en 1934 les recettes des films s’effondrèrent, à cause de la Grande Dépression. Ainsi, l’ère du Pré-Code se termina avec l’établissement d’un bureau spécial qui relisait tous les scripts, qu’il acceptait s’ils respectaient le nouveau code. Le texte initial du code de conduite fut retravaillé par un deuxième ecclésiastique, Martin Quigley, éditeur catholique, et devint un code censure appliqué par l’Administration du code de production (Production Code Administration), dirigée par le très catholique Joseph Breen, qui imposa sa marque sur tous les films hollywoodiens de 1934 à 1954, période connue pour sa rigueur morale. Établi par le sénateur William Hays, président de la Motion Pictures Producers and Distributors Association, adopté et désormais appliqué par les studios hollywoodiens, le code Hays fut un "exemple" d’autorégulation ("appliqué" jusqu’en 1966), les studios s’imposant eux-mêmes cette censure afin d’éviter l’intervention extérieure, en particulier de l’État fédéral. Il établissait des règles précises en matière de moralité : les décolletés étaient limités de dos jusqu’à la taille, de face jusqu’à la naissance des seins, le nombril ne pouvait être montré, les « mouvements inconvenants » étaient interdits. L’importance de la famille et de l’institution du mariage étaient primordiales aux yeux des rédacteurs du code Hays. Par conséquent, l’adultère, parfois nécessaire dans le contexte narratif d’un film, ne devait pas être présenté explicitement, ou justifié, ou présenté d’une manière attrayante. Les scènes de passion ne devaient pas être présentées sauf si elles étaient essentielles au scénario et les baisers excessifs ou lascifs, les caresses sensuelles, les gestes suggestifs ne devaient pas être montrés. « La présentation de chambres à coucher doit être dirigée par le bon goût et la délicatesse », précisait le code afin d’éviter de se faire contourner par la métaphore. Il en allait de même de la séduction et du viol qui ne pouvaient être que suggérés et non montrés, et seulement lorsqu’il s’agissait d’un élément essentiel du scénario, n’étant jamais un sujet approprié pour la comédie. Toute référence à la perversion sexuelle (concept très vague et relatif aux époques) était formellement proscrite. Ainsi, certains critères de « décence » reposaient sur les préjugés raciaux de ce temps, la présentation de rapports sexuels interraciaux étant tout bonnement interdite : la Metro-Goldwyn-Mayer rejeta la candidature de la sino-américaine Anna May Wong pour le rôle principal dans une adaptation de The Good Earth (Visages d’Orient) de Pearl S. Buck en raison de principes interdisant les gestes intimes entre les diverses "races". L’acteur principal masculin étant de "race" blanche (Paul Muni), les producteurs considéraient impossibles de lui donner une partenaire de "race" jaune et choisirent plutôt l’actrice Luise Rainer que l’on maquilla pour lui donner l’apparence orientale. En ce qui concerne l’homosexualité au cinéma, The Celluloid Closet, essai de Vito Russo, puis documentaire de Robert Epstein, montre comment la représentation de ce qui était encore largement perçu comme une déviance, contourna les interdits du code Hays. La prostitution ne devait pas être représentée, de même que les thèmes de l’hygiène sexuelle et des maladies vénériennes. La naissance d’un enfant (même en silhouette) ne devait jamais être représentée, ainsi que ses organes sexuels ne devaient jamais être visibles à l’écran (ils faisaient donc déjà très attention à la pédophilie). L’obscénité dans le mot, dans le geste, dans la chanson, dans la plaisanterie, ou même simplement suggérée était interdite : « Des titres licencieux, indécents ou obscènes ne seront pas employés » soulignait le code, soucieux d’éviter que l’industrie du cinéma se serve des affiches de cinéma pour opérer un détournement de la censure et atteindre aux bonnes mœurs que le code Hays tentait si vigoureusement de protéger. Si les scènes de déshabillage étaient à éviter sauf lorsqu’il s’agissait d’un élément essentiel du scénario, l’indécence était interdite (les costumes trop révélateurs, les danses lascives, celles qui suggèrent ou représentent des relations sexuelles, étaient proscrites, les danses comportant des mouvements indécents devant être considérées comme obscènes) de même que la nudité, réelle ou suggérée, et les commentaires ou allusions d’un personnage à ce sujet. Si Tarzan était torse nu, exotisme oblige, l’évolution des tenues de Jane dans la série produite par la Metro-Goldwyn-Mayer avec Johnny Weissmuller est flagrante : dans Tarzan, l’homme singe (1932) et dans Tarzan et sa compagne (1934), Jane n’est vêtue que d’une peau de bête qui ne cache pas grand-chose, dans Tarzan s’évade (1936) elle est revêtue d’une combinaison qui ne met plus du tout en valeur ses formes. Les producteurs américains jouèrent alors avec les allusions, ouvrant une sorte d’âge d’or au fétichisme sexuel. Les actrices développèrent des poitrines de plus en plus fortes : à Mae West, que le magnat de la presse William Heartst qualifiait de « monstre lubrique », succéda Jane Russell ; la publicité du film Le Banni de Howard Hughes fut ainsi principalement basée sur sa poitrine généreuse, ce qui retarda la sortie du film de trois ans. En 1946, un striptease apparut encore comme le comble de l’érotisme lorsque Rita Hayworth enleva seulement son gant dans Gilda. Pour Hollywood, la star s’élève au dessus des vivants : elle est la femme inaccessible, incarnation de l’amour fou cher à André Breton. Adou Kyrou est allé jusqu’à parler de la « Femme cinématographique » en songeant à Marlène dans Shanghai Express (1932), à Mae West, à Louise Brooks. En Europe, le cinéma était plus "libre" que son homologue américain. En 1933, dans Extase du tchécoslovaque Gustav Machatý, Hedy Lamarr apparut entièrement nue sortant de son bain : le gouvernement américain en fera brûler symboliquement une copie en 1935. En France, dans Le jour se lève (1936), Arletty était nue sous sa douche mais le plan fut coupé par la censure ».
  • Effectivement intéressant concernant les mœurs de nos grands-parents ! Je t’en prie, continue jusqu’à leurs petits-petits-enfants !!!
  • U : « Surtout que les films pornographiques après guerre suivirent les innovations technologiques du cinéma conventionnel, et des salles de cinéma dédiées les projetèrent. L’érotisme, empêché par la censure et notamment par le code Hays, surgissait par effraction, l’érotisme n’étant moins refoulé que sublimé. Comme cette jeune fille hésitant à toucher le pis d’une vache dans Los Olvidados (Les Réprouvés / Pitié pour eux, 1950, Prix de la mise en scène à Cannes en 1951) ou le lait s’écoulant sur ses cuisses, ou encore les vieillards fétichistes, adorateurs des chaussures de femmes chers à Luis Bunuel : Susana la perverse (1950), El (1953), La vie criminelle d’Archibald de la Cruz (1955), et surtout le personnage de Don Jaime dans Viridiana (1961). En 1952, la Cour suprême des États-Unis revint sur la décision de 1915 et décida que le cinéma devait bénéficier de la liberté d’expression garantie par le premier amendement de la Constitution des États-Unis d’Amérique. L'industrie de la pornographie contemporaine a vraiment pris son essor au début des années cinquante, avec la création du magazine de charme Playboy en 1953 par Hugh Marston Hefner ! Le célèbre logo, qui représente un profil stylisé de lapin portant un nœud papillon de smoking, a été choisi comme mascotte pour sa « connotation sexuelle humoristique ». Devenu célèbre pour ses photos de stars dénudées (Marilyn Monroe fut la première Sweetheart of the Month) et ses playmates (Hugh Hefner popularisa The Girl Next Door, « La fille d'à côté », en juillet 1955, alors qu'une secrétaire de Playboy, Janet Pilgrim posa pour le magazine), l’illustré a dès le départ mélangé érotisme et journalisme, invitant les plus grandes plumes : le magazine s’adresse aux hommes attirés par un style de vie libertin, festif et sensuel, sans négliger la dimension politique, sociale, sportive et culturelle. Il faut dire que GQ (à l'origine Gentlemen's Quarterly, littéralement « Le trimestriel des gentlemen ») était un magazine masculin mensuel qui avait ouvert la voie dès 1931, étant consacré à la mode, au style et à la culture à travers des articles sur la nourriture, le cinéma, la culture physique, le sexe, la musique, les voyages, les sports, les technologies et les livres. Mais le vrai innovateur fut Esquire (littéralement « écuyer », titre de noblesse anglais désignant un membre de la petite noblesse se classant juste au-dessous d'un chevalier), créé en 1933, un magazine mensuel pour hommes devenu célèbre lorsqu'il a publié d'importantes figures littéraires, comme Ernest Hemingway et Francis Scott Fitzgerald. Il s'adressait à une clientèle financièrement aisée, étant considéré comme l'un des titres les plus haut de gamme de la presse masculine ango-saxonne, et comprenait des photos dites de charme. Dans les années 1940, sa popularité aux États-Unis augmenta lorsqu'il publia des peintures d'Alberto Vargas qui mettaient en vedette des pin-up (femmes dans une pose attirante ou "sexy" dont on accroche la représentation sur un mur, d'où l'expression anglaise de « pin-up girl » qui pourrait se traduire en français par « jeune fille punaisée au mur »). Le concept apparut plus tôt, au début du siècle, sous le nom de Gibson Girl (du nom de leur créateur) et ses variantes (« Pretty Girls », « Varga Girl », « Christy Girl », etc.). Femme fatale, poupée, sexe-symbole, la pin-up est représentée par ses créateurs comme la femme idéale. Les pin-up, provocantes sans être vulgaires, apparurent sur des magazines, journaux, posters, calendriers ou des « cartes d'arts », petites vignettes à collectionner qui ont aidé à la popularisation des pin-up. Dès la Seconde Guerre mondiale, les équipages d'avions affichaient ces illustrations sur les carlingues de leurs avions. La plus célèbre d’entre elles est Betty Boop, l'héroïne d'une série de dessins animés américains créée par les Fleischer Studios entre 1930 et 1931. Elle apparut dès 1930 dans une douzaine de dessins animés, comme personnage secondaire anonyme, notamment aux côtés du chien vedette Bimbo, lequel aura en définitive une renommée plus modeste. À ses débuts, dotée de longues oreilles tombantes mais déjà très maniérée, elle hésitait entre une identité de chienne anthropomorphe et de jeune femme cabotine et délurée. Ce fut à partir de 1931 qu'elle devint la vedette de plusieurs aventures sous le nom de Betty Boop. Première héroïne de dessin animé, représentée sous les traits d'une petite femme brune aguicheuse et sensuelle (qui n'est pas sans rappeler Marilyn Monroe – laquelle reprendra avec un grand retentissement le fameux gloussement affecté poo-poo-pee-doo de la reine du glamour de celluloïd –, bien que ce soit la chanteuse Helen Kane qui ait été utilisée comme modèle), elle est devenue un sexe-symbole de l'âge d'or de l'animation américaine. Mais, à cause de sa jupe trop courte et de certains épisodes avec ses compagnons, Betty Boop a été censurée pendant quelque temps (le temps que le studio rallonge sa robe). Dans les États-Unis des années 1950, il était généralement convenu de ne pas considérer les photographies de nu comme pornographiques tant qu'elles s'abstenaient de faire apparaître les poils pubiens et a fortiori les organes génitaux. Pour préserver ses apparences "artistiques", la photographie respectable pouvait s'approcher de cette limite mais devait veiller à ne pas la franchir. Dès ses premières années, Playboy offrit de temps en temps quelques aperçus de toisons pubiennes, la première fois dès février 1956 avec une image sous l'eau de Marguerite Empey (même si le pubis des playmates restait masqué le plus souvent par un linge, une jambe ou un élément du décor ; ces audaces ponctuelles, qui évitaient soigneusement le poster central, se firent plus timides au début des années 1960). En 1956, la sortie simultanée de Et Dieu… créa la femme de Roger Vadim avec Brigitte Bardot en sexe-symbole de renommée mondiale et de Baby Doll d’Elia Kazan qui met en avant la sensualité de son héroïne, ouvrit une voie dans laquelle une partie importante de la production européenne et américaine allait s’engouffrer, le cinéma italien en tête. Il y aura bien un durcissement de la censure à la fin des années 50, mais le mouvement était lancé. À Hollywood, les réalisateurs jouèrent alors avec les métaphores : dans La Mort aux trousses, Alfred Hitchcock fit suivre la scène où Cary Grant et Eva Marie Saint s’enlacent dans un wagon par un plan montrant un train entrant dans un tunnel, dans Spartacus, Stanley Kubrick évoqua avec subtilité l’homosexualité du personnage de Laurence Olivier qui explique à Tony Curtis qu’il aime aussi bien « les huîtres » que « les escargots » ! Les producteurs indépendants créèrent quant à eux un nouveau genre : le film de nudistes sans contact physique et sans nudité montrée. Russ Meyer, ancien photographe de Playboy, s’engagea dans cette brèche pour créer ses films parodiques avec des actrices aux seins hypertrophiés : son L’Immoral Mr. Teas (1960) constitue l’un des premiers films à caractère pornographique américain qui ait bénéficié d’une distribution officielle et de l’attention d’une critique sérieuse. Par rapport à la production européenne importée sous le manteau, le film de Russ Meyer innova en racontant une histoire (Mr. Teas a la faculté de déshabiller les femmes de son regard) avec des personnages ayant un minimum de psychologie. Avec ce film muet de 63 minutes en couleurs, sorte de "Les Vacances de monsieur Hulot perverti", Russ Meyer inventa un genre nouveau, le "nudie". Le film rapportera plus d’un million de dollars soit quarante fois son coût de production et marqua le début d’une série de films à succès pour son auteur qui dépassèrent largement le cadre des salles spécialisées et attirèrent donc un nouveau public. Parallèlement, le 4 juin 1963, Hugh Hefner de Playboy fut arrêté pour vente de littérature obscène ! En 1965, le magazine Private fut lancé à Stockholm en Suède par Berth Milton Senior : c'était le premier magazine pornographique en couleur apparu dans le monde (Private Media Group a ensuite sorti trois autres revues : Sex, Triple X et Pirate, cette dernière se focalisant sur le fétichisme et le sadomasochisme). Avec Le Désir dans les tripes (1965) et Faster, Pussycat! Kill! Kill!, Russ Meyer imposa son propre style : l’exploration d’une sexualité rurale à travers des intrigues rudimentaires mais pimentées de violence et servies par des héroïnes à la poitrine démesurée. C’est d’ailleurs en 1965, que sortit Le Prêteur sur gages de Sidney Lumet, le premier film produit par un grand studio à montrer des seins nus. À la fin des années 1960, Russ Meyer se trouva à la croisée des chemins : d’un côté, les films pornographiques commencèrent à faire leur apparition dans certains sex-shops de San Francisco, de l’autre, la nudité était devenue habituelle dans les films classiques. Refusant d’entrer dans le monde du X mais incapable d’engager des stars pour ses films à petit budget, Russ Meyer contre-attaqua avec Vixen en 1968. Vixen, une femme de petite vertu, vit dans le bush du Nord-Ouest canadien avec son mari aviateur, Tom. Quand Tom est absent à cause de son travail, ou simplement quand il a le dos tourné, Vixen le trompe avec différents partenaires. L’intrigue n’a pas de véritable fil rouge, si ce n’est les personnages de Vixen, Tom et Niles. On peut noter deux axes principaux dans le scénario: 1) la sexualité débridée de Vixen, qui la pousse à se lancer dans différentes aventures, indépendamment de la morale établie ; 2) l’évolution du personnage de Niles, jeune Noir ayant fui les États-Unis pour ne pas faire partie des contingents envoyés au Vietnam, alors en guerre. Le dernier quart d’heure du film, plus axé sur la comédie pure que le reste de l’œuvre (que l’on peut qualifier de "film érotique" ou de "comédie érotique"), est également plus politique. En effet, les personnages évoquent à travers leurs dialogues les contradictions de la démocratie (accusée de ne pas avoir de considération pour les individus qu’elle envoie mourir au combat), avant de mettre dos à dos les régimes communiste et démocratique. C’est avec ce film qu’il va connaître ses plus graves démêlées avec la justice, tout en lui rapportant 15 millions de dollars pour un budget de 72 000 dollars. Aux États-Unis, le Congrès vota la création d’une Commission sur la pornographie et l’obscénité pour faire face à une production montrant une nudité complète et des comportements sexuels de plus en plus libérés, le code moral Hays n’étant plus appliqué (libéralisé dans son application à partir de 1961, il sévit jusqu’en 1966 : plusieurs tentatives eurent lieu aux États-Unis dans les années 1970 pour proscrire la pornographie, mais les tribunaux firent la distinction entre une personne qui reçoit de l’argent en contrepartie d’un rapport sexuel, et la représentation cinématographique ou photographique d’un rapport sexuel). Deux ans plus tard, c’était Woodstock… Le film consacré à cette dernière manifestation diffusa à travers le monde une image de liberté sexuelle. Cette tendance libertaire permit au cinéma traditionnel d’aborder de nouveaux thèmes ou de parler plus ouvertement des relations sexuelles : l’homosexualité fut abordée dans Thérèse et Isabelle (roman de Violette Leduc rédigé en 1954, paru sous forme censurée en 1966 puis en version intégrale en 2000 : dans le pensionnat d’un collège, deux adolescentes découvrent la passion physique. Thérèse, la narratrice, découvre le plaisir grâce à Isabelle, durant trois nuits. La description sans fard, à la fois poétique et crue, de la sexualité, de l’homosexualité féminine, forme l’intégralité du roman. Thérèse et Isabelle devait être la première partie du roman Ravages. Son éditeur, réticent et craignant le scandale, lui conseilla de retirer toute cette partie, et Ravages parut sans elle. Violette Leduc intégra alors des passages de Thérèse et Isabelle dans La Bâtarde qui parut en 1964, et Gallimard accepta de publier Thérèse et Isabelle en 1966, dans une version raccourcie), la polygamie dans Bob et Carole et Ted et Alice (un couple, Bob et Carol, après avoir passé un week-end dans une clinique spécialisée pour revigorer leur sexualité, est déterminé à mettre en pratique les principes d’amour libre et d’ouverture qu’ils ont appris. Leurs amis Ted et Alice hésitent entre rejet et curiosité) ou encore Le Mariage collectif. En 1971, Le Dernier Tango à Paris aborda la sodomie et rendit célèbre une tablette de beurre, assurant au film une renommée et un succès important avec plus de cinq millions d’entrées en France (un quadragénaire américain erre dans Paris à la suite du suicide de son épouse. Dans un appartement à louer du 16e arrondissement, il rencontre une jeune femme, fille de colonel et de vingt ans sa cadette, en phase de rupture, avec qui il engage une relation intense, houleuse, brève, mais désespérée. Le film incarne une époque de transition. Pour le réalisateur, la relation entre les deux protagonistes « est à la mesure des tourments que provoque l’explosion du féminisme ». En fait, plus globalement, l’histoire est une allégorie du passage d’une époque « classique » à une époque « moderne » voire « postmoderne »).
    En Europe, les films érotiques se cachaient encore derrière l’alibi de l’éducation sexuelle. Il faut dire que la censure gouvernementale tenta d’interdire en France Suzanne Simonin, la Religieuse de Diderot (d’après Diderot) réalisé par Jacques Rivette en 1966 et qui présentait une mère supérieure "entreprenante" : au XVIIIè siècle, Suzanne Simonin est cloîtrée contre son gré par ses parents qui la destinent à la vie conventuelle sans qu’elle en ait la vocation et où elle subira notamment la cruauté d’une abbesse sadique et le harcèlement sexuel d’une autre. Après avoir reçu en 1962 un avis de précensure défavorable de la commission de contrôle, le scénario, rédigé par Rivette et Jean Gruault, est adapté en 1963 pour le théâtre au Studio des Champs-Élysées, sous la direction de Jean-Luc Godard et avec Anna Karina dans le rôle de Suzanne Simonin. La pièce ne déclenchera pas de scandale et ne remportera d’ailleurs aucun succès. Toutefois, comme le fit remarquer à l’époque François Mauriac dans Le Figaro, l’appel à censurer La Religieuse a été lancé avant même que quiconque ait vu le film (mais "à décharge", en 1760 Diderot fit, selon ses propres termes, « une effroyable satire des couvents »). La hiérarchie de l’Église catholique, alors en plein concile de Vatican II (destiné à moderniser l’Église), n’a pas cherché le scandale, mais des associations de parents d’élèves de l’enseignement privé et, surtout, de sœurs s’alarmèrent dès 1965 : la présidente de l’Union des supérieures majeures écrivit au ministre de l’Information Alain Peyrefitte pour lui faire part de son inquiétude : « un film blasphématoire qui déshonore les religieuses ». Le ministre la réconforta sans ambiguïté : « Je partage entièrement les sentiments qui vous animent » et lui donna l’assurance qu’il utiliserait tous ses pouvoirs pour empêcher le film de nuire à l’image des religieuses (l’intervention d’Yvonne de Gaulle, épouse du général et président, et ancienne élève des dominicaines, a aussi été déterminante). Le tournage fut un peu gêné (refus d’autoriser le tournage à l’abbaye de Fontevraud, dépendant des Monuments historiques) mais en mars 1966 la commission de contrôle autorisa la distribution du film, celui-ci devant être interdit aux moins de 18 ans. Une semaine plus tard, Yvon Bourges (secrétaire d’État à l’Information) réunit à nouveau la commission et y convoqua le directeur de la sécurité nationale, Maurice Grimaud, afin d’exposer les troubles à l’ordre public que pouvait provoquer le film. La commission ne changea cependant pas son vote, mais son avis n’était que consultatif et deux jours plus tard Yvon Bourges interdit la distribution et l’exportation du film. La censure provoqua un tollé : Jean-Luc Godard interpella André Malraux qu’il appela ministre de la Kultur. De nombreuses personnalités publiques, y compris des gens d’Église, s’insurgèrent. Malraux lui-même n’empêcha pas le film d’être sélectionné pour le Festival de Cannes et d’y être projeté. Le producteur Georges de Beauregard et son avocat Georges Kiejman se lancèrent dans une bataille juridique qui conduisit en 1967 le tribunal administratif à annuler la décision d’interdiction, pour vice de forme. Le nouveau ministre de l’Information, Georges Gorse, lui accorda un visa d’exploitation mais confirma son interdiction aux moins de 18 ans. Le film sortit le 26 juillet 1967 dans cinq salles parisiennes. Fort de sa publicité et de son aura scandaleuse, il enregistra 165 000 entrées en cinq semaines. Le public découvrit un film sobre et extrêmement fidèle au roman dont il est l’adaptation (qui profita de ce succès et fut réédité plusieurs fois), ne méritant sans doute pas la publicité sulfureuse qui a entouré sa sortie et que Jacques Rivette expliquera ne jamais avoir cherché. La décision d’annuler la censure du film fut définitivement confirmée par le Conseil d’État en 1975. Michelangelo Antonioni fut le premier à montrer un pubis féminin dans Blow-Up en 1967 [Palme d’or au festival de Cannes : le film fit scandale à sa sortie en Grande-Bretagne car c’était la première fois qu’on montrait dans un film britannique un corps féminin entièrement dénudé, en l’occurrence, celui de Jane Birkin. Pour information, le film original a subi récemment une censure sur deux scènes lors du passage du support VHS au DVD. Une partie de la scène où Jane (Vanessa Redgrave) se déshabille devant Thomas (le photographe) est tronquée en bas pour cacher la poitrine de l’actrice qui apparaît nue sur la vidéo. Dans la scène dite "d’orgie" où Thomas chahute avec les deux jeunes filles (Jane Birkin et Gillian Hills) qui n’ont pas de sous-vêtements, le pubis est flouté]. En 1965 parut au Royaume-Uni le premier numéro de Penthouse, magazine pour hommes fondé par Bob Guccione, combinant des articles sur la vie urbaine et des images pornographiques soft. Dès ses débuts ou presque, le nouveau venu, s'appuyant sur une attitude plus tolérante en Europe à l'égard de la nudité, publia des images de femmes qui, même retouchées et floutées, marquaient une rupture avec les prétentions artistiques encore en usage. Presque dès le premier numéro, les images publiées montraient des sexes féminins et la toison pubienne, alors que ceci était considéré comme obscène : ce fut le début des « Guerres pubiennes ».Chez Playboy, pourtant, la réaction fut lente à venir : sur le poster central un tout premier brin de poils apparut avec Melodye Prentiss, Miss July 1968, soit quelque quinze ans après le lancement du magazine. Alors que Guccione était américain, le magazine fut publié d'abord au Royaume-Uni avant de paraître aussi aux États-Unis en 1969. Pour préserver sa part de marché, le leader contesté se résolut, malgré les risques judiciaires, à prendre les devants. En août, Playboy publiait son premier nu de face intégral, bien qu'ombré, avec le portrait non d'une playmate mais de la danseuse et actrice afro-américaine Paula Kelly. D'autres pilosités se firent jour dans ses pages et même, quoiqu'à l'état de traces, jusque sur le poster de Gloria Root, en décembre 1969. Mais il fallut attendre les photographies de Liv Lindeland, en janvier, pour obtenir enfin une vue claire de la toison pubienne, en l'occurrence blonde, d'une playmate. L'événement généra un fort courant d'attention dans les médias et le public. En décembre 1971, seul le bocal d'un poisson rouge séparait encore Karen Christy du premier nu de face intégral en poster central. La palme en revint le mois suivant et pour l'Histoire à Miss January 1972, Marilyn Cole. Sur leur lancée, Liv Lindeland et elle furent toutes deux désignées « Playmates de l'année », en 1972 et 1973 respectivement. Mais la performance de Marylin devait rester inégalée pendant plus d'un an, le poster central de Bonnie Large en mars 1973 étant le premier à retrouver un tel niveau d'exposition, comparable à celui des modèles de Penthouse à la même époque. En 1968, Marc Dorcel se lanca dans l’édition d’œuvres érotiques. Associé avec deux amis, il créa Select Diffusion, et vendait des livres aux titres sulfureux, au travers des publicités. Il publia Ursula, qui devint un best-seller dans son domaine : plus de vingt-mille exemplaires furent vendus en moins de trois mois. Mais la dix-septième chambre correctionnelle en interdit la diffusion, vente et publicité. Au début des années 1970, l’engouement pour les ouvrages érotiques déclina. Mais il existait un marché pour les romans-photos érotiques : il s’agissait de revues américaines importées en France et "retouchées" : les sexes et poils pubiens furent masqués par des sous-vêtements grossièrement dessinés. Pour se les procurer, les consommateurs étaient prêts à débourser jusqu’à 120 ou 140 francs, une somme importante pour l’époque. Marc Dorcel décida alors de lancer le premier roman photo érotique français en couleur. Les effets libérateurs des hippies et de mai 68 ont fait évoluer les mentalités, changer les mœurs et imposer progressivement le sexe à l’écran : les scènes d’amour devinrent plus crues et ce n’était plus juste des femmes nues et des baisers mais des scènes de plus en plus explicites. La série allemande des Helga connut un très gros succès en 1968 avec plus de quatre millions de spectateurs en Allemagne et autant en France pour le premier des deux films. Sur les affiches, la prostitution, la traite des blanches, et la libération des mœurs firent fleurir des avertissements sur les affiches des films concernés, en forme d’appel à consommer. C’était l’avènement du cinéma érotique à large diffusion (car déjà existant avec des dessins animés ou des films dès l’invention du cinématographe), étoffé grâce à Emmanuelle et à l’autre grand classique, Deep Throat (Gorge profonde), dont le scénario se résume en quelques lignes et qui devint un véritable phénomène culturel en 1972, un film culte pour toute une génération. Une jeune femme, Linda, consulte un médecin pour lui faire part de ses difficultés à atteindre l’extase lors des rapports sexuels. Après examen, celui-ci l’informe que sa frigidité s’explique par le fait que son clitoris n’est pas localisé là où il devrait être mais au fond de sa gorge. Dès lors le remède qu’il prescrit est simple puisqu’il lui suffira d’avaler la totalité d’un organe masculin pour atteindre la satisfaction. Et il s’empresse de le lui démontrer en lui donnant son propre organe à sucer. Reconnaissante, Linda se propose pour être sa compagne mais le docteur refuse car il est déjà engagé auprès de sa propre infirmière. Il lui offre toutefois un rôle de thérapeute auprès de ses patients incluant la fellation, la pénétration vaginale et la sodomie. Le film s’achève alors que Linda est en visite chez l’un de ses patients tandis que, un godemichet en verre dans le vagin, la bande-son joue I’d Like To Teach the World To Screw, parodie d’un jingle célèbre de l’entreprise Coca-Cola. Deep Throat fut à l’origine en 1972 d’un scandale (aujourd’hui encore, il suscite une polémique qui n’est sans doute pas près de s’éteindre) qui propulsa sa vedette, Linda Lovelace, au premier plan de l’actualité en la consacrant comme première superstar du show-biz pornographique, le symbole sexuel de la femme "libérée". Après la sortie du film, l’acteur Harry Reems fut la vedette de procès retentissants "pour obscénité" aux USA, et devint un symbole de l’émancipation culturelle et sociale, et de la lutte contre l’hypocrisie des milieux traditionalistes qui cherchaient par tous les moyens à étouffer l’épanouissement individuel. L’écrivain Norman Mailer rappelle qu’au début des années 70 le porn-shooting s’attribuait une fonction d’émancipation sociale : « C’était un monde qui naviguait entre l’art et l’illégalité. c’était l’aventure ».Tourné en six jours à Miami et destiné à l’origine à une diffusion confidentielle sous le manteau, ce film n’avait coûté que 25 000 dollars à produire. Toutefois, au cours de ses trente ans d’exploitation, le FBI estima qu’il avait rapporté plus de 600 millions de dollars ce qui le place parmi les plus grandes réussites de l’industrie cinématographique américaine. Par son concept provocateur mettant en image une fellation profonde [commentant l’inauguration le sleight of throat (le tour de force glottique) de Linda Lovelace, l’acteur dit : « Quand elle m’a avalé en entier, je me suis demandé si j’allais m’en sortir vivant...J’ai regardé autour de moi : les yeux de Gerry (le cinéaste) lui sortaient de la tête, et le caméraman avait la mâchoire inférieure sur les chaussures »] et grâce à son humour distanciateur, ce film participa à la destruction de nombreux tabous et initia une mode du "Porno-Chic" qui contribua à une libération des mœurs aux États-Unis. Alors que l’actrice, afin de réussir les fellations du film sans s’étouffer, avait dû subir un entraînement pour apprendre à avaler entièrement un pénis, pendant les mois qui ont suivi de nombreuses femmes ont été hospitalisées aux États-Unis, victimes de viols de la "gorge" du fait que leurs petits amis avaient tenté de leur faire réitérer à la maison l’exploit de Lovelace. Gorge profonde a été un des premiers films pornographiques à obtenir une audience débordant les salles pornographiques : en ayant ainsi défié les lois américaines sur l’obscénité en étant présenté dans des salles de cinéma "ordinaires", il a ainsi participé à la "libération" de la pornographie aux États-Unis et dans le reste du monde occidental, et en à fait un phénomène social acceptable qui ne pouvait être contesté que par des conservateurs et des groupes religieux. Pour autant, dans sa biographie intitulée Ordeal (« L’Épreuve »), Linda Lovelace a écrit que son manager et ancien mari Chuck Traynor l’avait forcée à exécuter certaines scènes qui ont fait la célébrité du film : « À chaque fois que quelqu’un regarde Gorge Profonde, il me voit en train d’être violée. C’est un crime qui est en train de se dérouler dans ce film ; j’avais un revolver sur la tempe, tout le temps » (lors du tournage, d’ailleurs expéditif, le cadreur et l’éclairagiste devaient avoir soin d’occulter sur le corps de Linda les ecchymoses récentes). En contraste avec la personnalité extravertie et jubilatoire de l’acteur Harry Reems, qui « n’était pas un grand acteur, mais un grand baiseur », l’actrice Linda Boreman (dite Linda Lovelace) était une pauvre fille exploitée non seulement par son mari (pour en faire une attraction, il l’aurait accoutumée à subir l’introduction d’objets dans son arrière-gorge en dominant le réflexe nauséeux), mais aussi par le réalisateur, et plus tard par les ligues féministes qui brandirent ses témoignages. Le titre du film inspira même au journaliste Bob Woodward le surnom de son informateur secret qui fut à l’origine du scandale du Watergate, le "cambriolage" raté du QG démocrate ayant eu lieu trois jours avant la sortie du film dans les cinémas de Broadway. En 2005, un documentaire d’une heure et demie intitulé Inside Deep Throat est sorti aux États-Unis. Revenant sur l’énorme succès de ce film, ce reportage met en exergue l’écart entre les modestes intentions de ses promoteurs et son incroyable impact sur la société américaine. Preuve de l’évolution des mentalités et qu’est révolue l’époque où Bob Hope se vantait d’avoir parlé de Deep Throat à la TV (il avait osé dire : « Mais oui, je suis allé le voir, je croyais que c’était un documentaire sur la vie des girafes... »), le titre s’est banalisé ! Gérard Damiano réalisa The Devil in Miss Jones après le succès inattendu de Deep Throat. En raison de la profondeur pseudo métaphysique de son scénario et de certaines scènes d’anthologie, il s’agit de l’un des rares films pornographiques qui ait été parfois qualifié de "chef d’œuvre". Il met principalement en scène le héros masculin de Gorge profonde, Harry Reems, et une nouvelle actrice, Georgina Spelvin, qui grâce à sa prestation étonnante, malgré une courte carrière, est entrée définitivement grâce à ce tournage dans la légende du cinéma X. Dans son appartement de New York, une femme célibataire, Justine Jones, se désespère en songeant au vide de son existence. Elle déambule dans l’appartement et se caresse devant une glace mais sans éprouver le moindre plaisir. Elle finit par se suicider en s’ouvrant les veines dans son bain. Bien que toute sa vie ait été exemplaire, elle est alors damnée pour ce suicide et arrive en enfer où un employé du Diable est là pour l’accueillir. Tandis qu’elle contemple une allumette qui se consume entre ses doigts, elle réalise la gravité de son geste et l’ampleur de ce qu’elle a perdu. Elle supplie alors ce subordonné de la laisser revivre afin qu’elle puisse faire en sorte d’être condamnée à l’enfer pour de bonnes raisons. Le diablotin accepte et elle entreprend alors de rattraper le temps perdu en s’adonnant activement au stupre {du latin classique stuprum « action de déshonorer, violence, attentat à la pudeur ; relations coupables » : débauche honteuse, avilissante} et à la fornication. Lors de son second décès, elle retourne en enfer où elle se retrouve enfermée dans une cellule avec un homme (interprété par Damiano lui-même) qui, malgré ses suppliques, refuse de la toucher. En effet, il ne s’intéresse qu’aux mouches volant dans la cellule car il attend le retour de Dieu sous cette forme. Le premier film de Damiano attira 157 000 spectateurs sur Paris-périphérie et le second 102 000 ; les États-Unis n’auront le droit qu’à des versions soft de ces deux films pourtant américains. Un troisième film à la même époque (mais premier du genre), Derrière la Porte Verte (1972), fit naître l’idée que le film pornographique est un matériau propice à l’expérimentation, tout en marquant le début de la starisation de ses actrices. Marilyn Briggs (plus tard rebaptisée Chambers), mannequin au visage connu pour une campagne américaine de publicité pour un savon (le savon Ivory, « pur à 99,44% » d’après le slogan évidemment détourné ensuite par les Mitchell en « impur à… »), répondit à une petite annonce des frères Mitchell pour auditionner le rôle principal. D’abord hésitante, elle envisagea plutôt d’y jouer un rôle non pornographique, mais intriguée par l’histoire elle accepta le rôle principal. Les Mitchell lui proposèrent une offre exceptionnelle pour l’époque : 2 500 dollars de salaire plus un pourcentage sur les recettes et le choix de ses partenaires. Offre profitable puisque le film rapportera 200 000 dollars en 20 semaines et 20 millions en moins de trois ans d’exploitation (un Blair Witch avant l’heure). Ce film est important pour le genre pornographique parce qu’il dit pratiquement déjà tout sur le X dès les années 70 : le charme de Miss Chambers et une patine années 70 (la musique et un certain discours hédoniste New Age typiquement californien, où « l’énergie du bien-être monte des pieds », dixit un personnage) délicieuse tirent le film, distancié et excitant, vers le haut et vers un mystère autrement plus trouble que l’obsession contemporaine de transparence sexuelle. Le film récolta d’excellentes critiques et devint vite le film à voir, donnant une respectabilité éphémère au genre en l’amenant dans les salles de cinéma traditionnelles, les films sortant même sur les Champs-Élysées. Au festival de Deauville de 1975, le ministre de la culture de l’époque, Michel Guy, réserva même une rangée de fauteuils VIP pour la première française du film. Deux chauffeurs routiers s’arrêtent dans un dinner et bavardent avec le cuisinier. Ils en viennent à lui raconter l’histoire de la fameuse Porte Verte : tout commence dans un hôtel avec une jeune femme blonde, ensuite enlevée par deux hommes qui l’amènent à un club où les participants sont masqués. Elle est bientôt sur scène, au centre d’une orgie, devant une assistance d’abord passive puis active. L’un des camionneurs – le narrateur de l’histoire – est dans le public, mais le cuisinier se demande si tout cela a vraiment eu lieu, ou s’il s’agit d’une légende urbaine, dont l’une des premières variantes serait celle du viol rituel d’une jeune mariée dans une maisonnette du sud de la France, auquel des GI pouvaient assister moyennant finance à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Le dispositif "je vais te raconter" du film creuse ce même sillon du fantasme masculin, d’une histoire entre mecs racontée à un comptoir. Le mutisme permanent de l’objet blond du désir Marilyn – face à la logorrhée verbale mâle {besoin fort de parler, souvent de façon incohérente, généralement avec un débit rapide et continu} des sept premières minutes, puis pendant les scènes de sexe – appuie l’idée que le regard et le discours de ces messieurs, et de tous les messieurs blancs du monde, vont structurer le récit. Derrière la Porte Verte épuise pratiquement ainsi – dès 1972 – le genre pornographique en mettant à nu sa nature par une quasi mise en abyme : une femme kidnappée (à l’écran, les ravisseurs sont interprétés par les frères Mitchell eux-mêmes), jetée en pâture puis consentante devant une assistance voyeuse et passive, composée d’un échantillon d’humanité (hommes et femmes de sexualité et physique divers), et finalement plus participative. Soit le rapport trivial {trois voies est emprunté par Rabelais au latin « carrefour » puis « endroit fréquenté » : chose commune, banale, sans connotation péjorative, puis prend son sens moderne de "grossier", qui existait en fait déjà en latin (par référence aux manières des prostituées arpentant lesdits carrefours, eux-mêmes protégés par des phallus d’Hermès)} du spectateur face au film X, d’autant qu’une voix off précise dans le film avant le début du sexe « vous allez assister au viol d’une personne dont la peur initiale s’est muée en curiosité (…) Demain, elle ne se souviendra de rien, sinon d’avoir été aimée comme jamais elle ne l’a été. Même si vous la connaissez, vous ne pouvez rien y faire. Alors, détendez-vous ». La voix s’adresse autant à l’assistance dans le film qu’au spectateur, confortant son voyeurisme dans une expérience sans conséquence. Le film aurait été tourné en un jour, ce qui se ressent dans à peu près toute la première partie hors sexe du film, à cause d’un montage approximatif. Mais lorsque la bagatelle surgit à l’écran, les choses s’améliorent grandement : cadres et éclairages pensés et une manière de filmer près du corps qui a peu à voir avec les plans chirurgicaux du X d’aujourd’hui avec lumière crue. Le choix d’organiser en rituel le sexe pratiqué conditionne la mise en scène et l’atmosphère : Chambers en blanc et ses prêtresses en noir, impressions d’Afrique de pacotille avec l’entrée en scène de l’amant noir, la scène des trapèzes ou l’abstraction du coït final – filmé sur fond noir – composent un climat onirique, d’autant que le langage imagé "d’encouragement" associé au X est absent ici. Vers la fin, lorsque le public du spectacle s’emmêle et emplit l’écran, les règles du porno sont à nouveau à l’honneur mais l’étrangeté demeure : on croit parfois regarder un happening d’art moderne, une performance datée. Marilyn Chambers traverse les outrages, distinguée mais non distante, excitante et passionnée sans trop en faire. Le fruit non défendu même coupé demeure mystérieusement intact, charnel et rêvé. La fin ouverte de Derrière la Porte Verte laisse le goût du fantasme persister. La scène la plus probablement mémorable est celle de l’éjaculation externe et faciale, figure incontournable qui est au X ce qu’est l’explosion au blockbuster moderne ou le jet de sang au gore. C’est un rituel esthétique, paroxysmique de domination masculine pour signifier le plaisir de l’Homme, sa victoire sur la femme. Mais c’est aussi un constat d’impuissance face au mystère de la Femme, puisque si la jouissance féminine est facilement feinte à l’écran (oui ou non ?), le plaisir masculin doit pouvoir s’incarner, la preuve par l’image. A l’énigme féminine, la grammaire pornographique propose donc la réponse la plus crue. Ainsi, heureux ceux qui croient après avoir vu. Les Mitchell trouvent ici le moyen de ridiculiser et célébrer ce cliché du X dans une séquence devant beaucoup au cinéma underground : ralentis (qui confèrent au pénis une vie propre, distincte de celle de son propriétaire), solarisation, filtres et surimpression subliment la satisfaction masculine (ah, la petite mort !) tout en créant une distanciation assez ironique qui renvoie l’Homme à sa tanière. L’extase mâle tout en feux d’artifice n’est qu’une idée, une coupe imbuvable. Un "truc de mecs", pour parler crûment. Le "narrateur" enlève ensuite sa sabine Marilyn sur scène. Le cuisinier lui demande ce qui s’est passé après et s’entend répondre que "cela est une autre histoire". Le narrateur reprend sa voiture et visualise l’Acte (abstrait) avec Marilyn. Cela est-il vraiment arrivé ? Quelle est la part de vrai et de fantasmé ??? Si le narrateur a effectivement assisté à cette orgie, l’a-t-il fait avec Marilyn ? Le film ne répond pas : la seule certitude est que l’image de Marilyn – réelle ou non – obsède l’imagination du narrateur. On notera cependant qu’à la suite de ce coït rêvé ou non, le "narrateur" n’apporte pas la preuve de la jouissance inhérente au genre : il n’éjacule pas. De là à penser qu’il n’a pas "conclu"… après tout quelle importance, tant qu’il a raconté la chose. Mais elle aussi semblait dire, plus crûment, que les amants étaient les meilleurs amis et ennemis d’une femme. En juillet 1972 paru Union, magazine français de charme et d'information sur la sexualité. Un tiers du rédactionnel était composé de photos et courriers des lecteurs et lectrices, le reste se partageant entre les rubriques bonnes adresses, reportages sur le monde du sexe, rubriques Conseils et Sexo (il est devenu depuis davantage orienté vers la pornographie). Les réalisateurs profitèrent de la brèche qui s’ouvrait à eux : Bertrand Blier et l’inoubliable Les Valseuses avec Miou-Miou, Patrick Dewaere et Gérard Depardieu, illustrent parfaitement cette frénésie sexuelle, sans oublier les Contes immoraux de Valérian Borowczyk, évoquant le libertinage à travers les siècles de manière ouvertement érotique. Penthouse se tourna également à partir de 1974, année du lancement de Hustler, vers une présentation de plus en plus anatomique du sexe, donnant une vision détaillée de la vulve souvent accompagnée de poses évoquant la masturbation et montrant les petites lèvres ouvertes. Ensuite apparurent les rapports sexuels simulés, sans pénétration ni verge visible, ce qui fut le cas assez rapidement avec des pénis en érection. Par ailleurs, Penthouse essaya de maintenir la qualité des articles, bien que sur des thèmes plus sexuels que ceux publiés par Playboy. Hustler quant à lui est un mensuel pornographique américain destiné à un public masculin, créé à l'initiative de Larry Flynt en 1974. Nul doute que celui-ci a contribué à briser certains tabous américains dans les années 1970 en exposant notamment des parties génitales féminines de manière plus explicite que ne le faisait le magazine Playboy. Larry dut cependant se battre de part et d'autre avec ceux qui trouvaient son magazine trop explicite sexuellement et qui menaçaient de le faire retirer du marché. Il fut approché par un paparazzi qui détient des photos nues de Jacqueline Kennedy Onassis et il les publia dans l'édition d'août 1975. Ces photos firent énormément de publicité au magazine, si bien qu'il s'en écoula un million d'exemplaires en quelques jours. En juillet 1976, les autorités de Cincinnati accusèrent Larry et quelques membres de la direction d'Hustler de "Pandering", d'avoir produit du matériel obscène. Larry fut reconnu coupable et condamné à 7 ans de prison et à une amende de 11 000 dollars. Finalement, il gagnera sa cause en appel. Les années 1973 et 74 marquèrent la grande offensive du sexe à l’écran : la France vit arriver une production de films B ou Z « avec séquences additionnelles », c’est-à-dire des films traditionnels à petit budget comportant des scènes rajoutées provenant de films hards ou érotiques. Ce phénomène dura un an, jusqu’à l’exploitation in extenso des films d’où sont tirées ces scènes supplémentaires. Parmi cette production de films érotiques, on trouve L’Étalon italien qui marque les débuts de Sylvester Stallone. Se développa alors une production de luxe de films ouvertement érotiques qui bénéficièrent d’une promotion comparable à celle des films traditionnels. Emmanuelle est le fleuron de cette époque. L’air du temps était à la libération des mœurs, mais le film érotique cherchait encore sa place entre une production de plus en plus hard et un cinéma traditionnel qui jouait avec la séduction. Le producteur Yves Rousset-Rouard acquit les droits d'un roman à succès d'Emmanuelle Arsan, Emmanuelle (roman de 1959 où un diplomate raconte les récits de ses rapports pour le moins libres avec sa femme eurasienne, récit attribué à son épouse sous le pseudonyme de Emmanuelle Arsan. Cette magnifique histoire d’amour très troublante fut immédiatement interdite, l’éditeur Losfeld fut condamné à de la prison et à une forte amende. Néanmoins ce livre se vendit, sous le manteau, en millier d’exemplaires, voire dizaine de milliers). Il en proposa l'adaptation à un jeune photographe de charme, Just Jaeckin, qui n'avait qu'une expérience de la photographie et de la publicité. Le casting réunit une jeune actrice inconnue (et pour cause puisqu'il s'agit d'un modèle néerlandais dont c'était le deuxième film : Sylvia Kristel) et un acteur de renom en initiateur pornocrate (Alain Cuny, 65 ans : un des compagnons de la première heure de Jean Vilar au TNP et au Festival d'Avignon, il connut son heure de gloire en 1942 avec Les Visiteurs du soir de Marcel Carné, avec Arletty, Grand prix du cinéma français). Clamant en 1974 avec Arthur Rimbaud qu’il faut changer la vie, le film consacra le triomphe du porno soft à l’usage des familles endimanchées : le culte du plaisir et de la jouissance rencontra un succès planétaire ! Emmanuelle, entouré d'un parfum de scandale, provoqua un vaste débat en France sur la censure des œuvres érotiques. Le film aurait dû, selon la première commission de censure en avril 1974, subir de nombreuses coupes après avoir été interdit par le gouvernement Pompidou pour « manque de respect envers le corps humain ». Cependant, la mort la même année du président de la République française, Georges Pompidou, changea la donne. Un nouveau secrétaire d'État à la Culture, Michel Guy, fut nommé en remplacement de Maurice Druon. Alors que ce dernier était pour la répression, allant jusqu'à l'interdiction et la censure, le nouveau ministre est lui plus modéré et affirmera : « Tous les films doivent pouvoir sortir sans distinction. Je ne me reconnais pas le droit d'interdire à des spectateurs adultes la possibilité de voir les films qu'ils désirent. En 1975, les gens choisissent ce qu'ils veulent voir et je dois les laisser libres ». Suivant la promesse du candidat Valéry Giscard d'Estaing (qui, devenu Président, a eu une relation avec l'actrice principale Sylvie Kristel) d'abolir la censure, il décide alors de ne plus systématiquement suivre la commission, permettant ainsi au film de sortir en salles au prix de quelques coupes, mineures selon le producteur. Il sera simplement interdit aux moins de 16 ans (la même aventure arrivera à sa suite, Emmanuelle 2). Le film sortit le 1er juin 1974 dans une combinaison importante (pour l'époque) de dix-huit salles, soit une capacité de 8 000 fauteuils sur la première semaine (à peu près l'équivalent de L'Arnaque ou du Retour du grand blond qui sortent la même année). Après une première journée à 15 100 spectateurs à Paris-périphérie, le film réalisa la deuxième meilleure semaine de l'année avec 126 530 entrées. La baisse des semaines suivantes fut minime (105 671, 110 199 et 104 501 entrées). Au bout de 8 semaines, le score était de 745 000 spectateurs pour Paris-périphérie. En France, le succès se transforma en triomphe historique. Au bout de quatre ans, le score était de 2 500 000 d'entrées à Paris et de 7 350 000 sur la France. Emmanuelle fut projeté pendant 553 semaines sur les Champs-Élysées (UGC Triomphe) ; les cars de Japonais s'y succédaient et les petits Français y accouraient dès qu'ils atteignaient leur majorité. Le succès fut tel qu'une salle le programma à Paris pendant dix ans (il fut retiré en 1985 ; le score sur Paris intra-muros est éloquent : 2 788 000 spectateurs alors que la population parisienne tourne autour de 2 000 000), proposant en été un sous-titrage en anglais pour les touristes. Ce fut l'un des plus gros succès du cinéma français, attirant dans les salles françaises près de 9 millions de spectateurs et plus de 50 millions dans le monde. Précurseur, le film de Just Jaeckin devint l'objet d'un culte à travers le monde. Aux États-Unis, Emmanuelle fut classé X, puis ressortit dans une version expurgée la même année. En 1978, c'était le plus gros succès d'un film francophone sur le sol américain. Le Japon fut également conquis (16 millions de recette). Des suites furent tournées avec toujours Sylvia Kristel en femme qui se libère (d'autres films essayèrent également de surfer sur la vague) et le succès était toujours là, du moins jusqu'au quatrième épisode (en 1984) qui marque la dernière apparition de l'actrice hollandaise dans le rôle qui la rendit célèbre : Emmanuelle 2 (557 000 spectateurs sur Paris-périphérie), Good-bye, Emmanuelle (341 000 spectateurs), Emmanuelle 4 (378 000 spectateurs). Just Jaeckin se vit confier l'année suivante l'adaptation d'un autre roman érotique célèbre, Histoire d'O [livre érotique et pornographique de 1954 ayant reçu le Prix des Deux Magots l'année suivante. Dominique Aury, secrétaire de la Nouvelle Revue française, intellectuelle de haut-vol, amoureuse de Jean Paulhan, voulait lui écrire une lettre d'amour en forme de roman : « Je n'étais pas jeune, je n'étais pas jolie. Il me fallait trouver d'autres armes. Le physique n'était pas tout. Les armes étaient aussi dans l'esprit ». Commentant le comportement de son héroïne dans Histoire d'O, Pauline Réage dira simplement : « C'est une destruction dans la joie ». L'ouvrage paraîtra avec une préface de Paulhan, visiblement émerveillé du cadeau : « Enfin une femme qui avoue ! Qui avoue quoi ? Ce dont les femmes se sont de tout temps défendues (mais jamais plus qu'aujourd'hui). Ce que les hommes de tout temps leur reprochaient : qu'elles ne cessent pas d'obéir à leur sang ; que tout est sexe en elles, et jusqu'à l'esprit. Qu'il faudrait sans cesse les nourrir, sans cesse les laver et les farder, sans cesse les battre. Qu'elles ont simplement besoin d'un bon maître, et qui se défie de sa bonté... ». C'est d'ailleurs Paulhan qui avait insisté pour que ce roman, écrit pour lui seul à l'origine, soit publié. Pris au premier degré et compris avec une grille de lecture des années 2000 (aujourd'hui le sadomasochisme est un type de pratiques sexuelles institutionnalisé), il ne s'agit que d'un roman érotique, mais Histoire d'O est aussi un cri, celui d'une personne qui veut appartenir à une autre. Si la référence au sadomasochisme est donc bien présente, ce n'est pas aux pratiques visant à pimenter la vie d'un couple, mais à celles qui sont une quête d'absolu, le don de soi. Son écriture, froide et concise, en fait un objet d'autant plus fascinant, d'une crudité assez rare dans ce registre. L'attribution du prix des Deux-Magots (prix qui est octroyé à de jeunes talents prometteurs) a entraîné le succès public, mais aussi de multiples interdictions (de vendre aux mineurs, d'afficher, et de faire de la publicité) et poursuites pour outrage aux bonnes mœurs. Au final, le procès n'eut jamais lieu. Aujourd'hui, ce livre a été diffusé à 900 000  exemplaires], et se spécialisa sur le créneau des films érotiques "haut de gamme", retrouvant Sylvia Kristel en 1981 pour une adaptation de L'Amant de Lady Chatterley [roman de David Herbert Lawrence écrit en 1928. La publication du livre a provoqué un scandale en raison des scènes explicites de relations sexuelles, de son vocabulaire considéré comme grossier et du fait que les amants étaient un homme de la classe ouvrière et une femme de l'aristocratie. Lors de la première publication au Royaume-Uni en 1960, le procès des éditeurs, Penguin Books, sous le coup de la loi sur les publications obscènes (Obscene Publications Act) de 1959, fut un événement public et un test pour cette nouvelle loi qui venait d’être promulguée à l’initiative de Roy Jenkins. Cette loi permettait aux éditeurs de textes « obscènes » d’échapper à la condamnation s’ils pouvaient démontrer que l’œuvre en question avait une valeur littéraire. Dans le cas de ce roman, un des arguments de l’accusation était le fréquent usage du verbe fuck (en français, baiser) et de ses dérivés. Divers critiques universitaires furent convoqués comme témoins, et le procès se termina sur un verdict d’acquittement. Le procès fit jurisprudence pour ouvrir la voie à une plus grande liberté d’expression dans le pays].
    Le cinéma populaire s’empara du mouvement et Georges Lautner réalisa une comédie sur le sujet de l’avènement des films pornographiques aux États-Unis, On aura tout vu avec Pierre Richard et une Sabine Azéma débutante très déshabillée (François Perrin, photographe désireux de se lancer dans le cinéma, a écrit avec son ami Henri, un scénario baptisé Le miroir de l’âme. Ne trouvant aucun producteur, François confie le scénario au producteur de films pornographiques, Bob Morlock. Ce dernier transforme le film en érotissisme et le baptise La vaginale. Seulement, ce projet devient la source de conflit entre François et son amie Christine). Les premiers films de Bertrand Blier, Les Valseuses et Calmos, sont emprunts de cette désacralisation du nu qui caractérise l’époque. Devenu culte par son inventivité et sa poésie parfois teintées de cynisme, symbole de toute une époque, de ses dérives et de ses charmes, le film est à sa manière une ode à la liberté et à l’anticonformisme, face aux conventions sociales rigides d’une petite bourgeoisie mesquine et étriquée. Lors de sa sortie (interdit aux moins de 18 ans, puis déconseillé à la télévision aux moins de 16 ans par le CSA), Les Valseuses a connu un certain succès en faisant 5 726 031 entrées en France. Le film raconte la cavale de deux jeunes marginaux. Il illustre la frénésie de la libération sexuelle et des mœurs après l’épisode soixante-huitard. Miou-Miou a d’ailleurs reconnu que le tournage s’était déroulé dans une ambiance survoltée d’excitation sexuelle quasi-permanente, certaines techniciennes ou maquilleuses allant parfois jusqu’à participer aux ébats qui se déroulaient hors caméra. Aux États-Unis, les actrices de premier plan acceptèrent à partir de ce moment de se déshabiller. Le cinéma italien produisit également quantité d’œuvres jouant sur l’érotisme de ses héroïnes (le genre atteignant son apogée avec le Caligula de Tinto Brass en 1980). En 1973, Laura Antonelli gagna ainsi ses galons de star internationale grâce à ses porte-jarretelles aguicheurs dans Malizia. Le dessin-animé n’était pas en reste, puisque 1976 vit également sur les écrans Tarzoon, la honte de la jungle de Picha, qui racontait les aventures coquines de l’homme-singe (un Tarzan laid, lâche et ridicule part à la recherche de son acariâtre compagne enlevée, à travers un univers burlesque et fou, peuplé de mini-phallus, de pygmées cannibales, de fleurs nymphomanes et d’explorateurs éméchés, sur fond de valses viennoises. C’est bien malgré lui qu’il deviendra un héros. Le mythe de Tarzan créé par Edgar Rice Burroughs est mis à mal par un caricaturiste déchaîné collaborateur de revues satiriques, telles que Pan ou Hara-Kiri. Dans la version américaine, la voix de Tarzoon est celle du propre fils de Johnny Weissmuller, l’athlétique interprète de Tarzan dans les années 1930 et 1940. Les héritiers de Burroughs tentèrent de faire interdire le film pour obscénité et réclamèrent du moins le retrait du nom de Tarzan dans le titre, transformé en The Shame of the Jungle. Pour éviter d’être classé X au moment de sa sortie aux États-Unis en 1979, le film dut être amputé de quelques scènes. Cette parodie dévastatrice s’inscrit dans la lignée des nouveaux films d’animation destinés aux adultes qui apparaissent dans les années 1970, à la suite de l’irrévérencieux Fritz the Cat sorti en 1972 – premier film d’animation classé X et réservé aux adultes, qui rencontra un grand succès critique et générationnel. Durant la production, le distributeur initial, la Warner Bros. Pictures, rejeta le projet après avoir visionné quelques minutes de la version de travail. Crumb lui-même rejeta ce film animé, ce qui ne l’empêcha pas d’être. Dans l’histoire Fritz the Cat Superstar publiée en 1972, Fritz est dépeint comme une star d’Hollywood arrogante et exploitée par ses producteurs et son agent, caricaturant la réalité de l’auteur. Alors qu’il conduit sur Sunset Boulevard, Fritz est appelé par une fan lapine qui lui demande de la violer. Plus tard dans l’histoire, après avoir rencontré une ancienne amie autruche, Fritz quitte son appartement lorsque tout à coup il reçoit un coup de pic à glace dans le dos et meurt). Dans le même temps, les premiers films "hardcore" (en argot, « du vrai » : contenant des actes sexuels non simulés), arrivèrent en France dès 1975, l’américain Alex de Keuzy exposant dans Anthologie du Plaisir le sexe de manière claire, sans artifices, passant alors de la suggestion à la représentation non simulée de l’acte. Après le succès de films tels qu’Emmanuelle, le cinéma érotique et pornographique connut un engouement toujours croissant du public : profitant d’une législation laxiste, les salles spécialisées se développèrent beaucoup plus rapidement que les cinémas classiques, et le cinéma X créa ses propres stars comme Alban Ceray et Brigitte Lahaie, José Bénazéraf ayant sortit quatre films hard. Les films pornographiques représentaient la moitié des films projetés et prirent 20% de part de marché sur Paris-ville et 15% sur la France (soit 25 millions de spectateurs) : Exhibition de Jean-François Davy attira 575 000 spectateurs sur Paris-périphérie et 15 millions sur la France, soit un score comparable au succès des James Bond de l’époque. Trois autres films dépasseront le million d’entrées en France : Les Jouisseuses en 1974 (2,2 millions), Les expériences sexuelles de Flossie en 1975 (1,5 millions) et La masseuse perverse en 1973 (1,1 millions). La prolifération de ce nouveau genre de films provoqua toutefois des remous, les milieux conservateurs s’érigeant contre cette liberté. Le mouvement avait même gagné rapidement l’intelligentsia et des auteurs-réalisateurs tels qu’Alain Robbe-Grillet, Marco Ferreri ou Barbet Schroeder, abordèrent de façon directe les divers aspects de la sexualité. Le mouvement de la passion érotique est dans "l’égarement et la démesure" au sens où Nietzsche l’entend : « Ce que nous voulons, écrit Bataille, est ce qui épuise nos forces et ressources et qui met, s’il le faut, notre vie en danger ». C’est ce que Sade affirme lorsqu’il dit que l’essence de la volupté est à l’image du crime. Le gouvernement du premier ministre Jacques Chirac, jusque-là attentiste et pensant d’abord à l’autodiscipline, se rangea à l’idée d’une taxation plutôt que d’une censure, qui existait tout de même : les pornographes étaient régulièrement convoqué en chambre correctionnelle, les avocats faisaient toujours plus ou moins la même plaidoirie invoquant l’art, agitant le spectre de l’Inquisition et à la fin, il y avait de toute façon une amende, dont le tarif variait en fonction de l’inspiration de l’avocat. Cette entrée du sexe dans le paysage français se traduisit également par l’apparition des premiers sex-shops, ce qui est plutôt révélateur du rapport des français au sexe et à la pornographie. Malgré l’existence de librairies libertines dès les années 30, le mot sex-shop n’a lui été utilisé qu’à partir des années 70. Dès 1973, l’obligation d’opacifier les vitrines (par arrêté préfectoral) obligea les propriétaires des lieux à se faire remarquer par des néons et enseignes lumineuses. Des cabines de visionnage apparurent dans ces lieux dédiés à la sexualité de sorte qu’en 1975, après la loi de taxation sur les œuvres pornographiques, les sex-shops diffusèrent les films n’ayant pas obtenu les visas d’exploitation [tous les films autorisés à la vente, avec comme restriction l’absence de scène de viol ou d’inceste et les déclinaisons de spécialité tel le sado-maso ou le scato ; de nombreux films sont multicritères, ainsi de nombreux films hétérosexuels incorporent des scènes homosexuelles mais uniquement féminine, les films transsexuels étant souvent catalogués comme films gay ou lesbien. Bien sûr, le fait de réaliser, posséder ou distribuer un film pédophile, nécrophile (sexualité avec des morts) ou zoophile (avec des animaux), constitue un délit pénal, pouvant aboutir à des peines de prison et d’amendes]. Les sex-shops devinrent alors des lieux de masturbation et des espaces à dimension communautaire par le biais de la diffusion de petites annonces en vue de rencontres sexuelles. La loi de 1975 institua ainsi le classement X (voté par la droite parlementaire alors que la gauche y était majoritairement opposée : une grande manifestation eut même lieu au Trocadéro et les partis de gauche annoncèrent qu’ils dénonceront cette "censure" à la prochaine alternance), classement attribué aux films interdits aux moins de dix-huit ans en France, considérés comme pornographiques (à différencier de la simple interdiction aux moins de 18 ans – pour les films mettant en scène des violences ou portant atteinte à la dignité humaine –, qui n’est pas assortie des mêmes contraintes légales, c’est-à-dire l’obligation de diffuser les films jugés pornos dans des salles spécialisées), et instaura une taxation spécifique (hausse de la TVA de 20% pour ces films pénalisant fortement les producteurs, suppression de tout droit au soutien automatique). Cette loi eut pour effet de ranger le cinéma pornographique dans une catégorie séparée, où la rentabilité était difficile à obtenir, n’incitant pas à une grande créativité et offrant des transpositions télécinéma médiocres, avec de la neige sur les vidéos (il y eut tout de même en contrepartie une taxe de 300 000 francs qui fut mise en place sur l’exploitation des films X étrangers, ce qui créa un protectionnisme de fait qui permit à la production française de vivre correctement pendant encore quelques années : 85% des films projetés en France étaient français). Ce fut la fin de "l’âge d’or de la pornographie" (la loi instituant le classement X relança en même temps le succès de la production des films érotiques de luxe : privée de l'accès aux films X marqués d'infamie, une partie du public se retourna vers le film de charme, Emmanuelle devint le symbole du cinéma érotique acceptable même si la version française à succès n'était pas complète puisque la longue scène d'amour entre Emmanuelle et Bee avait été coupée – elle est aujourd'hui généralement rétablie à la télévision) : de 200 salles en 1975, la loi du 31 octobre 1975 a fait chuter le nombre à 136 l’année suivante. En 1977, les salles X faisaient encore 8 millions d’entrées sur la France, soit 5% des entrées. Marc Dorcel, producteur et réalisateur français de cinéma pornographique créa sa société en 1979. Ayant commencé par des romans-photos érotiques, son premier film de fut Jolies petites garces en 1979. Plus de 4 000 cassettes de Jolies Petites Garces furent vendues en sex-shops. À 500 francs la cassette, les bénéfices étaient très importants. Le nombre de salles X tomba à 72 fin 1981, mais la part des films X était encore de 13% de la fréquentation de Paris intra-muros et 5% sur la France. Les plus gros succès du genre attirèrent environ 170 000 spectateurs, les deux réalisateurs dans le vent étant alors Burd Tranbaree (Les bas de soie noire, Initiation d’une femme mariée) et Gérard Kikoïne (Bourgeoise et pute), la ressortie d’Exhibition attirant encore 87 000 spectateurs en 1983. L’année suivante marqua une cassure. Les temps avaient changé : la peur du SIDA apparut et l’esprit libertaire des années 70 a progressivement laissé le champ à l’esprit libéral des années 80. Le développement des technologies de support comme les cassettes vidéo VHS permit l’accès au grand public des films pornographiques dans le cadre de la vie privée, en quittant le milieu restreint des cinémas X, la qualité des productions déclinant généralement pour répondre à une demande continuellement croissante (le libéralisme, la pilule, la psychanalyse lacanienne et les confessions radiophoniques de Ménie Grégoire – épouse de Roger Grégoire, conseiller d’état, son émission sur RTL a permis de vulgariser la psychanalyse et démythifier la sexualité – se donnèrent la main de telle sorte que l’érotisme aseptisé, ayant perdu sa charge subversive, pouvait s’afficher au grand jour et devenir marchandise à usage domestique). Le marché du X en salles s’effondra, comme l’illustre bien le plus gros succès de 1984 qui fera moins de la moitié de celui de 1983 (55 000 contre 134 000 entrées sur Paris). Même pour le film de charme (soft), la fréquentation s’est érodée : Emmanuelle 4 (1984) côté France et 9 semaines 1/2 (1985) côté États-Unis sont les derniers films érotiques à connaître un succès en salles. Le mouvement s’amplifia en 1985, lorsque Canal+ fut autorisé à diffuser un film X par mois (ce qui sauva la chaîne de la faillite), le premier étant Exhibition. Le film érotique soft se cantonnera quant à lui désormais à des productions télé calibrées pour les secondes parties de soirée, sur M6, la petite chaîne qui montait et grimpait. La création d’un journal du hard sur Anal+, la baisse du prix des cassettes (qui passèrent de plus de 150 euros en 1984 à moins de 15 euros quinze ans plus tard), la publicité faite par les chaînes de télévision aux stars du X et l’essor du DVD finirent par déculpabiliser les spectateurs. Le marché de la vidéo hard explosa et de véritables empires du sexe filmé furent créés (le suédois Private qui possède la plus grande collection de DVD pornographiques au monde, dont le classement thématique permet de cibler les différentes catégories de consommateurs, ou l’américain Vivid par exemple) profitant de l’essor de chaînes de télévision spécialisées (Play-boy TV aux États-Unis dès les années 80, XXL en France au milieu des années 90). Les films érotiques hard assurèrent plus de 75% des recettes de pay-per-view dans les hôtels et les cassettes X quittèrent les magasins spécialisés pour être vendues dans les kiosques à journaux traditionnels. Ce cinéma créa ses vedettes : les hommes restaient (Rocco Siffredi, Christophe Clark, Tom Byron, Roberto Malone), les femmes passaient (Traci Lords, Julia Chanel, Tabatha Cash, Laure Sinclair...). Côté cinéma, si les jeunes actrices n’hésitaient plus à se dévêtir pour accéder à la célébrité, l’érotisme des films des années 80 et 90 était moins naturel qu’avant, puisqu’on jouait davantage sur la suggestion (Sharon Stone dans Basic Instinct) et la sensualité (Exotica ou L’Amant), seul le cinéma espagnol donnant au nu un peu de chaleur avec des personnalités telles que Pedro Almodóvar (Attache-moi) ou Bigas Luna (Les vies de Loulou). En 1991, il n’y avait plus que 24 salles X sur tout le territoire français et, dix ans plus tard, une seule à Paris (Le Beberley - 75002). Si la sexualité française semble s’être décoincée chez les particuliers, les Dorcel père et fils sont en revanche plus amères sur l’évolution « des gouvernances » en matière de cul. En évoquant avec nostalgie « les affiches 4x3 mètres de pornos sur les Champs Elysées, qui restaient parfois un an à l’affiche, quelque chose d’impensable maintenant », ils ont pointé le paradoxe d’une société certes plus épanouie au lit, mais pas forcément débarrassée de certains tabous. L’exemple le plus frappant a été cette pique adressée au cinéma traditionnel où « les scènes de sexe non simulées sont quasiment toujours associées à un univers négatif, à la douleur, à la culpabilité », citant les films de Lars Von Trier, ou le fameux Baise-moi. « Rappelons que pour le Centre National de la Cinématographie, un film avec des scènes de sexe explicite qui pourrait être l’objet de masturbation doit être classé X ».
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4 janvier 2010 1 04 /01 /janvier /2010 20:55
  • Alors Ulla, qu’es-tu devenue depuis notre dernière entrevue, quand tu t’occupais de Faudel ?
  • U : « Depuis quelques temps déjà, besoin et "facilité" de l’argent vite gagné obligent, je glissais lentement mais sûrement de la sexualité tarifée occasionnelle vers sa version régulière ! J’ai alors mis en branle et fait jouer à fond mon réseau de clients contents qui payent comptant afin d’avoir l’avantage du nombre avec la sécurité de la cooptation !!! Poursuivant mes études en psycho, il m’était facile de déceler en un clin d’œil ceux avec qui je pouvais et voulais faire quelque chose de mes mains, de mes seins et de mon vagin ! En plus, je ne me considérais pas comme une prostituée, puisque je faisais davantage de psychologie … à 100 € la séance, donc mes clients n’étaient pas n’importe qui ! Finalement, je me suis improvisée vendeuse de charmes, à l’hôtel, alors que je n’aurais jamais osé séduire un client sur un bout de trottoir (et c’est bien pour ça aussi qu’on est trois fois plus nombreuses sur le Net) ! Anonyme, plus discret que la rue, apparemment plus facile, le Net "facilite" les choses, même s’il isole aussi, car du coup on n’a pas les conseils des plus anciennes ni parfois l’entraide ! Mais plus je gagnais et plus je dépensais et m’endettais, alors que mon réseau de clients n’était pas extensible et surtout ne pouvait pas être aussi régulier que mes besoins financiers, vu le prix de mes prestations ! C’est alors que la quantité de la rue s’est imposée à moi face à la qualité du travail à domicile !
  • Comment peut-on bafouer ainsi sa morale, son respect de soi ? Et comment s’est déroulé ce glissement de l’amatrice à la semi-professionnelle ?
  • U : « Je n’avais pas le choix, j’étais aculée à me faire enculer : les raisons du cœur ne peuvent survivre face à la misère ! Et en fin de compte, la prostitution est un ticket payant pour une sexualité "ordinaire" en accéléré ! D’un point de vue pratique, je me faisais discrète, ne faisant ni de prosélytisme ni de racolage. Au départ, c’est presque venu par accident : je me baladais tranquillement à proximité de la gare, me demandant bien comment je pourrais payer mon billet de train pour aller voir mon petit ami du moment (oui j’ai toujours eu une vie amoureuse en parallèle, non mes à-côtés monnayés ne finançaient pas tous mes frais !), quand un gars s’est arrêté et m’a demandé combien je prenais ! Non pas que j’étais habillée comme une pute ou maquillée comme un camion volé (même si je m’étais faite belle pour faire la surprise à mon chéri !), mais sûrement que ça devait se voir que j’avais les yeux qui sentaient le cul (pour mon homme en particulier, pas pour un homme en général !!!). Toujours est-il qu’après un petit délai de réflexion, j’ai accepté sa proposition, non pas pour la totale rectale (réservée à mon amoureux que j’allais bientôt rejoindre), juste pour une petite pipe vite fait bien fait (cela me payait le billet à vingt euros et pour moi sucer n’est pas tromper !). Par la suite, tombée dans le piège de l’argent "facile" (vite pris, même si chèrement payé … de sa personne), j’ai sombré dans la prostitution comme dans la drogue : mon life motiv [1] était « il n’y a que la maille qui m’aille », d’une, pour me faire plaisir dans la vie sans regarder à la dépense (et c’est bien le fond du problème), et de deux, pour me racheter une conduite auprès de mes petits amis (qui ne savaient évidemment rien de ma source de revenus) en leur faisant de beaux cadeaux ou en étant toujours au top de l’esthétisme !
  • Justement, que peux-tu nous dire du fonctionnement de ce système prostitutionnel ?
  • U : « Déjà, il faut bien comprendre que de tous les groupes dits marginaux, les prostituées forment celui qui se trouve le plus proche de l’interface entre la bonne société et ses membres déviants ! Cette marginalité est d’ailleurs exclusivement spatiale et permet aux prostituées une réintégration relativement aisée dans le corps social. Le stigmate repose alors sur le lieu et non pas sur les individus ! Comme la drogue, la prostitution est un "plaisir dangereux", un mal nécessaire à bon nombre de sociétés. Comme on ne pourra jamais l’éradiquer, la question est de savoir quoi faire avec pour que tout le monde s’y retrouve, prostituées, clients et citoyens. D’un point de vue moral, on distingue les réglementaristes qui sont pour une organisation légale de la prostitution (maisons closes, proxénétisme, etc.), les abolitionnistes qui prônent l’abolition de la réglementation et la répression du proxénétisme mais sans criminalisation de l’activité elle-même, avec une implication des pouvoirs publics dans la prévention et l’aide aux personnes se prostituant involontairement, et les prohibitionnistes qui veulent l’interdiction de la prostitution et du proxénétisme. La plus grande partie des féministes est abolitionniste : pour elles, ce sont les proxénètes [2] qui parlent à travers les prostituées. Elles pensent que c’est en s’attaquant aux clients et aux proxénètes qu’on éradiquera la prostitution. En 1975, lors de la Révolution des Prostituées dont la Ulla originale était la meneuse, les féministes s’étaient solidarisées à la cause de femmes réprimées par le pouvoir policier masculin. Mais rapidement, elles prirent leur distance avec les revendications des prostituées de pouvoir continuer leurs activités dans de meilleures conditions. Mais de toute façon, les deux façons dominantes de penser la prostitution, celle des abolitionnistes et celle des défenseurs de la liberté de se prostituer, sont dogmatiques et en décalage avec la réalité !!! »
  • Peux-tu nous expliquer en quoi ?
  • U : « Les tenants de la liberté de se prostituer, la plus marginale des deux, présupposent des individus libres de toute contrainte. Pour eux, cesser de réprimer les prostituées et de les regarder comme déviants suffiraient pour que, miraculeusement, la prostitution s’intègre harmonieusement dans la société. Mais à rebours des clichés sur la prostitution, il faut bien reconnaître que c’est essentiellement la misère qui pousse à faire le trottoir. En effet, on ne peut pas comparer le multi-partenariat avec la prostitution, car c’est dans une logique économique de survie que les prostituées enchaînent les partenaires, sûrement pas pour le plaisir ! Ce qui amène à la prostitution, c’est un besoin d’argent urgent, assez élevé et sans aucune situation pour l’apporter autrement. Les prostituées étrangères, qui focalisent l’attention politique et médiatique depuis quelques années, sont également guidées par le rêve d’une vie meilleure dans un autre pays que le leur, même si elles sous-estiment la violence de ce qui les attend. Au final, la prostitution peut être une alternative, certes destructrice et précaire, pour survivre, pour éviter une situation pire encore, et c’est bien en ce sens que les prostituées forment l’unique prolétariat dont la condition émeuve autant la bourgeoisie ! À l’inverse, les abolitionnistes présupposent que les personnes prostituées n’ont aucune autonomie sociale et psychologique. Ils pensent qu’il est irrationnel d’être prostituée, donc qu’elles sont nécessairement folles ou sous la contrainte d’un proxénète. Il est certes difficile de nier qu’il s’agit d’un rapport de domination traditionnel homme / femme (client / prostituée) qui affecte toutes les femmes clivées en deux catégories, les "femmes honnêtes" d’un côté, les femmes de "mauvaises mœurs" de l’autre. Mais l’approche historique oblige à prendre en compte des "situations" prostitutionnelles plus variées que ne le laisse entendre le schéma classique : songeons aux rapports vénaux entre homme "actif" et homme "passif", entre homme et transsexuel, entre une femme cliente et un homme, ou une femme… qui renversent parfois le rapport de classe et de genre. Dans les rapports tarifés, le partage entre ceux qui paient et celles qui sont payées n’est pas qu’une relation de lutte de classe : le pouvoir n’est pas uniquement du côté de celui qui paie mais aussi du côté de celle qui est désirée, de par sa beauté, ses attributs ou ses prestations grrr !!! Finalement, la prostitution est presque un échange égalitaire entre deux pouvoirs, celui de payer et celui d’être désirée ! Pour autant, il y a aussi des affects qui circulent, qui déplacent le simple troc d’un bien contre un service et qui reproduisent en général de l’inégalité. Il existe des prostituées qui font ça pour avoir des amis, pour trouver une figure de la mère, pour établir une relation qui leur apporte de la stabilité ou de l’amour, cela arrive ! Les femmes qui se prostituent le font parce qu’elles peuvent avoir des rapports simplement, sans éprouver de désir, uniquement en se sentant désirées, ce qui est une excitation narcissique. À dire vrai, seul le sexe est un invariant du rapport prostitutionnel. Tout le reste (le statut, le prix de la passe, la manière de faire, le lieu de prostitution, les prestations complémentaires) est soumis, selon les contextes et les époques, à des modifications plus ou moins sensibles. Le discours abolitionniste s’est durci, stimulé par la troisième voie donnée en exemple au monde par la Suède : la prohibition et la pénalisation des clients. Il est devenu à la fin du gouvernement Jospin une doctrine quasi officielle dans le cadre des politiques nationales de lutte contre les violences faites aux femmes : la prostitution est considérée comme une de ces violences (dans le rapport rédigé par Malka Marcovich et remis à la secrétaire d’Etat Nicole Péry). Ces deux extrêmes nous ramènent à l’indifférence des résignés face à l’intransigeance des indignés !!! Cacher, contrôler, surveiller sur le plan sanitaire : le vieux discours réglementariste n’en finit pas de revenir également au devant de la scène, servi par de nouveaux porte-parole, comme des femmes de droite (Françoise de Panafieu – UMP – prenant, par exemple, parti pour la réouverture des maisons closes au nom de l’ordre public). Quelle sera l’issue de ces combats qui se concluront à un niveau européen, où des pays réglementaristes comme les Pays-Bas et l’Allemagne pèsent lourd ? Bien qu’il soit le plus souvent sous contrôle, le sexe prostitué fait peur parce qu’il se dissocie clairement d’une sexualité idéale unique : celle de l’hétérosexualité reproductive et monogamique. Certaines féministes abolitionnistes sont conservatrices, moralisatrices et anti-sexe au point de se rallier parfois à ce que j’appelle "l’hystérie sexuelle", c’est-à-dire des périodes de "panique morale" qui visent à réprimer, plus ou moins violemment, des comportements sexuels déviants. Mettant en garde contre la tentation de suivre l’Allemagne ou les Pays-Bas sur la voie de la légalisation, qui provoquerait selon leurs dires une explosion de la prostitution clandestine, elles s’insurgent contre la nouvelle appellation libérale de "travailleurs du sexe" : « Quand vous travaillez chez McDonald’s, ce n’est pas vous la viande ; dans la prostitution, vous êtes la viande ». Elles font également valoir que, loin de « réduire le nombre de viols », la prostitution représente au contraire une « ouverture de droits » sur tous les corps féminins, et mine de l’intérieur les revendications d’égalité. Lieu de prédilection à la fois du sexisme et du racisme – ainsi qu’en témoignent les stéréotypes sur les Asiatiques attentionnées, les Africaines félines, les "filles de l’Est" dociles... –, elle aurait pour enjeu essentiel la domination de l’autre, avec le "laissez-passer pour la violence" que cela suppose ; à tel point que l’on peut se demander « s’il y a bien du sexuel » dans cette histoire. Précisons tout de même que beaucoup de gens ne passent pas par la prostitution et que cela ne les empêche nullement ni d’être dominants ni même violents ! En outre, les prostituées gardent un réel pouvoir, ne serait-ce que par le fait qu’elles ne se laissent jamais embrasser et qu’au final c’est elles qui acceptent ou non un client, un type de prestation !!! Les abolitionnistes pointent également la persistance, chez les clients comme dans l’ensemble de la population, de représentations archaïques faisant de la sexualité masculine une « pulsion irrépressible », alors que celle des femmes serait d’une placidité à toute épreuve ! Ils remarquent aussi que, quand bien même « pulsion irrépressible » il y aurait, « tout le travail de la civilisation s’emploie à contenir les pulsions qui causent un dommage à autrui ». Pour eux, l’alibi de la transaction financière, ou d’une « liberté de choix » bien illusoire, ne change rien à la violence que représente l’appropriation du corps d’autrui, et qu’une société digne de ce nom ne devrait pas tolérer. Si je reconnais bien volontiers que tout ceci n’est pas des plus glorieux, animaux vicieux que nous sommes, il n’y a pas pour autant de quoi en faire tout un scandale, l’agréable de la satisfaction client étant l’utile de la survie de la prostituée, qui y trouve aussi son compte, se sentant même valorisée car les putes apportent un peu de douceur dans ce monde de brutes ! Et puis rappelons quand même que le protagoniste le plus discret du commerce des corps (12 % des hommes, contre 0,6 % des femmes, en France, seraient clients) est la plupart du temps quelqu’un de bien qui ne fait de mal à personne, sauf moralement – mais secrètement – à son conjoint s’il est en couple, et encore cela peut permettre à celui-ci de tenir plus longtemps en extériorisant des fantasmes que l’homme ne voudrait plus accomplir avec sa femme devenue mère ou qu’il n’a jamais pu assouvir avec elle car cela ne correspondait pas à madame (sodomie voire tendances homosexuelles refoulées) ! Finalement, la position abolitionniste de la France est contre-productive pour tout le monde, y compris pour l’état de par les dangers qu’entraînera un métier clandestin, incontrôlable, porteur de maladies, de misère et de crime. Personnellement, je suis on ne peut plus d’accord avec le point de vue d’Élisabeth Badinter qui pense « qu’on peut utiliser son corps au même titre que son cerveau. C’est la Liberté. Si une femme préfère gagner en deux nuits ce qu’elle ne gagnerait pas en un mois à l’usine, qui peut décider à sa place de l’utilisation de son corps ? ». Mais la prostituée n’aime pas l’argent (car dans son cas il a vraiment une odeur sulfureuse), elle en a juste besoin pour survivre ! De toute façon, nous sommes tous prostitués dans le sens où nous vendons notre corps (notre force de travail ou notre cerveau) contre de l’argent. La prostitution est donc un droit fondamental de l’humain et il faut reconnaître à ces femmes le statut de travailleur libéral !!! On considère d’ailleurs qu’il y aurait aujourd’hui, à Paris, quatre cents personnes indépendantes ! ».
  • Quelles sont concrètement vos conditions de travail ?
  • U : « Nous sommes environ vingt mille en France et pour être claire, la très grande majorité des prostituées sont des françaises, mères de familles provinciales, qui travaillent pour leur compte. Les immigrées mises en lumière par les médias ne sont donc pas représentatives de la profession (ce qui n’enlève rien à l’horreur de leur condition bien sûr !). Enfin … la situation s’est dégradée les derniers temps : la prostitution "artisanale", libre et indépendante, subit la concurrence de trafiquants qui exploitent les filles de l’Est et d’Afrique. La prostitution financière ou estudiantine occasionnelle est aujourd’hui très faible, la moitié étant la prostitution criminelle étrangère organisée par des mafias (avec un renversement de situation sur l’origine des prostituées depuis 1995, d’abord venant de l’Est puis d’Afrique à partir de 2003) : c’est clairement l’exploitation de nombreuses femmes par quelques hommes ! Dénoncé déjà par Albert Londres en 1927, le trafic humain (business très lucratif et beaucoup moins risqué que le trafic de drogue) s’est amplifié avec la crise économique de l’ex-bloc soviétique, la misère et les guerres en Afrique, à un point tel que l’exploitation sexuelle représente à elle seule 80% de la traite des êtres humains. L’exception française en la matière, tolérer et dans le même temps réprimer totalement, ne résout en rien la question de la prostitution. La France est abolitionniste, voulant éradiquer la prostitution (même si elle n’est pas un délit, exception faite du racolage, même passif), mais comme il n’y a pas grand-chose derrière ce terme (alors que tout le monde sait, politiques en tête, mais que personne ne fait rien – ou alors mal), la police s’occupe de tout, uniquement d’un point de vue répressif, en effleurant à peine le problème dans sa globalité : les politiques assignent la mission que ce soit la police qui police [3] les mœurs, mais c’est démago car c’est tout un boulot d’information, de communication et d’évolution des mentalités !!! Même si pour la maréchaussée la prostitution est intimement liée au banditisme, heureusement nous sommes rarement considérées comme des coupables, plus comme des "victimes" (plus ou moins volontaires, et très bonnes indics). Dans un pays où la prostitution est légale (ce qui est puni est le trouble à l’ordre public), avec la loi pour la sécurité intérieure (LSI) de 2003, le ministre de l’Intérieur Sarkozy voulait mettre un coup d’arrêt à la prostitution (suite aux plaintes des riverains, excédés par les disputes, les embouteillages de voitures, les préservatifs jonchant le sol) en faisant du racolage passif un délit passible de deux mois de prison et de 3 750 euros d’amende (délit supprimé en 1994, sous le gouvernement Balladur auquel il appartenait en tant que ministre du budget). L’infraction étant difficile à caractériser, la tenue vestimentaire devient un élément de présomption, avec mise en garde à vue pour la profondeur d’un décolleté. En fait, les politiques se préoccupent davantage du confort des riverains (ceux qui votent) que de la sécurité de personnes qui sont déjà parmi les plus précaires qui soient, tout ceci se situant dans un contexte de criminalisation de la pauvreté, au même titre que les SDF, les jeunes de banlieue. Ces catégories pauvres dérangent dans l’espace public des centres des villes qui tendent à être monopolisés par des classes sociales relativement favorisées. La loi ne résout pas le "problème" de la prostitution mais a eu pour effet d’éloigner les prostituées des quartiers où elles faisaient désordre, et de les contraindre à se rendre à la périphérie des villes : elles y sont isolées, plus sujettes à la violence et difficiles à contacter pour les travailleurs sociaux. Refoulées vers la banlieue et privées de notre outil de travail (confiscation de camionnette), certaines d’entre nous sont arrivées à un point où elles déplorent que les proxénètes soient les seuls à pouvoir les protéger (alors qu’avant tout était basé sur l’entraide, comme la copine qui relevait la plaque d’immatriculation de la voiture du client, au cas où la collègue tarderait à revenir). D’ailleurs, jusqu’à la loi sur la sécurité intérieure, le proxénétisme était marginal. Aujourd’hui il est en recrudescence, sous la forme du proxénétisme immobilier : il s’agit de propriétaires qui louent trois fois le prix du marché à des travailleuses du sexe. C’est un "commerce" très rentable qui comporte somme toute peu de risques. L’excentration et la concentration des activités prostitutionnelles ne peuvent être, on s’en doute, des réponses exclusives à la marginalisation croissante que connaissent les filles. Selon les différentes associations contre la traite des êtres humains et pour les droits des femmes, les prostituées sont considérées comme des délinquantes alors qu’un certain nombre d’entre nous sont les victimes des réseaux de proxénétisme ; la loi serait donc selon elles incompatible avec la convention de l’ONU ratifiée par la France en 1960 qui pose comme principe fondamental la protection des personnes prostituées. Le PS, se démarquant de Nicolas Sarkozy, proposait de criminaliser le client plutôt que la victime, mais cela a aussi pour effet de déplacer la prostitution. La multitude des contraventions qui nous sont infligées chaque jour (35 € pour le stationnement interdit, 90 € pour le refus d’obtempérer), nous a poussées à manifester bon nombre de fois contre le harcèlement policier (voire les violences policières, ou même le chantage sexuel). D’autant qu’on a beaucoup moins de clients car ils ont peur d’être arrêtés alors qu’en réalité, ils ne risquent rien, sauf que leurs femmes apprennent qu’elles sont trompées. De fait, un nombre croissant de femmes se prostituent en passant par des sites de petites annonces traditionnelles, mais aussi sur les sites de rencontre, appâtant le client avec des messages exotiques. Mais les proxénètes font pareil, faisant même de la publicité pour des rencontres coquines (d’abord par téléphone, voire plus si "affinité" mais surtout envie de payer) directement à la télévision. Du coup, on assiste également à une recrudescence de salons de massages thaïlandais (environ deux cents cinquante à Paris), laissant présager d’une mutation, à la manière de maisons semi-closes. Toutefois, si on légalise la prostitution comme en Allemagne ou en Espagne, il y a de forts risques que le proxénétisme s’aggrave : parce qu’on voudra toujours nous prendre de l’argent, on voudra toujours nous mettre dans des maisons closes !!! Aujourd’hui, de nombreuses filles venues autrefois de l’Est vont dans ces pays, où leurs proxénètes estiment que leur métier est légalisé (puisqu’il faut au minimum que les prostituées payent leur chambre, voire plus si emprise psychique et physique du gérant-souteneur). Le sport et le sexe allant de pair (on le voyait déjà aux arènes romaines, où la violence des jeux précédait l’assouvissement des désirs sous les arcades même), certains comptaient bien profiter de l’aubaine : en 2006, lors de la coupe du monde de football, quarante mille prostituées auraient, de manière illégale, rallié l’Allemagne, pays où la prostitution est légalisée depuis 2002 (avec droits sociaux tels que la sécurité sociale et la retraite pour les prostituées) et où les éros-center se multiplient. En France, la plupart des travailleuses du sexe paient des impôts, mais il n’est pas possible de le faire sous la dénomination de "prostituée" ou de "travailleuse du sexe". Nous avons des rappels d’impôts sur quatre années, ce qui est tout à fait normal, mais ce qui ne l’est pas c’est que pendant quatre années nous avons quand même payé des sommes exorbitantes de PV. Donc finalement, si on fait le calcul, non seulement nous travaillons pour l’état, mais en plus l’état devient notre propre proxénète car nous sommes toujours redevable d’une somme envers lui, parce que cette somme aucune des filles ne la fait, ce n’est pas possible !!! En effet, l’imposition se fait sur la base des plus grosses journées de travail multiplié par 365 car, comme chacun le sait, les putes ne sont jamais malades, n’ont pas le droit au repos hebdomadaire et ne prennent pas de congés ! Cela, bien sûr, n’ouvre pas droit à l’assurance maladie ou à la retraite : c’est tout le drame de ces milliers de femmes qui, à la cinquantaine, se retrouvent sans moyens d’existence, et il y a donc des prostituées qui travaillent bien au delà de 65 ans. Si elles ont mis de l’argent de côté pour ouvrir un bar à cinquante ans, le fisc leur tombe dessus en demandant la provenance des fonds et puisqu’ils viennent de la prostitution il y a saisie des biens (pour payer la TVA ?). Mais donner un statut (au moins social, en terme de droit), c’est légaliser de fait, avec la réglementation qui doit en découler : comme les prostituées payent des impôts sur leurs revenus (sinon le fisc les taxe sur leur "train de vie"), elles demandent à juste titre d’être considérées en droit commun et avec des droits sociaux. En fin de compte, nous avons un travail très pénible, car nous restons très longtemps debout, qui rapporte peu et nous sommes très seules (l’activité étant clandestine, il y a de la rivalité). De leur côté les clients constituent une communauté très forte, qui ne cesse de s’échanger des bons plans, des anecdotes, des fantasmes. D’ailleurs, dans les procédures judiciaires pour racolage, les clients des prostituées ne sont presque jamais poursuivis, mais peuvent être entendus comme... "témoins". Pour les clients, les femmes qu’ils paient sont des substituts de celles dont ils sont amoureux, de celles sur lesquelles ils fantasment. Mais le problème est qu’ils veulent une satisfaction sexuelle, mais aussi une réponse affective, quelque de chose de plus que le simulacre, donc du coup il manque toujours quelque chose ! En effet, il existe chez les clients une frustration "structurelle", frustration qu’ils reportent sur les prostituées, accusées de ne pas mettre assez de cœur à l’ouvrage (car tous les clients sont loin d’être des beaux gosses ou juste des hommes qui font un tant soit peu envie). Il faut souligner que l’on va fréquenter les prostituées en vue de satisfaire sa libido, et que cet assouvissement du désir sexuel peut également déchaîner des pulsions et fantasmes criminels. En outre, la loi les déclarant clandestines, certains clients se croient en toute impunité pour user et abuser des prostituées. Ces pratiques sexuelles s’apparentent au poker, dans le sens que le risque (se faire embarquer par la police) fait totalement partie du jeu, qu’il en est même un piment nécessaire. Dans ce contexte de peur voire de violence, les anciennes (les aînées) chaperonnaient, marrainaient et formaient les nouvelles recrues venues. En outre, avant la LSI, les filles restaient groupées et soudées, l’union faisant la force contre les clients violents ou les proxénètes. À présent dispatchées pour raison de sécurité (envers la police et ses rafles), les filles de joie exercent isolées, dans la crainte des agressions, facilitées par leur mise à l’écart ».
  • Génératrice de profits colossaux, tant directs qu’indirects, révélatrice de difficultés persistantes dans les relations entre les sexes, la prostitution implique et interroge la société dans son ensemble. Comment peut-on améliorer la situation et assainir la profession puisque tu considères la prostitution comme telle ?
  • U : « Pute, je le serai toujours, dans ma tête, dans ma façon d’être, d’agir et de penser ! Mais nous avons une conscience politique, lisons les journaux, nous informons, votons lorsque nous le pouvons, bref nous sommes des Citoyennes actives. Beaucoup ont fait, soit en France soit dans leur pays d’origine, des études supérieures et parlent plusieurs langues. Nous ne sommes pas, même lorsque certaines proviennent de milieux très défavorisés, de "pôvres filles", car notre métier est un incroyable observatoire de notre société, qui a pour effet d’obliger à réfléchir, à se questionner, à questionner le monde dans lequel nous vivons. J’ai toujours été sidérée par la qualité de réflexion et de la capacité à débattre de la part de mes consœurs putes. Pour améliorer la vie des prostituées il faut déjà réinscrire la prostitution dans la question sociale et la mettre en perspective avec d’autres formes de précarité ! N’oublions pas que, de par la place qui leur est réservée au bas de l’échelle sociale, dans toutes les Révolutions, elles furent parmi les premières à bouger. Loin de lutter contre l’actuelle véritable traite d’esclaves, les lois récentes détruisent une tradition socioculturelle séculaire qui s’était transformée en service d’utilité publique, tradition qu’une évolution sociale et juridique laborieuse avait pourtant bien encadrée. La plupart des associations qui s’occupent de prostitution ne sont pas des associations de prostituées, elles sont le fait de professionnels abolitionnistes et n’ont aucun intérêt à ce que les travailleuses du sexe s’émancipent. Elles vivent de la prostitution et à ce titre sont considérées par les putes comme des proxénètes ! La lecture essentialiste de la prostitution (celle des abolitionnistes) oublie que les personnes ne sont pas que des prostitué(e)s mais aussi, souvent, des SDF, des toxicomanes, des sans-papiers ! Il y a un ensemble de facteurs d’insécurité et de précarité qui se combinent. De nombreuses prostituées quittent ou reviennent sur le trottoir au gré de leur statut économique. À l’heure où les salons de massage et autres bordels dissimulés pullulent, nous réclamons le droit de continuer à travailler dans la rue et à disposer librement de notre corps. Nous revendiquons la reconnaissance officielle de l’activité prostitutionnelle en tant que profession comme une autre : nous voulons le droit, comme tout un chacun, de travailler tranquillement sans enchaîner les gardes à vues, et que ce travail soit reconnu comme une profession libérale, au même titre que les infirmières ou les comptables, comme en Suisse. Qu’on nous laisse bosser, sinon, on fait quoi ? On ne va quand même pas se mettre à voler ! De cette revendication naît une demande d’intégration sociale qui scandalise les abolitionnistes, dont les membres du Nid pour lesquels seul l’abandon de la condition de prostitution peut réinsérer les prostituées dans la société. Nous refusons justement les positions misérabilistes : pour nous, la prostitution est un choix et l’action collective une volonté d’autonomie et de prise en charge de notre propre destin. Si des gens veulent nous aider, c’est avant qu’il faut prémunir, avant et après, car pendant qu’on se prostitue on n’a besoin de personne, on subvient à nos besoins nous-même. En bref, c’est par une politique sociale solide (revalorisation des minimas sociaux, vraie politique de logement social, moins de répression à l’égard des toxicomanes) que l’on peut espérer que les prostitué(e)s aient au moins les moyens de faire de véritables choix, spécialement celui de quitter le trottoir ou d’y rester. Surtout que la professionnalisation de la prostitution est aussi un problème de santé publique. En effet, travailler dans de mauvaises conditions (c’est un euphémisme) entraîne une fragilité face aux clients qui, dans plus de 80% des cas, demandent ce qu’ils appellent des "rapports naturels", c’est à dire non protégés, alors que ces clients sont la plupart du temps des pères de famille mariés. Une prostituée qui peut travailler sans risque aura le chaland suffisant pour refuser de tels clients et imposer le préservatif car, bien sûr, comme tout un chacun, elle ne souhaite pas contracter une infection sexuellement transmissible. Par contre, face à la précarité de leur situation, nombre d’entre elles seront contraintes d’accepter un rapport non protégé. Pour conclure, à titre personnel, même si je suis loin d’être la seule dans ce cas, en revendiquant le libre usage de notre corps, nous voulons aussi avoir droit à une vie sentimentale épanouie ! Il faut en effet savoir que toute personne vivant ou ayant un échange d’argent avec une prostituée est un proxénète. Par exemple : même si la personne travaille, même si elle peut justifier qu’elle subvient à ses propres besoins, le ou la compagne d’une prostituée est de facto proxénète, autant que la fille d’une prostituée sera proxénète si sa mère lui verse une pension ! Du grand n’importe quoi !!! »
  • À t’entendre, comme Ulla, tu es la "sainte patronne protectrice des prostituées", et tu t’en es plutôt bien sortie !
  • U : « C’est vrai que sur bien des aspects nos vies se ressemblent, et ce n’est pas pour rien que j’ai pris ce nick name, ce pseudo ! Finalement, on peut considérer que j’ai évolué comme une agnelle parmi les louves [4], mais aucune d’entre elles ne me dévora jamais. Pour en revenir au métier et à la façon de l’exercer, c’est vrai qu’au départ j’étais un peu intimidée par la réalité de la prostituée sur le pavé ! J’étais comme une gougne [5], une godiche [6] mal lunée [7] qui minaudait [8] en maraude [9]. J’avais donc plus besoin d’un chaperon [10] que d’un chapon [11] : heureusement, mes duègnes [12] règnent ! Après m’avoir enseigné les bases du métier, elles me laissèrent vaquer ! Naturellement indépendante d’esprit et de gestes que je suis, j’avais trouvé la planque : me baladant nonchalamment – comme une fille de bite hume l’air, de rien n’était – dans la rue (tout de même dans des quartiers réputés pour y trouver ce genre de service), ceux qui voulaient quelque chose n’avaient qu’à prendre sur eux pour connaître mes tarifs (quand on veut quelque chose, on peut le demander), mais si le client ne me plaisait pas ou demandait des trucs que je ne voulais pas faire, je lui répondais du tac-o-tac que je n’étais pas le genre de fille qu’il pensait. La plupart du temps il bredouillait un truc du genre « Excusez-moi, j’ai cru que … » et je lui disais simplement que j’attendais une copine pour bouger en soirée, que la méprise n’était pas si grave (puisque c’était eux les gênés, tant par la honte de m’avoir confondue avec une tepu que par le doute de mon esquive envers leur personne !). Tout se passait bien, faisant le tapin [13][14] : ils étaient du milieu et n’appréciaient pas du tout mon petit jeu ! Arguant que j’ôtais la pine de la bouche de leurs travailleuses du sexe (esclaves oui !) venues de l’Est et du Sud (le monde à l’envers quoi !), ils m’expliquèrent qu’il y avait des règles à respecter dans ce monde sans foi ni loi : le système du maquinat [15], perversion mafieuse de protection en échange de racket favorisée par la criminalisation de l’activité et la répression policière, m’assurerait mon petit morceau de trottoir et ma "tranquillité d’esprit" ! Ils me firent bien comprendre, le gros balaise surtout, que si je ne rentrais pas dans leur combine, un accident serait vite arrivé, mais qu’avec eux comme protecteurs, je pourrais bosser peinarde ! Pour autant, plus question de laisser filer des clients, le CA mensuel exigé étant bien trop élevé pour faire la fine bouche ! En somme, en voulant "protéger" la société (alors que la prostitution sous certaines formes est humaine, voire animale, par essence, donc insuppressible), l’état ne faisait que m’abandonner à mon triste sort !!! Pour la première fois de mon activité, alors qu’auparavant je gardais la mainmise sur le choix de mes partenaires-clients, je me sentis salie, comme violée par des hordes de barbares qui me passaient dessus pour le compte d’inconnus ! Moi qui n’étais qu’une occasionnelle au début puis une semi-professionnelle, notamment pour financer mes études et surtout mon train de vie quelque peu dispendieux, j’étais happée par un système qui me dépassait, versant à présent dans la version full-time job !!! » avec mon popotin et guidant mes clients vers des hôtels de charme où on les vend, avec chambre d’amour au clair de lune : je passais, relativement tranquillement, mes nuits à gagner mes journées ! Jusqu’au jour où un petit nerveux est venu me voir avec son grand nervi
  • Mais comment tout ceci a dévié, comment t’es-tu faite embrigader ?
  • U : « En fait, au départ, les choses se sont faites de manière bien plus subtile que la façon dont je les ai racontées, fruit du recul de cette triste expérience ! Le grand costaud était le méchant qui faisait peur, pendant que le petit nerveux, le chef, était là pour me rassurer, me dire qu’ils ne voulaient que mon bien car le quartier était malfamé et surtout m’informer que des "amies" à lui n’appréciaient pas du tout ma concurrence ! J’avais beau lui expliquer que je ne voulais nuire à personne mais que le trottoir est à tout le monde, il m’a "gentiment" expliqué que cela ne fonctionnait pas ainsi ! Il voyait bien que je n’étais pas là pour casser le marché, mais au contraire que je pouvais servir d’appât pour fidéliser une nouvelle clientèle ! Il s’est alors montré plus que sympathique, charmeur à tout dire ! Je croyais que je n’étais pas du genre à me faire avoir, mais dans ce trouble jeu de dupe, celui de voir sous les jupes des filles de joie, il a été le plus rusé, comme un renard crevard ! J’ai alors commencé à fricoter [16] avec ce Julot [17]. D’emblée, Jules avait placé sur le plan amoureux la relation qu’il entretenait avec moi. D’ailleurs, il avait démarré nos premières conversations par « ma cocotte chérie » [18], les suivantes ne dérogeant pas à ce lieu commun de la prostitution. Mais autant Jules pouvait être prévenant et sensible, autant il pouvait devenir en un éclair ferme voire menaçant. Et c’est justement ce qui caractérise le discours du souteneur [19], tantôt protecteur et aimant, tantôt fulminant et vindicatif. Moi qui le prenais pour un macrotin, un souteneur jeune et débutant, sans envergure, j’allais vite déchanter ! Au milieu de nos échanges, il résumait très justement le subtil jeu d’équilibre auquel il s’adonnait avec moi : « Vilaine fille, détestable personne ! Mon amour chéri » ! Comme il me savait fragile financièrement, il usait et abusait d’un ton particulièrement positif, réitérant son amour éternel pour moi, dont il exigeait pourtant que je me prostitue pour ses beaux yeux, arguant de mon « sacré coup de pompe, poupée ! » !!! Je venais de tomber, corps et âme, dans la gueule du marlou [20] ! Sous le prétexte de son amour, l’étalon fougueux ne faisait que débourrer la pouliche [21], la débrider [22] pour mieux la monter à crue, car sans selle ça met plus de sel dans la relation ! ».
  • Avais-tu des opportunités de fuir ou bien il te manipulait tant et si bien que cela était difficile ?
  • U : « Quand j’en avais vraiment ras-le-cul (ce qui n’est pas une façon de parler), sentant qu’il était sur le point de perdre l’une de ses "gagneuses", Jules réitérait l’expression de cette affectivité : « Je m’excuse mon amour d’avoir eu de vilaines pensées à ton sujet et d’avoir pensé un instant que tu ne m’aimais plus. Mais pense un peu que tu es mon seul amour, que je t’aime par-dessus tout ». Progressivement cependant, à mesure qu’il me sentait à nouveau en confiance, les mots doux, teintés d’humour, s’étiolaient, laissant place à la froide réalité de la prostitution, liant les deux par mon surnom ambigu de « La reine humaine, bite box ». Il jouait en fait toujours à son avantage, jonglant sans cesse et très habillement sur la relation d’un maquereau [23] et d’une prostituée, constamment faite d’allers et retours entre des sentiments qui apparaissent pour le moins factices, et l’implicite contrainte à la prostitution. Il alternait exaltation du sentiment amoureux et menaces à peine dissimulées (« il faut que tu potasses pétasse » : une pétasse étant une prostituée débutante ; avoir la pétasse signifiant « avoir peur »), se montrant satisfait après chaque engueulade que le contact soit enfin rétabli, mais campant sur des positions dominatrices liées à son éminente condition. Pour autant, avec le recul, je savais que ce souteneur était totalement dénué de scrupules à mon encontre, car au final je n’étais qu’une fille parmi les autres. Preuve en est que, dans le milieu, chaque écart de conduite d’une prostituée est sanctionné par une mise à "l’amende", peu honorable : soit je devais verser une certaine somme d’argent à mon souteneur, soit j’étais un temps placée dans un établissement de prostitution de bas-étage. Vu que j’étais amoureuse de lui ou du moins que j’étais sous son emprise sentimentalo-psychologogique, je travaillais pour mon homme, lequel jouait de ce sentiment pour bien se faire obéir. Grâce (ou plutôt à cause) de ce subtil jeu de démonstration affective, donnant alors un sentiment d’éternité à notre liaison, il me rassurait face à l’adversité de ma condition et me faisait croire que la prostitution ne serait qu’une mauvaise passe (c’est le cas de le dire) avant des jours meilleurs. D’ailleurs, en parlant d’argent, quand Jules me donnait charitablement trois francs six sous au nom de l’amour, il justifiait ensuite la nécessité de ce pécule pour son usage personnel et non pour la constitution d’une cagnotte qui nous servirait à s’installer ensemble. Il menait alors tout un raisonnement laborieux cheminant en sentiments et vénalité [24]. Si la réalité du commerce prostitutionnel est bien une affaire de gros sous, elle tient également de savantes stratégies élaborées par des souteneurs partis à la conquête de clientèles diverses, analysant les dernières tendances en la matière. D’ailleurs, Jules m’avait précisé d’entrée qu’il me donnerait un coup de pouce (enfin de majeur) si je lui donnais un coup de main pour créer de nouvelles opportunités et être au goût du jour (enfin de la nuit), ce que j’ai fait à nous introduisant dans le milieu plus ou moins interlope [25] des nyctalopes [26] ! Mais quand il était préoccupé par la gestion de son "commerce", moi je me plaignais à nouveau d’être délaissée. Ayant remarquée la réduction des lignes "sentimentales" dans la correspondance de mon souteneur, je l’accusais de mentir, n’ayant reçu ni l’ensemble des cadeaux promis, ni la totalité des lettres annoncées. Je voulais m’affranchir de celui que j’aimais et je le lui ai écrit, ce à quoi il répondit quelques phrases témoignant à la fois de son incompréhension de la situation, de sa prétendue souffrance d’avoir perdu l’être aimé, jouant une fois encore avec les sentiments de sa jeune "protégée". Le ton mièvre dont usa Jules, fait de reproches mesurés et de grandes déclarations d’amour, fonctionna puisque les "amants", que je croyais et voulais que nous soyons, se sont réconciliés. J’acceptai alors de rejoindre la condition que j’avais quittée au début du mois. Il faut dire que notre relation, faite de sautes d’humeur de part et d’autre, était plus que compliquée, moi-même ne sachant que faire et quoi penser, me trouvant dans une situation désespérée, l’homme que j’aimais m’obligeant à vendre mon corps sous le prétexte phallussieux que « Beh oui ma pute, la vie est une ture lutte ! » et que tel est notre lolo quotidien ! C’était clairement une forme d’aliénation de ma liberté au bénéfice d’un amant-patron, lui qui estimait qu’il fallait savoir faire confiance aux gens qui travaillent pour de l’argent pas à ceux qui te sucent pour de l’argent (alors que lui ne faisait aucun des deux puisque la pute fait tout, le proxénète fait le reste) mais qui était le premier à dire « Tiens, t’as déjà pris ton coup du jour, sans moi ! On va régler ça ce soir, tu passeras dans mon bureau … enfin sous ! ». Je prenais tous les risques et les coups/coûts, mais on en partageait les bénéfices : c’est le contraire de la mafia (pizzo pour être protégé de tout problème) qui gère elle-même le risque avec la police, et si Jules réglait les guerres de gangs, ce n’était que dans son propre intérêt territorial et financier ! Il ne pensait qu’à se rembourser sur la bête, de – grosses – sommes, moi : c’est lui qui buvait à ma santé, mais c’était moi qui trinquais [27] !!! La relation était perverse, "aigre-douce" car je ne pourrai supporter longtemps l’éloignement et l’exploitation (mes différentes fugues en témoignent), alors que je tenais en même temps à sortir de ce système vénal tout en conservant les faveurs de Jules (même si plein de fois je me suis dit « Je presse fort ce citron acide contre mes fesses, quand vidé de son jus, je le jette à la poubelle ! »). Et oui, je m’étais enchaînée toute "seule", le souteneur n’ayant pas sur ses filles toute l’emprise que l’on croit traditionnellement percevoir (même si chaque faux pas se paye de quelque nature que ce soit, tôt ou tard). D’autant que, même si c’était très dur au début (parce que de toute façon c’est très dur pour une fille dans cette situation), quand on a vécu ça, on se dit après tout qu’on est mieux là, parce que c’est le seul endroit où on trouve une chaleur humaine vis-à-vis du manque d’affection qu’on a, et c’est avec des filles prostituées qu’on a cette chaleur, cette amitié qu’on ne trouve pas ailleurs. Agissant tantôt comme un proxénète débordé, ne sachant plus où donner de la tête, tantôt comme un amant-souteneur très présent, se souciant du moindre tracas, il pouvait passer de débordements sentimentaux aux considérations matérielles, mêlant argent, amour, sexe et soumission. Tout à la fois, le souteneur livre ses états d’âmes, rassure, exhorte sur un ton très paternaliste l’une de ses "filles" à travailler ! Là encore, il avait des propos vindicatifs, immédiatement suivis de l’expression de ses sentiments, comme si ceux-ci tenaient au bon respect des principes qu’il édictait : il était "amoureux" à condition que j’obéisse, et tout ça m’a profondément chamboulée ! Et de toute façon, que faire ??? Les réseaux prostitutionnels, du fait de leur constitution solide et souvent ancienne, résistent bien lors de leur affrontement avec la structure judiciaire : le partage d’une condition commune du point de vue de la morale, du fonctionnement social et de la justice amène la manifestation, lors de procès, de réflexes de défense solidaire. Jules m’a alors "placée", donc punie (même si pour autant je recevais toute l’attention de mon souteneur, qui tenait à ce que je me stabilise), chez une matrone [28]. Là c’était plus glauque que tout, les relations prostituées/maquerelles se caractérisant quant à elle par leurs aspects forcés voire même contre-nature. En effet, il s’agit pour les prostituées de protéger les maquerelles non parce qu’elles partagent des intérêts communs mais par peur de représailles, de la solitude, de la misère économique qui viendrait s’ajouter au dénuement affectif et psychologique. Le caractère artificiel de ces solidarités est flagrant surtout si l’on considère qu’elles sont fondées sur la reconstitution illusoire des solidarités familiales, la matrone étant assimilée à une mère ou à une tante tandis que la prostituée est sa fille, celle-ci étant entourée de nombreuses sœurs, et d’oncles ! Et c’est bien là que le bas blesse car cette recomposition d’une unité familiale a le vice de rendre plus effrayante la rupture d’avec elle et donc d’engager plus encore la jeune prostituée dans le monde de la délinquance. Monde duquel elle ne s’échappe que très rarement volontairement. En fait, c’était un service que rendait la mère maquerelle à mon barbeau à la mie de pain [29] : en protégeant et aidant un proxénète, une matrone vise avant tout à assurer ses intérêts (les dénonciations sont ainsi très rares). Cette punition était là pour bien me faire comprendre au combien mon attitude nuisait à sa réputation et compromettait ses revenus. Le milieu possède ses règles et ses codes, et Jules entendait faire les choses en bonne et due forme : je n’étais pas la seule à travailler pour lui et il se devait donc de conserver de bonnes relations avec l’ensemble des maillons de la chaîne prostitutionnelle. En effet, les réseaux prostitutionnels sont entrecroisés de solidarités délinquantes puisque les proxénètes sont étroitement liés par une communauté d’intérêt : outre la complicité criminelle, ils entretiennent des relations économiques, partagent un réseau d’informateurs, de rabatteurs, autant qu’ils s’échangent les clients et les filles. Ils appartiennent au final à un monde interlope structuré par des hiérarchies, des connivences et une dépendance mutuelle. Ces réseaux prostitutionnels se situent à la jonction entre la communauté à laquelle les rattachent leurs clients et le milieu criminel auquel ils appartiennent du fait de leur commerce illicite. Partage d’intérêt, entraide, protection, surveillance, activités similaires cimentent cette solidarité et la renforcent. Ces solidarités criminelles sont donc de l’ordre du contractuel, du volontaire, et de l’égalité. Peu à peu, la demande des clients se faisant pressante voire péremptoire, le ton du proxénète intéressé l’emportait sur celui de l’amoureux transi : à mesure que les appels se suivaient, Jules ne consacrait la discussion qu’à la prostitution et à sa rentabilité. Dans le milieu, on connaît le prix de tout (ce que tu encaisses et ce que tu payes, tôt ou tard), la valeur de rien ! Jouant de moins en moins sur les sentiments, il se montrait particulièrement inquiet de sa situation présente et future : nombre de filles semblaient l’avoir abandonné, qu’elles furent malades (moi-même, si j’étais alitée, s’il s’inquiétait de ma santé ce n’était que pour mieux s’enquérir de la reprise de mon travail), fatiguées ou lasses de cette exploitation. Le temps n’était donc plus à l’étalage de sentiments qui, bien que factices, s’avéraient rassurants ; de gré ou de force, les filles devaient se remettre au travail sans quoi elles seraient à l’amende, voire soumises à des violences physiques ainsi que Jules en avait la réputation. Il se jouait des sentiments que je pouvais éprouver à son endroit : j’étais amoureuse et devais donc "travailler" pour mon homme, lui-même se servant au passage en prenant sur mon cul son avance sur recette ! Il m’avait marquée au fer rouge, m’avait tamponnée son nom sur mon corps, j’étais sa bête de somme : le proxénétisme se résume à cela, autant qu’à "recruter" toujours plus de filles. On peut ainsi définir les proxénètes : d’une immoralité profonde et dégradante, ils exploitent les malheureuses en les poussant à la prostitution après avoir abusé d’elles par la ruse. Puis ils vivent de leur inconduite et les empêchent par la crainte et aussi même par des mauvais traitements de quitter la voie de la prostitution. En somme, les souteneurs que les filles de joie payent pour empêcher les désordres, sont ordinairement eux-mêmes des coquins qui les pillent, les volent, les maltraitent, et leur font dix fois plus de mal que celui qu’elles cherchent à éviter (définition de 1740).
  • Quel a été le déclic qui t’a permis d’en sortir par la suite ?
  • U : « Les bas-résilles m’en sont tombés plusieurs fois, mais ça a vraiment fait tilt quand je l’ai entendu faire une promo sur moi (« pour un néné acheté, le second à moitié prix ! » [30]) puis se vanter avec une blague sur la différence entre une prostituée et un flipper (« Flipper tu mets la pièce dans la fente et tu joues avec les mains, pute tu mets la pièce dans MA main et tu joues avec SA fente ! ») et quand il m’a vraiment traitée comme sa chienne, m’aboyant « Oh tasspé, va chercher le blé ! », « Allé, galope Pénélope, sacré salope [31] galopine [32] ! » ou « Couchée, pas bouger, coucouche panier, reste bien tranquille, sinon c’est la fessée ! ». Après un certain et trop long temps, j’en eus assez de tout ce micmac [33] chez les macs du tarmac [34] ! Alors que je n’avais plus envie qu’il me "protège" mais plutôt qu’il me comprenne, lui s’en tenait davantage aux aspects professionnels et mercantiles de notre relation : ressentant sa désaffection comme une trahison, je me suis faite porter pâle après m’être faite empaler [35]. J’étais fermée, opération pute morte avec porte close et rideau baissé : il n’avait qu’à se la mettre derrière l’oreille et repasser me voir le lendemain à la première heure ! J’en avais plus qu’assez de me tracasser pour des histoires de jalousie et de concurrence savamment entretenues par mon souteneur. Je comprenais enfin que ce thon avait les œufs qui sentaient le maquereau comme les yeux sentent le cul, je ne voulais plus être la poule à ses œufs d’or ! C’était moi qui trimais [36] et en prenais plein le cul, tout ça pour pas un rond puisque c’était lui qui encaissait ! Ce malotru [37] m’avait trop fait mal au trou, à l’étoile de mer. J’en ai eu ras-le-cul et la touffe de me faire sexploiter financièrement et sexuellement, j’en avais marre de ce taf du con avec et pour des cons. D’autant que je me levais tôt pour gagner de la maille, mais j’avais du mal à m’endormir à cause de problèmes de maille. Je me suis alors affirmée comme un électron libre, échappant complètement à mon proxénète qui a fini par voir rouge. Là, pour Jules, le ton changea : il se fit vraiment menaçant (même s’il n’était pas disponible, il envoyait son sbire me dire « Désolé mon pote n’est pas là, tu ne vas t’en prendre qu’une, mais sans rancune ») malgré les quelques formules ensorceleuses encore employées. Mais quand je lui ai dit qu’il faudrait me passer sur le corps pour que je retourne au turbin pour lui, il m’a dit « Bouge pas, j’arrive : Je te prends, je te retourne, je te casse en deux » ! Il tenta alors de ramener sa "proie" dans le "droit chemin", mais manu militari cette fois !!! Heureusement j’avais prévu mes arrières en me mettant au vert du derrière, grâce à ma réserve financière accumulée sur puis cachée sous le matelas ! Que ce conard barbotte dans sa mare à merde, mais de toute façon sa bite me restera en travers de la gorge !!! ».
  • Et comment cela a-t-il évolué par la suite ?
  • U : « Face à la concurrence des mafias venues de l’Est et d’Afrique, tout autant que des tordus agressifs qui considèrent que les putes sont là pour assurer les bons vouloirs et assouvir tous les désirs de ces môssieurs, j’ai décidé de me mettre à mon compte ! Utilisant les possibilités d’anonymat et de publicité (pour ceux qui savent comment trouver mes coordonnées par le biais du réseau) qu’offre Internet, j’ai opté pour sauter les intermédiaires, ces intérimaires du travail !!! Je me suis donc réorientée vers escort-girl, affichant des tarifs prohibitifs, mais qui le valaient bien car je le vaux plus que bien (c’est pour ça que lorsqu’on me disait « Chère Ulla … », je répondais toujours « Non, ma chair n’est pas chère ! Je suis un bon coup pour ce coût modique !!! »), pour le commun des mortels et effectuant ainsi une sélection par l’argent (200 € la sortie), espérant ne plus tomber sur des gens affligeants ! Je suis donc passée du trottoir au boudoir [38]. En fait, cette activité me plaisait beaucoup car les deux sexes (le client et moi) s’y retrouvaient, sachant qu’on dit toujours que les hommes ont autant besoin de reconnaissance que les femmes de sécurité ! Et là, chacun était servi !!! »
  • Comment s’opérait justement le recrutement de tes clients ?
  • U : « Par Internet pour une grosse partie, notamment quand des grosses boîtes voulaient faire passer une agréable soirée à un gros prospect/client et lui faire oublier le temps du repas ce qu’il avait à faire et quelle affaire il devait conclure (la commerciale devenant presque une formalité face à la quête du râle que je représentais) ! Sinon, en période de ralentissement de l’économie (même si c’est souvent là qu’on a besoin de mes coups de main bien placés !) ou quand j’avais un créneau horaire de libre, j’allais sonder le terrain dans les bars des grands hôtels, là où descendent ceux qui tiennent les cordons de la bourse, justement pour que moi je les leur vide (toutes, autant biologiques que réserves à fric !) !!! Ces gens-là sont très et trop sérieux, et ils ont un besoin naturel d’être reconnus en tant qu’hommes et non uniquement comme des managers : autant leur respectabilité professionnelle est faite, autant leur virilité personnelle est souvent défaite, le manque de temps libre de l’un engendrant une décrépitude de l’autre et par effet boule de neige un surinvestissement dans le travail, principale source de reconnaissance … sociale, mais du coup au détriment de la vie sentimentale, plus difficile à valoriser !!! Alors qu’ils luttent (plus ou moins) pour éviter le zob in job (toujours source d’ennuis), mon taf était de leur donner de la touffe, mais surtout de les reconnaître en tant qu’hommes sur un plan affectif et non comme des chefs à un niveau hiérarchique ! »
  • Mais comment les abordais-tu ?
  • U : « Pour une femme, c’est ce qu’il y a de plus facile … mais après leur faire comprendre sans les heurter que tu ne fais pas ça pour leurs beaux yeux est une autre paire de manche ! Il me suffisait d’attendre au bar de l’hôtel que le poisson morde à l’hameçon, mais il faut dire aussi que l’appât se devait d’être à la hauteur, puisqu’on joue dans une autre catégorie, celle des poules de luxe : tenue de soirée obligatoire, bonnes manières (ce que mon éducation rigoriste facilite) et conversation cultivée sont les trois mamelles de la cocotte haut de gamme ! Ensuite, grâce à mes contacts au niveau de la réception (mes services sont un plus client que se doit de proposer tout hôtel de standing ! : on reste un peu dans le maquinat, mais plutôt sous la forme d’apporteur d’affaires en tant qu’ "associé", le maître d’hôtel se faisant son beurre en fournissant indirectement des prestations illégales – prostitution, drogues, etc.), je savais qui était demandeur de soirées festives avec – éventuellement – option débauche et qui n’était là que pour le business ! Postée au bar avec un Cosmopolitan [le cocktail de Sex & the City, histoire de faire femme fatale : 4 cl de vodka, 2 cl de Cointreau, 2 cl de jus de cranberry (jus de canneberges), 1 cl de jus de citron vert], je laissais planer des regards de femme esseulée en quête de conversation masculine ! Quand un homme (suffisamment à mon goût, sinon je feignais d’attendre mon époux) venait à moi pour entamer la discussion, je lui suggérais de prendre un Vodkatini (7 cl de vodka, 0,5 cl de Martini) médium dry réalisé au shaker, avec des glaçons et passé dans un verre à cocktail rafraîchi mais sans glace : l’allusion à « Oh James (Bond/bande) ! », frappé au shake-her, non remué à la cuillère, titillait déjà normalement mon interlocuteur (sélectionné par mes regards "appuyés", mais furtifs) ! Après avoir bu un premier verre et gagné sa confiance en valorisant son sex-appeal et son côté homme viril, je me débrouillais pour connaître ses besoins et envies, tout autant que son attitude envers mes prestations tarifées et l’étendue de ses moyens !!! Une fois que nous étions d’accord sur les services rendus (simple accompagnement à un gala prévu de son côté, organisation d’une soirée inoubliable dans la ville lumière avec dîner et festivités selon ses goûts – comme un guide touristique – ou directement pratiques sexuelles) et la somme allouée (même si avec moi il n’y a pas d’arrangement possible, et on paye cash, en début de séance !), nous partions vaquer à nos occupations ! Je les allumais en mettant le feu aux poutres, puis c’était parti pour les feux d’arti-fesses !!! En fait, j’étais une bonne … à tout faire pour que ces messieurs passent de bons moments en charmante et galante compagnie ! »
  • Tu parles de tout cela au passé, qu’est-ce qui a fait que tu lâches ce filon doré au très bon rapport qualité/prix ?
  • U : « Je suis juste passée à l’échelon supérieur en devenant l’attitrée de certains ! Ayant su, ou simplement eu l’opportunité commerciale, de me mettre sous la coupe et la protection de grands pontes du milieu politico-économique et culturel, j’ai croisé certains maquereaux qui fréquentent également le "beau monde" mais je n’ai pas été ennuyée par mes anciens employeurs : j’ai été suffisamment maline pour faire en sorte de ne plus être considérée comme une simple pute escort-girl, mais plutôt comme une femme de très bonne compagnie, une concubine qui permet aux rois du monde (au moins franco-français) de se sentir valorisés en société (ce qui est le but premier des escort-girls), de briser la glace en soirée et de les faire briller lors des raout d’aréopages [39]. Surtout, ils étaient de grands amateurs mateurs de "salles de jeu" (ou "boîtes à ouvrage … dard" : sexe de la femme, lieu des réjouissances), étant tous autant de grands joueurs que jouisseurs ! Je rentrais d’ailleurs dans leur jeu en leur proposant de faire des parties – fines – [40] avec moi, où je leur montrais les atouts de mes atours [41] de poitrine ! Tout est affaire de coquinage dans ce milieu : leurs soirées étaient multi joueurs, s’adonnant au roi des jeux, le jeu de dames où le but est de capturer ou immobiliser les pièces de son adversaire, en soufflant, forçant ou laissant-faire ! Tous ces quidams [42] leur pion dans mon fion y ont beaucoup joué (à pile ou poil) et joui avec moi !!! Les règles sont on ne peut plus sexplicites : lorsqu’une case voisine sur la diagonale est occupée par un pion du joueur adverse, et qu’il y a une case libre derrière, ce pion peut être sauté et il est ainsi pris ; une prise peut s’effectuer vers l’avant ou vers l’arrière ; la règle "souffler n’est pas jouer" étant abolie depuis 1911, à présent lorsqu’on peut prendre, on doit prendre, quelles que soient les conséquences ; s’il y a plusieurs façons d’effectuer une ou plusieurs prises, la règle de la quantité doit être appliquée et il faut alors effectuer le maximum de prises possible !!! Une croix X représente une prise et, comme aux échecs, on peut annoter un bon coup d’un point d’exclamation et un mauvais d’un point d’interrogation ! Le plus dur dans ce jeu est d’être une dame, car il est alors d’usage de superposer deux pions, en double pénétration donc, pour la représenter et autoriser ainsi des prises multiples ! Heureusement, le piège dit "coup turc" permet de prendre la dame adverse et de relâcher la pression. On faisait également bon nombre de strip-poker, où tout le monde faisait exprès de perdre : les uns allaient à tapis, les autres se couchaient ! On rentrait à deux (cents euros), on recavait (se remettait dans le jeu) à un ! Les échanges entre ces messieurs de "haute tenue" étaient hallucinants s’il ne s’était agi de poker : « Un ass [43] tient vaut mieux que deux neuf (/meufs), une bonne paire à piocher, tu auras. Je défosse (/défonce) ma Dame (de trèfle, Caroline, qui pique ton cœur), j’ai perdu de toute façon face à un brelan (/branle de bites). // Moi je n’avais qu’une petite paire, même si petite paire tienne vaut mieux qu’une grosse tu l’auras au prochain tour ! // Mais non, elle est plus grosse, c’est elle qui gagne et emporte le pot aux roses. // Moi j’étais trop impatient de toucher ma paire, je me suis couché trop tôt du coup croyant qu’elle n’arriverait jamais mais comme d’habitude la paire n’est jamais là où/quand on l’attend et toujours là quand on ne l’attend pas/plus. // C’est la prime à l’agressivité : face à son jeu d’intimidation, je me suis couché, j’abandonne mon sort à cette bonne (qui) donne (de sa personne). // As des ass Vs belle paire de dames ! // Ah, je la sentais venir ! // Faut pas montrer, c’est juste pour (sa)voir ! // Et voilà le petit ass qui change la donne, j’ai maintenant une paire d’ass en embuscade ! // J’aurais bien aimé toucher une dame ou mieux un ass ! // Laisse faire l’expert avec cette croupière [44] à la croupe de fer d’enfer, à force de donner, elle a le poignet chaud ! ». J’étais aussi serveuse de cognac déguisée en soubrette [45] qu’on prenait en levrette ! Bonne à tout faire, je donnais la becquée, portant la fourchette à la bouche de mon maître, je le nourrissais, sourire timide et mimique obéissante incluse : je devenais ainsi l’héroïne d’un petit théâtre dominante-dominé touze en scène, un simulacre pour se débarrasser de la domination réelle que je subissais au quotidien ! En même temps, lui avait son verre à ballon à la main pendant que je malaxais ses balloches et prenais son cigare, le roulais sous les aisselles, le léchais puis l’allumais. Contrairement à l’usage tant du rouleau cubain que du métier de catin, ces gens-là exigeaient « ne crapote pas avec une capote, fume en avalant la fumée ! ». Pris dans leur jeu de main jeu de coquins, ils s’improvisaient croupier [46] pour mieux manger le croupion [47] de leur poule de luxe, se délectant auparavant de ma croupe [48], la meilleure coupe de champagne selon eux ! Ils se croyaient si malin que l’un d’eux m’a même balancée après me l’avoir enfoncé profond dans le fondement « Tu es foutrement bonne, le collier de perles retourne à sa source ! Ne bouge pas, reste là, bien gentiment, bien tranquillement ! Ça c’est cadeau, pour le petit personnel, juste pour le plaisir d’offrir à jouir ! Vive les cons (que) j’ai payés !!! » (Même si lui était un puissant impuissant). Je me suis donc vite rendue compte que ces messieurs issus de milieux "respectables" (en tout cas respectés telles que l’aristocratie et la bourgeoisie, voire les officiants des cul-tes), étaient tout aussi pervers que les autres, voire même pire !!! Un soir, me croyant en toute sécurité avec un préfet et d’autres hauts fonctionnaires, je fus prise au piège dans un guet-apens où ces mâles dominants parvenus en haut de l’échelle sociale avaient besoin de marquer leur domination suprême sur la France d’en-bas (-résilles), dans le cadre d’un donjon embastillant leur pouvoir ! Ils se mirent alors tous en rond, en rang d’oignon, en fil indienne, pour jouer au trou du cul ! En chair et en latex, ils nous la faisaient gros melons et bottes de cuir pour monter à l’ass haut au lasso ! Si ce n’était que cela, cela aurait pu me paraître décalé chez des hommes avec autant de responsabilités et si bien en vue, mais le problème est que rapidement ces hommes sadiques [49] en sont venus aux mains, me claquant très fortement les fesses, puis au fouet pour asseoir l’exercice de leur pouvoir. Au comble de leur excitation, je me retrouvais pieds et poings liés, attachée par des sangles assurant une certaine maniabilité à une machine permettant la lévitation. Puis ils m’infligèrent des acrobaties avec un maintien par des crochets perforant la peau du dos – d’où douleurs de la tension sur la peau et "plaisirs" de la sexualité en apesanteur – et même de la scarification pour bien me montrer que je n’étais pas une femme, mais un objet humain placé sous le contrôle total et absolu de ces maîtres tortionnaires autant de l’esprit que du corps d’autrui, eux qui aimaient tant user et abuser de la sophrologie, voire de la scatologie. Ayant réussi à me détacher et à m’extirper de ce nid de frelons de la guêpière, je suis partie en catimini ! Lors de cette surprise, partie peu fine, j’en avais surpris plus d’un par mes parties fines et mes jambes en l’air, tant et si bien que j’ai juste eu le temps d’entendre que je laissais l’organisateur sur sa faim et qu’il n’avait pas l’air fin sur ce coup-là, me criant « Ça, tu me le payeras, sans fin ! ». Il devait d’ailleurs me connaître du trottoir car il m’a dit « Tu me mets la pute à l’oreille, chatte à grosse gouttière ! ». Sachant que je ne pourrais être crue et que je risquais de griller ma discrétion auprès des forces de l’ordre (leurs derniers commandements venant justement de mes bourreaux), j’ai quitté ces milieux glauques au possible en tirant mon irrévérence ! Comme on m’avait toujours dit qu’en matière de sexualité la femme du demi-monde était l’endroit de la joie de vivre, j’avais voulu sucer les tétons du pouvoir, juste pour voir ! Je reconnais que j’ai fourni les verges pour me faire battre par ces vieux tout puissants, mais quand j’entendais dire à mon propos « Choix très judicieux, monsieur est connaisseur », je ne pensais pas devenir à ce point l’objet d’un tel délire du désir, me disant même dans ma tête « Lâche la cochonne sale cochon ! » ! Ces vieilles ganaches [50] pleines de panache se laissaient aller aux paillardises [51] avec des garces [52] qui étaient leurs soumises, promises pour une faible mise finalement ! Surtout qu’ils ne faisaient pas grève dans leurs sévices publics !!! Après avoir tant éclusé les barres (une écluse est un vagin en portugais car c’est là qu’on gare le péniche), j’ai tiré les leçons de mes tournées des grands (trous) ducs : l’habit bon chic bon genre ne fait pas le moine, mais la bite peut faire le pervers number one, et quand tu danses avec le diable habillé en Prada, il faut s’attendre à la fin de la chanson et aux choses "sérieuses" mais ô combien douloureuses ! Pouvoir, prétention, prédation et dépravation vont toujours de pair (de couilles) !!! En somme, les nichons c’est comme la confiture, ce n’est pas pour les cochons, et l’or peut vite transformer en porc (qui pique, au vif !) ! Je ne comprendrais jamais pourquoi les hommes me font tant de mal alors que je leur fait tant de bien : justement, j’avais fait le tour, de porc en porcs, des poches aux moches en Porsche !!! »

 


[1] Un leitmotiv étant un thème clef, répété au fil d’une œuvre pour imposer une idée.

[2] Se disait, dans le sens de courtier (mandataire qui, moyennant une prime, agissait pour la vente ou l’achat de certaines marchandises), des honnêtes entremetteurs qui faisaient vendre des offices, qui faisaient des mariages ou autres affaires : personne qui s’entremet dans des intrigues galantes dont elle tire profit, qui tire des revenus de la prostitution d’autrui.

[3] Adoucir et affiner par des institutions adaptées, par la culture et la civilisation.

[4] Autre nom des prostituées, d’où le terme de lupanar romain.

[5] Dérivé de l’anglais queen, désignant une prostituée, une "reine de l’immoralité" au XIXè siècle. Toutefois, certains s’opposent au rapprochement avec queen en anglais ou au gaelique coinne (« femme ») et, soulignant que l’ancien français avait godine (sens identique), proposent une racine god : le verbe godailler (« boire avec excès ») ayant subi lui aussi une évolution vers gouailler (« s’amuser ») d’où gouaille. Cette racine, ne serait pas issue du latin gauderegod (« luxure »), l’ancien français godon (« jouir ») mais serait d’origine celte et se retrouverait dans le gallois (« femme de mauvaise vie ») ou, plus proche de nous, godelureau (jeune homme qui fait le galant auprès de la gent féminine). Pour information, un gouin est un matelot d’une mauvaise tenue, un gougnafier un paillard libertin, un gougnafiasse un goinfre bon à rien.

[6] Qui est d’une maladresse excessive, d’une timidité ridicule.

[7] La lune signifie les fesses.

[8] Prendre des poses, adopter des manières affectées pour plaire/séduire.

[9] « Vol commis par des soldats en campagne » : circulation lente à vide d’une calèche qui cherchait à charger un client en revenant d’une course pour éviter le contrôle de stationnement ; en train de rôder, d’être en promenade au hasard avec des intentions plus ou moins équivoques.

[10] « Coiffure à bourrelet terminée par une queue que portaient les hommes et les femmes du Moyen Âge » ; « grand voile dont les veuves se couvraient la tête » : personne respectable, généralement d’un certain âge à qui l’on confiait naguère, pour des raisons de convenance et notamment pour les sorties, la surveillance d’une jeune fille ou d’une jeune femme.

[11] Jeune coq châtré, jeune pousse de vigne qui ne produit pas encore de raisin.

[12] Femmes âgées, chargées de veiller sur la conduite d’une jeune personne.

[13] De tapiné, « qui a des taches aux jambes suite à s’être chauffé de trop près », dérivé en « personne qui joue du tambour » : racoler dans la rue.

[14] Homme de main, voyou porte-flingue.

[15] Un maquignon étant un homme qui achète des bêtes en gros pour les vendre au bétail, "rien à voir" avec le mannequinat pour top-model.

[16] Dérivé populaire de fricassée – mélange particulièrement confus de choses/viandes diverses ; fricassée de museaux, embrassades chaleureuses : dépenser en plaisirs ; être de connivence avec quelqu’un dans des affaires louches.

[17] Tiré de Jules, pot de chambre, tinette : proxénète.

[18] Issu du langage enfantin : terme d’affection que l’on donne à une femme/jument aimée, mais aussi femme de mœurs légères richement entretenue, d’où le fait de sentir le parfum de mauvaise qualité dont usent les cocottes de bas-étage et les notions de blépharite (inflammation du revêtement cutané des paupières, la blépharite peut être chronique en raison d’une hygiène insuffisante), blennorragie ou gonorrhée (infection sexuellement transmissible urinaires).

[19] Celui dont l’attitude favorise la réussite ou le maintien de quelque chose, qui vit de la prostitution d’une ou plusieurs filles publiques en se donnant l’apparence de les protéger.

[20] Rusé, malin, fort : dérivé du miaulement des chats en rut et/ou emploi figuratif d’une variante de merle avec une finale tirée de filou : le merle a une réputation d’habileté (cf. l’expression fin, rusé comme un merle), d’autre part, le nom du merle entre dans des expressions à connotations péjoratives comme beau merle « homme niais », vilain merlemarle « gars de peu de valeur » : autant proxénète qu’amant avec un sens injurieux. « homme désagréable »,

[21] Commencer à assouplir un cheval, à le rendre propre aux usages auxquels on le destine, une pouliche étant également une jeune femme impulsive.

[22] Lâcher la bride (harnais placé sur la tête du cheval et destiné à l’arrêter ou à le diriger, selon la volonté du cavalier).

[23] Du néerlandais makelare qui est dérivé de makeln « trafiquer » : homme qui débauche et prostitue les femmes et qui reçoit d’elles l’argent qu’elles tirent de la prostitution, sachant que selon une croyance populaire le poisson du même nom aurait pour rôle de rapprocher les harengs mâles des harengs femelles, qu’il accompagne dans leurs migrations.

[24] Dérivé de venus « vente » : caractère de ce qui se cède en échange d’argent, au mépris des valeurs morales.

[25] Frauduleux.

[26] Faculté de pouvoir voir dans la pénombre.

[27] Subir un préjudice, une sanction, une épreuve, des critiques, être mis à contribution ; choquer son verre avec celui d’une personne avec laquelle on s’apprête à boire en formulant un vœu, un souhait, un engagement.

[28] À Rome, dame, femme mariée et d’âge mur, expérimentée, sage, d’aspect digne et respectable, généralement mère de famille ; femme qui exerce illégalement le métier de sage femme ou qui pratique des avortements, notamment en tant qu’entremetteuse, tenancière de maison close.

[29] Poisson de rivière du genre des cyprins – la cyprine étant un lubrifiant vulvaire – à chair fade et criblée d’arêtes : jeune souteneur dénué d’envergure.

[30] Néné est un diminutif familier et populaire de prénoms féminins comme Antoinette ou Jeannette, sachant qu’une ponette est autant la femelle du poney qu’une jeune fille prostituée.

[31] De sale et de hoppe, forme dialéctique de huppe (cet oiseau ayant la réputation d’être très sale comme dans le proverbe lorrain « sale comme une hoppe »).

[32] Jeune malicieuse qui court les rues.

[33] Désordre jugé inextricable, manigances obscures et embrouillées dans un but intéressé.

[34] Zone où s’effectuent l’embarquement et le débarquement des passagers d’un vol, également vers le septième ciel.

[35] Le pal, pieu en bois servant à l’exécution de ce supplice, était enfoncé dans le fondement, anus ou vagin.

[36] « Jouer des jambes » : vagabonder sur les routes, courir les chemins à la recherche de menus travaux, travailler très durement pour assurer sa subsistance, faire des besognes pénibles.

[37] Né sous une mauvaise étoile.

[38] Petit salon orné avec élégance, à l’usage particulier des dames, et dans lequel elles se retirent, lorsqu’elles veulent s’entretenir avec des personnes intimes.

[39] Assemblée, réunion de gens compétents et choisis.

[40] Partie de plaisir en galante compagnie : petite débauche où l’on met quelque mystère, quelque raffinement d’élégance, de gourmandise, même si ça reste avant tout une baise à plusieurs.

[41] Parure.

[42] Personnes dont on ignore ou dont on n’exprime pas le nom.

[43] Cul en anglais.

[44] Qui reçoit les enjeux et paye les gagnants.

[45] Uniforme du XIXè siècle, avec un bonnet de dentelle, un petit tablier, de longues socquettes blanches, parfois des oreilles de chat : Geisha soumise, esclave qui s’incline devant le client en l’appelant « Goshinjin-sama » (« maître-vénéré », le mot ancien au Japon pour désigner son mari).

[46] Qui veille au déroulement normal des parties, ici génitales.

[47] Extrémité postérieure du corps des oiseaux, correspondant aux dernières vertèbres (vertèbres sacrées) et supportant les plumes de la queue.

[48] Partie du corps humain comprenant les lombes et les fesses.

[49] Kraff-Ebing, médecin qui a décrit les sexualités atypiques au XIXè siècle, a utilisé le nom de deux auteurs pour nommer ces particularités de jouissances sexuelles : pour l’écrivain français Donatien Alphonse François de Sade (mieux connu sous le nom de marquis de Sade) le goût d’infliger de la douleur, de dominer l’autre ; pour l’écrivain autrichien Leopold von Sacher-Masoch le goût d’être battu, soumis.

[50] Personnes incapables et bornées.

[51] Penchant prononcé pour les plaisirs de la chair, le paillard étant proprement le gueux couchant sur la paille.

[52] Compagne hors mariage, féminin de gars.

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2 janvier 2010 6 02 /01 /janvier /2010 12:39

Dans le cadre de la sortie de notre second livre autoédité, Al LU-SINON présente « La philosophie south-parkoise, ça troue le cul !!! » sur le portail Obiwi, magazine interactif réalisé par des passionnés soutenus par une équipe éditoriale professionnelle.

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2 janvier 2010 6 02 /01 /janvier /2010 12:05
Comme coorganisateur du 1er Salon facebouquins des grands auteurs de la petite édition (cf http://salonfacebouquins.over-blog.com), Al LU-SINON s’est fait interviewer par BSC News, le 1er magazine littéraire et culturel numérique entièrement gratuit.

Al Lu-Sinon : « Comment se présenter dans cette chronique d'une vie publique annoncée ? »
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24 décembre 2009 4 24 /12 /décembre /2009 18:36
  • Alors Faudel, quelle est ta vie depuis qu’Ulla t’a décoincé autant qu’elle t’a révélé ?
  • F : « Ulla était une one-shot (un coup, pas pour rien), mais quelle hot-shot [1], j’en étais hot-dog ! Elle m’a ouvert les portes de la perception envers la gente trouble et double : une fois qu’on y a goûté, qu’on a posé ses lèvres dessus, il est déjà trop tard !!! De sexué, je me suis ainsi découvert sexuel et sensuel, et même sexy : un volcan bouillonne en moi qui rendrait le feu de l’Enfer un Paradis !!! Ayant bien assimilé les bases de la pratique et du fonctionnement organique/orgasmique féminin grâce à Ulla, afin d’assouvir mes pulsions scopiques (besoin de mâter, puis de tâter) je me suis mis en tête (et pas que là) de devenir un serial "lover" : fini le serial looser, place au tombeur de ces dames ! J’ai donc quitté le froc [2] en le baissant et en faisant des frasques [3] : j’ai déboutonné le fleuret [4] pour aller fleureter [5]. Ayant du temps à rattraper et souhaitant perfectionner la pratique avec la théorie, j’ai épluché tous les écrits et croquis relatifs autant à la séduction qu’à la sexualité (les deux intimement liés, normalement, si tout se passe bien) pour devenir le penseur du rondin, et je me suis mis en chasse pour passer à la pratique active du zizi-panpan. Perturbé par ma première expérience où je ne saurais jamais (faute de l’avoir pénétrée) si la fille était vierge ou non (d’où le malaise d’avoir couché avec une fille plus jeune que moi, elle pour qui soit c’était la première fois et voilà l’entrée en matière avec un mou du bout, soit pour qui je venais m’ajouter à sa liste avec pour toujours le numéro double 0 pointé), je suis parti en (qué)quête de dépucelage de vierges pas trop effarouchées. J’étais vraiment obnubilé par le fait que ma verge converge vers le con des vierges : ah, les mythiques pucelles neuves, les Muses dont tout garçon souhaite s’amuser, à l’ombre des jeunes filles en fleurs à déflorer !!! L’idée était de leur éviter justement ce désagrément de la première fois (soit avec un nullos qui n’arrive à rien – comme moi –, soit avec un nerveux qui fait plus mal que bien) car depuis peu je savais comment faire en sorte que la première fois soit la "meilleure" (car j’avais été à bonne école avec Ulla et que j’avais étudié le sujet). Je les prenais en main et leur appliquais la formule « Avant moi la forêt vierge, pendant moi le Déluge tropical ! ». Jeune majeur, je savais que mon temps était compté pour courtiser et coucher de belles jeunes vierges, j’allais donc pas le perdre à conter fleurette [6]. Pour autant, si j’adorais faire craquer les petites fourrures des mignons petits minous à leur chti pépère, pervers, je m’intéressais très peu aux demi-vierges [7] : je ne voulais pas de traînée [8] qui se fasse entraîner dans mon lit pour étrenner [9] mes étreintes [10] ! Pour prendre les jeunettes (au-dessus de la majorité sexuelle quand même, de toute façon avant quinze ans et demi elles sentent encore le pipi), je m’y prenais en jouant sur mon côté (pour un peu provoqué/exagéré) jeune homme nettement plus mûr que mes acolytes à moitié alcooliques (se donnant ainsi du cœur pour aller séduire les belles, mais étant soit plus lourds qu’autre chose, soit si bourrés que plus attirés par les caniveaux que par les lolos), et franchement ça emballait sec : j’amenais l’innocente dans ma turne pour lui bourrer l’urne, là je lui disais que je l’aimais (juste pour l’ambiance et pour passer ensuite aux choses sérieuses) et en deux trois tours de cuillère à pot l’huître de la chatte chaste était ouverte, une petite saignée et hop ça resarcait !!! Souvent, je donnais dans les cours de verbe, voire de verve [11], et la plupart du temps mon savant dosage entre gentleman monte-en-l’air [12] va-nu-pieds et hippie bises and love séduisait et il y avait alors affinité pour plus, donc on évoluait vers des cours de langues appliqués, et c’est là que les vierges craquaient pour ma verge ! Mais tout cela toujours dans le plus pur respect de l’être de chair, au bonheur des gentes demoiselles !!! Séducteur invétéré, je faisais le joli cœur [13] et l’étroite petite cochonne se révélait à elle autant qu’à moi ! En effet, mon fantasme était de réaliser les leurs [14] ! Enfin… je dis ça mais… je reconnais que j’avais aussi un côté vampire à qui on mange dans la main et qui aime à consommer la chair fraîche ! En fait, j’adorais me dire « j’ai mis dedans et ça gémit » [15] : je m’introduisais alors encore plus avant dans la frange [16] profonde ! Quand j’étais dans la place, Yoni soit qui mâle y pense [17], tout baignait et toute vierge saignait ! C’était la grande et belle époque du « qu’hymen qui m’aime me suive, jusqu’au bout du bout ! » [18]. C’était sympa et un vrai challenge de laisser la première trace en grimpant la face vierge et immaculée du Mont de Vénus [19] avec en son sommet le point G inexploré !!! Mais il y avait souvent les embrouilles du lendemain matin du genre « Ça va mon chéri ? » alors que ce n’est pas parce que t’as mis un coup que du coup tu es en couple réglé (même si, afin d’arriver à ses fins, il faut dire souvent « Je t’aime » même si on n’est pas obligé de le penser vraiment) ! Et puis avec le temps, les jupons courant trop vite, j’ai arrêté de chercher à couvrir les minettes ! C’était l’heure d’ailleurs de passer aux femmes sexpérimentées : être professeur c’est bien mais être con-disciple, partager à peu près le même niveau et apprendre en même temps c’est mieux !!! Je voulais papillonner, sortir de ma chrysalide, butiner de fleurs en fleurs (les femmes sont de belles plantes à qui il faut parler le matin et qu’on doit sortir puis arroser le soir) car le nectar est toujours meilleur ailleurs ! Le sexe est le pilier et un sacré tronc de mon existence : ça copule de source, je suis un chercheur d’or…gasme ! L’action du sexe est en moi : j’ai une dépendance à vie pour le "vice", que j’ai dans la peau ; je suis un boulimique des boules, les miennes comme ceux des femmes ! À présent mon credo est : « Aventure d’un soir : zéro déboire, zéro désespoir ! ». Je ne veux pas d’histoires de cœur, que de cul : « Une aventure t’appelle ? N’hésite pas, cours vers elle : un temps pour planter au pieu, un éclair pour s’arracher !!! ».
  • Et l’Amour dans tout ça ???
  • F : « Je suis trop jeune pour cette connerie et je ne suis pas forcément sûr que le bonheur d’être heureux soit l’essentiel : les nourritures de l’esprit sont profitables quand les nourritures du corps ont été consommées préalablement, et vu mon retard au démarrage le secret du sexe pour les nuls c’est de s’entraîner à fond les ballons ! On dit que c’est en forgeant qu’on devient forgeron, donc c’est en niquant qu’on devient nique-bon ! Tout ce que je veux à présent c’est que les filles soient nues, qu’elles se jettent sur moi, qu’elles s’arrachent ma "vertu" ! Pour autant, si je considère que toutes les femmes au monde sont mon unique amour, il n’en reste pas moins que le risque, car il y a toujours un risque, est de s’aimer … non comme des aimants (où un des pôles attire et l’autre repousse) mais comme des amants !!! À chaque nuit suffit sa p(e)ine et je ne veux surtout pas me décarcasser la nénette, me prendre la tête (de nœud non plus) : maintenant que je sais que et comment ça marche, que je suis plus un peine-à-jouir, j’ai la chair à fleur de peau/pot et je veux juste profiter vite fait bien fait des bienfaits qu’offre le vit [20], « la partie qui fait les empereurs et les rois, la garce et le cocu » comme disait le vertueux Pierre Richelet [21]. La pression atmosphérique/hémisphérique enfin libérée dans le slip et les tripes, les éléments se déchaînent (de l’œil du cyclone chamboule-trou à la queue de l’ouragan) et enchaînent les conquêtes du septième ciel, la lune blanche avec sa face cachée et les étoiles de mer apporteuses de vice ! Sautant sur tout ce qui bouge, le plus dur est de ne pas lâcher la proie pour l’ombre, mais lécher la proie plutôt que l’ombre. Plutôt que des gros coups pas sûrs, je préfère des petits coups sûrs : une tienne chienne vaut mieux que deux tu l’auras ! À présent, plutôt que de chier dedans, je paye mon ben [22] quand elles montrent leurs nuts (mais faut quand même qu’elles fassent minimum du une – voire deux c’est mieux – main de tour de sein) !!! Maintenant que ça gaze à tous les étages, si je veux visiter en aparté toutes les pièces et interstices [23] de la gente séductrice, de la cave au grenier (endroits sombres, l’un rangé car vidé tous les mois, l’autre où on entasse la merde), ce n’est – au maximum – que pour m’engager à signer un bail de location à courte durée, certainement pas une promesse d’achat devant notaire.
    Je ne demande que la jouissance
    [24] de mon penthouse [25], mon loft de love, ma garçonnière [26] à femmes, ma chambre de charme [27] pour bonnes ! Pour autant, je préfère quand même pratiquer mon sport préféré en extérieur, à domicile chez la partie adverse, c’est plus facile pour s’en aller (souvent je compte les minutes pour voir le soleil se lever et ainsi pouvoir me débarrasser d’elles) ! Ainsi, quand une BonnesCuissesBonneGarce me jette un regard genre salope polie en agitant en plus son suivez-moi-jeune-homme [28], je peux m’estimer content d’avoir toujours avec moi mon baise-en-ville [29]. Il est d’ailleurs aussi utile si tu bouffes à plusieurs râteliers [30] en même temps ! En effet, je m’arrange toujours pour me ménager un cinq à sept (en pipeautant un truc, cinq heures on peut partir plus tôt du boulot, sept heures on peut arriver plus tard à la maison : ça laisse deux heures de marge pour se faire Marge) ! Pour information, contrairement à ce que mes propos graveleux [31] pourraient laisser penser, je suis un apprenti-sage (k)now-vice avec une personnalité [32] entre docteur glamour [33] et docteur mamours [34] : tout est dans la finesse ! De formation commerciale et marketing, il m’est facile d’utiliser tous les ressorts possibles et imaginables de la manipulation mercatique pour arriver à mes faims "enfilée(s), c’est gagné !" !!! D’ailleurs, je me considère moi-même comme un produit haut de gamme à vendre, ma baise-line étant « parce que je propose, c’est moi qui dispose » [comme Ulla/Virginie, ndlr]. Pour autant, que les choses soient claires : être expert en sexe n’est pas mon boulot, c’est mon hobby, ma passion même, dans toutes les acceptations du terme [35] ! Mais que veux-tu, l’occasion fait le daron [36] du baron [37] et du bout rond. Tout ça pour dire qu’on est fidèle à ce que l’on a, tant que l’on a pas trouvé mieux ! Je suis pas fondamentalement hostile aux sentiments, mais c’est juste que je suis pas prêt pour l’Amour : si j’ai un peu envie de reconnaissance sentimentale, j’ai surtout besoin de parfaire mon éducation sexuelle et d’accumuler des heures de vol au compteur !!! C’est ce qu’on appelle le syndrome du Canadair : tu te charges à bloc, tu lâches tout sur le brasier et tu te barres à tir d’elles autres ! »
  • Donc, pour te faire la main, on peut considérer que tu as préféré t’orienter vers des filles faciles ?
  • F : « Oui et non ! C’est pas parce que toutes les femmes sont des traînées que tous les mecs aiment les Marie-couche-toi-là !!! Déjà, il faut savoir qu’il y a jamais eu autant de célibataires, sûrement parce que les gens ont peur des autres et (peut-être) de leur propre bonheur ! Depuis que ça marche pour moi je me suis dit « Qui ne tente rien ne tête rien », car pour vivre heureux vivons couchés !!! Mon désir c’est séduire, du coup j’ai des yeux au bout des doigts, ou plutôt l’inverse pour pouvoir toucher du regard ! Je suis un touche à toutes, mais mes préférées sont celles où l’on devine – où le jeu est plus subtil à mon sens – plus que celles où l’on dissimule (car cela cache toujours quelque chose, et plus dure sera la découverte) ! Quand on ne sait pas on imagine, il y a d’avantage de place pour le rêve : les femmes sont comme un oignon, chaque couche cache puis révèle quelque chose ! D’ailleurs, sans soutien-gorge c’est plus sexy pour chercher à voir, mais lors du déshabillement c’est mieux d’avoir un soutien-gorge pour imaginer et éviter que la réalité fasse trop vite chuter le désir, l’excitation ! Mais je reconnais que souvent je me suis attaqué aux proies peu farouches que sont les moches [même si une femme qui (se) fait plaisir, car pleine de désir, est toujours belle], elles qui n’ont que peu eu l’occasion de voir de près un chasseur et s’en méfient d’autant moins qu’elles veulent saisir l’opportunité de se faire tirer car elles ne sont pas tous les jours du festin ! Et c’est vrai que plein de fois je me suis dit « Heureusement qu’elle a une bonne bouche, histoire que sa tête serve à quelque chose », moi-même étant régulièrement obligé de me bourrer la gueule pour pouvoir avoir "envie" de lui bourrer le mou [mais là faut faire gaffe à l’ivresse des profondeurs : tu te couches avec une sirène, tu te réveilles en apnée à côté d’une baleine échouée ou d’un thon (même si le thon c’est bon, comme les vaches de mer qui croient que c’est toujours la dernière)] ! Mais que veux-tu : on prend son pied avec qui et où on peut !!! Toutefois, n’oublions jamais que la laideur résiste (justement à cause de la peur de se faire prendre pour une truffe par un porc), là où la beauté se donne ou se prend ! Pour répondre clairement à ta question, j’ai d’abord fait mes classes avec des garces [38]. Comme Bleu bite [39], je me suis justement fait la bite [40] sur le terrain, notamment en tendant le sac aux bécasses [41], jusqu’à devenir un sarce [42]. J’ai commencé au bas de lèche-elles comme damoiseau [43] à la recherche de donzelles [44] voire me suis même rabaissé aux
    gonzesses
    [45]. Mais, parti sur cette lancée, j’ai vite tourné joyeux drille [46], autant que larron d’amour [47] qui ne pensait qu’à visiter les salles au trésor, farfouiller [48] dans le mystère de leur chambre rose qui abritait mon œuvre dard. Mais à force de doigter et qu’on me secoue le bananier [49] à grands coups de tir avec mon pélo [50], j’ai obtenu le Cochonou [51] pour mes capacités à bidouiller les gros calibres ! Après toutes ces années de parcours du con-battant j’ai un doigt d’avance sur la longueur de la langueur [52] et je savoure le fait de tomber des nues avec mon autorité musclée qui fait du saute-dessus pour assurer le rentre-dedans !
  • Du coup, on peut dire que, grâce à ton stage d’entraînement paramilitaire chez Ulla, de serial looser tu es passé au grade de serial lover et avec tes missions en opérations d’infiltration puis d’exfiltration [53] du milieu tu as conquis tes galons de serial sarceur !
  • F : « Finalement oui (même si certaines fois j’aurais plutôt dû avoir la médaille du mérite agricole pour avoir trait et monté des grosses vaches) ! À grands renforts de sorties sur le terrain et de manœuvres, je suis aujourd’hui comme un vieux sarce (un sapeur pompier qui a éteint de nombreux feux à l’aide de son gros tuyau d’arrosage, sachant qu’une sarce est une jeune fille qui a le vice, profiteuse et manipulatrice, qui n’hésite pas à user de ses charmes pour parvenir à ses fins) : je passe des heures au cul des pompes et je suis capable de calculer de tête en moins de trente secondes les pertes de charge au bout de la lance, je suis souvent le conducteur de l’engin et c’est moi qui aie la commande du ton sous le pied. Il faut dire qu’en tant que grognard [54] en spermission permanente, j’en ai éteint des grognasses [55] et des poufiasses [56] qui avaient tellement le feu au cul qu’elles devaient porter des strings en amiante (et d’ailleurs leur raie des fesses étaient une barrière coupe-feu car elles étaient chaudes comme la braise). Le but du jeu est de mettre l’eau à la bouche de ces incendies pour donner le goût à d’autres départs de feu, naturels ou allumés par des pyromanes nymphomanes ! L’important est que le canadair vide ses réservoirs avant de les recharger pour un nouveau cycle de largage avec une nouvelle cible de choix ! Ainsi, j’ai toujours deux coups d’avance pour prendre à brûle/burn(es) pour point(er) [57].
  • Quels sont justement tes trucs et astuces, tes bons tuyaux à faire partager ???
  • F : « Déjà, le plus important est de bien faire son choix d’entrée de jeu car pour être dur à l’érection il faut être dur à la sélection, et si tu as bien choisi ta proie elle ne devrait pas trop te résister ! Personnellement, aux femmes bouteilles d’Orangina (qu’il faut bien secouer sinon la savoureuse pulpe reste en-bas), je préfère les sablières bien serrées et pas qu’à la taille (du roseau inflexible) ! Pour cela, en fonction des goûts, il faut regarder les bras, les hanches et les fesses ainsi que les jambes pour définir l’allure générale en les comparant les uns avec les autres (certaines ethnies sont larges des hanches même en étant sveltes) ! Ça peut paraître évident, mais en fonction des vêtements (de leur amplitude, leur motif, leur couleur) ça ne l’est pas toujours tant !!! Ensuite, pour les seins, il faut mâter la position du soutien-gorge et son pigeonnement [58] : pour des seins qui sont pas pendants (en gants de toilette), le soutien-gorge doit se situer juste sous les omoplates ; pour éviter le piège des Wonderbra (marque de soutiens-gorge ampliformes, également appelés « push-up ») il faut comparer la taille des épaules et du buste avec le décolleté ainsi que la profondeur du sillon entre les seins ! À chacun ses goûts et il faut donc se construire une image mentale de ce qu’on recherche en fonction de ce que l’on avait déjà trouvé (même si une fois qu’on a imaginé, la réalité est souvent décevante), mais cela se fait quasi instinctivement !!! Pour en revenir à la drague [59], comme manipula(c)teur "laisse-toi faire, c’est de l’hypnose, je vais rentrer en toi", le beau-gossisme ne fait pas tout, même si moi je me les fais toutes (le meilleur déodorant est le succès, dans le sens où l’on est à l’aise, non comme dragueur de bas étage mais plutôt comme personne autant intéressante que charmante) ! Il y a pas de recette miracle (et si le jour est pour tous, les folles nuits ne sont que pour certains), sinon ça se saurait : tout dépend du contexte, de l’endroit et de son ambiance, de l’heure et éventuellement de l’état alcoolisé de la proie en vue ! Bien évidemment, comme pour toute chasse, il est important d’avoir au préalable chouffé la gazelle la plus fragile, la plus accessible : c’est bien parce qu’on sait qu’on ne pourra pas tirer tout le troupeau de salopes sauvages (voire d’élevage pour ceux qui aiment ce fumet) qu’on chasse bite en tête (comme avec la bille : droit au but pour mettre au fond du filet) les plus faibles. Pas fous les gonzes : on chope les plus faciles, enfin … les moins difficiles ! On vérifiera donc qu’elle n’a pas de mâle attitré (qui rôde dans les parages, même qu’une fois de temps en temps car le reste du temps il est avec ses acolytes en train de s’abreuver au bar, ou un jeune mâle subalterne avec qui elle est déjà bien en cheville – les combats de coqs sont risibles), et qu’elle ne fait pas sa chaudasse (ce sont celles qui en parlent/montrent le plus, qui en mangent le moins !). Ensuite, dans une chasse à l’affût, il faut savoir se rapprocher le plus près possible, sans éveiller l’instinct de protection de la belle traquée, en privilégiant l’effet de surprise : avant même qu’elle ne pense/se demande si elle est observée, il faut arrêter de la regarder, ou alors tout en loucedé ! De préférence, on choisira de passer à l’attaque lorsque le gibier s’est un peu éloigné du reste du troupeau, histoire de l’aborder plus facilement, sans que l’alerte au
    loulou
    [60] relou soit donnée par les sentinelles amies (tout comme dans la basse-cour où quand le roi-coq danse les poulettes se mettent aux abris, dans la chasse à cœur chasseur qui se fait voir restera sur sa faim) ! On mettra alors en application l’adage « femme qui rit, à moitié dans ton lit », même s’il faut que la fille sente que c’est grâce à elle, et non pour elle : l’idée est de passer pour un peu timide, mais qu’avec cette nana là, tu es tellement à l’aise et en confiance (faire ressortir le côté maternant de toute femme) que tu plaisantes ; toujours éviter qu’elle croit que c’est un numéro bien rodé qui te permette d’emballer quasiment à coup sûr ! Une fois que t’as brisé la glace avec un bon mot, une attention délicate (genre tendre un briquet alors qu’elle galère à trouver le sien, dire au barman qu’elle était avant toi alors qu’il te demande ce que tu veux, la laisser passer alors que tu attends ton tour en disant que t’es pas pressé, etc.), il faut engager la conversation, sans toutefois faire un interrogatoire de police (et bien sûr éviter également d’être prétentieux, comme en répondant à son « J’ai l’impression qu’on s’est déjà vus ! » par un « Si c’était le cas je ne t’aurais pas laissé qu’une simple impression ») ! Comme pour la phase d’approche/accroche, le but est de lui faire comprendre qu’elle est unique et intéressante en plus d’avoir l’air sympa (d’abord psychologiquement puis physiquement), et que c’est bien pour cela (et uniquement pour cela) que tu veux mieux la connaître ! Ensuite, il faut la faire parler d’elle, ne serait-ce que pour mieux la cerner (en plus de la démonstration de son intérêt pour elle en tant que personne et non que comme corps taillé pour la compétition), et rebondir sur ses propos en mettant en avant les points communs (mais toujours avec un petit côté détaché genre « il m’est arrivé/je pense la même chose… », sans montrer que décidément « c’est dingue, on est trop pareils/fait pour s’entendre ! » / « les grands esprits se rencontrent ») ! Pour délier les langues on pourra lui proposer à boire, sachant qu’en acceptant un verre elle autorise à imaginer qu’elle ne serait pas hostile à une tentative d’abordage, même si elle garde le contrôle dans le sabordage ! Pour autant, une fois la proie harponnée, on doit lâcher du lest (tout comme dans la galanterie pure, si on ne baise pas la main c’est bien pour baiser tout le reste après), donner du mou dans la ligne sans toutefois complètement la quitter du coin de l’œil ! L’objectif est de créer une certaine forme de manque, un genre de syndrome de Stockholm envers son séducteur/agresseur (en favorisant l’impression qu’on est plus demandé que demandeur), en évitant bien sûr de faire le chaud lapin en allant courir plusieurs hases [61] à la fois en attendant (d’où l’importance d’un bon repérage dès le départ). Si la belle aux yeux de biche s’absente de l’enclos, il faut toutefois qu’elle voit qu’on est toujours là, à l’orée du bois (en restant discret) : on ira donc se placer à un endroit stratégique afin qu’à son retour elle tombe comme par enchantement sur son guetteur (qui aura bien sûr une bonne raison d’être là, comme de recharger son verre ou discuter avec une copine – de préférence accompagnée de son copain pour bien montrer que l’on n’est pas en phase de drague mais que la gente féminine apprécie notre conversation amicale, ou plus si affinité) ! Si on a bien pisté l’animal sans poil, gentiment/tranquillement (même si personnellement, en tant que chasseur sportif, je ne demande pas mieux que de me faire brusquer par ma prise), elle donnera d’elle-même le signal de la mise amour en faisant des yeux de bitch [62] alors qu’elle est dans le viseur, dans la ligne d’admire ! On pourra alors l’attirer dans un get à pine pour la tirer !!! Personnellement je ne demande jamais un dernier verre chez elle, c’est elle qui propose de prendre un dernier coup … à boire au départ ! On prendra toutefois bien garde de ne pas vendre la touffe de l’ourse avant de l’avoir tirée : il faut savoir rester modeste tant qu’on ne l’a pas dépecée, sinon elle risque de fausser compagnie en se dégageant du piège qu’on a passé tant de temps à resserrer autour d’elle ! Ainsi, on fera tout pour éviter qu’elle sorte ses griffes, et si la traque s’est bien passée, au final on la dégrafe puis on agrafe alors enfin la belle devenue bête déchaînée à son tableau de chasse gardée ! En fait, les femmes pardonnent parfois/souvent à celui qui "brusque" l’occasion, mais jamais à celui qui la manque !!! Pour bien résumer : tu mets l’appât au bout de l’hameçon à con, tu jettes la ligne, tu taquines le goujon (sans faire le goujat) [63] en rendant vivant le leurre (il faut être comme le mérou : trois-quarts de gueule – mais ni grande ni salivante –, un quart de queue), t’attends que ça prenne (plutôt que ça morde, ce qui fait mal au mâle), tu moulines jusqu’à ce que la donzelle [64] soit hors de son milieu et enfin tu la chopes à l’épuisette pour la mettre dans la nasse de ton escarcelle [65]. Mais attention aux tanches : tu galères à les ferrer, à les remonter dans ton panier, et c’est même pas bon à bouffer ! De toute façon, rien ne sert de courir les jupons il faut partir/jouir à point (nommé G), et s’il ne faut jamais faire de plan sur la comète (le meilleur moyen de ne pas être – trop – déçu, car si l’homme se doit de tout donner la femme se doigte quant à savoir de tout se donner ou pas), quand tu as un filon tu le tires jusqu’au bout, jusqu’à l’épuisement, ensuite tu passes à une autre exploitation ! »
  • Quelle est justement l’histoire qui t’a le plus marqué dernièrement ?
  • F : « L’épilogue a eu lieu à la St-Valentin, la fête des amoureux, mais je me suis fait prendre au piège de mon propre double trouble jeu ! Depuis quelques temps, une charmante damoiselle traînait dans notre groupe d’amis, récemment constitué suite à mon emménagement dans une nouvelle résidence. Voyant que tous les mâles bavaient sur elle alors qu’elle mettait une certaine distance, j’ai joué mon va-tout pour une stratégie décalée : tablant sur la compétition entre concurrence, j’ai opté pour la révélation d’un besoin de manque (on ne créé jamais un besoin, au mieux on en révèle un inconscient) ! Jouant sur deux tableaux en même temps (histoire d’optimiser mes chances de pénétration du marché), j’ai entretenu une très bonne relation-client amicale avec la prospecte très sollicitée, tout en réservant mon offre amoureuse (la plus attractive) à une grande-compte, affaire plus difficile à conclure ! Faisant monter artificiellement les enchères en manipulant le cours de mon action auprès de la grosse structure, la petite entreprise sentit venir la crise de la rupture de stock sur mon produit phare en tête de gondole ! Ne pouvant laisser passer une telle occasion au profit de la responsable des achats amoureux (imaginaires), la challenger sauta sur l’opportunité de couper l’herbe sous le pied de la "leader demandeuse" en signant mon offre commerciale/sentimentale. Bien évidemment, les conditions de vente ne pouvaient être les mêmes, ne serait-ce que parce que la PME-PMI (Petite Mignonnette Effarouchée/Introvertie) n’avait pas la même attractivité que la grande firme affirmée ! Elle avait voulu remporter l’affaire, elle l’avait eue, quelles que soient les CGU (Conditions Générales d’Utilisation) !!! »
  • Et ? Comment se passa la mise en œuvre de ce contrat de licence [66], pour rester dans tes termes ?
  • F : « En fait, pour être honnête, je ne voulais pas spécialement signer avec elle, mais un soir, après lui avoir beaucoup parlé de sa copine, elle a prétexté une heure tardive pour dormir chez moi ! Vu que je lui avais parlée toute la soirée de son amie, je m’allongeais à côté d’elle comme d’une bonne connaissance, sans être raide comme un piquet (dans tous les sens du terme) ! Il ne s’est rien passé le premier soir car je n’avais pas envie d’elle donc elle fut à l’aise comme avec un vieil ami. Par contre, le second soir une pulsion me fit avoir besoin d’elle, ce qu’elle ressentit mais elle me comprit comme un petit ami alors que toujours pas de mon côté : elle me sauta dessus et je fus juste fier d’avoir remporté les lolos de consolation que tous convoitaient, même si la transaction la plus intéressante m’avait échappée !!! Vu que je n’étais pas demandeur (enfin si, toujours avec les femmes, mais pas quémandeur alors !) envers elle mais plutôt receveur, je laissais les choses venir à leur guise me disant que du moment que je me la tapais le reste je m’en tapais ! Tous mes confrères m’enviaient pour cette affaire du siècle, le top question qualité, et moi je profitais de cette nymphette [67] servie sur un plateau en argent ! Pour autant, je n’envisageais pas sérieusement de coucher avec elle, c’était juste pour le fun et l’entretien des outils : elle n’était pas la meilleure, juste la seule ce soir-là, à ce moment-là, et je ne la désirais pas elle en particulier mais les femmes en général ! Je lui avais pris la température, d’abord dans la bouche puis par les deux autres orifices assez ouverts sur le monde, ensuite je lui dirais le lendemain matin si je pourrais quelque chose pour elle ! Je ne sais pas pourquoi, mais dès le départ je sentais que ça commençait bien mais que ça risquait aussi de mal finir : pour moi c’était l’histoire de l’aventure d’un soir, mais après le Déluge au lit, l’Apocalypse le lendemain !!! Elle n’avait pas la même lecture que moi des alinéas du contrat : elle avait des sentiments pour moi, alors que je considérais plutôt notre relation comme une amitié sexuelle étant donné qu’il n’y avait pas le petit plus de Monsieur Plus ! Tout le temps fourré en elle, comme cul et chemise de nuit, j’espérais bien qu’elle ne tombe pas amoureuse de moi, manquerait plus que ça, mais c’était déjà trop tard : « On va être super heureux ensemble ! Pardon ? Je t’aime !!! Oups, boulette ! » ! De mon côté c’est pas parce que je lui avais roulé des pelles, peloté les seins, bouffé la chatte et foutu dans le cul qu’elle était ma meuf !!! Je sais bien que m’essayer c’est m’adopter, mais on n’est pas toujours responsable des idées/sentiments qu’on inspire !!! Pas du tout sur la même longueur d’onde à ce niveau-là, je préférais lui dire que c’était pas possible entre nous, du moins en temps que couple, et qu’au mieux on pouvait devenir ami-amie bitch. Mais tu sais aussi bien que moi que les femmes ont de sérieux atouts pour nous faire ramener le stylo dans le droit chemin et nous faire signer les yeux fermés quasiment n’importe quoi !!! Et c’est vrai qu’on s’entendait bien, qu’elle était top bonne avec un cul à dévergonder et à mettre debout tous les damnés de la terre, qu’elle avait les seins comme les fesses (bien fermes et ronds), qu’elle était une bombe anatomique bien dans tous les rapports, que le courant passait bien entre nous quand il y avait contact, bref qu’il y avait pas de raisons objectives que ça marche pas ! Mais il y en avait pas non plus pour que tout roule comme sur des roulettes : Véronica (puisque tel était son prénom, également le nom d’une plante, souvent rampante, le fruit étant en forme de cœur) était bien, mais étant arrivée comme un moustique suceur de sang qui se colle au pare-bise elle n’était pas mon genre (et puis c’est toujours plus facile quand on est pas l’ami de sa "petite amie") ! Malheureusement, comme un âne qui marche à la carotte, à chaque fois que je voulais rompre pour de bon avec elle, elle trouvait les arguments pectoraux et maniait si bien le plumeau que je retombais dans le panneau : elle savait y faire pour me "convaincre" (y mettant tout son cœur) qu’en me forçant je pourrai vraiment l’aimer et vivre quelque chose de fort avec elle ! J’avais beau me dire « Quand on n’a pas ce que l’on aime, il faut aimer ce que l’on a ! » mais ça ne marchait pas : elle me tenait par le cordon de ma bourse mais l’affection ou la passion (tout comme la bandaison) papa, cela ne se commande pas !!! Manipulé par mes besoins sexuels plus que par mes envies (ça se passait juste dans ma tête de nœud parce que j’étais dans son cul), je continuais de lui dire ce qu’elle avait envie d’entendre, pas ce que j’avais envie de lui dire : "il y a pas de mal à cela", pas de vrai non plus ! De fait, après des semaines de plus en plus engluantes, je me sentais paralysé dans une histoire où Véronica était devenue une fournisseuse de services sexuels … mais aussi de sévices émotionnels !!! J’étais devenu accro, je l’avais dans la peau, je ne pouvais oublier son corps, céleste mais aussi funeste ! »
  • Comment t’es tu dépêtré de cette histoire « elle m’aime, moi non plus ! », qui semble t’avoir marqué au fer rouge ?
  • F : « C’est clair que je ne suis plus le même depuis, et tant mieux quelque part ! Ce genre de relation où le sexe peut être l’ennemi du mâle m’aura certes mis en émoi, mais elle m’aura surtout mise hors de moi concernant l’interaction cimes sexuelles et sentiments passionnels : pour la première fois je comprenais que l’acte charnel n’était pas anodin, et qu’à chercher uniquement à se faire plaisir, la roue pouvait tourner et supplicier le bourreau des cœurs qui torturait l’autre sans prendre en considération la douleur issue de sa prise de bonheur ! Je m’étais toujours juré que si on me disait qu’on vivait une belle histoire d’amour je me casserais, mais à force de jouer la comédie pour obtenir ma ration de sensations, je m’embourbais dans une prise de tête pas possible où je devais ménager la chèvre (pour continuer de lui planter ma baïonnette en bon missionnaire) et mon chou (-fleur, bref sauver mes fesses !). En fait, voyant que je n’arrivais pas à obtenir une rupture de contrat à l’amiable (elle pensant toujours qu’elle arriverait à me faire l’aimer), j’ai opté pour un moyen de largage très puéril, à savoir me conduire comme un salaud de base (que je ne suis pas – enfin pas tant que ça !) : pour sauver ma santé mentale de ces sables mouvants où plus on se débat plus on s’enfonce, j’ai choisi de la dégoûter de moi !!! De toute façon, cette poupée ne se dégonflait jamais, mais là elle commençait sérieusement à me les gonfler ! Si je n’avais besoin de rien, j’avais envie de toutes plutôt que d’elle ! Comme pour moi faire l’amour c’est la liberté mais aimer c’est la perdre, cette Dulcinée [68] me bridait le mors et je ne me sentais pas moi avec elle. Je n’avais pas qu’elle à foutre et tout ce que je voulais c’est qu’elle quitte mon territoire sinon je montrerais les crocs, j’avais d’autres chattes à fouetter ! D’ailleurs, quand je faisais l’amour avec elle je pensais à d’autres, quand je faisais l’amour avec d’autres je ne pensais plus à elle ! Désolé mais la réalité est obscène, perverse, vulgaire, et je ne suis que son messager ! Forcément elle en était toute retournée, ce que je comprends vu comme je l’avais tournée dans tous les sens puis envoyée bouler. Mais que veux-tu, je suis pas l’homme d’une seule femme et j’ai besoin d’être Libre (elle se demandant toujours pour quoi faire) ! Elle exigeait même que j’arrête mes foufounneries, considérant qu’elle n’était pas ma boniche de l’amour (ce qui était vrai, elle en était mon caniche !). Un soir, alors que c’était pas le moment car j’étais en fin de journée/semaine (mais elle était en début d’histoire compliquée), elle m’a fait tout un cirque alors que je venais de dresser le chapiteau : « C’est qui cette fille ? Une copine ! C’est qui cette copine ??? Juste une fille !!! ». Évidemment c’était plus que cela, mais elle n’avait pas à se poser de questions, de toute façon j’en donnais les réponses qui m’arrangeaient ! De toute façon, il était hors de question que je cède, sinon il aurait fallu lui accorder tout ce qu’elle voulait et même ce qu’elle ne savait pas encore qu’elle voudrait ! Et puis la femme est soit reine, soit servante et elle était clairement dans la seconde catégorie !!! J’allais tout de même pas laisser cette sorcière empêcher le prince charmant de se faire de l’effet avec des fées : j’aime toutes les chattes, sauf les chattes teignes (une personne qui tient bien, reste accrochée, dont on ne peut aisément se débarrasser) qui sortent les griffes ! Malheureusement, cette jeune fille était perturbée tant dans ses sens (grâce à moi) que dans sa tête (en partie à cause de moi) et ses relations familiales (qui l’avaient avertie du monstre qui se cachait en moi). Et ce qui ne devait surtout pas arriver arriva : à trop tirer la bambinette, le bambino cherra ! Enceinte par accident alors que normalement je sors toujours couvert, mais là j’étais sûr qu’elle était vierge (et de toute façon j’avais déjà épuisé mon stock de capote avec elle, la gourmande insatiable) et je ne savais pas qu’elle ne prenait pas la pilule (manque d’éducation sexuelle des jeunes, notamment sur la pilule du lendemain, d’autant qu’elle était issue d’un milieu catho – hummm, un challenge encore plus fort, irrésistible pour moi), elle me cacha le soldat dans la casemate ! Comme beaucoup (trop), elle pensait qu’avoir un enfant dans une relation qui part en quenouille aurait permis de consolider notre histoire (alors qu’elle était déjà un taudis d’argile construit sur du sable). Elle avait prévenu, mais je ne l’ai pas cru : « Si tu m’abandonnes c’est pour moi que le glas sonne » ! Elle ressentait toujours quelque chose pour moi (moi aussi d’ailleurs, je ressentais toujours du dégoût pour elle), considérant que la partie était loin d’être finie alors que de mon côté je proclamais l’avoir gagnée au cas où elle ne l’aurait pas remarqué !!! De toute façon, j’étais pas femmeté, j’étais responsable de personne ! Ne prenant que trop peu de précaution (un soir, alors qu’elle me rabattait les oreilles en me regardant avec ses yeux de cocker chien battu, je lui avouais « J’aime sans sentiments, confidence pour confidence, c’est moi que j’aime à travers toi ! »), la rupture se finit après moult péripéties en suicide de la jeune fille fragile qui ne supportait plus de se tuer, à petit feu, à l’attache sentimentale. Dans sa lettre d’adieu, elle expliqua qu’elle ne voulait pas d’avortement de par son éducation religieuse et sa passion amoureuse, mais elle savait aussi que je n’étais pas le prince charmant (mais juste un marchand … de sable aux yeux) qu’elle attendait ! Voici d’ailleurs des extraits de sa lettre : « Quand on s’est connu je me sentais comme une merde, tu m’as attirée et on s’entendait bien car tu en étais une aussi, doublée d’une ordure qui m’a traitée encore pire que de la merde ! Je n’avais pas une bonne image de moi : tu m’as flattée, j’ai plongé ! Je vivais un enfer sur terre et tu me proposais de me laisser faire pour découvrir le paradis au septième ciel, mais approchant en agneau tu n’étais au fond qu’un loup : tu avais décelé mes faiblesses, tu connaissais bien mes fesses, tu manipulais les deux avec adresse ! Mais tes propos bateau ne font plus chavirer Desdémone [69], ils ont pris l’eau ! Trop longtemps j’ai voulu croire en notre histoire, mais j’ai eu tort et le tort tue !!! Tu pensais que de moi tu ferais ce que tu voudrais, laissant aller le sort tel un boni mentor-menteur (le boniment repose sur un constat : la crédulité est aisément sollicitable, tandis que l’intelligence et le discernement sont faciles à tromper) car tu n’as aucun remord. Mais j’ai ouvert les yeux et vu la vérité en face : tu n’es qu’un chirurgien des sentiments, habile, qui prend par les tripes et fout la tête à l’envers ! Tu causes les mêmes ravages qu’une tempête tropicale sur de beaux rivages : après son passage humide et torride, tout n’est plus que chaos et désolation ! Je n’avais rien demandé à personne mais tu as débarqué comme un cheveu dans la soupe ! S’il y a de l’amour passionnel (le plus dangereux entre nous soit dit car le plus lobotomisant le libre arbitre), il n’excuse sûrement pas tout et encore moins n’importe quoi : je me suis fait marcher dessus sans rien dire, juste parce que j’étais aveuglée par mes sentiments et tu en as profité pour me manipuler et me maintenir sous ta coupe ! Je t’avais prévenu : « Fall on me (jette-toi sur moi), feel me (ressens-moi), fill me (remplis-moi), but don’t fool me (ne me berne pas) ! ». C’était bien la peine que tu sois dur en moi si c’était pour être mou à l’extérieur ! Tu vois, tu es un terroriste de l’amour avec tes attentats à la pudeur sentimentale : tout ce que tu touches devient vulgaire ! Jouisseur/terreur nocturne, tu agis comme un dealer des cœurs en faisant goûter ta came pour rendre accro puis tu fais payer cher la dépendance. Et j’étais justement comme une tox qui a laissé le produit prendre le pas sur ma personne et personnalité : je me disais que j’aimais bien le produit alors que je savais très bien, au fond de moi, que j’étais manipulée par lui/toi et que tu me faisais beaucoup de mal pour un tout petit peu de bien ! Dans la vie y a les porcs et les gens bons : toi tu es un esprit malsain dans un porcin ! Tu te crois professeur de désir, aventurier de l’Amour, mais tu n’es qu’un rentier du baiser, un petit épargnant des sentiments : tu as joué petit pour ne pas perdre gros mais tu as perdu toute ta (pro)mise !!! De mon côté il y avait une question dans mes « Je t’aime » qui demandait « Et toi, m’aimes-tu ? », mais quand on n’aime pas trop, on n’aime pas assez ! Ton cœur est un gilet par-belle !!! J’étais une fleur fragile que tu as froissée avec tes frasques malhabiles : pote pourri, tu n’es qu’un puceron sur les épines d’une rose que tu as desséché en posant ta pine sur mes lèvres pures … (qu’il "fallait" que tu) purines [70] ! Célibataire au cœur de pierre, tu as pris mon présent mais je me vengerai en prenant ton futur !!! Ce n’est pas qu’un au revoir, c’est un adieu ! Voilà c’est fini : t’as eu ce que tu voulais même si tu ne t’attendais pas à cette fin là !!! ». Après en avoir mis beaucoup (à elle autant qu’à d’autres proies faciles), c’est moi qui prenais un sacré coup … sur le coin de la gueule ! J’en ai tiré les leçons : voyant que l’amour et la mort peuvent être intimement liés (Éros et Thanatos, la petite mort de l’orgasme et la grande mort due à ses fantasmes projetés sur l’autre), je décidai de ne plus succomber aux imbroglios et quiproquos du "sexe mensonge et libido" (voire parano), eux qui peuvent te faire passer du jouir aux larmes, puis au drame !!! »

 


[1] Soldate du feu de forêt.

[2] Abandonner l’état monacal.

[3] Soudains écarts de conduite.

[4] Épée à lame carrée, dont le bout aplati est garni de peau.

[5] Jeter brusquement, folâtrer, passer rapidement d’un objet à un autre avec inconstance : le flirt est une relation affective entre personnes de sexe opposé, dénuée de sentiment profond et servant de prélude aux relations sexuelles.

[6] Aspect platonique de l’amour mêlé de sentimentalité et de mièvrerie ; tenir des propos galants à une femme. Fleurette était une jeune fille rencontrée par Henri IV lors d’un tournoi de tir à l’arc : à court de cible d’orange, le duc de Guise se saisit d’une rose qui brillait au sein d’une des jeunes filles qui assistait au spectacle, et la mit en lieu et place de l’orange manquante. Le duc tira le premier, rata la fleur, mais la flèche d’Henri atteignit son but. Henriot se saisit alors galamment de la fleur par la flèche qui lui servait de tige, et courut la rendre à la jolie villageoise, sans la détacher.

[7] Filles de mœurs très libres mais qui n’ont jamais eu de relations sexuelles.

[8] Fille des rues.

[9] Faire usage d’une chose pour la première fois, favoriser un pauvre en étant le premier à lui faire l’aumône.

[10] Action ou son résultat d’entourer quelqu’un de ses bras ou de son corps en le serrant fortement.

[11] Bizarrerie, fantaisie.

[12] Espèce de cambrioleur qui utilise les façades pour grimper et accéder aux intérieurs par les fenêtres.

[13] Affecter des manières précieuses, parfois prétentieuses, afin de se faire aimer des dames.

[14] Phantasma, « fantôme, spectre » : vision hallucinatoire, construction imaginaire, consciente ou inconsciente, permettant au sujet qui s’y met en scène d’exprimer et de satisfaire un désir plus ou moins refoulé, de surmonter une angoisse.

[15] Pousser des cris étouffés et plaintifs.

[16] Bordure décorative.

[17] Yoni vient du sanskrit « lieu » : dans l’hindouisme, désigne les organes génitaux féminins, matrice ou vulve.

[18] Du latin hymen « membrane » calqué sur le grec hymenaeus « chant nuptial », « chant d’Hymen » (les Athéniens l’invoquaient toujours dans les cérémonies du mariage, et, dans des fêtes solennelles, ils l’appelaient par un chant de triomphe : « Hyménée, Hymen ! Ô Hymen, Hyménée ! »), nom de la divinité païenne qui présidait aux noces. Le dieu Hymen ou Hyménée, fils de Bacchus (Dionysos : dieu de la vigne, du vin et de ses excès) et de Vénus (Aphrodite : déesse grecque de la germination, de l’amour, des plaisirs et de la beauté ; on peut distinguer deux conceptions différentes d’Aphrodite : celle du plaisir de la chair, plus « terrienne » en quelque sorte, et celle de l’amour spirituel, pure et chaste dans sa beauté), présidait au mariage. Certains poètes le font naître des muses Calliope (« belle voix » : muse de la poésie épique et de la grande éloquence, elle est représentée sous les traits d’une jeune fille à l’air majestueux, le front ceint d’une couronne d’or, emblème qui, selon Hésiode, indique sa suprématie parmi les autres muses), Clio (« célébrer, chanter » : muse de l’Histoire, on la représente tenant de sa main gauche un livre sur lequel sont rédigés les récits du passé, donc du lignage), Terpsichore (« apprécier », « la danse » : muse de la Danse), ou Uranie (astronomie/astrologie). Quelle que soit sa généalogie, ce dieu joue un grand rôle dans la vie humaine, et son culte était partout en honneur. Il est un magnifique jeune homme (aussi beau qu’Apollon), qui a délivré des jeunes filles enlevées par des pirates et les a rendues à leurs parents, à condition qu’on lui accorde la main de celle qu’il aime, mais qui le dédaigne. On le représentait sous la figure d’un jeune homme blond couronné de fleurs, surtout de marjolaines (plante vivace cultivée comme une annuelle, la marjolaine a des propriétés anaphrodisiaques puisque sa substance calme les désirs sexuels ou est utilisée pour traiter le priapisme et ses érections "permanentes" aussi bien que les irritations génitales, sachant que lorsqu’on abuse de cette huile elle devient stupéfiante et peut provoquer un état de somnolence voire des crises d’épilepsie), tenant de la main droite un flambeau nuptial, et de la gauche un voile de couleur jaune (dans les mariages romains, le voile de la jeune épousée était d’un jaune éclatant). Certains mythologues lui donnent un anneau d’or, un joug et des entraves aux pieds, allégorie rendue plus transparente encore par deux flambeaux qui n’ont qu’une même flamme et que l’on place dans ses mains ou auprès de lui. En botanique, l’hymen est une pellicule de la corolle d’une fleur (partie d’une fleur complète qui enveloppe immédiatement les organes de la fécondation et qui est ordinairement colorée).

[19] Appelé aussi pénil ou monticule pré-pubien (mont Pubis pour les autres animaux), c’est l’éminence large et arrondie située au-devant du pubis chez la femme. Après la puberté, il est normalement couvert de poils sur une plus ou moins grande superficie. Il consiste en un amas adipeux qui aurait pour rôle d’amortir les chocs lors du coït.

[20] Du latin vectis "levier, barre" : membre viril.

[21] Rédacteur du premier dictionnaire de la langue française en 1680.

[22] Béni-bénard : pantalon, culotte (en parlant d’une serrure : qui peut s’ouvrir aussi bien de l’extérieur que de l’intérieur).

[23] Petits intervalles d’espace que les parties d’un corps laissent entre elles.

[24] « Tirer agrément, avantage, profiter de (la possession de) » ; « accueillir chaleureusement, faire fête à ».

[25] Pen signifiant autant le fait de parquer dans un enclos qu’il nomme la femelle du cygne – ce dernier étant aussi un homme éloquent : dans un hôtel, il s’agit d’une suite prestigieuse située au dernier étage et possédant souvent une terrasse.

[26] Petit logement loué par un homme qui le destine à des rendez-vous galants.

[27] Arbre vivace, à bois dur ; fascination qu’exerce sur nous une personne de par ses qualités de grâce, de beauté, de rêve ; formule incantatoire et puissance magique ainsi produite.

[28] Nom romanesque à souhait qu’on donne aux longs rubans de certains chapeaux de femme qui flottent sur la nuque : suivez Nathalie, la guide qui connaît tous les recoins du plaisir.

[29] Petit nécessaire de voyage – sac, petite valise – qui contient le strict nécessaire pour passer la nuit hors de chez soi.

[30] Élément pour recevoir la ration de fourrage des animaux, petite étagère murale percée de trous, destinée à recevoir des pipes, planche qui sert à placer les outils à manche sur un établi.

[31] De gravier, gravelle, « lie de vin passée, marc séparé de la lie du vinaigre » : mots hardis, gauloiseries, proches de l’obscénité.

[32] Persona vient du théâtre : masque, rôle d’interprétation tragi-comique.

[33] Charme ou enchantement qui va subjuguer une personne, l’attirer : influence de quelque phantasme sur notre vision, qui nous fait ressentir des émotions sans rapport avec des images qu’enregistre notre rétine.

[34] Marques d’affection se traduisant par des baisers, des caresses parfois peu sincères, des flatteries destinées à obtenir un profit.

[35] Souffrance ou successions de souffrances ; tendance d’origine affective caractérisée par son intensité et par l’intérêt exclusif et impérieux porté à un seul objet entraînant la diminution ou la perte du sens moral, de l’esprit critique et pouvant provoquer une rupture de l’équilibre psychique ; chez les cartésiens, dans le sens de passions de l’âme, la passion exprime tous les états de l’âme résultant des impressions produites par les esprits et instincts animaux.

[36] « Seigneur, maître » : tenancier de cabaret/de maison close.

[37] Grosse pièce de viande.

[38] Femmes de mauvaise vie.

[39] Soldat ayant peu de temps d’armée : provient du temps de la Révolution, pendant laquelle les soldats de l’ancienne armée du roi avaient encore les uniformes blancs, alors que les conscrits étaient en bleu.

[40] Croisement de abiter « s’approcher, toucher à » avec habiter au sens de « avoir commerce charnel avec ».

[41] Attraper, séduire des femmes stupides : « la bécasse est bridée » signifie que le tour est joué, grâce à la tromperie ; la bécasse est un oiseau de crépuscule, un gibier estimé surtout au niveau de ses cuisses – sachant que la bécasse perchante est le nom vulgaire de la huppe, qui donna par son fait d’être sale le qualificatif de salope ; la bécasse est aussi un outil à long bec dont les vanniers font usage pour enverger les vans – introduire des verges d’osier dans les intervalles de ce réceptacle – et les hottes – celles en forme de tronc de cône que l’on se tape pour bien manger, mais qui souvent s’accrochent à notre dos et nous tiennent la grappe de raisin bien longtemps après les vendanges et le pressage.

[42] Militaire expérimenté et rusé (généralement un sous-off ou un major), connaissant bien les ficelles du métier. En argot le mot sarce désigne le sexe masculin : la sarcelle – ville où Faudel a grandi – est un oiseau aquatique sauvage, migrateur partiel au vol rapide, semblable au canard, mais plus petit, à la chair un peu amère mais d’une grande finesse. Dans la Marine, la sarce est une voile qui bat, qui s’agite et ondule (on dit aussi qu’elle barbote, comme les canards donc).

[43] Au Moyen-âge, jeune gentilhomme qui n’était pas encore chevalier, jeune noble accompagnant le châtelain ou la châtelaine à la chasse, au voyage, servant à la table, faisant office de messager. Par ironie : homme qui fait le galant, qui est empressé auprès des femmes, qui affecte de la recherche dans ses vêtements et une galanterie efféminée (soupirant, amoureux).

[44] Du latin vulgaire dominicella (diminutif de domina : appartenant au domaine, à la maison), qui a également donné demoiselle : femme ou fille peu estimable, à l’allure ou à la tenue équivoque, de mœurs légères ou prétentieuse et ridicule ; un donzelon étant un garçon d’honneur.

[45] Fille, parfois de mœurs légères, maîtresse (de l’italien gonzo « individu stupide », un gonze étant un « homme qui vide les ordures de l’hôpital », donc de l’hospitalité).

[46] Soldat vagabond, synonyme de soudard « soldat brutal et indiscipliné » ; une drille étant un outil à foret utilisé pour certains perçages fins : « Au signal du plaisir, Dans la chambre du drille Tu peux bien entrer fille, Mais non fille en sortir ». NERVAL, Faust, 1840 – dans le sens de libertin.

[47] Séducteur, un larron étant un voleur de grand chemin, un pillard qui prend furtivement le bien d’autrui, qui profite d’un litige entre deux parties pour en tirer avantage.

[48] Fouiller dans quelque chose avec désordre et en brouillant tout ce qui s’y trouve.

[49] Distribuer des médailles ou des citations.

[50] Obus, par extension tout projectile d’un calibre supérieur à 20 mm.

[51] Médaille de la Défense nationale.

[52] Faire la cour d’une manière doucereuse et fade.

[53] Retour d’un agent secret de l’étranger.

[54] Soldat de l’empire – des sensualités –, mais aussi canon.

[55] De grogner : pour le cochon, faire entendre son cri ; femme que l’on méprise, éventuellement car sans charme, vieille ou laide.

[56] De pouf, sorte de coussin (troué) posé sur le sommet de la tête par dessus lequel on dressait et coiffait les cheveux sous Louis XVI, ornement de la chevelure ou d’un chapeau en forme de touffe ; à la Légion étrangère, on appelait le bordel mis à disposition des soldats lors de leur repos un "pouf", sachant qu’à pouf signifie « pour rien » : femme grosse, laide, vulgaire.

[57] Lorsqu’on tirait un coup sur quelqu’un de très près, à bout portant, on lui brûlait le pourpoint (vêtement masculin qui couvrait le torse, utilisé entre le XIIIè et le XVIIè siècle). Cette métaphore utilise d’abord l’idée d’efficacité (pour toucher quelqu’un, plus on est près, plus on a de chances de réussir) puis de soudaineté, de surprise (pour pouvoir tirer à brûle-pourpoint sur quelqu’une, il faut la surprendre).

[58] Vient de « construire en pigeon », terme de maçonnerie pour désigner une construction en saillie : à partir du XVIIè siècle le corset s’apparentait à une œuvre de maçonnerie destiné à mettre en valeur ce qui fait sa valeur, à savoir ses attributs féminins ; comme on parle « d’avoir du monde au balcon », lieu particulièrement squatté par les volatiles, on peut également imaginer que ces poitrines mises en avant font roucouler les hommes comme des pigeons en les voyant.

[59] « Pêcher à la traîne avec un filet », la drague étant également une pelle à long manche, permettant de curer les eaux peu profondes ou les puits.

[60] Jeune homme qui ne s’encombre d’aucun préjugé et vit pour l’amour et le plaisir. Il est le maître de plusieurs femmes, dont il fait le malheur à tour de rôle.

[61] Femelle du lièvre.

[62] Chienne, garce.

[63] Homme mal élevé et grossier, en particulier avec les femmes : de l’ancien provençal gojat « jeune homme » et qui signifiait avant un valet d’armée.

[64] Poisson de mer dont les couleurs sont très variées.

[65] Grande bourse que l’on portait suspendue à la ceinture, un peu comme une (truite) aumônière.

[66] Qui prend une liberté excessive : qui porte la marque d’une certaine indécence, d’un dérèglement moral, qui invite à la débauche.

[67] Très jeune fille au physique attrayant, au charme trouble et provocant provenant de son immaturité.

[68] Femme aspirant à une passion romanesque sur laquelle on plaisante, par allusion à la dame des pensées de Don Quichotte, Dulcinée du Toboso.

[69] Incarnation de l’amour absolu et de l’innocence bafouée, elle est un personnage de la tragédie que Shakespeare a composée en 1604, Othello.

[70] Arroser avec la partie liquide du fumier.

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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 18:26
  • Les femmes, comme le verre (beau et costaud mais si fragile aussi sous un certain angle), ne pardonnent pas d’erreur mais permettent beaucoup
  • Si seulement sont les mots les plus cours qui sont les plus tristes et en disent le plus long
  • "Nous avons l'art pour ne pas mourir de la vérité" (Nietzsche)
  • Canari en cage qui ne voit que son reflet dans l’eau et ne parle que de ça
  • Je pense donc j'écris
  • in a relation cheap
  • " Si le Bonheur est hors de prix, trouvez le moyen d'emprunter ! S'il vous semble abordable, laissez tomber, c'est une contrefaçon ! "
  • "La clarté ne naît pas de ce qu'on imagine le clair, mais de ce qu'on prend conscience de l'obscur."
  • Le Q est son menu et le X sa gourmandise
  • Mon chéri est un cœur tendre dans un corps noir intense
  • Le travail c'est la santé ; ne rien faire, c'est la conserver.
  • «Le mot que tu retiens entre tes lèvres est ton esclave. Celui que tu prononces est ton maître».
  • «L'homme fort n'est pas celui qui se bat bien, l'homme fort est celui qui sait dominer sa rage»
  •  «Suis le conseil de celui qui te fait pleurer, et non de celui qui te fait rire».
  • « Œuvrez ! Car on facilitera à chacun la voie pour laquelle il a été créé »
  •  «Si tu as de nombreuses richesses, donne de ton bien ; si tu possèdes peu, donne de ton cœur.»
  •  « Celui qui comble le besoin de son frère, Dieu comblera ses besoins ».
  • Si Tu veux savoir quelle place Tu occupes Auprès de Dieu, Regarde quelle place Dieu prend dans Ton cœur.
  • L'Islam n'est pas le chemin que l'on parcourt avec ses pieds mais avec son cœur
  •  « Celui qui croit en Dieu et au jour du jugement dernier, qu'il dise du bien ou qu'il garde le silence »
  •  « Un des signes de perfection de la foi chez l'individu c'est l'abandon de ce qui ne le regarde pas »
  • "La meilleure richesse est la richesse de l'âme."
  • "Ce que vous faites de bien et de mal, vous le faites à vous-même"
  • Ne désire pas le monde, Dieu t'aimera. Ne désire pas ce que les autres possèdent, ils t'aimeront. »
  • On cache son sexe mais on montre son visage, pas l’inverse
  • " Il n'y a d'autre enfer pour l'homme que la bêtise ou la méchanceté de ses semblables " (SADE)
  • Avec du vouloir on a du pouvoir !
  • "Ce qui est combat dans le présent est victoire dans l'avenir."-Victor Hugo-
  • "Heureux soient les fêlés, car ils laisseront passer la lumière." - Michel Audiard
  • " Choisissez un travail que vous aimez et vous n'aurez pas à travailler un seul jour de votre vie." - Confucius
  • La passion est une obsession positive, l'obsession est une passion négative Paul CARVEL
  • Elle a un petit goût caoutchouteux ta sucette
  • La liberté d'expression ne s'use que quand on ne s'en sert pas
  • "Nulle cause n'est perdue s'il y a encore un pauvre fou prêt à se battre pour elle." Jack Sparrow
  • Soldat perdu dans une bataille en perdition
  • À tout moment spécial de notre vie correspond un son / une chanson, si bien que les musiques forment la bande originale de toute une vie
  • Faire le tour de la terre par les airs
  • si le regard avait une route on aurait eu un accident!!!
  • s’envoyer en l’air et ne jamais remettre les pieds sur terre
  • L'homme est complet. Il a juste à comprendre la part de lui qu'il juge étrange pour s'aimer pleinement et tirer profit de sa diversité.
  • «Nous apprenons la sagesse de l'échec bien plus que d’un succès. Nous découvrons souvent ce que nous ferons, en découvrant ce que nous ne ferons pas." - Samuel Smiles
  • "Nul ne peut atteindre l'aube sans passer par le chemin de la nuit". Khalil Gibran
  • Donner ses doigts plutôt que perdre sa bague, donner sa main plutôt que perdre ses doigts
  • Tout céder pour finalement tout perdre
  • Ce genre de projet, très sérieux, doit d’abord être annoncé publiquement puis discuté
  • Que dis-je un cap, une pininsule
  • organiser un évènement révolutionnaire "le trou de bal des débutantes" à l'hôtel Crions !
  • « Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait. » Mark Twain.
  • Tu peux faire ce que tu veux de mon cœur, le bruler, le briser, le torturer, le déchirer, le lancer, mais fait attention car tu es a l'intérieur
  • Bien plus menacé que menaçant
  • là je suis bien, mais est-ce seulement ce que je veux ?
  • qu’est-ce qu’il m’arrive, je dérive ! Pourquoi moi, je ne sais pas
  • je suis ce que je fuis
  • Le boulevard des souvenirs est une rue mortelle … où c’est opération ville morte quasiment tous les jours
  • C'est une grave faute de Français de parler d'égal à égal, le Français, lui, il parle bien plus souvent d'égo à égo
  • Dieu ne peut pas être grand et faire des choses aussi petites ! Par ailleurs vous direz à votre Dieu que c'est très vilain de s'attaquer à plus petits que soi !
  • on reconnait le bonheur au bruit qu'il fait en claquant la porte
  • " Elle ne savait pas que l'Enfer, c'est l'absence. [Paul Verlaine] Il ne savait pas que son Enfer à elle, c'était sa présence."
  • Je me déteste, mais c’est tellement bon
  • Le moindre signe de faiblesse attise l’agressivité des plus forts
  • Partout la mort rode, guettant la moindre défaillance
  • Ceux qui parfois ont cette impression de n'avoir rien à donner, sont peut-être, simplement, ceux qui sont faits pour s'offrir eux-mêmes aux autres
  • De chaque journée, nous faisons ce que nous décidons d'en faire !
  • "En avalant les méchantes paroles qu'on ne profère pas, on ne s'est jamais abîmé l'estomac." Winston Churchill
  • L'imperfection est la forme première de l'honnêteté.
  • ''L'amour est un risque que l'on prend par prudence. Parce que l'ignorer, c'est prendre un risque encore plus grand''
  • Nous sommes tous obligés, pour rendre la réalité supportable, d'entretenir en nous quelques petites folies.
  • Les bons conseils pénètrent jusqu'au cœur du sage ; ils ne font que traverser l'oreille des méchants.
  • Ce qui compte ne peut pas toujours être compté, et ce qui peut être compté ne compte pas forcément. [Albert Einstein]
  • Les aspirations des pauvres ne sont pas très éloignées des réalités des riches. (Desproges)
  • faire avec son partenaire de "la copulation courtoise"
  • Le désir est protéiforme : c'est son essence et sa saveur, sa dangerosité aussi
  • ne quitte pas celle que tu aimes pour celle qui te plait car celle qui te plait te quittera pour celui qu’elle aime.
  • ceux qui souffrent d'un ulcère sont des langues de vipère
  • je ne crains personne d'autre que moi-même
  • " L'optimisme c'est une histoire de patience avec le temps ! "
  • " La vie, cette mystérieuse, qui fait parfois de soi un parfait inconnu ! "
  • « Toute violence envers une femme est une violence faite aux Hommes, par des "hommes"... ! »
  • "Ce sont les martyrs qui font la foi plutôt que la foi ne fait les martyrs"
  • « Le goût de l’absolu exige une sensibilité et une fragilité invincible ! »
  • On n’est jamais vraiment seul quand on pense, mais, selon les jours on est plus ou moins bien accompagné
  • T’es un sacré zizi-goto (Homme généralement fantaisiste, au comportement extravagant, Individu peu recommandable, manquant de sérieux
  • La vie est un zoo où je dresse les parties sensibles
  • Le conformisme impénitent qui barre la route à tous les novateurs découvrant des vérités en désaccord avec les dogmes de l'École, est la plaie la plus hideuse de la science et le plus grand obstacle au progrès.
  • "Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde". Ganhdi
  • Tout ce qui vous arrive, vous l'avez attiré et c'est soit un défi soit une chance !
  • Je ne sais pas si Dieu existe, mais ce n'est pas tout ce qu'on en dit qui m'y fera croire, ma conviction ne résultera que d'une expérience personnelle !
  • La plupart des hommes sont endormis dans l'antichambre de la vie et ils rêvent qu'ils sont en train de vivre. Pensée soufie
  • qui connaît vraiment le fin mot de l'histoire ?
  • nos biens ne nous appartiennent pas, mais nous appartenons à nos biens
  • cette chienne a du chien
  • une petite sauterie
  • je fais ce que je peux ! Oui beh c’est pas assez !!!
  • " Je pense donc je suis... dans la merde ! "
  • c’est fout tout ce qu’on entend quand on sait se taire
  • c’est facile de changer, ce qui l’est moins c’est de ne pas redevenir comme avant
  • Le sage attend de voir, pour peut-être un jour, savoir qu'il ne savait rien.
  • Je m’ennuie déjà seul, mais à deux, c’est encore pire
  • La caractéristique principale d'un ami est sa capacité à vous décevoir. (Pierre Desproges)
  • la peur des idiots est le début de la sagesse
  • interdiction d’exister en-dehors de la meute, au risque de te faire dévorer par les autres loups
  • il vaut beaucoup mieux suivre très mal sa propre voie que très bien celle d'un autre.
  • La jalousie ? C’est une très belle preuve d'amour... de soi !
  • la jalousie, c'est une pseudo tentative de suicide... on s'empoisonne lentement lentement...
  • la jalousie est la forme la plus aboutie de l'égocentrisme
  • La jalousie est un désamour, la confiance que l'on devrait mettre en l'autre, on en manque cruellement en soi.
  • quand on a affaire à une bombe sexuelle, il faut toujours se demander quelle est la portée de la déflagration
  • Apprendre, pour Socrate, c'est se ressouvenir de ce que l'on avait oublié.
  • Le seul moyen de connaître la fin de l'histoire, c'est de tourner la page.
  • Feuilleter le grand livre des sentiments pour y intercaler une page avant la fin
  • si je peux supporter un fou comme lui c'est que je dois être aussi folle que lui !! sauf que moi c’est naturel car je bois pas
  • " Le temps, trop tôt, trop tard, le temps n'est jamais à l'heure ! Le temps n'a pas le temps, le temps se précipite quelque part. Regardez le filer, il est déjà parti, vous hurlez attends-moi, mais le temps est parti, il doit rejoindre la vie ! Le temps ne comprend pas, vous pourriez le supplier, vous pourriez le maudire, mais c'est la vie qui va... ! "
  • ''En amour la distance rapproche. Tel un aimant. A condition de ne pas le placer trop loin
  • "Ce sont toujours les gens animés des meilleures intentions qui deviennent des monstres." [Frédéric Beigbeder]
  • L'amour n'est pas une plaine, c'est une chaîne de montagnes, les descentes ce sont les peines'. Elle m'a dit d'aller siffler là-haut sur la colline, j'ai cueilli les fleurs et j'ai sifflé tant que j'ai pu j'ai attendu, attendu il n'est jamais venu. Qu'elle est dure son ascension. si l’amour est une chaine de montagnes il faut toujours regarder vers les sommets pour pouvoir monter et même on y tombe on doit faire comme Sisyphe c’est à dire j il faut remonter pour être héros
  • si tu n'existais pas, dis-moi pourquoi j'existerais ?
  • l'amour est une illusion de l'âme
  • trainer dans un monde sans toi, sans espoir et sans regret
  • Larme de fond
  • Parfois, j'espère avoir tort !!! Mais là ? J'ai un doute sérieux ... non un sérieux doute
  • Il n’est jamais trop tard pour commencer une nouvelle version de ce qu’on n’a pas terminé
  • L'ennui fait le fond de la vie, c'est l'ennui qui a inventé les jeux, les distractions, les romans et l'amour
  • "Dans les premières passions les femmes aiment l'amant, et dans les autres elles aiment l'amour." La Rochefoucault !
  • on aime les trios bien souvent (passion-amant-amour)...
  • "Le seul mauvais choix est l'absence de choix." (Amélie Nothomb)
  • On dit que la vie d'une femme se résume à un vrai conte de Fée.....Fée le ménage, Fée la vaisselle, Fée à manger et Fée pas chier !!!
  • Seul un homme pourrait lancer l'idée que le bonheur d'une femme consiste à servir et plaire à un homme...
  • Le seul défaut d’un homme, c’est de ne pas être une femme
  • Depuis des milliers d'années, ce sont les femmes qui engendrent, élèvent, façonnent les hommes, et les hommes qui façonnent un monde invivable aux femmes !
  • La misogynie n'est souvent qu'un malentendu que les femmes et les hommes ont installé pour se sentir différents
  • "N'essayez pas de devenir un homme qui a du succès. Essayez de devenir un homme qui a de la valeur" Albert Einstein
  • Galurin : Fin du xiiie s. [date du ms.] galeron « chapeau de fauconnier » (Traité de Fauconnerie de l'empereur Frédéric II ds Z. rom. Philol. t. 46, p. 263); b) 1540 « sorte de coiffure » (G. Michel, Virgile ds Romania t. 33, p. 360); 2. a) 1866 galurin « chapeau haut de forme » (Delvau); b) p. abrév. 1881 galure « id. » (d'apr. Esn.). Galeron est prob. empr. au lat. galerus « bonnet (de fourrure), pétase (de Mercure), perruque » (cf. DEAF, col. 89), et galurin pourrait en être une déformation sous l'infl. de galureau « godelureau » (1530, Nef des fols ds Gdf.).
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24 novembre 2009 2 24 /11 /novembre /2009 18:44
  • Les nuits sont enceintes et nul ne connaît le jour qui naîtra.
  • Quand tout va bien, ca ne peut qu'aller moins bien après.
  • eux qui se plaignent de tout et qui ne plaignent jamais personne
  • La folie est la limite de l’esprit humain, l’abyme lumineux où l’humain est confronté à lui-même, à l’animal de son fort intérieur
  • Miséreux malheureux, elle n’est pas une fille de joie, où alors que pour ses clients
  • Retrouver la fille perdue en la femme retrouvée
  • Nue comme une BB aux fesses roses
  • L’important n’est pas de vivre richement mais de bien vivre, jusqu’à ce que mort s’en suive
  • J’espère me dit que j’ai fait une grosse erreur
  • Que veux-tu dire ? Je ne sais pas ! Pourquoi l’as tu dit ??? J’en sais rien !!!
  • Renoncer au présent, s’occuper de soi ; tout investir pour le futur, faire tout pour l’autre qu’on aime
  • Le temps court, si court : je le soupçonne parfois de prendre des raccourcis
  • Souligne à l’envie
  • Peut-on faire plaisir sans souffrir ?
  • La vie n’est qu’un jour, la mort qu’une nuit
  • On apprend beaucoup, de la haine de l'autre. Des vérités sur soi, car la haine vise souvent les parties sensibles, et des vérités sur l'autre, car la haine fait tomber un masque. Mais l'on apprend quand même cent fois plus de l'amour.
  • Il repart comme il est venu, les mains vides et les couilles pleines
  • Désir : regret/souvenir/manque/souhait de l’étoile (de siderata)
  • La vie est un tango (Le tango est une danse de bal qui se danse à deux. C'est une danse d'improvisation, au sens où les pas ne sont pas prévus à l'avance pour être répétés séquentiellement, mais où les deux partenaires marchent ensembles vers une direction impromptue à chaque instant. Un partenaire (traditionnellement l'homme) guide l'autre, qui suit en laissant aller naturellement son poids dans la marche, sans chercher à deviner les pas) et la mort un paso doble (Le Paso doble est l'une des danses les plus simples à apprendre au départ. Le pas de base est en effet un simple pas de marche (le danseur part du pied droit, la danseuse pied gauche en arrière). La tenue du couple est classique, mais il faut ensuite, pour adopter le style typique du paso, se souvenir que le danseur y joue le rôle du torero et la femme, celui de sa cape).
  • Comment s’appelle cet animal ? Kangourou (je ne comprends pas en indigène australien)
  • Suit celui qui fuit
  • Sa mort nous sépare, la mienne ne nous réunira pas, mais c’est déjà un honneur de s’être rencontrés (Sartre)
  • Ne pas chercher trop loin ce qu’on a tout près/prêt sous les yeux
  • C’est une question de bon sens, critique
  • Un homme n'est pas malheureux parce qu'il a de l'ambition, mais parce qu'il en est dévoré. Montesquieu (Charles de Secondat, baron de La Brède et de)
  • ...et quelquefois je vis, mais c'est moins rigolo!
  • Mettre dimanche avec lundi : Se tromper d’un cran en boutonnant un vêtement, de sorte qu’un côté est plus haut que l’autre. Toutes les variantes existent (boutonner lundi avec mardi, etc.). (Par plaisanterie) (Métalepse)fagoté. S’habiller mal, être mal
  • S’en emparer à bon compte
  • Je lui ai fait des manières
  • Bon sang ne saurait mentir
  • Silence de mort, religieux
  • Boulimique des boules, les miennes comme ceux des femmes
  • Phare dernier rempart avant naufrage
  • Si la loi est injuste, c’est un devoir de citoyen que ne pas l’appliquer et de la Contester
  • Puissante et vicieuse Vs petit et sage
  • Elle a les menottes, j’ai le calibre
  • Courir après le courant d’air d’une Alizée partie en coup de vent comme une tornade
  • C’est, à peu près, tout ! Développe ton « à peu près tout » !!!
  • S’il m’arrive d’aboyer je peux mordre aussi
  • Me prend pas la tête avec des questions dont personne n’a la réponse
  •  
  • On prend son pied avec qui et où on peut
  • Comment vas-tu depuis ta dépression nerveuse ? Euh, laquelle ???
  • Soit mon instinct a raison, soit mon cerveau me manipule pour me protéger
  • C’est la vérité qui te fait peur puisque tu t’enfuis
  • Depuis un an qu’on se pratique
  • Elle est maligne, quelle guigne
  • La solitude est un sentiment universel, partagé par beaucoup de gens en même temps
  • C’est quand on ose affronter les difficultés qu’on devient le héros de soi
  • Tu es de la merde dans un bas de soie (Napo à Talleyrand)
  • Seule femme qui accepte de coucher avec toi sans avoir bu
  • Que me vaut cette horreur ???
  • On fait du sexe pour avoir un bébé ou pour avoir une revanche, jamais avec un homme qu’on respecte
  • Hormis toi qui, mâle, y pense
  • Il n’est jamais trop tard pour changer le cours des choses en les remuant, les agitant au shaker, pas à la cuillère
  • Poisson-clown demande hébergement à l’anémone venimeuse, qui désactive ou non son poison pour lui
  • Que dieu bénisse dieu
  • Ça t’apprendra à vouloir m’apprendre
  • Si on est plus heureux, on est moins injuste
  • C’est encore plus triste que « la vie est belle »
  • Mon cher argent, tu es tout pour moi
  • Aimé partout par tous, et encore plus par toutes
  • Darkwarrior darkwador darkcore
  • S’aliéner, rendre étranger, un amour aliénant, étrange et fou [Du latin alienare (sens identique) dérivé de alienus (« étranger »), lui-même de alius (« autre ») : (Droit) Transférer à un autre la propriété d’un fonds ; s'aliéner (Pronominal) Perdre l’affection, la sympathie de quelqu’un, Perdre sa volonté, sa liberté]
  • Les larmes sont la meilleure des sauces au grand buffet de la faim/vie
  • La souffrance purifie
  • Adultère : double peine pour tout le monde
  • Je suis contre les gens qui prennent des drogues, par principe, surtout les douaniers
  • Je l’ai rêvé si fort, les draps s’en souviennent encore
  • Avoir la mémoire du cœur
  • Le sexe est le pilier et un sacré tronc de mon existence
  • L’immédiateté est la myopie à courte vue
  • Point de désir d’avenir sans plaisirs à venir
  • Quand je change de ville, je change de passé au passage
  • Jamais de coupure, de blanc, en pleine montée, de son comme de prod
  • Ne te crois jamais plus fort que le prod, car c’est là qu’il te prendre en défaut, juste quand il ne faut pas
  • Là où un drogué passe, la drogue très y passe
  • La réalité nous incite à un état de légitime défonce
  • Des chiées d'œuvres inconnues
  • Je te demande, et t’es poli tu dis oui
  • J’ai trouvé le problème : il était sous mes yeux, il venait de toi
  • Si on se connaissait mieux je ferai pourquoi pas des efforts ; là on se connait à peine alors pourquoi s’emmerder ? Si tu fais pas l’effort au début, c’est pas après, trop tard, qu’il faut en faire !!!
  • Si c’est pas du rhum de Cuba j’en veux pas : je suis fidèle à Fidel
  • Une drogue en appelle une autre : « tu fumes beaucoup ! », « ouais, parce que je bois encore plus !!! »
  • Pas sirène, plutôt baleine
  • Comme on peut pas toujours être à 200%, au moins être à 100%
  • Tous concernés, tous cernés par des cons
  • Ça ne se fait pas car ile ne faut pas … et c’est comme ça
  • Je le savais, je le constate
  • C’est le mieux … enfin c’est le plus cher
  • Qu’est-ce qu’il se passe ??? Rien du tout, c’est bien ça le problème !!!
  • Directeur des ressources inhumaines
  • Un bon ouvrier se tue au travail tout comme un bon client est un client mort
  • J’aime me retenir, c’est encore meilleur après
  • Popole emmène les jumelles orphelines au cirque, sous le chapiteau
  • Plait-il ? Au temps pour moi
  • Combat KO d’avance
  • Être sur le qui-vive : Cette expression date de la fin du XVIIe siècle sous cette forme, mais c'est à partir du début du XVe qu'elle est utilisés sous sa forme latine "qui vivat ?" pour demander à une autre personne de quel parti (au sens de "groupe organisé, association de personnes unies pour la défense d'intérêts, de buts communs") elle était. Plus tard, une sentinelle qui entendait un bruit à proximité de son lieu de garde demandait "qui vive ?" ou sous une forme un peu moins concise "qui est vivant ici ? faites-vous connaître !"Mais l'interjection s'employait aussi pour demander à quelqu'un approchant, parfaitement visible, de décliner son identité. C'est au début du XVIIe siècle qu'elle s'est substantivée en 'qui-vive', mot qu'on ne trouve presque plus maintenant que dans notre expression dont le sens est aisément compréhensible, puisque le rôle de la sentinelle est justement d'être vigilante, de parer à tout danger pouvant survenir.
  • Il n’y a pas que des teuffeurs qui écoutent/dansent/ sur du son de teuffeurs
  • N’oublie jamais car elle ne t’oubliera pas de si tôt
  • « Les belles nuits font les beaux jours ! »
  • Essayer, vous verrez c’est l’adopter
  • Je vais lui fumer sa gueule un jour à celui-là
  • Tu m’incommodes, je vais te mettre dans la commode pas commode … au placard quoi
  • T’es bien mon chienchien à sa mémère, tu reviens la queue entre les jambes avec des roses dans la gueule du loup
  • Moi je dis ça, c’est pour toi, ni pour moi ni pour nous
  • Oui ça va ! t’es content ? Laisse-moi tranquille maintenant !!!
  • Maintenant qu’il n’y a plus de X, je suis bien obligé d’arriver à me contrôler
  • Les choses de l’amour, moi je m’assois dessus, au sens propre comme au figuré
  • L’amour c’est trop compliqué à utiliser comme machin : il faudrait une notice pour les no-vices
  • Nouvel entrant qui pénètre le cœur de cible pour avoir un bon score sur cet open-market
  • Cours de verbe, verve, et verge si affinité
  • Par définition un ex. ne va pas revenir
  • Je n’ai rien mais j’ai tout car je t’ai toi
  • Ne jamais subir, toujours agir
  • "Ce qu'on te reproche, cultive le, c'est toi."
  • La séduction est un acte violent envers soi, pas d’amour pour l’autre
  • J’ai été chat perché tellement haut que je suis tombé d’autant plus bas, sur le cul et sans parachute
  • Quitter cette réalité terre-à-terre pour voyager vers des mondes meilleurs où tout le monde il est beau/gentil/bon, vers une utopie des tout est possible en ce bas-monde : Just do it !!!
  • Plutôt que de se fracasser le crâne contre les murs, il fallait que je me défonce la tête pour arriver à supporter la réalité
  • Les drogues sont nos amies, mais pas des béquilles au mal-être
  • Les humains (se) perdent (sur) le chemin de la réalité pour la conquête d’un monde fait d’illusions et de désillusions
  • Ne jamais voyager à vide, mais pas trop chargé non plus
  • Adieu monde cruel, bonjour ironie du sort
  • On ne peut pas changer les gens avec des lois
  • tout le monde n'est pas parfait
  • Tu veux ? Pourquoi, toi tu ne veux pas ???
  • L’important c’est la miette qui traîne
  • Soit je fais ma valise en carton soit on se jette la vaisselle, tout en carton sinon ça fait mal quand ça vole
  • Sans vous ce n'est plus moi
  • " Toute vérité franchit trois étapes. D'abord, elle est ridiculisée. Ensuite, elle subit une forte opposition. Puis, elle est considérée comme ayant toujours été une évidence. " Schopenhauer Arthur
  • Donnez-moi la beauté de l'âme pour que l'intérieur et l'extérieur soient en harmonie. Socrate
  • Il est plus facile de briser le noyau atomique qu’un préjugé. Albert Einstein
  • Ce n’est pas la force, mais la persévérance, qui fait les grandes œuvres.
  • Beaucoup parler de soi peut aussi être un moyen de se cacher. Friedrich Nietzsche
  • Qu'est-ce qu'on ne voit pas quand on voit et qu'on voit quand on ne voit pas ? Réponse : L'obscurité.
  • Chut ! J’ai rien dit !! Qu’est-ce que t’as entendu ?? Non rien !!!
  • Être aux fraises, marron complet, au ras des pâquerettes avant de manger les pissenlits par la racine
  • y a des jours il passait des nuits blanches entières jusqu'à la nouvelle aube du petit matin
  • le handicap est un luxe que tout e monde ne peut pas se payer
  • pardon mon amour mais je t'aime
  • “Plus grande est la difficulté, plus grande est la gloire.”
  • Ils se jettent comme un seul homme à l’amer !
  • " Je ne connais pas la clé du succès, mais la clé de l'échec est d'essayer de plaire à tout le monde. " Bill Cosby
  • Enfin, je me comprends ! T’as de la chance, t’es bien la seule
  • Ce soir ça va être choucard (bien, plaisant, agréable), ce sera la fête à mon trou noir
  • Faut de l’exercice et du temps pour que la saucisse rougisse, grandisse et grossisse
  • Nous promettons selon nos espérances et nous tenons selon nos craintes.
  • "Un homme est bien fort quand il s'avoue sa faiblesse." Honoré de Balzac
  • Si j'avance, suivez-moi ; si je meurs, vengez-moi ; si je recule, tuez-moi." Henri de La Rochejaquelein
  • rêves riches, soyeux, fruités et doux, qui troublent les sens et éveillent les passions : mes papilles frétillent, et mes sens s'élancent
  • Le verbe aimer est difficile à conjuguer : son passé n'est pas simple, son présent n'est qu'indicatif, et son futur est toujours conditionnel.(Cocteau)
  • La parole nous a été donnée pour déguiser notre pensée
  • Il est plus aisé d'être sage pour les autres que pour soi-même.
  • Tu vas brûler d’ardeur avec ma bûche, un pyromane membré avec une lance de pompier à la black draft, mais attention au retour de flamme
  • Le candaulisme est une pratique sexuelle liée à l'excitation de voir son (sa) partenaire avoir des relations sexuelles avec une autre personne. C'est une sorte de voyeurisme. Le candaulisme se distingue du cuckoldinghumiliation du partenaire voyeur. Le candaulisme n'implique pas non plus la réciprocité de la pratique de l'échangisme. Le terme vient de la légende du roi de Lydie (Asie Mineure, antiquité), Candaule, dont il existe plusieurs versions. Une première version rapporte que Candaule tua sa femme après que celle-ci eut refusé de marcher nue devant ses soldats. Une autre version, rapportée par Hérodote, diffère sensiblement : selon Hérodote, le roi Candaule trouvait sa femme plus belle que toutes les autres. Sans cesse, il vantait à Gygès, officier de sa garde du corps, les charmes de son épouse et un jour, il l'invita à se convaincre, de visu, de la beauté de celle-ci. Gygès refusa l'offre mais le roi insista. Dissimulé derrière la porte de la chambre nuptiale, Gygès assista au coucher de la reine. Mais, au moment où il s'esquivait, la souveraine l'aperçut. Feignant de n'avoir rien remarqué et persuadée que son mari avait voulu l'humilier, elle jura de se venger. Le lendemain matin, elle convoqua Gygès et lui offrit l'alternative d'être exécuté ou de tuer Candaule, de s'emparer du trône et de l'épouser. Gygès refusa l'offre de la reine, puis, devant l'inutilité de ses efforts, il résolut de tuer Candaule. La reine le cacha à l'endroit où il s'était dissimulé la veille ; Candaule mourut, poignardé par Gygès durant son sommeil. Quand il fut installé sur le trône, Gygès se heurta à des adversaires. Ceux-ci acceptèrent de soumettre le cas à l'oracle de Delphes. L'oracle confirma Gygès dans sa royauté. Le recours à l'oracle delphien est historique : on sait qu'en témoignage de reconnaissance Gygès fit don au sanctuaire de Delphes d'objets d'or et d'argent. par l'absence de besoin d'
  • Logorrhée accusatrice : diarrhée verbale, ou incontinence verbale. Trouble du langage caractérisé par un besoin irrésistible et morbide de parler. (Littéraire) Long discours creux ; verbiage. Flux de paroles inutiles et incohérentes. Blabla prétentieux pour présenter des banalités ou une analyse plus ou moins cohérente et fondée. Synonyme Incontinence verbale : verbigération
  • cabotin : Comédien ambulant ; Tout comédien sans talent. (Figuré) Celui qui affecte dans la vie privée des attitudes de théâtre.
  • bigarré : Se dit d’un ensemble d’éléments disparates et tranchants qui manque d’harmonie.
  • Pine à colada
  • sagouin : (Zoologie) Genre de singe omnivore de petite taille, répandu dans l’Amérique du Sud, tamarin. 2. (Figuré) (Familier) Homme malpropre, peu soigneux, cochon. 3. (Par extension) (Injurieux) Homme au comportement méprisable, salaud, salopard.
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